Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Roro » 22 Nov 2008, 04:23

Pour info, lundi à 23h15, Yves Calvi fait son one-man show sur "l'ultra gauche". A suivre, ça promet de la rigolade, ou du désespoir...
La Nature n'a fait ni serviteurs ni maitres, c'est pourquoi je ne veux ni commander ni recevoir d'ordres.
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede jean » 22 Nov 2008, 10:41

qierrot a écrit:
jean a écrit:Sur le blog ci-dessous, nous présentons le réseau d'entraide et de solidarité de Brive. Pas la panacée, jusque des îlots ouverts, combatifs et solidaires où se rencontrent des syndicalistes et des habitants de, désormais, deux quartiers de la ville, pour des jardins autogérés, pour des luttes contre les radications RMI ou le relogement...
http://mygale.over-blog.com

suis allé voir rapide, il y a des choses intéressantes à partager en terme d'expérience...tu pourrais faire un petit topo dans la rubrique "partage" jean ?

Pour les annonces de création de comités locaux et de réunions, manifs etc...pensez à mettre dans le topic dédié.
viewtopic.php?f=74&t=894&hilit=LIBERATION+IMMEDIATE+DES+INCULPES+DE+TARNAC&start=150#p16925


Quiérot, je n'ai pas pris la précaution de dire que je citais l'info que je relayais, car elle me semblait intéressante.

Je suis comme la plupart ici: militant politique, syndical, associatif,..et nous pratiquons un peu tout celà, de manière non structurée: l'échange, la défense juridique, sans-pap',..Non-structurée, je veux dire que nous ne sommes pas "adhérents" à un projet culturel, dans toute l'acception du terme, sans pour autant en nier l'impact et l'efficacité.
Par choix, nous gérons dans notre ville, une librairie anar, sur un concept d'autogestion.
jean
 

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede FRED » 22 Nov 2008, 13:46

Salut.

Je me suis tapé les info de TF1 hier, pas une ligne sur c'est camarades qui devienne au fils des jour par certain déçu de l'anarchiste coupable, des dangereux bourgeois autonome.
Cette information permet a certain "Marxisme" de manipulé leurs adepte par stratégie de division, un peut comme les bureaucrates des syndicat qui considérer que les lutes doivent forcément être corporatif (c'est cette logique de division stratégique qui a conduit les ouvrier a perdre pratiquement toutes les lutes depuis quelque années).

bizarrement plus ça se dégonfle, moins ça intéresse les médiat, c'est peut être l'occasion d'organiser le bordel pour dénoncé les dysfonctionnement de l'état, qui se permet d'enfermer des innocent pour faire de la propagande dangereusement proche de celle des nazis quant ceux ci incendier Reichstag.

Bon la faudrait que l'état se calme de cette spiral judiciaire très fascisante finalement.
* « Nous n’avons pas peur des ruines. Nous sommes capables de bâtir aussi.

Buenaventura Durruti
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede jean » 22 Nov 2008, 20:59

la défense fait appel - France 3 Limousin Poitou Charentes : actualités de Corrèze, Creuse, Haute-Vienne, Charente, 2 Sèvres - France 3



http://limousin-poitou-charentes.france ... 537-fr.php
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede jean » 22 Nov 2008, 21:35

Rouen - Création du Comité de soutien pour les prisonniers d’opinion.
Modifié en dernier par jean le 24 Nov 2008, 20:15, modifié 4 fois.
jean
 

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede jean » 22 Nov 2008, 21:37

http://www.france-info.com/spip.php?art ... s_theme=69



Sabotages à la SNCF: un comité de soutien pour les Rouennais mis en examen

22/11/2008-[19:23] - AFP



ROUEN, 22 nov 2008 (AFP) - Un comité de soutien s’est créé en faveur des trois Rouennais mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" dans le cadre de l’enquête sur les dégradations commises sur des lignes TGV, ont annoncé samedi ses animateurs. Ce comité a tenu sa première réunion samedi à Rouen avec la participation d’étudiants, d’amis et de parents de ces trois jeunes qui sont en liberté sous contrôle judiciaire depuis le 15 novembre. Il condamne "des incriminations sans fondements" ainsi que "l’utilisation du dispositif antiterroriste" et exige la levée des poursuites à l’encontre de tous les jeunes mis en examen (neuf dont cinq sont écroués) dans le cadre de cette affaire. Dans un texte de présentation, le comité estime que leur mise en cause relève du "délit d’opinion" et ne se justifie pas. "Ces jeunes ont des opinions ! Qui ne sont pas forcément les nôtres, pas forcément les vôtres, sûrement pas celles du gouvernement... Et alors’’’", indique-t-il. Il insiste sur "la démesure" des qualifications utilisées. "Rien n’a pu être retenu contre eux sinon d’avoir en leur possession des livres (en vente libre dans toutes les librairies de Rouen) et du matériel d’escalade (normal quand ont est inscrit à un club d’escalade !)", affirme-t-il. Peu auparavant, une soixantaine d’entre-eux, selon la police, se sont rassemblés devant le palais de justice de Rouen pour protester contre ces mises en examen. Les manifestants soutenus notamment par Sud-étudiants et la Fédération anarchiste avaient déployé une banderole affirmant : "penser n’est pas un crime".

Éditer par sebiseb pour mise entre "quote"
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Sed » 23 Nov 2008, 11:52

[effacé par l'auteur]
Modifié en dernier par Sed le 20 Mar 2009, 12:48, modifié 1 fois.
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Pia » 24 Nov 2008, 02:48

ci-dessous le rapport de la sous-direction antiterroriste de la DCPJ du 15 novembre concernant l'opération du 11 novembre.
Difficilement atteignable car publiée sur le site Mediapart, payant.
:arrow: http://www.mediapart.fr/journal/france/ ... -l-enquete

Le contenu est dégueulasse et salissant.
même si ça a été publié déjà à droite à gauche et que donc, le contenu est désormais public, par principe, message édité.
Modifié en dernier par Pia le 25 Nov 2008, 13:48, modifié 1 fois.
Pia
 
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede jean » 24 Nov 2008, 04:00

[quote][/quote]Lundi un comité de soutien aux inculpés du 11 novembre (Tarnac et autres) s'est constitué (cf PJ). De plus, un site vient d'être ouvert, sur lequel vous trouvez au fur et à mesure diverses informations ; l'adresse est : www.soutien11novembre.org/ .
Face à la manipulation et à la désinformation à propos des "inculpés de Tarnac", nous devons réagir au plus vite. Tout le monde est plus ou moins concerné : la criminalisation de toute contestation politique et sociale s'étend peu à peu. Il faut bien en avoir conscience (de nombreux exemples pourraient être donnés).
Soutenir les inculpés du 11 novembre revient à anticiper le soutien dont, nous mêmes, pourrons peut-être avoir besoin un jour.


Nous pouvons (devons) :
-- créer ou aider à la création de comités de soutien (indépendants ou non) partout où c'est possible,
-- écrire aux inculpés, en particulier aux cinq qui sont emprisonnés,
-- verser de l'argent pour les divers frais ( aide au cantinage des emprisonnés, avocats, affiches, tracts, publications...),
-- participer à des campagnes d'information,
-- faire circuler l'information autour de soi, dans nos réseaux...
-- contacter un maximum de personnes "médiatiques" (même si cela n'est pas dans nos habitudes) : intellectuels divers (universitaires, philosophes, écrivains...), artistes, politiques.
-- ...


Dans un premier temps, nous devons mettre toutes nos forces pour obtenir :
-- la libération des cinq écroués et
-- la requalification des accusations (entre autres la suppression du qualificatif de "terroriste" -- c'est trés important car cela conditionne la demande de libération provisoire et, bien sûr, c'est trés déterminant quant à la longueur de la peine encourue).
Pour cela, nous devons exercer une forte pression permanente sur :
-- les médias,
-- le gouvernement,
-- les politiques,-- les syndicats...




PS : Faire suivre si vous le voulez bien.


Limoges

En lien avec le comité Tarnacois, un soutien s'organise à Limoges. Si
> vous souhaitez en être, prochain rendez-vous :
>
> RÉUNION PUBLIQUE D’INFORMATION
> Le mardi 2 décembre à 20h30
> Salle municipale Blanqui 2
> À Limoges
>
>
>
> Ci-dessous et en pièce jointe le tract diffusé par le comité Limoges
> (d'autres infos suivent)
>
> -----------------------------------------------------------
>
> Lorsqu'ils sont venus chercher les communistes
> Je me suis tu, je n'étais pas communiste.
> Lorsqu'ils sont venus chercher les syndicalistes
> Je me suis tu, je n'étais pas syndicaliste.
> Lorsqu'ils sont venus chercher les sociaux-démocrates
> Je me suis tu, je n'étais pas social-démocrate.
> Lorsqu'ils sont venus chercher les juifs
> Je me suis tu, je n'étais pas juif.
> Puis ils sont venus me chercher
> Et il ne restait plus personne pour protester.
> Martin Niemöller
>
> Tarnac, chacun de nous est concerné
>
> Après les arrestations du 11 novembre dernier, dans l’affaire des «
> sabotages » SNCF, on constate aujourd’hui que le dossier d’accusation
> est vide : aucune preuve, aucun élément matériel. Pourtant, cinq
> personnes sont en prison, quatre sont en contrôle judiciaire. Les neufs
> sont poursuivis pour des faits relevant de dispositions
> anti-terroristes, l’un d’entre eux encourt jusqu’à vingt ans de prison.
>
> Présomption d’innocence : ça s’oublie très vite, on fabrique des
> coupables, on établit des profils psychologiques et politiques, on
> fustige un livre maudit…
>
> Terrorisme : difficile d’associer terrorisme et dégradation de bien, en
> l’espèce des caténaires. Alors on raconte une histoire, celles de jeunes
> « reclus » à la campagne fomentant un obscur complot contre la société
> depuis une base arrière : Tarnac.
>
> Pourtant, sur le plateau de Millevaches, il se raconte une autre
> histoire. Celles de jeunes gens venus s’installer à la campagne, vivre
> autrement que dans l’agitation des métropoles. Ils tiennent l’épicerie
> du village, participent pleinement à la vie locale. Alors s’ils ne sont
> pas de mystérieux clandestins, pour quels motifs les accuse-t-on de
> terrorisme ?
>
> En réalité, avec les dispositions antiterroristes le pouvoir
> s’affranchit de toute contrainte. Désormais rien ne protège le
> justiciable. Régime d’exception, pouvoir d’exception, injustices
> d’exception.
>
> Nous demandons la libération des personnes incarcérées et l’abandon des
> poursuites relevant des dispositions antiterroristes.
>
>
> Comité de soutien aux inculpés de Tarnac
> Limoges
jean
 

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede jean » 24 Nov 2008, 04:02

l'adresse du comité de soutien aux inculpés du 11 novembre (Tarnac et autres) : http://www.soutien11novembre.org/


-jean j'ai édité yavait deux doublons- poolp
jean
 

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede jean » 24 Nov 2008, 04:10

collectif RTO


Le Catenaire qui cachait la Forêt


Le Catenaire qui cachait la Forêt
dimanche 23 novembre 2008 par des précaires

Dans ce pays, l’inflation répressive n’a d’égale que l’inflation verbale généralisée qui l’accompagne.

D’un côté dix personnes interpellées après que plusieurs sabotages de caténaires aient eu lieu, et selon plusieurs méthodes différentes. Les sabotages en question ont occasionné quelques heures de retard, ont été réparés en moins de vingt quatre heures, c’est-à-dire à peu près autant de dégâts que lorsqu’une vache s’avise de traverser la voie.

Mais au grand regret des médias et du Ministère de l’Intérieur, la théorie d’un complot terroriste bovin paraît encore un peu saugrenue, même pour le Figaro.

Tant mieux pour les vaches, tant pis pour les habitants de ce pays qu’on peut désormais perquisitionner et placer en garde vue quatre jours de suite, puis emprisonner en préventive sur la base d’une « mauvaise réputation », de quelques bouquins écrits ou possédés, et de rumeurs de « preuves ».

Inflation verbale sur les faits, le sabotage devient du terrorisme. Il est vrai que les retards de train occasionnés par les grèves font déjà des millions d’ « otages », contrairement aux accidents causés par le mauvais état des trains et du réseau, qui ne font que des « victimes » au temps de parole plus limité, quand elles ont la chance de s’en sortir vivantes.

Ainsi, le sabotage de plusieurs catenaires par un Invisible particulièrement efficace, en l’ocurrence le Vent, ne donnera lieu qu’à une couverture modérée, et "étrangement" les dépêches des principales agences de presse sur ce sujet ne feront aucun lien entre ces catenaires là, bousillés essentiellement à cause de la vétusté des installations et ceux qui ont fait la une dix jours plus tôt, et dont la mise hors d’état de fonctionner a été érigée au rang de drame national.

Inflation verbale sur les auteurs supposés.

A droite, mais aussi et surtout à gauche, peu de « démocrates » pour crier à l’iniquité des procédures terroristes applicables à tout et n’importe quoi. Trop occupés à faire concurrence de qualificatifs criminalisants avec le Ministère de l’Intérieur. « Terrorisme » pour Sud Rail, « provocation » pour la LCR. …

Inflation verbale, aussi sur la précision de l’enquête. Précision telle, que vingt personnes ont été arrêtées et que la moitié a été libérée quelques heures après. Vingt quatre heures après le début de la garde à vue, le parquet annonce qu’il n’y pas de preuves et dément certaines informations sur les indices concordants. Finalement, les cinq qui restent en prison ne le sont que sur la base d’une infraction d’intention l’ « association de malfaiteurs » , qui donne à la police le pouvoir non seulement de réprimer, mais aussi celui de créer l’objet répressif quand il fait défaut : en l’occurrence , décréter l’existence d’une organisation sur la base d’idées communes publiquement affirmées, de liens entre individus , peu importe le sens que ceux-ci lui donnent.

Bref, après cent pages de dépêches, d’articles, d’entretiens avec des experts es ultra gauche et anarchisme, la conclusion s’impose : on vient d’emprisonner cinq personnes sur la base de pas grand-chose.

Et qu’elles soient ou non les auteurs des fameux faits, la solidarité de tous ceux qui se revendiquent acteurs des luttes sociales devrait leur être acquise tout naturellement. Parce que ces personnes se définissent comme des acteurs et actrices des luttes en cours, et dans la mesure où les sabotages effectués n’ont causé , quels qu’en soient les auteurs, aucun dommage à d’innocentes victimes et sont du même ordre que les pratiques de lutte, non seulement des salari(é)es des transports mais aussi du mouvement de classe européen dans son ensemble, voire en deçà.

Christian Mahieu de Sud Rail a cru bon de mettre en garde « ceux qui frisent la diffamation (bigre !) en voulant confondre terrorisme et action syndicale ». En tout cas, avec de telles déclarations, personne ne risque plus de confondre l’action syndicale telle que la conçoit SUD Rail et la réalité de la résistance massive dans ce secteur et au-delà.

Le 12 novembre, jour de cette fracassante déclaration , en Italie, les salari(é)es d’Alitalia ont déclenché une grève surprise qui a paralysé le transport aérien plusieurs jours de suite. La grève était illégale, et les conséquences en terme de répression judiciaire et sociale suivront. En attendant ce type de grèves fait mal au portefeuille, très mal, si elle vient à se répéter, là il ne s’agit plus de quelques trains en retard..

En Bourgogne, plusieurs conducteurs ont fait face cet été à des sanctions de leur direction, pour avoir refusé de démarrer sans la présence d’un deuxième salarié dans les TER. Pratique illégale, là aussi, mais au lieu de brailler à la catastrophe pour les « clients », les syndicalistes ont paralysé le réseau tout le week end du 15 aôut.

A l’examen des conflits de ces dernières années, on comprend mieux les déclarations de Pépy, le directeur de la SNCF, sur son soulagement que les arrêtés ne soient pas des cheminots.

Soulagement qui risque d’être bien précaire, dans le camp d’en face : de fait, un double mouvement s’est à nouveau propagé ces dernières années, mu dans les deux cas par la conscience intuitive que la circulation ou le blocage des flux de marchandises et de personnes nécessaires à la bonne marche des profits est un enjeu central pour la réussite des luttes. En mettant en scène une « mouvance » isolée, en faisant tout un cinéma de quelques dégradations parmi d’autres, on tente de dissimuler les coups portés de manière extrêmement massive à cette libre circulation.


Les salariés du secteur des transports pratiquent l’immobilisation
Coups portés par les salari(é)s de ce secteur d’emploi : le sabotage a fait les gros titres l’hiver dernier lors des grèves contre la réforme des retraites. « Bizarrement », le CV des inculp(é)es a donné lieu à beaucoup moins de couvertures et d’analyse sociologique. Evidemment, beaucoup étaient syndicalistes, et l’un d’eux avait la Médaille du Travail. Les médias ont ensuite pratiqué le black out quasi-total sur la suite des évènements dans ce secteur d’emploi : grève historique et victoire partielle en Allemagne quelques temps plus tard, où le trafic fret et voyageurs a été totalement paralysé plusieurs jours de suite, juste après la grève en France. Dans le même pays, les salari(é)s de Lufthansa ont mené contre l’avis de leur direction syndicale des grèves massives quelques mois plus tard.

En France, quelques jours à peine après la fin des grèves SNCF et RATP de novembre 2007, plusieurs conflits localisés et beaucoup plus durs éclataient en Ile de France, par exemple sur le réseau Paris Saint Lazare. Mais aussi à Roissy, du côté des personnels de l’aéroport et presque simultanément dans une compagnie de bus privés desservant une bonne partie de la grande couronne (CIF, Courriers d’Ile de France, février 2008). Du côté patronal, plaintes et assignations se succédaient, tandis que les salari(é)s tenaient bon sur le blocage des dépôts jusqu’à ouverture des négociations, au départ refusées par la direction. Cette grève s’est notamment accompagnée de dégradations visant tout simplement à s’assurer que les bus ne rouleraient pas.

Tous ces conflits, pour localisés qu’ils soient, montraient que malgré les politiques de division et de privatisation de la main d’œuvre (éclatement des statuts, multiplication des sous-traitances…) des conflits simultanés éclosent, même s’ils s’ignorent souvent mutuellement, Cette simultanéité multiplie de fait l’impact sur la production et les profits, non seulement dans ce secteur mais aussi dans tous ceux qui en dépendent.

Quelques jours plus tard, c’est une catégorie de salari(é)s pourtant très minoritaire numériquement, qui va semer la panique dans tous les secteurs de la production industrielle en Ile de France. Les éclusiers déclenchent une grève illimitée et paralysent de fait le trafic fluvial dans la région. Là encore, la contre offensive patronale et policière est extrêmement dure mais fait face à une résistance acharnée. La police vient chercher à leur domicile les éclusiers réquisitionnés qui ont refusé d’obtempérer, les emmène menottés sur leurs lieux de travail. Peine perdue, ils se mettent en arrêt maladie, d’ailleurs justifiés par le traumatisme de l’intervention policière.

Tous d’ultra gauche, anarchistes, , les conducteurs de bus, les éclusiers, les bagagistes ?

Loin s’en faut. Pour la plupart, réalistes tout simplement. Tout salari(é)e doué d’un minimum de bon sens sait désormais que se mettre en grève classique et se contenter d’une éventuelle manifestation n’a aucune utilité, d’où le faible taux de grévistes qui répondent aux appels nationaux des grandes centrales.

Les permanents l’oublient souvent, mais la grève coûte cher au salarié, par conséquent le caractère souvent minime des revendications (augmentations de salaire, grèves défensives contre les restructurations et la réorganisation de l’emploi dans le sens de l’aggravation des conditions de travail) n’empêche pas que les gens soient suffisamment intelligents et rôdés pour savoir qu’en face le patron utilisera tout l’arsenal de la criminalisation et du contournement ( embauche de précaires, lock out ) avant de céder.

Dans ce contexte, l’illégalité devient une nécessité , d’une part parce que l’arsenal législatif anti-grèves se durcit, d’autre part parce que celle-ci ne suffit plus, dans ses modalités encore légales à toucher le portefeuille de ceux d’en face. Même si elle reste dans tous les cas la manifestation d’une conscience collective et d’une volonté d’en découdre et de sortir de la passivité individuelle.

La grève, souvent illégale s’accompagne donc de méthodes diverses et variées pour que l’outil de travail ne fonctionne plus, mais aussi de résistance physique à l’évacuation des piquets de grève et des blocages

De même l’indifférence grandissante envers le « respect de l’outil de travail », autrefois bien ancré notamment dans le secteur des chemins de fer , ne s’explique nullement par la lecture de textes sur l’aliénation salariale. Simplement, l’ex service public des transports n’existe plus. Les cheminots voient au quotidien la dégradation réelle de l’outil de travail, le réseau de moins en moins dense, la fermeture des gares au nom de la rentabilité. Mais aussi l’état des voies « secondaires », la dégradation de la sécurité du trafic due à l’intensification de la charge de travail, aux économies partout. L’ « outil de travail » de fait est dégradé quotidiennement par la direction, et en ce sens, qu’importe une dégradation de plus si cela peut paradoxalement stopper la destruction totale ?

Quant au service rendu aux usagers devenus clients, là aussi, ceux qui ne sont pas aveuglés par les discours sécuritaires voient bien que le « service public » ne profite plus qu’à ceux qui en ont les moyens. Et chez beaucoup, lorsque le « travail » autrefois perçu comme utile malgré sa dureté est de plus en plus parasité par les tâches de contrôle imposées, par exemple pour les chauffeurs de bus, il devient de toute façon un objet de répulsion.

D’ailleurs du côté « clients », le tapage médiatique autour des caténaires sabotés doit en faire ricaner plus d’un, comme le discours de Pépy qui pleure sur les horribles sévices infligés. En effet, les retards sont chose fréquente depuis longtemps et d’ailleurs le client roi n’est remboursé qu’au-delà de quatre heures d’attente. Donc nombre des « victimes » caressées dans le sens du poil devront se contenter de la matraque publiquement infligée aux auteurs présumés, à part ça ils n’auront pas un rond.

Masquer l’état réel des luttes dans ce secteur, l’incapacité grandissante des directions syndicales de museler les grèves locales, voilà donc un objectif évident de la propagande de ces derniers jours. La grève plon plon ou l’isolement et la répression, tel est le message que le pouvoir veut faire passer, et les directions syndicales et politiques aussi, qui mettent en avant la « vraie » mobilisation » entamée le 12 novembre contre la réorganisation du fret : « vraie mobilisation », « vraie action syndicale », qui n’aura guère mobilisé, qui aura été quasi invisible et évidemment sans aucun résultat revendicatif, pour s’achever sur le triste spectacle de directions syndicales qui se divisent, et sont capables de retirer leur préavis deux fois en trois jours, au cas ou la démotivation des salari(é)es ne serait pas encore acquise.

Mais ces formes de luttes, ce dépassement localisé des consignes syndicales évoqué plus haut n’aurait pas de quoi faire paniquer le camp patronal et son appendice étatique à eux tout seuls. Le fait est que les dommages objectifs au profit causés par ces conflits parfois simultanés, s’accompagnent d’une absence quasi-totale de la conscience des coups globalement portés. Là-dessus, le jeu médiatique et l’absence de véritables liaisons entre les salari(é)es jouent un rôle bien plus important que la confiance dans les dirigeants syndicaux, de moins en moins répandue hors et au-dedans des syndicats. Ce manque d’espaces concrets de liaison, de réflexion et de coordinations, voire même d’information sur les autres luttes en cours empêche pour l’instant toute réappropriation de la lutte à un niveau plus large. Ceci explique notamment que des conflits très durs dans les pratiques ne remettent que très rarement en cause les revendications minimales voire nuisibles des directions syndicales. Mais aussi le fait que certaines grèves s’arrêtent dès que l’employeur accepte d’ouvrir les négociations ou dès que des concessions minimes sont faites, alors qu’un observateur extérieur, informé de l’état global des luttes voit immédiatement le gâchis du potentiel réel ouvert par un rapport de forces qui existe mais n’en est pas moins invisible aux yeux des concerné(e)s.

Un potentiel qui vient aussi de ce que l’immobilisation des circulations de biens et de passagers est une pratique qui dépasse les cheminots ou les chauffeurs.

Car les salari(é)es du secteur ne sont pas les seuls à avoir saisi les enjeux du blocage des transports de marchandise comme des personnes . Pour chaque mouvement salarial ou non, la question se pose, et devient plus aigue au fur et à mesure que la lutte s’étend.

Au départ, dans la mémoire collective récente, il y a vraisemblablement une victoire, même partielle, décembre 95 et une défaite d’autant plus rageante qu’elle ne tenait pas au nombre de grévistes mais au degré de perturbation trop faible du processus économique dans son ensemble, mai juin 2003 et le conflit sur la réforme des retraites.

Lors de la première lutte, le pays est de fait paralysé. Les métropoles prennent un visage inédit, les rapports sociaux, notamment de solidarité se transforment au quotidien. La pression économique est immense. En 2003, les contre feux sont là. Les syndicats des transports parviennent à empêcher une extension de la grève aux salari(é)es de la SNCF et de la RATP, et même si le nombre de grévistes dans les autres catégories du secteur public est très élevé, en face, on peut se montrer ferme, la rue a une apparence de normalité, ça roule.

Les enseignements de cette défaite, ce sont les jeunes mobilisés pendant la tentative d’imposition du CPE qui la tirent de manière massive : la libre circulation des biens et des personnes pendant un mouvement de masse entrave celui-ci. En effet, un des seuls effets négatifs de la grève de 95 était la difficulté à se déplacer, notamment pour se rendre aux manifs. Mais cette difficulté est tout aussi grande pendant le CPE : car les déplacements sont soumis à un contrôle permanent, l’enjeu est d’empêcher les jeunes, notamment ceux « des banlieues » de venir dans la capitale. Barrages au départ des gares de RER , nouveaux barrages filtrants et nombreuses arrestations préventives dans les gares parisiennes, et même, l’occasion fait le larron, blocages de trains ou de RER mais à l’initiative…de la police et de la SNCF.

Par contre, ce que comprennent rapidement les jeunes en lutte, c’est que le blocage est une arme alternative aux manifs de rue. Les gares sont investies, les affrontements sont parfois violents et nombreux sont les endroits où les gares ou les moyens de transport sont mis hors d’état de rouler, notamment par d’anonymes sabotages . Encore une fois l’illégalisme de masse ne se théorise pas, il se pratique et il n’est en rien incompatible, chez certains participants, avec une revendication somme toute très raisonnable, le retrait d’un contrat de travail précaire parmi tant d’autres.

Déjà, l’épouvantail du groupuscule radicalo-gauchiste / anarcho-autonome est agité. Mais l’anarchisme, en tant que volonté de transformation radicale de la société, pas plus que l’autonomie, c’est-à-dire la prise en main par les premiers concernés, sans soutien ni médiation, de leurs problèmes, n’étaient malheureusement au rendez-vous, en tout cas par sur la durée. Toutes les thèses policières sur la manipulation du mouvement par des éléments « radicaux », comme d’ailleurs leur pendant militant, l’exaltation optimiste de la nature révolutionnaire du mouvement aboutissent à un non sens : le mouvement s’arrête dès lors que le CPE est retiré.

Reste l’importance généralisée sur l’ensemble du territoire d’actions publiquement revendiquées ou pas qui ont visé à paralyser le trafic ferroviaire et routier.

Lorsque le mouvement contre les suppressions de poste dans les lycées éclate en région parisienne, un an et demi plus tard, cet acquis est immédiatement présent, et c’est là qu’on voit à quel point sa transmission dépend finalement très peu d’une quelconque organisation d’extrême gauche : le mouvement d’abord lycéen, puis presque immédiatement élargi aux personnels de l’Education Nationale et aux parents d’élèves se diffuse essentiellement en grande banlieue dès la fin de l’hiver 2007, il a un caractère spontané, très loin des AG interminables des facs de la capitale et ne soucie que fort peu d’exprimer par écrit sa révolte. Les syndicats de leur côté se contentent d’appels à des journées d’action au niveau régional, puis national, mais ils ne contrôlent rien sur le terrain et de fait, à nouveau l’attention se tourne vers des stratégies de blocage des transports ferroviaires et routiers. Localement cette stratégie paiera au niveau de revendications, alors même que les grandes manifestations organisées à Paris deux mois plus tard ne donneront pas grand-chose. Mais celles-ci seront très médiatisées, notamment dans la traque par les médias du moindre acte de « violence », alors que le mouvement en grande banlieue massif et long de plusieurs mois ne donnera lieu qu’à une couverture dans la presse locale, malgré l’usage de méthodes qui vont de la pétition à l’affrontement direct avec la police lors des blocages de voies ou de routes, sans qu’aucune trace de division n’apparaisse à propos de l’usage de telle ou telle de ces méthodes. ( pour de nombreux exemples d’actions de ce type voir une chronologie non exhaustive ici ).

Encore une fois, ces actions témoignent avant tout de la recherche de pratiques efficaces, d’un pragmatisme où l’illégalisme n’est ni une frontière infranchissable, ni une position de principe.

On fait tout simplement ce qui dérange le plus ceux d’en face, dans le cadre d’un mouvement multiforme où ce type d’actions cohabite avec les pétitions, les occupations d’écoles et les éventuelles négociations. Encore une fois, la véritable dangerosité de ces pratiques ne se lit que dans leur contexte : la totale indifférence d’un mouvement encore globalement réformiste et revendicatif aux consignes de respect de la loi et des « usagers » données par les organisations de la gauche officielle.

Et l’identification du blocage des moyens de transport comme un des enjeux majeurs de n’importe quelle lutte se vérifie aussi dans les mobilisations récentes contre le nucléaire, dans le blocage des voies d’accès à Quimper lors des affrontements contre la fermeture de l’hôpital de Carhaix, dans les luttes de solidarité avec les sans papiers.

Et dans toutes ces luttes, ce que ne peut masquer le pouvoir, c’est l’efficacité immédiate du blocage des transports quel que soit le moyen : à Carhaix et Quimper, par exemple, ce sont aussi les cris d’alarme des syndicats de gros commerçants qui vont déterminer le recul , même temporaire sur la fermeture.

Au regard de ce qui précède, la baudruche médiatique et policière du « terrorisme » anti catenaires apparaît pour ce qu’elle est : un vaste écran de fumée, un scénario pré-établi où chacun serait prié de s’insérer.

La réforme triste et perdue d’avance ou la révolte solitaire, comme un témoignage qui se paye au prix fort .

Quelques dégradations parmi tant d’autres érigées en incompréhensibles « attentats », terriblement destructeurs. Quelques poissons au milieu d’une mer de résistances multiformes érigés en requins tueurs qu’il faudrait neutraliser à tout prix.

Les débats qui sont mis en scène médiatiquement mais aussi au sein de l’extrême gauche portent en réalité sur des problématiques surannées, déjà dépassées par les mouvements de lutte et le camp qui leur fait face.

Respect de la légalité ou illégalisme revendiqué ? Les quelques mouvements que nous avons cité, qu’ils émanent de salari(é)es du secteur des transports ou d’autres ne se posent pas, de fait, la question en ces termes. Parmi d’autres, un moyen d’action efficace, l’immoilisation des transports a été massivement reconnu, et d’autres sont de plus en plus désertés, pas tant parce que ceux qui les initient, gauche et direction syndicales sont contestés en tant que tels, mais parce que de plus en plus de concernés font le constat de leur inefficacité.

C’est à la fois une faiblesse et une force, mais c’est un fait sur lequel la réflexion devrait se concentrer, au lieu de s’égarer sur les divisions que le pouvoir met en scène. On peut être adhérent et même actif dans n’importe quel syndicat, et saboter son outil de travail sans rendre sa carte. On peut bloquer les voies et les autoroutes pendant des semaines, s’adonner à l’action directe donc, et reprendre le chemin de l’université, du composteur et même de l’isoloir une fois un projet de loi retiré. On peut finalement avoir une réflexion très poussée pratiquement sur l’un des « maillons faibles » de la machine capitaliste, en l’occurrence la relation contraignante entre le taux de profit et la circulation non entravée et dirigée des personnes et des marchandises, tout en n’ayant aucunement l’intention de consacrer sa vie à la destruction de ce même capitalisme.

Voilà où nous en sommes, collectivement en tout cas, voilà d’où doivent partir les analyses et les actions de ceux, qui sont, pour diverses raisons, déjà conscients de la nécessité d’une réflexion pratique qui porte sur une rupture totale avec le capitalisme et son monde.

La violence est là, dans les deux camps, et le caténaire est bien là pour cacher la forêt, pour que chaque arbre se sente seul dans son coin face à la hache du bûcheron, en l’occurrence une éventuelle inculpation pour terrorisme, passible de dizaines d’années de prison.

La solidarité est donc une nécessité, mais pas seulement sous sa forme de réaction épisodique à tel ou tel acte répressif. Sous cette forme réactive, elle est de toute façon difficile à grande échelle, pour toutes et tous. Quand les réprimés s’inscrivent dans le cadre d’un mouvement massif mais temporaire, ou ont la chance d’avoir un nombre élevé de compagnons plus ou moins proches, elle se fait. Mais de fait, lorsque le mouvement s’arrête, ou quand on ne connaît personne, comme ce fut le cas, par exemple de ces ouvriers du Val de Marne, pas tellement jeunes qui avaient brûlé leur boite pour se venger de leur patron pendant les émeutes de 2005, on a moins de chances d’y échapper ou d’en minimiser les conséquences.

De fait la solidarité avec tous les « inculpés de la guerre sociale » n’est possible que si elle consiste à amplifier l’ampleur de cette guerre généralisée qui se mène au corps à corps avec la réalité quotidienne du capitalisme et les contradictions qui nous agitent en tant que classe sociale exploitée.

Et ça passe d’abord par rendre possible l’émergence d’une conscience globale de cette guerre au moment où elle se mène. Nous n’avons pas tant besoin aujourd’hui d’une critique radicale de ce que sont la gauche et l’extrême gauche officielle que d’inventer les moyens pour se passer d’elles de manière massive. Diffuser l’information rapidement sur des luttes qui se déroulent isolément, qui sont volontairement mises en scènes comme étrangères les unes aux autres. Ouvrir, partout où c’est possible des espaces collectifs d’élaboration des revendications, et le débat sur la nécessité de s’inscrire ou pas dans le cadre revendication/négociation. Bref autre chose que les assemblées générales souveraines à deux cent spectateurs désinformés et dix comédiens professionnels, chacun dans son rôle, du syndicaliste raisonnable au motivé de la convergence (des directions syndicales ) en passant par le jusqu’au boutiste enflammé plus doué pour les belles phrases que pour les perspectives concrètes.

Sortir des cases définies par le pouvoir, enfin, est une nécessité qui vaut pour tout le monde. Pas seulement pour ceux qui voient des « terroristes » partout, mais aussi chez ceux qui traquent le « réformiste « , ou le « vendu aux orgas » chez les compagnons et dans tous les mouvements.

Il est grand temps de réfléchir sur l’efficacité des méthodes, à un moment donné, et non pas sur la base illusoire de leur nature immuablement révolutionnaire ou pas. Comme nous l’avons vu c’est ce que font la majorité des gens en lutte, qui explorent les possibles encore ouverts au lieu de s’en tenir aux parcours figés une fois pour toutes qu’auraient définies les prétendues leçons de l’Histoire. La violence de masse ou individuelle ne mène pas toujours à la révolution sociale, pas plus qu’elle ne conduit irrévocablement au « suicide du mouvement ». C’est son contexte, les espoirs et la conscience d’appartenir à un mouvement de libération sociale collectif qui importent avant tout.

Ce n’est pas par adhésion globale qu’aujourd’hui, les salari(é)es, les précaires se tournent en masse vers les syndicats du type Sud Rail ou vers le NPA. Comme on l’a vu, leurs discours contre les « saboteurs » ou les « provocateurs », ne correspondent en rien aux pratiques des mouvements de masse qu’elles tentent de maîtriser.

Mais faute de grives, on mange des merles et on en finit toujours par avaler des couleuvres. La masse des gens en lutte n’écrira son propre menu que lorsqu’elle aura conscience qu’elle fait déjà la cuisine et ne s’en sort collectivement pas si mal. Si le désir croissant d’une coordination des résistances, de quelque chose qui soit aussi l’élaboration d’un autre projet de société, s’exprime par l’adhésion à des syndicats aussi corrompus que les autres, mais au discours plus « radical » , ou par le vote , c’est d’abord parce que n’émerge pas clairement d’autre possibilités immédiates et concrètes.

Il ne s’agit pas tant pour nous tous d’Appeler ou de répondre à l’Appel, que ce soit celui des Urnes ou de l’Insurrection, que d’inventer ensemble les moyens de nous écouter mutuellement, face à la cacophonie permanente orchestrée par le pouvoir et ses divers organes, médiatiques, politiques, syndicaux, pour nous rendre sourds les uns aux autres.

Nous n’avons pas besoin de prophètes plus ou moins lucides,auto proclamés ou désignés comme tels par les médias, encensés ou criminalisés par le pouvoir, peu importe, pour définir une Ligne,et une Méthode, mais d’explorateurs des surfaces qu’ouvre chaque lutte, dès lors qu’elle porte même en germe, la conscience de la nécessité de l’auto organisation et de la solidarité.




Si vous souhaitez manifester votre solidarité envers les prisonniers et les mis en examen arrêtés le 11 novembre, un comité de soutien s’est notamment créé joignable ici





http://www.collectif-rto.org/spip.php?article717
jean
 

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede bajotierra » 24 Nov 2008, 15:09

COMMENTAIRE LUS SUR LE SITE DE LA CNT AIT

Petite correction :

ci-dessous ce qui nous est présenté comme étant le rapport de la sous-direction antiterroriste de la DCPJ ...

Car un tel document en pleine paranoia "anti-terroriste" livré au public alors que l'instruction est à peine bouclée ... troublant ... Après le non respect de la présomption d'innocence, le non respect du secret de l'instruction ... Et les médias, fussent ils alterno-internet pataugent allègrement là dedans ... Décidément, on est vraiment dans une procédure d'exception, eu égard aux principes démocratiques du Droit !

De toute façon la source est forcément interne (je ne pense pas que ce soit le personnel de nettoyage qui ait récupéré les brouillons dans les corbeilles à papier ...) et donc diffusée avec leur plein accord. C'est donc une pièce du dispositif et annonce des suites ... (cf la déclaration de MAM : d'autres groupes sont sous surveillance ...)

Il s'agit encore une fois d'un stratagème "battre l'herbe pour faire sortir les mulots" ...
--------------------------------------------------------------------------------

Citation:
Mediapart révèle le contenu du dossier judiciaire de l'affaire des sabotages visant la SNCF.
!!!!!!!!!!!

Effectivement c'est une violation caractérisée du CP et du CPP doublée d'un atteinte a la vie privée des victimes de cette violation de la loi ( violation de la vie privée également dans l 'article du Nouvel Obs mis en ligne ici concernant la personne de franck M. )
_________________


CPP Art 11


les avocats des victimes de cette violation de la loi , devraient porter plainte contre X pour violation du secret professionnel : (la presse n'est pas tenue au secret de l'instruction )

ce serait bien qu'on
EVITE AU MOINS ICI DE DONNER LES NOMS ET ELEMENTS DE LA VIE PRIVE DES PERSONNES POURSUIVIES
bajotierra
 

Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Nico37 » 25 Nov 2008, 14:22

"Terroristes d’ultra-gauche" : Comment justice et presse prennent le train de la police

PAR Claude-Marie Vadrot, Politis.fr

mercredi 19 novembre 2008

Après les sabotages de lignes TGV le 8 novembre dernier, neuf personnes, bien vite présentées comme des "anarchistes d’ultra-gauche" par les médias et la police, ont été placées en garde à vue. Mais aucun élément n’est venu prouver leur culpabilité et de nombreuses questions restent en suspens.


A lire sur le même sujet, publié dans Politis du 20 novembre et disponible en accès libre : Présumés coupables

Dimanche 16 novembre, neuf membres présumés d’une « cellule invisible » qualifiée « d’ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome » par la ministre de l’Intérieur, ont été mis en examen pour « destructions en réunion en relation avec une entreprise terroriste ». Quatre d’entre-eux ont été mis en liberté sous contrôle judiciaire et cinq incarcérés. Sans qu’il existe, en l’état actuel de l’enquête, la moindre preuve qu’ils aient de près ou de loin participé aux actes de malveillance qui avaient perturbé une semaine plus tôt le trafic des TGV Nord, Est et Sud-Est. Ce qui n’a pas empêché la plupart des médias de répéter les vraies-fausses informations répandues par les policiers pour accréditer l’existence d’un « groupe de terroristes », basé à Tarnac en Corrèze, en train de préparer des sabotages. Quelques informations méritent pourtant d’être examinées de plus près, d’autant qu’elles n’ont pas été répercutées par la presse.

Le groupe cellule invisible existe-t-il ?
Pour la Sous-direction anti-terroriste (SDAT) et pour la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), la réponse est positive depuis au moins sept mois, depuis qu’elles ont reçu instructions de « trouver des terroristes français ». Mais ce groupe n’a jamais existé comme structure et le mot choisi à dessein par la police et la justice pour les désigner n’a été inspiré que par la signature collective d’un livre, « L’insurrection qui vient » (éditions La Fabrique). Livre théorique plutôt fumeux qui n’a rien d’un « manuel de sabotage ». Il n’a fait l’objet d’aucune procédure depuis sa parution, le 22 mars 2007, et reste en vente libre pour 7 euros. Une seule réalité : une partie des résidents de Tarnac participaient systématiquement à des manifestations depuis leur installation progressive en 2002.

Le rôle des services spéciaux américains
Le couple « principal » des accusés aurait été repéré en janvier 2008 dans une manifestation organisée devant le bureau de recrutement de l’armée américaine qui se trouve depuis des années sur Times Square, à Manhattan. Ni la première ni la dernière des manifestations dans ce lieu symbolique de New York. Quelques jours plus tard, le couple aurait été interpellé avant la frontière canadienne pour « défaut de papiers ». Premier mystère : ce serait bien la première fois, depuis septembre 2001, que des policiers américains laissent filer des étrangers avec des papiers suspects. Deuxième incohérence : dans leurs premières distillations « d’informations » aux journalistes, les policiers français expliquent que ce couple était soupçonné d’avoir participé à une dégradation du bureau de recrutement. Jusqu’à ce que l’on apprenne que « l’attentat » a eu lieu en avril, Julien et Yldune étant à cette époque revenu en France depuis des mois. La version officielle française dit pourtant que les services spéciaux américains ont (auraient) signalé le couple deux jours après « l’attentat ».

Un groupe sous surveillance ?
Oui. Selon nos informations, au moins depuis deux ans et demi, comme la plupart des groupes ou des individus participant régulièrement à des manifestations. La mise en fiche particulière, avec suivi par des officiers de police, des manifestants considérés comme « actifs » ou « récidivistes » a été ordonnée le 25 mars 2006 par Nicolas Sarkozy lors d’une réunion au ministère de l’Intérieur, au lendemain des premières manifestation anti-CPE. Michèle Alliot-Marie a pris le relais en étendant le système de suivi.

Le groupe était-il infiltré ?
La question se pose : à en croire ceux qui ont approché des membres du groupe, dans le XXe à Paris et en Corrèze, il n’aurait jamais été question, au delà des discours, du moindre passage à l’acte. Si la pose des fers à béton sur des caténaires est prouvée, ce qui n’est pas encore le cas, il se dit dans l’entourage du groupe que parmi les personnes relâchées (il y a eu 21 interpellation le 9 novembre au matin) figurerait un personnage qui a beaucoup insisté, il y a trois mois, pour un passage de la théorie à la pratique, idée qui rencontrait des résistances. L’histoire des milieux anarchistes est riche d’inflitrations-provocations dans lesquelles la police n’intervient qu’après l’acte illégal « suggéré ». Soupçons à rapprocher d’un témoignage accusateur sous X (anonymat donc garanti) fait « spontanément » jeudi dernier par un membre du « groupe » dans une brigade de gendarmerie du Puy-de-Dôme.

La ministre de l’Intérieur réinvente le délit d’opinion
Le 13 novembre, un représentant du Parquet de Paris a déclaré : « Les éléments recueillis ne permettent pas de les présenter comme coupables, le délit d’opinion n’est pas criminalisé en France ». Le procureur de Paris, sur instructions, a estimé le contraire. Au début de l’enquête, le 8 au matin, les gendarmes ont annoncé disposer d’empreintes et de traces ADN. Dimanche, elles n’existaient plus. Les mises en examen, comme l’expliquent les avocats, ont donc été essentiellement faites sur des présomptions puisqu’en l’état actuel de l’enquête, il n’existe aucune preuve. Mais il est vrai que des policiers ont confié aux journalistes à propos de Julien : « Vous savez, il est très intelligent ». Ce qui constitue sans aucun doute une circonstance aggravante.


[url=http://www.republique-des-lettres.fr/10585-comite-invisible.php] Comité invisible : l'affaire du sabotage des lignes SNCF.

Petit conte ordinaire de la paranoïa antiterroriste dans la France éminemment démocratique de Nicolas Sarkozy. Neuf personnes, quatre hommes et cinq femmes âgés de 22 à 34 ans, supposées être les auteurs d'actes de malveillance contre la SNCF, ont été déférées samedi 15 novembre devant les juges d'instruction Thierry Fragnoli et Yves Jannier de la section antiterroriste de Paris. Le Parquet les accuse d'avoir constitué une "association de malfaiteurs" et d'être responsables de "dégradations en réunion", le tout "en relation avec une entreprise terroriste", délit passible de dix ans d'emprisonnement. Quatre d'entre elles ont été remises en liberté sous contrôle judiciaire mais les cinq autres, considérées par la police comme le noyau dur d'un groupe révolutionnaire dénommé "Cellule invisible" ou "Comité invisible", ont été placées en détention provisoire et mises en examen. Julien Coupat, leader présumé du groupe, est poursuivi à titre de dirigeant d'une "structure à vocation terroriste", crime passible lui de vingt ans de réclusion. L'instruction judiciaire doit déterminer si les jeunes gens sont bien les auteurs des sabotages de cinq caténaires de voies ferroviaires, commis fin octobre et début novembre dans l'Oise, l'Yonne, la Seine-et-Marne et la Moselle. Les dégradations avaient perturbé une partie du trafic SNCF, entraînant des retards dans la circulation de quelques dizaines de TGV.
Après une série de perquisitions qui ont mobilisé pas de moins de 150 policiers dans toute la France, Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, se félicite du succès de son opération "Taïga" pilotée par la sous-direction antiterroriste (SDAT). Elle offre en pâture à la presse une dizaine de suspects qu'elle présente comme des "nihilistes" membres d'un réseau de "l'ultra-gauche, mouvance anarcho-autonome". Jean-Claude Marin, procureur de la République de Paris, lui emboîte le pas, affirmant disposer "d'indices graves et concordants" contre cette "cellule qui avait pour objet la lutte armée". Ministre et Procureur restent toutefois assez vagues sur les preuves matérielles. Et pour cause, lors des perquisitions, les policiers n'ont trouvé aucune arme ni aucun élément matériel permettant de confondre les suspects. À leurs domiciles, ils n'ont saisi que du matériel d'escalade, des outils de bricolage, un plan du réseau SNCF, une perruque de fête, un fugimène, quelques banderolles et talkies-walkies et divers documents de littérature anarchiste disponibles dans le commerce. Aucune preuve formelle, pas de témoin, pas de trace ADN, pas d'empreinte digitale sur les lieux des sabotages. En outre les accusés restent muets pendant leur garde à vue prolongée (96 heures en matière d'enquête antiterroriste). Enfin, malgré l'étroite surveillance policière dont était l'objet la fameuse "cellule invisible" -- une enquête préliminaire avait déjà été ouverte sur Julien Coupat et sa compagne Yldune en avril dernier dernier, à la suite d'un signalement du FBI aux autorités françaises car ils avaient été repérés lors d'une manifestation anti-militariste à New York -- aucune preuve tangible, pas même une écoute téléphonique ne permettent de les impliquer directement. Qu'à cela ne tienne, d'autres éléments qualifiés de "troublants" sont mis en avant par Jean-Claude Marin: les membres de la dite "cellule invisible" auraient été aperçus début novembre "par des policiers" en Seine-et-Marne, à proximité des lieux où les dégradations ont été commises. Il n'y a donc aucun doute. Quant au repaire des "anarcho-autonomes", la ferme dite du Goutailloux à Tarnac en Corrèze, c'est à coup sûr pour le Procureur de la République "un lieu d'endoctrinement et une base arrière pour des actions violentes contre des personnes". D'ailleurs, le fait que les suspects restent murés dans le silence pendant les interrogatoires "n'est pas une preuve mais il montre que ce ces gens sont déjà ancrés dans un parcours de marginalisation et de radicalisation violente".
Le lendemain des mises en examen, Michèle Alliot-Marie en rajoute une couche sur une radio juive sarkozyste, Radio J, afin de justifier les incarcérations et le déploiement des forces antiterroristes. Selon elle, "la justice dispose d'éléments suffisamment convaincants", sans préciser lesquels. Elle "sait" qu'il existe en France d'autres groupes de la mouvance anarcho-autonome, "probablement de l'ordre de 300 personnes", où "il peut y avoir une radicalisation allant jusqu'à des actions violentes". Pour la ministre de l'Intérieur, ces groupes anarchistes "qui refusent le dialogue démocratique" auraient en outre des "relais à l'étranger", notamment en Allemagne, en Italie, en Belgique en Grèce, au Canada et aux USA. Elle s'inquiète enfin de la sortie de certains films récents comme ceux sur Jacques Mesrine ou la Bande à Baader, craignant leur effet sur les "esprits fragiles".
Bref, ces monstrueux "nihilistes clandestins potentiellement très violents" (pour employer cette fois la terminologie du Figaro et de France 2, entre autres) sont coupables, même sans preuves. Identifiés par leur "philosophie d'insurrection contre les institutions", ils sont, c'est clair, membres d'une "entreprise terroriste" aux ramifications internationales dont le but est de "troubler l'ordre politique, économique et social et d'atteindre l'appareil d'Etat par la violence". Là encore, on a des preuves, et quelles preuves ! Tous les suspects arrêtés ont au moins bac + 5 et un casier judiciaire vierge. Mieux, Julien Coupat, 34 ans, diplômé de l'École Supérieure des Sciences Économiques et Commerciales (Essec) et doctorant en histoire et civilisation à l'Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales (EHSS) jusqu'en 1999, a écrit un livre. Il est l'auteur avec Benjamin Rosoux d'un essai néo-situationniste intitulé L'Insurrection qui vient, publié en 2007 sous le nom de "Comité invisible" à La Fabrique éditions. Le livre s'est vendu à ce jour à quelque 7.000 exemplaires, mais il est également téléchargeable gratuitement sur internet. Pour les autorités judiciaires comme pour les principaux grands médias cet ouvrage est un dangereux manuel pratique de terrorisme. Il appellerait à la lutte armée, préconiserait les actions de sabotage et donnerait des consignes militantes à tenir face aux forces de police. Pourtant, pour qui sait lire et dispose de trois notions d'histoire littéraire, L'insurrection qui vient est un texte plus métaphorique et littéraire que théorique. Construit comme L'Enfer de Dante en sept cercles ou "impasses" (Le soi, les rapports sociaux, le travail, l'économie, l'urbain, l'environnement et la civilisation), il explique que "sous quelque angle qu'on le prenne, le présent est sans issue, ce n'est pas la moindre de ses vertus"; "Ce n'est pas l'économie qui est en crise, c'est l'économie qui est la crise"; "Le désert ne peut plus croître: il est partout, mais il peut encore s'approfondir". Quelques petites phrases ont surtout retenu l'attention des fins lettrés de la brigade antiterroriste: "Saboter avec quelque conséquence la machine sociale implique aujourd'hui de reconquérir et réinventer les moyens d'interrompre ses réseaux. Comment trouver les points faibles des réseaux informatiques, comment brouiller des ondes radios et rendre à la neige le petit écran ? A chaque réseau ses points faibles, ses noeuds qu'il faut défaire pour que la circulation s'arrête, pour que la toile implose" suivies d'un "Il n'est pas question d'occuper, mais d'être le territoire". Sur la question de la violence et de la lutte armée, ils ont également pu lire ceci: "Il n'y a pas d'insurrection pacifique. Les armes sont nécessaires: il s'agit de tout faire pour en rendre l'usage superflu", et en conclusion: "Rien ne paraît moins probable qu'une insurrection, mais rien n'est plus nécessaire". L'ambiguïté et le polysémantisme poétique, mais c'est bien sûr, voilà une preuve flagrante. Julien Coupat co-animait également une revue de métaphysique critique, Tiqqun, Organe conscient du Parti Imaginaire (autodissoute en 2001), inspirée par le Situationnisme et les travaux de Gilles Deleuze, Giorgio Agamben et Toni Negri, où l'on peut découvrir le même style de textes poétiques ironiques entre deux utopiques Théorie du Bloom et Théorie de la jeune fille. Toutes ces publications se trouvent facilement en librairie ou sur internet aux côtés d'autres livres de même nature: les Manifeste du Surréalisme d'André Breton, La Société du Spectacle de Guy Debord, La Critique sociale d'Auguste Blanqui, La Vie Innommable de Michel Bounan, Du progrès dans la domestication de René Riesel, La haine de la démocratie de Jacques Rancière, L'abîme se repeuple de Jaime Semprun, le TAZ d'Hakim Bey, Le Sabotage d'Émile Pouget, La vie sur terre de Baudoin de Bodinat, la Critique de la violence de Walter Benjamin, le Précis de décomposition d'Emil Cioran ou encore Le Gai Savoir de Nietzsche, preuve définitive s'il en est de l'existence d'un vaste réseau d'anarcho-autonomes en train de s'attaquer à l'Etat français. Reste à espérer que les magistrats qui jugeront Julien Coupat et ses amis ne s'exposeront pas au ridicule d'une lecture au premier degré d'un texte poétique, ce qui n'est pas gagné d'avance étant donné le niveau de haute culture du régime sarkozyste.
Pendant ce temps, il est inutile de préciser que, des journaux dits "de référence" aux chaines et radios publiques ou privées, l'affaire des "anarcho-autonomes" tourne en boucle, générant les pires délires sur la présence de "l'ultra-gauche", ce nouvel ennemi intérieur qui réunirait les enfants d'Action Directe, des Brigades rouges, d'Al-Quaïda, de l'ETA et de la Fraction Armée Rouge réunis. Spécialistes es Anarchie et Terrorisme occupent les plateaux entre deux flashs d'info TGV pour expliquer que la France risque bientôt de sombrer sous l'action violente des terroristes de "l'ultra-gauche".
Au vu des premiers éléments du dossier, les avocats des inculpés ramènent bientôt l'affaire de la "Cellule invisible" à ce qu'elle est réellement, à savoir plutôt une affaire politico-judiciaire pour délit d'opinion. Me Dominique Vallès, avocate de deux accusés estime qu'il y a "une disproportion totale entre la qualification d'association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et ce qu'on peut réellement leur reprocher", ajoutant qu'il est "choquant de stigmatiser à ce point à partir de données floues". Pour Me Cédric Alépée, avocat d'un autre accusé, "il n'y a strictement aucune charge" pouvant être reprochée à son client concernant des activités terroristes. "On a ratissé large, on a interpellé des gens sans prendre le temps de vérifier, de faire les investigations complémentaires pour être sûr qu'on avait des choses à leur reprocher", déclare-t-il. Me Steeve Montagne a lui aussi de son côté "le sentiment d'une instrumentalisation par le pouvoir de l'appareil judiciaire aux fins de restreindre la liberté d'opinion". Pour Me Irène Terrel, avocate de Julien Coupat, c'est également une "affaire aux dimensions totalement démesurées" [...] "Il n'y a aucune proportionnalité entre les faits reprochés qui ne sont en rien établis et qui, quand bien même ne seraient que des dégradations qui n'ont même pas mis en danger de vies, et une procédure terroriste", estime-t-elle. De fait, il semble bien que les faits reprochés au groupe "anarcho-autonome" de Julien Coupat sont montés en épingle par le régime et que ce dont on l'accuse réellement via des lois antiterroristes scélérates, c'est surtout de réunir des militants libertaires intelligents participant activement à la contestation du capitalisme et du contrôle social par des écrits, des pratiques de vie alternatives et d'improbables actions poétiques de désobéissance civile comme celles de ralentir les TGV (ceci avec suffisemment de précautions pour ne pas causer de victimes).
Pour Eric Hazan, éditeur de L'Insurrection qui vient et auteur notamment de Changement de propriétaire, la guerre civile continue, interrogé sur le site Médiapart, l'opération "Taïga" de Michèle Alliot-Marie est l'illustration d'un "antiterrorisme comme moyen de gouvernement" qui menace sérieusement la démocratie et les libertés fondamentales en France. Selon lui, l'Etat doit aujourd'hui "justifier l'empilement de lois antiterroristes qui n'ont plus rien à voir avec le droit" et "tous les moyens sont bons pour construire l'ennemi intérieur". Du côté de la ferme de Tarnac où vivait en communauté une partie des membres du groupe, les villageois ont pour leur part créé un un comité de soutien. Les inculpés étaient en effet parfaitement intégrés. Ils vivaient de façon ouverte, entretenaient d'excellentes relations avec le tout le monde et avaient même relancé l'exploitation de l'épicerie du village qu'ils ont transformé en bar magasin restaurant ouvrier, station-service et salle de spectacles fonctionnant sur un mode autogeré par plus de 150 habitants du village. Pour ceux-ci, "la façon dont on les présente est différente de la réalité partagée ici" et l'opération de police est "une rafle" doublée d'une cabale médiatique qui tombe bien pour Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie. "Avec les actes de malveillance qui se passent sur le réseau SNCF [27.500 en 2007, ndlr], ça tombe à pic d'aller à Tarnac et de rafler quelques gauchistes. Souvenez-vous de l'affaire des Irlandais de Vincennes, cela tombait à pic aussi !" explique l'un deux. Un train peut en cacher un autre.

Noël Blandin / La République des Lettres, dimanche 16 novembre 2008
Nico37
 
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Re: DCRI versus "MAAF" :arrestations TGV.

Messagede Nico37 » 25 Nov 2008, 15:57

Tripatouillage sur « l’ultra-gauche », en direct de France Inter

Publié le 24 novembre 2008 par Olivier Poche

http://www.acrimed.org/article3012.html

Après les sabotages des lignes TGV, le 8 novembre dernier, neuf personnes, présentées comme membre d’une « mouvance anarcho-autonome » et « d’ultragauche » par la ministre de l’Intérieur ont été mises en garde à vue. Les médias, par l’odeur alléchés, se sont jetés sur cette affaire, en relayant en général la version officielle. Dernier épisode de cette chasse aux coups médiatiques sur un sujet « croustillant », au moins aux yeux de ceux qui le couvrent : l’annonce tonitruante sur France Inter d’un « scoop » sur cette ultragauche qui prend les armes, scoop qui se dégonfle aussitôt promis, comme le reconnaît, à contrecœur et à mots couverts, le journaliste pris la main dans le pot de confiture.

Samedi 22 novembre, dans « Eclectik », l’émission de Rébecca Manzonni sur France Inter, Thomas Chauvineau consacre son « journal de bord » à ceux qu’on présente comme des « militants d’ultragauche », et qu’il a rencontrés chez eux. Il interroge en particulier « Bertrand », arrêté puis relâché dans le cadre de l’enquête. Dans le journal de la mi-journée, deux heures plus tard, Denis Astagneau revient sur ce reportage – et revient avec un « scoop » qui mérite d’être reproduit en intégralité :

Le « scoop » de 13 heures

- Denis Astagneau : Et puis je vous propose un scoop. L’ultragauche est-elle en train de s’organiser en France ? La question se pose après l’arrestation de plusieurs militants ou sympathisants dans le cadre de l’enquête sur le sabotage des lignes SNCF. Trente ans après Action Directe, ces militants sont-ils prêts à passer à la clandestinité et à la lutte armée ? Dans ce journal, je vous propose donc d’écouter ou de réécouter le témoignage d’un ultragauchiste que Thomas Chauvineau a rencontré […]. Ce militant vit en communauté, et quand on le pousse dans ses retranchements, il n’exclut pas la lutte armée.

On entend alors un extrait du reportage :

- Voix de « l’ultra-gauchiste » : Evidemment, « révolutionnaire », ça fait sympa, ça fait 68, ça fait LCR, ça fait Besancenot, c’est sympa. « Terroriste », ça fait assassin, ça fait meurtrier, ça fait des milliers de morts, ça fait des bombes, ça fait des voitures piégées, etc. donc si on veut criminaliser les gens, si on veut les faire passer pour des gens qu’il faut mettre en prison, on va pas les appeler « révolutionnaires ». On va les appeler « terroristes », et là, je dirais, l’opinion publique sera évidemment du côté du gouvernement, qui, normal, chasse les méchants terroristes.

- Thomas Chauvineau : Mais vous, vous vous estimez révolutionnaire ?

- Bertrand : Oui… Sûrement pas au sens de la LCR, sûrement pas au sens de mai 68 non plus.

- Thomas Chauvineau : Alors dans quel sens ?

- Bertrand : Une révolution… Une révolution dans le sens où tout doit changer

- Thomas Chauvineau : Dans la bibliothèque, là y’a un livre d’Auguste Blanqui, qui s’appelle Maintenant il nous faut des armes, est-ce que ça passe aussi par ça ?

- Bertrand : C’est une hypothèse politique…

Et le journaliste conclut :

- Denis Astagneau : Une hypothèse politique, donc… euh… cet ultragauchiste. Propos recueillis pas Thomas Chauvineau.
On peut, à ce stade, se dire qu’un « scoop » sur « l’organisation » de l’ultragauche et son basculement dans « la lutte armée » qui se réduit finalement au commentaire d’un livre par un de ces supposés militants, c’est un peu maigre. Mais on peut aussi avoir envie d’en savoir plus. Et l’on n’est pas déçu quand on écoute l’émission à partir de laquelle on a fabriqué cette (dés)information.

Le reportage original diffusé deux heures plus tôt

Avant le reportage proprement dit, Thomas Chauvineau précise d’abord, à propos de ces jeunes gens dont « Bertrand » fait partie : « Première surprise : alors qu’on parlait d’une ultragauche, eux ne se revendiquent même pas de gauche ». Voilà pour « l’ultragauchiste », qui l’est donc devenu par la grâce de Denis Astagneau. Mais surtout, on constate que ce dernier a effectué une coupe, et que la discussion a été tronquée – au bon moment...

Voici donc l’entretien sans la coupe opportune réalisée au treize heures :

http://www.acrimed.org/IMG/mp3/bertrandultagauche.mp3

… et la transcription du passage « oublié » :

- Bertrand : C’est une hypothèse politique…

- Un autre militant : Des armes, ça peut être une arme psychologique, enfin c’est avoir une pensée, une réflexion, avoir des références, faire des lectures… Les armes… je pense que le raccourci il est trop simple… Je veux dire… Les armes c’est un flingue qu’on va pointer sur n’importe qui dans la rue, qu’on va descendre à tout bout de champ… Rien à voir avec ça . Je sais pas, en premier lieu, la première chose qu’on a à partager, c’est nos idées, quoi, c’est nos réflexions, c’est nos discussions, c’est évoluer ensemble.

- Une autre : Clairement, on ne prône pas la lutte armée . Justement, quand on faisait… on regarde les erreurs du passé, on regarde les erreurs de la RAF [1], ou des brigades rouges qui se sont mis en groupuscule armé, ça non.

- Thomas Chauvineau : C’est pas ce que vous avez envie de faire.
- La même : Non .

Dans la version du « scoop » inventé par Denis Astagneau, le reportage a été coupé pour lui faire dire à peu près le contraire de ce qu’il disait : ce que l’auditeur n’entendra pas au journal de treize heures, ce sont ces deux autres prétendus « ultragauchistes » – a priori de la même « mouvance »… – affirmer sans ambiguïté leur rejet de la lutte armée.

Un bidouillage assez grossier pour que le journaliste se fende d’un correctif le soir même. Avec professionnalisme, et une parfaite mauvaise foi.

Le « correctif » du soir

- Denis Astagneau : Et puis la politique toujours, vous avez peut-être entendu dans le journal de treize heures l’interview d’un militant de l’ultragauche , c’était un extrait d’un reportage de Thomas Chauvineau pour l’émission Eclectik de Rebecca Manzoni. Dans cette interview ce militant parlait d’armes, mais il s’agissait vous l’aviez compris d’armes politiques ou psychologiques. Certains l’ayant mal compris, il convenait de le préciser.

« Vous l’aviez compris ? » Naturellement. On vous « propose un scoop », à propos d’une ultra-gauche qui « s’organiserait », et qui « trente ans après Action Directe », est prête à (re)prendre les armes. Le scoop est le suivant : certains militants de cette mouvance « n’excluent pas la lutte armée ». Pour preuve, un « ultra-gauchiste » déclare qu’une « révolution » passe aussi par « les armes » : c’est une « hypothèse politique ». Qui n’en tirerait pas cette conclusion évidente, qu’il s’agit « d’armes politiques ou psychologiques » ? Si évidente qu’on se demande comment, en effet, certains ont pu s’y tromper, ou « mal comprendre ».

Qui croyait et croit encore être en droit d’attendre des excuses, ou à tout le moins des explications, devra se satisfaire de ces pitoyables « précisions » qui mettent sur le compte de « certains » une prétendue incompréhension… de ce qu’on avait tout fait pour suggérer. Devant tant de rigueur journalistique, on se contentera de soumettre à Thomas Chauvineau un solide sujet de reportage pour les semaines à venir : une enquête sur les recettes de fabrication des « scoops », sauce France Inter.

Olivier Poche

Notes

[1] Fraction Armée Rouge (Rote Armee Fraktion en allemand), aussi connue sous le nom de bande à Baader.
Nico37
 
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Re: LIBERATION IMMEDIATE DES INCULPES DE TARNAC

Messagede jean » 25 Nov 2008, 19:05

comité de soutien

Nous avons reçu sur la boite du comité de soutien des centaines de mails, mêlant messages de soutien, textes, questions et propositions d'aides diverses.
Nous tenons à vous remercier, mais il nous est extrêmement difficile de faire le tri et de ne pas passer à côté de messages importants.
Aussi, nous avons créé plusieurs adresses mail spécifiques en fonction de ce que vous nous proposez.

Pour regrouper et collecter les textes et analyses sur l'affaire et ses conséquences:
soutientextes.tarnac@gmail.com

Pour le montage d'un dossier assez pointu sur l'antiterrorisme, depuis les lois scélérates jusqu'à l'arrestation du "groupe de Tarnac":
soutienjuridique.tarnac@gmail.com
Sachant qu'à priori et pour préserver son efficacité, cette adresse est réservée aux juristes, chercheurs, journalistes ou à ceux qui ont ou sont en train de mener des recherches assez poussées sur le thème.
Un des buts serait de constituer un groupe de travail sur le sujet.

Pour ce qui concerne le graphisme, les propositions d'affiches, de tracts....:
soutiengraphique.tarnac@gmail.com
Les dessins et illustrations sont bienvenus, ils pourront nous servir pour diverses publications ou affiches.
Une selection de ce que nous recevrons sera mise en ligne et téléchargeable sur le site, afin que chacun puisse imprimer, faire circuler, ou utiliser ce matériel pour ses propres affiches.
Il est donc bien entendu que sauf avis contraire, nous considérons ce que nous recevons comme libre de droit.

Pour l'organisation de concerts de soutien, les propositions de groupes, mais aussi de salles, de techniciens ou de matériel:
soutienconcerts.tarnac@gmail.com
En ce qui concerne les évenements, nous ne pourrons bien sûr tous les organiser.
Il s'agit donc principalement de mettre en contact les différentes personnes qui nous proposent de l'aide, entre elles et avec les comités de soutien locaux.
Nous aimerions, au maximum, concentrer les concerts de soutien entre le jeudi 15 et le dimanche 18 janvier, afin de refaire parler de l'affaire. Ce n'est pas exclusif, mais préférable.
Lorsque tout est déjà organisé, c'est parfait, mais merci de nous prévenir tout de même afin de ne pas recontacter 20 fois les mêmes personnes. De même pour les refus essuyés...

enfin, pour vos messages de soutien, qui nous aident à tenir le cap, et pour recevoir des information, continuez à écrire et à communiquer les adresses:
11novembre-soutien@gmx.com
soutien11novembre.org

merci à tous et à bientôt

jean
 

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