les suites de l'affaire Jon Anza

les suites de l'affaire Jon Anza

Messagede Parpalhon » 18 Avr 2010, 13:07

LE SOI-DISANT « COUP DE VENT » QUI A FAIT TOMBER XABIER TUBAL ABRISKETA DE L’ARC DE TRIOMPHE ETAIT UN POLICIER FRANCAIS

9 jeunes militants basques ont été arrêtés cet après-midi à Paris après avoir déployé une banderole demandant QU’AVEZ VOUS FAIT DE JON ANZA ? sur l’Arc de Triomphe à Paris.

L’un d’eux, Xabier Tubal Abrisketa, a été admis à l’hôpital ce matin après être tombé et s’être gravement blessé (sa vie n’est pas en danger mais il souffre de multiples contusions et fractures). Les autres, Eneko Monton, Maite Etxeberri, Txomin Catalogne, Ekhi Erramundegi, Urtzi Ugalde, Iñaki Izagirre, Iker Arroyo et Mikel Jon Baton ont été placés en garde-à-vue accusés de « rassemblement illégal », « atteinte à un monument » et « Violence aggravée contre une personne » et ont été libérés dans la soirée. Ils ont alors pu raconter ce qui s’était passé.

Après s’être installés et avoir déployé la banderole, ils ont d’abord eu affaire à une équipe de vigiles très agressifs, qui tentaient de les déloger d’une façon mettant leur vie en danger. À l’occasion de la discussion qu’ils ont eue avec eux, l’un d’eux a saisi le bras d’une femme faisant partie de ces vigiles en lui demandant de se calmer. C’est elle qui a porté plainte pour « violence aggravée » sur la base de ce geste.

Certains militants étaient suspendus d’un côté de l’Arc pour déployer la banderole, d’autres de l’autre côté pour faire contrepoids et assurer la sécurité des premiers. Les pompiers ont commencé à monter en nacelle vers l’un de ceux qui étaient à l’arrière, Eneko Monton, pour le décrocher. Ils ont alors été appelés par des policiers qui se trouvaient en bas et qui leur ont ordonné de redescendre. La nacelle est redescendue et des policiers y ont pris place, pour remonter aussitôt vers Eneko. Malgré les avertissements et les protestations et d’Eneko, et des pompiers, l’un de ces policiers a libéré brutalement la corde le retenant, décrochant ainsi Xabier qui se trouvait de l’autre côté et qui est tombé. Eneko a tenté de retenir la corde et s’est brûlé les deux mains dans ce geste, freinant ainsi la chute de son camarade qui n’a été que blessé. Voilà ce que certains médias français ont qualifié de « coup de vent », reprenant comme toujours à leur compte la version policière.

Jon Anza a été enlevé et tué sur le territoire de l’Etat français, et la police française a participé à la dissimulation de son corps. A la veille de la manifestation organisée à la date anniversaire de sa disparition, la police montre tellement de zèle pour étouffer nos questions et nos dénonciations qu’elle semble prête à prendre le risque de tuer des militants plutôt que de les laisser en parler.

Seulement voilà : nous ne nous tairons jamais. Nous continuerons la lutte jusqu’à savoir la vérité sur ce qui est arrivé à Jon et sur qui a dissimulé son corps, et jusqu’à avoir toutes les garanties que de tels actes ne puissent jamais se reproduire, c’est à dire jusqu’à la résolution démocratique du conflit politique que nous vivons.

Par ailleurs, nous rappelons que les dix personnes arrêtées mercredi en Hego Euskal Herria, les trois avocats Arantxa Zulueta, Jon Enparantza et Iker Sarriegi ainsi que Naia Zuriarrain, Jose Luis Gallastegi, Saioa Agirre, Erramun Landa, Juan Mari Jauregi, Asier Etxabe et Joxe Domingo Aizpurua sont toujours sous le régime de la mise au secret aux mains des tortionnaires notoires que sont les gardes civils espagnols (voir les rapports sur l’Espagne, d’Amnesty International, du Comité contre la Torture de l’ONU, etc ; voir les 22 témoignages de torture apparus depuis le début de l’année 2010). Deux d’entre eux ont été admis aux urgences de l’hôpital de Basurto dans la nuit de mercredi à jeudi et ont été ensuite ramenés à la caserne. Ni leurs proches, ni leurs avocats n’ont la moindre nouvelle.

Nous rappelons aussi que David Pla arrêté hier matin à Hendaia est toujours en garde-à-vue. Personne n’a la moindre nouvelle.

Nous accusons les gouvernements français et espagnols d’entretenir le conflit et toute la souffrance qu’il entraîne de part et d’autre pour des bénéfices politiques immédiats et mesquins, plutôt que de saisir l’opportunité d’une résolution démocratique en prenant en compte les propositions émises en ce sens par l’ensemble de la gauche abertzale.

Nous appelons et la société basque, et tout citoyen attaché au respect des droits de chacun et à une véritable démocratie à participer à toutes les mobilisations qui auront lieu dans les jours et les semaines qui viennent.

Euskal Herria, le 16 avril 2010

ASKATASUNA 14 Bourgneuf Karrika 64100 Baiona/ 14 Rue Bourgneuf 64100 Bayonne Tel / Fax : 00 33 5 59 59 01 84 Mob : 06 21 92 57 48 askatasuna.eh trT free.fr www.askatu.org
" Mort als estats visquin les terres ! "
Avatar de l’utilisateur-trice
Parpalhon
 
Messages: 436
Enregistré le: 15 Juin 2008, 15:04

Re: les suites de l'affaire Jon Anza

Messagede Parpalhon » 30 Avr 2010, 21:43

" Mort als estats visquin les terres ! "
Avatar de l’utilisateur-trice
Parpalhon
 
Messages: 436
Enregistré le: 15 Juin 2008, 15:04

Re: les suites de l'affaire Jon Anza

Messagede Parpalhon » 30 Avr 2010, 21:51

Arc de Triomphe : les jeunes dénoncent


Quelques contusions aux jambes, une entorse au pied gauche, rien de cassé et un moral d'acier. Xabier Tubal Abrisketa est un véritable miraculé. Ce jeune homme de 29 ans est celui qui, vendredi dernier, a chuté sur une vingtaine de mètres, de l'Arc de Triomphe à Paris. Au cours d'une action collective réalisée par solidarité avec Jon Anza.

Hier à Bayonne, entouré par treize militants, le jeune homme a raconté la genèse de l'affaire et a tenu à dénoncer l'attitude de la police, qui selon lui a mis sa vie en danger. Ce que réfutent les policiers, qui incriminent le vent et la maladresse. Vent soufflant à 26 km/h ce jour-là à Paris.

Une plainte contre X pourrait être déposée d'ici peu. Les avocats des jeunes gens peaufinent la qualification de la plainte. Avec force schémas explicatifs, et explications techniques, les jeunes militants ont relaté cette matinée de ce 16 avril.

Récit d'une matinée

«Notre but était de médiatiser au maximum l'affaire de Jon Anza. Car à part la presse du Pays Basque, personne ou presque ne parle de cette affaire. En ce sens, nous avons atteint notre objectif. Nous sommes partis quelques semaines avant et avons repéré les lieux. Nous avons acheté du très bon matériel et avons fait des entraînements. J'ai pour ma part, dix ans d'expérience en escalade» affirme Xabier Tubal Abrisketa.

Les militants sont arrivés à 10 h 30 à l'Arc de Triomphe, ont payé leurs entrées et sont montés. Le système choisi pour déployer la banderole demandant la vérité sur la mort de Jon Anza était le «contre poids» ou la «contre balance» : les personnes sont reliées de part et d'autre à gauche et à droite, sur une même corde et d'après les militants, la chute de Xabier Tubal est due à l'intervention des policiers qui malgré les avertissements des jeunes et des pompiers auraient détaché une des personnes, alors qu'elle était encordée avec Xabier Tubal Abrisketa.

Un miraculé

«Une fois que j'ai senti que je chutais, j'ai réussi à tomber sur mes jambes, je me suis mordu la langue très fort. Auparavant j'ai entendu le capitaine des Pompiers dire aux policiers : «Vous n'avez pas à être là», mais apparemment, aujourd'hui, ils ne peuvent pas faire des déclarations» ajoute X. Tubal. Par ailleurs un autre militant prénommé Iker a raconté qu'il se trouvait avec les vigiles pour leur expliquer l'action, et l'importance de ne pas l'interrompre : «Sous l'effet de la panique, les vigiles ont essayé d'empêcher la descente. Nous avons vu que les policiers allaient monter nous arrêter par une nacelle. Pendant tout ce temps, la dizaine de policiers présente a eu le temps de se rendre compte du système utilisé, que nous leur avons expliqué. Ce que nous tenons à dire, c'est que lorsque Xabier a fait sa chute, aucun des policiers n'a eu l'air surpris et nous avons même pu apercevoir des policiers qui ont rigolé.» Le jeune homme qui était encordé solidairement avec Xabier Tubal n'était pas présent hier, son témoignage a été lu par ses camarades : «L'erreur vient entièrement des policiers. Est-ce de l'incompétence, de l'inconscience ou un acte volontaire ? C'est un miracle que personne ne soit mort.»

Plainte contre X

Pour Murielle Lucantis d'Askatasuna «ces témoignages mettent en lumière les mensonges de la police. Cette action était très bien préparée. Il n'y a eu aucune violence de la part de ces militants. Ils ont pourtant été mis en garde à vue, accusés de «violence volontaire», «rassemblement» et «violation de sépulture». Ce qui, si l'on se réfère à l'affaire Jon Anza est un comble. Les avocats vont d'ailleurs porter plainte contre X auprès du procureur de Paris.»

Et la jeune femme d'ajouter «que ces événements ont montré que oui en France, oui en Espagne, les autorités sont prêtes à tout pour cacher ce qui est relié à la recherche de la vérité sur les circonstances de la mort de Jon Anza. Qu'ils le veulent ou non, de plus en plus de personnes souhaitent connaître la vérité. Malgré les menaces les attaques et la répression, nous continuerons notre lutte, jusqu'à ce que la démocratie soit une réalité en Euskal Herria.»
source : http://www.lejpb.com/paperezkoa/2010042 ... -denoncent
" Mort als estats visquin les terres ! "
Avatar de l’utilisateur-trice
Parpalhon
 
Messages: 436
Enregistré le: 15 Juin 2008, 15:04


Retourner vers France

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun-e utilisateur-trice enregistré-e et 1 invité