Mobilisation dans les universités: le point à la veille des manifestations du 10 février
Dans la continuité des manifestations du 5 février 2009, des assemblées générales se sont tenues dans un grand nombre d'universités lundi 9 février 2009. Voici un état des lieux de la mobilisation dans les établissements ce soir. Demain, mardi 10 février, des manifestations sont prévues dans toute la France. À Paris, le cortège partira à 14h de la place de la Sorbonne et se dirigera vers les Invalides. RÉGION PARISIENNE
PARIS-X. Une assemblée générale a réuni environ 1 000 personnes, dont 900 étudiants, à l'université Paris-Ouest Nanterre-la-Défense, lundi 9 février 2009, indique une représentante de l'Unef de l'université. "La grève active" a été votée jusqu'à jeudi, date de la prochaine assemblée générale", précise-t-elle. L'UFR de sciences juridiques a également voté la grève illimitée. Une assemblée générale des étudiants se réunira demain avant le départ pour la manifestation parisienne. L'Unef précise que "très peu de cours ont eu lieu aujourd'hui, excepté en droit, économie et Staps". Les étudiants de l'université effectuaient leur rentrée aujourd'hui.
En outre, Bernadette Madeuf, présidente de l'établissement, appelle Valérie Pécresse, dans un courrier du vendredi 6 février, à "entendre les protestations" et à constater "le nombre grandissant d'enseignants-chercheurs exprimant leur opposition" (L'AEF n°108969).
PARIS-XIII. Une assemblée générale a rassemblé environ 150 personnels sur le site de Villetaneuse de l'université Paris-XIII Paris-Nord,indique le Snesup. Ils ont reconduit la grève "à l'unanimité". Joint par l'AEF, le président de Paris-XIII, Jean-Loup Salzmann, indique que les 3 sites de l'université (Villetaneuse, Saint-Denis, Bobigny) sont "touchés à des degrés divers".
UVSQ. Une assemblée générale organisée lundi 9 février après-midi devait décider de la poursuite de la grève à l'UVSQ, initiée le 2 février. "Incontestablement, le mouvement prend de plus en plus d'ampleur, même si la situation n'est pas toujours très claire. Les cours sont partiellement assurés, selon les disciplines", indique l'université. La mobilisation serait particulièrement forte chez les enseignants-chercheurs en sciences. Vendredi 6 février, l'IUT de Velizy a décidé la grève du jury qui devait attribuer le jour même des DUT.
MARNE-LA-VALLÉE. Une assemblée générale réunissant environ 400 personnes, dont 350 étudiants, s'est réunie ce lundi à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée, indique un représentant de l'Unef. "Uneplate-forme de revendications a été votée demandant le retrait des différentes réformes en cours (masterisation, décret sur lesenseignants-chercheurs et nouveau système d'allocations des moyens notamment) et une assemblée générale se tiendra également avant le départ pour la manifestation", précise-t-il.
OUEST ET CENTRE
ORLÉANS. L'université d'Orléans sera en "journée blanche" mardi 10 février. Aucun cours ne sera assuré. Une assemblée générale devrait s'organiser mardi matin, et des débats auront lieu tout au long de la journée. "Le nombre d'enseignants-chercheurs grévistes est particulièrement fort en sciences et en lettres", constate l'université.
ANGERS. Deux AG ont eu lieu aujourd'hui à Angers : l'une à l'IUT, qui aréuni environ 150 enseignants et étudiants, l'autre à l'université, qui a rassemblé environ 70 personnes. Ces deux assemblées ont voté pour la poursuite de la grève, et ont demandé au président de l'université de suspendre les contrôles continus qui continuent à être organisés dans certaines UFR. Les enseignants renouvellent leur appel au CA pour qu'il s'oppose à la remontée des maquettes des masters enseignement. Un rassemblement est prévu jeudi devant la présidence, où se tiendra le CA qui examinera cette question. Une vingtaine d'enseignants de l'université d'Angers ont prévu de faire le déplacement demain pour aller manifester à Paris. Une manifestation aura également lieu à Angers.
RENNES-II. Une AG des enseignants et personnels a réuni environ 200 personnes ce matin à l'université Rennes-II Haute-Bretagne. La grève a été reconduite jusqu'à jeudi matin, date de la prochaine AG. Elle prendra la forme d'interventions dans les amphis et les salles de cours, pour informer sur les raisons de la mobilisation. "Ce qui nous mobilise le plus, c'est la réforme de la formation des enseignants", précise Philippe Guérin, enseignant à Rennes-II et membre du Snesup. "Cela nous motive plus que la réforme du décret de 1984." Une AG étudiante s'est également déroulée cet après-midi à Rennes-II. Elle a réuni environ 1 200 étudiants. Le blocage de l'université a été voté, à main levée, à une très large majorité. Une nouvelle AG aura lieu mercredi à 13h30. Dans un communiqué, la direction de l'université "déplore ce blocage qui porte atteinte à la crédibilité du mouvement et qui empêche tout débat et toute activité de formation et de recherche".
UNIVERSITÉ DE BRETAGNE OCCIDENTALE. La dernière AG s'est déroulée jeudi en fin d'après-midi à l'UBO. Elle a rassemblé environ 350 étudiants et enseignants. La grève a été votée jusqu'à mercredi. Une manifestation est prévue demain à 13h30 à Brest. Le défilé doit se rendre devant la présidence de l'UBO. La prochaine AG, commune aux étudiants et aux enseignants, doit avoir lieu mercredi à 10 heures.
GRAND SUD-OUEST
BORDEAUX. A l'université Montaigne (Bordeaux-III), les étudiants sont appelés à manifester demain mardi mais à deux horaires différents : le syndicat estudiantin l'Unef appelle à 14h, quand le Comité de mobilisation réunissant élèves et personnels de l'Université distribue des tracts invitant au rassemblement à 18h. Cela a généré quelques tensions lors de l'assemblée générale ce lundi devant l'Université, et qui a réuni environ six cent étudiants et quelques enseignants. De nouvelles manifestations sont prévues par le comité de mobilisation de Bordeaux-III, une après l'AG étudiante de jeudi, l'autre, à l'initiative du corps enseignant, pour samedi après midi, au premier jour des vacances scolaires de février.
A Victor-Segalen (Bordeaux-II) la reconduite de la grève sera décidéeen assemblée générale demain matin
A l'université Sciences et technologies Bordeaux-I, près de 300étudiants réunis dans un amphithéâtre ont voté le blocage du conseil d'administration prévu jeudi dans leur université pour enregistrerpuis transmettre les maquettes de masterisation. Le Snesup-FSU avait enjoint les personnels de l'Université à se joindre à cette assemblée estudiantine. Seuls quelques uns s'étaient déplacés. La prochaine AG est prévue lundi midi.
A l'IEP de Bordeaux, qui dépend de l'université Bordeaux-IV, "une assemblée générale réunissant une centaine d'étudiants et des enseignants a voté la grève pour ce mardi", a déclaré à l'AEF Adrien Mazières-Vaysse, doctorant en Sciences politiques syndiqué Sud étudiant. Les opposants aux réformes doivent se retrouver demain soir pour décider de poursuivre ou non cette grève. Selon une délégation d'étudiants du comité de mobilisation de Bordeaux IV, présente aujourd'hui aux AG des autres universités, des personnels enseignants tiendront ce mardi, à 15h30, devant la mairie de Bordeaux, "le procès de l'éducation publique". Dans l'université de droit et de sciences économiques, la prochaine assemblée générale est prévue mercredi à la mi-journée et les TD de droit, gestion, économie et AES ont été repoussés d'une semaine du fait des conséquences de ce mouvement de protestation.
PAU. L'assemblée générale qui s'est tenue ce lundi à l'UPPA (université de Pau et des pays de l'Adour) a décidé de profiter de la journée banalisée, accordée par le président Jean-Louis Gout pourmardi 10 février, pour organiser demain en matinée trois ateliers pourdébattre des réformes, explique à l'AEF Jean-Claude Liquet, élu Snesup-FSU au CA de l'établissement. Une manifestation devant les locaux de la présidence est également prévue, avec les étudiants pour 15 heures. Demain, les locaux de la faculté de droit et de sciences économiques seront fermés, par décision du conseil de gestion de cette UFR, qui se rallie à la grève administrative, mise en oeuvre depuis décembre dans les secteurs des lettres et sciences humaines. L'IAE (institut d'administration des entreprises) a pareillement décidé d'une grève des cours et de l'administration.
TOULOUSE. Les étudiants de Toulouse-I se regrouperont en AG mercredi 11 février. "Nous organisons une AG par semaine et par université",détaille Ludivine Labbé, présidente de l'Unef Toulouse. 250 étudiantsétaient présents lors du dernier rassemblement de mercredi 4 février.
À Toulouse-II Le Mirail, l'AG de vendredi a rassemblé 350 personnels, selon l'intersyndicale CGT, FSU, SUD, Unsa. La grève a été reconduite jusqu'à demain, jour de la prochaine AG des personnels et des étudiants. "La quasi-totalité des UFR est en grève et a voté la participation à la manifestation de demain", selon Hervé Petit, porte-parole de l'intersyndicale. La présidence de Toulouse-II devrait convoquer un congrès rassemblant les trois conseils de l'université jeudi 12 février pour évoquer le mouvement.
Les personnels et étudiants de l'université Toulouse-III Paul-Sabatier se réuniront en assemblée générale demain, mardi, avant de rejoindrela manifestation toulousaine. 900 étudiants et personnels s'étaient réunis lors de la dernière AG du 4 février.
Des cours devraient être donnés place du Capitole mercredi 11 et jeudi 12 février par l'ensemble des universités toulousaines pour "sensibiliser le grand public".
POITIERS. Environ 200 personnels de l'université de Poitiers ontempêché aujourd'hui la tenue du conseil d'administration de l'établissement, à l'ordre du jour duquel figurait la masterisation dela formation des enseignants. Un "fait sans précédent" selon le président Jean-Pierre Gesson, qui s'inquiète "très vivement" ce soir dans un communiqué " du recours à des méthodes qui s'écartent gravement des voies démocratiques". Il affirme entendre "les inquiétudes qui s'expriment au sein de la communauté universitaire" mais "estime néanmoins que l'amalgame entre les différents dossiers ne peut que renforcer la confusion actuelle et empêcher de trouver dessolutions au malaise ressenti par beaucoup".
GRAND SUD-EST
AIX-MARSEILLE. Une AG des personnels de la faculté de lettres de l'université de Provence (Aix-Marseille-I) à Aix a réuni aujourd'hui environ 200 enseignants-chercheurs et personnels Biatoss, selon le Snesup Aix. La reconduction de la grève a été votée jusqu'à jeudi, date de la prochaine AG. Selon l'Unef Aix-Marseille, une autre AG a rassemblé un millier d'étudiants qui ont également voté la reconduction de la grève.
Sur le site de Saint-Charles, à Marseille, ils étaient 500 étudiants à se prononcer pour la poursuite de la grève.
À l'IEP d'Aix-en-Provence (université Paul-Cézanne), 200 à 300 personnes ont voté la poursuite de la grève, selon l'Unef.
Vendredi 6 février, une AG des étudiants à la faculté des sciences et techniques de Saint-Jérôme (université Paul-Cézanne,Aix-Marseille-III) s'est prononcée pour le blocage de la faculté, ce lundi 9 février, à 300 voix pour, contre 79 voix.
Les élèves professeurs et leurs formateurs de l'IUFM d'Aix-Marseille(université de Provence) se réuniront ce lundi soir en AG pour décider des suites de leur mouvement, après un débat public sur l'école et la formation des enseignants. Jeudi 5, une AG de 150 étudiants avait voté le blocage du site de La Canebière, dans le centre de Marseille, jusqu'à vendredi.
Deux manifestations auront lieu demain mardi. Le matin, à 10 heures, les enseignants-chercheurs défileront en direction de la Poste de la préfecture pour envoyer leurs publications au président de la République, indique le Snesup. L'après-midi, un rassemblement d'enseignants chercheurs et d'étudiants est prévu à 14 heures devant la faculté de lettres pour une manifestation jusqu'au centre-ville.
MONTPELLIER. Vendredi, des personnels et étudiants de l'université Montpellier-II ont envahi le CA.
Aujourd'hui, le comité de mobilisation de l'université Montpellier-III Paul-Valéry a organisé une conférence intitulée "tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'université sans jamais avoir osé le demander". La prochaine AG est prévue demain, mardi. Le 4 février, un millier d'étudiants s'étaient réunis en AG.
Les universités Montpellier-II et Montpellier-III sont en grève illimitée depuis le 28 janvier 2009. L'IUT et l'IUFM sont également en grève.
PERPIGNAN. Aujourd'hui, un accueil filtrant des personnels et des étudiants a été mis en place à l'entrée de l'université de Perpignan. Demain, mardi, les personnels et les étudiants se rassemblent en AG, avant de rejoindre la manifestation. Cette journée est déclarée banalisée par la présidence de l'université. Une demande d'audience est demandée aux élus locaux. Jeudi 12 février, l'université organise une journée portes ouvertes à destination des citoyens. Jeudi 5 février, l'AG avait rassemblé 1 000 personnes, selon le comité des personnels mobilisés. À l'occasion du CA du 6 février, le comité avait remis au président de l'établissement une pétition "Université en danger" rassemblant 526 signatures de membres de l'université. Le CA a également voté une motion de soutien au mouvement.
LYON. L'assemblée générale qui s'est tenue aujourd'hui sur le campus de l'université Lumière (Lyon-II) à Bron a compté 700 étudiants, selon l'Unef. "Nous avons revoté la même plateforme de revendications que les autres fois, à laquelle nous avons ajouté une demande de régularisation des étudiants et des travailleurs sans papiers: un rassemblement avait lieu ce soir devant la préfecture. Nous avons aussi décidé d'apporter notre soutien au Planning familial suite aux déclarations de Brice Hortefeux", déclare à l'AEF Juliette Garnier,présidente de l'Unef Lyon. Une autre AG étudiante avait été annoncée sur les quais. "Il s'agissait d'une réunion d'information seulement", affirme Juliette Garnier, qui précise par ailleurs que les enseignants n'ont pas tenu d'AG ce jour. Pourtant, une assemblée générale des personnels de Lyon-II avait été annoncée pour ce matin 10h par les services de l'université, puis reportée à 13h.
Pour le reste de la semaine, outre une manifestation lyonnaise en parallèle de la manifestation parisienne demain, sont programmés: une assemblée générale des personnels Iatoss de l'Insa de Lyon demain à12h30, une AG inter-site demain après la manifestation dans les locaux de l'université Jean Moulin (Lyon-III) et une AG des personnels àLyon-I jeudi à 9h. Le congrès de l'Insa de Lyon devrait par ailleursse réunir jeudi pour adopter une position sur les réformes en cours.
GRAND EST
NANCY. Ce lundi, une AG rassemblant des étudiants (principalement) et des personnels (enseignants-chercheurs et Biatoss) a réuni de 200 à 250 personnes sur le campus de l'université Nancy-II (lettres, sciences humaines), selon diverses sources. "Nous avons voté le prolongement de la grève étudiante jusqu'à jeudi", indique l'Unef à l'AEF. "Les participants ont appelé à la mise en place d'un comité de mobilisation représentatif. Ils ont fait le point sur les entrevues accordées par le recteur d'académie et des élus politiques de la Communauté urbaine du Grand Nancy (dont le député et adjoint au maire de Nancy, Laurent Hénart)", ajoute Edwige Helmer, chef de cabinet de l'université Nancy-II. Celle-ci indique qu'un amphithéâtre est occupé par une soixantaine de personnes. Et, "en l'absence de remontées denotes dans les composantes lettres et droit, beaucoup de jurys seront annulés".
À l'université Nancy-I Henri-Poincaré (sciences, médecine), une autre AG a rassemblé une centaine de personnes, ce lundi, selon l'Unef. À l'issue de ces deux AG, le CA (conseil d'administration) de l'université Nancy-I Henri Poincaré "a été interrompu en milieu d'après-midi par 80 personnes, dont une large majorité d'étudiants des universités de Nancy", indique le service communication.
"[Malgré] la proposition des responsables de l'université et des élusau CA de recevoir une délégation, la salle du conseil a été envahie après fracture des portes. [Puis] cette intrusion a donné lieu à la lecture d'une revendication, exigeant la non-transmission de maquettes des masters de formation", indique le cabinet de l'UHP. Le président Jean-Pierre Finance a clos la séance, "constatant l'impossibilité de siéger dans des conditions de sécurité et de calme nécessaires au dialogue". Comme le déplore Michaël Protain (Unef), "la remontée des maquettes à Nancy-I concerne notamment des maquettes de masters cohabilités avec l'université Nancy-II". Jean-Pierre Finance est en passe d'instaurer une concurrence au sein même de la future université Lorraine, en ne prenant pas en compte le choix de Nancy-II de ne pas faire remonter les maquettes" (L'AEF n°108405).
REIMS. Une AG unitaire d'étudiants, d'enseignants-chercheurs et de personnels Biatoss s'est tenue ce lundi sur le campus Croix-Rouge de l'Urca (université de Reims Champagne-Ardenne). Elle "a réuni 600 personnes, dont 500 à 550 étudiants, et a voté la reconduction de la grève jusqu'à jeudi", d'après Julien Micelli, président de l'Unef Reims. Par ailleurs, une réunion des trois conseils de l'universitéest prévue vendredi matin, pour aborder les réformes en cours.
STRASBOURG. Une AG organisée par les étudiants strasbourgeois arassemblé "de 800 à 1 000 personnes", ce lundi, selon le Snesup et l'Unef. Le cabinet de l'UdS (université de Strasbourg) a recensé "de nombreuses réunions dans les composantes, regroupant des étudiants et des enseignants-chercheurs". Mais, "si ceux-ci poursuivent leur mobilisation, la plupart ne se déclarent pas en grève", selon SylvieLefevre, directrice de cabinet (seuls une poignée étant recensés parla DRH). Par ailleurs, "nous ne remonterons aucune maquette de master [avant le 15 février], comme prévu, en raison notamment d'incapacités concrètes liées à la fusion" des universités strasbourgeoises.
Les réunions menées à la base (composantes, laboratoires) reconduisent chaque fois la grève de l'enseignement", indique à l'AEF Anne-Véronique Auzet (Snesup-FSU), à l'issue d'une AG ayant rassemblé 70 personnes sur le site de la délégation régionale du CNRS (campus Cronenbourg).
NORD
LILLE-I. Une assemblée générale réunissant à Lille-I "au moins 400 personnes" selon le Snesup a décidé vendredi 6 février de reconduire la grève jusqu'au 13 février (par 230 voix "pour", 1 "contre" et 6 abstentions, les étudiants présents n'étant pas appelés à voter).L'impact de cette grève reste difficile à déterminer. Par ailleurs,les enseignants-chercheurs présents lors de cette AG ont décidé de manifester mardi 10 février à Lille, à 14h30. Certains devraient aussi envoyer à Nicolas Sarkozy leurs publications en cours, par courrier, pour recueillir son avis. "C'est une manière de répondre aux sarcasmes du président sur l'évaluation collégiale", indique Claire Bornais du Snesup.
LILLE-III. Une assemblée générale a réuni jeudi 5 février environ 250 enseignants-chercheurs à Lille-III, selon le Snesup, qui indique aussique les étudiants étaient peu nombreux. Il n'y a pas eu d'autre AG depuis. Les présents se sont retrouvés autour de deux mots d'ordre principaux: retrait du projet de décret statutaire et arrêt de la réforme de la formation des enseignants. Le principe d'une grève perlée (quelques jours par semaine) et d'une grève administrative a été adopté. "C'est une manière de ne pas trop pénaliser les étudiants et de ne pas invalider le semestre", souligne Michel Maillard, représentant local du Snesup.
LITTORAL. Des enseignants-chercheurs de l'université du Littoral Côte d'Opale, dont le nombre reste indéterminé, autant du côté des syndicats que du côté des services centraux, se déclarent en grève jusqu'à la prochaine assemblée générale, prévue mercredi 11 février."Cinq bus partent demain pour la manifestation parisienne", affirme leSnesup local. Un cortège devrait aussi partir de Calais vers 10 heures, pour ceux qui ne peuvent pas aller à Paris.
La fédération Sud éducation appelle les personnels de toute l’éducation à rejoindre les personnels du supérieurs et les étudiants dans lea rue et dans la grève
Les revendications du mouvement universitaire :
• contre la LRU (loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités) et ses conséquences ;
• la suppression programmée du corps de catégorie C des Biatoss et l’externalisation de leurs fonctions, pour la titularisation des précaires en poste ;
• le projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs ;
• le démantèlement en cours des organismes de recherche (CNRS, INSERM, INRA, etc.) et leur transformation en agence de moyens ;
• les dotations budgétaires insuffisantes dans l’enseignement supérieur et la recherche, et la mise en concurrence des universités.
Pour l’obtention d’un plan pluriannuel de recrutement d’enseignants, chercheurs, enseignants-chercheurs, personnels de bibliothèque, administratifs et techniques, sur postes de fonctionnaire de la fonction publique d’état, à la hauteur des besoins
Contre la masterisation et la réforme des concours de recrutement du premier et du second degré.
En quoi sommes nous concernés dans le premier et le second degrés ?
Le projet Darcos-Pécresse vise à précipiter les futurs enseignants du primaire et du secondaire dans la précarité. Dans un contexte de réduction des postes aux concours, les candidats qui n’obtiendront pas le master « métier d’enseignement » constitueront un vivier d’enseignants précaires sans autre débouché. Le tarissement des postes aux concours entraîne déjà l’augmentation du recrutement d’enseignants sans statut.
À terme, les recrutements s’effectueraient sans concours en puisant dans le vivier des étudiants titulaires de master . Cela signerait la remise en cause du statut de la fonction publique pour les personnels de l’Éducation Nationale, comme c’est déjà le cas par exemple à La Poste et France Telecom.
Le projet Darcos-Pécresse vise donc à mettre en concurrence plusieurs catégories d’enseignants, avec un moins-disant salarial pour le plus grand nombre. Ce projet aboutirait à multiplier les embûches pour les étudiants des milieux populaires, - déjà de moins en moins nombreux - et à développer les stages sous-payés. Il accroîtrait le tri social déjà à l’œuvre. de la maternelle à l’université. Le projet Darcos-Pécresse renonce à une véritable formation en alternance, articulant connaissances scientifiques et compétences didactiques et pédagogiques.
Pour SUD éducation, il est hors de question d’accompagner cette contre réforme en négociant des améliorations à la marge.
SUD éducation a signé l’Appel du 8 novembre et participé aux côtés d’autres syndicats et organisations aux coordinations nationales sur la formation des enseignants et la refonte du statut des enseignant-chercheurs.
Nos revendications spécifiques sur quelques points :
1- nous exigeons le retrait pur et simple du projet Darcos Pécresse, pas un simple moratoire : il n’y a rien dans ce texte qui représente une avancée significative ;
2- pour SUD éducation, la licence doit rester le diplôme permettant aux étudiants de se présenter aux concours de recrutement ;
3- il faut maintenir dans l’enseignement supérieur un institut spécifique de formation professionnelle des enseignants stagiaires reçus aux concours ;
4- nous revendiquons l’allongement de la formation professionnelle : deux années salariées pleines après l’obtention du concours pour poursuivre les apprentissages disciplinaires et acquérir des compétences didactiques et pédagogiques. Nous revendiquons la reconnaissance d’un meilleur niveau de qualification pour tous les enseignants, donc de meilleurs salaire : le master doit être délivré à la fin de la formation professionnelle ;
5- pour former les enseignants, il faut des formateurs de différentes catégories : enseignants-chercheurs, enseignants des premier et second degré, maîtres-formateurs…
Sur la base de ces revendications, SUD éducation appelle les enseignants, les stagiaires et les étudiants à s’engager dans l’action pour faire reculer les ministres et obtenir l’abandon du projet Darcos- Pécresse, véritable régression sociale et pédagogique : c’est l’avenir de l’Éducation qui est en jeu.
L’éducation et la formation ne sont pas une charge mais un investissement !
Au moment où nous prenons connaissance des mesures de carte scolaire dans le second degré et les 3000 suppressions de postes au concours dans le premier degré, il devient urgent d’amplifier la mobilisation contre cette politique .
De la maternelle à l’Université, unissons-nous pour la qualité du service public d’éducation et de recherche.
Saint Denis le 8 février 2009