Le choix n'est pas entre "être un mouvement de masse" ou "attendre en sous marin". Je pense que tout le monde à la FA, à AL, ou ailleurs trouverait génial que son orga devienne une orga de masse. Mais le truc c'est que ça ne se décrete pas comme ça. Le manque d'influence du mouvement anar et le manque de visibilité de nos orgas n'est pas un choix politique, mais une conséquence de notre faiblesse.
Ensuite, je pense que sur la question de la perspective révolutionnaire, la meilleure réponse est celle de la grève et des mouvements sociaux comme "gymnastique révolutionnaire". Seule l'expérience de la résistance au capitalisme et à l'Etat peut préparer les masses à jouer un rôle révolutionnaire. Une grève victorieuse prépare à la fois les travailleurs à résister et à combattre, et à la fois améliore les conditions de vie du plus grand nombre.
Quand tu dis qu'il faut préparer la révolution, si tu ne parles pas de ça je ne vois pas de quoi tu parles, ou alors il s'agit soit :
- De se préparer militairement, ou de rentrer dans des trips de type Brigades Rouges, le soutien populaire en moins. Ici on est plus dans la mythologie qu'autre chose.
- De discuter à qui mieux mieux de l'après révolution, transformant nos orgas en cafés philos coupés.
Dans les deux cas on est dans des conceptions d'avant-garde, de groupes restreints qui, soit par la violence soit par la discussion, vont remplacer l'action du prolétariat. C'est une vision politique que je ne partage pas.
Ensuite effectivement, rien ne dit qu'une révolution demain se déroulerait sur des bases anarchistes. Mais face à ce constat on peut tenter de faire en sorte que nos idées se développent et touchent le plus grand nombre, ou alors on peut se lamenter. Perso je choisis la première solution (comme diraient les totos : "Devant l’évidence de la catastrophe, il y a ceux qui s’indignent et ceux qui prennent acte, ceux qui dénoncent et ceux qui s’organisent. Nous sommes du côté de ceux qui s’organisent."), et pour moi ça passe par la construction d'une organisation anarchiste forte et structurée et par notre investissement dans les organisations de masse. Un grand nombre d'anarchistes travaillent à diffuser leurs idées, se regroupent, militent, s'investissent, etc. mais ils sont trop peu nombreux, et c'est bien dommage.
