« L’individu n’a pas d’opinion sur toutes les affaires publiques. Il ne sait pas comment les diriger. Il ignore ce qui se passe, pourquoi cela se passe et ce qui devrait se passer. Je ne vois pas comment il pourrait le savoir, et il n’y a pas la moindre raison de penser, comme l’ont fait les démocrates mystiques, que de l’agrégation des ignorances individuelles des masses populaires puisse émerger une force directrice continue pour les affaires publiques. »
« Cette crise démontre que ce ne sont pas les peuples, mais les experts eux-mêmes qui ne savent pas ce qu’ils font. En Europe occidentale, nous assistons effectivement à une incapacité grandissante de l’élite au pouvoir – elle sait de moins en moins comment diriger. »
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nous avons une crise générale de crédibilité, dont la crise financière n’est qu’une manifestation : c’est la crise des dettes souveraines, mais aussi une crise de toutes les formes de souveraineté.
Nous vivons une crise de croyance dans toutes les figures énonciatrices qui jusqu’ici avaient quelques crédits : les hommes politiques, mais aussi les managers, les sportifs, les écrivains, et mêmes les papes.
Le néolibéralisme, qui est fondé sur le crédit, fabrique cette crise de confiance et de croyance. Il a vu émerger la naissance d’un sujet libéral, d’un homme liquide. Ce nouveau sujet ne croit plus en rien qu’en lui-même
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Cette perte de crédibilité de la parole publique n’est pas conjoncturelle, elle n’est pas liée seulement au contenu des discours ni même aux promesses non tenues. Elle est le produit d’une contradiction structurale inhérente au néolibéralisme.
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