L'université en lutte

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 08 Fév 2009, 17:42

FAIRE REUSSIR LE PROJET DE MODERNISATION POUR LES UNIVERSITES : FORMATION, RECHERCHE ET INNOVATION (10-05-2006 / 18p. / .pdf)

Extraits (§ entiers) :

Avec 4000 établissements, plus de 17 millions d’étudiants et un personnel d’environ 1 million et demi de personnes – dont 435 000 chercheurs – les universités européennes représentent un immense potentiel, mais qui n’est pas totalement mobilisé et utilisé effectivement pour faire aboutir les efforts européens pour plus de croissance et plus d’emplois. (p.3)


Pour résumer, les universités européennes ne sont pas actuellement, à divers points de vue, en mesure de réaliser leur plein potentiel. Le résultat est qu’elles sont mal placées dans la concurrence internationale croissante pour les meilleurs étudiants et enseignants-chercheurs, qu’elles ont du mal à suivre l’évolution rapide des agendas de recherche et qu’elles peinent à offrir la masse critique, le niveau d’excellence et la flexibilité nécessaires pour réussir. Ces lacunes sont aggravées par la combinaison d’un excès de contrôle public et d’une insuffisance des financements.

L’Europe a besoin d’universités capables de développer leurs propres points forts et de différentier leurs activités eu égard à ceux-ci. Si toutes les universités peuvent partager quelques valeurs et missions communes, elles n’ont pas toutes besoin d’avoir le même équilibre entre enseignement et recherche, la même approche de la recherche et de la formation à la recherche, ou le même portefeuille de disciplines et de services universitaires. (p.4)



La recherche devrait rester une mission fondamentale dans chaque système, mais pas nécessairement de tous les établissements qui le composent. Ceci permettrait de voir émerger un système articulé comprenant des universités de réputation mondiale orientées vers la recherche, des réseaux d’excellentes universités nationales et régionales et des établissements délivrant des formations supérieures techniques plus courtes. Un tel système permettrait de mobiliser le considérable réservoir de connaissance, de talent et d’énergie qui existe dans nos universités et justifierait – et serait même capable de stimuler – l’investissement supplémentaire indispensable pour qu’il puisse se comparer aux meilleurs du monde. (p.5)


2. ASSURER UNE AUTONOMIE ET UNE RESPONSABILITE EFFECTIVES DES UNIVERSITES

Les universités ne deviendront pas plus innovantes et ne répondront pas mieux au changement si elles ne sont pas effectivement autonomes et ne doivent pas véritablement rendre des comptes. Les Etats Membres devraient piloter le secteur universitaire dans son ensemble au moyen d’un cadre de règles générales, d’objectifs stratégiques, de mécanismes de financement et de mesures incitatives pour leur permettre d’assurer leurs missions de formation, de recherche et d’innovation. En contrepartie de leur libération d’un excès de réglementation et d’une gestion trop tatillonne, les universités, en tant qu’institutions,
devraient accepter d’être pleinement comptables devant la société de leurs résultats.

Ceci demande de nouveaux modèles de gouvernance interne basés sur l’adoption de priorités stratégiques et sur une gestion professionnelle de leurs ressources humaines, de leurs investissements et de leurs procédures administratives. Il faut aussi que les universités arrivent à dépasser leur division en facultés, départements, laboratoires et services administratifs et à orienter de manière collective leurs efforts vers la réalisation des prioritésinstitutionnelles de chacune dans les domaines de l’enseignement, de la recherche et des services. Les Etats Membres devraient développer et récompenser les capacités de bonne gestion et de leadership au sein des universités. Ceci pourrait être réalisé par la mise en place d’organismes nationaux chargés de la formation à la gestion et à la direction universitaires en s’appuyant sur les expériences déjà existantes.

3. CREER DES INCITATIONS EN FAVEUR DE PARTENARIATS STRUCTURES AVEC LE MONDE DES ENTREPRISES

Tout en préservant le caractère public de leur mission et leurs responsabilités sociales et culturelles plus larges, les universités européennes ont besoin d’affirmer leur rôle en tant qu’acteurs économiques, capables de répondre mieux et plus rapidement à ce que demandent les marchés et de développer des partenariats pour l’exploitation de la connaissance scientifique et technologique. Ceci signifie qu’elles doivent reconnaître que leur relation avec le monde des entreprises revêt une importance stratégique comme composante de leur engagement à servir l’intérêt général. (p.6)


4. FOURNIR LA DIVERSITE DES SAVOIR-FAIRE ET DES COMPETENCES DONT A BESOIN LA MARCHE DU TRAVAIL

Dans le cadre des objectifs de Lisbonne, les universités ont le potentiel pour jouer un rôle décisif pour doter l’Europe des compétences et de l’expertise nécessaire pour réussir dans une économie de la connaissance globalisée. Pour pouvoir surmonter les écarts durables entre la qualification des diplômés et les besoins du marché du travail, les cursus universitaires devraient être structurés de telle manière qu’ils augmentent directement l’employabilité des diplômés et contribuent à l’effort de formation de la main d’œuvre en général. Les universités devraient offrir des cursus innovants, des méthodes d’enseignement et des cours de formation continue ou de recyclage qui combinent des compétences générales utiles sur le marché du travail et des compétences liées plus particulièrement à une discipline spécifique.
Des périodes de stages en entreprises dûment reconnues et créditées devraient être introduites dans les cursus. Ceci concerne tous les niveaux de formation, à savoir les cycles courts et les programmes de licence, de master et de doctorat. Ceci exige aussi que soient offerts des cours non diplômants pour des adultes, par exemple des programmes de conversion ou de mise à niveau pour ceux qui n’ont pas suivi un parcours éducatif traditionnel. Cette ambition doit être étendue au-delà des besoins du marché du travail au sens strict pour favoriser une culture entrepreneuriale chez les étudiants et les chercheurs. (p.7)


Les universités devraient être financées davantage pour ce qu’elles font que pour ce qu’elles sont, en basant le financement sur les résultats qu’elles produisent plutôt que simplement sur les moyens qu’elles utilisent et en modulant le financement selon la diversité des profils institutionnels des universités. Pour ce qui concerne plus particulièrement la recherche, les universités doivent assumer une plus grande responsabilité pour leur propre viabilité financière à long terme: ceci implique une démarche proactive de diversification de leurs sources de financement de la recherche grâce à des collaborations avec des entreprises (y compris dans le cadre de consortiums par-delà les frontières), des fondations et d’autres pourvoyeurs de fonds privés. (pp.7-8)


9. ACCROITRE LA VISIBILITE ET L’ATTRACTIVITE DE L’ESPACE EUROPEEN D’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE L’ESPACE EUROPEEN DE LA RECHERCHE DANS LE MONDE
L’intensification de la coopération, de la mobilité et de la mise en réseaux au sein des universités européennes au cours des dernières décennies a créé les conditions favorables à une internationalisation encore plus poussée. La plupart des universités disposent déjà d’une expérience de coopération au sein de consortiums multilatéraux et beaucoup sont impliquées dans des accords de cursus communs ou de double diplômes. La pertinence de ces initiatives
– qui sont uniquement européennes – dans la concurrence mondiale a été démontrée lors de la mise en place des masters soutenus par Erasmus Mundus. La poursuite de la globalisation signifie que l’Espace européen d’enseignement supérieur et l’Espace européen de la recherche soient complètement ouverts au reste du monde et deviennent des acteurs compétitifs au plan mondial. (p.11)


CONCLUSION

Les universités sont des acteurs clés pour l’avenir de l’Europe et pour une transition réussie vers une économie et une société de la connaissance. Elles sont un secteur économique et social crucial qui a cependant un besoin urgent de se restructurer et de se moderniser en profondeur pour éviter que l’Europe soit la perdante dans la compétition globale qui se déroule dans les domaines de l’enseignement, de la recherche et de l’innovation. (p.13)
Modifié en dernier par Nico37 le 08 Fév 2009, 20:59, modifié 1 fois.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Olé » 08 Fév 2009, 17:50

Un peu ras l'bol des tonnes de liens que tu balances...ok ça nous informe, mais là ça devient indigeste. Je préférerais avoir ton avis sur tous ces sujets Nico...
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Re: appel de grenoble

Messagede fu hsang » 08 Fév 2009, 20:11

wé en fait la coord de rennes qui devait se tenir ce week end a ete reporte au week end prochain ... donc au 14/15fevirier ...donc je sais pas si celle de grenoble est maintenu ou pas ...
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 09 Fév 2009, 00:26

Léo, je comprends ta réaction mais un paquet de réactions sur ce fil et ailleurs ne dépassent pas 3 lignes et ne sont souvent pas indispensables :!:

http://universitesenlutte.wordpress.com

Sud Etudiant a écrit:Une semaine après la grève générale du 29 janvier, l'enseignement supérieur prend la relève !

Depuis le début de la semaine, la mobilisation sur les universités s'amplifie de jours en jours. Un des points forts de cette semaine a été la manifestation nationale du jeudi 5 février qui a réuni plusieurs dizaine de milliers de personnes sur l'ensemble de l'hexagone.
Ces derniers jours, des Assemblées Générales se sont tenues dans la plupart des universités, hormis celles étant toujours en vacances ou en période d'examen, regroupant à la fois des étudiant-e-s, des personnels et des enseignant-e-s chercheurs/chercheuses, de 600 à 1500
personnes (Aix, Arras, Bordeaux III & IV, Montpellier, Nancy, Orléans, Rennes I&II, Rouen, Toulouse Mirail, Tours etc). Les revendications portées
par les AG d'étudiant-e-s et de personnels n'entendent nullement se borner à la gentille demande du retrait du décret sur le statut des enseignant-e-s, mais dénoncent la logique globale de casse de l'enseignement supérieur et de l'éducation en général, notamment en revendiquant l'abrogation de la loi sur l'autonomie des universités (dite LRU), contre laquelle les étudiant-e-s s'étaient mobilisé-e-s à l'automne 2007. En luttant à la fois contre la déqualification des diplômes et les coupes budgétaires opérées dans l'éducation publique, les étudiant-e-s aspirent à s'inscrire dans une mobilisation
contre la précarisation de leurs conditions de vie et d'études à un niveau européen, en s'affirmant notamment solidaires des récentes luttes de la jeunesse en Grèce ou en Italie.
Depuis la grève interprofessionnelle du 29 janvier, nous assistons à une mobilisation exceptionnelle dans les universités. Ceci d'abord, par
l'unité que suscite cette contestation chez l'ensemble des acteurs et actrices de l'université. Ensuite, parce que des facs «habituellement»
peu mobilisées, sont aujourd'hui partie prenante de la mobilisation. Ainsi les universités de droit (Bordeaux IV, Paris II, etc), de
sciences dites dures (Paris XI Orsay, Marseille Saint Charles, Rennes I, etc), allant jusqu'à réunir plus de 600 personnes en Assemblées
Générales, soit autant que lors du mouvement contre la « Loi Egalité des Chances » en 2006. De plus, les IUFM rejoignent aussi progressivement la
mobilisation en votant la grève, à Paris comme en province.
Cette mobilisation se caractérise par de nouvelles formes de lutte qui émergent: rétention administrative des notes du premier semestre,
grève administrative, refus de rédiger et de faire remonter les maquettes des « futurs » Master Enseignement (nécessaire à l'application de la
réforme entrainant la disparition des IUFM), grève des professeur-e-s d'université refusant de faire cours.
Cette semaine de grève dans l'enseignement supérieur constitue un tournant dans la participation des étudiant-e-s et des personnels administratifs au sein de cette mobilisation tant redoutée par le gouvernement.
SUD Etudiant appelle l'ensemble de la communauté universitaire à s'auto-organiser pour amplifier la lutte, et imposer imposer un rapport de force unitaire face aux réformes libérales actuelles. Nous avons bien reçu la réponse de la ministre Valérie Pécresse par l'intermédiaire des matraques et des gaz à Strasbourg jeudi, mais nous ne plierons pas sous la pression.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Pïérô » 09 Fév 2009, 11:54

bon, alors çà fait un bail que je ne suis plus étudiant, mais je me lance...
Il y a visiblement des disparités de contenus et de méthodes dans la géographie des AG. Les libertaires y sont indéniablement présents, parfois à travers SUD Etudiants, parfois en tant que tels, mais il y a d'autres forces politiques plus nombreuses et mieux organisées comme le NPA, le MJS et sans doute l'AJR (du POI), et il a aussi les appareils syndicaux des profs qui ne sont pas vraiment syndiqués à SUD Education ou à la CNT.

Ce qui me paraîtrait intéressant voire important c'est que les libertaires se coordonnent d'avantage, et pour commencer communiquent d'avantage et se passent les infos. Un des travers du mouvement anar, c'est ce manque de reflexe, et un militantisme très localiste. En attendant que le forum se renforce en quantité de membres (et en qualité aussi), je pense qu'il y a déjà pas mal de membres étudiants impliqués dans le mouvement et les AG actuelles, et en tout cas suffisamment pour que ce forum serve à s'échanger les infos, échanger sur les pratiques, et construire du collectif, participer à élaborer des stratégies et peser d'avantage et d'une manière plus coordonnée sur le cours des évènements.

Donc, il y a des AG étudiantes, des AG de profs et iatos, et à mon avis c'est sur la question de la LRU, qu'il y a possibilité de trouver revendication unifiante, d'autant qu'annuler le décret des profs ne sera que partie remise si la LRU s'applique toujours...Cette question de la LRU permet pour les révolutionnaires que nous sommes de questionner la finalité de l'Education, de poser la critique de ce modèle capitaliste, et d'amener le débat sur le choix de société. il me semble aussi qu'il y a des revendications sociales à poser, revendications qui permettent aussi de dégager des pistes de convergences avec le mouvement social, autour des conditions de vie des étudiants, du logement, de la précarité, du chomage...et contrecarrer l'UNEF qui essaie de faire oublier la LRU d'un coté et qui sur le volet "social" ne réclame que quelques hausses de bourses.
Comment çà se passe chez vous en terme de contenus et fonctionnement des AG, des forces politiques et syndicales en présence, des revendications portées, de la recherche de convergences, du positionnement et actions des libertaires...?
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 09 Fév 2009, 13:38

Pour le peu que j'ai vu de Tours :
1°) mouvement encore en construction, des fragilités car le niveau d'information et pis encore de réflexion est assez bas. AG systématiquement aux Tanneurs (Lettres, Langues & Sciences Humaines) pour l'instant mais ça devrait tourner :!: AG assez bordélique en général et longue par conséquent, se vide à 50% avant la fin mais dynamisme assez fort. Quelques soucis relativement mineurs de démocratie. Intérêt réel pour les autres services publics ainsi que pour la situation sociale ce qui devrait permettre un élargissement de la plate forme (locale ; celle d'Orléans ayant été rejetée) et une politisation des étudiants en lutte...

2°) Le NPA étant en congrès en fin de semaine, ils étaient absents (ou presque à l'AG de jeudi) mais sont assez bien présents sur les Tanneurs (et peu syndiqués à Sud Etudiants) tandis que le MJS profite de la vacance politique en sciences pour essayer de s'implanter. L'UNEF a une petite implantation assez ancienne en droit tandis que Sud Etudiant peine à s'implanter en Droit et en est au début concernant les Sciences. Autrement dit ce sont bien les LLSH (Lettres, Langues & Sciences Humaines) qui regroupent le gros des militants et du mouvement étudiant alors que chez les profs & Biatoss c'est différents : la grève semble massive en math. (moins dans les autres UFR de sciences) et bien suivie aussi en droit (moins dans les autres UFR) était fragile en Sciences humaines mais est en plein développement. Le SNESUP de Tours a la particularité que Fabbri (Secrétaire Général) est prof de Math à Tours et que Marc Peigné est au bureau national du SNESUP et élu C.N.U. . Florence Alazard Secrétaire du SNESUP François Rabelais est plus à gauche que ses deux camarades mais reste dans un cadre très syndical. Chez les Biatoss c'est ultra minoritaire (comme sur le restant du territoire) : c'est la CGT Sup' (L.O.) qui porte le mouvement, les syndicats de la FSU sont absents, le SGEN passe de temps à autre en AG et ne fait rien...
AL intervient largement à travers SUD, un camarade de la CGA (sudiste aussi) en sciences peut porter une parole libertaire...

Les autres Tourangeaux présents sur le forum (au moins 4 étudiants :!:) complèteront... notamment sur les stratégies développées :!:

Communiqué du Snesup-FSU :

La semaine qui s'ouvre est décisive pour l'avenir de la recherche et des universités de notre pays. Jamaisune détermination aussi solidaire et partagée n'avait rassemblé autant d'enseignants-chercheurs, d'enseignants du supérieur, de chercheurs, en liaison étroite avec les personnels BIATOS et ITA, comme de manière croissante avec les étudiants.
Face à l'unité clairement exprimée sur des revendications lisibles connues : retrait du projet de décret relatif aux enseignants-chercheurs, retrait du dispositif gouvernemental de démantèlement de la formation des enseignants et des concours, exigence du rétablissement des emplois supprimés au budget 2009 et d’un plan pluriannuel de création d’emplois, refus de la précarité, refus de la casse du CNRS et des organismes de recherche; le président de la République et les ministres concernés tentent encore le passage en force et les manœuvres :
• arguments d'autorité et contre vérités dans le discours présidentiel
• convocation d'une réunion à l'ordre du jour dérisoire, par la ministre dans un périmètre conçu pour un "show" : un amphithéâtre, et plusieurs dizaines d'"invités" (CPU, "doyens",...) censés diluer la détermination des dizaines de milliers de collègues en grève et dans les manifestations. L'acharnement de la ministre à contourner les organisations syndicales et singulièrement le SNESUP dont l'engagement, les analyses et les propositions ne sont pas compatibles avec des compromissions est patent.
• instrumentalisation et pressions sur la CPU et la CDIUFM dont les textes rendus publics en fin de semaine sont totalement déconnectés de l'engagement des collègues et des VOTES des conseils.
• tentative de débauchage du SGEN et de l'UNSA (Sup'Recherche) conviés ensemble à un échange particulier avec la ministre mercredi matin.

Ces manœuvres ne sont plus de mise face à l'ampleur du mouvement et à sa maturité. Le SNESUP ignorera la pseudo-concertation lancée par Valérie Pécresse mercredi 11, comme, nous l’espérons, la plupart des personnes conviées à ce qui est aujourd’hui une farce. La manifestation nationale se prépare avec des dizaines de cars, de places de train, et l'active mobilisation en région parisienne de toute la communauté des universités et de la recherche. L'appel à la grève, porté par le SNESUP, les collectifs et la coordination nationale, se redouble dans bien des établissements d'une journée "blanche" sans enseignement, pour faciliter les déplacements vers la manifestation de Paris. De multiples horizons –présidents d’universités solidaires de leur communauté, fédérations syndicales, parlementaires, partis…- des positions publiques invitent le gouvernement à retirer les textes et mesures contestés. L'organisation de la coordination nationale, après des débats responsables associant des centaines de personnes, à Paris 8, au lendemain de la manifestation pour construire le succès définitif de nos revendications en est une autre preuve.

Le SNESUP se félicite de toutes ces initiatives auxquelles il prend une part active, il appelle tous les universitaires et au-delà tous ceux qui tiennent aux services publics et aux statuts, comme tous ceux pour qui sans sciences et libertés la démocratie est un leurre, à être dans l'action le mardi 10 février. Le SNESUP appelle à consolider la grève dès ce lundi 9 février avec l'objectif de paralyser toutes les activités dans les universités et tous les établissements d’enseignement supérieur et de recherche MARDI 10 FEVRIER et au-delà selon les réponses apportées par le gouvernement.
Pour renforcer la cohésion de cette formidable bataille universitaire, le SNESUP réunit sa direction nationale (CAN) et les représentants de chacune de ses sections syndicales ce mardi 10 au matin.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Roro » 09 Fév 2009, 18:05

Dernières nouvelles du campus bordelais.

La semaine dernière, le taux de profs grévistes à Bordeaux 4 (fac réputé pour être de droite) a atteint les 60% (pour la plupart des juristes). Un amphi est occupé à Bordeaux 4 où des cours/conférences ont lieu sur des thèmes variés (euthanasie, traité de Lisbonne, la décroissance...).

En ce qui concerne l'IEP (science-po) Bordeaux, l'AG du personnel a voté la grève, l'AG étudiante également (du jamais vu depuis la création de l'établissement en 1945 !)

Et à Bordeaux 3... La situation tend à se compliquer. En effet, il y avait une certaine tension dans l'air. D'abord, un prof' (celui qui balance les parcours des manifs à la préf'...) a dit que les "excité(e)s", comprenez les anars et les autonomes, devaient se calmer car "c'est pas avec de l'action directe qu'on arrivera à quelque chose". Nous l'avons donc logiquement hué. Réflexe surprenant d'une nana de SUD-étudiant (inféodé au NPA) de la tribune qui nous a dit de ne pas nous exprimer ainsi, alors que pour les applaudissements, y a pas de problèmes... Ensuite, ce fut au tour de l'UNEF de s'y mettre. Demain, à 18h, le comité de mobilisation de B3 a prévu une manif'* à la Victoire. Or, l'UNEF, on ne sait pas trop pourquoi, a proposé que le même jour ait lieu une manif' à 14h. En effet, ils ne semblaient pas avoir compris que l'avantage d'une manif' à 18h permet aux parents d'élèves , aux lycéen.ne.s, aux profs des bahuts et des lycées de nous rejoindre. Évidemment, l'UNEF pouvait difficilement savoir qu'il y avait proposition de manif', vu que cette décision a été prise en comité de mob', et qu'ils n'y étaient pas... Globalement, je suis sorti de l'AG avec une envie folle de fracasser quelques bouches... MAIS ! La manif' de demain soir devrait me donner le sourire. 1) la nuit tombera vers 19h, 2), mise à part la proposition débile de nous faire porter des lampes de poche et des gilets, on nous a demandé de porter capuches et vêtements noirs... (je ne crois pas qu'illes savent que c'est le mode d'habillement des black bloc, les pauvres... :mrgreen: ).

Bref, l'AG de B3 m'a laissé une impression étrange, on croirait une fin de mouvement alors que tout commence...
La Nature n'a fait ni serviteurs ni maitres, c'est pourquoi je ne veux ni commander ni recevoir d'ordres.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede georges » 09 Fév 2009, 19:59

Nico37 a écrit:Appel à solidarité avec Mathilde le 9 février 2009 à Orléans à 14h devant
la cour d'appel : la répression des militants de la LRU continue


Bilan de l'Appel avec un article sur Libeorleans.fr...
On notera encore une fois les délires de l'avocat de la flic et les questions intimes hors de propos du président.

«En France, les étudiants ne sont pas là pour étudier, mais pour manifester!»

Hasard du calendrier, c’est ce lundi à Orléans, à la veille de la
manifestation nationale des étudiants et personnels des universités
opposés à l'un des principaux décrets de la loi Pécresse (à lire sur
Libération.fr), que se tenait le procès en appel de Mathilde Barthélémy.
Cette étudiante de 19 ans comparaissait pour «résistance avec violence» à
l’encontre d’un agent de police. Les faits dénoncés par la fonctionnaire
remonteraient au 13 novembre 2007, soit en plein coeur du premier
mouvement étudiant contre cette même loi Pécresse. L’étudiante, elle,
continue de nier les faits.

La justice qui l’a condamnée en première instance à une amende de 500
euros lui reproche de s’être opposée à l’interpellation de son ami et
d’avoir tenté de frapper la fonctionnaire de police après avoir prévenu
d’autres étudiants de ce qui se tramait. «Je conteste les faits au niveau
de l’entrave», a soutenu Mathilde face à la cour. «J’ai effectivement crié
en direction de la fac des Tanneurs pour les alerter et c’est à ce
moment-là que la policière m’a attrapé le cou par derrière». Une scène que
la fonctionnaire, absente, dément formellement. Confronté à ce «parole
contre parole», le juge Yves Roussel semblait pencher pour la culpabilité
de la jeune étudiante. «Pourquoi êtes-vous intervenue? Vous n’étiez pas
concernée?», a-t-il questionné rappelant que les policiers venaient
interpeller son compagnon soupçonné d’agression sur un autre policier
(affaire non résolue à ce jour). «J’ai eu très peur qu’il y ait des
violences», a timidement répondu Mathilde. «Pensez-vous que ce soit
admissible de compter sur la force du plus grand nombre?», a poursuivi le
président, sous-entendant que la jeune femme avait appelé les étudiants à
la rescousse. «Je voulais que les gens sachent, je ne souhaitais pas une
intervention de leur part». Mathilde soutint également qu’un policier lui
ait dit «ta gueule salope» avant de la menotter et de l’emmener au
commissariat où elle a effectivement passé 20 heures de garde-à-vue avec
son compagnon.

Inquisiteur, le président l’a enseveli de questions personnelles: «Quels
sont vos projets? Que font vos parents? Avez-vous des frères et
sœurs?...», avant de laisser la parole à Yves Guibert, avocat de la partie
civile. Celui-ci a surfé sur les études dramatiques de l’accusée: «Vous ne
vous rappelez plus de faits remontant à novembre 2007 (…) C’est ennuyeux
madame l’intermittente de la mémoire». Puis, il a donné son avis très
personnel sur la vie étudiante: «En France, les étudiants ne sont pas là
pour étudier, mais pour manifester! Je les vois bien faire des
allers-retours sous les fenêtres de mon cabinet, à Tours. De temps en
temps, certains obtiennent leur diplôme…». Il a poursuivi:
«Maintenez-vous, mademoiselle, que vous avez agi par crainte que votre ami
disparaisse?». - «Oui, je le pense toujours». «Vous croyez donc que les
policiers font disparaître les gens d’un claquement de doigts?!», s'est
étonné maître Guibert.

À la lumière de ces accusations, l’avocat a dessiné le profil de Mathilde
et de sa trentaine de soutiens présents dans la salle d’audience: «Ce sont
des militants (…), mot ayant la même racine que militaire (…) Ce sont donc
des militaires, certes de l’armée des ombres (…), mais capables, face aux
policiers violents qu’ils dénoncent, d’opérer des enlèvements, comme les
Farc colombiennes».

Catherine Lison-Croze, l’avocate de Mathilde a tenu à rester sur le seul
terrain du droit: «Le jeune homme (objet initial de l’interpellation –
ndlr) n’est même pas poursuivi. Il ne peut donc y avoir de conditions de
la flagrance, puisque le dossier est vide. Je vous demande, monsieur le
président, d’annuler cette enquête».

Le procureur a sobrement demandé la confirmation de la condamnation de
première instance. L’appel est mis en délibéré au 9 mars 2009.

Mourad Guichard


http://www.libeorleans.fr/libe/2009/02/ ... les-t.html
georges
 

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 09 Fév 2009, 22:40

Mobilisation dans les universités: le point à la veille des manifestations du 10 février

Dans la continuité des manifestations du 5 février 2009, des assemblées générales se sont tenues dans un grand nombre d'universités lundi 9 février 2009. Voici un état des lieux de la mobilisation dans les établissements ce soir. Demain, mardi 10 février, des manifestations sont prévues dans toute la France. À Paris, le cortège partira à 14h de la place de la Sorbonne et se dirigera vers les Invalides.


RÉGION PARISIENNE

PARIS-X. Une assemblée générale a réuni environ 1 000 personnes, dont 900 étudiants, à l'université Paris-Ouest Nanterre-la-Défense, lundi 9 février 2009, indique une représentante de l'Unef de l'université. "La grève active" a été votée jusqu'à jeudi, date de la prochaine assemblée générale", précise-t-elle. L'UFR de sciences juridiques a également voté la grève illimitée. Une assemblée générale des étudiants se réunira demain avant le départ pour la manifestation parisienne. L'Unef précise que "très peu de cours ont eu lieu aujourd'hui, excepté en droit, économie et Staps". Les étudiants de l'université effectuaient leur rentrée aujourd'hui.

En outre, Bernadette Madeuf, présidente de l'établissement, appelle Valérie Pécresse, dans un courrier du vendredi 6 février, à "entendre les protestations" et à constater "le nombre grandissant d'enseignants-chercheurs exprimant leur opposition" (L'AEF n°108969).

PARIS-XIII. Une assemblée générale a rassemblé environ 150 personnels sur le site de Villetaneuse de l'université Paris-XIII Paris-Nord,indique le Snesup. Ils ont reconduit la grève "à l'unanimité". Joint par l'AEF, le président de Paris-XIII, Jean-Loup Salzmann, indique que les 3 sites de l'université (Villetaneuse, Saint-Denis, Bobigny) sont "touchés à des degrés divers".

UVSQ. Une assemblée générale organisée lundi 9 février après-midi devait décider de la poursuite de la grève à l'UVSQ, initiée le 2 février. "Incontestablement, le mouvement prend de plus en plus d'ampleur, même si la situation n'est pas toujours très claire. Les cours sont partiellement assurés, selon les disciplines", indique l'université. La mobilisation serait particulièrement forte chez les enseignants-chercheurs en sciences. Vendredi 6 février, l'IUT de Velizy a décidé la grève du jury qui devait attribuer le jour même des DUT.

MARNE-LA-VALLÉE. Une assemblée générale réunissant environ 400 personnes, dont 350 étudiants, s'est réunie ce lundi à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée, indique un représentant de l'Unef. "Uneplate-forme de revendications a été votée demandant le retrait des différentes réformes en cours (masterisation, décret sur lesenseignants-chercheurs et nouveau système d'allocations des moyens notamment) et une assemblée générale se tiendra également avant le départ pour la manifestation", précise-t-il.

OUEST ET CENTRE

ORLÉANS. L'université d'Orléans sera en "journée blanche" mardi 10 février. Aucun cours ne sera assuré. Une assemblée générale devrait s'organiser mardi matin, et des débats auront lieu tout au long de la journée. "Le nombre d'enseignants-chercheurs grévistes est particulièrement fort en sciences et en lettres", constate l'université.

ANGERS. Deux AG ont eu lieu aujourd'hui à Angers : l'une à l'IUT, qui aréuni environ 150 enseignants et étudiants, l'autre à l'université, qui a rassemblé environ 70 personnes. Ces deux assemblées ont voté pour la poursuite de la grève, et ont demandé au président de l'université de suspendre les contrôles continus qui continuent à être organisés dans certaines UFR. Les enseignants renouvellent leur appel au CA pour qu'il s'oppose à la remontée des maquettes des masters enseignement. Un rassemblement est prévu jeudi devant la présidence, où se tiendra le CA qui examinera cette question. Une vingtaine d'enseignants de l'université d'Angers ont prévu de faire le déplacement demain pour aller manifester à Paris. Une manifestation aura également lieu à Angers.

RENNES-II. Une AG des enseignants et personnels a réuni environ 200 personnes ce matin à l'université Rennes-II Haute-Bretagne. La grève a été reconduite jusqu'à jeudi matin, date de la prochaine AG. Elle prendra la forme d'interventions dans les amphis et les salles de cours, pour informer sur les raisons de la mobilisation. "Ce qui nous mobilise le plus, c'est la réforme de la formation des enseignants", précise Philippe Guérin, enseignant à Rennes-II et membre du Snesup. "Cela nous motive plus que la réforme du décret de 1984." Une AG étudiante s'est également déroulée cet après-midi à Rennes-II. Elle a réuni environ 1 200 étudiants. Le blocage de l'université a été voté, à main levée, à une très large majorité. Une nouvelle AG aura lieu mercredi à 13h30. Dans un communiqué, la direction de l'université "déplore ce blocage qui porte atteinte à la crédibilité du mouvement et qui empêche tout débat et toute activité de formation et de recherche".

UNIVERSITÉ DE BRETAGNE OCCIDENTALE. La dernière AG s'est déroulée jeudi en fin d'après-midi à l'UBO. Elle a rassemblé environ 350 étudiants et enseignants. La grève a été votée jusqu'à mercredi. Une manifestation est prévue demain à 13h30 à Brest. Le défilé doit se rendre devant la présidence de l'UBO. La prochaine AG, commune aux étudiants et aux enseignants, doit avoir lieu mercredi à 10 heures.

GRAND SUD-OUEST

BORDEAUX. A l'université Montaigne (Bordeaux-III), les étudiants sont appelés à manifester demain mardi mais à deux horaires différents : le syndicat estudiantin l'Unef appelle à 14h, quand le Comité de mobilisation réunissant élèves et personnels de l'Université distribue des tracts invitant au rassemblement à 18h. Cela a généré quelques tensions lors de l'assemblée générale ce lundi devant l'Université, et qui a réuni environ six cent étudiants et quelques enseignants. De nouvelles manifestations sont prévues par le comité de mobilisation de Bordeaux-III, une après l'AG étudiante de jeudi, l'autre, à l'initiative du corps enseignant, pour samedi après midi, au premier jour des vacances scolaires de février.

A Victor-Segalen (Bordeaux-II) la reconduite de la grève sera décidéeen assemblée générale demain matin

A l'université Sciences et technologies Bordeaux-I, près de 300étudiants réunis dans un amphithéâtre ont voté le blocage du conseil d'administration prévu jeudi dans leur université pour enregistrerpuis transmettre les maquettes de masterisation. Le Snesup-FSU avait enjoint les personnels de l'Université à se joindre à cette assemblée estudiantine. Seuls quelques uns s'étaient déplacés. La prochaine AG est prévue lundi midi.

A l'IEP de Bordeaux, qui dépend de l'université Bordeaux-IV, "une assemblée générale réunissant une centaine d'étudiants et des enseignants a voté la grève pour ce mardi", a déclaré à l'AEF Adrien Mazières-Vaysse, doctorant en Sciences politiques syndiqué Sud étudiant. Les opposants aux réformes doivent se retrouver demain soir pour décider de poursuivre ou non cette grève. Selon une délégation d'étudiants du comité de mobilisation de Bordeaux IV, présente aujourd'hui aux AG des autres universités, des personnels enseignants tiendront ce mardi, à 15h30, devant la mairie de Bordeaux, "le procès de l'éducation publique". Dans l'université de droit et de sciences économiques, la prochaine assemblée générale est prévue mercredi à la mi-journée et les TD de droit, gestion, économie et AES ont été repoussés d'une semaine du fait des conséquences de ce mouvement de protestation.

PAU. L'assemblée générale qui s'est tenue ce lundi à l'UPPA (université de Pau et des pays de l'Adour) a décidé de profiter de la journée banalisée, accordée par le président Jean-Louis Gout pourmardi 10 février, pour organiser demain en matinée trois ateliers pourdébattre des réformes, explique à l'AEF Jean-Claude Liquet, élu Snesup-FSU au CA de l'établissement. Une manifestation devant les locaux de la présidence est également prévue, avec les étudiants pour 15 heures. Demain, les locaux de la faculté de droit et de sciences économiques seront fermés, par décision du conseil de gestion de cette UFR, qui se rallie à la grève administrative, mise en oeuvre depuis décembre dans les secteurs des lettres et sciences humaines. L'IAE (institut d'administration des entreprises) a pareillement décidé d'une grève des cours et de l'administration.

TOULOUSE. Les étudiants de Toulouse-I se regrouperont en AG mercredi 11 février. "Nous organisons une AG par semaine et par université",détaille Ludivine Labbé, présidente de l'Unef Toulouse. 250 étudiantsétaient présents lors du dernier rassemblement de mercredi 4 février.

À Toulouse-II Le Mirail, l'AG de vendredi a rassemblé 350 personnels, selon l'intersyndicale CGT, FSU, SUD, Unsa. La grève a été reconduite jusqu'à demain, jour de la prochaine AG des personnels et des étudiants. "La quasi-totalité des UFR est en grève et a voté la participation à la manifestation de demain", selon Hervé Petit, porte-parole de l'intersyndicale. La présidence de Toulouse-II devrait convoquer un congrès rassemblant les trois conseils de l'université jeudi 12 février pour évoquer le mouvement.

Les personnels et étudiants de l'université Toulouse-III Paul-Sabatier se réuniront en assemblée générale demain, mardi, avant de rejoindrela manifestation toulousaine. 900 étudiants et personnels s'étaient réunis lors de la dernière AG du 4 février.

Des cours devraient être donnés place du Capitole mercredi 11 et jeudi 12 février par l'ensemble des universités toulousaines pour "sensibiliser le grand public".

POITIERS. Environ 200 personnels de l'université de Poitiers ontempêché aujourd'hui la tenue du conseil d'administration de l'établissement, à l'ordre du jour duquel figurait la masterisation dela formation des enseignants. Un "fait sans précédent" selon le président Jean-Pierre Gesson, qui s'inquiète "très vivement" ce soir dans un communiqué " du recours à des méthodes qui s'écartent gravement des voies démocratiques". Il affirme entendre "les inquiétudes qui s'expriment au sein de la communauté universitaire" mais "estime néanmoins que l'amalgame entre les différents dossiers ne peut que renforcer la confusion actuelle et empêcher de trouver dessolutions au malaise ressenti par beaucoup".

GRAND SUD-EST

AIX-MARSEILLE. Une AG des personnels de la faculté de lettres de l'université de Provence (Aix-Marseille-I) à Aix a réuni aujourd'hui environ 200 enseignants-chercheurs et personnels Biatoss, selon le Snesup Aix. La reconduction de la grève a été votée jusqu'à jeudi, date de la prochaine AG. Selon l'Unef Aix-Marseille, une autre AG a rassemblé un millier d'étudiants qui ont également voté la reconduction de la grève.

Sur le site de Saint-Charles, à Marseille, ils étaient 500 étudiants à se prononcer pour la poursuite de la grève.

À l'IEP d'Aix-en-Provence (université Paul-Cézanne), 200 à 300 personnes ont voté la poursuite de la grève, selon l'Unef.

Vendredi 6 février, une AG des étudiants à la faculté des sciences et techniques de Saint-Jérôme (université Paul-Cézanne,Aix-Marseille-III) s'est prononcée pour le blocage de la faculté, ce lundi 9 février, à 300 voix pour, contre 79 voix.

Les élèves professeurs et leurs formateurs de l'IUFM d'Aix-Marseille(université de Provence) se réuniront ce lundi soir en AG pour décider des suites de leur mouvement, après un débat public sur l'école et la formation des enseignants. Jeudi 5, une AG de 150 étudiants avait voté le blocage du site de La Canebière, dans le centre de Marseille, jusqu'à vendredi.

Deux manifestations auront lieu demain mardi. Le matin, à 10 heures, les enseignants-chercheurs défileront en direction de la Poste de la préfecture pour envoyer leurs publications au président de la République, indique le Snesup. L'après-midi, un rassemblement d'enseignants chercheurs et d'étudiants est prévu à 14 heures devant la faculté de lettres pour une manifestation jusqu'au centre-ville.

MONTPELLIER. Vendredi, des personnels et étudiants de l'université Montpellier-II ont envahi le CA.

Aujourd'hui, le comité de mobilisation de l'université Montpellier-III Paul-Valéry a organisé une conférence intitulée "tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'université sans jamais avoir osé le demander". La prochaine AG est prévue demain, mardi. Le 4 février, un millier d'étudiants s'étaient réunis en AG.

Les universités Montpellier-II et Montpellier-III sont en grève illimitée depuis le 28 janvier 2009. L'IUT et l'IUFM sont également en grève.

PERPIGNAN. Aujourd'hui, un accueil filtrant des personnels et des étudiants a été mis en place à l'entrée de l'université de Perpignan. Demain, mardi, les personnels et les étudiants se rassemblent en AG, avant de rejoindre la manifestation. Cette journée est déclarée banalisée par la présidence de l'université. Une demande d'audience est demandée aux élus locaux. Jeudi 12 février, l'université organise une journée portes ouvertes à destination des citoyens. Jeudi 5 février, l'AG avait rassemblé 1 000 personnes, selon le comité des personnels mobilisés. À l'occasion du CA du 6 février, le comité avait remis au président de l'établissement une pétition "Université en danger" rassemblant 526 signatures de membres de l'université. Le CA a également voté une motion de soutien au mouvement.

LYON. L'assemblée générale qui s'est tenue aujourd'hui sur le campus de l'université Lumière (Lyon-II) à Bron a compté 700 étudiants, selon l'Unef. "Nous avons revoté la même plateforme de revendications que les autres fois, à laquelle nous avons ajouté une demande de régularisation des étudiants et des travailleurs sans papiers: un rassemblement avait lieu ce soir devant la préfecture. Nous avons aussi décidé d'apporter notre soutien au Planning familial suite aux déclarations de Brice Hortefeux", déclare à l'AEF Juliette Garnier,présidente de l'Unef Lyon. Une autre AG étudiante avait été annoncée sur les quais. "Il s'agissait d'une réunion d'information seulement", affirme Juliette Garnier, qui précise par ailleurs que les enseignants n'ont pas tenu d'AG ce jour. Pourtant, une assemblée générale des personnels de Lyon-II avait été annoncée pour ce matin 10h par les services de l'université, puis reportée à 13h.

Pour le reste de la semaine, outre une manifestation lyonnaise en parallèle de la manifestation parisienne demain, sont programmés: une assemblée générale des personnels Iatoss de l'Insa de Lyon demain à12h30, une AG inter-site demain après la manifestation dans les locaux de l'université Jean Moulin (Lyon-III) et une AG des personnels àLyon-I jeudi à 9h. Le congrès de l'Insa de Lyon devrait par ailleursse réunir jeudi pour adopter une position sur les réformes en cours.

GRAND EST

NANCY. Ce lundi, une AG rassemblant des étudiants (principalement) et des personnels (enseignants-chercheurs et Biatoss) a réuni de 200 à 250 personnes sur le campus de l'université Nancy-II (lettres, sciences humaines), selon diverses sources. "Nous avons voté le prolongement de la grève étudiante jusqu'à jeudi", indique l'Unef à l'AEF. "Les participants ont appelé à la mise en place d'un comité de mobilisation représentatif. Ils ont fait le point sur les entrevues accordées par le recteur d'académie et des élus politiques de la Communauté urbaine du Grand Nancy (dont le député et adjoint au maire de Nancy, Laurent Hénart)", ajoute Edwige Helmer, chef de cabinet de l'université Nancy-II. Celle-ci indique qu'un amphithéâtre est occupé par une soixantaine de personnes. Et, "en l'absence de remontées denotes dans les composantes lettres et droit, beaucoup de jurys seront annulés".

À l'université Nancy-I Henri-Poincaré (sciences, médecine), une autre AG a rassemblé une centaine de personnes, ce lundi, selon l'Unef. À l'issue de ces deux AG, le CA (conseil d'administration) de l'université Nancy-I Henri Poincaré "a été interrompu en milieu d'après-midi par 80 personnes, dont une large majorité d'étudiants des universités de Nancy", indique le service communication.

"[Malgré] la proposition des responsables de l'université et des élusau CA de recevoir une délégation, la salle du conseil a été envahie après fracture des portes. [Puis] cette intrusion a donné lieu à la lecture d'une revendication, exigeant la non-transmission de maquettes des masters de formation", indique le cabinet de l'UHP. Le président Jean-Pierre Finance a clos la séance, "constatant l'impossibilité de siéger dans des conditions de sécurité et de calme nécessaires au dialogue". Comme le déplore Michaël Protain (Unef), "la remontée des maquettes à Nancy-I concerne notamment des maquettes de masters cohabilités avec l'université Nancy-II". Jean-Pierre Finance est en passe d'instaurer une concurrence au sein même de la future université Lorraine, en ne prenant pas en compte le choix de Nancy-II de ne pas faire remonter les maquettes" (L'AEF n°108405).

REIMS. Une AG unitaire d'étudiants, d'enseignants-chercheurs et de personnels Biatoss s'est tenue ce lundi sur le campus Croix-Rouge de l'Urca (université de Reims Champagne-Ardenne). Elle "a réuni 600 personnes, dont 500 à 550 étudiants, et a voté la reconduction de la grève jusqu'à jeudi", d'après Julien Micelli, président de l'Unef Reims. Par ailleurs, une réunion des trois conseils de l'universitéest prévue vendredi matin, pour aborder les réformes en cours.

STRASBOURG. Une AG organisée par les étudiants strasbourgeois arassemblé "de 800 à 1 000 personnes", ce lundi, selon le Snesup et l'Unef. Le cabinet de l'UdS (université de Strasbourg) a recensé "de nombreuses réunions dans les composantes, regroupant des étudiants et des enseignants-chercheurs". Mais, "si ceux-ci poursuivent leur mobilisation, la plupart ne se déclarent pas en grève", selon SylvieLefevre, directrice de cabinet (seuls une poignée étant recensés parla DRH). Par ailleurs, "nous ne remonterons aucune maquette de master [avant le 15 février], comme prévu, en raison notamment d'incapacités concrètes liées à la fusion" des universités strasbourgeoises.

Les réunions menées à la base (composantes, laboratoires) reconduisent chaque fois la grève de l'enseignement", indique à l'AEF Anne-Véronique Auzet (Snesup-FSU), à l'issue d'une AG ayant rassemblé 70 personnes sur le site de la délégation régionale du CNRS (campus Cronenbourg).

NORD

LILLE-I. Une assemblée générale réunissant à Lille-I "au moins 400 personnes" selon le Snesup a décidé vendredi 6 février de reconduire la grève jusqu'au 13 février (par 230 voix "pour", 1 "contre" et 6 abstentions, les étudiants présents n'étant pas appelés à voter).L'impact de cette grève reste difficile à déterminer. Par ailleurs,les enseignants-chercheurs présents lors de cette AG ont décidé de manifester mardi 10 février à Lille, à 14h30. Certains devraient aussi envoyer à Nicolas Sarkozy leurs publications en cours, par courrier, pour recueillir son avis. "C'est une manière de répondre aux sarcasmes du président sur l'évaluation collégiale", indique Claire Bornais du Snesup.

LILLE-III. Une assemblée générale a réuni jeudi 5 février environ 250 enseignants-chercheurs à Lille-III, selon le Snesup, qui indique aussique les étudiants étaient peu nombreux. Il n'y a pas eu d'autre AG depuis. Les présents se sont retrouvés autour de deux mots d'ordre principaux: retrait du projet de décret statutaire et arrêt de la réforme de la formation des enseignants. Le principe d'une grève perlée (quelques jours par semaine) et d'une grève administrative a été adopté. "C'est une manière de ne pas trop pénaliser les étudiants et de ne pas invalider le semestre", souligne Michel Maillard, représentant local du Snesup.

LITTORAL. Des enseignants-chercheurs de l'université du Littoral Côte d'Opale, dont le nombre reste indéterminé, autant du côté des syndicats que du côté des services centraux, se déclarent en grève jusqu'à la prochaine assemblée générale, prévue mercredi 11 février."Cinq bus partent demain pour la manifestation parisienne", affirme leSnesup local. Un cortège devrait aussi partir de Calais vers 10 heures, pour ceux qui ne peuvent pas aller à Paris.

La fédération Sud éducation appelle les personnels de toute l’éducation à rejoindre les personnels du supérieurs et les étudiants dans lea rue et dans la grève

Les revendications du mouvement universitaire :

• contre la LRU (loi relative aux Libertés et Responsabilités des Universités) et ses conséquences ;

• la suppression programmée du corps de catégorie C des Biatoss et l’externalisation de leurs fonctions, pour la titularisation des précaires en poste ;

• le projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs ;

• le démantèlement en cours des organismes de recherche (CNRS, INSERM, INRA, etc.) et leur transformation en agence de moyens ;

• les dotations budgétaires insuffisantes dans l’enseignement supérieur et la recherche, et la mise en concurrence des universités.

Pour l’obtention d’un plan pluriannuel de recrutement d’enseignants, chercheurs, enseignants-chercheurs, personnels de bibliothèque, administratifs et techniques, sur postes de fonctionnaire de la fonction publique d’état, à la hauteur des besoins

Contre la masterisation et la réforme des concours de recrutement du premier et du second degré.

En quoi sommes nous concernés dans le premier et le second degrés ?

Le projet Darcos-Pécresse vise à précipiter les futurs enseignants du primaire et du secondaire dans la précarité. Dans un contexte de réduction des postes aux concours, les candidats qui n’obtiendront pas le master « métier d’enseignement » constitueront un vivier d’enseignants précaires sans autre débouché. Le tarissement des postes aux concours entraîne déjà l’augmentation du recrutement d’enseignants sans statut.

À terme, les recrutements s’effectueraient sans concours en puisant dans le vivier des étudiants titulaires de master . Cela signerait la remise en cause du statut de la fonction publique pour les personnels de l’Éducation Nationale, comme c’est déjà le cas par exemple à La Poste et France Telecom.

Le projet Darcos-Pécresse vise donc à mettre en concurrence plusieurs catégories d’enseignants, avec un moins-disant salarial pour le plus grand nombre. Ce projet aboutirait à multiplier les embûches pour les étudiants des milieux populaires, - déjà de moins en moins nombreux - et à développer les stages sous-payés. Il accroîtrait le tri social déjà à l’œuvre. de la maternelle à l’université. Le projet Darcos-Pécresse renonce à une véritable formation en alternance, articulant connaissances scientifiques et compétences didactiques et pédagogiques.

Pour SUD éducation, il est hors de question d’accompagner cette contre réforme en négociant des améliorations à la marge.

SUD éducation a signé l’Appel du 8 novembre et participé aux côtés d’autres syndicats et organisations aux coordinations nationales sur la formation des enseignants et la refonte du statut des enseignant-chercheurs.

Nos revendications spécifiques sur quelques points :

1- nous exigeons le retrait pur et simple du projet Darcos Pécresse, pas un simple moratoire : il n’y a rien dans ce texte qui représente une avancée significative ;

2- pour SUD éducation, la licence doit rester le diplôme permettant aux étudiants de se présenter aux concours de recrutement ;

3- il faut maintenir dans l’enseignement supérieur un institut spécifique de formation professionnelle des enseignants stagiaires reçus aux concours ;

4- nous revendiquons l’allongement de la formation professionnelle : deux années salariées pleines après l’obtention du concours pour poursuivre les apprentissages disciplinaires et acquérir des compétences didactiques et pédagogiques. Nous revendiquons la reconnaissance d’un meilleur niveau de qualification pour tous les enseignants, donc de meilleurs salaire : le master doit être délivré à la fin de la formation professionnelle ;

5- pour former les enseignants, il faut des formateurs de différentes catégories : enseignants-chercheurs, enseignants des premier et second degré, maîtres-formateurs…

Sur la base de ces revendications, SUD éducation appelle les enseignants, les stagiaires et les étudiants à s’engager dans l’action pour faire reculer les ministres et obtenir l’abandon du projet Darcos- Pécresse, véritable régression sociale et pédagogique : c’est l’avenir de l’Éducation qui est en jeu.

L’éducation et la formation ne sont pas une charge mais un investissement !

Au moment où nous prenons connaissance des mesures de carte scolaire dans le second degré et les 3000 suppressions de postes au concours dans le premier degré, il devient urgent d’amplifier la mobilisation contre cette politique .

De la maternelle à l’Université, unissons-nous pour la qualité du service public d’éducation et de recherche.

Saint Denis le 8 février 2009
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Vilaine bureaucrate » 10 Fév 2009, 00:46

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article79641 Poitiers occupée...(non pas seulement un amphi) du mardi 3 au jeudi.. je sais pas où ça en est.. j'ai aussi lu ça sur le forum cccpropagnade...
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 10 Fév 2009, 20:37

Appel à Orléans le 9 février pour Mathilde Barthelemy : la machine répressive de l'Etat donne des leçons aux militants.

Cour d'Appel d'Orléans à 14h le 9 février. Mathilde ainsi que quelques amis militants de Tours arrivent à l'audience. Ici et là quelques flics en civil surveillent le petit groupe. Une vingtaine de personnes, en majorité étudiants de la fac d'Orléans, sont venues manifester leur soutien sous le regard hostile des flics en tenue venus en renfort.

Le procès est une humiliation, tant pour Mathilde que pour les militants présents. Aucune présomption d'innocence de la part des juges, ils boivent les paroles de la déposition de l'officier de la BAC (évidemment absente) qui accuse Mathilde de s'être « rebellée avec violence » lors de l'arrestation d'Antoine.
Mathilde reste sur sa position en maintenant qu'elle n'a fait que crier lors de cette interpellation pour alerter des manifestants mais conteste toutes les accusations de rébellion ou d'entrave physique aux policiers lors de cette
arrestation. « Pourquoi crier ? Vous n'étiez pas concernée ! » intervient le juge et laisse à peine le temps de
répondre à Mathilde, la coupant systématiquement lorsqu'elle tente de parler.
Le juge ne cesse de poser des questions personnelles ou totalement étonnantes :
« Quelle était le modèle de la voiture ? », « Comment était-elle garée ? », « Quel est votre but professionnel ? », « Que font vos parents dans la vie ? », « Avez-vous des frères et soeurs ? ». Une fois ce passionnant interrogatoire fini, l'avocat des parties civiles (radio police pour les intimes) demande si Mathilde soutient toujours qu'elle a crié pour prévenir les étudiants qu?ils allaient « disparaître ». Elle reste sur cette déposition et au juge qui lui demande si elle avait peur qu'ils soient « tués » elle ne peut que répondre qu'elle devait prévenir leurs camarades qu'ils allaient disparaître en garde-à-vue, disparaître de la vue de leurs proches, ce qui est effectivement le cas quand on se retrouve 20h ou 39h en garde-à-vue. Ni une ni deux, le juge se voit forcé d'intervenir, insistant sur le fait que « nous sommes dans un état de droit », qu'il n'est pas possible d'imaginer que l'on puisse disparaître après une arrestation, que la police est là pour nous protéger, qu'elle dramatise « sans doute cela dû à ses études de théâtre », et qu'elle ferait bien d'aller voir dans le monde où de vraies dictatures existent. Les personnes présentes dans la salle sourient durant cette leçon de morale, ce qui vaut au juge de menacer ces ricaneurs de faire « le maître d'école ». Au tour de l'avocat des parties civiles. On passe sur les attaques faites à Mathilde, disant qu'elle n'a pas l'air de bien se souvenir des faits et qu'elle risque à cause de sa « mauvaise mémoire » de devenir une « intermittente de la mémoire ». Il revient sur le terme « militant » employé, soulignant son étymologie : « venant du latin miles, militis ce qui veut dire soldat », « ce sont donc des soldats et vous avez dans la salle une armée de soldats » en nous comparant aux FARCS (ça ne s'invente pas). Il revoie ses conclusions à la hausse en réclamant 1500 euros dont 1000 à titre de dommages et intérêts pour le préjudice moral subit pour sa cliente, et en appelle à la « gourmandise » du procureur pour la peine. Le procureur décide, au nom des « erreurs de jeunesse », de l'âge de Mathilde et de sa « naïveté » de ne pas être plus gourmand pour que ça ne lui porte pas trop préjudice dans ses études et son avenir professionnel. Il réclame une amende de 400 euros.

Face à cela, l'avocate de Mathilde n'aura de cesse de s'insurger contre la toute puissance de la police et les droits bafoués des manifestants, insistant sur le caractère politique de ces arrestations, mais les juges, qui écoutaient quelques instants plus tôt avidement l'avocat des parties civiles, semblent tout d'un coup distraits et font comme s'ils ne comprenaient pas ce que dit l'avocate.
Elle réclame la relaxe de Mathilde.
Le jugement est mis en délibéré pour le 9 mars.

D'après la voix de la justice, il n'y aurait donc pas d'arrestations arbitraires, pas d'arrestations politiques puisque la France est un pays démocratique et que tout un chacun peut exprimer ce qu'il pense (mais pas trop fort ?). Qui sont donc ces personnes qui pour certains croupissent toujours en prison, Isa [libérée aujourd'hui mardi], Juan et Damien, ou encore plus récemment les inculpés de Tarnac si ce n'est des prisonniers politiques ? Ils ont été arrêtés parce qu'ils revendiquent la libre circulation des personnes, l'ouverture des frontières, luttent contre l'incarcération des sans-papiers dans les CRA, parce qu'ils s'autogèrent, parce qu'ils ont des opinions politiques opposées au gouvernement, parce qu'ils prônent un autre mode de vie. Au nom de l'« anti-terrorisme » on enferme des gens dans le but d'inculquer la peur aux manifestants et militants acteurs des mouvements sociaux pour casser ces mouvements, pour écarter toute contestation à l'ordre établi, pour intimider et faire taire tous ceux qui luttent pour un autre idéal de vie non basé sur le capitalisme, pour écraser ceux qui luttent pour l'autogestion, la gratuité, l'ouverture de squats, la libre circulation des personnes, ceux qui veulent vivre autrement qu'on nous l'impose?

Quand manifester est devenu un délit, se révolter contre l'Etat et devenu un droit et un devoir essentiel.
Pas de justice pas de paix !
Stop à la répression des militants politiques !
Face à une justice qui marche main dans la main avec la police,
Face aux inégalités, à nos droits qui sont bafoués
Nous appelons à une solidarité massive !

Mathilde


Démonstration de force du monde de l'université et de la recherche

PARIS (AFP) — Le monde de l'université et de la recherche, des enseignants aux étudiants, s'est livré mardi à une démonstration de force, drainant dans les rues plusieurs dizaines de milliers de personnes contre les réformes du gouvernement dans le supérieur, la recherche et l'éducation.

Entre 43.000 personnes, selon le chiffre national de la police, et 100.000 selon la FSU et l'Unef, ont défilé partout en France. Les manifestants étaient 17.000 (police) à 50.000 (organisateurs) à Paris, 5.000 (police) à Lyon, 3.000 à 6.000 à Toulouse, 2.500 (police) à Bordeaux, 2.200 à 3.500 à Strasbourg, 1.700 à 2.000 à Aix-en-Provence.

"On a une mobilisation extrêmement forte", a déclaré à l'AFP le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, tandis que le Snesup-FSU, premier syndicat du supérieur, a parlé d'un "immense succès".

Les manifestants étaient aussi 1.400 à 3.000 à Montpellier, 1.200 à 2.000 à battre le pavé à Grenoble, 1.500 à 3.000 à Rennes, 1.000 à 1.300 à Poitiers, 1.000 à 1.200 à Lille, 900 à 1.500 à Marseille, 600 à 1.000 à Tours, 700 à 1.500 à Nice ou 900 (police) à Nantes, selon les chiffres recueillis par les bureaux de l'AFP.

Des présidents d'universités étaient dans la rue, comme ceux de Toulouse-II et Paris-VIII, des IUFM et des IUT étaient représentés, ainsi que les étudiants des deux principales organisations, Unef et Fage. L'Unef appelle à une journée "de grèves et d'actions des étudiants" jeudi.

Première revendication des manifestants: le retrait de la réforme du statut des 57.000 enseignants-chercheurs.

La nomination lundi, par la ministre Valérie Pécresse, d'une médiatrice qui devra "retravailler" le projet de décret en "prolongeant la concertation" pendant deux mois, n'a pas convaincu. "C'est une ridicule provocation qui n'est pas à la hauteur des milliers de manifestants", a dit à l'AFP le secrétaire général du Snesup, Jean Fabbri.

Au même moment, à l'Assemblée nationale, en réponse à la question d'un député PS, Mme Pécresse a lancé: "Retrait, vous n'avez que ce mot à la bouche". "Il n'y a pas d'amour sans preuves d'amour et des preuves à la communauté universitaire, nous en donnons tous les jours", a-t-elle ajouté.

Le PS, les Verts et le député UMP (villepiniste) François Goulard ont eux aussi demandé le retrait du décret.

Le député UMP Daniel Fasquelle a indiqué de son côté à l'AFP qu'il allait déposer lundi une proposition de loi visant à "améliorer" le projet de décret.

Mais la mobilisation n'a pas seulement pour cible le statut: la réforme de la formation des enseignants des écoles, collèges et lycées, les suppressions de postes dans le supérieur et l'avenir des organismes de recherche sont aussi au coeur des revendications.

"Ecoles en danger. Enseigner, un métier qui s'apprend", tel était le mot d'ordre de manifestants parisiens qui s'en sont pris au ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos.

Des réformes sur lesquelles Mme Pécresse n'a pas vraiment la main: celle de la formation des enseignants dépend surtout de M. Darcos, tandis qu'au sujet des suppressions de postes, Nicolas Sarkozy a confirmé jeudi dernier sa volonté de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

Mercredi, Mme Pécresse reçoit à 16H une bonne partie de la communauté universitaire sur le statut. De son côté, la coordination nationale des universités se réunit sur les suites du mouvement.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Roro » 11 Fév 2009, 02:09

Rapide CR de la manif' (nocturne) de Bordeaux.

La manif' est partie sur les coups de 18h15, la nuit commençant à tomber. Niveau slogan, aussi chiant que d'habitude, mise à part un mec qui a repris une chanson à base de "il faut lutter" et "la rue est à nous" ainsi qu'un petit "bourgeois j'ai la dalle je devient cannibale" lorsqu'on est passé devant le Régent (un palace bordelais).

Niveau activité ludique : quelques fumigènes ont été allumé, des pétards, des fusées d'artifices, pour égayer la manif'. Hélas, ni les profs ni les flics ne l'ont perçut comme tel. J'étais avec les CNTistes et des autonomes (on avait décidé de rester groupé pour cette manif') quand le premier fumigène et les premiers pétards ont été allumé. Rien de bien méchant. Et pourtant... Cela a visiblement énervé les profs qui on demandait aux autonomes d'arrêter leur "conneries". Après ça, les BACeux et les RG n'ont pas arrêté de nous surveiller tout le long de la manif', on a donc fait en sorte qu'aucun.e camarade ne reste isolé.e, pour le cas où...

Je ne sait pas pourquoi, mais je sens que les profs et les jaunes vont nous emmerder longtemps avec cette histoire...

La dispersion s'est passé dans le calme avec un petit feu d'artifice amateur avec ce qu'il restait de fusées et de pétards. Une petit pensée pour le dreadeu qui a failli se manger un pétard incontrôlable (ça devait être un autonome ! :mrgreen: ) dans la gueule... :P
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Pïérô » 11 Fév 2009, 02:39

oui, mais bon, et ce n'est pas agressif, à part des fumigènes et des pétards, c'est quoi le contenu porté ?...
Pour en revenir à ce que je disais plus haut, des infos circulent et il semblerait que le secteur jeunes du NPA se la joue, vent en poupe, tellement unitaire qu'il mettrait de côté la question du retrait de la LRU pour chanter en coeur avec l'UNEF, et porter surtout les revendications des profs. Comment çà se passe chez vous ?...car il est évident qu'il y a là un enjeu et que la prochaine coordination de ce week-end à Rennes risque d'être sport car il n'y aurait que SUD étudiant, la FSE, et la CNT sur cette question de défendre le retrait de la LRU. Qu'est-ce que les AG dégagent comme mandats grosso modo pour cette coord ?
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Roro » 11 Fév 2009, 12:01

A Bordeaux, l'abrogation de la LRU et l'abandon du processus de Bologne sont dans la plate-forme de revendication.

Ensuite, on peut difficilement avoir une autre voix, par rapport aux profs et aux jaunes, dans la mesure où notre discours reste mal vu et considéré comme trop radical, voire "excité" pour reprendre les mots d'un prof lors d'une AG. Les rares slogans qu'on a put scander dans les dernières manif' n'ont pas ou très peu été repris par les étudiant.e.s. Alors que faire...? A un moment, il faut accepter d'être ultra-minoritaire... On est pas suivi dans nos propositions (celle de faire des AG de lutte quotidienne pour fusiller le comité de mobilisation), ni dans notre discours. Alors quoi ? On va mettre un flingue sur la tempe des gens pour qu'illes nous suivent ? On abandonne ?
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede RickRoll » 11 Fév 2009, 16:29

Peut-être continuer de faire entendre une autre voix, tout en acceptant que les autres ne veuillent pas l'écouter.

En tous cas, ne pas partir sur un comportement radical, seul ou en très faible minorité, sinon ça participera à décrédibiliser ce que vous défendez. Résultat : non seulement personne ne vous suivra mais vous ne pourrez plus faire entendre une voix différentes.
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