UMP, une affaire de famille
Tout le reste, comme d'habitude, en est estompé. Cessez-le-feu à Gaza, reculade de Hollande sur la "liberté de conscience" des maires devant le mariage homo, épreuve de force sur le budget européen : tout passe au second plan, quand la machine braque ses puissants projecteurs sur l'affrontement Copé-Fillon. Mais ne boudons pas notre plaisir de spectateurs. Si le spectacle fonctionne, c'est pour toutes sortes de raisons que je ne rappellerai pas, ne souhaitant pas lasser les lecteurs, mais aussi parce que s'impose le sentiment qu'il se passe quelque chose, authentiquement. Les combattants se sortent les tripes, et jouent leur vie. Ces petits soldats du sarkozysme, ces automates à éléments de langage, qui ont saturé l'espace cinq ans durant, les voici entraînés par la spirale de la guerre, réalisant progressivement que leur vie se joue là, maintenant, qui ne s'appartiennent plus. Aussi stupéfiant que cela paraisse, Fillon, le si prudent Fillon, semble sincère, quand il vient au 20 heures de TF1 souffler "je n'ai pas confiance", à propos de cette "commission des recours", où les séides de Copé l'attendent, bras et coeurs grand ouverts bien entendu, mais dagues planquées sous les vestons.
Quelque chose, mais quoi ? Cet éclatement de la "famille" néo-sarkozyste (comptons le nombre d'occurences de ce mot "notre famille"), on l'observe sans vraiment parvenir à décider ce que l'on voit. Une crise de nerfs, une scène de ménage supplémentaire, à ajouter au long chapelet des guéguerres de la droite la plus bête du monde ? Ou bien l'explosion grandiose du parti hégémonique de la droite, victime de la droitisation de ses militants, et qui provoquera d'imprévisibles réactions en chaîne ? On en a vu, des bastons, dans les partis, au lendemain des défaites. Si l'on mettait bout à bout toutes les savantes prophéties sur la fin de l'UMP ou du PS, on aurait de quoi relier la terre à la lune. Mais il se trouve que les partis ont la vie dure. Ils maîtrisent les investitures, et recueillent les subventions publiques, deux puissantes raisons qui font hésiter le bras des parricides. Voilà comment, contre toute logique, et comme certains couples, ils survivent, parce qu'il fait froid dehors.
Se surajoute au pugilat une lutte, plus traditionnelle, de jeunes rénovateurs vertueux contre les vieux crocodiles en place. Car l'affrontement des crocodiles a masqué le second vote, à l'UMP, celui sur les motions, remporté par la motion "La droite forte" (1), se revendiquant de Sarkozy, et dont les signataires, deux trentenaires chic et choc, veulent supprimer le droit de grève des enseignants, ou encore (2) -ce n'est qu'un exemple- rajouter dans la Constitution la phrase : "la France est une République laïque de tradition chrétienne". N'en tirons encore aucune conclusion. Ce n'est qu'une pièce supplémentaire du puzzle qui s'assemble sous nos yeux, et dont nul ne connaît la figure finale.
(1) http://www.ladroiteforte.com/
(2) http://www.ladroiteforte.fr/les-idees-f ... republique
Daniel Schneidermann
Ce n'est qu'une pièce supplémentaire du puzzle qui s'assemble sous nos yeux, et dont nul ne connaît la figure finale.
Copé-Fillon : de l'utilité des partis
C'est curieux, comme change une musique de fond. Tout au long de l'élection du président de l'UMP, ce n'était qu'une mélopée dans l'éditocratie: au fond, rien ne les sépare, sinon quelques bémols. Fillon et Copé, Coillon et Fipé, quelle différence ? Voyez leur compétition pour exhiber le plus beau morceau de la vraie croix du sarkozysme ! Rien d'autre qu'une lutte d'égos, un combat de coqs, affaire classée, dossier suivant.
Ecoutez aujourd'hui les mêmes, en proie à la Révélation: la scission est profonde, la faille est béante. Au fond, entre le FN et les centristes, la vie politique française a-t-elle encore besoin d'une UMP ? Le néo-gaullisme a-t-il un sens, quarante ans après la mort de De Gaulle ?
Entre les deux, que s'est-il passé ? Le feuilleton, bien entendu, le haletant feuilleton. Mais regardons-le de plus près, ce feuilleton. Le combat de coqs n'est-il qu'un combat de coqs, ou bien masque-t-il, annonce-t-il, est-il la face visible, d'une recomposition en profondeur de la droite, et donc de la vie politique française ? A l'appui de la seconde hypothèse, l'âpreté du combat. S'il ne s'agissait que de la pulsion suicidaire de deux dirigeants, il se serait bien trouvé des seconds, des lieutenants, pour les ramener à la raison. Mais à l'inverse, à l'appui de la première hypothèse, on remarque par exemple avec intérêt, derrière Fillon, la présence du mémorable tandem niçois Ciotti-Estrosi (1), dont on ne voit pas bien ce qui, idéologiquement, les sépare de Copé.
En vérité, vu de loin par temps de brouillard, il semble acquis que cohabitent à l'UMP des militants qui n'ont, idéologiquement, pas grand chose de commun. De la même manière que cohabitent, dans le peuple socialiste profond, des gens qui, sur la règle d'or, "l'objectif des 3%", la vision de l'Europe, ou le choix de société qu'implique la construction de Notre-Dame-des-Landes, n'ont pas grand chose de commmun non plus. En cherchant bien, sans doute trouverait-on, aussi au Front de Gauche des militants qui, sur le nucléaire, ont des visions assez divergentes. Et alors ? Si les Partis servaient à exprimer des convictions, ça se saurait. Depuis longtemps (depuis toujours ?) les partis politiques ne servent pas à grand chose d'autre qu'à conquérir le pouvoir, à distribuer les investitures, et à capter les subventions publiques. Des coffres-forts, et des fichiers. Ce qui peut laisser sceptique, sur les perspectives à court terme de "scission" de l'UMP, comme le suggère par exemple l'image d'un Fillon, au soir du torpillage de la "médiation" Juppé, rentrant sagement dans son immeuble bourgeois sans prendre la parole. Mais je ne suis pas politologue et ne prendrais pas les paris.
(1) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2996
Daniel Schneidermann

ivo a écrit:et en complément coppé annonce ce soir qu'il ne tolèrera aucune alliance avec le fn ...
^^
Deux dentistes marseillais, soupçonnés d'avoir provoqué des mutilations ou des infirmités sur des patients aux dents saines et commis une fraude estimée à plusieurs millions d'euros, ont été présentés jeudi après-midi à un juge d'instruction.
Hollande, l'homme qui rit dans les tempêtes
Voici un homme heureux. Jovial. Facétieux, semble-t-il. Qui nous désigne un spectacle, hors champ, que nous ne voyons donc pas, mais manifestement de nature à le réjouir. Quel est ce spectacle ? C'est Le Lab d'Europe 1 qui l'explique (1). François Hollande, vendredi matin, vient de recevoir Jean-Luc Mélenchon. Et il s'apprête à accueillir sur le perron Mario Draghi, président de la Banque Centrale Européenne. Et voici la bonne blague: il explique à ses copains photographes (dont celui de Reuters, qui a déclenché au bon moment) avoir fait en sorte (horaires minutés, portes dérobées) que les deux ne se croisent pas. Le bruit et la fureur, contre le bourreau de la Grèce, en effet, la rencontre aurait pu faire des étincelles.
Et l'idée, la représentation, le fantasme de cette rencontre qui n'aura pas lieu l'amuse, manifestement. On ne peut pas éternellement faire une croix sur les petites blagues. Se fûssent-ils croisés dans les couloirs de l'Elysée, le spectacle n'eût pas manqué de saillies, de répliques, de piquant. Peut-être le ton fût-il monté. Au fond, pourquoi ne pas en rire ? La rigueur sur l'Europe, les menaces sur l'Espagne et le Portugal, les Grecs qui renoncent à se soigner, tout ceci peut aussi se regarder du balcon, comme une pièce de boulevard, n'est-ce pas, avec amant en caleçon qui s'éclipse par la fenêtre.
Heureux homme. Il aura, dans les mois qui viennent, bien d'autres occasions de s'égayer. Pendant le week-end, à en croire Libération, il a retenu par la manche Montebourg, qui menaçait de démissionner, après avoir été humilié par Ayrault, à propos du repreneur fantôme des hauts fourneaux de Florange, qu'il (Montebourg) assurait avoir trouvé. Imaginez la scène, si Montebourg menace de croiser Ayrault, si Mittal croise les syndicalistes de Florange, si Merkel croise n'importe qui: on n'a pas fini de rire.
Certains clients de courrier électronique bloquent l'accès direct aux liens. Aussi, vous trouverez ci dessous et en clair l'ensemble des adresses web de ce présent message :
(1) http://lelab.europe1.fr/t/francois-holl ... raghi-6197
Daniel Schneidermann
Chérèque qui caresse le chat empaillé
Au lendemain de la manif parisienne, soulevons quelques interrogations absurdes...
Ce qui met en colère, ce sont tous ces gens qui sont persuadés d'avoir raison, dans les deux camps, sur un sujet aussi complexe et délicat... Surtout quand on essaie de mêler la religion à tout cela... Parce que tout de même, certains passages des écritures sont très ambigus et permettent de se poser de légitimes questions... Prenons Adam... Le tout premier homme... Celui mis en production le sixième jour à partir d'un peu de poussière et d'un souffle divin... Technologie fascinante, vous en conviendrez, à côté de laquelle la découverte du boson de Higgs s'apparente à un gadget trouvé dans un Kinder surprise...
Eh bien, ce tout premier homme, s'il avait été homosexuel, comment aurait-il pu s'en apercevoir, puisque, pour qu'il s'ennuie un peu moins à une époque où les jeux vidéo n'existaient pas, on lui a envoyé Eve ? Ca coupait court à toute polémique... S'il avait eu le choix, si le livreur de Chronopost lui avait envoyé à la fois Eve et Robert, par exemple, vers qui aurait penché Adam ? S'il avait choisi Robert, le destin de l'humanité en eût été bouleversé, avec une inversion de la norme... D'autant qu'en matière de procréation assistée, on a aussi fait très fort quelques millénaires plus tard, en apprenant à Marie qu'elle était enceinte par l'opération du Saint Esprit... Cas unique dans les annales... Même dans les articles les plus pointus du New Journal of Medicine, la référence absolue en la matière, ils n'ont jamais rien rapporté de pareil à l'échelle planétaire...
On peut donc comprendre qu'entre homophobie potentielle ou défense d'une famille traditionnelle dont le mètre-étalon, si j'ose dire, est issu d'une intervention mystérieuse où l'on a bien une maman, mais des difficultés à prouver l'existence d'un papa, du moins par les tests ADN, on peut donc comprendre que l'Eglise catholique ait un peu de mal à adopter une attitude parfaitement claire sur une question aussi délicate... Malgré les apparences de la manifestation d'hier... D'ailleurs, il existe aussi des associations de gays chrétiens militants, qui ne sont pas toutes favorables au mariage pour tous... Vous y comprenez quelque chose ?
En tout cas, c'est vrai, il ne faut pas faire d'amalgame, comme on en a entendu quelques délirants ces derniers mois, qui prétendaient que le mariage pour tous et son corollaire du droit à la filiation était la porte ouverte en direction de la pédophilie, de l'inceste ou de je ne sais quoi encore... On ne peut pas aller dans ce sens... C'est comme si on se mettait à soupçonner Jésus d'être gay sous prétexte que les apôtres étaient tous des garçons... Ce serait totalement ridicule... Et je comprendrais qu'on puisse, dans ce cas, et en fonction de ses croyances, se lever du mauvais pied... Mais bon, il serait encore l'heure d'aller se recoucher...
Le gouvernement confirme ce lundi matin la conclusion d'un accord avec EDF pour résorber le manque à gagner sur les finances du groupe de la taxe qui finance notamment les énergies renouvelables. Une créance totale d'environ 4,9 milliards d'euros qui devrait être soldée d'ici le 31 décembre 2018.
La CSPE finance notamment le recours aux énergies renouvelables © Radio France - Stéphanie Berlu
A l'origine de cette décision, l'insuffisance depuis plusieurs années du montant de la Contribution au service public de l'électricité qui doit financer le recours aux énergies renouvelables, les surcoûts de l'électricité dans les îles non connectées au réseau national ou encore les tarifs sociaux de l'électricité.
"Depuis 2007, le montant de la CSPE ne suffit pas à compenser l'augmentation de ces charges. Le déficit du mécanisme est porté seulement par EDF et pèse sur l'endettement du groupe", explique le groupe dans un communiqué.
Les ministres concernés Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie et des Finances, Delphine Batho, la ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie et Jérôme Cahuzac, le ministre délégué chargé du budget insistent sur le fait que ce "déficit de couverture" a été "accumulé par le précédent gouvernement."
L'accord prévoit le remboursement de la créance constituée du
déficit de la CSPE au 31 décembre 2012, soit environ 4,3 milliards d'euros. Une somme à laquelle il faut ajouter environ 600 millions d'euros de manque à gagner financier accumulé au fil
des années. Cette créance totale d'environ 4,9 milliards d'euros sera soldée d'ici le 31 décembre 2018, au moyen d'un "échéancier de remboursement progressif, et sera rémunérée aux conditions de marché"
les citoyens à la souveraineté flexibilisée sont invités à l' obligatoire devoir de contribution au renflouement de banques, du nucléaire... suite au "déficit de couverture" d' incompétents patentés non responsables, la privatisation des bénéfices est proportionnelle à la collectivisation des pertes, de droite ou de gauche, la banqueroute fait la fortune des prêteurs... ça ira ça ira
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