La petite bourgeoisie ou classe moyenne, qu'est-ce que c'est ?
Contrairement à ce que j'ai pu dire avant (j'ai le droit de changer d'avis non, petits coquinous !), il existe bien une classe moyenne.
Elle représente les personnes propriétaires d'un petit moyen de production (artisans, petite paysannerie, petit commerçant, etc.) ou les personnes auxquelles la bourgeoisie délègues certains pouvoirs sur ses moyens de production (ingénieurs, cadres, etc).
Ces personnes partagent des intérêts avec la bourgeoisie et avec le prolétariat.
En effet, l'intérêt de la classe moyenne n'est pas à un capitalisme débridé et à la concurrence libérale, mais à un capitalisme muselé par l'Etat, maîtrisé et sans grande concurrence étrangère. Ainsi les petits producteurs et commerçants peuvent imposer leurs prix, et les délégués n'ont pas la crainte des délocalisations ou de leur remplacement.
Il n'est pas non plus dans la révolution qui les privera de ce qu'ils considèrent souvent fièrement comme faisant d'eux des gens à part. Les petits producteurs, même s'ils gagnent souvent moins que certains prolétaires, méprisent la condition prolétarienne. Les délégués, même s'ils sont employés, tirent gloire et profit de leur position de pouvoir qu'ils ne veulent pas abandonner.
L'intérêt de la classe moyenne est donc dans la social-démocratie qui maîtrise le capitalisme tout en achetant la paix sociale à coup de petits avantages aux prolétaires.
La classe moyenne, prise entre le marteau de la révolution et l'enclume capitaliste, ne comprend pas pourquoi bourgeois et prolétaires ne peuvent pas s'entendre et troquer la lutte des classes contre la collaboration de classe (une expression à la mode actuellement, n'est-ce pas ?). Elle pense que son intérêt, intermédiaire entre les deux, est l'intérêt général et qu'on peut concilier la bourgeoisie et le prolétariat dans la social-démocratie. Elle déteste les révolutionnaire et les libéraux.
Le problème c'est que la social-démocratie, la bourgeoisie ne l'accepte que tant qu'elle peut conserver ses marges, et que lorsqu'elle ne peut plus financer les avantages sociaux sans toucher à ses bénéfices elle tire un grand coup vers elle. A ce moment là, les gouvernements sociaux-démocrates qui pensent d'abord aux intérêts bourgeois suppriment les avantages sociaux, augmentent la concurrence etc. Au détriment du prolétariat et des classes moyennes.
C'est ce qui se passe en ce moment.
