J'affirme que le mode d'organisation proposé n'est pas viable parce que rien ne laisse présupposer qu'il le soit, je dirais même que c'est à toi de prouver que ce n'est pas une croyance. La charge de preuve est de ton côté, pas du mien.
Nous n'avons pas le même point de départ :
_ Pour moi, c'est le mode d'organisation actuel qui n'est pas viable, et qui nous conduit tout droit à la barbarie généralisée. Il est DEJA barbare : guerre, famine, génocides, massacres de masse, viols, domination généralisée... Pas plus que le mode d'organisation capitaliste d'Etat (marxiste) qui n'a pas permis de remmettre en cause cette réalité, mais qui y participe au contraire
_ A partir de ce constat, la question, c'est pour moi : comment sortir de cette barbarie ? dès lors les modes d'organisations proposées n'ont pas la prétention d'être parfait (c'est à dire de faire disparaitre par magie tous les problèmes, notamment les problèmes de pouvoir), mais d'être moins pires.
Le mode d'organisation que je propose s'appuit sur des expériences historiques, qui avec toutes leur limites, montrent pour moi qu'un tel mode d'organisation est viable : on peut citer la situation espagnole, mais aussi plus récemment la situation à Oaxaca, qui, sans représenter des "modèles" parfait à plaquer, montrent tout de même qu'un tel mode d'organisation ne sort pas de la pure spéculation.
Pour d'autres exemples historiques, je te conseilles la lecture de Kropotkine "l'entraide, un facteur de l'évolution", qui montre justement comme ce principe d'organisation, l'entraide, existe à des degrés divers dans toutes les sociétés.
A partir de ce constat, l'enjeu, la
volonté anarchiste que je défends, c'est de généraliser cette pratique.
Il en est de même pour le fédéralisme, qui a animé le mouvement ouvrier dans de nombreux pays à une échelle de masse (CGT avant 14, FORA, etc...), avant la prise de cpntrôle des courants marxistes sur ce même mouvement ouvrier. Alors bien sur, il ne s'agit pas de mode d'organisations "parfaits", qui éliminent définitivement tous les problèmes, mais ils ont le mérite de montrer un autre mode d'organisation que le mode hiérarchique et centraliste, à une échelle de masse.
_ La question est donc : Quel mode d'organisation proposes tu ? Sans cette perspective d'une autre manière de s'organiser (même imparfaite), on en est réduit à accepter l'existant comme une fatalité. Il n'en est pour moi pas question.
Mais de quoi tu parles ? Je n'ai rien vu à la TV ni dans les journaux !
Lol, je ne suis pas sur qu'il s'agit là d'un critère... Il y a beaucoup de choses du monde réel qu'on ne voit ni à la télé ni dans les journaux.
Tu veux peut-être parler de vos petites organisations ?
On peut parler de la CNT espagnole en 36 (1,5 millions d'adhérents), de la FORA (500000), de la CGT lorsqu'elle était syndicaliste révolutionnaire fortement teintée d'influence libertaire (300 000), qui fonctionnaient sur la base du fédéralisme.
Mais c'est exactement ce que je dis, c'est applicable à petite échelle, ce que je m'évertue à vous dire c'est que vous négligez complètement ce que les anglo-saxons appellent la "scalability", c'est-à-dire l'application d'un même principe à petite échelle et à grande échelle. Vous négligez complètement le facteur humain, hormis la croyance au père noel.
Non, il ne s'agit pas d'une conception localiste : à la "démocratie directe" locale, s'ajoute le fédéralisme : mandatement impératif et révocable, contrôle des mandat, rotation des mandats, fédéralisme territorial... Cela ne fait pas disparaitre tous les problème, mais évite au moins un certain nombre de travers liés à la hiérarchie et au centralisme.
Le projet majoritairement supporté sur ce forum ne me convainc pas, et plus grave, il ne me séduit pas. J'ai, dans un autre fil, essayé d'expliquer, d'argumenter, comme quoi il était impossible à plusieurs systèmes de cohabiter, que le système majoritaire finirait fatalement par écraser l'autre. Je n'ai jamais eu de contre-argument, de réfutation ou d'acquittement sur ces points (ni sur bien d'autres), je m'en vais donc continuer la quête de mes semblables (les groupes affinitaires il n'y a que ça de vrai).
Les "groupes affinitaires" laissent intacte la structure sociale fondée sur la domination, le centralisme, l'Etat, le capitalisme, et la barbarie qu'ils produisent. Je pense que ce replis sur l'affinitaire n'est pas vialbe, JUSTEMENT parce que le système étatique et centraliste est totalitaire et ne tolère rien d'autre, puisqu'il aspire au contrôle absolu, qu'il n'est pas modifiable.
Le fédéralisme lui, tolère plusieurs modes de regroupement dès lors que ceux-ci ne visent pas à assurer la domination ou l'exploitation d'un groupe sur un autre, puisqu'il est fondé sur la libre association c'est à dire la capacité de déterminer sur quelles bases on s'associe, et non à le subir sans pouvoir le modifier.
Il y a donc d'un côté entre un système dynamique (imparfait mais perfectible), le fédéralisme, et un système figé, imperfectible, le centralisme.