Pïérô a écrit:Il me semble que la question de Dowdow s'orientait vers des réponses un peu plus détaillées, et qui amenait ce genre de pistes que j'ai mis même si évidemment la lecture des illustres, et notamment celle de "La conquète du pain" de Kropotkine ne mange pas de pain.
Par contre et pour ce qui est de la brochure de la FA de l'époque, et pour ne pas avoir vu de "controverse" à l'époque d'ailleurs, à part quelques braillements d'individualistes inconsistants, chose somme toute habituelles à la FA, je parlerais d'avantage de débat, et non pas parce que j'en ai vu des masses à l'époque comme d'habitude sur ces questions dans cette organisation, mais parce que je pense que celà doit continuer à faire débat, pour avancer dans ce domaine, et bien au delà de notre microcosme anarchiste, puisqu'il est de prime importance que ces questions de choix de société soient partagées par le plus grand nombre. Alors, sans non plus aller dans le domaine de la recette de cuisine, il est clair que ces deux ouvrages ouvrent des pistes qu'il me semble important de continuer à développer en élaboration collective...et évidemment toujours en débat ouvert.
je n'ai pas dit autre chose, en effet ça peut constituer une base de réflexion (ne
serait-ce qu'en se positionnant par rapport à cette vision de la
consommation, de l'écologisme et des "sanctions pour fainéants", thèmes
essentiels pour des anarchistes même si sources de polémiques), mais dans ce cas comme dans bien d'autres on n'est pas obligé d'avaler un ouvrage - même écrit par des anarchistes - sans garder son esprit critique...
je faisais moi même partie des "individualistes braillards" (je précise que nous nous définissons plutôt comme "communistes libertaires") à l'époque,
puisque le groupe d'Ivry avait écrit un texte dans le bulletin intérieur de
la FA, développant des arguments polémiques (quoique remerciant le groupe
pour cette intéressante initiative). Personne n'avait répondu dans le BI,
même pas ceux à qui nous nous adressions, nous avions eu des réactions en
perso (Laurent à Publico surtout).
mais sachant que nombre de camarades FA s'intéressent aux théories de la
décroissance, il est logique de penser que ce chapitre n'a pas fait et ne
fait toujours pas l'unanimité!
concernant les sanctions pour les "fainéants", cette notion non plus ne fait pas l'unanimité. les dérives de cette façon de traiter le problème (par l'exclusion, les privations...° sont faciles à imaginer: pour vérifier si ceux et celles qui travaillent moins ou pas sont réellement des infirmes, dépressifs, malades, etc. - qui j'espère, ne subiraient pas pour autant privations ou exclusion! (comme dans cette société, quand un employé en a marre de travailler, il tente de se faire passer pour malade...) il faudrait bien mettre en place un système de flicage (qu'on pourrait appeler "vérification" pour faire mieux passer la pilule).
en l'absence d'égalité sociale (même "justifiée" par une accusation de "fainéantise") le risque serait grand également que les personnes frustrées tentent de voler le bien dont elles ont été privées, ou cherchent à se venger de leur exclusion, d'où nécessité accrue de surveillance et répression, mise en place d'un système pénal, etc.
si on part de l'idée que la société grouillerait de gens qui ne seraient pas assez motivés par cette société pour s'impliquer dans les activités collectives - terme que nous préférons à celui de "travail" dans le cas d'une société libertaire!), donc il existerait des individus dont la fonction sociale serait d'interroger, surveiller, les "prétendus malades, dépressifs, etc.", les biens de consommation seraient distribués ou non selon le rapport de ces "vérificateurs" (avec tous les abus que cela suppose), bref des moyens totalement disproportionnés avec le "danger" encouru...
ne vaudrait-il mieux pas dédramatiser la "fainéantise" de quelques uns et distribuer les biens selon les besoins de tous et toutes, sans conditions?
et si cette "fainéantise" devait être trop massive pour permettre le bon fonctionnement de la société, cette société, avant d'envisager une solution répressive, ne devrait-elle pas s'interroger sur ce manque collectif de motivation?
(là on est partis dans un vrai débat qui dépasse probablement le cadre de l'espace membre... existe-t-il un topic déjà consacré à cette question?)