NPA (2012)

Re: NPA

Messagede Nico37 » 24 Avr 2012, 21:15

Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: NPA

Messagede kuhing » 25 Avr 2012, 10:24

Je réponds par forum interposé à une intervention qui m'interpelle sur le FMR.
(Je me fais en effet systématiquement virer du forum "marxiste révolutionnaire" ; et, finalement c'est pas plus mal.)

Il se trouve donc qu'un anarchiste aurait voté Poutou et, cet anarchiste rend fièrement sa position publique sur ce forum.
Bon..
Chacun fait ce qu'il veut et est libre d'annoncer être ce qu'il pense être.
Son vote semble tout de même avoir une raison essentiellement émotionnelle.
Mais bon, il s'est déplacé et a mis son bulletin dans l'urne installée par les agents de l' Etat.

Cependant, si Philippe Poutou est un gars sympathique - je le trouve aussi - il ne représente ni ne défend en rien une position "libertaire" .
(Au NPA on évite soigneusement l'appelation "anarchiste" pour lui préférer celle de "libertaire" , allez savoir pourquoi .
Peut-être le diront-ils un jour ?)

Donc Philippe Poutou, porte-parole du NPA, est, à moins qu'il le conteste, favorable au maintien d'un salaire minimum , pour une transition étatique , et propose avec le NPA de mettre en place un "service bancaire européen" donc de maintenir un système machand

Il me semble que l'anarchisme s'oriente vers l'abolition immédiate du salariat, la destruction de l'Etat et du système marchand.

Il ne suffit donc pas d'être sympathique pour être anarchiste ni même "libertaire".

(origine de cette discussion)
kuhing
 

Re: NPA

Messagede Kzimir » 25 Avr 2012, 11:54

C'est dingue, ça doit être une des rares fois ou je suis d'accord avec toi quand tu parles du NPA ou de LO. Champagne ! :-D
Kzimir
 
Messages: 782
Enregistré le: 13 Fév 2010, 17:15

Re: NPA

Messagede kuhing » 25 Avr 2012, 12:06

Kzimir a écrit:C'est dingue, ça doit être une des rares fois ou je suis d'accord avec toi quand tu parles du NPA ou de LO. Champagne ! :-D


Pourtant je suis tout le temps sur la même position.
Donc prévois en une ou deux caisses.
kuhing
 

Re: NPA

Messagede Nico37 » 26 Avr 2012, 23:07

Libertaire car Communiste libertaire ; anarcho-communiste est moins pratique...

Poutou marque des points, pas le NPA

Philippe Poutou s'est taillé une popularité certaine au terme de la campagne mais le score décevant du candidat anticapitaliste, 1,15% des voix, relègue son parti dans les bas-fonds électoraux.

Philippe Poutou reprendra son travail à l'usine la semaine prochaine

Malgré une bonne fin de campagne, l'anticapitaliste n'a pas capitalisé. Avec 1,15% des suffrages au premier tour de la présidentielle, Philippe Poutou n'est pas parvenu à « tuer le père » Besancenot, qui avait récolté plus de 4% des voix en 2002 et 2007. Un « score d'échec » a fusillé Pierre-François Grond, un des cadres du NPA passés au Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon en mars. Le diagnostic de ce partisan du courant « unitaire » de l'ex-LCR est sans concession : « On a une extrême-droite très forte, une dynamique du côté de Jean-Luc Mélenchon, avec un score très honorable, et on a un NPA qui n'est pas dans sa promesse de fondation il y a trois ans et qui fait un score qui est à l'image de sa campagne politique : faible ».

La faute à « L'ouvrier candidat » de Blanquefort ? Philippe Poutou, 45 ans, revient certes de très loin. Inconnu au bataillon électoral lorsque le NPA le désigne candidat en juin 2011, peu familier des codes politiques, il doit prendre la relève du charismatique facteur de Neuilly, un habitué des sunlights médiatiques. Assigné aux 0,5% d'intentions de vote tout le long de la campagne, le timide girondin multiplie les maladresses, assume « se faire chier » dans ses habits de candidat et envisage de « s'autodissoudre » en cas de victoire.

La révélation de la fin de campagne

Mais alors qu'il prêche dans le désert l'interdiction des licenciements ou les 32 heures de travail hebdomadaire, la campagne officielle et l'égalité du temps de parole vont révéler la tête d'affiche du NPA. Plus Philippe Poutou se rapproche de ce bleu de travail qui lui manque tant, plus il se lâche. Sa prestation potache sur le plateau de Des Paroles et Des Actes ou ses détournements du Questions pour un champion et The Artist pour ses clips de campagne ravissent les internautes. Le candidat fait figure de looser sympathique et décontracté. Trop peut-être pour un porte-voix des couches défavorisées en temps de violente crise économique. Pendant ce temps, le tribun Jean-Luc Mélenchon vampirise l'électorat de la gauche de la gauche.

Mission 1% des voix accomplie donc ? Dimanche, Philippe Poutou a semblé demander à ses électeurs de se reporter sur le candidat socialiste François Hollande, en appelant à « dégager Sarkozy le 6 mai ». Laissant derrière lui un parti divisé entre partisans et opposants d'alliances à l'extrême-gauche, l'ouvrier reprendra dès le 2 mai le chemin de son usine Ford, près de Bordeaux.
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: NPA

Messagede Nico37 » 28 Avr 2012, 03:23

Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: NPA

Messagede Nico37 » 28 Avr 2012, 12:32

Le résultat de Philippe Poutou et l’avenir de l’anticapitalisme 23 Avril, Samy Johsua

Le choc du score de Le Pen ne doit pas empêcher de se pencher sur d’autres données. Par exemple sur les résultats du NPA. Sur la fin, Philippe Poutou a réalisé une percée médiatique et gagné une large sympathie, grâce aussi à la nette amélioration de ses prestations. Les meetings se sont remplis. Tant mieux ! Ceci permet heureusement de tirer un bilan qui mette à l’écart un jugement sur la personne pour discuter plus sereinement de la ligne qu’il a soutenue. Et de son résultat.

Quand Besancenot obtenait en 2007 1,5 millions de voix, et 45% de celles à gauche du PS (dans un contexte où le souvenir de 2002 était encore très vivace), Poutou obtient juste un peu plus du quart de ces voix et dans les 9% de ce total. Ceci alors que la force du vote utile, par rapport à 2002, avait nettement reculé et que le total des voix de gauche a progressé par rapport à 2007. Il n’y avait rien d’inévitable à une chute d’une telle ampleur, qui est le résultat d’une succession de choix politiques malheureux avant, pendant et après sa désignation.

Il y a donc eu une grave erreur d’analyse sur les enjeux de cette élection. Le cœur de cible de la campagne du NPA, « le candidat ouvrier », celui qui est « comme nous », peut faire gagner de la sympathie, mais ce profil est incapable de fonder une politique. Surtout quand tout le monde pouvait sentir autour de soi la montée catastrophique du FN. Le candidat lui-même expliquait qu’il ne voyait pas bien ce qu’il faisait là, ni l’enjeu spécifique de cette élection. Alors qu’il eût fallu appeler à un gouvernement de combat, mon camarade Poutou, lui, renvoyait les gens à leur impuissance en annonçant qu’il « s’auto-dissoudrait » en cas d’élection.

La gauche révolutionnaire sort profondément affaiblie de l’élection, le NPA en particulier. Sur le plan électoral, elle est renvoyée dans les eaux de 1981 (2,30 pour Laguiller), alors que la crise du capitalisme explose. La campagne du NPA fut volontairement décalée. Mais totalement à contretemps des exigences de la situation. Attirant l’intérêt, mais avec une influence politique inévitablement réduite. Alors que la crainte de la crise paralyse les consciences, que les haines explosent en se trompant parfois de colère, que partout on est à la recherche d’issues crédibles et cohérentes, l’idée que la préoccupation principale soit au rejet des « politiciens professionnels » tape à côté de l’essentiel, même si elle a sa légitimité. La question n’est plus qui parle (si ça l’a jamais été à ce point) mais ce qui est dit. Au final, l’anticapitalisme réduit au casting (qui parle ?) n’avait plus de vraie raison d’être, sauf sur l’écume. Et a logiquement perdu totalement le soutien des cadres du mouvement social, seuls pourtant à même de répondre aux tâches qui ne manqueront pas de venir.

Mélenchon fait mieux que ce qui lui était promis à l’automne. Mais moins bien évidemment que ce qu’espérait le FG. Finalement, la somme des pourcentages de la gauche radicale ne dépasse pas son niveau de 2002, répartie différemment ça va de soi. Une déception, et une nouvelle preuve qu’il n’est pas si facile de surmonter sur le seul plan électoral les échecs du mouvement social. Il reste que Mélenchon a ouvert des issues avec un antilibéralisme radical, a tenté de donner une réponse à une volonté d’unité face au social-libéralisme, et a mené une campagne avec une dynamique de masse importante.

Ceci ne doit pourtant pas masquer des désaccords qui peuvent potentiellement compter pour l’avenir, dans une perspective anticapitaliste. La référence omniprésente à « La République » est ambiguë dans l’histoire du pays, et ce n’est pas pour rien qu’elle est revendiquée aussi par Sarkozy et tant d’autres. Il y a chez Mélenchon la référence à 1793 et à La Commune de Paris. Mais aussi le coup de chapeau à « la présence de la France » sur tous les continents (autrement dit les dernières colonies), à la politique des États à la manière gaullienne, à une alliance directe avec ces belles démocraties que sont la Chine et la Russie, la vente sans scrupules d'armes « françaises », le maintien de la dissuasion nucléaire, les tentations fluctuantes sur le protectionnisme.

Cela n’enlève rien à la très large plage d’accord évidente entre les axes des anticapitalistes et le programme du FG. Il a été attaqué à boulets rouges par les libéraux arrogants, assis sur leurs certitudes. Et pourtant il est insuffisant sur certains points pour faire face à des ennemis dont la puissance ne peut être sous-estimée. Par exemple, se posera la question d’un moratoire immédiat du remboursement de la dette si on ne veut pas se laisser asphyxier comme le peuple grec, avec donc la question de l’appropriation sociale complète des outils financiers. Surtout, logiquement, la grande absence de la campagne du FG - entièrement axée sur « la révolution par les urnes » - fut celle de la portée autonome du mouvement social (et des mouvements sociaux dans leur diversité). Et on voit qu’il n’est pas si facile de percer sur le plan électoral sans le moteur de la mobilisation purement sociale. Mélenchon annonce, à juste titre, la nécessité de la résistance aux marchés qui ne manqueront pas d’attaquer même les faibles velléités de Hollande s’il est élu. Mais comment faire, une fois les élections passées, si ce n’est, d’abord, dans la mobilisation de rue et le combat social poussé au terme de sa logique par-delà les habituelles tergiversations de sommet ? Cette question sera au cœur des débats à venir et sera portée, par nécessité, bien au-delà des seuls anticapitalistes.

Et maintenant ?

Reste à se débarrasser de Sarkozy en le battant le plus largement possible par un vote Hollande. Plaçons nous résolument dans la perspective optimiste, celle de la défaite indispensable du président sortant.

Un point fondamental est qu’au-delà du score, peut-être décevant au final pour le FG, la campagne de Mélenchon a donné de la force à la volonté qu’une « vraie gauche » se rassemble. Et les foules qui se pressaient en masse aux meetings attendent que cet espoir ait des prolongements. Même si on voit bien les difficultés qui se présentent. Depuis 15 ans maintenant, les anticapitalistes affirment leur disponibilité pour une telle unité à condition qu’elle ne soit pas bradée dans une nouvelle alliance dominée par le PS. Point nouveau et très positif, à la fois le PG et – surtout - le PC disent avoir pris conscience du danger couru à s’accrocher au char d’une nouvelle « gauche plurielle », et de ce que les programmes de Hollande et celui des antilibéraux ne sont pas compatibles. Certes il faut de la prudence en la matière. On a été tellement habitué à ce que la vérité d’aujourd’hui ne soit pas toujours celle de demain ! Les sirènes d’une nouvelle union de la gauche n’ont pas perdu toute leur séduction, surtout dans la perspective de législatives qui seront bien plus difficiles qu’espérées. Or si tout ceci se traduit par une alliance avec le PS, ce sont évidemment les promesses antilibérales elles-mêmes qui seront durablement condamnées. Mais si le choix de la séparation est confirmé (et s’il n’est pas détourné ensuite, par exemple par un vote en faveur du vote de confiance à l’Assemblée même si PS/EE ont une majorité absolue) alors bien entendu la raison principale qui empêchait un rapprochement durable sera levée.

Le choix des anticapitalistes doit être de se mettre en mesure de participer aux blocs politiques et sociaux avec les forces et secteurs qui seront dans le rejet de la politique de Hollande s’il l’emporte. Si le préalable des relations gouvernementales avec le PS est levé, l’espace d’une telle recomposition sera celui d’un débat principalement avec le FG. Celui-ci ne doit pas rester un cartel de sommet, étroitement contrôlé d’en haut, comme c’est le cas à ce jour. Il doit comporter une structuration pérenne à la base, ce qui va de pair avec la possibilité de collaborer à ce bloc par des adhésions directes, et la représentation de ces structures de base dans des instances locales et nationales. Il est par ailleurs de l’intérêt de tout le monde qu’existe une alternative écosocialiste et anticapitaliste qui s’affirme. Composante pour qui, s’il est juste de combiner la bataille au sein des institutions existantes, l’expérimentation sociale transformatrice, les mobilisations extra parlementaires, ces dernières demeurent un cadre prioritaire donnant la possibilité que « l’émancipation des travailleurs (soit) l’œuvre des travailleurs eux-mêmes », dans un affrontement inévitable avec un ennemi qui concentre le pouvoir économique, politique, idéologique et répressif.

Le NPA est devant un choix vital pour que l’influence de la gauche révolutionnaire (qui ne se limite heureusement pas au score de Philippe Poutou et de Nathalie Arthaud) ne soit pas encore plus affaiblie et définitivement stérilisée. À l’occasion de sa prochaine conférence nationale (convoquée les 7 et 8 juillet), il doit prendre résolument une autre route. Alors que la menace Le Pen devient encore plus pressante, ce qu’il a lui-même mis comme condition à un rassemblement est possiblement en passe de se réaliser. Pas certain encore, c’est vrai. Mais si ça se confirme, il doit sans plus attendre sortir de l’isolement où il s’est enfermé alors que monte l’extrême droite. Dans la poursuite de son projet fondateur, il lui faut travailler en même temps à construire une nouvelle formation avec tous les anticapitalistes, malheureusement aujourd’hui de nouveau bien trop dispersés. Une malédiction dont il faudra bien se débarrasser un jour. Une nouvelle formation donc, à l’intérieur d’un large bloc unitaire, politique et social, contre l’austérité de droite (si malgré tout Sarkozy parvient à l’emporter) comme de gauche. Les lendemains du scrutin imposent ce double rassemblement face aux enjeux de la résistance à la crise capitaliste et à la politique très probable de Hollande s’il est élu. Il peut marquer une inflexion en Europe, montrer une voie nouvelle et ouvrir enfin d’autres possibles que celle de la litanie des défaites et des reculs.
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: NPA

Messagede Nico37 » 29 Avr 2012, 10:28

Le jour d'après: Philippe Poutou Jacques Fortin

Hé bien voilà, il semble bien que celui qu'on a pris pour "lou ravi" de cette élection, sorti de son usine comme un faux diable de sa boite, représentant, faute de Besancenot, un parti en dérive que certains de ses membres s'attachent à disloquer (et moquer son candidat), voilà que ce prétendu "sectaire doux" qu'on disait faux nez de la branche archéo et radoteuse du trotskisme, celui que la nomenklatura médiatique (et philosophique, Onfray qu'est ce qui t'a pris ?) giflotait en public en pensant pouvoir s'en gausser sans dommage, celui que déploraient au nom de l'unité les ennivrés des envolées lyrico-ronchonnantes d'un ex-trotskiste, vrai républicano social démocrate, franc maçon interclassiste (mais si), sénateur à vie (presque) et vaguement néostalinien, bref voilà que l'égaré de service qui ne savait pas rester à sa place (et a eu du mal à s'en déshiniber), redonne au NPA son visage attractif et son air de "Nouveau parti anticapitaliste", nouveau là encore !

Drôle de mélange ? beaucoup d'insolence rieuse d'abord, les institutions il s'en fout, les riches il faut les plumer, le travail c'est trop dur, rien faire c'est bien mieux, bref un joli vent au parfum libertaire qui porte la lutte des classes ailleurs que dans les xièmes républiques et les révolutions par les urnes ("les urnes sont tristes et on a lu tous les programmes" - hum). Il n'en exige pas moins l'impossible autrement dit la seule solution raisonnable dans ce monde de fous furieux : l'interdiction des licenciements parce qu'avant de licencier on pourrait pomper sur les profits, non ? et qu'en fait d'assurance obligatoire le patronat pourrait s'assurer pour garantir le salaire à ses salariés, non ? la socialisation du capital et la décision collective des investissements, planifiée mais au plus près des populations, du travail pour tous avec baisse massive du temps de travail pour que la productivité profite aux salariés et pas aux rentiers, la révolution productive pour qu'on cesse de tirer sur la planète comme on a tant tiré sur les peuples (au propre et au figuré) et qu'on produise "à l'essentiel", pour les besoins, bêtement, et selon ce qui est soutenable, ben oui, enfin la répartition des richesses créées (ça alors, quelle idée folle).

Bref un programme qui ne raconte pas d'histoire mais qui veut faire l'Histoire, la grande, celle qui ne se concocte pas dans les think thank de soi-disant "sachants" payés par les possédants, l'Histoire qui ne se maquille pas sous les apprêts des entreprises de comm', celle qui ne la joue pas rencontre d'un homme avec La France (laquelle d'ailleurs ? Versailles ? La commune ? Le Fouquet's ou l'usine Ford ? Le XVI° ou les quartiers nord de Marseille ? Les massacres de Tlemcen ou l'abolition de l'esclavage ?). Leur France qui me débecte. Je changerais bien de nom à ce pays si taché de souffrances infligées, de crimes et de rapacité, mais bref... Mélenchon va se fâcher.

Donc voilà, le jour d'après, mission étant accomplie, il va retourner d'où il n'est jamais parti, avec ses collègues, ses camarades, et requinqué par cette campagne au départ fragile et si bien assumée. Nous avec. Merci Philippe, merci les quelques uns qui contre vents et marées, malgré les sectaires et les désorientés, les inquiets et les démoralisés, ont voulu que l'anticapitalisme dans ce pays ait toujours sa place aujourd'hui, et dans l'esprit, la continuité du projet NPA. D'autres pensaient qu'il faudrait s'arc-bouter sur d'improbables fondamentaux comme autant de boucliers bavards et oiseux contre la dureté des temps, d'autres encore cessaient de penser et pris de panique s'en sont allés vers d'autres mirages, encore des mirages. Ah les mirages !

Voilà. L'anticapitalisme a sa place, quel que soit le score, il va devoir ferrailler ferme pour éviter que les mirages n'emportent ceux qui, en désespoir de cause, s'y adonnent une fois de plus dans notre histoire. Ferrailler en étant unitaire pour tous. Unitaire pas unitariste, une unité résolument indépendante de toutes les politiques qui font vivre ou survivre le libéralisme, résolument résistante à tous les arrangements, résolument décidée à ce qu'il n'y ait ni sauveur suprême ni parti guide ni tacticaille "en attendant que...", décidée à ce que "prenez le pouvoir" ne soit pas un slogan attrape mouche pour occuper plus de fauteuils institutionnels, mais un objectif direct, puis une réalité pour et par les millions de Mr et Mme Poutou qui le valent bien.

Le jour d'après, ce sera à eux, à nous...
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: NPA

Messagede Nico37 » 01 Mai 2012, 21:29

Dans la rue dès le 1er Mai. Dégageons Sarkozy, combattons l’extrême droite  ! Hebdo Tout est à nous ! 146 (26/04/12) Philippe Poutou

Le 1er Mai, journée de lutte internationale des travailleurs et des travailleuses, se déroulera dans un contexte particulier en France. Celui de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle. Cette journée prend une tournure particulière, elle doit être l’occasion d’une mobilisation la plus large possible antiraciste et anti-austérité, contre la droite et l’extrême droite.

Après le premier tour de l’élection présidentielle, les manifestations du 1er Mai viendront rappeler que, si nous voulons virer Sarkozy et sa bande le 6 mai, ce sera bien par nos propres luttes sociales et politiques que nous pourrons réellement changer les choses. Sarkozy et son gouvernement ont mené pendant cinq ans une politique pour leurs amis les riches, une politique de démolition systématique de nos conquêtes sociales en appliquant à la société française le traitement de choc du Medef. Son bilan, c’est plus d’inégalités, plus d’injustices, plus de divisions, moins de libertés et un discours raciste et xénophobe de plus en plus décomplexé. Pendant toutes ces années, il a couru derrière le discours du FN, opérant une mue de la droite extrême à l’extrême droite, et contribuant ainsi à donner du crédit aux idées nauséabondes du FN et de sa candidate Marine Le Pen.

Et le résultat est là : le FN vient de faire avec 18 % le score le plus haut de son histoire, confirmant ainsi que l’original est préféré à la copie. La brutalité des attaques antisociales, les politiques d’austérité et la dégradation des conditions de vie des classes populaires forment un terreau favorable à la démagogie d’extrême droite. La candidate du FN version 2012 a fait mine de défendre les pauvres contre les puissants mais elle s’est gardée d’avancer la moindre mesure qui pourrait gêner les capitalistes. Par contre, elle a flatté tous les préjugés racistes et islamophobes.

Le 1er mai 2012 prend donc une tournure particulière. Celle d’une riposte antiraciste et antifasciste contre la droite. D’autant plus que Marine Le Pen veut aussi en faire une démonstration de force et que Sarkozy vient d’annoncer qu’il organisera « un très grand rassemblement » autour du « vrai travail ». Alors qu’il a déjà fait la campagne, pour le premier tour, à droite toute, sur le terrain de la réaction sociale, sécuritaire, raciste et xénophobe, il récidive pour le deuxième tour. Après avoir attaqué le droit de grève par exemple dans le transport aérien, tapé sur les syndicats qu’il accuse de bloquer la société, il reprend aujourd’hui les accents de Pétain pour soi-disant valoriser le travail.

Le 1er Mai est à nous !

À Paris, comme en régions, les manifestations du 1er Mai doivent montrer que cette journée de lutte internationale des travailleurs et des travailleuses n’est ni à Sarkozy, ni à Le Pen, ni à la droite, ni à l’extrême droite. C’est l’occasion de poser dans la rue les bases d’une contre-offensive du monde du travail, qui devra se prolonger bien après le second tour, quel que soit le « gagnant » le 6 mai prochain. Ce n’est pas l’appel à tous les républicains que fait Hollande, véritable appel du pied à François Bayrou, qui peut stimuler une dynamique réelle capable de battre Sarkozy.

Il faut, comme nous l’avons fait durant la campagne, remettre inlassablement au centre du débat, les questions sociales et démocratiques, les mesures d’urgence comme l’augmentation de tous les revenus de 300 euros net, l’interdiction des licenciements, la réduction du temps de travail pour permettre à tous et toutes de travailler… Bref, le refus clair et net de payer les crises des capitalistes, le refus de toutes les politiques d’austérité de droite comme de gauche.

Et quel meilleur moment pour construire la riposte et focaliser l’attention et la réflexion sur la solidarité internationale, la défense des droits des femmes, les questions sociales, la lutte pour l’emploi, le service public et la répartition égalitaire des richesses que les défilés du 1er Mai, vieille tradition du mouvement ouvrier et des mouvements sociaux ? C’est là un hasard bienvenu du calendrier : avant de passer par les urnes, le 6 mai, c’est dans la rue que débute le vaste référendum populaire contre Sarkozy et Le Pen. Le 1er Mai, toutes et tous dans la rue !
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49


Re: NPA

Messagede Nico37 » 03 Mai 2012, 20:49

Appel à un sursaut du NPA Texte de la Gauche Anticapitaliste de Gironde ga.gironde33@gmail.com

Il y a toujours de bonnes raisons de se distinguer dans les programmes politiques. Et plus le groupe est petit, moins il pèse sur la situation, plus il est tentant d'avoir un programme qui soit totalement « propre », totalement en adéquation avec ce que l'on pense sur tous les sujets, et donc, quand on est minoritaire, de scissionner, quand on est majoritaire, d’accélérer la rupture.
Le projet NPA partait d'un point de vue inverse, celui de l'URGENCE, urgence sociale, urgence écologique, urgence démocratique à l'échelle de la planète. Il offrait aussi un cadre de réponse inédit, celui d'une organisation qui s'enrichirait de l'expérience de tou-te-s ses militant-e-s pour créer des alternatives.
Nous n'allons pas avoir la prétention de rappeler dans ce texte le contenu de ces urgences, la plupart d'entre nous l'avons en mémoire, il était largement développé dans « Nos réponses à la crise ».

INDIGNONS NOUS

Ce qui nous indigne, c'est le sentiment que cette urgence est passée aux oubliettes, alors même que depuis la création du NPA cette urgence s'est manifestée de la plus violente des façons : urgence sociale face aux plans d'austérité de la crise financière ; urgence écologique, Fukushima ayant rappelé l'irresponsabilité nucléaire, pour ne parler que de celle-là ; urgence démocratique dans le déni de l'avis des peuples comme en Grèce ou en France.
Ce qui nous indigne aussi, c'est la réduction à la vieille recette de « l'unité des révolutionnaires » (sans unité et sans perspectives révolutionnaires) de l'ambition originelle de rassemblement large du NPA. Force est de constater que nous avons échoué à faire « vivre le meilleur de l'héritage de celles et ceux qui ont affronté le système depuis deux siècles, celui de la lutte des classes, des traditions socialistes, communistes, libertaires, révolutionnaires. »1.
« Tirant les leçons du passé, nous lutterons contre les processus de bureaucratisation qui sont la plaie des mouvements d’émancipation. Et notre vigilance commencera par s’exercer à l’intérieur du NPA. »2. No comment...

REVOLTONS NOUS

C'est un sentiment de colère et de révolte qui nous a animé quand nous avons vu notre jeune NPA tomber dans tous les travers politiciens, ignorer ce sentiment d'urgence, et trouver de bonnes raisons pour ne pas chercher vraiment un accord minimal avec les formations du Front de gauche. Nous n’ignorons pas la responsabilité de ce dernier dans cet échec. Nous connaissons également tous les défauts du FdG et de ses composantes : solutions économiques en termes de croissance capitaliste certes régulée ; solutions écologiques à minima bloquées notamment par la nucléopathie et le productivisme du PCF ; conception de la démocratie souvent flottante et s'accommodant fort bien des pesanteurs institutionnelles ; et surtout l’absence de réponse claire sur la question de la gouvernance avec le PS...
Mais « ici et maintenant », au niveau électoral, nous pouvions expliquer en quoi c'était un pas en avant mobilisateur. Le Limousin voisin l'a montré, avec limites et contradictions, mais il l'a montré.

Non seulement nous n'avons pas fait ce choix, mais le « nouveau bloc de direction » lui a tourné le dos.
Nous sommes bien placés en Gironde pour connaître Philippe Poutou, ses qualités, son honnêteté. Ce n'est pas en raison de sa personne mais de l'orientation politique choisie que certains d'entre nous ne font pas sa campagne, et les autres la font malgré tout.
Malgré tout ? Malgré les conditions de sa désignation qui nous ont heurtées dans notre compréhension de la démocratie de notre organisation. Malgré une conception erronée des élections leur déniant presque toute importance, la façon de mener campagne en annonçant que nous ne voulons pas être élus, que les élections ne servent à rien, alors que l’on attend de nous que nous expliquions ce qu’il faudrait faire SI nous étions élus. Malgré une orientation qui, en proclamant à l'envi que le résultat de Philippe ne nous importait guère, en minorant l'importance de chasser Sarko, en ne s'adressant pratiquement qu'aux militants, nie l'urgence. Cette attitude dite « de révolutionnaires » exclut de faire « bouger les lignes ».
C'est une politique conservatrice de confort moral.

Pour entrer au Front de gauche, faut-il donner pour gage l'insulte au parti que l'on quitte ? On pourrait le croire quand on lit ce que, successivement, la Gauche Unitaire, Convergences et Alternatives, et maintenant de nombreux membres de la Gauche Anticapitaliste et non des moindres, ont écrit en rejoignant le FdG et/ou la candidature Mélenchon.
Il faut le reconnaître, la candidature Mélenchon réussit là où nous voulions réussir, là où les candidatures Besancenot avaient commencé à réussir : agréger les volontés de changement social, permettre le début d'une mobilisation citoyenne, donner ou redonner à pas mal de gens « l'envie d'avoir envie ».
Cela peut peut-être justifier d'y aller (ce que nous ne considérons pas, pour ce qui nous concerne, d'une actualité immédiate). Mais, comment expliquer que nos camarades ou ex-camarades se sentent obligés de peindre Mélenchon en rose (il n'en a pas besoin, il n'arrête pas de se référer à Mitterrand) et de peindre Philippe en noir. D'autant que le FdG n’a pas clarifié sa position sur une éventuelle participation gouvernementale et, qu'au lendemain des élections, il n'est pas certain que le FdG ou le PCF ne choisissent pas le soutien sans participation.

Enfin, ce qui nous a choqué peut-être le plus, c'est la manœuvre de ceux qui se sont fait « animateurs » de la GA pour aussitôt choisir de s'affranchir de ce rôle pour jouer l'appel perso au ralliement, négation de l'urgence d'instaurer des pratiques démocratiques.

ORGANISONS NOUS

Nous partons d'une conviction. Il doit y avoir encore dans le NPA des centaines de membres, voire une majorité, qui partagent nos sentiments d'indignation, de colère, de révolte. Des centaines, voire une majorité, qui sont persuadés que les urgences nous obligent. Des centaines, voire une majorité, qui pensent que l'on peut discuter avec le Front de gauche autrement que soumis. Des centaines, voire une majorité, qui veulent encore porter le projet de rassembler tous les anticapitalistes, dans une démarche ouverte et unitaire, et retrouver cet enthousiasme qui avait accompagné la création du NPA.

Quoi qu'ils fassent dans les semaines qui viennent, nous leur proposons de participer à une tentative de coup de talon donné au fond de la piscine.
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: NPA

Messagede digger » 03 Mai 2012, 21:30

Tout n'est pas faux là-dedans.
L'erreur pour moi est de croire que c'est le fond qui était mauvais, alors que pour moi, c'est inhérent à tout parti politique. Le NPA n'a pas fait d'erreur. L'erreur, c'est le NPA.
digger
 
Messages: 2149
Enregistré le: 03 Juil 2011, 08:02

Re: NPA

Messagede Nico37 » 05 Mai 2012, 00:56

Interview d’Elsa

Elsa a 24 ans, elle étudie la sociologie du genre et elle est en master. Elle a rejoint la LCR en 2007-2008 après s’être intéressée au parti lors de l’élection présidentielle qui a vu la victoire de Nicolas Sarkozy il y a 5 ans.

Qu’est-ce qui t’a motivée à t’engager politiquement et pourquoi avoir choisi le NPA ?

Je ne viens pas du tout d’un milieu politisé. Quand j’étais plus jeune, j’étais pleine de contradictions, résignée, je me disais qu’on ne pouvait rien faire, que c’était comme ça et puis c’est tout. En fait, c’est pendant les élections de 2007 que je me suis dit qu’il fallait que je m’intéresse à la politique de près, ne serait-ce que pour accomplir le devoir de citoyen qu’est le vote. Je voulais pas voter bêtement alors je me suis penchée sur les programmes, je suis allée à des meetings… Je ne savais pas grand chose mais je me sentais à gauche. Par hasard, je suis tombée sur une affiche pour un meeting de la LCR avec Besancenot. Je suis allée le voir, et là, le choc : j’ai été complètement convaincue, à la fois parce qu’il avait la rage mais aussi parce qu’il expliquait clairement les choses. C’est à ce moment que j’ai décidé de voter pour lui.
Plus tard, lors de ma deuxième année de fac, il y a eu le mouvement anti-LRU (Loi relative aux libertés et Responsabilités des Universités) dans lequel je me suis beaucoup investie. Parmi les militants, il y avait des membres des Jeunesses Communistes Révolutionnaires qui ont su me convaincre et tout s’est enchaîné. Plus tard il y a eu un appel pour un nouveau parti anticapitaliste et on m’a demandé si je voulais participer aux comités de création de ce nouveau parti. C’est là que je me suis réellement engagée.

Ton engouement est venu au moment où le leader était encore Olivier Besancenot. Est-ce que tu n’es pas déçue depuis que Philippe Poutou a pris la relève ?

Non. C’est clair que « Beuz’ » avait une façon de parler qui donnait la rage et il savait vraiment bien s’exprimer, mais en même temps, quand il a commencé, puisqu’il ne vient pas d’un milieu où on connaît les codes de la communication, il n’était pas au top non plus. Pour Poutou, c’est pareil ; il ne sait pas toujours argumenter quand on lui pose une question, mais ce n’est pas l’essentiel pour nous : ce sont les idées qu’on arrive à faire passer qui comptent. Poutou, c’est quand même le premier ouvrier à se présenter. Ce qui était important aussi pour nous, c’est qu’il a mené une lutte dans son entreprise et qu’il l’a gagnée (NDLR : il s’est mobilisé au sein de son entreprise qui menaçait 10000 emplois induits). C’est primordial dans le sens où les gens ont tendance à dire « les luttes, y en a plus, c’est fini« . Avec Poutou, la preuve est que non : il s’est battu avec ses collègues, et il a gagné. Il est la preuve qu’il est toujours possible de se défendre. En plus, ce discours anti-lutte est confronté à un autre contre-argument : la dernière révolution ne date pas de 1917, il y a eu les révolutions arabes l’année dernière. Jamais on se serait dit, il y a un an, que Ben Ali allait se faire virer par la masse des travailleurs ». Pourtant c’est arrivé. L’important, c’est de pouvoir se représenter soit-même.

Revenons-en au candidat : est-ce que tu l’as trouvé bon le 11 avril dernier dans Des Paroles et Des Actes ?

Je l’ai trouvé bon. Je pense que c’est sa meilleure interview, avec une autre sur Dimanche+. Nous, on en a eu des bons retours ; quand on distribuait des tracts, ou dans les meetings, des gens venaient nous dire qu’ils avaient apprécié Poutou dans l’émission.

Ce qui m’amène à la question suivante : est-ce que son attitude très décontractée n’est pas stratégique ?

En même temps, la Présidentielle, c’est une grande bouffonnerie, un peu comme dans une pièce de théâtre où chacun prend un ton solennel, se déclare candidat du peuple et se présente en grand sauveur. Nous, on en rit, et on passe un peu pour les bouffons de service. Je pense que Poutou refuse avant tout de rentrer dans ce jeu médiatique : il souhaite défendre nos idées et prouver qu’une nouvelle façon de faire est possible en dehors du discours « Votez pour nous tous les 5 ans et on fera des trucs après« . Cependant, on a besoin des médias, aussi. Le 11 avril, il avait Pujadas, Lenglet, Saint-Cricq et Namias en face qui faisaient les mecs sympas, en mode « on rigole avec toi mais on t’explose quand même ». Du coup, je pense qu’il n’a pas voulu passer pour un candidat sectaire et agressif et s’il a une manière peut-être maladroite de dire les choses, il réussit finalement à faire passer notre messag. Il faut préciser aussi que pour lui, pour nous, la politique n’est pas une carrière. Ce n’est pas sain de faire de la politique son métier, je trouve. Ça déconnecte.

Pour revenir au NPA, est-ce que tu pourrais résumer les grandes valeurs défendues par le parti ?

Le capitalisme n’est vraiment pas un système qui répond à nos besoins, au contraire.
L’anticapitalisme : le capitalisme n’est vraiment pas un système qui répond à nos besoins, au contraire. Il ne répond qu’à ceux d’une minorité qui fait du profit sur notre dos, en nous exploitant. On veut rompre avec cet état de faits, et avoir un système économique basé sur les besoins de la société, qui ne détruise pas notre environnement.


Le pendant, c’est bien évidemment l’anti-impéralisme. Les crises sont inscrites dans les gènes du capitalisme ; pour les faire taire, rien de mieux que les guerres. On est contre toute intervention militaire dans les pays en crise et contre toute ingérence. Par exemple, l’intervention en Libye, on ne cautionne pas : ça ne répondait pas à l’intérêt des Libyens, mais à celui des capitalistes eux-mêmes et des puissances impérialistes. La France est allée les « aider », et maintenant qu’elle a son pétrole, que la charia y soit appliquée ou non, ce n’est plus un problème. Nous sommes pour l’autodétermination des peuples, il faut qu’ils aient le droit de disposer d’eux-mêmes. C’est fondamental.

Il y a aussi bien sûr la lutte féministe. L’idée d’un combat féministe indépendant de l’État est primordial pour l’égalité entre tous et le droit de disposer de son corps. La question de l’immigration est très importante aussi : nous sommes pour la régularisation des sans-papiers, contre la stigmatisation des immigrés.

Enfin, l’écologie : nous sommes pour la sortie du nucléaire en 10 ans et nous sommes actuellement les seuls à le dire en politique. C’est véritablement une urgence. De nombreux scientifiques travaillent dans un réseau qui s’appelle Sortir du nucléaire, dans lequel on est investis, et ils ont justement prouvé que c’était possible. Pour nous, la sortie du nucléaire ne peut pas se faire sans sortir du capitalisme.

Quelle est la mesure du NPA qui te parle le plus ?

Dans le contexte actuel c’est l’annulation de la dette, c’est clair. C’est en plein dans l’actualité politique, mais il n’y a que Lutte Ouvrière et nous qui le disons. Ça et l’expropriation des banques, parce que quand tu veux annuler la dette, puisque l’État emprunte aux banques, ces dernières bloqueraient le processus. Et puis elles font n’importe quoi ! Nous pensons que c’est un non-sens qu’elles soient privées.

L’interdiction des licenciements est également une mesure fondamentale. Pour faire encore plus de profit, les capitalistes licencient. En interdisant les licenciements, il faudra penser au « travailler moins, pour travailler tou(te)s ».

Ce sont les mesures sociales qui me parlent le plus, mais il y a aussi nos combats pour les droits des LGBT (lesbiennes, gays, bi, trans), le féminisme, l’écologie…

Entre interdiction des licenciements, hausse des salaires et revenu d’autonomie pour les jeunes, le NPA défend un programme où tout paraît possible. Que répondrais-tu à ceux qui estiment que le ce parti est franchement utopiste ?

On nous le dit souvent ! Mais il faut dire aussi que dans les médias, par exemple, personne ne nous appelle jamais pour nous demander comment les mesures que l’on propose pourraient voir le jour (au niveau de la mise en pratique et du financement). Nous, ce qu’on dit, c’est qu’il faut déjà sortir du système capitaliste. Quand tu as toujours vécu dans ce système, tu as peut-être tendance à penser « C’est impossible, ça a toujours été comme ça ». Mais il ne faut pas oublier que le système capitaliste est très récent. Alors attention, avant, c’était pas mieux ! Aucun système ne s’est calqué sur les besoins de la population. Il faut penser que ceux qui produisent les richesses, ce sont les travailleurs, et qu’ils produisent énormément, assez et même plus que ce qu’il faut pour nourrir tout le monde. J’aimerais dire que le problème ne vient pas d’un manque de moyens, il est dans la répartition des richesses. Il y a une minorité qui se goinfre sur une majorité, celle-là même qui produit les richesses. En fait, ce qu’on dit, c’est qu’il y a de l’argent et qu’il suffit de le prendre là où il est.
Ce qu’on dit, c’est qu’il y a de l’argent et qu’il suffit de le prendre là où il est.
Il est généralement dans les banques et dans les caisses du patronat, avec le consentement du gouvernement, qu’il soit de droite ou de gauche. Il n’y a qu’à voir les cadeaux fiscaux ou les subventions publiques données à des entreprises privées, sans oublier le renflouement des banques en 2008, qui revenait à privatiser les richesses et socialiser les pertes. Ce système marche complètement sur la tête et c’est utopiste de penser qu’on pourra continuer comme ça : les Trente Glorieuses, c’est fini. Maintenant les crises sont de plus en plus rapprochées, tout simplement parce qu’elles font partie du capitalisme. C’est un système qui se mord la queue parce que chaque capitaliste veut faire toujours plus de profit, et pour faire ça il faut baisser les salaires, licencier… Ce n’est pas du tout utopiste ; nous, au NPA, sommes partisans de la lutte. Des luttes il y en a eu, et il y en aura ! Par contre, que les combats et les révolutions soient victorieux, ça dépend de nous. C’est pour ça qu’il faut s’organiser politiquement pour que nos luttes ne soient pas massacrées par la classe dominante, qui ne se laisse pas faire. Les révolutions n’ont jamais été violentes, ce sont les contre-révolutions qui le sont. C’est le capitalisme qui est violent, qui tue et qui affame des peuples.

Un dernier mot pour nos lectrices ?

Il faut qu’on ait conscience de l’importance, de la nécessité de lutter pour nos droits. Quand on regarde en arrière, les congés payés, le droit à l’avortement, la Sécu… sont issus de combats, de manifestations, de résistances. On n’a jamais gagné aucun droit par les urnes. On a dû tout arracher par les luttes, parce qu’on ne nous a rien donné. C’est important de le rappeler, parce que si on veut obtenir des droits et qu’ils ne soient pas remis en cause, il faut lutter. Rien que pour l’avortement : il y a en ce moment des centres IVG qui sont en train de fermer parce qu’il faut faire des économies sur les hôpitaux, et ce qui n’est pas rentable, hop, on supprime. Il y a eu des batailles, notamment dans le 20ème, à l’hôpital Tenon, et on a réussi à maintenir le centre IVG. Il est actuellement menacé par des catholiques intégristes qui s’installent régulièrement devant ses portes pour faire pression sur les personnes qui y entrent. Du coup, nous y allons avec des organisations politiques comme le Front de Gauche ou des organisations libertaires pour les déloger. Cet exemple prouve l’importance de la lutte et de la persévérance.

Pour finir, je rappellerai notre slogan aux lectrices : « Aux capitalistes de payer leurs crises« .
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: NPA

Messagede Nico37 » 05 Mai 2012, 13:35

Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: NPA

Messagede Nico37 » 06 Mai 2012, 20:15

[url=http://www.npa2009.org/content/virons-sarkozy%E2%80%89-construisons-la-mobilisation-contre-l’austérité-de-gauche%E2%80%89]Virons Sarkozy ! Construisons la mobilisation contre l’austérité de gauche ! Philippe POUTOU Hebdo Tout est à nous ! 147 (03/05/12)[/url]

L’entre-deux-tours des deux candidats se situe dans la continuité de leur campagne. Si le ton se durcit, le fond change peu et surtout chacun fait son numéro de drague pour récupérer le maximum d’électeurs pour le 6 mai.
La palme du dégoût revenant sans hésitation à un Sarkozy assumant sans vergogne sa tentative de débauchage des électeurs du Front national. Une raison de plus de le mettre à la porte ce dimanche.

Avec 27 % des voix seulement, le président des riches a pris une première bonne claque le 22 avril. Mais il ne baisse pas les bras et semble prêt à tout pour conserver le pouvoir. Rattrapé par les affaires, Sarkozy aux abois se tourne sans vergogne vers l’extrême droite.

Le président de la droite extrême doit être giclé !

Celui qui dit comprendre le message des électeurs de Le Pen « tire la même leçon qu’eux ». Le grand retour de l’identité nationale, les frontières qui protègent, la défense des « sans-grade » (les mêmes mots que ceux utilisés par Le Pen dans l’entre-deux-tours de 2002...), rien ne manque de la panoplie réactionnaire dans le discours de Sarkozy et de ses lieutenants depuis quelques jours. Jusqu’à la stigmatisation des privés d’emploi en s’autoproclamant pourfendeur de l’assistanat et porte-parole de ces « travailleurs qui ne veulent pas que ceux qui ne travaillent pas gagnent plus qu’eux ». Jusqu’à l’appel à un contre-rassemblement le 1er Mai, jour de mobilisation internationale du monde du travail. Il ne lui reste plus qu’à aller célébrer ce jour-là la figure de la « France éternelle », Jeanne d’Arc, et le président sera mûr pour prendre sa carte au Front national.
Cette fuite en avant ne s’explique pas seulement par l’habituelle chasse aux voix politicienne, mais montre aussi de façon de plus en plus claire la porosité des frontières entre les idées de la droite et de l’extrême droite, les unes nourrissant les autres. Aussi, dimanche, sans hésitation, il faudra dégager Sarkozy dont le programme reste plus que jamais une menace.

S’opposer à la gauche des institutions

On ne peut pas dire que Hollande ait montré dans sa campagne une volonté de se situer sur le terrain de la gauche. Même avec une pression sondagière importante de Mélenchon, il ne s’est autorisé qu’une maigre sortie sur l’imposition des plus riches, s’en excusant presque. Et depuis quelques jours, rien de neuf sous le soleil. S’il s’oppose par le ton à une droite de plus en plus outrancière, son regard reste surtout tourné vers Bayrou, à qui il s’est empressé de répondre pour montrer les convergences existantes avec le programme du Modem. Équilibre budgétaire, « effort maîtrisé », importance du Made in France... Autant de gages donnés à un candidat de droite bien étranger au monde du travail et aux milieux populaires.
Et comme si cela ne suffisait pas, Hollande reçoit maintenant le soutien indirect de Mario Draghi himself, président de la toute puissante Banque centrale européenne. Celui-ci propose un « pacte de croissance » pour compléter le « pacte de discipline budgétaire » signé il y a quelques mois. Une façon de mieux faire passer la pilule de l’austérité européenne à laquelle Hollande fait mine de s’opposer.
Nous ne devons donc faire aucune confiance au candidat de rechange pour améliorer le sort des opprimés.

Riposte unitaire, rassemblement des anticapitalistes

Comme nous l’avons fait ces dernières semaines, le NPA lance un appel. Nous nous adressons à celles et ceux qui se sont reconnuEs dans notre campagne, aux organisations et à celles et ceux qui se sont retrouvéEs dans les campagnes du Front de Gauche ou de Lutte ouvrière, aux militantEs syndicalistes et du mouvement social. Dans le sillage du 1er Mai, préparons dès à présent la riposte dont nous avons besoin pour défendre nos intérêts. C’est aussi cela qu’attendent les millions de personnes qui ont porté leurs suffrages sur les candidatures à la gauche du PS, et nous savons bien que pour cela le NPA seul n’y suffira pas.
Dans cette opposition aux politiques d’austérité de droite aujourd’hui et peut-être de gauche demain, il faut aussi trouver les voies pour avancer dans le regroupement des anticapitalistes, aujourd’hui éparpillés dans différentes forces politiques et dans le mouvement social. Le NPA reste un outil irremplaçable pour agir en ce sens.
Ensemble, ces prochaines semaines, faisons vivre une force anticapitaliste indépendante !
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

PrécédenteSuivante

Retourner vers Organisations, partis, mouvements politiques

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun-e utilisateur-trice enregistré-e et 2 invités