Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (2013-2014)

Nucléaire, OGM, projets inutiles, ZADs ...

Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 17 Avr 2013, 13:42

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Messagede Nico37 » 18 Avr 2013, 11:45

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Messagede Pïérô » 20 Avr 2013, 01:51

Communiqué commun

Notre Dame des Landes : surtout ne rien lâcher !

Après la réponse, ce 15 avril, du gouvernement français aux questions formulées par les deux Directions Générales auprès de la Commission Européenne : celle de l'Environnement et celle de la Concurrence.

Après la publication la semaine dernière de trois rapports sur le projet d'aéroport de Notre Dame des Landes :
• l'un rédigé par la commission dite de 'dialogue', nommée par JM Ayrault pour apaiser les tensions après les violentes expulsions/destructions de octobre-novembre 2012,
• le deuxième par le Comité d'experts scientifiques, censé expertiser les compensations de la destruction des zones humides et des espèces protégées, proposées par Vinci, compensations exigées par la loi sur l'eau),
• et le troisième sur les impacts agricoles, les deux derniers demandés suite à l'enquête publique 'loi sur l'eau' de l'été 2012.

Nous constatons qu'aucun des trois groupes n'avait comme 'feuille de route' le réexamen ni la remise en cause globale du projet. Ils ne se sont donc pas prononcés 'pour' le projet (ni 'contre' d'ailleurs!), mais ils ne l'ont pas pour autant validé.
Le rapport de la commission de dialogue valide les arguments des anti-aéroports bien au-delà de ce qu'eux même pouvaient espérer. Le travail du Comité d'experts scientifiques porte le coup le plus rude au projet en refusant clairement la validation de la méthode de compensation proposée par Vinci. Les impacts sur l'agriculture sont également jugés sous-estimés et beaucoup trop importants.

Le coup de grâce est donné par le Comité Permanent du Conseil national de protection de la nature qui confirme la nécessité de mener des études sérieuses (d'une durée probable de 2 ans) et de remettre la méthodologie à plat

La multitude de compléments d'études ou de modifications demandés devrait en bonne logique conclure à l'abandon du projet, ce que nos organisations attendent depuis longtemps. Jamais les réserves émises sur ce projet n'ont été aussi fortes et nombreuses et pourtant, ses porteurs, Jean-Marc Ayrault et des élus des collectivités territoriales en tête, s'y cramponnent, réaffirment leur foi dans le bien-fondé du projet et leur volonté de le faire aboutir au lieu de saisir l'opportunité d'un recul légitime et digne.

Mais ne nous y trompons pas : la bataille est loin d'être gagnée, les décisions juridiques déjà prises localement permettent les expulsions à tout moment.

Montrons notre détermination contre ce projet, ne laissons pas les forces répressives reprendre du terrain.
Tous à la chaîne humaine du 11 mai autour de la Zone à Défendre de Notre-Dame-des-Landes, puis au grand rassemblement de l'été les 3 et 4 août !



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Messagede digger » 20 Avr 2013, 10:13

Au lendemain des violences qui ont opposé les "zadistes" aux forces de l'ordre lundi, le président de l'Acipran, association pro-aéroport, demandait à l'Acipa, association anti-aéroport, de dénoncer ces violences. C'est chose faite par le porte-parole de l'Acipa
"à chaque fois que nous organisons une opération pacifique elle est parasitée, avant ou après, par une petite minorité qui crée et entretient ce climat de violence".
"Cette violence ne sert que les porteurs du projet et discrédite notre lutte pacifique, juridique et politique. En une demi-journée, on a cassé l'image et l'ambiance conviviale et familiale de l'opération "Sème ta Zad"

http://pays-de-la-loire.france3.fr/2013/04/17/violences-pro-et-anti-aeroports-daccords-pour-les-condamner-236215.html

L’ACIPA, ou en tout cas, Julien Durand, accrédite l’idée officielle que les violences qui ont suivi la réoccupation policière suite à la manifestation Sème ta zad, est le fait des zadistes.
Cela marque un nouveau pas dans la prise de distance de l’ACIPA (ou de Julien Durand?) envers une forme de résistance, qui, si elle n’avait pas existé, aurait déjà laissé la voie libre aux bulldozers.
La non-violence n’est pas condamnation de toute violence. Elle est d’abord et avant tout celle des causes premières de la situation conflictuelle. Très clairement, dans ce cas, la présence inutile et absurde, des forces de police.
Quel est le but recherché, en se faisant le porte-parole docile de la propagande officielle ?

Il existe depuis toujours à NDDL des luttes distinctes, et des conflits sont inéluctables. Ils peuvent se traiter autrement que par des communiqués de presse et interviews publiques, et en premier lieu, avec celles et ceux qui ont tenu le terrain dans le froid et la boue depuis des mois. Ce ne sont pas les dossiers juridiques qui ont fait le gros du boulot. Ce ne sont pas eux qui font faire reculer Vinci, ni aujourd’hui, ni demain.

Il faut cesser d’idéaliser la lutte de NDDL. Soutenir l’opposition, aujourd’hui n’est plus suffisant. Il faut soutenir clairement toutes les formes d’opposition. Les organisations radicales anticapitalistes doivent clairement dénoncer ces prises de position. Il n’y a pas de "bons" et de "mauvais opposant-e-s. Il n’y a pas de "personnes extérieures" à la ZAD, la ZAD est partout. Il n’y a qu’une violence, celle de Vinci et sont monde. Que Durand (ou l’Acipa?) ne s’en fasse pas les complices.
Voir aussi Y EN A MARRE ! https://zad.nadir.org/spip.php?article1560
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Messagede Nico37 » 20 Avr 2013, 11:49

D'ailleurs les gendarmes se sont retirés du carrefour de la Saulce à 12h00 et ne reviendrait qu'en cas d'incidents. A surveiller dans les prochains jours :!:

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Messagede digger » 20 Avr 2013, 12:24

Oui. La préfecture vient d'annoncer "un allègement du dispositif" qui va revenir "à la normale", suite à la concertation avec toutes les parties.
La situation le permettrait aujourd'hui, alors qu'elle ne le permettait pas il y a quelques jours. Du grand n'importe quoi, comme d'hab, mais dans le bons sens pour une fois.
Et pas de flics, pas de violence. Il a fallu du temps pour qu'ils comprennent.
Bon, ils reviendront avec les bulls mais les copains/copines vont pouvoir respirer pour un temps.
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Messagede Nico37 » 21 Avr 2013, 19:06

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Messagede digger » 22 Avr 2013, 21:27

NDDL et maintenant ?
Une autre phase s’ouvre temporairement, sans doute jusqu’au printemps 2014, et probablement après les élections locales. Ce moment va être occupé par les partisans de l’aéroport à essayer de démêler leurs différents avec Bruxelles et à ravaler la façade du projet. Une année ne sera pas de trop.
Les opposant-e-s ont aussi du travail. Se parler, tout d’abord. Il y a quelques questions à aborder de front. Travailler, ensuite. Il y a les terres à ensemencer et des projets à réaliser. A essaimer aussi. Le répit gagné sera le bienvenu.
Il y a beaucoup d’enseignements à tirer. Ils serviront pour les prochains épisodes, parce que rien n’est acquis.
Au risque de paraître décalé, je dirais que l’agenda prévu autour de la chaine humaine n’est plus valable et comporte plus d’inconvénients que d’avantages. Et sa raison d’être discutable la met au rang du folklore et le folklore n’a jamais fait avancer quoi que ce soit. Aujourd’hui, celles et ceux qui luttent contre les lignes à THT ont plus besoin de la foule que NDDL. Pour ne pas parler de quelques usines occupées ici ou là. Mais c’est sans doute moins "porteur".
"La ZAD est partout" disons-nous. Il reste à la démontrer et à diriger l’énergie, pas si grande dans nos milieux restreints, là où cela est utile.Et les lieux ne manquent malheureusement pas.
C’est pourquoi je pense qu’il ne faut pas se faire attirer aveuglément par NDDL comme les papillons par la lumière. Cette lutte me tient à cœur et elle recouvre des enjeux qui dépassent un seul aéroport. Dans l’immédiat, le travail se situe sur un autre plan que la manifestation.
Elle se fera et cela n’a pas d’importance, dans le sens où cela ne changera rien au rapport de force présent et futur. Mais on se doit d’être cohérent-e-s et clair-e-s et ne pas se cacher derrière des mots d’ordre de mobilisation qui ne correspondent à aucune réalité.
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Messagede Nico37 » 23 Avr 2013, 01:23

La réponse de la France à Bruxelles 18/04

La France a adressé à la Commission européenne ses réponses aux questions de Bruxelles concernant le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, dans un document de 25 pages remis le 4 avril, que Mediapart s’est procuré et publie ci-dessous:

http://www.scribd.com/document_download ... urce=embed

« À titre exceptionnel » et conformément « à un choix volontaire du gouvernement français », la lettre a été transmise à la commission des pétitions du Parlement européen qui s’est officiellement saisie du dossier fin mars (voir ici notre article).

Dans ce document technique, Paris répond sur la procédure de participation du public, l’étude de scénarios alternatifs, l’évaluation environnementale du projet, ainsi que la prise en compte des effets cumulés des différents projets d’infrastructures liés à l’aéroport. Cette technicité apparente n’empêche pas le document de livrer une vision biaisée et partielle du dossier, en triant habilement entre les faits favorables et défavorables.

Ainsi, interrogée spécifiquement sur la conservation de la faune et de la flore sauvage présentes sur la zone d’aménagement, et sur les mesures de compensation prévues pour chaque espèce (p. 24), la France ne détaille aucune méthode compensatoire. Elle se contente de renvoyer aux dossiers de demande de dérogation de destruction d’habitat d’espèces protégées. Si elle communique les réserves du conseil national pour la protection de la nature, elle explique que « ces réserves ont été traduites en prescriptions applicables » aux mesures « qui seront intégrées aux arrêtés préfectoraux accordant cette dérogation ».

Pourtant à ce jour, personne ne sait en réalité comment compenser la destruction prévue de l’écosystème. Le collège d’experts scientifiques spécialistes du sujet à qui le gouvernement a commandé un rapport vient en effet d’invalider la méthode envisagée, et considère que pour que le projet se poursuive, ces réserves « devraient être levées ». Les experts lui reprochent ses insuffisances, sa faible traçabilité, sa mauvaise intelligibilité et sa non-prise en compte du risque d’échec. Le Conseil national de protection de la nature a fait siennes leurs réserves.

Sur plusieurs autres points, la réponse du gouvernement français ignore l’analyse et les propositions de la commission de dialogue, qui a rendu son rapport le 9 avril. Ainsi, elle conclut à « l’impossibilité de mettre en œuvre des scénarios alternatifs » en conservant l’aéroport actuel, Nantes-Atlantique. Alors que les rapporteurs de la commission de dialogue recommandent « que les services de l’État approfondissent l’évaluation des coûts de réaménagement de Nantes-Atlantique avec maintien de la piste actuelle ou avec création d’une piste transversale ». Leur souhait est de « mettre un terme à une polémique inutile ». Visiblement, les services de l’État ont déjà tiré leurs propres conclusions.

De même, la réponse de Paris à Bruxelles ne fait pas mention de la nécessité d’actualiser les plans d’exposition au bruit des aérogares actuel et en projet, en fonction d’une nouvelle estimation de prévisions des mouvements d’avions, pointée aussi par la commission de dialogue. Les autorités françaises insistent également sur « les excellentes notes » recueillies par le projet de Notre-Dame-des-Landes en matière d’environnement et d’agriculture. Alors que la commission de dialogue s’inquiète de « la très importante consommation d’espaces naturels ou agricoles » qu’engendreraient les travaux. « Il nous semble nécessaire de rechercher un meilleur équilibre entre le projet et les enjeux agricoles et environnementaux », et de réduire l’emprise au sol d’au moins 200 hectares écrivent-ils noir sur blanc. « Il se confirme que Notre-Dame-des-Landes est un bon site », écrit pourtant Paris à Bruxelles, citant un vieux rapport d’expertise.

À la remise du rapport de la commission de dialogue, le 9 avril, Jean-Marc Ayrault avait pourtant demandé par écrit au ministre des transports, Frédéric Cuvillier, « de prendre en compte les recommandations des commissions ». Celui-ci avait lui-même annoncé vouloir y veiller. On peut se demander aujourd'hui si cet engagement est réel ou de pure forme. La France avait jusqu'à la mi-avril pour transmettre ses réponses, pourquoi ne pas avoir attendu la remise des rapports pour le faire ? Si le gouvernement avait connaissance de leur contenu, hypothèse fort probable, pourquoi alors l'ignorer ?

« On a une réponse en forme de morceaux choisis qui ne reflète pas la réalité, analyse Sandrine Bélier, eurodéputée EELV, membre de la commission des pétitions. La réponse sur les financements est trop lacunaire. Et on ne peut que regretter la non-intégration des conclusions de la commission de dialogue, du comité technique et du nouvel avis du conseil national de protection de la nature. »

C’est dans le cadre de la procédure dite EU Pilot que la commission européenne a interpellé la France au sujet de Notre-Dame-des-Landes. Ce type de démarche vise à demander des informations ou réclamer des mesures correctives pour remédier à des infractions au droit européen. Son but est d’éviter un contentieux entre l’Europe et l’État-membre.

La commission n’a pas encore réagi à la réponse française, et se donne dix semaines pour le faire, le même délai dont la France a bénéficié pour répondre à Bruxelles. De son côté, la commission des pétitions du parlement européen envisage d’envoyer une délégation de députés sur place pour vérifier si le transfert de l’actuelle installation vers la zone déclarée d’utilité publique est bien conforme au droit européen.
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Messagede Nico37 » 24 Avr 2013, 00:58

Sème ta zone : le Préfet tente de semer la pagaille parmi les opposants !

Suite au communiqué de presse que nous avons fait paraître lundi 15 avril et surtout suite à des articles parus dans certains médias, des personnes, voire des comités de soutien, s'interrogent sur la stratégie de l'ACIPA.
L'éloignement géographique n'est pas bien propice à des échanges directs qui auraient permis une meilleure compréhension de la situation.
La ZAD est partout. Dans l'idée, oui ! Mais alors se pose la question de la représentation que s'en font les personnes plus éloignées et tous ceux qui ne peuvent pas évaluer, ou vivre, autant qu'ils le souhaiteraient la situation sur le terrain. C'est sûrement un aspect de la question à... creuser.

Les membres de l'ACIPA ne sont pas les seuls, loin de là, à côtoyer les occupants de la ZAD (au sens le plus large, qu'ils soient là depuis des générations ou depuis quelque temps). Nous constatons que celles et ceux qui s'imprègnent de la situation sur le terrain font état du souhait majoritaire des occupants de ne pas, ou plus, choisir l'option de la confrontation avec les gendarmes.
C'est tout bonnement la réalité.
Reste la façon de le dire ou, pour certains, le choix de ne pas le dire.

Les évènements du lundi 15 sur la ZAD, que l'on espérait ne plus revoir, sont au cœur des tensions car les grenades et les lacrymos ont encore parlé !
Le feu de l'action ne s'est pas éteint dans l'esprit de l'ACIPA au soir du 15 avril et les quelques interviews qui ont été réalisées par téléphone, sorties d'un contexte brûlant, ont suscité des propos qu'il faut considérer comme autant de paroles d'exaspération, en réaction à chaud et forcément incomprises par certains mais aussi confortées par d’autres.
Nous savons bien que la victoire ne sera pas militaire car à tout moment une décision du gouvernement pourrait faire évacuer le secteur en deux coups de cuiller à pot.
Par contre nous avons fait, tous ensemble, se retourner une situation qui a fait naître l'HÉSITATION au sein de ce gouvernement. Cette situation est fragile.

Hier, le préfet a retiré les forces de police de la zone mais elles ont cependant continué à la survoler en hélicoptère. Selon l'AFP, le préfet se réserve le droit de remettre en place le dispositif si les routes sont obstruées ou creusées, notamment.

Des routes libres avec des points d'information accueillants mais aussi avec des barrages prêts à y être placés rapidement au moment propice, nous semblent être un bon choix, après la nécessité des blocages dus à l'opération César.
L'ACIPA n'a pas changé de stratégie, au grand dam des porteurs de projet et des membres de la commission dite « du dialogue » qui ont aussi essayé de nous faire revenir sur notre décision de boycott.

En complément et afin de clarifier une situation que les pouvoirs publics semblent vouloir tirer à leur avantage, quelques précisions concernant notre visite à la Préfecture :

Nous avons reçu deux propositions de rencontres pour la semaine passée :
La première, pour le mercredi 17 avril, avait pour objet la présentation des conclusions de la commission dite « du dialogue », réunion organisée sous l'égide de la commission de suivi des engagements de l'Etat sur le projet aéroportuaire, et à laquelle nous sommes conviés à chaque fois qu'elle se réunit.
Et comme à chaque fois, nous avons décliné ce rendez-vous en réaffirmant que nous ne participions pas ni ne participerons jamais à une réunion d'accompagnement du projet.

Le 2ème rendez-vous proposé par le préfet était pour le jeudi 18.
L'actualité sur le terrain étant pressante, et sans toutefois être dupes ou naïfs, nous avons pensé qu'il pouvait y avoir un lien, même inavoué, avec notre demande d'entrevue faite en novembre, au plus fort des interventions policières, demande non honorée par le préfet à l'époque. De plus, il nous semblait important d’essayer de connaître sa stratégie vis-à-vis de l'opposition au projet sur le terrain.
Nous sommes donc allés à ce rendez-vous avec le CéDpa invité conjointement.

Le préfet y a évoqué le fait qu'un allègement du dispositif policier était envisagé, a précisé qu’il serait rétabli en cas de nouvelles tranchées, et il nous a informés d’un changement dans l’organisation des fouilles archéologiques qui seraient planifiées juste avant les travaux correspondants.
Il est toujours dans l'esprit de construire cet aéroport et pour lui les réserves des commissions ne sont que des détails qu'il faut réécrire pour certains, compléter pour d'autres. Nous resterons quant à nous vigilants sur le strict respect des 12 réserves de la commissions d’expertise scientifique.
Cette invitation avait pour but de nous arracher un accord de participation aux réunions complémentaires en lien avec les préconisations de la commission « du dialogue », de nous associer aux nouvelles obligations d'études, et de devenir - en quelque sorte - des facilitateurs sur le terrain.
Il va de soi qu’il ne saurait en être question.
Il n’y a eu aucune « négociation » de quelque nature que ce soit.

Le 11 mai prochain la grande chaîne humaine organisée par les 45 organisations membres de la coordination, dont l’ACIPA, va rassembler tous les opposants. Les porteurs du projet d'aéroport seraient heureux d'y voir peu de monde. Tous ensemble, nous leur refuserons ce plaisir.

L’ACIPA appelle donc tous les comités de soutien et toute la population adhérente ou sympathisante, à poursuivre tous ensemble la lutte jusqu’à la victoire en participant très nombreux à cette grande chaîne humaine et au rassemblement des 3 et 4 août.
Ne nous laissons pas diviser !!!
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Messagede digger » 24 Avr 2013, 18:10

Suite au communiqué de presse que nous avons fait paraître lundi 15 avril et surtout suite à des articles parus dans certains médias, des personnes, voire des comités de soutien, s'interrogent sur la stratégie de l'ACIPA.
L'éloignement géographique n'est pas bien propice à des échanges directs qui auraient permis une meilleure compréhension de la situation.


Je ne suis pas éloigné géographiquement, et beaucoup de zadistes encore moins, ce qui ne les empêchent pas de se poser des questions.

Les membres de l'ACIPA ne sont pas les seuls, loin de là, à côtoyer les occupants de la ZAD (au sens le plus large, qu'ils soient là depuis des générations ou depuis quelque temps). Nous constatons que celles et ceux qui s'imprègnent de la situation sur le terrain font état du souhait majoritaire des occupants de ne pas, ou plus, choisir l'option de la confrontation avec les gendarmes.
C'est tout bonnement la réalité.
Reste la façon de le dire ou, pour certains, le choix de ne pas le dire.


Voici, ci-dessous, une façon de le dire :

Vendredi 19 avril 2013, les gendarmes mobiles se sont retirés du carrefour dit de la Saulce et de celui des Ardillères.
Le carrefour dit de la Saulce (entre la D81 et la route des Fosses Noires/Chemin de Suez) était occupé en permanence depuis 146 jours. Cette occupation militaire se traduisait dans les faits par une guerre psychologique et un harcèlement permanent des utilisateur.ice.s de cette route. En effet, sous couvert d’un arrêté préfectoral interdisant le transport de matériaux de construction et de produits inflammables, les contrôles et fouilles des véhicules et piétons conduisaient à des arrestations arbitraires, entraînant parfois des affrontements. La traversée du carrefour à pied était presque systématiquement refusée par les gendarmes mobiles qui obligeaient les habitants à passer par les champs, endommageant ainsi les pâturages.
Si le préfet explique le départ des gendarmes mobiles par une volonté d’apaisement, nous y voyons les marques d’un épuisement moral et financier face à notre résistance déterminée, ainsi que les besoins de l’État en forces armées sur d’autres lieux en lutte et/ou en résistance (occupations de terres, plan Vigipirate, contrôle des banlieues, expulsions de squats, de camps de Roms, etc.).
Lundi 15 avril, des actions décentralisées ont eu lieu dans une trentaine de villes (occupations de routes et de carrefours) pour protester contre l’occupation militaire de la ZAD. Cette mobilisation montre une fois de plus la solidarité massive envers cette lutte, établissant un rapport de force flagrant.
Nous défendons la zone en l’habitant et en la faisant vivre ; la gestion des routes fait partie intégrante de cette défense. Suite au départ des gendarmes mobiles, nous nous sommes réuni.e.s en assemblée générale et avons décidé de façon consensuelle que la D81 resterait circulante au trafic, à l’exception de celui des forces de répression dont ne nous reconnaissons pas la légitimité. Cependant, nous restons mobilisé.e.s et prêt.e.s à bloquer les axes routiers en cas d’attaque policière ou toute autre manœuvre visant à faire avancer le projet d’aéroport.
Dorénavant, le carrefour de la Saulce sera aussi un lieu d’accueil, d’information et d’échanges. Une guérite y est mise en place, ainsi qu’une buvette et un infokiosque.
Nous continuons à défendre cette zone comme nos camarades du monde entier en défendent d’autres ailleurs ! Cette lutte s’inscrit dans la construction d’un monde basé sur la vie, la liberté, la diversité, le respect. Si nos modes de vie sont discutables, ils ne sont pas négociables !

https://zad.nadir.org/spip.php?article1573

Nous savons bien que la victoire ne sera pas militaire car à tout moment une décision du gouvernement pourrait faire évacuer le secteur en deux coups de cuiller à pot.


C’est là une divergence. Non pas sur le côté "militaire" que personne ne souhaite parce que pas grand monde aime se prendre les lacrymos et les grenades assourdissantes dessus, mais prétendre que les pétitions, chaines humaines et autres manifs traditionnelles à banderoles auraient suffi est une contre-vérité. La confrontation directe a été une nécessité à l’automne dernier, et, encore une fois, si elle n’avait pas eu lieu, les bulldozers seraient au travail, réserves de Bruxelles ou pas.

Ne nous laissons pas diviser !!!


Sur ce point, tout le monde est d’accord. Mais ce qui n’est pas négociable n’est pas négociable et le seul recours contre la force brutale est la force défensive.
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Messagede Nico37 » 24 Avr 2013, 23:33

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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 26 Avr 2013, 01:23

10ème rendez-vous mensuel : samedi 27 avril à 15h, place Royale à Nantes. Contre l'aéroport, la métropole et son monde.

AÉROPORT, MÉTROPOLE, EXIGEONS L’ARRÊT IMMÉDIAT !

Impossible ces derniers temps de vivre dans l’agglomération nantaise sans savoir que le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes est de plus en
plus contesté.

On veut nous faire croire que les investissements seraient raisonnables et maîtrisés. Tout cela alors que l’Etat est à la recherche d’argent, que les
collectivités territoriales et surtout ses habitantEs se serrent la ceinture, que l’industrie subit plan social sur plan social.

Plus que l’aéroport en lui même, c’est aujourd’hui tout un projet de société qui est remis en question. Loin des délires de développement des barons locaux vieillissants, qui se disputent l’attractivité financière de leur mégalopole respective, c’est toute la question de l’organisation de nos vies qui est remise sur la table.

METTONS LA PRESSION POUR PORTER UN COUP D’ARRÊT DÉCISIF !

Habitant le Pays Nantais, la ville ou ses banlieues, nous sommes concerné-e-s en premier lieu par ce projet d’aéroport. Par son coût et par son développement, ainsi que par les choix associés, il conditionnera un mode de vie toujours plus encadré et contraint. Concrètement, il n’est tourné que vers le profit et décidé hors de tout cadre démocratique.

Ce projet d’aéroport n’est qu’un maillon dans une vision plus vaste d’aménagement d’une métropole ininterrompue de Nantes à Saint- Nazaire.
Nous ne voulons pas de cette ville programmée, hygiéniste, de la mort des quartiers, d’un centre-ville en carton-pâte et d’une ville marketing. Nous
ne voulons pas d’une échelle urbanistique toujours plus grande, consommatrice d’espaces et non propice aux rencontres. Nous ne voulons pas d’une ville qui ne nous appartiendrait plus, où le constructeur a priorité sur l’habitant.

Réapproprions-nous la rue, faisons jouer notre droit et plus si nécessaire.
Opposons nous à l’urbanisme fonctionnaliste et réducteur de libertés que tentent de nous imposer les décideurs !

Manifestation samedi 27 avril 15h, place Royale à Nantes

Collectif Nantais Contre l'Aéroport cnca@riseup.net
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 26 Avr 2013, 21:22

Projection-débat (jeudi 2 mai) : Solidarité avec Notre-Dame-des-Landes !

Le comité NPA du 18ème vous invite à venir voir le documentaire "Tous au Larzac" (de Christian Rouaud), le jeudi 2 mai à partir de 20h. Cette projection sera suivie d’une discussion autour de la lutte actuelle contre l’ "Ayraultport" de Notre-Dame-des-Landes. Ce café-débat aura lieu au bar les Chiffons, situé au 90 rue Marcadet (métro Marcadet-Poissonniers ou Jules Joffrin).

Vous pouvez retrouver sur le site du NPA le dossier que nous avons consacré à cette lutte dans le numéro 40 de notre revue. A noter qu’une chaîne humaine est organisée à Notre-Dame-des-Landes le 11 mai ; le NPA y participera et devrait affréter un bus pour permettre à tous ceux et toutes celles qui le souhaitent de participer à ce mouvement d’ampleur contre un "grand projet inutile et imposé".
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Re: Lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (44)

Messagede Nico37 » 27 Avr 2013, 14:08

L'AG des actionnaires de Vinci donne le ton de la saison : a-gi-tée Alice Mérieux 17/04

Parmi les épreuves les plus redoutées, la séance de questions. Pour Xavier Huillard, le PDG de Vinci, elle a viré au cauchemar.

Vinci ouvrait a ouvert mardi 16 avril la "cérémonie" des AG. Ces assemblées générales d’actionnaires où, dixit un patron du CAC40 : " Il n’y a qu’1% du capital présent, mais il faut leur en donner pour leur argent. C’est du théâtre ! "

De là à parler de grand guignol ? Ce mardi matin, au Carrousel du Louvre, Vinci a en effet assuré un sacré spectacle. La veille encore, Xavier Huillard, son PDG, posant la première pierre du futur grand stade de Bordeaux, veillait, tel un comédien au jour de la générale, à son organe, sa gorge, soigneusement emballée dans une écharpe de cachemire bleu par 25 degrés à l’ombre ! " J’aurais besoin de ma voix demain, pour l’AG. " Plus qu’il ne l’imagine…

Une AG normale…

Cortège CGT de rigueur à l’entrée, avec ses banderoles, tracts et stand de sandwichs. Rien que de très normal. L’AG démarre dans le calme. Le film de présentation des activités du groupe n’est certes pas en 3D, mais on en prend plein la vue. Jeu de lumières et musique à fond. Discours du PDG et du DAF. Tout va bien: Vinci confirme ses objectifs pour 2013.

Puis, les seconds rôles se succèdent sur l’estrade, sur un air digne de film américain. C’est beau. Les commissaires aux comptes se félicitent du devoir accompli, les administrateurs tressent leurs lauriers. Henri Saint Olive du comité d’audit pour la rapidité de publication des comptes du groupe. Jean-Bernard Lévy du comité des rémunérations pour le chèque de 1,9 million d’euros accordé au PDG. Et Yves-Thibault de Silguy, le vice-président du conseil, sur le niveau de gouvernance exceptionnel du groupe.

Bonne nouvelle cette année, il ne se fera pas épinglé pour sa deuxième casquette chez Vinci : consultant de luxe à travers sa société STeuropaconsultants, il a touché 200.000 euros en 2012. Mais, c’est deux fois moins qu’en 2011, les actionnaires apprécient.

 … qui dérape

S’en suit l’ultime passage obligé: la séance de questions. Des micros circulent dans la salle. Après quelques interventions traditionnelles sur la nature du cadeau auquel chacun aura droit à la sortie (cette année, c’est un faux moleskine aux couleurs de Vinci) ou sur de supposées activités nucléaires au Canada dont Xavier Huillard semble tout ignorer, la parole est donnée à une jeune femme, la trentaine pouponne et la mise propre. Contre toute attente, elle aussi veut assurer sa part du spectacle et démarre : " Monsieur Huillard, ne craignez-vous pas que Notre-Dame-des-Landes ne soit mauvais pour l’image du groupe ? "

Le ton monte encore d’un cran lorsqu’un deuxième activiste gagne le micro et lance cet invective : " 600 euros pour 40 heures de travail, Monsieur Huillard, c’est un scandale ! " Tandis qu’un chœur de contestataires, dispatchés dans la salle, se met à scander : " 600 euros, c’est un scandale ! ", le jeune homme brandit un document, photocopie d’un contrat de travail d’un ouvrier portugais embauché par un sous-traitant de Vinci.

" Pouvez-vous nous affirmer, les yeux dans les yeux "

Comme il commence à distribuer des copies dans les rangs, le service d’ordre, prévenu du dérapage, intervient. Le garçon résiste, et le voilà attrapé par le pantalon et évacué manu militari par une sortie de secours. Mais c’est sans compter la dizaine de ses camarades encore en poste qui maintiennent la pression.

Un troisième larron –un certain François Ruffin, rédacteur en chef d’un journal " alternatif " , Fakir, au mot d’ordre prometteur " il est fâché avec tout le monde, ou presque " - s’empare à son tour du micro, malgré la tendre résistance de l’hôtesse, et met Xavier Huillard au défi : " Pouvez-vous nous affirmer, les yeux dans les yeux, que Vinci respecte partout et toujours les règles du droit du travail, Monsieur Huillard ? "

La révolte gronde, mais Xavier Huillard, mis au courant de ce show qui ourdissait sur les réseaux sociaux, garde un calme olympien. Il réfrène même difficilement un sourire, semble amusé par cet esclandre. Jusqu’à ce qu’un " vrai " petit actionnaire lui rappelle que son rôle est aussi de maintenir l’ordre pour que l’AG se déroule normalement.

Le PDG ne rigole plus, écourte la séance de question –de toute façon personne ne les entend plus, ni même les réponses– et, tentant de couvrir les vociférations des frondeurs –qui évoquent désormais deux décès d’ouvriers polonais sur le chantier du stade de Nice! soumet au vote des actionnaires les résolutions prévues à l’ordre du jour. Ouf, elles sont toutes largement plébiscitées. Xavier Huillard peut s’enfuir sous les cris des activistes qui scandent "Partageons ! Partageons !" pour retrouver son écharpe… cette année, sa voix en a pris un coup.
Nico37
 
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