Marques, brevets contre alternatives "libres" de droits

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Messagede sebiseb » 25 Aoû 2012, 11:46

Comme suite à la discussion engagée sur le fil de discussion concernant la lutte des Fralib contre leur firme Unilever ;
http://forum.anarchiste-revolutionnaire.org/viewtopic.php?f=72&t=5143&p=76058#p76053

Je pense qu'il est utile d'ouvrir sur ce forum une discussion concernant la propriété intellectuelle, et leur protection juridique forcenée. On connait en France Hadopi, pendant que ce négocie ACTA aux États-Unis et accepté par l'Europe. Les enjeux dépassent probablement tout ce que l'on peut imaginer, cet été sur le net à circuler cet article concernant les concessions de l'état britannique au comité des J.O. donnant le droit de répression à toutes celles et tout ceux qui critiquerait ou caricaturerait la marque (même en la soutenant) ;
http://scinfolex.wordpress.com/2012/07/27/comment-la-propriete-intellectuelle-a-transforme-les-jeux-olympiques-en-cauchemar-cyberpunk/

Cet article dépasse et de loin les enjeux du système économique financier, il nous éclaire sur le contrôle total qu'impose sournoisement les sociétés capitalistes sur le contrôle de nos vies. Car demain, pour utiliser le moindre objet pourtant acheter légalement il faudra payer, dès que l'on appuiera sur un bouton, ingurgitera un aliment, ... nous devrons rendre compte aux firmes détenant les brevets qu'elles auront déposés (pas toujours elle-mêmes créés).

Amis libertaires... combien d'entre vous utilise des logiciels libres, écoutent de la musique libre de droits ? Utiliser linux, les systèmes bsd, androïd, ... Écouter la musique sur jamendo, ...
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Re: Marques, brevets contre alternatives "libres" de droits

Messagede niouze » 25 Aoû 2012, 13:00

android libre ? pas totalement selon stallman..... http://tuxicoman.jesuislibre.net/2011/0 ... libre.html
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Re: Marques, brevets contre alternatives "libres" de droits

Messagede sebiseb » 25 Aoû 2012, 14:20

Quand tu utilises linux tu peux utiliser également du code proprio' comme par exemple quand tu installes une imprimantes HP - Pas obligatoirement, mais c'est la meilleure solution pour la faire fonctionner.
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Re: Marques, brevets contre alternatives "libres" de droits

Messagede niouze » 25 Aoû 2012, 14:52

je sais (et te raconte pas la galere quand c'est une canon vu que eux le libre c'est pas leur tasse de thé heureusement que la comunauté du libre est grande sinon j'aurait eu une imprimante qui me servirait juste de photocopieuse a l'epoque )
mais le probleme a mon sens sous android est remarquer ici par stallman
Google a respecté les règles de la licence GPL (General Public License ou Licence publique générale) pour Linux, mais la licence Apache sur le reste d'Android n'oblige pas à montrer le code. Google a dit qu'ils n'allaient jamais publier le code d'Android 3.0 (à part Linux), même si les exécutables ont été rendus disponibles pour le public. Le code source d'Android 3.1 est aussi retenu. Ainsi, Android 3, en dehors de Linux, est du logiciel propriétaire purement et simplement.
(...)
Le fait de ne pas rendre publique deux versions du code source est source d'inquiétudes dans le sens que Google pourrait vouloir rendre Android propriétaire de manière permanente, que la publication de quelques versions d'Android ait été une stratégie temporaire afin d'obtenir l'aide de la communauté pour améliorer un logiciel propriétaire. Espérons que ce n'est pas le cas.


apres pour repondre a ta question malheureusement beaucoup de gens utilise encore windaube (malgrer que ce soit quand même de la grosse merde cette os, bien qu'il parait que sa c'est arranger ???) parceque on leur fourni forcer dans leur pc (d'ailleurs chez moi il me prend encore la moitier de mon DD car pour faire valoir la garanti je n'ait pas le droit de l'enlever :x et bien sur la marque que j'ai prit m'empeche de le partitionner a moins de la moitier de celui ci vous jure sa fout les boules , enfin encore quelques mois et la garanti n'existera plus j pourrait enfin le virer complet )
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Re: Marques, brevets contre alternatives "libres" de droits

Messagede sebiseb » 26 Aoû 2012, 12:00

Disons que Androïd n'est pas forcément la panacée, tout comme linux ne l'est pas non plus en matière de "liberté"... à moins d'être un véritable "crack" de la prog'. Le but de google (créateur du système androïd) d'ailleurs n'est pas de faire un truc libre pour un truc libre, mais bien de s'imposer sur la planète de la mobilité - et c'est plutôt bien réussi.

Mais au-delà des systèmes informatiques libres qui sont presque anecdotiques dans le problèmes de brevets, c'est de voir que tout ce qu'on touche est propriété d'une firme capitaliste qui par l'intermédiaire de son droit "intellectuel" (sans rire) à presque tous les pouvoirs sur ceux qui veulent ou ont besoin d'utiliser.
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Messagede Le_Corbeau » 28 Aoû 2012, 23:20

Je sais pas ce que vous en pensez, mais pour moi il est de plus en plus clair qu'aujourd'hui, le véritable danger pour nos libertés individuelles provient des multinationales surpuissantes qui assures de plus en plus fortement (mais d'une manière discrète) leur domination sur la vie politique de nos sociétés...

Le combat que les défenseurs de ces droits mènent depuis des siècles contre les états (et où les anarchistes ne sont pas en reste) est en train de changer de forme. Désormais, ce n'est pas tant l'avènement de l'anarchie par la destruction de l'état, par la révolution, que nous devons élaborer, mais la survie de notre liberté face à des groupes industriels colossaux qui ne sont même plus vraiment des institution à visage humain, mais bien des sociétés redoutables qui n'existes que dans un seul but : La recherche systématique d'un profit maximal, par tout les moyens possible et imaginables, sans aucun respect de la vie des individus...Et la lutte risque d'être difficile, puisque ces groupes, non content de gouverner de paire avec les dirigeants "officielles", tendent à rendent les masses de consommateurs de plus en plus inertes, dépendantes, et manipulables à outrance.
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Messagede sebiseb » 29 Aoû 2012, 09:38

Le_Corbeau a écrit:Je sais pas ce que vous en pensez, mais pour moi il est de plus en plus clair qu'aujourd'hui, le véritable danger pour nos libertés individuelles provient des multinationales surpuissantes qui assures de plus en plus fortement (mais d'une manière discrète) leur domination sur la vie politique de nos sociétés...

Le combat que les défenseurs de ces droits mènent depuis des siècles contre les états (et où les anarchistes ne sont pas en reste) est en train de changer de forme. Désormais, ce n'est pas tant l'avènement de l'anarchie par la destruction de l'état, par la révolution, que nous devons élaborer, mais la survie de notre liberté face à des groupes industriels colossaux qui ne sont même plus vraiment des institution à visage humain, mais bien des sociétés redoutables qui n'existes que dans un seul but : La recherche systématique d'un profit maximal, par tout les moyens possible et imaginables, sans aucun respect de la vie des individus...Et la lutte risque d'être difficile, puisque ces groupes, non content de gouverner de paire avec les dirigeants "officielles", tendent à rendent les masses de consommateurs de plus en plus inertes, dépendantes, et manipulables à outrance.

Tout à fait d'accord, et j'ajoute que pour ces firmes mondiales les gouvernements sont perçus comme des staffs de chefs de filiales locales avec lesquels on organise le recherche de profit en fonction des usages et coutumes locales - En gros pour éviter des révoltes trop violentes (parce que c'est pas bien pour l'image) des prolétaires esclavagisés !
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Re: Marques, brevets contre alternatives "libres" de droits

Messagede Le_Corbeau » 29 Aoû 2012, 21:21

La question est : Comment lutter efficacement contre cette dictature financière qui, si elle existe depuis des siècles, prend avec les firmes multinationales une dimension de plus en plus inquiétante.

sebiseb a écrit:Amis libertaires... combien d'entre vous utilise des logiciels libres, écoutent de la musique libre de droits ? Utiliser linux, les systèmes bsd, androïd, ... Écouter la musique sur jamendo, ...


Faut-il boycotter les produits de ces sociétés ? Cela me parait bien difficile, tant les marchés en sont inondés.

Le risque existe pourtant. Le jour où il n'y aura plus que des vêtements disposant de puces électroniques intégrées, on se baladera habillé de sacs poubelles pour être sûr de ne pas être pisté ?

Pour ce qui est des brevets, il me parait clair que quelqu'un se revendiquant des idéaux anar ne peut choisir de s'assurer le monopole de production d'une innovation sous prétexte qu'il est le premier à y avoir pensé ! On nous serine que cela permet de sauvegarder la propriété intellectuelle, mais comme les brevets sont échangeables, voir vendables, cela perd tout son sens. Pire les brevets freinent l'innovation, et sont l'objet d'un vaste marché à propos duquel comme le fait remarquer sebiseb
sebiseb a écrit:Les enjeux dépassent probablement tout ce que l'on peut imaginer,

Bref, pour moi, tout cela est extrêmement malsain, et si vous avez des idées de luttes efficace, je suis preneur parce que moi j'en vois pas !
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Re: Marques, brevets contre alternatives "libres" de droits

Messagede niouze » 30 Aoû 2012, 00:01

Le jour où il n'y aura plus que des vêtements disposant de puces électroniques intégrées, on se baladera habillé de sacs poubelles pour être sûr de ne pas être pisté ?
ou on réaprendra la couture ^^


pour les brevet le risque n'est a mon sens pas tant dans l'innovation (rien que dans l'informatique la preuve est faite que le "breveter" côtoie le libre de droit même si pour l'instant le libre reste la marge, bien que celui ci soit performant (et même plus performant y a qu'a comparé un windows et un ubuntu par exemple )) que dans le brevetage du vivant.
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Re: Marques, brevets contre alternatives "libres" de droits

Messagede atheus » 31 Aoû 2012, 21:21

Amis libertaires... combien d'entre vous utilise des logiciels libres, écoutent de la musique libre de droits ? Utiliser linux, les systèmes bsd, androïd, ... Écouter la musique sur jamendo, ...


J'utilise linux, comme dirait une blague : "c'est mieux que windows, mais c'est gratuit.". Je pense que ce genre d'alternative avec le logiciel libre (etc.) est et restera une nécessite, la propriété privée est beaucoup plus facile à enfreindre numériquement que physiquement, et c'est pourquoi je suis un partisan de la lutte numérique également.

Je pense qu'hélas, l'outil numérique est aussi devenu un moyen de matraquage d'un état policier au service des capitalistes et que résister sur ce terrain-là devient alors une véritable nécessité, d'autant que certains mouvements comme anonymous ont montré qu'il était possible de faire trembler le capital de façon collective et anonyme, que tout le monde pouvait y mettre son grain de sel et faire bouger les choses.
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Re: Marques, brevets contre alternatives "libres" de droits

Messagede sebiseb » 01 Sep 2012, 11:47

Hélas le fait qu'Apple est gagné son procès aux États Unis contre Samsung qui utilise le système "moins fermé" Androïd (car au fond c'est ce système qui était visé), et bien que débouté au Japon... Il n'en reste pas moins que ces firmes visent à s'approprier les systèmes libres en brevetant ce qu'elles peuvent !
Il est pourtant démontré que les systèmes développés collectivement et donc librement sont plus fiables, plus responsables et plus innovants, mais évidement moins rentables !
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Re: Marques, brevets contre alternatives "libres" de droits

Messagede altersocial » 04 Sep 2012, 07:42

Les semences et les plantes, propriété exclusive de l’agro-industrie ?
Rien ne va plus pour les agriculteurs, les jardiniers et les artisans semenciers. Vendre ou échanger des semences de variétés anciennes, libres de droit de propriété et reproductibles est devenu quasi mission impossible. L’association Kokopelli en fait aujourd’hui les frais. Un récent arrêt de la Cour de justice européenne consacre le monopole de l’industrie semencière sur les plantes. La réforme en cours de la réglementation des semences n’augure rien de bon pour l’autonomie des paysans et la liberté de planter.

Elle a commis plus de 3 400 infractions. Et a été condamnée à payer une amende de 17 130 euros. Le nom de cette dangereuse contrevenante ? Kokopelli. Une association, dont le siège est à Alès (Gard), qui commercialise 1 700 variétés de plantes potagères, céréalières, médicinales, condimentaires et ornementales. Toutes les semences de Kokopelli sont libres de droit de propriété et reproductibles. Ce qui donne la possibilité de conserver une partie des semences de sa récolte pour les ressemer l’année suivante. L’association contribue à faire vivre la biodiversité agricole. Elle est pourtant considérée aujourd’hui comme hors-la-loi par les juridictions française et européenne. Son délit ? Vendre des semences de variétés non inscrites au catalogue officiel. Et ne pas avoir indiqué clairement leur destination exclusivement non commerciale (usage amateur, conservation ou recherche).

Depuis 1949, pour pouvoir être commercialisées, toutes les espèces ou variétés végétales doivent obligatoirement être inscrites au « catalogue officiel des espèces ou variétés ». Pour y figurer, elles doivent remplir plusieurs critères, évalués par un comité composé de représentants du ministère de l’Agriculture, de l’Institut national de recherche agronomique (Inra) et de représentants des semenciers. Pour les espèces potagères, les conditions d’inscription sont au nombre de trois : la « distinction », l’« homogénéité », et la « stabilité ». La variété proposée au catalogue doit être distincte des variétés existantes, donc nouvelle. Elle doit être « homogène », c’est-à-dire que les plantes d’une même variété doivent toutes être identiques. Enfin, la variété doit être stable génétiquement, ne pas évoluer au gré de ses reproductions ou multiplications.

Des semences standardisées pour l’industrie

Pourquoi les variétés commercialisées par Kokopelli ne sont-elles pas inscrites au catalogue officiel ? Selon l’avocate de l’association Blanche Magarinos-Rey, « ce catalogue pose des conditions incompatibles avec les caractéristiques mêmes des variétés vendues par l’association ». C’est l’homogénéité qui pose le plus de problèmes à l’association. « La base génétique de ces variétés est très large, car elles sont le fruit de nombreux croisements entre individus, explique-t-elle. Cela leur confère une capacité d’adaptation et d’évolution au fil du temps et selon les terroirs. Cela signifie également que ces variétés ne sont pas définitivement "fixées". » Leur stabilité, au sens de la réglementation, n’est donc pas assurée. Les plants et les fruits issus des reproductions et multiplications ne sont pas tous exactement les mêmes. Les tarifs d’inscription au catalogue sont également prohibitifs. « 500 euros en moyenne pour chaque variété, précise l’avocate de Kokopelli, sans compter les droits annuels à payer pour les différents types d’examens obligatoires. »

Alors que la diversité biologique est fondamentale pour affronter la crise alimentaire, le catalogue officiel se révèle être un facteur de réduction de la biodiversité. Entre 1954 et 2002, 80 % des variétés potagères auraient été radiées du catalogue selon le Réseau semences paysannes. Des 876 variétés inscrites en 1954, il n’en restait plus que 182 au catalogue officiel français en 2002. La raison de ces radiations ? Le poids de l’industrie semencière, qui, depuis cinquante ans, cherche « à standardiser les semences pour les adapter partout aux mêmes engrais et pesticides chimiques, estime le Réseau semences paysannes. « Il n’y a que dans les lois dictées par les lobbies industriels qu’on peut prétendre les rendre homogènes et stables ; dans la vraie vie, cela revient à les interdire. »

Rude bataille judiciaire

En 2005, Kokopelli est assignée devant les tribunaux par la société Graines Baumaux, près de Nancy, pour « concurrence déloyale ». L’entreprise prétend que l’activité de Kokopelli, dont les semences ne sont pas inscrites au catalogue officiel à la différence des siennes, lui causerait un préjudice. Le procès, favorable en première instance à Baumaux (janvier 2008), est actuellement en appel au tribunal de Nancy. En février 2011, Kokopelli obtient de la cour d’appel une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE).

La Cour de justice européenne doit répondre à une question : les directives européennes sur le commerce des semences potagères sont-elles bien compatibles avec les principes fondamentaux qui régissent le droit européen comme la préservation de la biodiversité, le libre-échange ou la liberté d’entreprise ? Le 19 janvier dernier, l’avocate générale, Juliane Kokott, rend publiques ses conclusions. Elle donne raison à Kokopelli (lire notre article). La disposition qui interdit de commercialiser des semences d’une variété dont il n’est pas établi qu’elle est distincte, stable et suffisamment homogène, est jugée invalide. « Pour bon nombre de "variétés anciennes", ces preuves ne peuvent pas être apportées », constate l’avocate générale. Elle demande donc aux juges européens de se positionner pour déterminer si cette restriction aux échanges de semences sont vraiment justifiés.

La biodiversité sacrifiée sur l’autel de la productivité

Malheureusement pour Kokopelli, le 12 juillet 2012, les juges européens décident de ne pas suivre les conclusions de l’avocate générale. Pour la Cour de justice, l’établissement de règles unifiées est la garantie « d’assurer une productivité accrue (…) conformément aux objectifs de la politique agricole commune ». [1]

Extrait de l’arrêt page 14

Par cet arrêt, la cour consacre « le paradigme productiviste », dénonce Kokopelli, au détriment de la commercialisation des semences de variétés anciennes. « Ces semences [standardisées] sont incapables de s’adapter à l’amplification des changements climatiques, pointe le Réseau semences paysannes dans un communiqué. Elles imposent toujours plus d’engrais et de pesticides chimiques qui nous empoisonnent, détruisent l’environnement et la biodiversité sauvage et font apparaître des pathogènes toujours plus virulents. »

Une cour de justice sous influence des lobbies semenciers ?

Dans les 20 pages de son arrêt, la cour qualifie à deux reprises les semences anciennes de « potentiellement nuisibles ». Rien n’est dit en revanche sur les semences enrobées de pesticides Cruiser ou Gaucho, inscrites au catalogue. Faut-il y voir le résultat des pressions de certains lobbies semenciers ? Ceux-ci ont pris soin, durant la procédure, de faire connaître à la cour leur désaccord avec l’avis de l’avocate générale.

C’est le cas notamment d’European Seed Association (ESA), très active dans les couloirs de Bruxelles pour affaiblir la directive européenne sur l’étiquetage des semences OGM. Elle a fait parvenir un courrier aux juges en février 2012 pour exprimer « ses préoccupations socio-économiques » [2]. L’ESA s’est également empressée de publier un communiqué suite à l’arrêt pour marquer sa totale convergence de vues avec la Cour européenne de justice…

Un autre catalogue pour les variétés anciennes ?

Autre possibilité, expliquent les juges européens dans l’arrêt : Kokopelli pourrait inscrire ses semences anciennes dans un catalogue annexe, pour les variétés dites « de conservation ». Une proposition qui n’est pas jugée satisfaisante : ce registre reste limité aux variétés anciennes produites à de très faibles volumes et obéissant là encore aux critères d’homogénéité et de stabilité. « Il faut également faire la démonstration que la variété est menacée d’érosion génétique, ce qui n’est pas une mince affaire », ajoute l’avocate de Kokopelli. « En deux ans et demi d’existence de ce nouveau catalogue, moins de dix variétés françaises y ont été enregistrées : n’est-ce pas la preuve de son échec ? », interroge le Réseau semences paysannes.

Le dossier revient maintenant devant la cour d’appel de Nancy. L’appréciation des juges européens n’augure rien de bon pour Kokopelli. La société Graines Baumaux demande à ce que l’association soit condamnée à lui payer 100 000 euros de dommages-intérêts, ainsi que la cessation de toutes ses activités. « L’étau se resserre, s’inquiète l’avocate de Kokopelli. Cette jurisprudence européenne qui vous dit que l’objectif d’une productivité accrue justifie tout y compris la dégradation de la biodiversité, est un mauvais signe pour les développements futurs de la législation. »

« Celui qui détient les graines contrôle les peuples »

Bruxelles travaille actuellement sur une réforme générale de la législation sur le commerce des semences. Un cycle de consultation des opérateurs concernés est ouvert, mais les associations de sauvegarde de la biodiversité n’ont pas été invitées à la table des négociations. « Dans la nouvelle proposition de la Commission, c’est l’Office européen des brevets qui sera chargé d’inscrire les variétés. Avant, cela relevait des organismes nationaux rattachés au ministère de l’Agriculture, pointe l’avocate de Kokopelli. En clair, la législation organise le monopole des variétés protégées par des droits de propriété. » La concentration des pouvoirs entre les mains de la commission européenne et de l’Office européen des brevets confirme la perte de compétence des États et la disparition de toute gestion locale des semences au profit des détenteurs de titres de propriété industrielle. « Celui qui détient les graines contrôle les peuples », dénonce Dominique Guillet, président de Kokopelli.

Aujourd’hui, dix firmes contrôlent les deux tiers du marché mondial de la semence [3]. Face à une industrie semencière toute-puissante, la résistance s’organise aux côtés de Kokopelli. Des associations comme les Croqueurs de carottes promettent de continuer de vendre des semences de variétés traditionnelles refusées ou non inscrites au catalogue. « D’abord parce qu’elles donnent entière satisfaction aux jardiniers, aux maraîchers et à leurs clients, précisent les Croqueurs. En outre, parce que les directives européennes autorisent encore cette commercialisation tant qu’elle ne vise "qu’une exploitation non commerciale" comme le jardinage pour l’autoconsommation. » Mais les projets de réforme en cours menacent de supprimer ce dernier espace de liberté. Au sein du collectif Semons la biodiversité, plusieurs associations mènent campagne pour une loi de reconnaissance des droits des paysans, des jardiniers et des artisans semenciers à utiliser, échanger, vendre et protéger leurs semences. L’autonomie des paysans et le maintien de la biodiversité sont en jeu.

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Re: Marques, brevets contre alternatives "libres" de droits

Messagede niouze » 21 Jan 2013, 19:03

je sais pas si sa a bien sa place ici donc si non déplacé ;) (quoique c'est une alternative au opérateur téléphonique
pour contrer les flicages de téléphone et aussi les factures de fournisseur une solution est peut etre en cours
Le logiciel de téléphonie mobile qui défie le contrôle des Etats
LE MONDE | 21.04.2012 à 10h10 • Mis à jour le 21.04.2012 à 10h10 Par Yves Eudes

Avec Serval, les mobiles pourront se passer de carte SIM et d'antenne relais.

Depuis quelques semaines, les propriétaires d'un téléphone mobile équipé du système Android peuvent télécharger gratuitement un logiciel baptisé Serval. Malgré une arrivée discrète, celui-ci pourrait bouleverser le marché de la téléphonie et remettre en cause le contrôle étatique des réseaux. Pour l'installer, il faut d'abord "rooter" son téléphone, c'est-à-dire désactiver les verrouillages imposés par les opérateurs. Dès lors, Serval permet à un groupe de mobiles de se connecter directement, sans carte SIM ni antenne relais. Il fonctionne selon le principe d'un maillage ("mesh") consistant à créer des réseaux temporaires et mouvants, entièrement décentralisés. Lorsque deux appareils sont proches l'un de l'autre (quelques centaines de mètres), ils se parlent en direct. S'ils sont trop éloignés, les autres téléphones Serval se trouvant dans la même zone captent automatiquement la communication et la retransmettent, de proche en proche – sans que leurs propriétaires aient à faire quoi que ce soit.

Serval a été inventé par Paul Gardner-Stephen, un chercheur australien de l'université Flinders d'Adelaïde, avec l'aide d'étudiants de l'Institut national de sciences appliquées de Lyon (INSA). Selon lui, son invention restaure les vraies potentialités des téléphones mobiles : "Dans les années 1980, les ingénieurs travaillant sur les premiers prototypes avaient imaginé des réseaux mesh, simples et bon marché. Mais les compagnies de téléphone les avaient empêchés de travailler dans cette direction, parce qu'elles voulaient préserver leur modèle pyramidal contrôlé par le haut, hérité du téléphone filaire – techniquement caduc mais commercialement très profitable. Aujourd'hui encore, si les mobiles ne peuvent pas se parler directement au niveau local, c'est parce qu'ils sont verrouillés par les opérateurs, qui obligent les usagers à passer par leurs relais et donc par leurs systèmes de facturation."

Dans sa première mouture, Serval se sert des émetteurs Wi-Fi des téléphones et, en cas de besoin, des bornes Wi-Fi alentour. Mais la prochaine version utilisera directement leur émetteur principal, sur les fréquences GSM – ce qui, en Europe, pourra poser des problèmes juridiques. Encore difficilement mesurables, les répercussions géopolitiques d'une telle invention sont potentiellement importantes. M. Gardner-Stephen souhaite ainsi la déployer en priorité dans des régions du tiers-monde délaissées par les opérateurs de téléphonie, et dans des zones où les réseaux ont été détruits par des catastrophes naturelles. Dans les grandes métropoles, où tout le monde possède un mobile, Serval pourrait aisément créer des réseaux denses et efficaces, échappant à tout contrôle, commercial ou administratif, au grand dam des Etats.

L'équipe de M. Gardner-Stephen a même imaginé un système encore plus puissant : certains téléphones seront spécialement configurés pour servir de relais à tous les autres, y compris ceux qui ne sont pas équipés du logiciel. En novembre 2011, Serval a été primé lors d'un concours de logiciels innovants organisé à Séoul (Corée du Sud). Déjà, des fabricants de mobiles chinois s'y intéressent.

http://www.lemonde.fr/international/art ... _3210.html

sur le coup c'est con que j'ai pas un smarttruc pour l’essayer
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Re: Marques, brevets contre alternatives "libres" de droits

Messagede digger » 21 Jan 2013, 19:37

Sûr que ça a sa place ici.
C'est réconfortant parce que ça montre que le flicage peut toujours être contré. Les formes de résistance et les moyens de le contourner seront toujours supérieurs à leurs capacités.
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Re: Marques, brevets contre alternatives "libres" de droits

Messagede digger » 21 Jan 2013, 19:40

Et comment que c'est-y qu'on déverrouille un portable ?
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