LE SOI-DISANT « COUP DE VENT » QUI A FAIT TOMBER XABIER TUBAL ABRISKETA DE L’ARC DE TRIOMPHE ETAIT UN POLICIER FRANCAIS
9 jeunes militants basques ont été arrêtés cet après-midi à Paris après avoir déployé une banderole demandant QU’AVEZ VOUS FAIT DE JON ANZA ? sur l’Arc de Triomphe à Paris.
L’un d’eux, Xabier Tubal Abrisketa, a été admis à l’hôpital ce matin après être tombé et s’être gravement blessé (sa vie n’est pas en danger mais il souffre de multiples contusions et fractures). Les autres, Eneko Monton, Maite Etxeberri, Txomin Catalogne, Ekhi Erramundegi, Urtzi Ugalde, Iñaki Izagirre, Iker Arroyo et Mikel Jon Baton ont été placés en garde-à-vue accusés de « rassemblement illégal », « atteinte à un monument » et « Violence aggravée contre une personne » et ont été libérés dans la soirée. Ils ont alors pu raconter ce qui s’était passé.
Après s’être installés et avoir déployé la banderole, ils ont d’abord eu affaire à une équipe de vigiles très agressifs, qui tentaient de les déloger d’une façon mettant leur vie en danger. À l’occasion de la discussion qu’ils ont eue avec eux, l’un d’eux a saisi le bras d’une femme faisant partie de ces vigiles en lui demandant de se calmer. C’est elle qui a porté plainte pour « violence aggravée » sur la base de ce geste.
Certains militants étaient suspendus d’un côté de l’Arc pour déployer la banderole, d’autres de l’autre côté pour faire contrepoids et assurer la sécurité des premiers. Les pompiers ont commencé à monter en nacelle vers l’un de ceux qui étaient à l’arrière, Eneko Monton, pour le décrocher. Ils ont alors été appelés par des policiers qui se trouvaient en bas et qui leur ont ordonné de redescendre. La nacelle est redescendue et des policiers y ont pris place, pour remonter aussitôt vers Eneko. Malgré les avertissements et les protestations et d’Eneko, et des pompiers, l’un de ces policiers a libéré brutalement la corde le retenant, décrochant ainsi Xabier qui se trouvait de l’autre côté et qui est tombé. Eneko a tenté de retenir la corde et s’est brûlé les deux mains dans ce geste, freinant ainsi la chute de son camarade qui n’a été que blessé. Voilà ce que certains médias français ont qualifié de « coup de vent », reprenant comme toujours à leur compte la version policière.
Jon Anza a été enlevé et tué sur le territoire de l’Etat français, et la police française a participé à la dissimulation de son corps. A la veille de la manifestation organisée à la date anniversaire de sa disparition, la police montre tellement de zèle pour étouffer nos questions et nos dénonciations qu’elle semble prête à prendre le risque de tuer des militants plutôt que de les laisser en parler.
Seulement voilà : nous ne nous tairons jamais. Nous continuerons la lutte jusqu’à savoir la vérité sur ce qui est arrivé à Jon et sur qui a dissimulé son corps, et jusqu’à avoir toutes les garanties que de tels actes ne puissent jamais se reproduire, c’est à dire jusqu’à la résolution démocratique du conflit politique que nous vivons.
Par ailleurs, nous rappelons que les dix personnes arrêtées mercredi en Hego Euskal Herria, les trois avocats Arantxa Zulueta, Jon Enparantza et Iker Sarriegi ainsi que Naia Zuriarrain, Jose Luis Gallastegi, Saioa Agirre, Erramun Landa, Juan Mari Jauregi, Asier Etxabe et Joxe Domingo Aizpurua sont toujours sous le régime de la mise au secret aux mains des tortionnaires notoires que sont les gardes civils espagnols (voir les rapports sur l’Espagne, d’Amnesty International, du Comité contre la Torture de l’ONU, etc ; voir les 22 témoignages de torture apparus depuis le début de l’année 2010). Deux d’entre eux ont été admis aux urgences de l’hôpital de Basurto dans la nuit de mercredi à jeudi et ont été ensuite ramenés à la caserne. Ni leurs proches, ni leurs avocats n’ont la moindre nouvelle.
Nous rappelons aussi que David Pla arrêté hier matin à Hendaia est toujours en garde-à-vue. Personne n’a la moindre nouvelle.
Nous accusons les gouvernements français et espagnols d’entretenir le conflit et toute la souffrance qu’il entraîne de part et d’autre pour des bénéfices politiques immédiats et mesquins, plutôt que de saisir l’opportunité d’une résolution démocratique en prenant en compte les propositions émises en ce sens par l’ensemble de la gauche abertzale.
Nous appelons et la société basque, et tout citoyen attaché au respect des droits de chacun et à une véritable démocratie à participer à toutes les mobilisations qui auront lieu dans les jours et les semaines qui viennent.
Euskal Herria, le 16 avril 2010
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