Elargir la mobilisation pour gagner !
Les cinq semaines d'actions continues dans les universités, dans les autres établissements d'enseignement supérieur, dans les organismes de recherche, n'ont en rien entamé la détermination de la communauté scientifique et universitaire. Malgré de premiers reculs a minima, comme le gel des suppressions d?emplois dans l?enseignement supérieur annoncé pour 2010 et 2011, la mobilisation ne faiblit pas.
L'absence de réponse du gouvernement aux revendications globales (retrait des projets de décret enseignants-chercheurs et contrat doctoral unique, retrait de la réforme de la formation et du recrutement des enseignants dite de « masterisation », restitution de tous les emplois supprimés et plan pluriannuel de créations d'emplois, arrêt du démantèlement des organismes de recherche), appelle à poursuivre la mobilisation pour maintenir la pression sur le gouvernement.
Les organisations soussignées appellent à faire des succès :
- de la manifestation unitaire « De la maternelle à l'enseignement supérieur et la recherche» du mercredi 11 mars, nouvelle étape pour exprimer nos revendications, en convergence avec l'enseignement primaire et secondaire : la qualité de la formation et du recrutement des enseignants est un enjeu essentiel pour l?avenir des élèves et de la société ;
- de la réunion des délégués des AG de laboratoires du 12 mars, pour la recherche, dans les différents EPST, EPIC et les universités ;
- de la grève et des manifestations interprofessionnelles du 19 mars, pour la défense de l?emploi, des salaires, du service public.
Les organisations soussignées dénoncent la stratégie de «saucissonnage» des dossiers employée jusque là par le ministère. En ne répondant pas
aux revendications, le gouvernement prendrait la responsabilité d'exacerber la colère des collègues. C'est à la radicalisation du mouvement que nous pourrions assister. Les organisations exigent du gouvernement qu?il réponde de manière globale et responsable sur l'ensemble de nos revendications et engage de réelles négociations.
Signatures :
FSU (SNESUP-FSU, SNCS-FSU, SNEP-FSU, SNASUB-FSU)
CGT (CGT-SNTRS, FERC Sup CGT, CGT-INRA)
CFDT (SGEN-CFDT Recherche EPST)
SOLIDAIRES (SUD Recherche EPST, SUD Education)
SLR, SLU
UNEF
COMPTE RENDU
DE L’AG DES PERSONNELS
DE LA FACULTE DE DROIT, ECONOMIE ET SCIENCES SOCIALES
Les personnels enseignants-chercheurs et IATOS de la Faculté de Droit, Economie et Sciences sociales se sont réunis mercredi 11 mars à 11h.
Cette assemblée a été suivie d’une AG de l’ensemble de l’UFR, A F, qui a permis qu’une discussion s’engage entre personnels et étudiants.
Les personnels de la Faculté rejettent le nouveau projet de décret diffusé le vendredi 6 mars dernier, qui s’inscrit dans la même logique financière que ces prédécesseurs et n’assure en rien ni le principe d’indépendance des universitaires, ni la qualité de l’Université.
Ils déplorent les dispositions concernant la modulation des services (art. 5 II), et s’inquiètent de leur application aux filières sous encadrées. Ils regrettent par ailleurs le statu quo en ce qui concerne les avancements.
Considérant que ce nouveau texte a été réécrit dans une trop grande précipitation, sans véritable écoute de la communauté universitaire, les enseignants-chercheurs et IATOS de la Faculté demandent qu’une concertation réelle se mette en place, afin d’élaborer dans la sérénité une modification substantielle et réfléchie du statut.
Ils s’insurgent contre la volonté affichée des différents ministères d’appliquer la réforme de la formation des enseignants du primaire et du secondaire dès la rentrée 2009. Ils s’étonnent qu’une telle mise en place puisse être envisagée alors que les maquettes n’ont pas été transmises et qu’une grande majorité de la communauté universitaire s’y oppose. Ils demandent que cette réforme soit réétudiée, en prenant le temps de la réflexion.
En conséquence, les enseignants-chercheurs de la Faculté
- appellent à la grève le jeudi 19 mars (3 voix contre)
- souhaitent la non-tenue des conseils ordinaires
- maintiennent le report des délibérations du 1er semestre (1 voix contre, 1 abstention), mesure accompagnée d’une lettre explicative à destination des étudiants
- envisagent la possibilité de tenir des cours hors les murs
- demandent la réunion d’un nouveau congrès de l’Université François Rabelais
Ces mesures seront réexaminées lors de la prochaine réunion des personnels prévue vendredi 20 mars.
Léo a écrit: Autre point marrant cela avait été proposé par des anar il y a quelque temps... le "comité de lutte" avait alors hurlé à la méthode de "totos" ... tout dépend donc des personnes qui proposent, au moins on a confirmation.
Coordination nationale lundi à Dijon.
Léo a écrit:A Dijon toutes les salles ont vu leur chaise sorti et empilées dans les couloirs ainsi que les tables retournées, et amphis bloqués, dans le but d'empêcher les cours, plutôt réussi. idée proposée par les profs, grands guides intellectuels nous montrant le chemin à nous, exécutants étudiants ( oue car pour appliquer leurs idées ils sont jamais là, surement trop indigne du standing). Autre point marrant cela avait été proposé par des anar il y a quelque temps... le "comité de lutte" avait alors hurlé à la méthode de "totos" ... tout dépend donc des personnes qui proposent, au moins on a confirmation.
Coordination nationale lundi à Dijon.
Vilaine bureaucrate a écrit:Léo a écrit:A Dijon toutes les salles ont vu leur chaise sorti et empilées dans les couloirs ainsi que les tables retournées, et amphis bloqués, dans le but d'empêcher les cours, plutôt réussi. idée proposée par les profs, grands guides intellectuels nous montrant le chemin à nous, exécutants étudiants ( oue car pour appliquer leurs idées ils sont jamais là, surement trop indigne du standing). Autre point marrant cela avait été proposé par des anar il y a quelque temps... le "comité de lutte" avait alors hurlé à la méthode de "totos" ... tout dépend donc des personnes qui proposent, au moins on a confirmation.
Coordination nationale lundi à Dijon.
A Tolbiac, la proposition vient des IATOSS, ça s'appelle le "printemps des chaises", j'ai appris ça aujourd'hui.. ça été accepté en AG chez nous, apres la mise en place... (...)
La coordination nationale a lieu a Lyon, et non pas a Dijon.. ya une erreur ou j'ai manqué un truc?
-ya des manifs de nuit des feministes, faite par le collectif marche de nuit..
Léo a écrit:
Euh lundi 16 si. Mais je ne sais plus si c'est la coordination étudiante ou la CNU dsl. ( oui je sais c'est pas pareil mais j'ai un trou de mémoirej'vais aller prendre une info valable )
Sinon oui le terme "printemps des chaises" est repris aussi ici.
édit: oui j'me suis planté. c'est la coordination nationale des universités qui a lieu à dijon.
Communication Darcos-Pécresse sur la formation des enseignants :
LE GOUVERNEMENT DOIT REMETTRE A PLAT L’ENSEMBLE DU DISPOSITIF
L’intensité et l’ampleur de la mobilisation dans les universités, les laboratoires et les IUFM ont conduit le gouvernement, le 12 mars, à faire de nouvelles annonces sur la formation des enseignants. En cette matière, la communauté universitaire a trois exigences immédiates : que soit négocié un dispositif global améliorant la formation des maîtres, qui articule les cursus universitaires, les concours, et l’année post-concours ; que les concours de recrutement restent inchangés dans leurs épreuves et leurs modalités en 2010 ; qu’après l’obtention des concours, les futurs enseignants aient une année complète en alternance rémunérée. Les annonces de X. Darcos et de V. Pécresse n’y répondent pas ou font des réponses biaisées.
Les dispositions déclarées « provisoires » concernant les concours de 2010 semblent laisser en l’état le concours de recrutement de professeur des écoles (CRPE) et l’agrégation et suppriment le projet ministériel d’une épreuve de connaissance du système éducatif. Refusant de déclarer clairement le maintien du dispositif actuel pour 2010, elles ajoutent à la confusion. Elles improvisent des solutions qui portent atteinte à la qualité des concours. Elles ouvrent sur un développement potentiel de la précarité. Elles signifient que les ministres ne donnent pas le temps nécessaire pour mettre en place une formation cohérente associant les IUFM et les UFR.
Même si le gouvernement recule par rapport à son objectif initial de mettre complètement en exercice dans les classes les lauréats aux concours, les obligations de service et le statut des « enseignants stagiaires », sont indéterminés. Le temps de formation dite « continue », à l’intérieur de ces obligations de service, n’est jamais précisé.
Le dispositif social exposé au bénéfice des étudiants qui se destinent à devenir enseignants est insuffisant en ce qui concerne notamment le montant des bourses. Réserver 5000 postes d’assistant d’éducation pour les étudiants en M2 et 4000 postes en M1 n’est pas propre à aménager des conditions d’études qui permettent une démocratisation de l’accès au métier d’enseignant.
Le gouvernement est obligé de reconnaître la nécessité de revaloriser substantiellement les rémunérations des jeunes enseignants, mais il ne prend aucun engagement en ce sens.
Dans les mesures annoncées, le rôle et les missions des IUFM sont absents dans la formation des enseignants, dans les stages en cours de master, et après le concours. L’évaluation de l’exercice en responsabilité, élément essentiel de la qualification enseignante, n’est jamais envisagée.
Pour l’essentiel, le gouvernement n’a pas modifié son canevas qui reste focalisé sur l’objectif de réaliser, via la suppression de l’année de stage, des économies budgétaires au plus vite et, à terme, de recruter les enseignants uniquement sur la base de masters sans concours nationaux. Pas un seul universitaire ne défend le modèle de formation et de concours conçu par les ministres. La précipitation et la confusion entre un objectif flou pour 2011 et des dispositions transitoires pour 2010 qui déstabilisent étudiants, formateurs et cursus de formation ne sont pas de nature à améliorer le dispositif et à rétablir la confiance.
Le SNESUP se saisira de toutes les tribunes pour consolider la solidarité d’analyses, de propositions et d’actions qui rassemble aujourd’hui le monde de l’éducation « de la maternelle à l’université » afin que se dessinent et voient le jour de réelles améliorations pour la formation des futurs enseignants. Il porte l’exigence maintenue d’un retrait du dispositif.
Le SNESUP appelle partout à maintenir les modes d’actions à un haut niveau et la mobilisation des personnels ; en particulier, dans la non transmission de maquettes de masters dédiés à la formation des enseignants.
Le SNESUP agit pour contribuer, dans la FSU et au-delà, à fédérer l’unité la plus large pour interpeller les deux ministres et le gouvernement qui campent encore sur des orientations rejetées par le monde de l’éducation.
Paris, le 13 mars 2009 La Commission Administrative Nationale du SNESUP
IUT : POURSUIVRE L'ACTION
La Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche vient de publier un communiqué annonçant une traduction de la « charte » en circulaire et la mise en place de Contrats d’Objectifs et de Moyens locaux qui régiraient les relations entre université et IUT dans le cadre de la loi LRU, que le SNESUP condamne.
Cette situation n’est pas sans rappeler la situation des IUP. En décembre 2003, c’est une lettre du Directeur Général de l’Enseignement Supérieur, qui avait assuré que les IUP seraient pérennisés. On sait depuis combien d’IUP sont restés … alors qu’ils avaient un rôle de nature comparable et complémentaire aux IUT pour amener des étudiants à un niveau de cadre supérieur.
Ce dont les IUT ont besoin, c’est d’un cadre réglementaire pérenne (décret ou arrêté) qui garantisse l’affectation en propre des moyens et des emplois. Celle-ci doit faire l’objet d’un article explicite.
Les annonces de la ministre ne garantissent pas que des moyens permettant de mettre en œuvre les programmes pédagogiques nationaux et de garantir la valeur nationale du DUT seront affectés aux IUT. Quand on sait que le système SYMPA de répartition des moyens sous-estime pour tous les établissements les dotations de fonctionnement, on ne peut que craindre sur le financement des IUT pour les années à venir.
Pour les personnels des IUT, comme pour ceux des autres secteurs, le compte n’y est pas ! Pour faire entendre leurs revendications spécifiques ils ont lancé le mot d’ordre « Le 10 mars, les IUT s’arrêtent ! ». Le SNESUP appelle les collègues des IUT à continuer à exprimer leurs revendications, en convergence avec celles de l’ensemble de la communauté universitaire, notamment lors de la journée nationale interprofessionnelle de grève et de manifestations du 19 mars.
Paris le 13 mars 2009.
Finde la gratuité de l'enseignement supérieur ?
Par Jean-Didier Zanos (université de Rouen)
http://www.assemblee-nationale.fr/13/pd ... on1391.pdf
Dans l'exposé des motifs d'une proposition de loi, plus de 90 députés UMP mettent en cause le principe de gratuité de l'enseignement supérieur public en France et prônent la mise en place d'un système payant calqué sur le modèle libéral anglo-saxon.
Pour que les universités et les grandes écoles publiques françaises puissent devenir payantes, il faut au préalable mettre en place un système permettant réellement aux étudiants de s'endetter massivement.
Telle est la philosophie des 92 députés UMP signataires de laproposition de loi déposée le 21 janvier 2009 (et rendue publique le 20 février) "/relative à la création du prêt étudiant garanti par l'Etat et à remboursement différé et conditionnel/".
Accordés par les banques, les prêts seraient garantis par l'Etat. Leur remboursement débuterait à l'entrée de la vie active et pourrait être modulé en fonction du niveau de rémunération atteint par l'emprunteur au cours de sa vie professionnelle.
Selon l'exposé des motifs : "Le système universitaire français est actuellement fondé sur la gratuité de l'enseignement supérieur et le versement d'allocations de bourse en faveur des étudiants issus de milieux modestes. Force est toutefois de constater que ce sont les
enfants issus de milieux favorisés qui profitent du système public d'enseignement supérieur financé par la collectivité".
Dans un raisonnement spécieux, les députés font le lien entre
gratuité et inégalité. Cette affirmation, pour le moins péremptoire, vise à accréditer l'idée que la gratuité de l'enseignement supérieur est injuste et immorale et à saper ainsi la légitimité du modèle républicain.
Toujours dans l'exposé des motifs, les députés du parti majoritaire n'hésitent pas ensuite à se prévaloir de leur propre turpitude, en rappelant à dessein la faiblesse des aides et surtout la baisse des dépenses de l'Etat par étudiant, pour mieux prétendre en déduire la nécessité d'un financement complémentaire par ces mêmes étudiants, autrement dit la nécessité d'un système payant : " La situation est aujourd'hui devenue préoccupante en France : notre pays dépense deux fois moins en aides pour les étudiants que l'Allemagne et la Belgique et huit fois moins que le Danemark ou la Norvège. Par ailleurs, *la dépense par étudiant est passée de 5 414 euros en 2001 à 5 268 euros en 2005, ce qui prouve la nécessité de prévoir des formes complémentaires de financement de l?enseignement supérieur."
S'inspirant "d'un dispositif existant en Australie depuis 1988, en Nouvelle-Zélande depuis 1992 et au Royaume-Uni depuis 2004", cette perspective d'un système payant avec prêts à remboursement conditionnel sur le modèle anglo-saxon, dessinée par les 92 députés de l'UMP, est d'autant plus grave qu'elle émane d'une partie de la représentation nationale. Elle est totalement inacceptable et doit être dès à présent combattue. Il convient d'en informer les citoyens et en particulier les étudiants.
De lecture très rapide, la proposition de loi, avec l'exposé des motifs :
www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/propo ... on1391.pdf
Quelques compléments:
Dans l'exposé des motifs, tous les éléments pseudo-techniques avancés par les députés sur les aides ou la dépense par étudiant sont tirés, en une manière de "copier-coller", d'une seule et même étude publiée en octobre 2008 par l'Edhec (Ecole de commerce payante située à Lille). Cette étude de l'Edhec (1) milite ouvertement pour un système universitaire payant, avec prêt à remboursement conditionnel, tout en rappelant que cette dernière idée a été formulée il y a 50 ans par Friedman. Décédé en 2006, Milton Friedman est l'ancien chef de file de l'Ecole dite de Chicago qui regroupe la frange la plus extrémiste des économistes ultra-libéraux.
L'exposé des motifs précise : "La présente proposition de loi s'inspire d'un dispositif existant en Australie depuis 1988, en Nouvelle-Zélande depuis 1992 et au Royaume-Uni depuis 2004". On notera que ces trois pays anglo-saxons ont mis parallèlement en place un système payant pour leur enseignement supérieur public. Du reste, si l'on s'en réfère précisément à l'étude de l'Edhec plébiscitée par les 92 députés UMP: " le système mis en place en 1989 [en Australie] en remplacement d'un système de gratuité (...) demandait [aux étudiants] une même contribution d'environ 25% du coût moyen d'une année d'enseignement" (p. 27); "En 2008, les contributions annuelles supportées par l'étudiant [australien] selon les domaines d'enseignement varient de 4000 à 8500 AUS$" (p. 28).
Selon la conception libérale anglo-saxonne, les études supérieures doivent être considérées avant tout comme un investissement financier individuel, qui, comme tout autre investissement, doit se voir financer soit par un apport individuel ou familial, soit par l'emprunt. D'où la nécessité d'un système permettant un endettement à très large échelle.
Cette opposition entre, d'un côté, le modèle français et
républicain, et, de l'autre, le modèle libéral et anglo-saxon, est probablement l'une des clefs qui permet de rendre compte de l'ampleur de la mobilisation actuelle dans les universités en France. Nombreux sont ceux qui perçoivent, quelquefois confusément, le plus souvent clairement, que les réformes actuelles - "mastérisation", statut des E-C, contrat doctoral et autres "LRU" - tendent à nous rabattre sur le modèle anglo-saxon, modèle qui trouve certes de très nombreux adversaires à gauche, mais aussi à droite.
(1) : http://professoral.edhec.com/jsp/fiche_document.jsp
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