Le mali sur une poudrière

Re: LE MALI SUR UNE POUDRIERE

Messagede DjurDjura » 21 Jan 2013, 13:11

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Re: LE MALI SUR UNE POUDRIERE

Messagede ivo » 21 Jan 2013, 14:09

résumé:


Diabali, ville de l'ouest du Mali, a été reprise lundi matin par l'amée française. Une colonne d'une trentaine de véhicules blindés avait quitté à l'aube la ville de Niono, à 350 km au nord-est de Bamako. Son entrée dans la ville a été précédée par des vols de reconnaissance
d'hélicoptères légers Gazelle de l'armée française.

L'amitié franco-allemande est célébrée en grande pompe ce lundi et demain à Berlin à l'occasion du 50e anniversaire du traité de l'Elysée : une amitié qui s'effrite quand il s'agit d'envoyer des soldats au Mali...

Dans le sud du Mali, les Touaregs sont souvent considérés comme les complices des islamistes. Beaucoup redoutent, dans les semaines et les mois à venir, des actes de vengeance et d'épuration sauvage.
La guerre au Mali a aggravé la cassure culturelle ethnique entre la population noire, les arabes et les Touaregs des zones sahéliennes. Le Figaro et Le Monde annoncent que des milices sont en train de se créer au Mali avec pour consigne de ramener au moins la tête d'un Touareg.
"Actuellement, les Touaregs sont essentiellement dans le nord du Mali, et la peur de représailles de l'armée malienne monte", explique Pierre Boilley, directeur du Centre d'études des mondes africains, spécialiste du monde touareg. "Ils y a un amalgame qui est fait entre les djihadistes, les peaux rouges (blancs, arabes, touaregs et autres) et le MNLA, que le sud du Mali considère comme responsables de ce qui se passe."
...
L'armée malienne se sentant humiliée par les Touaregs, dont certains se sont alliés aux islamistes, elle pourrait avoir envie de se venger comme par le passé.

Elisabeth Guigou : "Ce n'est pas à l'armée française d'aller reconquérir le nord" du Mali

Valérie Pécresse: "Si ça avait été Nicolas Sarkozy nous serions partis à la bataille avec beaucoup plus de soutiens..."

le Mali... qu'en est-il de la présence française dans ce pays ?
On y compte une soixantaine d'entreprises ou de filiales de groupes français qui emploient plus de 3500 personnes, présents essentiellement dans l'exploitation des ressources naturelles, le développement des infrastructures routières, électriques et hydrauliques, ainsi que les télécommunications. Mais le Mali, ce sont aussi les pays voisins dont le Niger et ses ressources en uranium qu'exploite notamment le groupe français AREVA. Gaz, pétrole, uranium... l'Afrique subsaharienne représente une croissance économique de 5 à 7% par an... on estime que la natalité y dépassera celle de la Chine d'ici une trentaine d'années. Que ce soit en matière de sécurité ou sur le plan économique, si l'Europe tarde à s'intéresser à la question, elle pourrait le payer, très vite, très cher... au vrai sens du terme.

commentaire:
Enfin on accepte de nous dire les vrais raison pour cette guerre, au lieu de nous baratiné avec la démocratie et droit de l'homme.
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Re: LE MALI SUR UNE POUDRIERE

Messagede altersocial » 21 Jan 2013, 17:43

Mali : assez de tartufferies !

Je comprends que l’intervention militaire française au Mali suscite du trouble. Je comprends personnellement l’incertitude de beaucoup. Peut-on laisser se déchaîner l’horreur sans rien faire ? Mais ne risque-t-on pas que le remède, à terme, ne soit pire que le mal ? Je n’ai donc pas envie des simplismes, tant de ceux qui enfourchent les discours systématiques de la dénonciation de « l’impérialisme occidental » que de ceux qui fustigent les non-interventionnistes présumés « munichois ».

J’en ai toutefois surtout assez des petits arrangements de ceux qui se dédouanent périodiquement de leurs responsabilités, en évoquant les droits de l’homme et les droits d’ingérence. On sait que l’Afrique, notamment sahélienne, est déstabilisée en longue durée par la faillite des régimes postcoloniaux et la brutalité des injonctions financières du « compromis de Washington ». On sait que, à plus court terme, les groupements intégristes les plus violents ont été renforcés par les effets collatéraux du conflit libyen, et notamment la dispersion massive d’armements de haute technologie. Mais d’où viennent ces armements et qui les produit ?

Ce ne sont pas les filiales diverses d’Al Qaeda qui dépensent près de 1 500 milliards de dollars par an (2,5 % du PIB mondial) à la production d’armement. Ce sont d’abord les États-Unis, la Chine, le Royaume-Uni et la France. Ce ne sont pas les « terroristes » qui, depuis vingt ans, ont réduit l’ONU au statut d’une enveloppe vide, bloquant ses décisions, tétanisant ses instruments. Ce sont ceux qui préfèrent les conciliabules plus discrets du G20 ou de l’Otan. Qui est responsable de l’étouffement programmé du « nouvel ordre international », au nom des intérêts du marché « libre » et de la responsabilité des puissances ? Qui peut donc penser que, au Mali comme en Libye, en Irak ou en Afghanistan, c’est l’étalage de la force qui peut mettre fin à la tragédie du malheur, du dénuement et de l’humiliation ?

Il y en a assez, plus qu’assez de ces tartufferies. Il n’est plus possible de fermer les yeux devant le constat évident que le monde tel qu’il va nous conduit à la catastrophe et que l’on ne règlera rien en mettant un gendarme derrière chaque jeune de banlieue, un membre des forces spéciales d’intervention derrière chaque « terroriste », une armée « d’interposition » dans chaque pays du Sud. C’est la violence des puissants, même quand elle est feutrée, qui stimule la violence des faibles, même quand elle est inadmissible.

Si nous voulons construire des consensus, faisons-le contre la loi de l’argent, contre l’arrogance de la puissance, pour le développement des hommes et non pour la liberté des marchés. Nous avons besoin de droit international respecté, de bien commun, de partage universel. Nous avons besoin des chants et des actes de la solidarité, pas des mouvements de menton, des fifres et des tambours.

Que pensez vous de la reprise du texte suivant pour le transformer en pétition ?

répondre à PrNICO@aol.com

La guerre au Mali : des choix à faire quand les caisses sont vides ?

Politique de la canonnière et en retour renforcement des extrémismes, déploiements de personnels des plans vigipirate et accoutumance des personnes au "tout policier ", militarisation de la planète
ou investissement résolu dans les démarches politiques, diplomatiques !

militarisation de la planète ; (gros) coups de pouce à l’industrie de l’armement
ou investissements dans tous les champs d’éducation et de formation ;

Utilisation de la recherche en matière de miniaturisation et de sophistication des équipements militaires
ou investissement dans des équipements de santé entre autre...

Matraquage des esprits dans les médias sur l’"unité nationale" derrière le président et appui des pays de l’OTAN ?

Ou investissement de la France pour que sa VOIX rejoigne celles des peuples qui luttent contre les politiques néo-coloniales, d’expansion, de néolibéralisme, en Afrique, au Moyen-Orient, en Amérique du sud.......... ;

La France n’a pas à être "en guerre" par la seule volonté d’un seul homme . La France "en Guerre" , ce n’est pas le changement !

En ces temps d’ austérité imposés par le capital , nous choisissons les investissements précités qui conduisent fondamentalement à la PAIX !
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Re: LE MALI SUR UNE POUDRIERE

Messagede DjurDjura » 21 Jan 2013, 18:26

Persone n'est dupe, depuis quand le gouvernement français se soucie du sort du Mali, depuis la rebellion tuareg du Mnla de l'an passe, la France n'a pas bougé le petit doigt pour attenuer la situation qui ira jusqu'au pourrissement avec les djihadistes qui se sont empares de different territoire. La, la france bouge car ses interets econonomiques sont en jeux, le niger avec Areva et l'urianium, est à portée de la main des terriristes;

Financement, intérêts, lutte d’influence : les enjeux économiques de la guerre au Mali



le 21.01.13 |


| © D. R.


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Troisième producteur d’or en Afrique, le Mali n’en est pas moins l’un des pays les plus pauvres de la planète.


Les richesses minières et donc l’enjeu des intérêts économiques comme justificatif à la guerre ne saute pas aux yeux a priori. Pourtant, à y regarder de plus près, le lien entre guerre est enjeux économiques n’est pas si fortuit que cela. La proximité du Mali par rapport au Niger (4e producteur mondial d’uranium), son appartenance à la région du Sahel considérée par les experts comme «espace charnière pour le transport du pétrole et du gaz» et plus globalement au continent africain théâtre de luttes d’influence entre les puissances économiques mondiales, sont autant de facteurs pouvant expliquer l’intervention française au Mali.

Une intervention qui suscite d’autant plus d’interrogations qu’elle est menée par un pays en proie au déficit et dans un contexte de crise économique mondiale qui alimente les questionnements sur qui supportera le coût financer de cette opération. Même si aucun chiffre n’a été donné pour l’instant, «c’est la France qui supportera le poids financier de l’opération», estime, dans une déclaration à El Watan économie, Jacques Hubert Rodier, éditorialiste au journal Les Echos. Selon lui, le coût sera «important, mais comme c’est une opération unilatérale de la France, c’est donc elle qui en supportera la charge».

D’après la presse française, le gouvernement français est «prêt à en payer le prix», considérant ces dépenses comme «prioritaires». Le gouvernement français a «budgété 630 millions d’euros» pour les opérations extérieures, mais s’il faut dépenser davantage, cela sera «pris sur la réserve de précaution», a indiqué Jérôme Cahuzac, le ministre délégué au Budget aux Echos. Face au peu d’entrain montré par l’Union européenne, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, la France se trouve esseulée.
Un faible engagement que M. Hubert Rodier explique par trois facteurs : d’abord, «la contrainte budgétaire» avec la crise économique mondiale, ensuite «la réaction unilatérale de la France», et enfin «la faible mobilisation européenne» en raison de la faiblesse des efforts entrepris dans ce sens par «Catherine Ashton en charge de la diplomatie européenne qui n’a pas mobilisé tout le monde pour résoudre la crise».

Les opérations extérieures de la France censées baisser avec le retrait d’Afghanistan vont s’en trouver augmentées, même s’il «y aura peut-être un budget multilatéral avec l’intervention des troupes africaines.» Quant aux autres puissances mondiales, elles se limitent pour l’instant à un soutien logistique.

L’intérêt économique

Face à cette contrainte de financement, en l’absence de soutien, et par-delà le souci sécuritaire lié à la lutte contre le terrorisme, l’on se demande si le Mali présente quelques intérêts économiques qui puissent pousser la France à entreprendre une opération aussi coûteuse qu’indéterminée dans le temps.

Le président français a d’emblée affirmé que son pays ne poursuit aucun «calcul politique ou économique» à travers cette opération. Certaines données économiques peuvent conforter ses propos. Les entreprises françaises présentes au Mali sont à peine une cinquantaine. Jacques Hubert Rodier affirme à ce propos qu’en termes économiques, le Mali a pour la France «très peu d’importance» et si «le pari économique existe, il est très lointain puisqu’il paraîtrait qu’il y a du gaz au Mali, mais ça ne serait qu’à long terme».

Certains analystes algériens ont même affirmé la possibilité «qu’il y ait du pétrole au Mali, dans la région de l’Azawad», tout en précisant que l’importance de ces gisements reste méconnue et qu’il y aurait de toute manière «des problèmes en termes d’évacuation».

Par ailleurs, s’agissant des mines d’or au Mali, «les groupes aurifères français ne sont pas aussi importants que ceux de l’Afrique du sud par exemple», soutient l’éditorialiste des Echos. Damien Deltenre, doctorant à l’Université catholique de Louvain, spécialiste des questions liées aux ressources naturelles et la dimension géographique des guerres civiles partage cette thèse.

En dehors de l’or qui est «la principale ressource exploitée» au Mali, dit-il, il y a «le phosphate au nord de Gao, le bauxite dans le sud du pays et peut-être le pétrole au nord, mais les forages ont été décevants jusque-là». En tout état de cause, ces ressources ne méritent pas qu’on «fasse la guerre pour ça» et donc l’enjeu économique «est nul», selon lui puisque «les ressources sont surtout situées dans le sud».

Le Niger par ricochet

Pourtant, l’enjeu économique n’est pas totalement absent. D’ailleurs, M. Deltenre remarque que le Mali est «limitrophe du Niger et de l’Algérie, où les intérêts français sont beaucoup plus importants (uranium, gaz, pétrole)». De ce point de vue, l’opération se justifie par le fait que le risque encouru dans la région touche l’ensemble «des intérêts des puissances occidentales», affirme M. Hubert Rodier. La France, quant à elle, est «beaucoup plus concernée par ce qui pourrait toucher le Niger où les mines d’uranium servent à produire l’électricité nucléaire française».

Le Niger et le quatrième producteur mondial d’uranium

L’entreprise française Areva tire plus du tiers de sa production mondiale d’uranium dans ce pays. L’action de la France n’est donc pas totalement désintéressée sur le plan économique. Il s’agit de «maintenir la stabilité dans la région dans le but d’y maintenir les affaires», note M. Deltenre. Mais pas seulement. La France se trouve, selon notre interlocuteur, dans une situation «paradoxale» liée à son statut d’ancienne puissance coloniale. «Si elle ne fait rien, personne ne le fera, mais si elle intervient, elle se heurte aux accusations de néocolonialisme. C’est pour cela qu’elle a intérêt à élargir sa coalition».

Pour l’éditorialiste du journal économique Les Echos, «l’opération n’est pas liée directement à l’économie, mais concerne néanmoins le maintien de la présence française dans la région. La France veut montrer qu’elle n’abandonne pas l’Afrique», soutient-il. Se maintenir sur le continent s’avère nécessaire pour l’ancienne puissance coloniale, qui voit ses liens historiques avec le continent s’effilocher au profit d’autres puissances économiques mondiales.


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Re: LE MALI SUR UNE POUDRIERE

Messagede DjurDjura » 21 Jan 2013, 18:30

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Re: LE MALI SUR UNE POUDRIERE

Messagede ivo » 21 Jan 2013, 21:07

La guerre du Mali vue de France
fr info
Zoom aujourd'hui sur la guerre qui se joue en ce moment, au Mali, d'un point de vue non pas politique mais bien psychologique et personnel. Comment vit-on cette guerre dans laquelle la France s'est engagée il y a deux semaines maintenant ? Comment prend on conscience d'une guerre quand elle se déroule loin et quand nous en avons finalement très peu d'images ? Réponse d'Anne-Laure Gannac, de "Psychologies Magazine".

Les mots ont leur importance. Quand on entend dire "la France est en guerre", c'est toute une lourde histoire qui se rappelle à nous, avec une charge émotive évidente.

Cela réveille un sentiment patriotique, presque malgré soi, du fait de la proximité des pays concernés. Des français y vivent, des Maliens et des Algériens vivent en France, nous partageons avec ces pays une longue histoire : symboliquement, cette proximité dépasse le simple critère de la distance kilométrique.

Un récent sondage IFOP révèle que 75 % des français sont favorables à l'intervention de la France au Mali

C'est un chiffre assez étonnant de prime abord parce qu'on ne peut pas dire que l'opinion publique française soit généralement pro-guerre. On peut arguer que les français seraient particulièrement conscients et soucieux des nécessités géopolitiques et des intérêts économiques en jeu dans cette guerre au Mali. Sauf que ce sondage est arrivé très vite, avant même qu'on ait pu rassembler beaucoup d'informations sur ces causes profondes de l'intervention.

Cette adhésion est de l'ordre de l'émotion, de la réaction. Comme une sorte de réflexe : mais un réflexe conditionné. Ce soudain élan de patriotisme qui s'exprime maintenant révèle un besoin de se sentir soudain porté par un courage, par une force, par un élan.

Le besoin de se sentir solidaires, réunis dans un même combat contre cet ennemi trop flou, comme on le disait, parce qu'on le sait potentiellement partout.

Un chef d'Etat doit-il avoir "sa" guerre pour gagner en crédibilité et entrer dans l'Histoire ?

Il est évident que dès lors qu'il revêt le costume du chef des armées, le président obtient une autorité immédiate. Et si, en plus, la guerre qu'il décide d'entamer lui vaut le soutien de l'opinion publique et même de la majorité de ses opposants politiques, alors, bien sûr, sa puissance est totale.

Cette adhésion révèle probablement aussi ce besoin de se faire un chef. Sauf que cette image de chef relève beaucoup de l'idéal, du fantasme. C'est dans la confrontation avec le réel que tout peut changer, autrement dit dans la façon dont la guerre évoluera. Le réel et le temps jouent contre l'image fantasmée.

Sommes-nous désensibilisés à la guerre voire à la violence en général ?

L'une des qualités humaines c'est la capacité d'adaptation, y compris au pire. En apparence, cela peut générer un certain fatalisme : "De toutes façons, maintenant, on peut s'attendre à tout, on n'est plus à l'abri de rien". Ces remarques que l'on peut entendre autour de nous, donnent l'impression qu'on n'a plus peur. Pourtant, elles expriment toujours la peur, mais sous une autre forme, plus silencieuse, pernicieuse.

L'impact d'un conflit avec très peu d'images

L'absence d'images nous responsabiliserait davantage, parce qu'on ne peut plus s'en remettre seulement au choc des images. Il nous faut écouter, il nous faut imaginer. Il y a un travail à faire, qui mobilise la réflexion, l'imaginaire et les sentiments, bien sûr. Cet effort nous responsabilise, nous rend un peu plus acteur de la situation. Cela ne peut que nous donner un peu ce sentiment d'être, nous aussi, de cette guerre.

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Re: LE MALI SUR UNE POUDRIERE

Messagede ivo » 22 Jan 2013, 09:20

résumé:

Les armées françaises et maliennes sont entrées à Diabali et Douentza, deux villes qui étaient contrôlées par les islamistes. L'Egypte et l'Algérie ont annoncé qu'ils ne voulaient pas intervenir au Mali, où l'état d'urgence a été prolongé pour trois mois.
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L'hebdomadaire Paris-Match affirme lundi soir avoir contacté le porte-parole de Mokhtar Belmokhtar. Il aurait expliqué que pour le groupe islamiste armé, qui a attaqué le site d'In Amena en Algérie, cette attaque "n'était qu'un début".

Joulaybib aurait ainsi déclaré à l'hebdomadaire que la France "des croisés et de Juifs sionistes paiera son agression contre les musulmans du nord Mali (...) J'espère que la France se rend compte qu'il va y avoir des dizaines de Mohamed Merah et de Khaled Kelkal (responsable d'attentats en France dans les années 90".

Au 10e jour de l'opération Serval, les objectifs fixés par le chef de l'Etat et le gouvernement sont de plus en plus ambitieux. Et l'opposition est de plus en plus critique.

A Dubaï, François Hollande parlait de détruire les terroristes ou de les faire prisonniers, de les erradiquer. Et la durée nécessaire pour remplir cette mission de plus en plus lourde reste floue. Le président semble penser à l'après-guerre.

Le processus électoral prendra des mois. Avec le poids de cette mission de l'armée, le risque d'enlisement n'est pas négligeable. Et le soutien des français pourrait s'émousser.

"Impossible de savoir ce que coûte cette opération après 12 jours [...] on ne sait jamais avant la fin des opérations".
...
pendant la phase de montée en puissance, il y a des surcoûts extrêmement importants" notamment parce que la France est obligée d'emprunter, de louer des moyens de transports nécessaires à des pays étrangers.
...
cette somme comprend "tout ce qui est consommé comme carburant, munitions, entretien, vie de tous les jours, casse d'un certain nombre de matériels".
...
deux millions d'euros par jour, "ça ne parait pas impossible".
il faut savoir que l'argent dépensé au Mali par la France fait partie d'un poste budgétaire, les Opex, les opérations extérieures. Le budget prévisionnel a été fixé pour 2013 à 630 millions d'euros, avec tous les risques de dépassement que comportent les conflits.

commentaire:
Combien ça coute, la liberté ?
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Re: LE MALI SUR UNE POUDRIERE

Messagede ivo » 22 Jan 2013, 13:40

résumé:

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Une école de Diabali touchée par les bombardements © Radio France Etienne Monin
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Un obus tombé dans la cour d'une maison de Diabali © Radio France Etienne Monin
... les militaires maliens se sont rendus coupables ces derniers jours de sanglantes exactions en marge des combats.
... à Sévaré, depuis quelques jours, les langues se délient et racontent des meurtres sordides commis par les militaires maliens.
... les islamistes ont payé au prix fort leur résistance à l'armée. Décapitations, doigts coupés, cadavres mutilés, les scènes relatées sont d'une violence sordide.
... Sur le rebord du puits rebouché à la hâte, des traces de sang séché. Les djihadistes, dont de nombreux Touareg détestés par une partie de la population, ont été jetés à l'intérieur.
... le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major français, déclarait : "Je n'ai aucune indication d'indices qui confirmeraient ça."
... Le problème est tout de même pris au sérieux par l'armée française qui, si ses exactions se confirmaient, pourrait apparaître comme complice de telles actes commis par les militaires maliens. Surtout que d'autres témoignages avaient déjà montré un acharnement sur les communautés arabe et touareg du Mali.

"On se dirige vers une pénurie alimentaire" dans le nord du Mali
La situation est en passe de devenir dramatique, selon l'ONG Action contre la Faim.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves Le Drian avait déclaré dimanche que l'objectif des forces françaises, maliennes et ouest-africaines de la Misma était la "reconquête totale" du Mali avant d'ajouter : "On ne va pas laisser des poches de résistance".
La déclaration de Jean-Yves Le Drian a semé le trouble et nombreux sont ceux qui s'interrogent sur l'objectif de la France dans ce conflit.
"Quand on entend le ministre de la Défense expliquer qu'il faut reconquérir intégralement le territoire malien alors que l'Etat malien n'a jamais contrôlé son territoire, on se demande si on se met à la place des Maliens."

"Vous vous demandez ce qu'on va faire des terroristes si on les retrouvait? Les détruire. Les faire prisonniers si c'est possible. Et faire en sorte qu'ils ne puissent plus nuire à l'avenir. "
hollande
...s'il n'est plus question pour l'Etat de verser une rançon, rien n'empêche les canaux parallèles de fonctionner. Quatre des otages détenus au Sahel sont des employés d'Areva qui négocie de son coté la libération des Français.
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Re: LE MALI SUR UNE POUDRIERE

Messagede hocus » 22 Jan 2013, 16:58

Burn, burn - Africa's Afghanistan
By Pepe Escobar


http://www.atimes.com/atimes/Global_Eco ... 9Dj02.html
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Re: LE MALI SUR UNE POUDRIERE

Messagede barcelone 36 » 22 Jan 2013, 17:02

le dessin posté plus haut par DjurDjura est de Latuff, grand vainqueur du concours de caricatures sur la Shoah organisé par Ahmadinejad (ça en causait déjà dans le sujet "Bienvenue en Palestine"...) :confus:
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Re: LE MALI SUR UNE POUDRIERE

Messagede DjurDjura » 22 Jan 2013, 17:52

desole pour ce dessin mais il est bien representatif de ce qui se passe en ce moment je ne savais pas que ce dessinateur n'avait pas de credibilité

Pour en revenir au Mali, les exactions contre les populations civiles touaregs par l'armee malienne ne deroge pas à la regle, par son intervention militaire la France ser rend coupable de ses assassinats contre les populations civils touaregs du Nord Mali.




Barbarie de l’armée malienne : que la France assume ses responsabilites (...)

mardi 22 janvier 2013
par Masin



Ce ne sont pas les mises en garde qui ont manqué. Le MNLA, mais aussi nombre d’ONG et d’experts qui connaissent l’armée malienne, ont eu à mettre en garde quant au risque de voir l’armée malienne, fidèle à ses habitudes depuis maintenant plus d’une demi-siècle, commettre des exactions à l’encontre des populations civiles de l’Azawad.

Cela n’a pas tardé à arriver. Cela n’a pas tardé à arriver. En effet, des exécutions sommaires et une chasse à l’homme "blanc" ou aux "peaux rouges" (entendez par là "Touaregs") ont été constatées à Sévaré où des éléments de l’armée malienne exercent des représailles meurtrières, selon plusieurs témoignages. Les accès à cette ville ont été d’ailleurs fermés aux journalistes depuis dimanche 20 janvier. Cela permettra à ces fous de l’armée malienne de commettre leur crime à huis clos. Tout cela sous le menton de l’armée française qui, par ailleurs, sécurise l’aéroport de Sévaré. C’est aussi la France, avec ses hommes, qui est intervenue sur le terrain et qui a permis à ces militaires maliens de s’installer à Sévaré d’où ils ont été chassés par une bande de barbus il y a quelques jours.




Plusieurs quotidiens, notamment français, rapportent des témoignages faisant état de la barbarie des militaires maliens à l’égard de civils.

Le quotidien L’Express, dans son édition du 20 janvier 2013 évoque plusieurs témoignages décrivant des actes barbares commis par les militaires maliens qui s’attaquent aux peaux claires et qu’ils font disparaître de la manière la plus abjecte et sauvage.

Ainsi peut-on lire dans les colonnes de l’Express :
"Les morts étaient des rebelles !", ajoute cet ancien militaire, qui ne cache pas sa haine des "peaux-rouges", le surnom donné ici aux Touaregs. "Ils les ont jetés dans le puits. Les soldats ont achevé les rebelles blessés, ramenés de Konna. Les vivants ont été exécutés. Puis ils ont recouvert les corps de pneus et d’essence et les ont brûlés."

Ces Maliens osent prétendre combattre les islamistes, ces énergumènes qui veulent imposer leur cahriâa ! Ils ne sont que d’autres énergumènes qui veulent imposer une autre dictature à ceux qui ne sont pas de leur couleur.

Lors du soulèvement des années 1990, c’est vivants que l’armée malienne rassemblait des Touaregs sur qui elle versait de l’essence et les brûlaient en public.

Et c’est cette armée que l’État français est entrain de réhabiliter pour la réinstaller dans l’Azawad en lui donnant les moyens de poursuivre sa politique génocidaire à l’égard des Touaregs. La France se rend-t-elle compte de ce qu’elle est entrain de cautionner ? Se rend-t-elle compte qu’elle est entrain de de ramener au pouvoir des fous qui s’attaqueront aux Touaregs ? La France se rend-t-elle compte qu’elle est entrain de susciter la haine non seulement des Touaregs mais de l’ensemble des Berbères en soutenant et armant ceux-là qui sont décidés à "liquider du touareg" ?

Les exactions de l’armée malienne ont été aussi relevées et dénoncées par Human Rights Watch (HRW) qui a annoncé le 19 janvier 2013 être en possession d’informations crédibles sur de graves exactions, dont des meurtres, commises par les forces de sécurité maliennes à l’encontre de civils dans la localité de Niono : "Nous invitons instamment les autorités maliennes, tout comme les soldats et les autorités françaises et ouest-africaines, à faire le maximum pour garantir la protection de tous les civils", a déclaré l’ONG.

Il n’y a aucun doute, ce n’est pas aujourd’hui que l’État malien ou son armée adopteront une autre culture et renonceront au racisme et à la haine qui les animent depuis plus d’un demi-siècle. Et cela nous ne surprend pas. En revanche, la responsabilité de la France est grande. C’est la France qui doit être tenue pour responsable pour ces crimes commis par l’armée malienne aujourd’hui, et c’est la France qui aura à répondre de tous les crimes que ces barbares de Bamako s’apprêtent à commettre dans l’Azawad et sur les populations de l’Azawad.

Il y a cinquante-deux ans, la France a trahi les Touaregs et les a soumis, malgré eux, à une bande d’assoiffés de pouvoir qui dès 1963 ont montré leur véritable nature en mettant en œuvre leur politique génocidaire sur les Touaregs. La France avait laissé faire comme elle a laissé faire les exactions des années 1990.

Et si aujourd’hui François Hollande compte poursuivre la même attitude et donner les moyens à l’armée malienne pour massacrer et humilier les Touaregs, ce sont tous les Berbères qui lui en voudront et qui ne lui pardonneront jamais. Les Berbères qui ont assez pardonné jusque-là ont plus que jamais pris conscience de leurs intérêts et l’avenir sera forcément différent : ils sauront être reconnaissants à ceux qui les respectent et qui les soutiennent, mais ils ne pourront accepter que des États, quels qu’en soient les raisons, se mettent aux côtés des régimes qui les humilient et qui ont programmé leur éradication.


La Rédaction.


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Re: LE MALI SUR UNE POUDRIERE

Messagede digger » 22 Jan 2013, 21:49

Glenn Greenwald est un des journalistes les plus renommés des États-Unis. Cet ancien avocat constitutionnel tient une chronique journalière sur les libertés civiques et les questions de sécurité nationale aux États-Unis pour le quotidien britannique The Guardian. Il est notamment l'auteur d'un livre sans concession sur les conséquences désastreuses pour les libertés démocratiques du Patriot Act, « How Would a Patriot Act ? », paru en 2006, qui fut un bestseller Outre-Atlantique.
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Au moment où des avions français bombardent le Mali, une statistique toute simple explique le contexte : cette nation de l’Afrique de l’Ouest de 15 millions d’habitants est le huitième pays où les puissances occidentales ont, ces dernières années, bombardé et tué des musulmans, après l’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan, le Yémen, la Libye, la Somalie et les Philippines (sans parler des nombreuses tyrannies mortifères soutenues par l’Occident dans cette région du globe).
Pour des raisons évidentes, la rhétorique selon laquelle l’Occident n’est pas en guerre avec le monde musulman sonne de plus en plus faux chaque fois que le militarisme progresse. Mais cette nouvelle campagne massive de bombardements nous révèle des enseignements essentiels concernant l’interventionnisme occidental, des leçons qui, comme toujours, sont résolument ignorées.
Premièrement, comme l’a souligné le New York Times, l’instabilité que connaît le Mali est, pour une large part, la conséquence directe de l’intervention de l’Otan en Libye.
En particulier, « des combattants islamistes lourdement armés, très aguerris par les combats en Libye », « les importants stocks d’armes sortis de Libye, ainsi que des combattants différents, plus islamisés de retour de ce pays » ont joué un rôle de catalyseur dans l’effondrement d’un gouvernement soutenu par les États-Unis.
Pour reprendre l’excellente analyse d’Owen Jones dans le quotidien britannique The Independent :
« Cette intervention est la conséquence d’une autre intervention. On a fréquemment vendu la guerre en Libye comme un modèle de réussite pour un interventionnisme à visées progressistes. Pourtant, le renversement de la dictature de Kadhafi a eu des conséquences que les services de renseignement occidentaux ne se sont probablement pas donné la peine d’envisager.
Les Touaregs – qui traditionnellement venaient du nord du Mali– constituaient une proportion importante de son armée. Lorsque Kadhafi fut éjecté du pouvoir, ils retournèrent chez eux : parfois sous la contrainte lorsque des Africains noirs subirent des agressions dans la Libye post-Kadhafi, une donnée gênante largement ignorée des médias occidentaux.La guerre en Libye fut considérée comme un plein succès, seulement nous en vivons actuellement le contrecoup. »
À chaque fois, les interventions occidentales s’achèvent par incompétence ou par manque d’objectifs, et elles sèment les graines d’interventions futures. Étant donné la très grave instabilité qui affecte la Libye actuellement, couplée à la colère durable consécutive à l’attaque contre Benghazi, dans combien de temps nous annoncera-t-on que des bombardements et des envois de troupes dans ce pays sont – une fois encore – nécessaires pour combattre les forces « islamistes » au pouvoir : des forces mises en place grâce au renversement par l’Otan du gouvernement de ce pays ?
Deuxièmement, le renversement du gouvernement du Mali fut facilité par la désertion de soldats entraînés et armés par les États-Unis. Selon le New York Times, des cadres d’unités d’élite de cette armée, « entraînés minutieusement par les États-Unis, firent défection quand on eut vraiment besoin d’eux, en emportant chez l’ennemi, au plus fort de la bataille, des troupes, des armes, des camions et leurs compétences récentes, selon des responsables de l’armée malienne. » Puis, « un officier entraîné par les États-Unis a renversé le gouvernement élu du Mali, préparant le terrain pour la prise de la moitié du pays par des forces extrémistes islamistes. »
Autrement dit, l’Occident est de nouveau en guerre avec les forces mêmes qu’il a entraînées, financées et armées. Personne n’est plus compétent que les États-Unis et ses alliés pour créer ses propres ennemis, perpétuant ainsi un état de guerre sans fin. Lorsque les États-Unis ne trouvent pas d’ennemis à combattre, il les créent. Tout simplement.
Troisièmement, les bombardements de musulmans dans un nouveau pays provoqueront à l’évidence toujours plus de sentiments anti-occidentaux, ce qui alimentera le terrorisme. Déjà, comme l’a observé le Guardian, les avions de chasse français « ont tué au moins 11 civils, dont trois enfants ». Le long passé colonial de la France au Mali ne peut inévitablement exacerber que de la colère.
En décembre dernier, après que le Conseil de sécurité des Nations Unies eut autorisé une intervention au Mali, Salvatore Saguès, spécialiste de l’Afrique de l’Ouest pour Amnesty International, prévenait : « Une intervention armée internationale risque d’amplifier la violation des droits humains dont nous sommes déjà témoins dans ce conflit. »
Comme toujours, les gouvernements occidentaux sont parfaitement conscients de ce risque, et pourtant ils agissent comme ils l’ont planifié. Le New York Times observe que les bombardements français ont commencé « en dépit d’avertissements proférés depuis longtemps par les États-Unis selon lesquels une offensive de l’Occident contre un bastion islamiste pourrait battre le rappel de djihadistes dans le monde entier et susciter des attentats terroristes jusqu’en Europe. » De fait, au moment même où les Français tuent des civils au Mali, un raid conjoint franco-étatsunien en Somalie à causé la mort d’« au moins huit civils, dont deux femmes et deux enfants ».
Croire que les États-Unis et leurs alliés peuvent continuer de la sorte dans le monde entier, un pays après l’autre, peuvent bombarder et tuer des innocents – musulmans – et ne pas être la cible d’attentats « terroristes » est, pour des raisons évidente, pure folie.
Comme Paul Rogers, professeur à l’université de Bradford, le disait récemment, le bombardement du Mali «  sera décrit comme “un nouvel exemple d’agression contre l’islam”». Les espoirs que l’on pouvait nourrir concernant la fin de la «  guerre contre le terrorisme » sont totalement anéantis par l’agression en cours.
Quatrièmement, en dépit de la rhétorique d’autosatisfaction dont les démocraties occidentales adorent se délecter, il est sidérant de constater à quel point ces guerres sont menées sans aucune référence à un quelconque processus démocratique.
À propos de la participation du gouvernement britannique dans l’attaque contre le Mali, l’Independent estime « troublant, pour ne pas dire plus, que Cameron ait engagé la Grande-Bretagne dans ce conflit sans même avoir fait semblant de consulter le Parlement. »
De même, le Washington Post révèle que le président Obama n’a reconnu qu’après coup que des chasseurs étatsuniens ont pénétré dans l’espace aérien somalien dans le cadre de l’opération menée par la France dans ce pays. Il s’agit, selon le Post, «  d’un aveu rare des menées militaires des États-Unis dans la Corne de l’Afrique », donc du secret anti-démocratique qui entoure systématiquement les actes de guerre des États-Unis dans la région :
« L’armée des États-Unis avait basé un nombre croissant de drones Prédateurs, de F-15 au Camp Lemonnier, qui est devenu une base clé pour les opérations secrètes de contre-terrorisme en Somalie et au Yémen. Le ministère de la défense a refusé de donner l’identité des avions utilisés dans cette mission de récupération des otages, déclarant simplement qu’il s’agissait de chasseurs et non de drones… Cependant, on ne sait pas clairement pourquoi Obama s’est cru obligé de révéler l’existence de cette opération particulière alors qu’il n’avait pas évoqué d’autres missions bien précises menées en Somalie. Les porte-parole de la Maison Blanche et du Pentagone refusent de fournir des réponses à ces questions. »
Naturellement, le gouvernement Obama a drapé toute sa campagne d’assassinats par drones dans le manteau impénétrable du secret, s’assurant que cette campagne resterait hors de portée d’une quelconque investigation par les médias, les tribunaux et les citoyens.
Les États-Unis et leurs alliés occidentaux ne se contentent pas de mener une guerre sans fin, systématiquement, contre les musulmans. Ils le font dans un secret quasi complet, sans aucune transparence ni responsabilité. Bonjour les « démocraties » occidentales !
Finalement, la propagande utilisée pour justifier tout ceci est d’une banalité déprimante, même si elle est extrêmement efficace. Un gouvernement occidental qui souhaite bombarder des musulmans se contente de leur accoler méchamment l’étiquette de « terroristes », et le moindre débat, le moindre jugement critique sont instantanément étouffés dans l’œuf.
Comme l’a proclamé le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian, « le président Hollande est totalement déterminé à éradiquer les terroristes qui menacent la sécurité du Mali, notre propre pays et l’Europe. »
Comme toujours, cette vision simpliste déforme la réalité plutôt qu’elle ne la décrit. À l’évidence, les rebelles maliens ont commis toutes sortes d’atrocités odieuses (amputations, flagellation, lapidation jusqu’à la mort pour ceux qui s’opposent à leur interprétation de l’Islam), mais les forces gouvernementales maliennes ont, selon Amnesty, « arrêté, torturé et tué des Touaregs sur des bases ethniques. »
L’Independent nous prévient à juste titre : «  Ne vous laissez pas mener en bateau par la version offerte par les médias occidentaux : il s’agit d’une simplification perverse, comme celle qui nous a été imposée dans la cruelle guerre civile syrienne. »
Les bombardements français au Mali, avec peut-être la participation des États-Unis, sont une illustration du mode d’intervention occidental. La « guerre contre le terrorisme » est une guerre qui assure sa propre pérennité, précisément parce quelle crée sans fin ses propres ennemis et qu’elle fournit l’huile garantissant que le feu brûlera jusqu’à la fin des temps.
Mais la propagande à base de slogans qui sert à justifier tout ceci est à ce point facile et de pacotille (il faut tuer les terroristes !) qu’il est difficile de percevoir quand tout cela s’arrêtera.
La peur aveugle – pas seulement de la violence, mais de l’Autre – qui a été greffée avec succès dans le cerveau de nombreux citoyens occidentaux est telle que ce simple vocable vide de sens (les terroristes) est capable, à lui seul, d’engendrer un soutien inconditionnel à toute initiative prise en leur nom, quel que soit le secret ou le manque de preuves qui l’entoure.


http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-pierre-anselme/220113/un-etat-de-guerre-sans-fin
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Re: LE MALI SUR UNE POUDRIERE

Messagede ivo » 23 Jan 2013, 14:13

résumé:

L'aviation française a frappé mercredi un "centre de commandement" d'Aqmi à Tombouctou, fief avec Gao de la rébellion djihadiste. Pour l'armée malienne, la "libération" des deux villes pourrait "ne pas prendre plus d'un mois". Au sol, les troupes progressent, en attendant du renfort. Et la population civile compose.
... Sur la route, les acclamations des Maliens : "C'est la première mission où je perçois l'engouement de la population pour la présence française", confie le sergent-chef Ben, de l'opération Serval.
.... "arabes" et touaregs ont fui la région de Mopti de peur d'être assimilés aux djihadistes, quelques rares familles sont de retour.

Sur l'intervention française au Mali, Laurent Fabius annonce que "le gouvernement a décidé de ne pas entrer dans la polémique"."Ce qui est vrai c'est que la France agit au nom de la communauté internationale".
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Re: LE MALI SUR UNE POUDRIERE

Messagede DjurDjura » 23 Jan 2013, 15:39

Intervention au Mali : quel est le vrai but de cette guerre ?

Posté par Rédaction LQA on jan 17th, 2013







In http://blogs.rue89.com



François Hollande a pris une décision d’une extrême gravité, seul dans le palais de l’Elysée, sans avoir préalablement consulté le Parlement, comme la gauche s’y était pourtant engagée.

Les raisons qu’il a données pour décréter l’intervention sont connues. Les groupes qui occupent le Nord-Mali sont des fascistes et des fanatiques, doublés de trafiquants, qui font subir à la population malienne des violences inacceptables. Ils doivent être chassés.

La décision a été prise dans le cadre de la résolution 2085 de l’ONU, selon une interprétation discutable du droit international, et malgré un désaccord très clair entre la France et le reste du monde sur le tempo :
■l a France qui voulait intervenir le plus rapidement possible ;
■ de nombreux pays, dont les Etats-Unis et l’Algérie, qui ont toujours joué un rôle ambigu dans cette région, souhaitaient temporiser pour créer les conditions politiques de la reconquête du Nord.

Quelle politique africaine pour la gauche ?

Mais la question n’est plus là. Elle n’est même plus celle des otages Français, passés par profits et pertes de cette intervention précipitée et isolée.

La seule question qui vaille aujourd’hui est bien : quelle est la politique africaine de la gauche au pouvoir ? Va-t-elle poursuivre dans son rôle de gendarme de l’Afrique, comme nous le faisons depuis 150 ans ou créera-t-elle les conditions pour que les Africains prennent en main leur destin ?

Depuis les 50 ans d’indépendance des quatorze pays africains francophones, on ne compte pas moins de 50 interventions militaires françaises pour défendre les dictatures, nos expatriés et nos intérêts. Depuis quelques années, ces interventions se font au nom du droit d’ingérence et des droits de l’Homme.

Malgré toutes les déclarations de notre gouvernement sur la fin de la Françafrique, cette dernière intervention se situe dans la continuité d’une politique que nous dénonçons depuis longtemps.

Succès militaires, défaites politiques

Toutes les interventions militaires de ces dernières années (par exemple, en Afghanistan, en Irak et en Libye) se sont conclues par des succès militaires dans un premier temps, aussitôt suivis par des défaites politiques, et ce pour une simple raison : on ne remplace pas la volonté souveraine d’un peuple. Lorsque l’Etat est démantelé, il faut le reconstruire, lorsque l’unité d’un peuple est brisée, il faut la rétablir, lorsque l’armée est décomposée, il faut la rassembler, la former, lui redonner le moral.

C’est cette décomposition de la nation malienne qui est advenue ces derniers mois. Et ce, en grande partie, à cause de l’intervention française en Libye. La politique de Nicolas Sarkozy a entraîné le retour de centaines de Touaregs surarmés, désœuvrés et prêts à se jeter dans une aventure avec les djihadistes.

Parallèlement, la France n’a pas aidé le Mali à se défendre ; elle a abandonné le Président Amani Toumani Touré (ATT), tout seul dans la tempête qui se préparait. A deux mois de la fin de son mandat et de la transition politique, il ne pouvait même plus payer ses militaires qui se sont révoltés et ont entraîné l’effondrement de l’Etat malien.

Pétrole, uranium, terres cultivables…

Oui, il faut en finir avec les groupes djihadistes, mais c’est au peuple malien de le faire, avec l’aide de la communauté internationale. La guerre par procuration va renforcer la dépendance à moyen terme et ne créera pas le sursaut moral nécessaire, même si, aujourd’hui, une très grande majorité des Maliens se sent soulagée et applaudit l’intervention française.

Je ne suis pas un pacifiste bêlant ; je me suis prononcé pour l’interposition des troupes françaises en Côte d’Ivoire pendant dix années, afin de protéger les ivoiriens d’un nouveau Rwanda. Mais nous ne sommes pas dans ce contexte.

Les quelques centaines de djihadistes étaient à des dizaines de kilomètres de Mopti, elle-même à des centaines de kilomètres de Bamako. Le président malien a appelé au secours son homologue français parce que, comme son Premier ministre quelques semaines auparavant, il était menacé pour son incurie par son propre peuple.

Il ne faut pas se cacher la réalité, nous avons des intérêts stratégiques dans cette grande région du Mali : pétrole, uranium, ressources énormes en eau souterraine, terres cultivables…
Tout cela est convoité par les multinationales françaises, qataries, américaines… Sans oublier la plate-forme aéroportuaire de Tassalit (près de Kidal), utile pour surveiller et contrôler toute la région du Sahel, la Méditerranée, la mer Rouge.

Quel est notre objectif de guerre ?

Aujourd’hui, c’est tout le Sahel qui est déstabilisé, et pas seulement le Mali. Il ne faudrait pas que, dans une logique de dominos, après le Mali, précipité dans sa chute par l’intervention française en Libye, le Niger, le Burkina ou d’autres pays soient victimes de cette « cancérisation » de la région due au jeu trouble des grandes puissances et des groupes djihadistes.

Mais maintenant que le vin est tiré, il faut le boire. C’est pourquoi, cette intervention doit être limitée, encadrée, que les buts de guerre soient clairement définis : veut-on repousser les groupes djihadistes ou réoccuper l’ensemble du Nord ?

Il faut le dire clairement. Parce que, si la seconde solution est le vrai but de cette guerre, alors, ce ne seront pas deux semaines de conquêtes faciles, mais une guerre longue et coûteuse.

Crise humanitaire

La bataille dans le désert, c’est comme une bataille maritime : vous pouvez contrôler les villes, qui sont des îles-oasis, sans rien tenir du tout. L’Aqmi (Al Qaeda au Maghreb islamique), le Mujao (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest), et Ansar Eddine savent faire cette guerre.
Si les forces spéciales françaises ont le niveau suffisant pour s’opposer à leurs exactions, ce n’est pas le cas des troupes africaines. Il faut le savoir. Cette intervention devra donc être pérenne. L’enlisement de la France aussi.

Et c’est ainsi qu’elle prend le risque d’aggraver l’insécurité et d’engendrer une crise humanitaire encore plus importante dans l’ensemble du pays. Elle peut :

■ radicaliser les communautés ethniques ;
■ favoriser le développement du terrorisme et des prises d’otage ;
■ et, enfin, entraîner l’ensemble de la région dans un conflit multiforme.

On a donc raison de se poser des questions, de discuter, de débattre, de demander ce qui se passera ensuite, quel projet de développement la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’Union Africaine et l’Union européenne mettront en place pour que le Mali reconstitue son Etat, que le Sahel ne devienne pas une zone de libre circulation de la drogue, des armes et trafics en tout genre.

« Gauchafrique »

On a vu ce qui est advenu du gendarme américain au Moyen-Orient ; il ne faudrait pas que le retour du gendarme français en Afrique francophone subisse le même sort. Faute de s’être posé ces questions depuis près de 100 ans, on bâillonne les dissidents au nom de l’unité nationale. Chaque gouvernement fait taire les voix minoritaires. Puis quelques dizaines d’années plus tard, on réalise que l’on s’est trompé.

On fait de grandes déclarations sur les mutins de Craonne, sur Vichy, sur la torture en Algérie, sur Sétif ou le 17 octobre, sur la Françafrique. Ceux qui ont eu le courage d’interpeller le pouvoir sont morts et enterrés depuis longtemps. Peu m’importe que Jean François Copé ou Marine Le Pen soutiennent le gouvernement dans cette affaire, que seules quelques voix dérangeantes se fassent entendre dans le consensus actuel.

Je ne voudrais pas que, cette fois encore, faute d’avoir eu le débat public indispensable sur la guerre ou la paix, sur la vie ou la mort, on dise qu’à la Françafrique a succédé la Gauchafrique.


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Re: LE MALI SUR UNE POUDRIERE

Messagede DjurDjura » 23 Jan 2013, 16:03

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