un quinquennat à gauche ???

Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede ivo » 06 Mar 2013, 11:03

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Sarkozy sort de son silence : "La politique, c'est fini" sauf si...
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INFORMATION FRANCE INFO /AFP | C'est sa deuxième prise de parole depuis sa défaite en mai dernier, et la première dans laquelle il critique la politique de François Hollande. Dans un article à paraître jeudi dans l'hebdomadaire Valeurs Actuelles, l'ancien chef de l'Etat maintient qu'il n'a pas envie de revenir en politique et qu'il ne le fera que s'il y était obligé, faute de "solution de recours à droite ni à gauche".


C'est une interview qui ne dit pas son nom. L'article prend la forme d'un long reportage dans lequel on entend Nicolas Sarkozy dialoguer avec ses invités, des hommes politiques, des chefs d'entreprise, ou parfois, un "interlocuteur" non identifié.

Poussé par ses amis Patrick Buisson et Jean-Claude Dassier, Nicolas Sarkozy affirme ouvertement ce qui jusqu'à présent n'a toujours été rapporté à la presse que par ses visiteurs. C'est sa première prise de parole depuis sa sortie sur la situation en Syrie, en août dernier.

"La politique, c'est fini"

Nicolas Sarkozy fait taire les nombreux pronostics sur son éventuel retour en politique, rapportés notamment ces dernières semaines par Alain Juppé et Bernadette Chirac :

"Que ce soit clair, je n'ai pas envie d'avoir affaire au monde politique, qui me procure un ennui mortel. Et puis, regardez comment j'ai été traité ! (...) Vous croyez vraiment que j'ai envie ? Sans compter la manière dont ils ont traité ma femme".

Pour Nicolas Sarkozy, les choses semblent claires et arrêtées : "La politique, c'est fini". En revanche, un retour aux affaires, n'est pas complètement exclu par l'ancien chef de l'Etat, si un jour se présente la situation d'un "pays tenaillé entre la poussée de l'extrémisme de gauche et celui de droite", avec "aucune solution de recours à droite ni à gauche". Nuance : dans ce cas, affirme Nicolas Sarkozy, "je serai obligé d'y aller, pas par envie, mais par devoir".

"Les Français sont moins en colère qu'effrayés"

En attendant, Nicolas Sarkozy reçoit dans ses bureaux du 77 rue de Miromesnil à Paris, longuement décrits dans l'article de Valeurs Actuelles. Il reçoit des amis, des personnalités sportives et culturelles. Les noms de Jean d'Ormesson, de Sébastien Loeb, de Vincent Bolloré ou de Martin Bouygues sont cités. L'ancien président entend également continuer à faire des conférences à travers le monde, pour gagner une "crédibilité internationale inconstestée". Selon nos informations, il a également évoqué l'idée de créer une fondation ou une société d'investissement pour aider de jeunes entrepreneurs.

Si Nicolas Sarkozy exclut un retour en politique, il ne se prive pas, toutefois, de critiquer l'action de son successeur François Hollande. "Il a cassé tout ce que j'avais réussi à construire avec Angela Merkel", afiirme-t-il. Il s'oppose à l'intervention au Mali : "Que fait-on là-bas ? Sinon soutenir des putschistes et tenter de contrôler un territoire trois fois grand comme la France avec 4.000 hommes ? La règle, c'est qu'on ne va jamais dans un pays qui n'a pas de gouvernement". Il fustige la loi sur le mariage pour tous, et l'idée de la procréation médicalement assistée (PMA) : "Avec leur 'mariage pour tous', la PMA, la gestation pour autrui, bientôt, ils vont se mettre à quatre pour avoir un enfant".

Conséquence : l'ex-président de l'UMP prédit des jours sombres à venir. "On va au-devant d'événements graves. Il y aura une crise sociale. Puis on va se prendre une crise financière d'une violence rare et ça finira par des troubles politiques", affirme-t-il. "Tu sais, les Français sont moins en colère qu'effrayés", confie-t-il à l'un de ses interlocuteurs.

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Messagede ivo » 07 Mar 2013, 13:25

Montebourg salue l'accord de compétitivité chez Renault
...
en contrepartie d’efforts des salariés, sur le temps de travail, sur le gel des salaires pour 2013
...

>>>
http://www.liberation.fr/economie/2013/ ... ult_886907

les rtt au cul, la flexibilité, la mobilité, et travailler plus pour gagner moins.
l'esclavage "sûr pdt 2 ans" salué par la gôche ...

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Messagede Pïérô » 09 Mar 2013, 13:56

La Françafrique et le PS

Dans le cadre de la Semaine anticoloniale, l'association Survie a donné en février dernier
une conférence sur la politique du parti socialiste face à la Françafrique (Mitterrand, Jospin, Hollande). Intervenant : Samuel Foutoyet, auteur de Sarkozy et la Françafrique décomplexée (éd. Tribord, 2009).



http://utoplib.blogspot.fr/2013/03/la-f ... le-ps.html
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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede bipbip » 13 Mar 2013, 02:31

« Monsieur Hollande ! Elles sont où les promesses ? Allez ! Elles sont où ? »
Hop, éjecté !
http://www.ladepeche.fr/article/2013/03 ... video.html
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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede Pïérô » 15 Mar 2013, 13:15

les négociations sur les retraites complémentaires qui va amener à une désindexation de ces pensions sur l'inflation donc à une baisse du pouvoir d'achat des retraité-e-s ont pris fin. Les syndicats doivent encore valider l'accord mais il est probable qu'il sera adopté. Le régime général devrait revenir rapidement sur la table, avec la perspective d'un nouvel allongement de la durée de cotisations...

http://www.liberation.fr/economie/2013/ ... res_888507
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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede Pïérô » 19 Mar 2013, 01:47

Communiqué du MRAP
Ministre de l’Intérieur : après deux pas en avant, deux pas en arrière...

Le Ministre de l’Intérieur avait signé le 16 août 2012 avec six autres de ses collègues une circulaire visant à l’anticipation et l’accompagnement des opérations d’évacuations de terrains et de campements de rroms, et le 28 novembre 2012 une autre circulaire permettant sous certaines conditions la régularisation de personnes sans papiers. Ces textes pouvaient préfigurer des avancées permettant à de nombreuses personnes d’accéder à leurs droits fondamentaux et laissaient aussi espérer l’abandon d’un discours gouvernemental stigmatisant les étrangers et renforçant le racisme et la xénophobie.

M. Valls a affirmé devant la presse (Le Parisien, le Figaro, le 14 mars 2013) que “les Rroms ont vocation à rester en Roumanie ou à y retourner”. et qu’ils ne souhaiteraient pas s’intégrer dans notre pays “pour des raisons culturelles ou parce qu’ils sont entre les mains de réseaux versés dans la mendicité ou la prostitution”. Alors que l’ensemble des citoyens européens jouissent de la liberté de circulation dans tous les Etats membres, pour quelles raisons un groupe de personnes, qualifié ethniquement, serait-il privé de la liberté de circulation et d’installation ? Au nom de quoi l’ensemble de ce groupe peut-il être assimilé à des délinquants ? Ce sont justement les conditions de vie qui sont imposées à une partie de la population rrom, déjà discriminée et appauvrie en Roumanie comme dans d’autres pays de l’Europe de l’est, qui poussent des personnes à la mendicité. L’existence de réseaux n’est qu’un fait marginal et concerne toutes les nationalités. De tels clichés stigmatisants ne peuvent que renforcer le racisme et la xénophobie vis à vis des Rroms. Le MRAP étudie à cet égard la possibilité de poursuites judiciaires. Les propos tenus visent à légitimer des expulsions annoncées, alors que la circulaire d’août préconisait une sortie de bidonvilles par le relogement ou des mesures temporaires tendant à améliorer la situation des personnes. En aucun cas une mise à la rue ne pourra résoudre les problèmes.

Le ministre de l’Intérieur a publié le 11 mars une circulaire « la lutte contre l’immigration irrégulière » où sont précisées les mesures que les Préfets doivent prendre pour éloigner les étrangers en situation irrégulière. Cela confirme la poursuite de la stigmatisation des étrangers. La circulaire confirme, notamment, l’interdiction de retour en France (l’IRTF) signifié aux étrangers déboutés de leur demande de régularisation. Cette mesure, instaurée par le gouvernement précédent en juin 2011, interdit de fait l’entrée dans tout Etat de l’espace Schengen pendant une durée qui peut aller selon les circonstances de un jusqu’à cinq ans, et empêche des personnes de déposer à nouveau une demande de titre de séjour.

Le MRAP déplore et dénonce la politique du gouvernement envers les Étrangers.

Où est le changement promis ?
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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede bipbip » 24 Mar 2013, 13:27

Manuel Valls valide les thèses de la droite
Eric Fassin : « Manuel Valls valide les thèses de la droite »

En invoquant la différence culturelle des Roms, le ministre de l’Intérieur a franchi un cap. Xénophobie d’Etat ? Entretien avec le sociologue Eric Fassin.

Regards.fr. En déclarant récemment que les Roms « ne souhaitent pas s’intégrer », notamment « pour des raisons culturelles », Manuel Valls a-t-il franchi un cap ?

Eric Fassin. Il faut d’abord rappeler que le ministre socialiste choisit de donner cet entretien au Figaro : c’est pour mieux valider les thèses de la droite. Il est vrai que le terrain a été préparé, en 2010, par l’essai très médiatisé d’un sociologue qui se dit de gauche, Hugues Lagrange : contre ceux qui rappellent l’importance de la classe, mais aussi de la discrimination raciale, Le déni des cultures prétendait en effet expliquer la délinquance par la culture d’origine. Manuel Valls part des mêmes prémisses. Invoquer l’explication culturelle, c’est écarter toute autre explication des problèmes que connaissent les populations roms – comme la misère et la stigmatisation, l’une renforçant l’autre dans un terrible cercle vicieux. C’est une manière de dire que les problèmes sont de leur fait, et de leur faute – nous n’y sommes pour rien. C’est sans doute en raison de leur culture que les Roms vivent dans des bidonvilles à ciel ouvert, en bordure des routes… Le ministre de l’Intérieur affirme ainsi que les Roms « sont à l’origine de problèmes de cohabitation » avec les habitants des quartiers populaires ; et quand il ajoute que ces problèmes « prennent des formes parfois inquiétantes, comme en témoignent les incendies constatés la semaine dernière à Aubervilliers et Sarcelles », il néglige de dire que ce sont les Roms qui en sont les victimes !

Le discours de Grenoble prononcé par Nicolas Sarkozy en 2010 constitue-t-il un tournant politique dont nous continuons à sentir les effets, malgré le changement de présidence ?

La chasse aux Roms lancée par Manuel Valls pendant l’été 2012 faisait écho à celle lancée par l’ancien président de la République pendant l’été 2010. Le plus troublant, c’est peut-être aujourd’hui le retour d’une même rhétorique : d’un côté, on stigmatise, en faisant l’amalgame entre Roms et délinquance ; de l’autre, on prétend que c’est pour leur bien qu’on démantèle leurs camps « insalubres ». Le Figaro reprend d’ailleurs à son compte cette logique de persécution humanitaire : « Plusieurs camps, où des dizaines d’occupants se mettaient en danger en vivant sur le bord d’axes routiers, ont encore été évacués. » Mieux, Manuel Valls emprunte à Nicolas Sarkozy son expression favorite, en matière d’immigration – et il l’exporte au-delà de nos frontières : « Je partage les propos du premier ministre roumain quand ce dernier dit “Les Roms ont vocation à rester en Roumanie, ou à y retourner”. » L’euphémisme est remarquable : il permet de refouler la coercition ; tout se passe comme si la reconduite à la frontière n’était qu’une manière d’aider les Roms à accomplir leur vocation. L’expulsion choisie, c’est ce qu’on pourrait appeler un destin de choix. N’allons surtout pas demander ce qui leur a fait quitter la Roumanie, au risque d’être traités comme ils le sont ailleurs en Europe. Et ne nous soucions pas non plus de la contradiction : s’ils ne souhaitent pas s’intégrer, nous dit-on, c’est du fait de leur culture nomade ; aussi doivent-ils rester chez eux, nous explique-t-on ensuite, plutôt que de circuler librement !

A l’époque, la vice-présidente de la Commission européenne, Viviane Reding, s’insurgeait contre la « politique du bouc émissaire » révélée par une circulaire ministérielle qui demandait aux préfets de démanteler en priorité les camps de Roms. L’Europe peut-elle être aujourd’hui un rempart ?

En 2010, c’est l’Europe qui avait reculé. Depuis, on ne l’entend plus guère. Sans doute est-elle, en théorie, la garante des droits humains. Mais en pratique, c’est aussi la directive « retour » de 2008, dite « directive de la honte ». Et l’on peut se demander si le ciment de la politique européenne, aujourd’hui, ce n’est pas la politique d’immigration : à défaut de protéger contre les marchés, l’Union protège contre les étrangers. Aujourd’hui, l’Europe est donc une forteresse xénophobe plutôt qu’un rempart démocratique.

L’ouvrage publié par le collectif Cette France-Là en 2012 s’intitulait Xénophobie d’en haut. Le choix d’une droite éhontée. La gauche fait-elle mieux que la droite sur ce sujet ?

Les mêmes causes produisent les mêmes effets. On instrumentalise la question rom pour distraire d’autres enjeux – en particulier économiques. Pourtant, la crise n’est pas à proprement parler la cause de cette xénophobie d’État ; elle en est plutôt l’occasion. Il n’est pas surprenant que la gauche s’inscrive dans cette continuité : elle ne remet nullement en cause les formulations de droite, qu’il s’agisse du « problème de l’immigration » ou de la « question rom ». On se souvient de la fameuse phrase : le Front national apporterait de mauvaises réponses à de bonnes questions. Elle date de 1984, mais, pour la gauche, elle est toujours d’actualité, hélas. Toutefois, la nouveauté concerne les Roms : le problème, si l’on peut dire, c’est qu’ils sont européens ; il devient de plus en plus injustifiable de leur imposer un statut différent. En principe, il n’est donc pas possible de les traiter aussi mal que les non-Européens (en particulier, les Africains) – sauf à racialiser ce groupe, comme s’il était d’une nature différente. Mais la République française ne parle évidemment pas de race : aussi nous parle-t-on d’une différence culturelle. Il est d’ailleurs intéressant que ceux qui ont dénoncé les slogans différencialistes de SOS Racisme dans les années 1980 (« vive la différence ! »), comme Pierre-André Taguieff ou Alain Finkielkraut, ne protestent pas aujourd’hui contre le différencialisme d’État. Les ennemis du multiculturalisme d’inclusion n’auraient-ils rien à redire à ce culturalisme d’exclusion ?
http://www.regards.fr/migrations/eric-f ... alide,6402
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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede bipbip » 01 Avr 2013, 13:29

Retraites : on va devoir travailler encore plus longtemps
C'est pas le changement attendu, c'est la continuité de la réforme entreprise précédemment et qui vise à s'attaquer aux acquis morceaux par morceaux.

La prochaine réforme des retraites est programmée pour l’automne. Elle devrait jouer sur un levier, l’allongement de la durée de cotisation.
http://www.leparisien.fr/economie/retra ... 687149.php
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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede Pïérô » 06 Mai 2013, 00:19

"La deuxième droite" avec J-P Garnier (vidéo)

Résumé : Le 10 mai 1981, François Mitterrand devient président de la République. Les illusions de la gauche tiennent jusqu’au fameux "tournant de la rigueur" en 1983. Dès 1981, Jean-Pierre Garnier et Louis Janover faisaient partis des sceptiques sur la volonté de changement de cap. En 1986, ils co-écrivent "La deuxième droite" pour répondre à ceux qui s’auto-proclamaient "deuxième gauche", une gauche moderne, entrepreneuriale. Jean-Pierre Garnier est au moins d’accord sur un point avec Manuel Valls : il faut changer le nom du parti socialiste. J-P Garnier propose de le rebaptiser : le Parti de Solférino. Un an après le retour aux affaires du PS, un an après le retour d’un François au château, l’analyse de J-P Garnier sonne comme un claquement de fouet… ça réveille !

http://www.lesmutins.org/La-deuxieme-dr ... c-J-P.html
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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede Pïérô » 14 Mai 2013, 12:54

La “gauche” avait annoncé qu’elle reviendrait sur la réforme des retraites de la droite, et bien c’est pour en rajouter dans la continuité.
http://www.liberation.fr/societe/2013/0 ... zon_902618
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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede Pïérô » 17 Mai 2013, 01:08

Communiqué UNIRS - Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires

Une nouvelle retraite en rase campagne pour le gouvernement face à la finance ?

Après avoir mollement soutenu les manifestants contre la contre-­‐réforme des retraites de Fillon-­‐ Sarkozy de 2010, après avoir vigoureusement promis qu’il s’attaquerait à la finance lors de sa campagne électorale et qu’il préconiserait toujours des réformes justes, M. Hollande élu Président de la République s’est rapidement installé dans les ornières du traité Merckel-­‐Sarkozy.

Désormais, les réformes engagées dans les domaines économiques, sociaux, budgétaires et financiers s’apparentent à celles qui sont préconisées ou demandées par les « marchés financiers », à celles qui sont souhaitées ou conseillées par le FMI, la BCE et la Commission Européenne, à celles qui sont présentées par les économistes et les experts officiels et patentés comme étant les seules possibles, les seules raisonnables et réalistes.

Engagé dans la course à la réduction des déficits publics tout en conservant le boulet de la concurrence fiscale entre les Etats, le gouvernement conduit une réelle politique d’austérité et de rigueur pour la majorité de la population.

Il n’y a toujours pas de fonds disponibles pour les dépenses publiques, mais le gouvernement offre un cadeau de 20 milliards d’euros de cadeaux aux dirigeants des principales entreprises, pratiquement sans contreparties.

Les contreparties, en réalité, seront supportées par le reste de la population : baisse des commandes publiques, augmentation du chômage, augmentation de la TVA, etc.

Le gouvernement vient d’obtenir des marchés financiers un « sursis » de deux ans pour être dans les clous des traités européens, mais les marchés financiers, ceux qui prêtent aux Etats, car la Banque Centrale Européenne a l’interdiction de leur prêter directement, font la loi, fixent les taux d’intérêt et les échéances, tout en conservant la clef du tiroir-­‐caisse, le « service de la dette ».

C’est désormais la première dépense budgétaire de la France, et ce sont notamment tous les contribuables (ceux qui ne fraudent pas) qui payent.

La contre partie exigée des marchés financiers, c’est la Commission de Bruxelles qui l’a exprimée : le gouvernement doit poursuivre et accélérer les réformes d’austérité, et il y a donc urgence, de nouveau, à sabrer les dépenses sociales, et particulièrement les retraites.

C’est ce que le Président de la République française s’est entendu dire par les Commissaires européens lors de son passage à Bruxelles le mercredi 15 mai 2013.

Ainsi, la domination de la finance sur les gouvernements se fait de façon de plus en plus visible : un Président de la République doit aller s’expliquer devant les représentants, de fait, des « marchés financiers » qui lui fixent leurs conditions ! Pour bien saisir la réalité, il faut penser que, derrière les « marchés financiers », se cachent les gros détenteurs de fonds, les organismes financiers et, en cascade, des particuliers détenteurs de capitaux importants et des cadres, des dirigeants, des traders, grassement payés pour les faire fructifier.

L’objectif principal des politiques menées consiste à favoriser la rente des rentiers, et à augmenter le pouvoir des détenteurs de capitaux.

Il est donc primordial de maintenir et de renforcer le rendement des capitaux, et notamment d’empêcher toute inflation qui viendrait réduire la valeur des capitaux accumulés.

Et cette politique joue contre la multitude des salariés de tous les pays, et aussi contre les entrepreneurs qui veulent créer des entreprises véritablement génératrices de nouveaux biens et de nouveaux services.

Pour justifier cette future contre réforme des retraites, les experts ont déjà commencé à expliquer qu’en raison de l’allongement de la vie il est donc indispensable de travailler plus longtemps.

Nous disons qu’il y a déjà six millions de chômeurs et de chômeuses en France, et donc qu’il est stupide et insensé d’obliger à travailler plus longtemps celles et ceux qui ont aujourd’hui un emploi.

Nous disons qu’il est parfaitement inhumain d’exiger de personnes âgées et fatiguées de rester au travail quand leurs enfants et leurs petits-­‐enfants sont déjà au chômage.

Nous disons que la productivité des salariés s’est fortement accrue dans notre pays au cours des trente dernières années, et donc qu’il est stupide de mettre en balance le rapport actifs / retraités d’il y a trente ans et celui qui existera dans dix ans.

Nous disons que ces experts ne sont pas crédibles quand, tous les trois ans, ils reviennent expliquer que la réforme précédente, celle qui devait régler tous les problèmes, doit être remplacée par une nouvelle réforme qui, elle, va régler tout.

Nous disons encore que la meilleure garantie pour perpétuer le système des retraites par répartition, c’est d’aller vers le plein emploi, avec des salaires corrects générant des cotisations sociales suffisantes.

Il faut donc modifier la répartition des richesses et redonner au travail ce qui a été accaparé par le capital progressivement depuis plus de trente ans.

Nous disons que ce n’est pas le travail qui coûte cher, mais le capital qui coûte cher, et les banquiers qui coûtent cher quand ils peuvent continuer leurs opérations spéculatives dès lors que, si ça marche, ce sont les actionnaires qui empochent, et si ça ne marche pas, ce sont les contribuables qui seront appelés à les renflouer.

La réforme des retraites, comme la réforme de l’assurance maladie, comme la privatisation des services publics, comme le système fiscal inégalitaire qui perdure, comme la casse du droit du travail, toutes ces réformes sont engagées, à des vitesses différentes, dans tous les pays où la finance est aux manettes.

Ceci s’inscrit dans une politique globale visant à favoriser les profits et privilèges d’une minorité. L’immense majorité des personnes retraitées, et pas seulement celles qui sont membres de l’Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires (UNIRS), ont déjà pris conscience que les prochaines actions qui seront à engager face aux futurs projets de reculs sociaux devraient se concentrer sur un renversement de l’actuelle hiérarchie des valeurs, afin de mettre l’humain au coeur de notre société solidaire.

http://www.solidaires.org/article44641.html
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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede Pïérô » 24 Mai 2013, 11:47

Lutte contre réforme des retraites, nouvel épisode
topic lancé en rubrique "Les fronts de lutte sociale"
viewtopic.php?f=72&t=7436
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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede Pïérô » 29 Mai 2013, 06:57

Exit la promesse de loi pour encadrer les rémunérations des dirigeants des entreprises. Le ministre des Finances Pierre Moscovici vient d’annoncer qu’il préférait « miser sur une autorégulation exigeante »...
http://www.bastamag.net/article3094.html
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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede Pïérô » 31 Mai 2013, 09:41

Même mise en scène, et mêmes méthodes, Hollande fait du Sarkozy. De la politique au profit du capitalisme, de la communication en entourloupe et de la novlangue, et de la répression.
Alors, non seulement il félicite les “syndicats” qui signent des reculs face au chantage patronal :
"Je veux saluer le syndicalisme français", http://www.midilibre.fr/2013/05/29/fran ... 706545.php,
et il a bien raison de le faire en l’état, car ce syndicalisme ne sert plus que les intérêts de ceux qu’il devrait combattre. Mais en plus, et non content de cette affaire, il en rajoute en un scénario qui s’accompagne de la répression pour celles et ceux qui feraient de l’ombre à ce beau tableau.

Communiqué collectif
Après Dijon… des syndicats bâillonnés à Rodez !

François Hollande avait communiqué sur sa volonté d’un dispositif policier « light » pour sa visite en Aveyron le 29 mai 2013.

A l’usine Bosch que le président allait visiter, notamment pour faire la promotion d’un Accord National Interprofessionnel fortement contesté, tant localement que nationalement, deux militants syndicaux de SUD Métal/Bosch se sont vu confisquer manu militari leurs affiches et porte-voix : apparemment, il ne fallait pas qu’il y ait de voix dissonantes dans le parcours présidentiel très balisé.

La police a également arrêté une voiture dont le conducteur n’avait commis aucune infraction au code de la route, juste parce qu’il y avait, à l’intérieur, du matériel syndical. Le véhicule a été fouillé et les affiches intersyndicales SUD-CGT-FSU, les drapeaux et le mégaphone de Solidaires 12 ont été saisis pour des motifs dont on ne peut comprendre la légitimité quand on se place du point de vue du bon sens démocratique.

Le discours syndical, dans son expression et sa diffusion publiques, relèverait-il « d’un crime ou d’un délit flagrant », « d’une atteinte grave à la sécurité des personnes et des biens » et d’un danger immédiat pour justifier la fouille d’une voiture, mais surtout la confiscation de tracts syndicaux ?

"Je veux saluer le syndicalisme français", aurait précisé François Hollande dans la journée. "On a besoin de ce dialogue, de cette concertation."

Ah tiens…? Ce n’est pas ce que tout le monde a cru comprendre…

Hier, force a été de constater que si les gouvernements ont changé, si les discours ont changé, c’est surtout en apparence, car malheureusement certaines pratiques semblent perdurer !

Faut-il y voir un rapport quelconque avec le fait que l’amnistie des militants syndicaux ait été refusée ?

Les organisations syndicales, Solidaires 12, FSU, CGT dénoncent vivement et solennellement l’entrave qui a été faite à la liberté d’expression et au droit syndical et réaffirment avec force que la loi d’amnistie doit être votée.
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Re: un quinquennat à gauche ???

Messagede Ulfo25 » 14 Juin 2013, 13:59

Article que j'ai trouvé assez intéressant sur Le Monde Libertaire, intitulé " Il n'y a plus de socialiste à l'adresse indiquée ..." et écrit par Maurice Rajsfus. Bon il date d'assez longtemps (du 7 Mars) mais ça peut aider à la réflexion je pense :
Il faut être juste, la fine équipe de Solférino ne nous avait pas promis l’avènement du paradis socialiste. Cela fait bien longtemps, il est vrai, qu’une telle éventualité s’est trouvée remisée au magasin des antiquités utopistes, et déjà considérée comme telle par les braves militants du courant dit des « possibilistes », au tournant du XXe siècle.

De Jean Jaurès à Harlem Désir (que ce dernier veuille bien m’excuser du raccourci historique), en passant par Jules Guesde (partisan de l’Union sacrée en 1914), Léon Blum (champion de la non-intervention en Espagne, en 1936), ou Guy Mollet (qui conduira la guerre en Algérie, alors qu’il avait mené campagne pour la paix en 1955), les promesses non tenues et les trahisons ont constamment émaillé un parti socialiste qui, sous ses diverses appellations, devait finalement opter pour la social-démocratie. N’oublions pas que Léon Blum, qui levait le poing en chantant l’Internationale, en mai 1936, nous délivrait déjà un véritable secret de polichinelle une fois devenu président du Conseil, en juin de la même année : « Nous serons des gérants fidèles du capitalisme », après avoir décrété « la pause », alors que le patronat en colique était prêt à de nombreuses concessions.

Les tristes exploits de la « Vieille maison ».
Attention ! Surtout ne pas confondre socialisme et social-démocratie. Dans le premier cas, il était envisagé de débarrasser la société de l’emprise du capitalisme. Dans la seconde approche, selon l’enseignement d’Édouard Bernstein, il était surtout prévu une méthode plus douce : la transformation graduelle et sans heurt de la société capitaliste en société socialiste. En fait, trouver un compromis raisonnable avec ceux qu’on était censé combattre la veille. Entre les deux ambitions c’était, bien évidemment, le jour et la nuit. Les socialistes de la fin du XIXe siècle, dont nombre étaient des rescapés de la Commune de Paris, n’avaient que peu d’ambitions en commun avec ceux qui se posaient déjà la question de participer au pouvoir de la bourgeoisie dans une société qui ferait table rase des luttes sociales. Le premier à franchir le pas, en 1899, Alexandre Millerand, fera partie de plusieurs cabinets ministériels, avant et pendant la Première Guerre mondiale. Président du Conseil en 1920, il avait été l’initiateur du « Bloc national », avant d’être élu président de la République. Millerand avait ouvert la voie de la trahison visible à Jules Guesde comme à Marcel Sembat, tous devenus ardents nationalistes.
Pour ceux-là, il est possible de comprendre leur rejet de l’égalitarisme, comme du collectivisme (quelle horreur !), et leur refus de rejoindre la IIIe Internationale lors du congrès de Tours, en décembre 1920. À la tête de ceux qui allaient garder la « vieille maison » se trouvait Léon Blum, qui, après avoir tenté de donner le change à la tête du gouvernement de Front populaire, de juin 1936 à juin 1937, se retrouvera à nouveau président du Conseil de la IVe République, de décembre 1946 à janvier 1947. Par la suite, nos socialistes, toujours version SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière), participeront à des gouvernements dits de « troisième force ». Lesquels allaient conduire les premières guerres post-coloniales, en Indochine et à Madagascar, dans le grand silence des socialistes.
Lorsque Guy Mollet accède à la présidence du Conseil, en janvier 1956, après la victoire électorale du Front républicain, sa première grande initiative consistera à durcir la guerre en confiant tous les pouvoirs militaires et civils à l’armée avec le soutien des députés communistes. Autre exploit du gouvernement Guy Mollet, son engagement dans l’expédition militaire sur le canal de Suez, aux côtés des Britanniques et des Israéliens, en novembre 1956. La suite n’est pas plus glorieuse. Est-il nécessaire de rappeler qu’en septembre 1958, suite au coup d’État à blanc du général de Gaulle en juin 1958 et du triomphe que le traîneur de sabre allait rencontrer lors de son référendum, Guy Mollet mettait la SFIO en ordre de bataille dans la perspective des élections législatives, sous le slogan : « À l’avant-garde de la Ve République ! » Par la suite, pour une courte période malgré tout, les socialistes participeront, sans honte, au premier gouvernement du Général, en compagnie des pires réactionnaires de l’époque.

Mitterrand à la rescousse
De trahisons en reniements, le parti socialiste va connaître une longue période d’agonie, avant que le grand humaniste François Mitterrand n’en prenne le contrôle, au congrès d’Épinay, en 1971. Il y a déjà bien longtemps que l’idéologie d’origine a été oubliée et, lors de ce congrès, celui qui se risquerait à chanter l’Internationale serait considéré comme un original, sinon tel un déviationniste mal venu. Avec Mitterrand, qui va peu à peu réduire le parti communiste à un club de tristes nostalgiques, le parti socialiste, qui a abandonné son sigle SFIO, va voler de victoires en succès, jusqu’à l’élection à la présidence de la République – en 1981 puis en 1988. Finalement, dans l’opposition comme au pouvoir, le parti socialiste est devenu une composante honorable de la vie politique de ce pays.
Bien sûr, il faut se garder de confondre la droite avec ce qu’il est convenu de définir comme la gauche, mais, trop souvent, la différence est bien mince. Particulièrement lorsque se pose la question du maintien de l’ordre. Ainsi le ministre socialiste de l’Intérieur Jules Moch qui, en 1947 et 1948, allait s’illustrer comme briseur de grève dans le bassin minier du Nord Pas-de-Calais, avant de se comporter de façon identique avec les dockers de Marseille. Comme il restait encore quelques policiers issus de la Résistance, qui protestaient contre ses méthodes brutales, Jules Moch profitera de ces circonstances pour dissoudre onze compagnies de CRS jugées par trop réticentes.
Gaston Defferre, devenu ministre de l’Intérieur, au lendemain du 10 mai 1981, prend un syndicaliste policier, Gérard Monatte, dans son cabinet. Lequel n’hésite pas à taper du poing sur la table : « Il faut remettre de l’ordre dans la maison ! » Étonnant. Mieux encore, le 17 juillet 1981, depuis Marseille, Gaston Defferre prévient ses troupes : « Je ne tolère pas qu’un quartier entier soit encerclé et investi par des policiers brisant portes et fenêtres, et que les habitants, hommes et femmes et enfants soient frappés à coups de crosse à l’occasion de la recherche d’un voleur de moto… Les ratonnades c’est fini ! La plaisanterie est terminée. Ceux qui désobéiront seront châtiés ! » On se frotte les yeux. Peu de temps après, pour s’attirer les bonnes grâces du corps policier, Gaston Defferrre annonce le recrutement de 6 000 fonctionnaires d’autorité supplémentaires ; l’ensemble du corps étant doté d’armes jugées plus efficaces. Moins d’un an plus tard, le ministre sera, à son tour, victime du syndrome de la nuque raide, avec une déclaration, le 15 juin 1982, affirmant sa volonté de faire évacuer les usines occupées par les ouvriers en grève. Il en va de même avec la volonté affirmée de renforcer les contrôles d’identité.
Gaston Defferre, malade, cédera son poste à un autre socialiste, Pierre Joxe, en août 1984, après avoir rétabli un certain nombre de bons principes. Son successeur n’aura de cesse de flatter l’ego des policiers – peut-être n’a-t-il pas d’autre choix pour se faire admettre par les syndicats, dits de gauche. Passé le premier intermède de Pasqua, au ministère de l’Intérieur de mars 1986 à mai 1988, Joxe est de retour, et annonce dans un message aux policiers : « Je sais pouvoir compter sur votre courage et votre dévouement pour l’exécution de votre difficile mission ! » Coup de clairon qui va être complété par l’interdiction des boissons alcoolisées dans les locaux de police, par décision prise en décembre 1988. Lors de la première guerre du Golfe, en décembre 1990, Pierre Joxe, devenu ministre de la Défense, cède la place à un autre socialiste, Philippe Marchand, qui réussit à se mettre à dos tous les syndicats de policiers, y compris ceux qui se prétendent de gauche. Il sera remplacé, en mai 1992, par l’insignifiant Paul Quilès, dont le grand-œuvre sera la mise en place d’une « haute autorité » chargée de veiller à la déontologie policière.

L’aile protectrice du « camarade Michel »
Suite à l’un de ces allers et retours qui émaillent le cirque politique, Lionel Jospin, devenu Premier ministre en juin 1997, choisit comme ministre de l’Intérieur un ancien compagnon de route du Parlement socialiste, Jean-Pierre Chevènement. Ce matamore tiendra à rappeler immédiatement que : « La France a toujours eu une tradition de police d’ordre ! » Sous la houlette de Chevènement, les policiers de la République se verront rappeler qu’il leur faut, prioritairement, remettre dans le droit chemin les « sauvageons » qui risquent de troubler l’ordre public. Rapidement, lors du colloque de Villepinte, en octobre 1997, c’est à l’unisson que Lionel Jospin et Jean-Pierre Chevènement s’appliqueront à proclamer que « la sécurité est une valeur de gauche » !
Jusqu’à la fin de sa période gouvernementale, Lionel Jospin ne se départira pas d’un certain nombre de « valeurs » partagées par la droite dure. Particulièrement, après une période de régularisations massives de sans-papiers, de 1997 à 1999, la réthorique du « camarade Michel » (pseudonyme de Jospin au temps où il militait clandestinement dans les rangs de l’OCI) va changer radicalement, évoquant ceux « qui n’ont pas vocation à rester en France ». Comme s’il commençait à se repentir des avancées revendiquées en 1997, et alors que de nouvelles échéances électorales s’annonçaient et qu’il entrait en campagne, Lionel Jospin expliquera au « peuple de gauche » ébahi, comme une confidence, sur les antennes de France 2 : « Mon programme n’est pas socialiste ! » Ce qui était une évidence.
À chacun de leur passage au pouvoir, nos donneurs de leçons socialistes s’échinent à nous faire comprendre que, avec leurs hommes d’État aux manettes, tous les problèmes seront réglés. Mais nos socialistes sont ainsi faits qu’ils se refusent à faire de la peine à la France profonde, qui, comme le disait Coluche, « n’est pas de droite mais encore moins de gauche… »
Les résultats électoraux ont toujours constitué un mystère insondable. Ainsi, du 21 avril au 6 mai 2002, les foules défilaient dans les grandes villes de France pour s’opposer à Jean-Marie Le Pen, présent au second tour de l’élection présidentielle aux cris de « Votez pour l’escroc, pas pour le facho ! » Superbe analyse politique dans sa stupidité.

De Daniel Vaillant à Nicolas Sarkozy
Élu finalement par les voix du « peuple de gauche », Jacques Chirac nous offrait pour toute récompense la promotion de Nicolas Sarkozy au poste de ministre de l’Intérieur – préludant une ascension irrésistible. à ce stade se situait une séquence du plus haut comique : dès le mois de juin 2002, lorsque le petit Nicolas dévoilait les articles de sa loi sur la sécurité intérieure, le ministre de l’Intérieur sortant, Daniel Vaillant, versera de lourds sanglots : « Il a volé mon programme ! » Authentique. Ce pauvre Daniel Vaillant qui avait succédé à Jean-Pierre Chevènement, durant l’été 2000, n’avait pas tardé à proclamer : « La sécurité est une valeur républicaine. Elle n’est ni de droite ni de gauche. C’est un droit ! » Cette volonté de politiser l’action des forces de l’ordre était alors judicieusement commentée par le sociologue Laurent Bonelli, en avril 2001, qui avait évoqué « l’uniformatisation des pratiques et des discours sécuritaires entre la gauche et la droite ».
Parmi les quelques exploits de Daniel Vaillant, le décret avalisant le fichier Stic (Système de traitement des infractions constatées) en juillet 2001. Fichier existant déjà, mais clandestinement, depuis 1996. Décidément très impliqué dans l’élargissement de l’arsenal répressif, il avait fait adopter sa loi sur la sécurité publique (LSQ) en novembre 2001, à quelques mois de l’élection présidentielle. Selon la Ligue des droits de l’homme, ce texte tenait surtout à « pénaliser la pauvreté bien plus qu’à lutter contre la délinquance ». Pour Michel Tubiana, alors président de la LDH : « Ces mesures ne sont pas faites pour lutter contre le terrorisme mais pour accroître les pouvoirs de la police dans un but nettement électoral. » Pour en terminer avec ce regrettable ministre de l’Intérieur, il faut bien constater que l’on n’aura jamais autant embauché dans la police, depuis Defferre et Joxe.
Battue en 2002, la gauche sera condamnée à dix ans de purgatoire. Il faudra toute la brutalité sociale de Nicolas Sarkozy, après son triomphe à l’élection présidentielle de 2007, pour que sa fine équipe perde successivement les élections municipales, cantonales et régionales, avant que le Sénat ne bascule à gauche. Certaine de son élection à l’élection présidentielle de mai 2012, notre gauche se livrait de nouveau à mille promesses qui ne seraient pas tenues. Une seule volonté habitait le clan de la rue Solférino : en remontrer à Sarkozy sur sa capacité à maintenir l’ordre. À cette fin, le parti socialiste disposait de son joker : Manuel Valls. Lequel, fils d’immigré et Français à l’excès comme son prédécesseur, n’allait pas tarder à faire montre de son talent.

Les valeurs républicaines et Manuel Valls
C’est Manuel Valls qui allait surtout mettre en musique les imprécations du discours de Grenoble du 30 juillet 2010, lorsque Nicolas Sarkozy éructait sa vindicte contre les Roms, sans que l’on s’en émeuve vraiment dans les rangs du parti socialiste. Depuis neuf mois, l’ordre règne au pays de la liberté, et les centres de rétention administrative sont toujours aussi accueillants pour les sans-papiers, traités comme des criminels dans ces lieux de non-droit. Il est difficile d’oublier la manière ignominieuse dont les sbires du ministre de l’Intérieur devaient livrer Aurore Martin à la justice espagnole, en novembre 2012. Cette militante basque étant heureusement libérée un mois plus tard. Faut-il estimer que la droite espagnole serait moins répressive, à l’occasion, que la gauche française ? Comment négliger les reculades du pouvoir socialiste face à la famille Peugeot, face au patron du groupe ArcelorMital, malgré les promesses de François Hollande ? La gauche ne détiendrait donc qu’un pouvoir formel ? Bienvenue en terre social-démocrate !


Maurice Rajsfus

Les belles formules… Dans une tribune libre, parue dans Libération le 28 décembre 2012, intitulée « Non, social-démocrate n’est pas une insulte ! » l’économiste Jean Natouk émettait un jugement sans appel : « La social-démocratie sait que l’essentiel de la production de la valeur ajoutée passe par les entreprises qui, si elles sont en concurrence, ne peuvent qu’être privées. Elle sait donc que c’est avec elles que doivent être trouvés les consensus nécessaires. » CQFD et merci pour cette précision indispensable.
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