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Messagede barcelone36 » 24 Juin 2008, 15:34

L'Encre Noire n°2
c'est un journal libertaire de Caen et d'ailleurs...bonne lecture!

(vous pouvez aussi télécharger le N°1 sur le site)

http://www.anartoka.com/encre_noire/portal.php
barcelone36
 

Re: L'Encre Noire n°2

Messagede FRED » 24 Juin 2008, 22:17

J'aime beaucoup le concept qui associe un forum avec un site pour publier les articles.

bravo.
* « Nous n’avons pas peur des ruines. Nous sommes capables de bâtir aussi.

Buenaventura Durruti
FRED
 
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A Contre Courant

Messagede Pïérô » 05 Sep 2008, 23:24

"A contre courant", un mensuel, révolutionnaire pluriel et sensibilité libertaire, fait dans l'est, et qui tient la route...

Une revue papier et un site

http://www.acontrecourant.org/

avec, en apéro, un des derniers textes...qui fait écho à celui de Kuhing et à l'actualité :


Une espèce en voie d’extinction : les socialistes
Par Jacques-Robert Simon

Publié le lundi 25 août 2008.

La Ligue de Protection de la Biodiversité (L.P.B.) s’inquiète : la population des socialistes s’étiole, se rapetisse, s’amoindrit, diminue, décline, dépérit, se réduit, se raréfie, se chagrine, se délite, se débilite, s’affaiblit, se rabougrit…bref, tend à disparaître. Pourtant les socialistes n’avaient qu’à écouter d’illustres aînés qui leur traçaient la voie en Europe, dans les années 1970. Ils s’interrogeaient alors sur le contenu même du mot socialisme. Pour rompre avec le passé, ils préférèrent alors le terme « social-démocratie ». W. Brandt déclarait ainsi : « …nous mettons en lumière la différence fondamentale qui nous sépare des communistes. Nous aspirons… au désir de cogestion et même de codécision ». Olof Palme faisait très justement remarquer que « même ceux qui veulent la révolution doivent savoir qu’au lendemain même de leur arrivée au pouvoir, ils devront se comporter en réformateurs ». Socialiste et réformateur, pourquoi pas en fin de compte ! D’autant plus que M. Palme ajoutait : « La social-démocratie est plus qu’un parti chargé d’administrer la société. Notre tâche est bien plus de la transformer… Les forces techniques et économiques jouent un rôle décisif…cela signifie qu’il faut prévoir une économie planifiée. À mon avis (O. Palme) l’économie de marché ne peut offrir de solutions pour ces problèmes… nous ne pouvons permettre que l’esprit de concurrence et la volonté de profit décident en matière d’environnement, de sécurité de l’emploi ou de développement technique ». Et enfin, pour ne retenir que les principales lignes directrices : « Nous devons nous abstenir de cette arrogance intellectuelle avec laquelle certains mettent tout en question sans toutefois apporter de réponse aux questions qu’ils ont posées (B. Kreisky).

Trente-cinq ans après, la révolution s’est faite mais pas selon les modalités que craignaient les politiciens cités et pour des buts antagonistes à leurs aspirations. Révolution conservatrice : voilà le thème dominant, dominateur, omniprésent, omniscient. La main invisible du marché a remplacé toute démarche un tant soit peu sensée. On ne réfléchit plus, on discute, « il faut vous dire Monsieur que ces gens-là, on pense pas, on compte ». Les socialistes apparurent en France après l’ère des sociaux-démocrates. Ils appliquèrent une politique socialiste pas moins de deux ans (1981-1983). Je peux comprendre qu’une nation doit avoir en son sein un parti d’alternance : les cycles sociaux, techniques, économiques sont de l’ordre de plusieurs dizaines d’années. Des soubresauts inconsidérés à chaque élection (entre cinq et sept ans selon le désir de ceux qui gouvernent) ne conduiraient qu’au chaos. Mais si les uns comme les autres abandonnent ce qui devrait être leur seule raison d’être, le bien commun, mais si un changement de dirigeants se traduit uniquement par une autre clientèle, alors à quoi bon !

Les premiers signes de raréfaction des socialistes se manifestèrent donc dès leur accès au pouvoir. Le coup d’état permanent, de cataclysmique, devint la règle. La rive gauche de Paris jadis si riche en maoïstes mondains et en révolutionnaires « branchés », se peupla petit à petit de conformistes qui ne recherchaient que leur plaisir immédiat, qu’ils nommaient généralement « Libérations ». Tout devait être libéré selon eux, du moins sur leur territoire guère plus grand que deux arrondissements de Paris. Tous étaient libres, sauf les esclaves : les chômeurs, les intérimaires forcés, les « temps partiels » obligatoires, les « délocalisés », les rejetés de tous et surtout de ceux qui étaient censés les défendre. En plus de ne rien faire de concret, si ce n’est de leur octroyer comme une dame patronnesse quelques aumônes : une subvention de-ci, une allocation par là, en plus de ne rien faire de concret donc, ils contribuaient puissamment par leurs discours lénifiants à faire accepter l’inacceptable : l’aggravation et l’acceptation de l’exploitation de l’homme par l’homme.

Le peuple qui s’enflamme aux beaux discours crût longtemps aux jours meilleurs annoncés pour demain, puis après-demain. Mais il vint un temps où les paroles ne suffirent plus : peut-on réellement remplacer la Justice par la Charité ? Alors vint la chute brutale qui conduisit à mettre en péril la gent socialiste : ils eurent beau se dire modernes, écrire des livres prétendument édifiants, changer d’idées au fil des discours, s’entredéchirer pour déterminer le plus « socialiste » d’entre eux, les choses ne firent qu’empirer. Incapables de choisir entre une éolienne et un réacteur nucléaire, ne pas pouvoir faire la différence entre la puissance du nombre et l’impuissance des contradictions, fiers de faire partie d’une élite mondialisée car ils parlent (généralement d’une façon approximative) quatre ou cinq langues étrangères, représentant le peuple sans en connaître un seul de ses membres, les socialistes atteignirent donc le seuil où leur présence était menacée. Mais la Ligue de Protection de la Biodiversité saura réagir, d’ailleurs son Président est socialiste.

NB. Les citations du texte peuvent être trouvées dans le livre :Willy BRANDT, Bruno KREISKY, Olof PALME « La social-démocratie et l’avenir » Traduit de l’Allemand par G. Fritsch-Estrangin, NRF-Gallimard (1976)
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Bulletin de Contre-infos en Cévennes

Messagede arvn d » 05 Nov 2008, 11:13

Voici le lien vers le bulletin de contre-infos en cévennes:

http://contreinfo7.internetdown.org/
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Re: Bulletin de Contre-infos en Cévennes

Messagede arvn d » 05 Nov 2008, 11:15

Bulletin de contre-info en Cevennes # 6

Au sommaire:
    Le pire est à venir...
    Cristina, Edvige, Ardoise, Fnacg et les autres...
    Pour quoi nous luttons
    Biométrie à l?école
    Tricastin: Mascarade pour un Die-in
    Le Nucléaire c?est Capital
    L'Etranger, le Juge et les Collabos
    Adn, en rupture de banc
    Agenda

Envoyez vos infos, diffusez, diffusez...
arvn d
 
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Messagede Anti-K » 11 Nov 2008, 17:25

Haute tension N°3.

Le numéro trois de haute tension, feuille d'info du CRAN (Collectif Radicalement AntiNucléaire) :

Fin juin François Fillon,
puis Nicolas Sarkozy annonçaient
la création d’un nouveau
réacteur nucléaire
EPR et un peu plus tard, que
la recherche de nouveaux
sites d’enfouissement de
déchets nucléaires reprenait
dans l’argile. 20 départements
sont concernés. Soyez
attentifs...
Dans le même temps, le site
de Martin Bouygues, l’ami
de Nicolas se réjouissait. De
nouveaux marché en perspective
Ça faisait un moment que
nous avions l’idée de travailler
sur le nucléaire en vallée
du Rhône.
L’actualité estivale nous a
précédé. Une série d’accidents
a eu lieu à Tricastin et
à Romans sur Isère.
Ce numéro revient donc sur
cette série de fuites radioactives,
sur la fusion nucléaire
et le projet ITER, et sur des
luttes qui ont eu lieu dans ce
coin.
Par ailleurs, au début de
l’été, une série d’actions
antinucléaires a été menée
en Basse-Normandie. en
Catalogne et ailleurs.
Un été particulièrement
radio-actif, donc...

http://www.anartoka.com/cran/viewtopic.php?t=229
Anti-K
 
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L'Encre Noire n°3

Messagede barcelone36 » 08 Déc 2008, 14:30

pour tout contact: journal.encrenoire@gmail.com

Edito :

Avec la crise, bas les masques !

L’apparente croissance éternelle et l’autorégulation magique vacillent, ce qui servait de cache misère, d’enrobage sucré aux yeux de la population s’effiloche, ce qui se justifiait comme l’unique organisation mondiale imaginable s’est pris un coup dans le pif. Les peuples pourraient distinguer l’illusion: l’enrichissement vous n’en verrez pas la couleur, l’autorégulation c’est celle de votre degré d’accord à la précarité. Pour l’État donc, plus question de jouer les démocrates au service du peuple, il faut sauver les fondements du pouvoir. De la main droite, l’argent est creé pour renflouer les banques, éponger les dettes, de la main gauche, on multiplie les mesures de flicage, on donne du bâton, et on fait surgir un monstre, le terroriste saboteur. Et oui, l’ordre mondial étant le seul possible tout est bon pour le sauvegarder, et les affreux qui le contredisent, en ces temps de doute généralisé, n’ont pas intérêt à être claustrophobes.

Il est donc plus que jamais nécessaire de colporter une autre analyse et une autre information que celle des mass médias, de porter les couleurs de l’anarchisme. Quel média national a relayé l’ébullition qui règne en Italie?, Où la commune d’Oaxaca a t-elle été expliquée?

Faire connaître les réalités d’une justice bourgeoise,les activités d’un squat, les expériences étrangères, rendre visibles les dérives fascisantes de l’état…c’est notre modeste ambition. Notre journal n’a pas prétention à être massivement lu, mais il se veut être un outil, pour effectuer un relais des informations qui nous semblent importantes et pour faire voir une culture libertaire, faite d’expériences de lutte et de vie, de musique, de fête,d‘amitié…

L’actualité s’annonce riche: Les grèves dans le service public s’égrennent mais passeront-t-elles l’hiver? Les suppressions d’emploi vont bon train, l’automobile agonise, le bâtiment s’effondre, le nombre de chômeurs explose mais les ouvriers serontils se fédérer? L’étau se serre de plus en plus, entre un peuple qui n’est plus dupe de sa condition, et qui réclame des sous et l’Etat qui s’empêtre dans sa justification à aider les puissants.
Acculé, l’Etat frappera fort, ceux qui propagent l’exemple d’organisations
différentes ( squats, eco-villages, AG souveraines…) subirons le même sort que ceux qui iront lutter dans la rue.

Parce que la répression s’annonce féroce, il nous faut plus que jamais être solidaires. Parce que les nationalistes nazillons frayent de plus en plus avec l’alter mondialisme, il nous faut être sur nos gardes et sans compromis.

A Rennes le 27 novembre 2008


Pour télécharger le n°3 de l'Encre Noire, cliquez sur le lien.

Journal libertaire Caennais et Rennais
L'encre noire - n°3

http://www.anartoka.com/encre_noire/portal.php

SOMMAIRE

Brèves p.2
Actualité militante à Caen p.5
Reflexions p.9
Big Brother vous salue! p.13
Dossier: le Mexique libertaire p.17
CRA de Vincennes p.27
Repression à Dijon p.29
Collectif Antifa Rennais p.32
Chroniques p.33
Soutien aux inculpés du 11 novembre p.34

on peut aussi en commander (prix libre) à

APACHE
35 bd Poincaré
14000 CAEN

ou mieux, passer l'acheter, au squat : "le Pavillon Noir", 10 Bd Poincaré 14000 Caen par exemple!!!
barcelone36
 

A corps perdu - revue anarchiste internationale

Messagede Nico37 » 30 Déc 2008, 13:29

Image

Cette revue part d’une exigence commune : dépasser la nécessaire agitation du quotidien des luttes pour prendre le temps de l’approfondissement et aiguiser nos armes. Parce que nous ne séparons pas la théorie de la pratique, que nos désirs de liberté se forgent d’expériences comme de réflexions, nous avons souhaité apporter une autre contribution à la guerre sociale en cours. Un moment qui soit une source d’idées et pas d’opinions, un lieu où réinventer un espace commun de débat à partir de contextes particuliers.

Mais cette revue part aussi d’une insatisfaction : lire ce que nous n’avons pas trouvé ailleurs, porter une perspective anarchiste qui parte de l’individu pour la relier à l’antagonisme social quotidien, retrouver le goût d’une subversion affranchie des classiques de la critique autoritaire, même hétérodoxe. En somme, débarrassée de la politique.

Si des compagnons de plusieurs pays y participent, les textes publiés ne représentent personne et n’aspirent pas à le faire. Ils doivent leur présence ici à un contenu que nous avons jugé d’intérêt, sans que nous partagions nécessairement en entier leur forme ni que cela signifie en soi une affinité avec leur auteur.

La revue paraîtra environ chaque quatre mois. Vous pouvez retrouver des traductions en néerlandais, anglais, allemand, espagnol et italien sur ce site.


A corps perdu 21ter, rue Voltaire 75011 Paris / revue.acorpsperdu(at)gmail.com - http://www.acorpsperdu.net

Copies : 3 euros (frais de port inclus) Distributeurs (5 exemplaires) : 10 euros (frais de port inclus)

Paiements pour la France: Envoyer un chèque à l’ordre de "Ce"
Nico37
 
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Re: A corps perdu - revue anarchiste internationale

Messagede Nico37 » 03 Mai 2009, 18:32

Tous les articles sont dispo au format html et le n°1 en entier en .pdf
Nico37
 
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"Classe prolo, la revue"

Messagede Nico37 » 21 Juil 2009, 21:25

Le n°1 de " classe prolo, la revue " est consacré à une analyse de l'organisation du travail hier et aujourd'hui. Son titre, " Flexibilité et précarité " met en évidence à lui seul le rapport direct entre l'organisation actuelle du travail et la précarisation du prolétariat dans le monde entier.
Cette analyse est suivie d'un texte de Carlo Cafiero : " Anarchisme et communisme " (1880).
Coût de l'exemplaire : 5,50 Euros ( frais de port inclus ).
À commander à UR CNT-AIT Vieille Bourse du Travail, 13, rue de l'Académie, 13001 MARSEILLE (Chèques à l'ordre de CNT-STS)
Le prochain numéro paraîtra en 2010 et sera consacré au syndicalisme.
Nico37
 
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Re: A corps perdu - revue anarchiste internationale

Messagede Nico37 » 06 Aoû 2009, 15:03

Le n°2 vient de paraître et est consacré à la prison/enfermement...
Le site n'est pas encore mis à jour...
Nico37
 
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Re: A corps perdu - revue anarchiste internationale

Messagede Libertaria » 07 Aoû 2009, 07:39

Merci pour le lien.

libertaria
Libertaria
 

Messagede georges » 10 Aoû 2009, 21:45

Sommaire :

Oui, mais…
Autonomie... tu parles !
mythe ou réalité ?
Vers les mirages
Radiographie d’un régime
Notre antifascisme

Dossier : Enfermés de toutes parts

En finir avec le prisonniérisme - pour retrouver des perspectives offensives
Bref voyage dans la prison sociale
Notes critiques sur la lutte contre le FIES
Quelques pierres dans l’eau agitée - tentative de bilan
de trois ans d’agitation dans et autour des prisons belges


Image
georges
 

Sans Préavis. Été 2009

Messagede georges » 25 Aoû 2009, 21:38

Sans Préavis. Été 2009


Une chronologie des actions menées dans les boites depuis mi-avril.
Un coup de projecteur sur les "Contis" et un autre sur la Kanakie.
Un coup de pied dans le derrière des centrales syndicales.
Un petit texte d'analyse et de propositions.

Extrait :

Au printemps, séquestre tes dirigeants ; en été, fais tout sauter…


Y a plus de saison, et il va falloir revoir les vieux dictons aussi bien que les rythmes politiques annuels. Normalement, juillet-août, c’est la trêve estivale, celle qui vient clore l’agitation étudiante ou le mouvement social du printemps, à coups de congés payés, de jobs saisonniers. Sauf qu’une famille sur deux ne part plus en vacances, et que la vague qui a secoué le pays il y a quelques mois n’a pas vraiment emprunté les formes convenues du triptyque revendication/mobilisation/négociation qui auraient permis d’en décréter la fin ou le report pour la "rentrée chaude".


Le gouvernement annonce sur toutes les chaînes la sortie de crise, parce
que l’économie, pour que ça marche, il faut y croire, et parce que finalement
le discours sur la crise n’aura pas vraiment permis de faire passer la
pilule de la restructuration économique globale. Mais ce revirement tactique
dans le discours du pouvoir n’empêche pas l’explosion de nouveaux
conflits, plus seulement dans les boîtes phares de l’industrie française,
mais jusque dans les plus petits bassins d’emplois. Il y a des gestes qui circulent
plus vite que des capitaux, et n’importe quel patron français qui
préférerait partir investir dans l’économie florissante des pays de l’Est sait,
vu le nombre de séquestrations rien que pour cet été, qu’il ne devra pas
rencontrer ses salariés sans son nécessaire de toilette et une chemise de
rechange...
Ça se dissémine partout, et ça se tend un peu aussi. D’abord avec la sécu
privée embauchée pour veiller à ce que les dirigeants puissent bien rentrer
chez eux chaque soir ; chez Molex, par exemple, des cadres ont été
“molestés” par leurs employés suite à la provoc’ d’un de leur gros-bras.
Et puis dans les modes d’action, bien sûr : les bouteilles de gaz, c’est pas
rien, même si ça reste pour l’instant essentiellement symbolique. La force
là-dedans, c’est que ça fait un peu tomber un tabou : la destruction de l’outil
de travail devient publiquement assumable. Et on n’en reste pas toujours
au stade de l’intimidation : chez New Fabris, en plus de menacer de
faire sauter l’usine, les salariés ont cramé plusieurs machines en guise
d’avertissement (comme chez Simmons à Flaviac).
La conflictualité, ça augmente par palier : un geste émerge, souvent
comme un dysfonctionnement, un acte un peu insensé, un coup de
colère ; et puis il se diffuse, se répand, se rode, pour devenir immédiatement
saisissable et évident (“la prochaine étape, c’est les bouteilles de gaz”, peuton
entendre lors d’un rassemblement devant le tribunal de commerce
contre la liquidation judiciaire d’une petite boîte de province) ; alors
émerge un nouveau geste, qui vient dépasser ou prolonger le premier, et
ainsi de suite... Les réquisitions dans les supermarchés se sont multipliées
tout au long de l’année, dans le cadre des luttes étudiantes ou de précaires
; et voilà qu’à l’occasion d’un “camp climat” [1] dans la région de
Nantes, une nouvelle forme d’auto-réduction voit le jour : on ne négocie
pas la sortie des caddies, on se sert, on tient les vigiles en respect avec des
barres de fer et on se casse (sans arrestation, bravo).
Au vu de la tension actuelle, les dépêches des agences de presse sur les
conflits salariaux dans les pays où le dialogue social est moins policé que
chez nous prennent une résonance bizarre. Un patron tabassé à mort par
ses employés en Chine ou des ouvriers coréens qui tiennent pendant plusieurs
semaines leur usine assaillie par les forces de l’ordre, ça n’est plus
seulement du fait divers international, c’est un peu notre futur qu’on nous
agite sous le nez pour l’exorciser. Avec des résultats ambigus : comme
pour la Grèce, la Guadeloupe ou la lutte des chantiers navals à coups de
frondes et de cocktails molotov dans les Asturies en mai, l’opération
repoussoir ne fonctionne pas toujours, et parfois même, donne des idées.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que les “partenaires sociaux” ne sont
pas des plus à l’aise avec ce climat électrique. Toutes occupées à tenir leurs
troupes, les centrales syndicales délaissent soigneusement le rôle qu’elles
pourraient jouer dans la jonction des différentes luttes. Elles n’ont rien
proposé de mieux que de manifester “tous ensemble” tous les deux mois
au printemps, ce que tout le monde ou presque a considéré comme une
arnaque. Les foyers de révoltes restent donc dispersés, éparpillés, et cette
fragmentation permet une gestion au coup par coup, quelques dizaines de
milliers d’euros lâchés ici, quelques centaines de CRS lâchés là, et le tour
est joué. Mais émergent aussi des éléments de continuité, de mise en commun
et de communication qui se cherchent. Au sein des luttes d’abord,
avec des existences qui se jouent pleinement sur les piquets de grève (“on
vit ensemble, on meurt ensemble” proclame une banderole des papetiers
de Malaucène), avec les achats en commun pour pouvoir tenir le coup. Et
puis entre les luttes, quand elles existent sur un même territoire : il y a les
manifs tournantes, les concerts de soutien des Contis et des Goodyears et
les coups de main qu’ils viennent donner aux autres boîtes de leur région.
Comment tout ça peut circuler plus largement, comment mettre en relation
les dockers marseillais et les ouvriers picards ? Ça commence à prendre
forme: 3000 personnes et des dizaines de délégations d’entreprises
sont venues de toute la France à la fête des New Fabris fin juillet. Des
outils de communication s’élaborent, ce 4-pages en fait partie.
Il y a aussi de la continuité quand la lutte déborde de l’usine, comme c’est
souvent le cas pour les petites boîtes locales qui font vivre tout un canton
: là, le sort de l’usine, c’est le sort du territoire, et la solidarité est d’emblée
évidente. Mais il y a d’autres façons de sortir de l’usine, quand on
lutte d’abord pour une prime de départ par exemple, ou plus radicalement
qu’on menace de tout faire sauter : à ce moment là, ce qui est porté ressemble
plus à une sortie de l’économie, loin des cadences et de la tôle. On
n’est déjà plus tout à fait un ouvrier “attaché à son outil de travail”, et ça
crée des ouvertures pour se lier sur d’autres bases, à d’autres révoltes. La
lutte vécue, comme expérience vive, réactive ainsi une certaine disposition
à la solidarité : depuis nos colères locales, nos manières de nous tenir sur
un piquet, on sent monter des réflexes, des envies de se reconnaître et de
s’associer qui viennent saper l’assise du triste et habituel chacun-pour-soi.
Il n’y a qu’à entendre les ouvriers de Continental exposer avec fierté comment
ils mettent leur puissance de feu au service des ouvriers en lutte du
coin (“nous, on est des centaines, si on veut on peut tout bloquer, on peut bloquer les
routes pendant les vacances, les autorités le savent, alors on y va, et là les primes obtenues
sont multipliées par 10”). Ce qu’il y a de bien avec les formes d’autoorganisations
dans les luttes en cours, c’est qu’elles sont aisément déplaçables
du terrain de l’usine occupée vers d’autres espaces, d’autres secteurs
du refus (depuis les mobilisations contre les radiations des pôles emplois
aux luttes de quartiers pour le logement ou contre l’occupation policière,
etc.). Ces moments de résistance collective, où on se tient vraiment
ensemble, ne sont pas nécessairement de simples parenthèses avant le
retour au chagrin, aux humiliations ordinaires. Il s’y joue quelque chose
d’essentiel, de décisif. Comme quand, selon les mots de la CGT
Goodyear, “on ne lutte plus pour nos droits, on lutte pour nos vies”.
Pour des vies qui vaillent la peine.

[1]Campement de protestation contre la construction d’un aéroport à Notre-
Dame des Landes, près de Nantes, qui entendait aussi dénoncer à la fois la
"crise climatique" et sa gestion par les autorités.


SPete2009.pdf
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Re: Sans Préavis. Été 2009

Messagede Polack » 26 Aoû 2009, 10:49

Il vient d'où exactement ce texte ?
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