Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Nico37 » 05 Déc 2008, 00:26

LO a écrit: Sabotage des caténaires : la baudruche se dégonfle

ardi 2 décembre, trois des cinq personnes incarcérées dans l'affaire dite du « sabotage des voies SNCF » ont été remises en liberté. La chambre d'instruction a dû juger qu'il ne s'agissait pas de terroristes bien redoutables et qu'ils pouvaient attendre leur procès en liberté. Pourtant deux autres, inculpées des mêmes chefs, « direction d'une entreprise terroriste, destruction en réunion à visée terroriste, association de malfaiteurs », restent détenues. Elles font toutes partie des neuf personnes mises en examen le 15 novembre, suite à des actes de malveillance sur des caténaires de voies TGV ayant conduit au retard de plusieurs dizaines de trains.

Ces actes stupides et potentiellement dangereux avaient donné lieu à un numéro de grand guignol de la part des autorités. Les policiers avaient parlé de trois cents terroristes potentiels, issus de « l'ultra-gauche » et placés sous surveillance, de matériel retrouvé chez les accusés (dont un horaire des trains, des clés USB et du matériel d'escalade !), de renseignements donnés par le FBI, etc. Les arrestations avaient fait les gros titres des journaux. Et la mayonnaise était montée suivant, semble-t-il, ce principe que plus le terroriste incarcéré est dangereux, plus le ministre de l'Intérieur est grand. Alliot-Marie était donc venue déclarer sur toutes les chaînes combien sa résolution était grande contre un ennemi aussi redoutable.

Aujourd'hui, avec sept inculpés en liberté sur neuf, il semble que la justice contredise la police, le gouvernement et leurs délires « terroristes », laissant Alliot-Marie marrie.

La seule chose étonnante de cette affaire c'est que ce ne soit pas Sarkozy lui-même, selon son habitude, qui ait mis la main au collet des terroristes. Mais peut-être avait-il senti le coup foireux ?

Paul GALOIS
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Pia » 05 Déc 2008, 01:06

Athènes : Deux bombes artisanales explosent au bureau de l’AFP

03/12/2008 à 21:09 Reuters

Deux bombes artisanales explosent au bureau de l’AFP à Athènes

Deux bombes artisanales ont explosé mercredi à l’entrée des bureaux de l’Agence France-Presse (AFP) à Athènes, sans faire de blessé, rapportent la police grecque et des témoins.

Ces explosions n’ont pas été revendiquées. Les explosions de bombes artisanales, de faible puissance, posées par des groupes anarchistes, surviennent régulièrement dans la capitale grecque.

"Nous avons entendu deux petites explosions à la porte d’entrée", a déclaré une journaliste du bureau de l’AFP, Eleni Koliopoulou, ajoutant : "Nous étions deux dans le bureau et avons été évacués par les pompiers. Nous n’avons rien."

***********

Grèce : l’attentat contre l’AFP revendiqué par un groupe anarchiste (police)

ATHENES (AFP, 4 décembre 2008) - Un attentat à l’engin incendiaire artisanal mercredi contre le bureau de l’AFP à Athènes a été revendiqué au nom d’un groupe actif ces derniers mois et qualifié d’anarchiste par la police, a indiqué jeudi une source policière.

Dans un appel téléphonique au quotidien athénien Elefthérotypia (gauche), un inconnu a revendiqué l’action au nom de la "Conspiration des cellules de feu". L’attentat a été commis "en signe de solidarité avec les camarades français", a affirmé l’inconnu, selon cette source policière, sans fournir de précisions.

La brigade antiterroriste de la police grecque, chargée de l’affaire, examine l’hypothèse que l’attentat soit lié à l’inculpation en France en novembre de neuf membres d’un groupe soupçonné d’avoir provoqué des dégradations contre des lignes TGV en France.

Apparue en janvier 2008 avec neuf attentats à l’engin incendiaire à Athènes devant des distributeurs de banques grecques et étrangères, et des concessionnaires automobiles, la "Conspiration des cellules de feu" a depuis revendiqué plus de 30 attaques du même type, qui n’ont pas fait de victimes.

Ce groupe a signé des attaques contre des concessionnaires automobiles italiens et le lycée italien d’Athènes le 9 avril, avant les élections qui ont ramené au pouvoir Silvio Berlusconi.

Ses dernières actions ont visé début novembre la permanence politique du ministre de la Défense, les sièges d’une association de retraités de l’armée et d’une société informatique liée au ministère de la Défense, une jeep de l’armée, ainsi qu’à Salonique (nord) les bureaux de l’union des réservistes.

L’attentat, commis avec un engin composé de quatre petites cartouches de gaz, placé devant la porte du bureau de l’AFP, a provoqué un incendie. Il n’a pas fait de blessé.

Le porte-parole du gouvernement grec, Evanguélos Antonaros, "a fermement dénoncé l’attentat contre les locaux de l’AFP", soulignant qu’"une enquête minutieuse aura lieu afin que les responsables soient déférés devant la justice".

Ce genre de mini-attentats contre des agences, banques ou représentations diplomatiques est très fréquent en Grèce. Ils sont attribués par la police à des groupes anarchistes ou d’extrême gauche et visent des intérêts publics et étrangers.
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede joe dalton » 05 Déc 2008, 02:39

vue sur belliciao
Initiative destinée à soutenir la demande de mise en liberté appuyée par les Verts et Droits Devant

"Nous demandons la libération immédiate des deux personnes incarcérées à la suite de l’opération antiterroriste du 11 novembre 2008."

Premiers signataires : Jacques Gaillot (évêque), Joao Mitia Antunha Barbosa (avocat), Jean-Christophe Angaut, Bruno Haas, Marie-José Mondzain, Claudine Roméo (philosophes), Marie-Gabrielle Guérard, Jean-Pierre Vallat (historiens), Damien de Blic, Catherine Lévy (sociologues), Brigitte Steinmann (anthropologue), Jean-Louis Olive (ethnologue), Christine Leroy (linguiste), Jacques Emsalem (mathématicien), Philippe Chanson (psychopathologue), Ismaël Jude (auteur dramatique), Bernard Richard (documentariste), Gérard Del Volgo (compositeur), Anne-Marie Viossat (professeur de musique), Patrick Schindler (journaliste), Philippe Benech (photographe), Philippe Gassin (concepteur médiatique), Jean-Claude Amara (Droits Devant), Pascal Busquets (CGT Paris), Sylvain Billot (CGT INSEE), Huguette Cordelier, Pierre Cordelier, Valérie Maurial (SUD Education), Patrick Sirven (SNPES-FSU).

Pour signer la pétition, compléter et renvoyer le formulaire suivant à petition11novembre@hotmail.fr :

voila ce qu'il se passe quand les anarchistes mette 3 plombe pour se demander soutien ou pas soutien envers l'un des leurs : des pétitions reclamées par les verts, avec comme premiers signataires un évêque, et des mecs de la cgt !
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede jean » 05 Déc 2008, 05:07

Evidemment, en allant sur bellaciao, on risque fort de lire des appels "oecuméniques"; mais dans cette liste, il y a aussi des anarchistes.
Sans tirer la couverture, les anars sont en pointe dans les différents comités de soutien créés.

La justice court-circuitée | Human Rights Watch



http://www.hrw.org/fr/reports/2008/07/0 ... ircuit-e-0
jean
 

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Roro » 05 Déc 2008, 14:21

jean a écrit:Evidemment, en allant sur bellaciao, on risque fort de lire des appels "oecuméniques"; mais dans cette liste, il y a aussi des anarchistes.
Sans tirer la couverture, les anars sont en pointe dans les différents comités de soutien créés.


Tout à fait d'accord. Les pétitions, c'est bien joli, mais c'est pas ça qui va ramener des fonds pour les frais d'avocats, et les frais en prison. De plus, une pétition c'est faire une manifestation virtuelle à mes yeux. On signe la pétition et on se dit "ça y est ! Je les ai soutenu(e)s!". Un vrai soutien, c'est créer un comité, pour organiser des concerts de soutien, des rassemblements/manifestations, etc. C'est un soutien actif et non pas passif qu'il leur faut. Les palabres c'est bien joli, mais c'est pas en allant dire sur bella ciao ou à la radio "oulala ! C'est affreux ce qui se passe !" que leur situation va s'arranger.
La Nature n'a fait ni serviteurs ni maitres, c'est pourquoi je ne veux ni commander ni recevoir d'ordres.
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede joe dalton » 05 Déc 2008, 16:25

Les pétitions, c'est bien joli, mais c'est pas ça qui va ramener des fonds pour les frais d'avocats, et les frais en prison. De plus, une pétition c'est faire une manifestation virtuelle à mes yeux. On signe la pétition et on se dit "ça y est ! Je les ai soutenu(e)s!

c'est bien pourquoi, ça me déprime de voir des les verts, gaillot, et la cgt se donner une occasion de se faire mousser sur notre gueule ! c'est vrai, que c'est un gros raccourci que j'ai fait, mais je suis degouter que l'on pas pu se faire plus entendre, et plus voir, sur cette affaire ! ça doit être lié a nos trop petits effectif ! :(
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede bajotierra » 05 Déc 2008, 18:38

c'est bien pourquoi, ça me déprime de voir des les verts, gaillot, et la cgt se donner une occasion de se faire mousser sur notre gueule ! c'est vrai, que c'est un gros raccourci que j'ai fait, mais je suis degouter que l'on pas pu se faire plus entendre, et plus voir, sur cette affaire ! ça doit être lié a nos trop petits effectif


Moi je vois pas tout a fait le truc comme cela .

D'abord nous avons réagi spontanément en tant qu'individus ,ce qui est bien, et ce sur plusieurs forums libertaires , dans les 48 heures nous y avons avancé des arguments qui ont étayé la défense , nous nous sommes reconnus, et au départ c'était pas évident . Puis cela s'est mise en place concrétement , l'intervention des villageois de Tarnac a été décisive , des actions d'appui visibles ont eu lieu dans plusieurs villes et elles ont été menées avec détermination et succés . Tout cela sans la participation des représentants de la contestation spectacle , au départ certains d'entre eux ont d'ailleurs tiré sur l'ambulance et ceux là se sont discrédités aux yeux de nombreuses personnes .

Bien sûr on aurait pu faire plus .

Maintenant , depuis le début j'ai dit que c'était une manipulation pshitesque cousue de fil blanc et que les choses allaient se retourner, voilà , cela s'est retourné , et les girouettes aussi . Oui, c'est comique, mais par rapport aux pétitions de persssssonnalitééééessssss c'est toujours un plus devant les juges ........
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Nico37 » 05 Déc 2008, 19:04

Télécharger bruit de tôle

Communiqué de Anaram Au Patac
Qui sont les terroristes ? Penser peut-il faire dérailler le pouvoir ?
Solidaritat joves de Tarnac

Solidaritat joves de Tarnac

Qui sont les terroristes ? Penser peut-il faire dérailler le pouvoir ?

L’offensive médiatico-politique sur de prétendus groupes terroristes invisibles de l’ultra gauche anarcho-autonome bat son plein, justifiée par les derniers sabotages de voies ferrées. Au fil des jours, l’affaire a pris une importance démesurée venant jusqu’à mettre en cause la sécurité de l’état. Cela pourrait prêter à rire si derrière cette mascarade politico-judiciaire se profilait l’ombre de la guerre totale menée contre les exploité(e)s de tout peuple.

Deux raisons essentielles à cet acharnement, d’un côté, l’État et les dominants, par le biais de leur chef suprême, qui avaient clairement annoncé qu’en France, il n’y avait plus de grève ni de grands mouvements sociaux, sous entendant que vous pouvez user les pavés en défilant mais qu’État et patronat s’en moquent, s’exposant donc ainsi à la remise au goût du jour du vieille outil du syndicalisme révolutionnaire, le sabotage, et de l’autre, l’état tentant par tous les moyens de criminaliser l’opposition au capitalisme.

Pourquoi s’en prendre aux jeunes radicaux de Tarnac ? Après le CPE, l’État a pris acte de la nouvelle donne politique. En effet, une fraction des manifestants avait décidé de remettre à jour l’auto-organisation collective et de la concrétiser dans l’acquisition de lieux, comme la ferme où ont été arrêtés les jeunes de Tarnac. Refusant l’affiliation aux organisations classiquement légalistes citoyennistes, ces jeunes radicaux semblent une menace indéfinissable pour l’état qui ne peut le tolérer. Il fallait donc stigmatiser. L’enquête se transforme en affaire de sécurité nationale par la qualification suprême de terrorisme. Il faut un chef, on en trouve un afin de réduire ce groupe radical au schéma classique de certains groupes combattants !

La tournure des évènements peut rappeler l’affaire Colonna, condamné avant même d’être jugé. D’autre part, les preuves semblent légères, reste la radicalité affichée, un crime terroriste aux yeux du pouvoir. Celui-ci ne fera pas dans le détail face aux soupçons de sabotage des flux économiques, talon d’Achille de la société moderne.

Anaram Au Patac ne peut rester indifférent et soutient les camarades embastillés pour leurs idées. Conscient que le système a déjà bien expérimenté l’éradication de toute forme d’opposition légale ou non, la stigmatisation des formes directes de résistance comme au Pays Basque ou en Palestine, AAP reste solidaire des victimes du rouleau compresseur capitaliste, AAP affirme son soutien aux jeunes radicaux inculpés de Tarnac.

Anaram Au Patac

http://anaramaupatac.blogspot.com/


Rennes Retours sur les actions de soutien au 9 de Tarnac

Compte-rendu (forcément incomplet et subjectif), notes et propositions à propos de la réunion publique du lundi 24 nov. et du rassemblement/manif du samedi 29 nov. à RENNES.

REUNION PUBLIQUE - 24 novembre

Lundi 24 novembre à 19h00, Chez Ramon et Pedro, 45 rue Duhamel, Rennes – Metro Gare

«Rien de tel qu’un terroriste pour combattre la crise? Discussion ouverte sur la crise, les stratégies et opérations médiatico-policières de l’Etat pour la gérer et les possibilités de lutte"

La discussion qui se déroulait dans un bar, annoncée par des affiches et un texte d’invitation, a rassemblé une centaine de personne, ce qui est déjà en soi très positif. Il y avait au rendez-vous les habitués mais surtout toute sorte de gens (profs, militants, même des cheminots). La stratégie du pouvoir cherchant à créer la figure du terroriste, ici Tarnaco-autonome, forcément isolé, a été rendu inopérante par cette hétérogénéité. D’un côté il est clair qu’il n’y a pas à se réapproprier ces identités purement policières, et de l’autre que l’ennemi intérieur pourrait désormais être tous ceux qui luttent. C’est cette transversalité qu’il faut chercher, afin de briser l’isolement et de faire se rejoindre les gestes de luttes, condition nécessaire pour qu’une position politique s’intensifie.

La distinction illégale/légale n’est même plus ce qui détermine la criminalisation d’un acte : il y a bien dans tout geste de lutte réel une part d’illégalité. C’est le résultat direct des opérations du pouvoir visant à réduire toujours plus le champ de l’action politique tolérée. Restreindre les luttes à l’unique plan du légal, c’est accepter l’impuissance à laquelle on voudrait nous contraindre. Et celui-là même qui voudrait se limiter à la pure légalité pourrait tout autant se voir ficher (fichier Edvige, Baseleve, profs...).

Cette question de l’inefficacité des formes de luttes intégrées au jeu de la contestation démocratique a vite débouché sur celle du sabotage. A aucun moment il n’y a eu de dénonciation des ces actes, plutôt une sympathie pour des gestes qui ont fait l’histoire du mouvement ouvrier. Un cheminot nous disait que ces pratiques allaient se répandre à nouveau face au constat de l’inefficacité des luttes conventionnelles.

Une question importante est celle de la liberté politique. Comme disait l’autre, la situation actuelle est caractérisée par l’inflation de tout types de libertés intégrées (médiatique, économique, personnelle, religieuse...) au prix du renoncement à la liberté politique. Cette dernière veut dire : tenir ensemble des actes et l’énonciation de la pensée de ces actes. Cela veut aussi dire remettre en cause le fait que le capitalisme constitue l’horizon indépassable de toute vie. Cet endroit est celui d’une bataille : c’est ce lien que nous avons à tenir coûte que coûte, et c’est aussi ce lien que l’Etat tente de détruire sans cesse. Ce qui se joue dans l’affaire des sabotages de la SNCF repose sur ce schéma : on accuse des personnes de terrorisme en leur faisant porter un montage policier qui lie d’un côté un livre portant des énonciations politiques, traduite en ‘intentions terroristes’, et de l’autre côté des actes de malveillance comme il en existe des milliers chaque année. L’anti-terrorisme n’est donc pas que le nom d’une brigade spécialisée de la police, mais plutôt un mode de gouvernance des populations, qui se joue désormais à une échelle mondialisée.

Il fonctionne sur la peur, comme un paralysant politique. Mais gouverner par la peur est dangereux. Comme le disait une prof : la peur est un premier réflexe, dont on doit savoir faire quelque chose d’offensif. Ne pas se laisser terroriser, c’est transformer les peurs individuelles en courage commun.

Le contexte de crise implique la mobilisation des citoyens comme acteurs économiques. Certes le capitalisme est en recomposition permanente, mails il vit actuellement un moment de fragilité. Il est clair cependant qu’il ne s’effondrera pas tout seul, et la situation exige d’être à la hauteur quant à l’offensive politique à mener. Pour contrecarrer cela, vieux réflexe du pouvoir : afin de cimenter le consensus nécessaire à cette mobilisation, rien de mieux que la construction d’un ennemi intérieur, aux contours suffisamment flous pour pouvoir y intégrer tout ce qui va contre la marche forcée de l’économie.

L’une des forces de cette discussion était de justement de vouloir ne pas s’en tenir qu’à la parole. Cela a aboutit au rassemblement, suivi d’une manifestation sauvage, du samedi 29 nov.

RASSEMBLEMENT / MANIF en soutien aux 9 de Tarnac. 29 novembre

Samedi 29 novembre, à 15h place Hoche, à Rennes

Appelé par un affichage conséquent.

"Libération des 5 incarcérés et arrêt des poursuites. A l’heure où tout geste de révolte peut être désigné comme terroriste, il s’agit de ne pas se laisser gérer par la peur, mais d’organiser la solidarité et la résistance."

15h, place Hoche, 200 personnes environ (250 au max, 3000 avec les passants) se retrouvent alors que la populace de rennes se presse pour célébrer son pouvoir d’achat au marché de noël. Lecture de la lettre des parents des inculpés, de textes sur l’antiterrorisme.

Puis on part en déambulation animée avec fumigènes (du plus bel effet dans les rues commerçantes bondées), flambeaux, pétards, banderoles ("Ne nous laissons pas terroriser - Organisons la riposte"). L’espace était laissé aux prises d’initiatives. Malgré le fait que beaucoup de manifestants ne se connaissaient pas ou peu, un climat de confiance diffus était présent.

Pas mal de slogans gueulés au mégaphone («Bloquons tout – Tout ce qui bouge ! », « Sarkozy nique ta mère – MAM nique ton père », « La France tu l’aimes ou tu la baise », « C’est nous les Kmers Rouges, avec nous au moins ça bouge »), des chansons, des blocages de carrefours, et surtout une traversée excitée de la gare au cri de "Libérer nos camarades" (on décide de ne pas bloquer, opération trop facile pour nous, les flics s’en chargent en dressant un cordon aux entrées pendant une vingtaine de minutes après notre sortie). Pour finir, parloir sauvage et feux d’artifices à la prison des femmes.

Pas d’interpellations, peu de flics, sauf les présences habituelle et à la bourre.

La création d’un collectif de soutien au 9 de Tarnac a été largement évoquée lors de la discussion publique et du rassemblement. Pendant la manif, la F.A. de Rennes a diffusé un tract appelant à une réunion publique pour la création d’un tel comité, donnant rendez-vous jeudi 4 dec. à 20h30 à leur local, rue de Châteaudun. Cela peut être le bon moment pour toute personne souhaitant organiser cette solidarité et discuter plus largement de la situation.

Vraiment des moments qui nous ont renforcés et donnés la certitude qu’on ne lâchera pas l’affaire !

De vilains chenapans


Anarcho-autonome

Par Léon de Mattis, jeudi 4 décembre 2008 à 19:49


L’appellation « anarcho-autonome » est une catégorie policière, qui, comme
pour toute pensée qui émane de la police, poursuit un but précis : la
répression. L’assignation de cette dénomination composite à des individus
et des pratiques qui traversent les luttes dans l’Europe d’aujourd’hui
répond à la logique d’un pouvoir qui sait qu’il faut imposer sa vision des
choses pour gouverner les consciences. Ce n’est pas seulement la teneur de
l’appellation qui est contestable, mais aussi le fait de nommer ce qui n’a
pas choisi de se nommer soi-même. Donner un nom à ce qui ne n’en a pas
pour lui attribuer des caractéristiques qu’on aura soi-même définies,
c’est du travail de flic, ou de sociologue.

Il y a, certes, des collectifs plus ou moins larges qui se sont constitués
au cours des luttes : autour des luttes des sans-papiers, des luttes
contre l’enfermement, des luttes pour le logement, des luttes de chômeurs,
des luttes contre tel contrat de travail, des luttes contre les violences
policières, des luttes contre la répression, etc. – collectifs qui se
forment, se délitent et se reforment au gré des circonstances, et qui ne
sont jamais reliés à un quelconque point central ni à une idéologie
unique, mais au contraire traversés d’analyses théoriques diverses, quand
bien même, par hypothèse, ces analyses convergent toutes en ce qu’elles
contestent l’existence du monde tel qu’il est. On y trouve entre autre des
prises de position contre le capital, contre la marchandise, contre
l’Etat, contre la démocratie, contre les syndicats, contre les formes
traditionnelles de la représentation et de l’action politique, etc. On
peut donc, en effet, désigner cette réalité là en l’appelant une «
mouvance », à condition de se souvenir qu’une telle « mouvance » n’est pas
constituée autour d’une idéologie ou d’une offre politique qui lui
auraient préexisté, mais à la suite de luttes présentes et passées, et
comme la continuation de regroupements que ces luttes ont crées.

Dans ces collectifs et cette mouvance circulent un certain nombre de
pratiques (assemblées, occupations, blocages, affrontements, sabotages,
etc.), dont aucune n’est subversive ou « radicale » par elle-même, tant il
est vrai que ce n’est jamais un acte en tant que tel qui est radical, mais
toujours un acte dans une situation donnée. Et ces mêmes pratiques se
retrouvent aussi ailleurs, en dehors de ces collectifs ou de cette
mouvance, et ce tout simplement parce que ces pratiques naissent au coeur
de la lutte et de la rébellion, et que personne n’en est propriétaire.

Dans cette mouvance circulent également des individus, qui se rencontrent
parfois, mais tout aussi souvent s’ignorent, qui peuvent se croiser sans
se connaître, ou au contraire se retrouver dans telle ou telle
circonstance. Certains vivent ensemble et mettent en commun un certain
nombre des moyens dont ils disposent. Rien de plus banal en vérité, sauf
quand la police décide que les fréquentations de tel ou tel sont la preuve
de son appartenance à une supposée organisation à vocation terroriste.

Le délit d’association de malfaiteur en relation avec une entreprise
terroriste fonctionne ainsi. Connaître quelqu’un, c’est être son complice.
Posséder tel livre, ou tel tract, c’est en partager tous les points de
vue, et certainement aussi tous les objectifs. Participer à telle lutte,
c’est être considéré comme pénalement responsable de tous les actes qui
auront été commis au cours de la lutte en question, et même au-delà.
L’existence d’une telle responsabilité collective a évidemment pour but
d’intimider ceux que le pouvoir a ainsi décidé de cibler. L’efficacité de
cette politique a pourtant une limite évidente : c’est que la révolte est
un fait social, et qu’elle ne se laissera jamais circonscrire à un groupe,
un milieu ou une mouvance quelconque.

C’est pour cela que cette mouvance doit se comprendre elle-même comme la
partie d’un tout qui la dépasse et l’englobe. C’est pour cela que cette
mouvance ne peut se constituer en force matérielle autonome : parce que,
pour modifier les rapports sociaux, elle ne dispose d’aucune force qui lui
soit propre, et que sa puissance éventuelle ne peut lui venir que de ce
dont elle est un symptôme, le rapport conflictuel entre des classes
antagonistes. Pour cette mouvance, n’être qu’elle-même, c’est se
condamner.
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Re: LIBERATION IMMEDIATE DES INCULPES DE TARNAC

Messagede Pïérô » 05 Déc 2008, 20:22

de Tarnac :

Le Comité de Soutien de Tarnac organise un bal de soutien ce samedi 6 à 21 h à la salle des fêtes du village, avec des groupes du coin.
par ailleurs, le dimanche 7 aura lieu la troisième réunion du comité,à 16h à la salle des fêtes :

à l'ordre du jour :

-point sur la situation
-préparation de la manif du 13 décembre à limoges
-organisation des évènements à venir

en pièce jointe, l'affiche de la manif du 13 à limoges, à faire circuler,

venez nombreux à cette manif, à 16h place de la république.

rage et courage,
et à bientôt


manif Limoges
SAMEDI 13 DECEMBRE
16 h
place de la republique


LIBERATION DES 2 INCARCERES
RETRAIT DES CHEFS D'INCULPATION
DE « TERRORISME »
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Re: LIBERATION IMMEDIATE DES INCULPES DE TARNAC

Messagede Roro » 06 Déc 2008, 19:17

Ci-joint l'appel à la constitution d'un comité de soutien sur Bordeaux :

Le 11 novembre, neuf personnes ont été interpellées à Tarnac, ils en rejoignent six autres, tous accusés d'actions terroristes.

Nous proposons la création d'un comité de soutien à Bordeaux.
Il visera à soutenir matériellement et moralement les 15 personnes arrêtées depuis janvier 2008, dont cinq sont encore aujourd'hui en prison.

Il s'engage dans une défense commune, de l'ensemble des arrêtés, quelque soit leur chefs d'inculpation. Il refusera de communiquer plus particulièrement sur telle ou telle personne.. Il ne perdra pas de temps à s'étendre sur la réalité des faits qui leur sont reprochés, et donc sur la question de l'innocence ou de la culpabilité des inculpés.

Plus que le soutien aux neuf mis en examen, le comité vise à tout faire pour que la machine antiterroriste (qui s'était mise en marche bien avant ce jour-là) ne puisse pas continuer son travail d'écrasement dans l'assentiment général. Cela passe par l'attaque du montage politique et médiatique visant la création d'un nouvel ennemi de l'intérieur : la "mouvance anarcho-autonome".

L'objectif immédiat du comité est la libération de toutes les personnes incarcérés et la fin des poursuites judiciaires à l'encontre des inculpés.

Nous proposons le texte joint* comme base de réflexion pour une première réunion, le VENDREDI 12 DECEMBRE A 20H, à l'Athénée libertaire (7, rue du muguet, perpendiculaire à la rue de la rouselle). Et appelons à la solidarité envers toutes les personnes poursuivies.


* Le texte que nous avons joint dans le mail est le texte du comité de soutien de Paris.
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Roro » 07 Déc 2008, 01:19

Une vidéo pour essayer d'en rire (un peu)....

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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Nico37 » 08 Déc 2008, 17:50

http://www.liberation.fr/politiques/0101302670-c-est-criminaliser-la-pensee

Lorsque la presse a rapporté l’arrestation des présumés responsables des actes de sabotage des lignes TGV, la présomption d’innocence fonctionnait, certes, mais la présentation des faits par les médias, relayant à chaud,faute de mieux, la version policière, ne semblait faire aucun doute : il s’agissait là des personnes qui posaient les fameux fers à béton sur les caténaires.


Informé par cette seule source, dont la une de Libération, qui titrait «L’ultragauche déraille», j’ai rédigé mon billet hebdomadaire dans Siné Hebdo en déplorant les actes de sabotages, qui ne profitaient pas au peuple, mais qui, bien plutôt, le pénalisaient. Soit de manière individuelle, par les dommages causés ; soit de façon collective, par la légitimation d’une réponse répressive des gouvernements en place.

Or, comme toujours lorsque la presse annonce avec force une information réellement fausse (jadis, par exemple, le clonage d’un enfant chez les raëliens…), sinon incomplète, fragmentaire, parcellaire, donc partiellement fausse, il n’y a pas beaucoup d’autocritique ensuite. Dans le cas de Tarnac, par exemple, on constate que, le temps de la garde à vue et à défaut de plus amples informations, la presse est restée proche de la position du ministère de l’Intérieur, qui s’avère grandement fautive. Car le dossier ne comporte rien.

Ainsi, l’ADN des dits suspects, qui, habituellement, agit en maître de justice incontestable, n’a pas été retrouvé sur le lieu des forfaits. Les accusations sont portées sur des hypothèses qui ne tiennent pas : un passé de militant et d’activisme international, ce qui ne saurait constituer un délit ; un matériel qui aurait pu servir aux actes de sabotage, mais qui pourrait tout aussi bien s’expliquer par les besoins du pur et simple bricolage dans une maison ; des horaires de TGV, mais on peut en avoir besoin pour les prendre à l’heure sans vouloir les stopper ; mais aussi, et surtout, des livres ! Péché mortel, une bibliothèque subversive ! Et la présence de l’Insurrection qui vient, un ouvrage sans nom d’auteur dont on dit qu’il a peut-être été signé par le principal protagoniste, transformé en «chef».

Devant un dossier vide et une totale absence de preuves, que peut faire la police pour ne pas se déjuger ? En appeler au terrorisme et à la possibilité d’un acte terroriste potentiel induit par le profil intellectuel. Autrement dit : criminaliser la pensée. Une version du délit de sale gueule : ils auraient pu le faire, donc ils l’ont fait. Le terrorisme, sauf cas avéré - les attentats qui ont visé Bombay, par exemple - est souvent le mot qu’on utilise pour fustiger l’ennemi quand on a envie de le condamner sans preuves ou avant même instruction du dossier. Fasciste, stalinien et pédophile servent selon les mêmes logiques.

Devant un dossier vide et une totale absence de preuves, que peut le journalisme pour ne pas se déjuger plus que de raison ? En appeler au débat et aux dossiers - plus tard…

J’y contribue d’autant plus volontiers que, dans Siné Hebdo, j’ai moi-même donné le change en emboîtant le pas aux journalistes d’en face ! Le temps d’une chronique, certes, mais quand même. Une leçon sur le journalisme qui est un pouvoir comme les autres et que le libertaire que je tente d’être ne se rappelle probablement pas assez…
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede poolpikan » 08 Déc 2008, 19:58

mouais Onfray :roll:
, sa chronique était vraiment trop naze même un petit ratrapage genre "les médias font pas leur boulot parcequ'en fait ben si ils ont du pouvoir en fait " :shock: :| :shock: HAN !
c'est limite du pays des bisounours .. pour un analyste prétendu très conscient du contexte et des implications philosophiques qu'il suppose c'est trèèèèèèès (trop limite) , pour moi .. :!: ça confirme que ce monsieur est un peu léger niveau concret quoi ..
Le problème n'est pas gauche-droite. Il est haut-bas.
poolpikan
 
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede kuhing » 09 Déc 2008, 11:01

interview benjamin

extrait... faut acheter libé :confus:
kuhing
 

Re: LIBERATION IMMEDIATE DES INCULPES DE TARNAC

Messagede jean » 09 Déc 2008, 12:54

Comité strasbourgeois de soutien aux inculpés de Tarnac.
http://www.soutien11novembre.org/index.php

Un mois après les arrestations de plusieurs épiciers de Tarnac, alors que la bulle pseudo terroriste de Mme Alliot-Marie se dégonfle et que les médias, enfin, sont revenus, sans s'excuser, sur leurs premiers articles, il reste encore deux personnes emprisonnées, et neuf inculpées, sans raison autre que l'acharnement du gouvernement à criminaliser le mouvement social, par une construction idéologique digne du prétendu « clash des civilisations » de M, Bush, l'ami du président de la République, criminalisation peu respectueuse des droits de l'homme, la semaine même où on commémore le 60e anniversaire de la Déclaration universelle de ces Droits!

Le Comité strasbourgeois de Soutien aux Inculpés de Tarnac, soutenu par UJFP, Gauche Alternative 67, PCF 67 et des personnes individuelles, se réunit vendredi à 18 h au café La Hache, rue de l’Ancienne Douane à Strasbourg.

Liberté pour les deux derniers emprisonnés!

Levée des inculpations!


jean
 

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