bien entendu que ce soit "révolutionnaire" ou non, on ne va pas attendre une société libertaire pour mettre en place un fonctionnement collectif et égalitaire.
personnellement j'ai fait de nombreuses expériences de ce type de fonctionnement, quand j'étais gosse, on allait en vacances en maison familiale, moins chère parce qu'il n'y avait quasiment aucun personnel (juste un cuisinier, une directrice - pour la paperasse... mais on aurait pu se passer des deux!). les résidents (une cinquantaine environ) devaient s'organiser pour faire ensemble tout le reste, nettoyer les parties communes, éplucher les patates, la vaisselle, etc. je me rappelle que ça se mettait en place très facilement dès le premier jour. le truc pour éviter les conflits ("c'est toujours moi qui fait ceci ou cela") était d'être le moins formaliste possible, surtout ne pas noter méticuleusement qui faisait quoi et à quelle fréquence. il devait bien y avoir quelques cossards dans les coins mais on n'en faisait pas une tartine...
un gros avantage de ce mode d'organisation était justement la convivialité. difficile de se la péter quand on épluche les patates ensemble! et puis discuter, plaisanter, c'est le meilleur moyen de changer une corvée en partie de plaisir.
je garde de très bons souvenirs de ces vacances sans chichis, mais je ne pense pas que les participants aient pour autant nourri l'idée qu'on pouvait appliquer ce mode de fonctionnement à l'échelle de la société (ma mère est carrément de droite...)
c'est d'ailleurs ce que rétorquent la plupart des gens quand on leur dit: "ça marche pour cette coopérative, cette AMAP, etc": "oui mais ce qui fonctionne pour une bande de copains copines ne serait pas valable pour l'organisation à l'échelle mondiale".
je réponds en général qu'une société libertaire ne s'organiserait que très rarement à l'échelle mondiale, mais serait construite sur le principe du fédéralisme, des structures à échelle humaine qui pourraient avoir des rapports entre elles mais seraient surtout organisées à l'échelon local.
reste que tant qu'on sera dans cette société, les expériences alternatives seront limitées par le système qui les entoure. je pense au film "charbons ardents", qui évoque bien le problème, ou encore "les moissons de la révolte":

et puis, encore une fois, sur ce thème, "la communauté":
Thème du jour: "LES UTOPIES CONCRÈTES"
YANN, ("simple lecteur") et quelques autres viendront discuter avec
vous de ce bouquin qu'ils ont lu et aimé:
LA COMMUNAUTÉ (BD AUTOBIOGRAPHIQUE)
1974. Une vingtaine de jeunes décide de démontrer "par l'exemple" qu'on
peut travailler sans patron et refuser la société de consommation.
Cette BD autobiographique en deux parties raconte d'abord leur
installation dans une ancienne Minoterie, leur expérience de vie en
commun, de quasi autarcie et d'autogestion.
La seconde se concentre sur l'évolution des idéaux au fil des années, la
difficulté de réaliser une utopie concrète...
les petits grains de sable dans les rouages d’une utopie qui ne saura
résister au temps, aux contraintes de la cohabitation et aux aspirations
individuelles.
Pour autant les protagonistes (qui témoignent en fin de l'ouvrage) - y
compris ceux qui étaient enfants à l'époque, ne regrettent pas cette
aventure et conseillent même au contraire de continuer à tenter les
expériences de vie en commun et d'autogestion!
http://forum.anarchiste-revolutionnaire.org/viewtopic.php?f=7&t=5570