Si vous enseignez durant des années à des étudiants révolutionnaires que "les conditions d'existence détermine la conscience" comme cela est affirmé dans la prose marxiste ; alors quand les etudiants seront grands ils se diront qu'il suffit de prendre le pouvoir et de changer les conditions d'existence des masses et ainsi nous obtiendrons automatiquement le paradis . Tout celles et ceux qui sont contre cela sont donc des ennemis du peuple qu'il faut exterminer par tout les moyens . D'ou des dizaines de dictatures révolutionnaires .
En fait la conscience et les conditions d'existence déterminent le devenir des individus et des peuples de manière interactive .
Je suis d'acord avec ta phrase conclusive, mais je pense que tu passes à côté d'une des principales contradictions du marxisme :
1/ Affirmer que l'infrastructure économique détermine en dernière instance la superstructure politique, ET dans le même temps faire de la prise de pouvoir (politique) la perspective révolutionnaire. La logique aurait voulu l'inverse, et les anarchistes ont été historiquement paradoxalement plus cohérent avec les prémices de Marx que celui-ci.
Par contre, pas du tout d'accord avec ce passage :
Favoriser l'un ou l'autre comme le font la majorité des philosophes est une abbération . Soit on est matérialiste et l'on favorise une socièté de fourmis ou tout est hyper bien organisé et les déviants éliminés .
Soit on est spiriritualiste, anarchiste, poête, artiste, un homme libre et l'on ne vit qu'au jour le jour en fonction de ces humeurs, de sa conscience afin de maximiser son ego, sa personnalité ou la divinité qui sommeille en nous . Je suis personnellement pour la synthése des 2 . Et chacun doit pouvoir choisr son mode de vie et sa communauté .
Bref Marx est un matérialiste primaire qui veut une humanité de fourmis comme l'histoire nous l'a montré dans les régimes communistes marxistes .
1/ Principalement, parce que je crois justement que Marx est un idéaliste, ce que d'ailleurs tu souligne avec juste titre dans ton deuxième post.
Il reprend l'idéalisme Hégélien, et malgré sa prétention d'avoir "remis la dialectique sur ses pieds", il reste dans le domaine de la métaphysique : le "prolétariat" est pour lui un concept et non l'ensemble réellement existant des prolétaires, ce qui permet de présupposer de manière messianique l'existence "d'intérêts historiques" du prolétariat, et d'une "mission historique du prolétariat", qui, articulé à l'affirmation "sans conscience de classe, le prolétariat n'est rien", est une des clés de la construction idéologique du pouvoir bureaucratique de la classe intellectuelle, exégète "scientifique" des "lois du développement capitaliste", qui peut ainsi réprimer des ouvriers en grève "au nom des intérêts du prolétariat.
2/ Pour moi, l'anarchisme (tout du moins tel que je le conçois, et le courant dans lequel je me reconnais) est matérialiste, pas idéalistes
3/ Cessons d'appeler "communistes" des régimes capitalistes d'Etat.
Antigone, les thèses de Engels énoncées dans l'origine de la famille sont contestées de manière assez fine par Marc Abelès (Anthropologie de l'Etat, ed Payot). On ne peut pas tellement lui reprocher ses inexactitudes, ceci dit, elles correspondent au niveau de connaissance de l'époque.
L'originalité de son apport aura, malgré tout, d'avoir reconnu le mouvement social en tant que phénomène historique (la Révolution de 48 l'a bien aidé), et d'en avoir tiré des enseignements en forme de lois générale de l'Histoire. Son matérialisme historique doit être vu non comme une méthode de pensée (il faut penser librement) mais comme une philosophie qui visait à une compréhension nouvelle de la société, au seul usage d'une bourgeoisie en pleine ascension.
Quels sont les apports théoriques spécifiques de Marx ?
Ni la dialectique (apport Hégélien), ni la lutte des classes (terme dont la première évocation est Guizot) (1828) -et la conception "matérialiste de l'histoire" qui lui est antérieur. Son analyse historique sous forme de lois est finalement très proche de la conception hégélienne de l'histoire.
Ni La Plus-value , approfondissement notamment des travaux économiques de Proudhon :
Qu’est-ce que la propriété ? (1840) : « Le capitaliste, dit-on, a payé les journées des ouvriers ; pour être exact, il faut dire que le capitaliste a payé autant de fois une journée qu’il a employé d’ouvriers chaque jour, ce qui n’est point du tout la même chose. Car, cette force immense qui résulte de l’union et de l’harmonie des travailleurs, de la convergence et de la simultanéité de leurs efforts, il ne l’a point payée. Deux cents grenadiers ont en quelques heures dressé l’obélisque de Louqsor sur sa base ; suppose-t-on qu’un seul homme, en deux cents jours, en serait venu à bout ? Cependant, au compte du capitaliste, la somme des salaires eût été la même. Eh bien, un désert à mettre en culture, une maison à bâtir, une manufacture à exploiter, c’est l’obélisque à soulever, c’est une montagne à changer de place. La plus petite fortune, le plus mince établissement, la mise en train de la plus chétive industrie, exige un concours de travaux et de talents si divers, que le même homme n’y suffirait jamais. »
Finalement, surtout un brillant esprit de synthèse, un travail d'économiste de fourmi, une critique juste de la stratégie mutueliste proudhonnienne (partagée par Bakounine qui dans l'internationale s'est associée à lui pour combattre les thèses mutuellistes).
Bref, pas de quoi en faire un personnage à part dans l'histoire. Par contre, et là je rejoins antigone (même si à mon avis l'analyse que tu fais, Antigone, est justement à relier avec les influences idéologiques que subissait Marx, qui sont l'expression justement de sa position sociale et de ses intérêts de classe) , comme suoilgné précédemment Marx défend en dernier ressort la classe intellectuelle et lui fournit une idéologie, qui comme l'idéologie libérale pour la bourgeoisie marchande, lui permet de mobiliser le prolétariat pour son propre intérêt en tant que classe, le caractère "scientifique" lui donnant le statut d'intermédiaire interprète, détenteur des clefs de compréhension des intérêts historique du prolétariat. Et la source de cette idéologie, c'est une idéalisme hégélien "remaquillé" pour l'occasion.
Cf "le socialisme des intellectuels" de Jan Vaclaw MaKhaïevski, qui fait une excellent analyse de cet aspect de la théorie marxiste.
Sinon, Antigone, le patriarcat dont parles les anarchistes et les féministes, c'est plus largement le système de domination masculine, dans lequel la transmission patrilinéaire (et donc la propriété) n'est qu'un des aspects. Mais bon, à l'inverse, pas d'accord avec Scarch, effectivement, les rapports de domination ne sont pas seulement l'effet de l'idéologie, mais aussi de rapports sociaux (notamment de production)
Après, il existe des interprétation de Marx dans un sens antiautoritaire : on peut citer notamment Rubel, Guérin, Holloway... Moi je m'en réjouis plutôt que de le voir comme une menace pour l'anarchisme, j'y vois une marque de son influence théorique, même si les versions antiautoritaires du marxisme conservent souvent de nombreux postulats avec lesquels je suis en désaccord : notamment le centralisme, une analyse idéaliste qui se prétend "scientifique et matérialiste", et qui débouche souvent sur une lecture économiste et messianique (par exemple chez les bordiguistes) des phénomènes sociaux, etc...
Le problème étant que toutes ces interprétations sont souvent incapable de "sortir" d'une matrice idéologique pré-conçue.