Réponse à : Occupy San Francisco : « I like it there » !
http://www.contretemps.eu/r%C3%A9cits/occupy-san-francisco%C2%A0-%C2%AB%C2%A0i-it-there%C2%A0%C2%BB%C2%A0Contretemps a publié un article sur le mouvement d’occupation, écrit par Sara Aguiton, qui est en Doctorat de Sciences Po au Centre de Sociologie des Organisations et est à SF pour 6 mois dans le cadre de sa thèse. Elle s’est rendue quotidiennement pendant une semaine aux assemblée et aux actions de Occupy SF et en tire quelques conclusions définitives.
Ce qui, pour un chercheur, est une méthode peu académique. Ainsi, dès le début, arrive-t’elle à la conclusion :
‘Car, si le doute vous habitait, je vous rassure, les États-Unis ne sont pas en train de vivre une deuxième révolution.’
Vous noterez le ‘je vous rassure", qui part du principe que le lecteur craint une possible révolution en cours.
"c'est bien un mouvement d'indigné·es qui se déroule ici."
Qu’importe si le mouvement, à San Fransisco comme ailleurs ne s’en réclame pas.
La méthode d’investigation est sans faille :
Lors de mes discussions avec les occupant·es, ma question introductive a été à chaque fois « Pourquoi es-tu ici ? ». Et, à ma grande surprise, la question de la contestation n'est jamais la
première réponse.
Cette technique a été utilisée par les médias américains. Lorsqu’ils se sont rendus compte qu’ils ne pouvaient plus ignorer le mouvement né à Wall Street qui s’étendait à tout le pays, ils se sont déplacés et interrogés les plus originaux des participantEs. On démontre ainsi que le mouvement est vide, constitué au mieux de "rêveurs", au pire de "paumés".
"Ces discussions avançant, la question du politique devient plus explicite, mais une politique qui refuse de l’être.... J'ai presque l'impression que nous faisons face a une nouvelle forme de mouvement social, qui s'est affranchie de toute idée de « lutte ».... Sans objets concrets, sans ennemi·es, sans positions politiques unificatrices pour cimenter le groupe, peut-on encore parler de lutte ? "
Le mouvement d’occupation ne serait qu’une nouvelle forme de camping urbain où l’on viendrait débattre de tout et de rien, en cherchant le "consensus"
"le consensus n'est facile a atteindre que sur des sujet « consensuels »....Ainsi, on comprend l'immobilisme de ces assemblées quant à la production de « contenus » politiques, de revendications, de « direct demands »"
Le blocage du Port d’Oakland, en novembre, puis celui coordonné, des ports de la Côte Ouest dernièrement, ont été décidés selon le processus du consensus. Pour ne prendre que ces exemples. L’article ayant été écrit le 20 octobre, Madame Aguiton, elle a une excuse et n’est fautive que d’une conclusion hâtive. Personnellement, j’aime assez cette forme d’immobilisme consensuel.
La question des "revendications" , et plus exactement de" l’absence de revendications" précises revient, comme dans les médias qui s’en servent pour démontrer le "manque de sérieux" du mouvement.
Me revient à l’esprit un des slogans des manifestations lors de la réforme du CPE.
"Nous ne voulons pas le plein emploi. Nous voulons une vie pleine"
Quel beau sujet de thèse.....