Parti de Gauche - Front de gauche (2012)

Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 13 Juin 2012, 18:41

Mélenchon éliminé face à Le Pen, le FG pas assuré de conserver son groupe 11-06

Après la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a donc une nouvelle fois perdu son combat face à Marine Le Pen aux législatives alors que le Front de gauche, avec 7,5 à 8% des voix selon les estimations, n'est pas assuré de conserver son groupe à l'Assemblée. (c) Afp

Après la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon a donc une nouvelle fois perdu son combat face à Marine Le Pen aux législatives alors que le Front de gauche, avec 7,5 à 8% des voix selon les estimations, n'est pas assuré de conserver son groupe à l'Assemblée.

Tous les yeux étaient tournés vers Hénin-Beaumont où l'ex-candidat à la présidentielle se confrontait à la présidente du FN et au PS Philippe Kemel.

Le coprésident du Parti de gauche qui avait déjà raté son duel face à Mme Le Pen à la présidentielle (11,1% contre 17,9%) faisait grise mine en reconnaissant sa défaite.

L'eurodéputé, qui ne pouvait pas se maintenir au 2e tour, a, entre les lignes, souhaité la victoire de la gauche, "même si Martine Aubry" a dit n'avoir "besoin de personne" pour l'emporter ici, a taclé l'ex-sénateur PS. Et de prévenir que "la partie est très sevère" au second tour, Mme Le Pen dépassant les 40%.

"le coeur paisible"

Accusant visiblement le coup, il a appelé ses troupes à "ne pas se laisser abattre", tout en disant avoir "le coeur paisible". Marie-George Buffet (PCF) lui a dit "merci" pour avoir mené "un combat sur les valeurs".

"On rate à très peu, c'est infime", a déploré Eric Coquerel (PG) qui accuse le PS de "continuer à considérer qu'il est plus utile de nous affaiblir que tout autre chose", après les visites sur place de Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault.

Globalement, avec 7,5 à 8%, le FG (16 sortants PCF et apparentés, 3 Parti de gauche) fait moins bien qu'à la présidentielle. Pour Stéphane Rozès (Cap conseil), c'est un "score en demi-teinte" : "décevant par rapport à la présidentielle mais en progression par rapport aux législatives 2007".

A la présidentielle, explique le politologue à l'AFP, "M. Mélenchon avait récupéré l'électorat d'extrême gauche" (NPA et LO). En 2007, les communistes et l'extrême gauche avaient obtenu presque 8% dont 4,3% pour le seul PCF. Et contrairement à 2012, leur score avait progressé de la présidentielle (1,93% pour Marie-George Buffet) aux législatives "par l'effet bastions communistes", note M. Rozès.

"On a une érosion" mais "il faut attendre" de voir le nombre de députés FG au soir du 17 juin, souligne M. Coquerel dont le PG devrait voir réélu Marc Dolez (Nord) alors que Martine Billard a perdu son siège à Paris.

ancrage national du FG

Pour Pierre Laurent, numéro un du PCF, le résultat global "confirme l'ancrage national" du FG "qui est à nouveau la seconde force de la gauche", devant EELV, comme aux régionales.

En projection de sièges, le FG, qui se veut en "autonomie conquérante" vis-à-vis du PS à l'Assemblée, obtient de 13 à 20 élus selon les sondeurs (15 élus nécessaires pour un groupe). Une réunion de coordination du FG doit se tenir lundi.

André Chassaigne (41,2%) devrait sans problème être réélu dans le Puy-de-Dôme au 2e tour, à l'image d'Alain Bocquet et Jean-Jacques Candelier dans le Nord (46,6% et 35,1%).

En Seine-Saint-Denis, Marie-George Buffet (33,6%) est légèrement devant Najia Amzal (PS, 30,5%) et François Asensi dépasse largement Stéphane Gatignon (ex-PCF, devenu EELV soutenu par le PS). A Martigues, Gaby Charroux devrait aussi l'emporter face au FN Béatrix Espallardo si le PS se retire.

Mais dans le Rhône et l'Aisne, Michèle Picard et Jean-Luc Lanouilh, qui remplaçaient respectivement les sortants André Gerin (PCF) et Jacques Dessalangre (PG), sont hors jeu, tout comme Jean-Claude Renaux dans la Somme qui succédait à Maxime Gremetz après sa démission.

Défaite aussi pour Jean-Pierre Brard (Seine-Saint-Denis) face à Razzy Hammadi (PS), soutenu par Dominique Voynet (EELV). Egalement sortant, Patrick Braouezec (31,2%) se retrouve derrière le PS Mathieu Hanotin (36,5%).

Enfin, comme un symbole de cette chute, Roland Muzeau, porte-parole des députés FG, est devancé dans les Hauts-de-Seine par le socialiste Alexis Bachelay.
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 15 Juin 2012, 20:31

Emmanuelle Bonhomme et Jean-Michel Cabiac, candidats du Front de Gauche dans la 16ème circonscription, nous transmettent cette déclaration par communiqué :

Nous tenons à remercier vivement les électeurs qui ont apporté leurs voix au Front de Gauche, pour les valeurs de justice sociale, de tolérance et d’humanisme dont nous sommes porteurs.

Nous souhaitons que l’économie soit soumise aux besoins des êtres humains et non l'inverse. Nous ne nous résignons pas aux fermetures des entreprises, aux délocalisations, au démantèlement des services publics pour les seuls intérêts de la Bourse et des actionnaires quand nous sommes de plus en plus nombreux à vivre dans l'angoisse des fins de mois.

Nos sommes 6.64% des électeurs de la circonscription à dire non à l’austérité, ni même à des petites mesures censées atténuer les conséquences de cette économie libérale. Nous sommes 6.64% à souhaiter que l’organisation de la société se fasse sur la base de nos besoins et non sur la base des besoins des marchés financiers.

Nous continuons à dire de toutes nos forces qu'un projet basé sur la haine et le rejet de l'autre ne ferait que nous précipiter dans le mur. Cette conception de la République fera reculer nos droits, nos libertés et nous appauvrira encore plus que les mesures prises pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Il est impensable que notre circonscription envoie une députée du Front National à l'Assemblée.

Au-delà de nos différences, parce que nous sommes responsables et clairement ancrés à gauche, nous nous ferons tout pour faire barrage à la candidate du Front National en votant pour le candidat de la majorité présidentielle, le socialiste Michel Vauzelle.

Nos droits, notre liberté, notre dignité, ce sera encore dans la rue que nous les défendrons après le 17 juin.
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 16 Juin 2012, 14:58

Gauche Unitaire 69 membre du Front de Gauche s’engage en faveur de l’égalité des droits pour les personnes LGBT : lesbiennes, gays, bisexuel-le-s et transgenres. Le samedi 16 juin 2012 se tient la Marche des fiertés lesbiennes, gays, bi et trans (LGBT) dont le mot d’ordre national est :

« 2012, L’ÉGALITÉ N’ATTEND PLUS ».

Le programme du Front de Gauche, « L’humain d’abord », propose un projet de République sociale, universaliste et émancipatrice, fondée sur l’intérêt général, la laïcité et l’égalité des droits pour tous dont les personnes LGBT.

Soucieux du calendrier que choisira le nouveau président, Gauche Unitaire s’engage dans tous les combats qui visent à faire voter rapidement une loi d’égalité des droits et de lutte contre les discriminations LGBT. Cette loi devra garantir l’égalité réelle, notamment en permettant :

- la détermination de son identité de genre à l’état civil

- le mariage et l’adoption pour tou-te-s

- des droits pour les couples étrangers et binationaux

- l’assouplissement des demandes d’asile pour les personnes persécutées en raison de leur orientation sexuelle

- la possibilité de faire un don du sang

- la lutte contre les discriminations à l’accès au logement et à l’emploi.

Afin de lutter contre les LGBTphobies à l’école ou au travail, il faut donner les moyens à l’Education et aux Inspections du travail pour mettre en place des campagnes de prévention et faire reculer les discriminations et les stéréotypes. Cela suppose de s’opposer à la fois à la logique de l’austérité et aux discours haineux véhiculés par l’extrême-droite et une partie de l’UMP.
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 17 Juin 2012, 19:56

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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 18 Juin 2012, 22:18

Pour le Front de gauche, " ce n'est pas un bon résultat "

Avec dix députés élus sur dix-neuf sortants, le Front de gauche pourra cependant constituer un groupe parlementaire avec le soutien d'élus ultra-marins, pour faire porter les aspirations du mouvement social à l'Assemblée nationale.

Les élus

André Chassaigne est ainsi largement réélu (67%) dans le Puy-de-Dôme. Dans le Cher, Nicolas Sansu remplace Jean-Claude Sandrier. Dans l'Oise, Patrice Carvalho sort vainqueur d'une triangulaire Front de gauche-UMP-FN. Dans les Bouches-du-Rhône, Gaby Charroux remporte son duel face au Front national avec plus de 60% des voix. Le Nord demeure une place forte du Front de gauche avec trois élus. Les deux députés sortants communistes, Alain Bocquet (20e) et Jean-Jacques Candelier (16e), ainsi que leur collègue Parti de gauche Marc Dolez (17e), conservent leur circonscription. En Seine-Saint-Denis, Marie-George Buffet et François Asensi passent, de même que Jacqueline Fraysse dans les Hauts-de-Seine.

En revanche, Fabien Thiémé (44,17%) ne parvient pas à pousser hors de l'Assemblée Jean-Louis Borloo. Patrick Braouezec, non-investi pour le deuxième tour par le Front de gauche, mais soutenu par ses composantes locales, ne l'a pas emporté face au socialiste Mathieu Hanotin.

Les résultats n'ont rien à voir avec la réalité

Dressant un bilan à chaud tout de suite après les résultats, Pierre Laurent, a estimé ce dimanche auprès de l'AFP que le score du Front de gauche aux législatives n'était "pas un bon résultat". Pour le secrétaire national du PCF, "le mode de scrutin et l'inversion du calendrier électoral dénaturent la portée des élections législatives et déforment le paysage de l'Assemblée nationale au profit du bipartisme. A gauche, la majorité législative est ainsi distordue par rapport à la réalité de la majorité politique de gauche dans le pays".

Pierre Laurent relève ainsi qu'avec 65% des voix de la gauche à l'élection présidentielle, le PS rafle plus de 90% des députés de gauche. A l'inverse, les 25% des voix de gauche à la présidentielle que représente le Front de gauche ne débouche que sur moins 5% des députés de gauche. "C'est une anomalie provoquée par une logique institutionnelle implacable qui, de scrutins en scrutin, a permis aux deux plus grosses formations de monopoliser aujourd'hui 90% des sièges à l'Assemblée nationale."

" Porte-parole des attentes du mouvement social "

"Nous avons payé cher notre autonomie", souligne lui aussi Jean-Luc Mélenchon. Pour l'ex-candidat dans la circonscription de Hénin-Beaumont, les voix du Front de gauche à l'Assemblée nationale auront une utilité: "Nous serons les porte-parole des attentes du mouvement social, sans concession ni naïveté, ni impatience."

Pour se faire, le mouvement devrait bien disposer d'un groupe parlementaire, grâce au soutien de députés d'Outre-mer qui étaient déjà présent dans le groupe Gauche démocratique et républicaine en 2007, ou l'abaissement à dix du seuil d'élus nécessaires. Relevant que les socialistes l'avaient accordé au Sénat pour les élus d'Europe écologie les Verts, Jean-Luc Mélenchon "pense que les socialistes n'ont pas intérêt à bloquer cela à l'Assemblée".

" Autonomes et constructifs "

interrogée sur une éventuelle entrée du PCF dans le gouvernement à l'issue des législatives, Marie-George Buffet a expliqué: "Nous ne pensons pas que ce programme (en 60 propositions de François Hollande) soit apte dans sa totalité à nous sortir de la crise donc nous serons dans la majorité de gauche mais autonomes et constructifs".
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 22 Juin 2012, 01:26

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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 24 Juin 2012, 01:10

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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 25 Juin 2012, 02:00

Démission de Jacques Rigaudiat du PG

Voir aussi debats-ouverts-a-gauche.org

Vanves, le lundi 18 juin 2012

Aux camarades du Comité Rosa-Luxembourg du Parti de gauche

Chers camarades,

Depuis quelques mois je me suis mis en sommeil, en congé du parti. Vous en connaissez les raisons, car nous avons eu à de multiples reprises l’occasion d’en discuter. Elles étaient d’autant plus claires, qu’avec Claude Debons nous en avons à deux reprises – lors du Congrès du Mans, puis ensuite dans une adresse au Conseil national, le 31 mai 2011 – explicité par écrit les motifs. Nous y mettions en garde contre « une analyse fantasmagorique de la situation française » servant de « justification à une orientation protestataire-révolutionnariste » ne répondant pas aux attentes populaires (cf. ce texte ci-joint).

La période électorale s’ouvrait et je n’ai pas voulu alors ajouter au tumulte et risquer de compliquer, fut-ce de façon minime, notre si difficile combat collectif. Cette période aujourd’hui se clôt et je reprends désormais mon entière liberté de parole et d’action. Ma décision, depuis longtemps mûrie mais que j’avais jusqu’à présent retenue, n’a plus de raison de l’être plus longtemps. Je vous informe donc de ma démission du Parti de gauche.

La séquence qui se ferme au lendemain de ce deuxième tour des législatives, ne m’a, en effet, pas conduit à modifier en quoi que ce soit l’analyse que nous faisions à la veille de son ouverture. Je ne vois pas que ce moment ait en rien conduit à la démentir, tout au contraire, elle m’apparaît avoir été prémonitoire. Certes, je ne minimise nullement le très grand succès qu’a constitué la campagne des présidentielles ; 11,1% fut un score magnifique, qu’à dire vrai je ne pensais pas voir le FdG atteindre. Je sais aussi ce qu’il doit à l’immense talent tribunicien de JLM. Mais une stratégie politique se juge à ses fruits et ils sont, au final, bien amers.

A peine acquis dans la présidentielle, notre capital électoral aura donc été aussitôt dilapidé dans la législative. Le FdG se retrouve désormais à son niveau initial, grosso modo celui acquis au lendemain des régionales et des cantonales, mais politiquement gravement affaibli pour la période qui vient. Le Président du parti de Gauche, qui avait su incarner une dynamique unitaire de la gauche de transformation, a été sèchement éliminé dans un combat qu’il a pris le risque de vouloir exemplaire nationalement. Sa défaite nous atteint tous. Durablement. Dans le débat politique national, elle éloigne sa voix et ainsi nous affaiblit. Mais au-delà de ce cas particulier, qui pour emblématique qu’il soit aurait pu n’être qu’isolé, si, en opérant un mouvement d’unification de la gauche de transformation, le FdG progresse en voix et en pourcentage par rapport au score de 2007 du PCF, il régresse, par contre, durement en sièges. En partie – et dans les Hauts de Seine nous ne le voyons que trop –, parce que dans bien des cas le PS dépasse certains des élus sortants du FdG. Au final, la représentation parlementaire du Front de Gauche se trouve lourdement affaiblie et celle du Parti de gauche est réduite à sa plus simple expression : son désormais unique député, Marc Dolez.

Face à la crise qui fait rage, cette déconvenue nous prive de l’arme d’un succès qui aurait prolongé celui de la présidentielle et conforté l’espoir qui s’y était levé, comme l’ont montré les formidables mobilisations dont nos meetings ont été l’occasion. Ce n’est pas ainsi que nous incarnerons l’alternative à gauche, dont notre pays a pourtant un urgent besoin. Ce n’est pas ainsi que nous deviendrons le parti de gouvernement que nous affirmons vouloir être. A moins, bien sûr, que nous ne comptions, mezzo voce, nous satisfaire d’une position analogue à celle initialement revendiquée par le NPA : n’apparaître politiquement que tous les 5 ans, ne pas véritablement chercher à peser dans des élections dont nous ne faisons pas vraiment notre affaire et, ainsi exclus du champ politique, n’espérer exister que par les luttes, dans l’attente de la « révolution citoyenne » qui ne manquera pas d’advenir, un jour. C’est d’ailleurs bien l’analyse que vient de réaffirmer F. Delapierre dans un entretien à Mediapart : « Notre finalité politique n’est pas d’avoir un maximum d’élus pour peser dans le cadre actuel des institutions ». Sans doute, mais peut-être faut-il s’interroger, dès lors qu’à défaut d’avoir un maximum d’élus nous n’en avons qu’un … minimum ! On comprend aussi mieux pourquoi le P.G. vit sur le mythe qu’unique « recours à gauche », il sera « inéluctablement » porté au pouvoir « avant dix ans », dès lors que, comme F. D., l’on table sur le fait que « les éléments peuvent aussi s’inviter ». La France n’est pas la Grèce et avant que d’inviter chez nous une même catastrophe sociale peut être vaudrait-il mieux se demander comment l’éviter ! Les mésaventures du NPA devraient pourtant nous éclairer sur l’aboutissement d’une telle vision pour un parti politique dans une société démocratique comme la nôtre : la marginalisation à brève échéance.

S’il en va ainsi, c’est que le Parti de gauche fait fausse route, dans son analyse de la situation, dans son mode de fonctionnement, comme dans sa tactique politique.

Je n’ai jamais partagé l’analyse, à mes yeux simpliste, qui veut voir dans les révolutions d’Amérique latine les prodromes d’un tsunami démocratique dont, après les « printemps arabes », la vague viendrait inévitablement submerger notre vieille Europe et sur laquelle il suffirait donc de savoir surfer. On comprend bien pourquoi, vue ainsi, la politique ne peut être l’affaire d’un « capitaine de pédalo », mais nécessite l’intervention d’un nouveau « libertador » ! Sur le fond, sans même évoquer les ombres multiples qui assombrissent la démocratie en Amérique latine – que le PG tait soigneusement –, ni celles qui, on le voit encore aujourd’hui même en Egypte, pèsent sur l’avenir des révolutions arabes – et que le PG n’a même jamais à ce jour cherché à analyser –, qu’il me suffise ici de dire, trop sommairement, que l’Europe est le lieu d’un affrontement d’une toute autre nature. Un affrontement qui vise à imposer un ordre nouveau, celui du capitalisme mondialisé, à des couches populaires socialement éclatées et subjectivement atomisées par trois décennies de chômage et de précarité et une désindustrialisation qui en a décimé le cœur résistant historique : la classe ouvrière. Cela, dans un moment où il est, de surcroît, désarmé de sa « weltschauung », de sa vision du monde et de son projet historique, par la faillite du « socialisme réel ».

J’admets bien volontiers que cette analyse puisse ne pas être partagée dans le PG, c’est le prix normal et légitime de l’action collective ; mais je constate qu’elle n’a même pas pu y être seulement discutée. Je ne parle pas ici de notre comité, mais des instances nationales, où je ne suis d’ailleurs pas seul à avoir, en vain, tenté de l’y porter. Chacun, à cet égard, se souvient du Congrès du Mans et de l’enterrement clandestin, sans fleurs ni couronnes, ni même de faire-part, de « Lignes d’horizon ». Cela pose, évidemment, la question du mode de fonctionnement du PG, dans lequel les vrais débats n’ont lieu qu’au sein d’un tout petit groupe qui, seul, prend les décisions. Les instances nationales officielles étant là non pour les discuter mais pour les avaliser et les transmettre.

Enfin, tout cela a conduit à une tactique politique gravement erronée. Ancré qu’il est dans la certitude que « le bruit et la fureur » auront raison de toutes les barrières, dans l’illusion complète de pouvoir être « en tête de la gauche », le PG oppose de manière impavide un optimisme inconditionnel et sans faille à toute réalité. Les raisons de fond déjà exposées, comme son mode de fonctionnement, l’ont ainsi conduit à privilégier tout à la fois, électoralement, la présidentielle et, politiquement, la coupure complète de la gauche de transformation d’avec celle de gouvernement et à s’enfermer dans un « combat homérique » contre le Front National. Avec, là encore, l’illusion – faute de toute analyse de la nature de l’emprise durable du FN dans les couches populaires, comme de la montée de l’extrême droite en Europe depuis plus d’une décennie –, de pouvoir le terrasser au premier combat. Pourtant, l’emprise du FN continue de s’affirmer et l’abstention de s’accroître et, les résultats en témoignent, même le combat mené dans la 11ème circonscription du Pas de Calais n’aura pas permis de démentir cette évolution nationale, au moment où le FN vient d’entrer pour la première fois à l’Assemblée sans le secours de la proportionnelle ! Au total, cette analyse erronée a conduit à une complète sous-estimation de la nécessité, sans doute moins flamboyante et plus triviale, de d’abord s’inscrire dans une dynamique anti-Sarkozy. Elle aurait dû conduire à rechercher en priorité un front commun de toute la gauche pour le battre, ce qui, évidemment, n’empêchait nullement la nécessaire différenciation programmatique sur les perspectives. Dans la pratique, le PG a, au fil du temps, oscillé entre deux positions ; par moment, il a affirmé haut et fort la seule perspective qu’il veut véritablement se reconnaître : devenir le centre de gravité de la Gauche, à d’autres, face à la réalité il s’est résolu à seulement s’en vouloir l’aiguillon. C’était là, dans les deux cas, se payer de mots et se conduire tel la mouche du coche (« c’est nous qui avons fait élire Hollande » !), car c’était négliger l’essentiel de ce qui se jouait dans ce moment précis : le rapport des forces final dans un scrutin majoritaire à deux tours. Faute d’avoir voulu poser dès le départ les conditions d’un accord démocratique avec le PS – et l’on sait que les représentants du PG en ont, au final, été les fossoyeurs –, le résultat était dès lors couru d’avance …

Pour toutes ces raisons, je ne peux continuer à feindre cautionner des choix que je ne partage pas et un mode de fonctionnement que je ne veux plus supporter.


La stratégie du Front de gauche est la seule valable à mes yeux, mais elle est exigeante et, bien plus que d’envolées lyriques et enflammées, elle se nourrit de constance et de cohérence. Elle appelle à une réflexion sur les profonds bouleversements qu’ont connus les sociétés capitalistes et le monde depuis trois décennies, elle seule permettra de bâtir une stratégie de transformation adaptée à notre époque. Elle est le socle sur lequel il nous faut, en dépit du grave revers que nous venons de subir, bâtir une force nouvelle, seule à même de faire bouger les lignes et de déplacer le centre de gravité de la gauche. Elle nécessite que soit construit un rapport nouveau à la gauche, qui soit tout à la fois front commun contre la droite et l’extrême droite et confrontation programmatique exigeante. Elle fut, hier, celle, victorieuse et toujours présente dans la mémoire collective, du Front populaire.

C’est cela, chers camarades, que je veux contribuer à construire. Le temps passe, le temps presse !
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 26 Juin 2012, 02:05

Après les législatives, des défis incontournables à gauche

Le résultat du 2ème tour des élections législatives a confirmé la tendance qui se dégageait au 1er tour. C’est la logique présidentialiste qui a dominé réduisant cette élection à un épilogue de la présidentielle. L’abstention encore plus importante au second tour des législatives témoigne d’ailleurs de l’affaiblissement de la démocratie que la Vème République sécrète elle-même. C’est le Parti Socialiste qui sort vainqueur des législatives en disposant à lui tout seul de la majorité absolue. Europe-Ecologie-les-Verts et les radicaux de gauche du PRG s’en sortent chacun avec un groupe parlementaire qu’ils doivent avant tout à leur satellisation croissante par le Parti Socialiste. Le Front de Gauche, après un résultat difficile au 1er tour, a réussi à conserver un groupe parlementaire ce qui lui permettra d’être plus audible dans les prochains débats parlementaires.

Les prochaines semaines seront cruciales. Surtout que la droite – si elle enregistre une nette défaite – est loin d’avoir été terrassée. Ses principaux leaders, comme Copé et Fillon qui sont des symboles du Sarkozysme, n’ont pas été balayés. Et dans un contexte de montée en puissance de l’extrême droite qui envoie trois députés à l’Assemblée (Marion Maréchal-Le Pen, Gilbert Collard et Jacques Bompard) et a nettement progressé dans la trentaine de duels de second tour auxquels elle participait, obtenant la plupart du temps plus de 40%, voire 45% des suffrages. Ce qui témoigne de la porosité aboutie entre la majorité des électorats de droite et d’extrême droite.

La droite est déterminée et combative et le FN est en embuscade et se nourrit de la crise pour désigner les étrangers et les immigrés comme des boucs émissaires. Les périls de la situation imposent à la gauche de mener une politique cohérente et audacieuse pour faire face aux exigences de la situation et dessiner une sortie de crise alternative. C’est ce que propose en permanence le Front de Gauche depuis sa création. Et ce sont les propositions qu’il portera avec force dans tout le pays dans les prochains mois. Des propositions de lois existent déjà qui peuvent être mis en œuvre rapidement. Le Front de Gauche a ainsi proposé pour faire face à l’avalanche de licenciements qui frappe le monde du travail de décréter un moratoire sur les plans sociaux, de voter l’interdiction des licenciements boursiers et d’aller vers une Sécurité Sociale Professionnelle pour sortir de la peur du chômage et de la précarité. Engager un combat frontal contre les inégalités est également une mesure d’urgence qui passe par une autre répartition des richesses, des mesures fiscales audacieuses qui permettent de dégager des marges de manœuvres et une augmentation des salaires et des minimas sociaux. Cela suppose de rompre avec les dogmes de la « réduction des déficits publics » qui imposent la limitation des dépenses sociales utiles et de refuser le traité européen TSCG, qui constitue une arme de guerre au service de la finance et contre les peuples.

Il faut envoyer des signaux forts pour impliquer le peuple dans la bataille contre la finance. Car la clé de la réussite de la gauche contre le libéralisme, c’est de susciter et de s’appuyer sur l’intervention populaire.
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 27 Juin 2012, 02:09

Mélenchon, le PCF et les colonies Philippe Pierre-Charles

«C’est à ses risques et périls que, en Europe, la révolution négligera les travailleurs de couleur». C.L.R. James

Il y a malheureusement une longue tradition des principaux courants de la gauche française de considérer comme une question secondaire le problème colonial. Dans les années 50 du siècle dernier, le PCF avait traduit cela par une formule restée célèbre dans les milieux concernés. Il ne faut pas, disait-il, «sacrifier le tout à la partie». «Le tout», c’était l’union avec la vieille SFIO;«la partie»n’était autre que le droit à l’autodétermination du peuple algérien.
On a peu réfléchi sur les conséquences de cette orientation sur l’évolution ultérieure du nationalisme algérien, en proie lui-même à d’intenses luttes de courants. Dans l’alliance du PCF et de quelques autres avec Jean-Luc Mélenchon, on peut se demander si la même maxime néfaste n’a pas été appliquée! «La partie», ici, ne serait que la solidarité avec les Anticolonialistes de ce qu’on appelle, en langage officiel, les DOM-TOM.Il est vrai que ce vocable ne concerne que quelques petits millions d’indigènes, aux quatre coins de la planète, qui ne posent pas de bombes (sauf pendant un bref intermède) et ne monopolisent l’attention des médias que lors des éruptions volcaniques …ou sociales.
De ce côté-ci de l’océan, on ne peut qu’être frappé de la rareté des interrogations portant sur le programme colonial du Front de gauche! «La partie» n’a vraiment pas semblé un cas de conscience pour le PCF, qui a classé sans bruit par pertes et profit la position abstentionniste du PC guadeloupéen, tout comme l’obligation du PC martiniquais d’ajouter au programme de Mélenchon, mais à ses risques et périls, des phrases rappelant vaguement qu’il est lui-même un parti anticolonialiste, pour s’embarquer dans le vote salvateur pour le FDG !
Il fut un temps, pas très lointain, où le PCF soutenait ouvertement la position autonomiste des PCM et PCG. Est-ce toujours le cas? Faudrait-il alors se laisser aller à la nostalgie sur cette modeste audace d’hier? On a entendu ici ou là, en France, de vifs regrets sur le «jacobinisme» mélenchonien. Mais une petite question a été esquivée et il nous revient de la poser: Comment s’appelle, cher-e-s camarades de la gauche française le jacobinisme lorsqu’il prétend s’appliquer de façon indifférenciée à des territoires encore colonisés?
«Je suis (…) républicain et français par passion»dixit J-L.Mélenchon. Nous ne nous permettrons pas de commenter. Mais, lorsque le même défend avec la même passion le caractère «un et indivisible» de sa France, lorsqu’il reproche vigoureusement à François Hollande d’imaginer un peu plus de pouvoir pour le Conseil régional de Corse, lorsqu’il peste contre la Charte des langues régionales, lorsqu’il prend des accents dignes de Jules Ferry sur ce que«la France a apporté à ces peuples», lorsqu’il nous bassine avec«l’atout que représente pour la France cette présence aux quatre coins de l’univers», nous sommes bien obligés de demander: mais où est la différence avec Sarkozy…ou pire encore?
Faire l’impasse sur cette question reviendrait à affirmer que la gauche française serait congénitalement incapable de secouer l’héritage colonial de la social-démocratie d’antan. C’est déjà dur de l’imaginer de Hollande, mais à sa gauche? Nous refusons une telle facilité. Elle serait mortelle pour toute idée d’alliance de l’anticapitalisme et de l’anticolonialisme.
Le célèbre intellectuel trinidadien C.L.R. James*, auteur de l’inoubliable ouvrage sur la révolution haïtienne, Les Jacobins noirs, concluait un article sur le soulèvement des esclaves d’Haïti par ces phrases:«…le rôle joué par les Noirs dans le succès de la Grande Révolution n’a jamais été suffisamment connu. C’est à ses risques et périls que, en Europe, la Révolution négligera les travailleurs de couleur».
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 01 Juil 2012, 02:29

[url=http://www.humanite.fr/politique/christian-picquet-«-un-pacte-d’urgence-gauche-»-499770]Christian Picquet « Un pacte d’urgence à gauche » Entretien réalisé par Mina Kaci[/url]

À la veille du Conseil national de la Gauche unitaire, samedi et dimanche, Christian Picquet, son porte-parole, et président de la coordination du Front de gauche, livre ses réflexions sur le devenir de la coalition.

Le Front de gauche débat de son positionnement. Comment vous situez-vous dans cette discussion ?

Christian Picquet. Le Front de gauche a pris une part active à cette première victoire politique ayant abouti à l’élimination d’une des deux figures dominantes (Sarkozy-Merkel) de la droite européenne. Il est devenu un élément incontournable du paysage à gauche et a redonné à une partie du peuple espoir dans la gauche. Le nouveau pouvoir est immédiatement confronté aux épreuves. Il n’y aura pas d’état de grâce, de recul possible des échéances. Les affrontements avec les marchés financiers et une droite de plus en plus lepénisée sont déjà d’actualité. Par conséquent, si le Front de gauche n’est évidemment pas dans la majorité présidentielle autour du programme de Hollande, sa responsabilité est de se situer de plain-pied dans la majorité populaire qui a remporté la victoire sur Sarkozy, donc dans la majorité qui a fait basculer la France à gauche.

« Majorité populaire » : cela équivaut, selon vous, à contestation ?

Christian Picquet. Le pire pour le Front de gauche serait de se replier dans une attitude d’incantation sur son programme ou de dénonciation de la politique gouvernementale. Nous devons être porteurs de propositions à destination de toute la gauche autour d’un objectif précis : faire en sorte que la gauche ne déçoive pas, que de l’espoir qu’a cristallisé la défaite de Sarkozy ne sorte pas la pire des désillusions. D’un tel champ de ruines ne subsisterait que du désespoir, nullement la possibilité de bâtir une alternative. Nous devons donc garder notre cap, être une force utile à la gauche et, pour cela, défendre les grandes mesures lui permettant de relever le gant, d’assumer l’affrontement avec les marchés financiers. C’est ainsi que le Front de gauche peut sortir du ressac subi aux élections législatives. Il peut de nouveau afficher son ambition majoritaire, donner du sens à « l’autonomie conquérante » qu’il a fait sienne.

Vous estimez que « l’autonomie conquérante » affirmée par Jean-Luc Mélenchon est un bon concept ?

Christian Picquet. Oui. Il ne se confond pas avec une logique d’opposition stérile à la majorité actuelle. Tout comme il récuse la posture de Cassandre qui consisterait à annoncer que ce gouvernement va trahir. Rien ne serait pire que de contribuer nous-mêmes à l’impuissance. En ce sens, je suis partisan que le Front de gauche s’identifie par la défense d’une offre politique nouvelle, ce que j’appelle un pacte d’urgence à gauche, autour des propositions permettant d’affronter les marchés financiers : la révision des missions et du statut de la Banque centrale européenne pour faire face à la tourmente financière, la création d’un pôle bancaire public, une réforme fiscale radicale, avec l’objectif d’aboutir aux grandes avancées sociales auxquelles notre peuple a enfin droit.

Comment ce « pacte d’urgence à gauche » peut-il permettre un changement d’orientation du gouvernement ?

Christian Picquet. En suscitant le débat dans toute la gauche, avec ses électeurs, ses militants, ses partis, le mouvement social. En concrétisant les diverses mesures en propositions de loi et en campagnes politiques à mener dans le pays. De manière à modifier le rapport des forces, à aider aux mobilisations sociales, qui vont évidemment être indispensables pour arracher des victoires. La coordination du Front de gauche a décidé de mener, tout au long de l’été, un processus de réflexion sur les deux séquences électorales et sur son positionnement futur. Avec à la clé, probablement autour de la Fête de l’Humanité, la publication d’un nouveau texte d’orientation.

Comment les militants qui ont investi le Front de gauche sans être membres d’un parti peuvent-ils être associés à ce travail ?

Christian Picquet. À travers le Conseil national, qui continue ses activités, et à travers les assemblées citoyennes. À terme, c’est une nouvelle architecture qu’il va falloir imaginer pour entrer dans une nouvelle étape de cette belle aventure…

Quelle est votre réponse à la question posée par Jean-Luc Mélenchon sur les voix qui ont manqué au Front de gauche entre les deux élections ?

Christian Picquet. Outre des mécanismes électoraux injustes, nous avons pâti d’un manque de visibilité, faute de campagne nationale aux législatives. Mais il nous faut aussi enregistrer que le Front de gauche n’est pas encore identifié comme une alternative, ou une solution de pouvoir crédible. C’est un élément qui doit être au cœur de notre réflexion collective.
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 01 Juil 2012, 11:47

NON A L’AUSTERITE QU’ELLE VIENNE DE DROITE COMME DE “ GAUCHE ” ! Eric Coquerel


Le gouvernement Ayrault vient de révéler les décisions, niées la semaine dernière par François Hollande.

Pour compenser les futures embauches dans l’éducation, la police et la justice, le gouvernement serre la vis de tous les autres ministères.

Ce sont 2 fonctionnaires partant à la retraite sur 3 qui ne seront plus remplacés et des budgets de fonctionnement considérablement rognés. Ce qu’il reste de l’état social en prend ainsi un coup. Cette comptabilité mortifère ne prend aucunement en compte les besoins des citoyens.

A quelle logique répond cette politique ? Au respect de la règle d’or des 3% de déficit imposée par le Traité de Lisbonne.

Le gouvernement socialiste préfère ainsi rassurer des marchés à l’appétit insatiable que défendre l’intérêt général.

Cette politique nous mènera à la récession généralisée aussi sûrement qu’elle a conduit à la défaite les gouvernements socialistes de Papandréou ou Zapatero.

Nous ne serons jamais solidaires d’une telle logique. Elle renforce la nécessité d’un Front de Gauche clairement autonome de la majorité gouvernementale.

D’où qu’elle vienne le Parti de Gauche s’opposera dans les mois à venir à l’austérité.
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 03 Juil 2012, 00:55

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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 04 Juil 2012, 01:19

La gauche célèbre sa victoire face au FN dans le Var

Pierre Laurent et Harlem Désir ont fait part de leur satisfaction après l’élection, ce dimanche, du maire communiste de Brignoles au second tour de l’élection cantonale partielle qui l’opposait au candidat FN Jean-Paul Dispard.

Le Secrétaire National du Parti Communiste voit dans la victoire de Claude Gilardo face au candidat frontiste ce dimanche 1er juillet « un symbole de la lutte contre le FN » et la preuve que, face au danger que représente l’extrême droite, « l’union de toutes les forces de la gauche est la garantie de la victoire ». Une « victoire des républicains » dont s’est également réjoui le numéro deux du PS, Harlem Désir, qui a félicité « chaleureusement » le nouveau conseiller général.

Le candidat du Front de Gauche a remporté de 13 voix son duel face à Jean-Paul Dispard, dont l’élection en 2011 avait été invalidée pour « irrégularités ». Il était arrivé en tête au premier tour avec 40% des suffrages contre 34.9% pour le candidat du Front National, et bénéficiait du soutien de l’ensemble de la gauche mais pas de celui de l’UMP. Aux dernières législatives pourtant, socialistes et communistes avaient appelé à voter UMP pour faire barrage au FN, mais la droite a décidé une fois de plus d’appliquer dans le Var la règle du « ni-ni », et a refusé tout désistement républicain.

Une « attitude détestable » qui « en dit long sur les passerelles désormais bien visibles entre l’UMP et le FN », estime Pierre Laurent, qui célèbre donc la « très belle victoire » de Claude Gilardo malgré la persistance de l’UMP à refuser toute différenciation entre extrême gauche et extrême droite. Harlem Désir qualifie quant à lui d’« irresponsable » ce « manque de courage » du parti dirigé par Jean-François Copé.
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Re: nouveau "Parti de Gauche"

Messagede Nico37 » 07 Juil 2012, 00:42

Austérité gouvernementale. Le Front de gauche empêtré dans " l'abstention constructive " ! 04 Juillet, Antoine (Montpellier)

Que nous sommes loin des grandes diatribes quasiment anticapitalistes portées pendant la présidentielle, et déjà mises en sourdine pendant les législatives, par les représentants du Front de gauche ! Il aura suffi de ce grand moment, dans la logique foncièrement électoraliste et ultralégaliste de cette coalition, du vote de confiance à l'Assemblée nationale pour retrouver les vieux fonctionnements des appareils de la gauche dite de transformation sociale qu'incarne plus que nul autre le PC et que, de fait ressuscite le regroupement autour de Jean-Luc Mélenchon ; le hasard des titres à la une d'un quotidien comme Le Monde parle de lui-même : Vote de confiance : « l’abstention constructive » du Front de gauche et Lebranchu : "c'est un grand moment de rigueur" pour les fonctionnaires

On se reportera aux articles en question et on pourra les croiser avec autant d'autres articles qu'on voudra, la triste réalité est bien là : prenant appui sur ce parangon de la pensée unique libérale-capitaliste qu'est la Cour des Comptes, la "gauche molle" confirme qu'elle nous la jouera "dur" puisqu'elle s'inscrit dans la logique d'ensemble d'une Europe capitaliste que depuis des lustres elle a contribué à construire en consensus total avec la droite. Cette gauche du "changement maintenant" est sans surprise une gauche de la continuité sur les fondamentaux de "la sortie capitaliste de la crise capitaliste" au détriment des populations. Tout le problème de cette gauche-là est d'arriver à donner le change par des mesures symboliques, certaines importantes (égalité des droits en faveur des LGTBI par exemple), ayant surtout pour fonction de monter en épingle ce qui malgré tout, comparé aux grands enjeux sociaux, n'est qu'épiphénomène. En somme "je vous donne 60 000 postes dans l'Education Nationale", qui d'ailleurs ne compensent pas les dégâts du sarkozysme dans ce secteur, et vous "digérez" la rigueur salariale et finalement aussi sur le terrain de l'emploi pour l'ensemble de la Fonction Publique. Pour ce qui est du privé, le syndrome de Vilvorde est en passe de s'imposer. Aucune des grandes contre-réformes sarkozyennes n'est abrogée dont la plus emblématique peut-être, celle des retraites contre laquelle s'était insurgé, en 2010, le mouvement social si cher au Front de gauche ! Il est vrai que le ver était dans le fruit de l'Humain d'abord, ce programme à prétention radicale portant la campagne mélenchonienne qui faisait l'impasse sur un retour aux 37,5 annuités, ce corollaire nécessaire, pour autant qu'on soit vraiment dans la rupture avec la droite, à un retour aux 60 ans !

Alors l'heure de vérité des débats parlementaires, loin du bruit et de la fureur de la rue et des places mobilisées en campagne électorale, est arrivée qui met en évidence les travers politiciens occultés précisément par la magie des rassemblements "révolutionnaires" à la Bastille : le Front de gauche ne peut pas faire mieux que s'abstenir sur la confiance à un gouvernement dont on vient de voir qu'il est et sera inéluctablement austéritaire et sur lequel la dérisoire représentation parlementaire frontdegauchesque ne peut espérer avoir la moindre influence ! Disons-le tout net, en particulier à l'adresse de ces anticapitalistes qui sont (encore et malgré tout) sous le charme du verbe mélenchonien : ce que le débat parlementaire dont nous parlons fait apparaître c'est que la revendication de participation à la majorité de gauche avec le PS a des implications directes particulièrement négatives sur le coeur des enjeux sociaux que le Front de gauche dit être sa préoccupation fondamentale : quand Chassaigne, au nom de tous les élus de celui-ci, y compris donc l'élu du PG, déclare que "ce choix [de l'abstention] n'est pas "un vote de défiance", il faut mesurer l'ampleur de la démission politique induite, l'importance de l'alignement de fait, par défaut d'opposition, sur la politique générale du PS ! Démission et alignement qui expliquent bien la gêne et les formules empruntées et contorsionnées du président du groupe Gauche, démocrate et républicaine (GDR) : "C'est une abstention que nous voulons constructive et nous ne pensons pas faire fausse route", "Nous sommes conscients de la difficulté de porter ce discours mais nous avons le sens des responsabilités, s'est justifié M. Chassaigne. Notre objectif n'est pas de sortir d'une majorité de gauche mais de faire des propositions précises qui soient au cœur de la gauche." "C'est la réussite de la gauche qui est en jeu", a-t-il poursuivi.

Sens des responsabilités, difficulté à porter la position d'abstention, volonté d'être au coeur d'une gauche qui pourtant applique l'austérité capitaliste...Tout confirme que le Front de gauche dans son échafaudage politique est sous influence, quoi qu'il dise, du social-libéralisme. Ce regroupement politique ne convoque le mouvement social que pour chercher à en tirer les moyens de négocier sa place "au coeur de la gauche" loin des appels au peuple pour qu'il prenne le pouvoir ! Le pouvoir dans le schéma stratégique qui est au centre de l'orientation du Front de gauche c'est celui que détiennent désormais des élus qui n'ont plus (?!) aucun compte à rendre aux "assemblées citoyennes", elles aussi invoquées le temps d'une élection, pour essayer, en vain, de "mettre sur la bonne voie" des socialistes qui ne connaîtront qu'une limite à leurs prétentions austéritaires : la mobilisation dans la rue !

Autant dire que les anticapitalistes qui pensent pouvoir infléchir un Front de gauche prétendant lui-même infléchir le Parti Socialiste, sont engagés dans une impasse qui appellera bien des désillusions. A l'instar des Obono, Chaibi et quelques autres passés du NPA au Front de gauche, il y a longtemps que leur assourdissant silence acritique envers le mélenchonisme signe la faillite du prétendu "pôle anticapitaliste de l'intérieur" !

L'indépendance vis-à-vis de ces chaînes de dépendances politiques dans lesquelles le PCF et le PG tentent d'entraîner les salariés et l'ensemble des victimes de la loi du capital n'est certes pas un chemin de roses, le NPA en sait quelque chose : mais il faut savoir payer le prix d'un anticapitalisme momentanément sur la défensive hors des raccourcis menant aux défaites annoncées, la première d'entre elle étant l'incapacité des élus du Front de gauche à assumer que la seule réponse à une politique d'austérité n'est pas l'abstention mais le vote contre, un vote contre dont le signe de distinction vis-à-vis du vote contre de la droite devrait être un appel à la mobilisation sociale. Or là aussi force est de constater que le Front de gauche est aux abonnés absents pour le grand bénéfice du Parti Socialiste et du capitalisme qu'il se propose de sauver ! Les militants du Front de gauche vont-ils accepter longtemps de voir leur volonté d'en découdre galvaudée par la politique politicienne de leurs dirigeants polarisée par les espaces clos de l'Assemblée nationale ?

PS : l'analyse comparée de Philippe Marlière sur Syrisa et le Front de gauche souvent pertinente fait cependant l'impasse sur la dépendance institutionnelle du Front de gauche vis-à-vis du PS. Dépendance qui oblitère la capacité de cette coalition à contribuer à une mobilisation sociale qui soit à la mesure de la radicalité qu'elle affiche ! C'est, pour le dire brièvement, l'électoralisme structurel du Front de gauche (la "révolution par les urnes") et son incidence démobilisatrice sur le terrain social que Philippe Marlière laisse de côté.


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