Ne payons pas leur crise !

Re: Ne payons pas leur crise !

Messagede kuhing » 15 Oct 2011, 09:54

Pïérô a écrit:en même temps il serait dommage de leur laisser le terrain et de ne pas porter un autre son de cloche.


Ouais...,on pourrait tenir aussi ce raisonnement en participant aux élections organisées par l'Etat.
Pour ma part je préfère rester clair et ne pas cautionner les organisateurs bureaucrates d'Attac qui veulent gérer le capital différemment .
Je trouve ça plus constructif.
Mais je n'ai pas forcément une position majoritaire dans notre collectif et ce n'est pas ce qui me détermine .
Par contre je serai aujourd'hui à 13h à Nice pour la journée mondiale des indigné-e-s ( Place Massena )
kuhing
 

Re: Ne payons pas leur crise !

Messagede Pïérô » 15 Oct 2011, 11:59

kuhing a écrit:Ouais...,on pourrait tenir aussi ce raisonnement en participant aux élections organisées par l'Etat.

çà c'est un raisonnement un peu tiré par les cheuveux, tu crois pas ?

kuhing a écrit:Pour ma part je préfère rester clair et ne pas cautionner les organisateurs bureaucrates d'Attac qui veulent gérer le capital différemment .

et cela pourrait s'appliquer à toute forme de manifestation où il n'y aurait pas que des anarchistes pur sucre.

et du coup çà rentre un peu en contradiction avec ce que tu annonces par la suite sur les rassemblements d'aujourd'hui des indignés, où ATAC sera je n'en doute pas présent.

Et donc ce que tu fais là peut bien s'appliquer à d'autres types de rassemblements, et donc au contre-G20. :wink:
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 22439
Enregistré le: 12 Juil 2008, 22:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

Re: Ne payons pas leur crise !

Messagede kuhing » 16 Oct 2011, 18:19

Pïérô a écrit:

et du coup çà rentre un peu en contradiction avec ce que tu annonces par la suite sur les rassemblements d'aujourd'hui des indignés, où ATAC sera je n'en doute pas présent.

Et donc ce que tu fais là peut bien s'appliquer à d'autres types de rassemblements, et donc au contre-G20. :wink:


La différence c'est que c'est pas ATTAC qui s'est accaparé l'organisation des rassemblements spontanés des indignés comme ATTAC l'a fait pour la manif du G20.

Rappelons que ces enfoirés d'ATTAC nous ont viré ( le CAam ) du collectif 06 de préparation contre G20, que comme par hasard toutes les salles nous ont été refusées même les plus petites pour organiser le concert que nous voulions faire et que ces vendus pourris avec un budget de 15000 euros ont pu avoir une des salles que nous avions demandé pour la préparation de leur truc, obtenu d' Estrosi la possibilité d'organiser une manif et un concert à Nice en même temps que le G20.

Étrange non ?

Donc personne d'ATTAC en tous cas de connu sur la place Massena, au rassemblement des indignés de Nice où il y avait environ 150 personnes place Massena Samedi 15 oct ( hier )

Discussions intéressantes sur la situation, l'argent, la révolution sociale (...) y compris avec l' ami Copas du NPA avec qui je m'entends bien et avec qui on va essayer de monter une liaison avec un copain anar qui travaille dans son coin.

Après, les débats se sont poursuivis à une dizaine au café autogéré que le CAam à ouvert 15 avenue Pauliani.

Image

Image
kuhing
 


Re: Ne payons pas leur crise !

Messagede kuhing » 21 Oct 2011, 09:52

21/10 | 07:00 | Massimo Prandi
Grèce : les membres européens de la troïka rendent un projet de rapport au ton alarmant


Il y a urgence. La Grèce n'a jamais été aussi proche de la banqueroute. Athènes doit recevoir au plus vite les 8 milliards d'euros de la sixième tranche de l'aide internationale de 110 milliards d'euros décidée en mai 2010, alertent les membres de la mission de la troïka des bailleurs institutionnels de fonds (Commission européenne, BCE et FMI) en mission à Athènes entre le 21 août et le 11 octobre. C'est la conclusion principale du projet de rapport rédigé par les experts de la Commission européenne et de la BCE que « Les Echos » se sont procuré. Un projet de rapport qui ne porte cependant pas la signature du FMI, qui a déclaré hier « continuer l'examen des progrès réalisés par le pays ». Une absence de signature très remarquée, qui a aussitôt alimenté les spéculations sur une hypothétique dissension entre les deux composantes européennes de la mission et l'institution multilatérale de Washington. Envoyé mercredi aux ministres des Finances des gouvernements de la zone euro, le long texte de 106 pages des membres européens de la mission décrit un pays plongé dans une crise profonde et durable. Un pays à terre dont « la dynamique de la dette reste extrêmement préoccupante ». Et ce, en dépit d'une consolidation budgétaire d'une sévérité exceptionnelle.
Scénario catastrophe

Les spécialistes européens soulignent que « dans un scénario de faible mise en oeuvre des politiques (de discipline budgétaire, NDLR), cela pourrait ne pas suffire à rendre la dynamique de la dette soutenable ». Les chances que ce scénario catastrophe se matérialise dépendent de plusieurs facteurs : « L'ampleur et la persistance des restrictions budgétaires, la trajectoire à moyen terme du solde primaire et l'application de réformes structurelles susceptibles d'influencer les perspectives de croissance du pays. » A ce stade, les voyants grecs qui ont viré au vert sont rares : les exportations (+ 20 % entre mai et juillet) ; la compétitivité progresse lentement ; les progrès « importants » réalisés par le gouvernement en matière de consolidation budgétaire et la mise en oeuvre du plan de réformes structurelles. Mais ces quelques avancées sont contrebalancées par une avalanche d'indicateurs négatifs. Dans l'ordre, l'application des mesures de discipline fiscale a été « défaillante ». Le train de nouvelles mesures d'austérité que le gouvernement a fait adopter hier au Parlement rapproche le déficit budgétaire prévu en 2012 de l'objectif fixé mais ne permettra toujours pas de l'atteindre. Le plan de privatisations a enfin été défini, mais les recettes effectives seront inférieures aux revenus attendus. Et ce, en contradiction ouverte avec les assurances données par le gouvernement. Le secteur financier grec demeure fragile avec des liquidités dont disposent les banques qui s'amenuisent chaque jour davantage. Les réformes structurelles engagées avancent à un rythme trop lent. « L'application décidée des réformes structurelles et la remise en cause des positions acquises exigent non seulement la cohésion de l'ensemble du gouvernement mais aussi un consensus entre les principales forces politiques » du pays.
Crise plus grave que prévue

Un voeu qui a toutes les chances de rester pieux, car toutes les forces de l'opposition parlementaire demandent la démission du gouvernement et la tenue d'élections anticipées. Le tout est aggravé et compliqué par une crise de l'économie réelle sensiblement plus grave que prévue. Cette année, le PIB reculera de 5,5 % et en 2012 de 2,75 %, estiment les économistes européens de la Troïka. Plus préoccupant encore, « les perspectives de croissance à moyen terme pourraient nécessiter d'être revues en baisse », lit-on dans le projet de rapport. Auparavant, précisent ses rédacteurs, on tablait sur une hausse moyenne du PIB grec de près de 3 % par an entre 2015 et 2020.
MASSIMO PRANDI, Les Echos


source
kuhing
 

Re: Ne payons pas leur crise !

Messagede spleenlancien » 21 Oct 2011, 10:19

La France et l'Allemagne mettent en place un comité théodule, baptisé MES pour mécanisme européen de stabilité, fleurant bon la technostructure et sa parfaite absence de légitimité démocratique.
Sylvain Gouz, Rue 89 a écrit:Ce « sommet » de la zone euro (dix-sept pays participants), convoqué à Bruxelles ce dimanche, est-il celui de « la dernière chance pour l'Europe » comme le laisse entendre Nicolas Sarkozy ? Simplement une étape de plus sur un long chemin qui permettrait de sauver l'euro, à en croire Angela Merkel ? Ou le premier jalon d'une prise de pouvoir technocratique sur cette zone euro ?

De fait, les deux dirigeants abordent la réunion dans des états d'esprit bien différents.

Sarkozy veut être le sauveur de l'euro

Côté Sarkozy, avant « son » sommet du G20 début novembre, il s'agit d'apparaître comme le sauveur du monde, à tout le moins de l'euro, si ce n'est de l'Europe. Et pour cela, le président français met en avant la nécessité d'augmenter massivement la dotation du Fonds européen de stabilité financière (FESF) tout juste mis en place. Une dotation qui passerait de 400 milliards d'euros à 1 000, voire 2 000 milliards.

A quoi s'ajoutent, côté français, la demande d'une plus forte implication de la Banque centrale européenne (BCE) dans le soutien des pays en difficultés – pour tout dire, en faisant jouer la planche à billets, comme l'a fait la banque centrale américaine – et le refus d'un abandon plus important que prévu de la dette grecque, ce qui mettrait les banques françaises, notamment, en grande difficulté.

Merkel ne veut rien lâcher

Côté Merkel, c'est une autre histoire. La chancelière allemande, en aussi grande impopularité politique que le président français, ne veut rien lâcher qui augmenterait la participation du contribuable allemand au sauvetage de la Grèce ou du Portugal (puis de l'Espagne, puis de l'Italie…).

Elle ne veut pas davantage d'un relâchement de la discipline monétaire de la BCE derrière lequel se profilerait l'hydre de l'inflation tant honnie par le peuple allemand.

En milieu de journée, jeudi, Berlin faisait état d'un « accord total » avec Paris, après les discussions informelles la veille, à Francfort. Mais cela ne trompe guère. Les chefs d'Etat ou de gouvernement vont se trouver, une fois de plus, face à une joute franco-allemande feutrée sur ces trois sujets :
•gonflement du Fonds européen de stabilité financière,
•implication de la BCE dans le renflouement des dettes souveraines,
•montant de l'ardoise grecque à effacer (et donc à imputer aux banques prêteuses).

Un traité paraphé en catimini

Cela dit, un accord semble bel et bien exister entre Sarkozy et Merkel, c'est sur une modification du traité européen qui conduise à un véritable gouvernement économique de la zone euro. Là, les protagonistes avancent masqués. Bien sûr, une modification des traités a déjà été évoquée, mais de façon très générale, très floue. Or il s'avère que, dans une semi-pénombre, tout est d'ores et déjà prêt.

Le lièvre a été levé ces jours-ci par des militants plutôt anti-européens. Et déjà, la rumeur se répand sur le Web : nos dirigeants européens, plus particulièrement ceux de l'euro-zone, auraient d'ores et déjà conclu de nouvelles dispositions qui constitueraient autant de nouveaux pouvoirs supranationaux, une sorte de « dictature économique ». De quoi s'agirait-il ?

Sous un acronyme – « MES » – se cacherait un « mécanisme européen de stabilité » en passe de devenir le véritable gouvernement économique de la zone euro. Ce mécanisme prendrait dès 2013 le relais du Fonds européen de stabilité financière, mais avec une toute autre ambition. Or, qui tient les cordons de la bourse maîtrise le reste.

De fait, il semble bien qu'un traité pour l'établissement du Mécanisme européen de stabilité ait été paraphé par les ministres des finances des 17 pays membres de la zone euro, le 11 juillet dernier. Cela s'est fait en catimini, dans l'indifférence générale, et sans grande publicité. Apparemment, il n'existe d'ailleurs qu'une version officielle en langue anglaise de ce traité.

Rassurons-nous cependant : il n'en est qu'à l'état virtuel puisqu'il demande à être ratifié par les dix-sept parlements nationaux avant la fin de l'année 2012 pour entrer en vigueur. Ce qui promet de belles bagarres parlementaires.

L'orthodoxie ultralibérale ou le vice originel

Tel qu'il apparaît, ce traité institue, ou plutôt instituerait, un nouvel organe de politique économique européenne dont les règles de fonctionnement s'apparenteraient à celles du FMI. Il n'est qu'à prendre connaissance de l'article 12 dudit traité pour voir vers où on se dirigerait. Il n'est question que de « programme d'ajustement macroéconomique » et de « privatisations », de « surveillance des politiques économiques », « de rétablissement de la dette publique sur une trajectoire fiable ». Faute de quoi le MES refuserait son concours.

D'une certaine façon, ce mécanisme suppose donc un abandon de souveraineté économique pour chacun des dix-sept pays. D'ailleurs, l'objet même du MES (article 3) est éloquent : il s'agit de « mobiliser des fonds et fournir une assistance financière, sous stricte conditionnalité de politique économique au profit des membres du MES… ». On ne saurait être plus clair.

En soi, l'idée d'un pilotage centralisé de la zone euro est loin d'être absurde. On a suffisamment reproché aux dirigeants européens de se montrer trop mous et trop peu réactifs dans la gestion de la crise de l'euro pour barguigner sur une plus forte coordination des politiques économiques.

Là où le bât blesse, c'est que ce mécanisme européen de stabilité est tout entier imprégné de l'orthodoxie libérale la plus rétrograde, qui consiste à sacrifier la croissance à la monnaie. C'est son vice originel. Une sorte de prise en otage idéologique de la zone euro. On voit déjà où cela conduit la Grèce.

Sans contrôle démocratique

Et on peut se demander quelle marge de manœuvre aurait, par hypothèse, un gouvernement socialiste dans un pays de la zone euro, qui ne partagerait pas ce credo et voudrait pondérer son avancée vers l'équilibre budgétaire par un effort de croissance et de réindustrialisation.

On peut s'émouvoir surtout de l'absence de toute référence démocratique dans ce traité : pas un mot, que l'on sache, sur le parlement européen, pas une ligne, sur les organisations syndicales, tandis que la part belle est faite au président de la Banque centrale européenne et au président de la Commission européenne qui participeraient de droit à toutes les décisions. On se retrouverait ainsi face à un nouveau moloch techno-européen ne rendant compte qu'à lui-même.

Officiellement, à en croire le site même du Conseil européen, la modification du traité européen n'est pas à l'ordre du jour du sommet de dimanche. Nul doute qu'elle sera évoquée néanmoins. Et on ne serait guère surpris que le tandem franco-allemand trouve dans ce projet une sorte de panacée pour masquer leurs autres désaccords. On a coutume de dire que les sommets accouchent de souris. Pour le coup, celle-ci serait plus que redoutable.

nb : Allez lire l'article sur le site de Rue89, il comporte plein de liens éclairants.
article original :
http://blogs.rue89.com/sylvain-gouz/201 ... een-225489
spleenlancien
 
Messages: 272
Enregistré le: 07 Oct 2011, 22:17

Re: Ne payons pas leur crise !

Messagede kuhing » 27 Oct 2011, 16:57

"Les Européens évitent le pire"

Le pire ? quel pire ?

Ils ne le savent pas eux-mêmes :

Euro: pour Fillon, un échec du sommet ferait basculer l'Europe "vers des terres inconnues"

Ces grosses têtes font mine de se prendre au sérieux avec des choses qu'eux seuls comprendraient mais leurs pitreries commencent à fatiguer sérieusement.

IL FAUT JUSTE RESTITUER LES RESSOURCES NATURELLES ET LES MOYENS DE LES TRANSFORMER A L'ENSEMBLE DE L’HUMANITÉ .


en dessous le résultat de leur dernier petit jeu entre amis

Les Européens évitent le pire avec un accord réel mais modeste
Nicolas Sarkozy espérait une réponse d’ampleur massive, qui stoppe définitivement la crise de la monnaie unique. Le chef de l’Etat a évité le pire, une absence d’accord entre les dix-sept chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro. Mais la réponse des Européens reste modeste. L’histoire est loin d’être terminée, parce qu’il faudra obtenir des aides des pays émergents et du FMI, si possible d’ici au G20 de Cannes, qui rassemblera début novembre les principaux dirigeants de la planète. Parce que les négociations avec les banques, qui vont accepter d’effacer la moitié de leurs créances sur la Grèce ne seront pas achevées avant janvier. Parce qu’il va falloir compter sur le secours de la banque centrale européenne (BCE) et de son président désigné Mario Draghi, pour éviter une contagion de la crise à l’Italie et à l’Espagne, sans qu’aucun accord formel n’ait été scellé.

Dans le détail, les Européens ont décidé d’effacer la moitié de la dette grecque. Il en coûtera 100 milliards d’euros aux banques. La manœuvre ramènera la dette d’Athènes à 120% du produit intérieur brut d’ici 2020. Cet allègement est considérable par rapport aux 160% actuels. Il n’est pas certain que ce soit suffisant : ce taux est le double de la limite fixée par le traité de Maastricht. Nul ne peut prétendre que la Grèce soit tirée d’affaire avec un niveau de dette comparable, à terme, à celui de l’Italie actuellement. Pour l'aider, les Etats apporteront à la Grèce 130 milliards d'euros via le Fonds européen de stabilité financière ( FESF).

Pour parvenir à un accord, il a fallu tordre le bras aux banques, qui ont été convoquées dans la nuit par Angela Merkel, Nicolas Sarkozy, Herman Van Rompuy et Christine Lagarde, directrice générale du FMI. Mercredi matin, elles n’acceptaient pas une décote aussi massive. L’accord comporte deux risques. Le premier est que les marchés considèrent qu’il s’agit d’une faillite de la Grèce–un « événement de crédit » dans le langage des financiers- et qu’ils paniquent, jugeant que d’autres Etats européens suivront. La réponse sera la réaction des marchés, ce jeudi 27 octobre, mais aussi dans les prochaines semaines. Dans leur communiqué final, les Européens rappellent qu’à l’exception de la Grèce, « tous les autres membres de la zone euro réaffirment leur détermination inflexible à honorer complètement leur signature ». La question de la restructuration de la dette des pays en difficultés continue cependant de diviser.

Troisième sujet, la force de frappe du FESF, doté de 440 milliards d’euros. Elle sera de 1000 milliards d’euros, même si aucun chiffre n’a été convenu par écrit. On est encore très loin de 2000 milliards ou plus évoqués ces dernières semaines à Bruxelles et jugés nécessaires pour dissuader les marchés d’attaquer l’Italie. Certes, les Européens comptent sur le secours d’autres institutions. Nicolas Sarkozy déduit d’une déclaration de Mario Draghi, qui prendra le 1er novembre la présidence de la BCE, qu’elle continuera d’acheter de la dette italienne si nécessaire. Mais l’on est loin de la transformation du FESF en banque, originellement souhaitée par Paris, qui lui aurait permis d’avoir accès aux ressources illimitées de la BCE. Les Européens en sont réduits à faire la tournée des pays émergents et du FMI pour trouver d’ici quelques semaines des fonds supplémentaires. M. Sarkozy devait téléphoner au président Hu Jintao jeudi matin tandis que Klaus Regling, patron du FESF, se rend à Pékin vendredi. Enfin, l’idée de tirer des fonds sur le FMI n’est pas abandonnée.

La recapitalisation des banques est finalement le dossier le plus avancé. Les banques vont devoir renforcer leurs fonds propres de 106 milliards d’euros pour atteindre un ratio de fonds propres de 9% d’ici à fin juin 2012. Aide-toi le ciel t’aidera, c’est le leitmotiv. Les banques sont invitées à trouver des capitaux sur les marchés, à réduire leurs dividendes et leurs bonus. L’intervention de l’Etat en France a été exclue par M. Sarkozy, alors que les banques devront se renforcer à hauteur de 8,8 milliards d’euros. Les banques italiennes et espagnoles, dont les besoins sont chiffrés à 14,7 et 26 milliards d’euros, seront aidées par leurs gouvernements voire le FESF.

Dernier dossier, l’intégration économique et budgétaire. Nul le prononce le mot « fédéralisme », mais il progresse. Paradoxalement grâce aux pays les plus eurosceptiques qui ne supportent plus la mauvaise gestion des pays latins. Ainsi, la Finlande et les Pays-Bas ont obtenu que les pays qui ont des déficits excessifs voient leur budget examiné et commenté « avant leur adoption par le parlement national concerné ». La Commission européenne sera aussi chargée de surveiller l’exécution du budget et de proposer si nécessaire des corrections en cours d’année. Les Dix-sept saluent l’Espagne de Jose Luis Zapatero pour mieux surveiller l’application des promesses faites par le président du conseil italien Silvio Berlusconi.

Comme à chaque sommet depuis qu’a éclaté la crise grecque en janvier 2010, les dirigeants européens s’efforcent d’obtenir le meilleur accord possible. Il ne s’agit pas comme dans les négociations traditionnelles de défendre ses intérêts, mais de trouver l’impossible solution à une crise de surendettement et de perte de compétitivité, avec des pays qui ne peuvent pas dévaluer leur monnaie. Depuis deux ans, deux visions s’affrontent, celle de l’Allemagne qui veut assainir la Grèce, brutalement, pour la remettre sur les rails, quitte à braquer les marchés financiers. Celle de la France, qui veut sauver la zone euro dans son ensemble et éviter un risque systémique comme celui provoqué par la faillite de la banque américaine Lehman Brothers en septembre 2008.

Arnaud Leparmentier et Philippe Ricard
kuhing
 

Re: Ne payons pas leur crise !

Messagede Béatrice » 29 Oct 2011, 18:45

Communiqué du 28 octobre 2011 du CADTM Europe ( Comité pour l'annulation de la dette du tiers monde ) , sur l'accord du sommet
européen des 26 et 27 octobre 2011 .


http://www.millebabords.org/spip.php?article18811
« Simple, forte, aimant l'art et l'idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée. »
Louise Michel
Béatrice
 
Messages: 2792
Enregistré le: 09 Juil 2011, 20:58

Re: Ne payons pas leur crise !

Messagede Pïérô » 26 Fév 2012, 12:21

Tract intersyndical européeen :

Image

Ne payons pas leur crise ! Luttons !

Dans tous les pays, gouvernement et patronat mettent en oeuvre une succession de plans d’austérité qui répondent aux exigences des institutions capitalistes mondiales : Fonds Monétaire International, Banque Mondiale, Banque Centrale Européenne, etc. Leur recette est simple : faire payer les peuples, exploiter toujours plus les travailleuses et les travailleurs, pour accroître le pouvoir et les profits d’une petite minorité (capitalistes, banquiers, industriels, …)

Détruire les services publics et la protection sociale, bloquer les salaires et les pensions, augmenter la productivité des salariés, taxer la population laborieuse, installer la précarité dans tous les secteurs, attaquer les qualifications et les savoirs des travailleurseuses… c’est une guerre sociale qui est menée contre les salarié-e-s, les chômeurs/ses, les retraité-e-s. Pour arriver à leurs fins, patronat et gouvernements s’attaquent à toutes les conquêtes démocratiques, aux libertés et droits syndicaux, conquis par les précédentes générations, anéantissent les législations sociales dans chaque pays, répriment celles et ceux qui résistent, stigmatisent les populations pauvres et immigrées. Dans une telle situation, il faut jeter toutes nos forces dans la lutte !

La dette contractée par nos gouvernements successifs et l’endettement privé ont servi à faire tourner le système, à dissimuler un partage de plus en plus inégalitaire des richesses au profit des capitalistes, banquiers ou industriels, à accroître les bénéfices des actionnaires. Il faut annuler les dettes publiques dont nous ne sommes pas responsables. La crise marque l’échec des politiques qui visent à confier au marché le sort de l’humanité. C’est le système lui-même qui est en crise, qu’il faut mettre en cause, auquel il faut opposer une alternative.

Il faut répartir autrement les richesses que nous produisons ; des mesures immédiates peuvent être prises ; nos mobilisations peuvent les imposer : modifier totalement les systèmes fiscaux, augmenter les salaires, pensions et indemnités, créer des emplois socialement utiles et stables, etc. Mais cela doit s’appuyer de mesures structurelles fortes : développer des services publics pour tous les secteurs qui sont un bien commun utile à la société, assurer la protection sociale de tous, promouvoir la formation et la culture, rendre effective l’égalité entre hommes et femmes, etc.

Le système capitaliste connaît une crise structurelle, profonde. Une partie du mouvement syndical a accepté l’essentiel de son fonctionnement et de ses objectifs. Ce syndicalisme-là est devenu un rouage du système. Au contraire, beaucoup de collectifs syndicaux poursuivent l’action émancipatrice du syndicalisme : défendre les intérêts immédiats des travailleurs et des travailleuses, et construire une société qui ne repose plus sur la domination et l’exploitation de la majorité de la population. Ce syndicalisme, le nôtre, est internationaliste.

La crise fait monter la xénophobie, le racisme. Nous combattons ces deux fléaux par la construction de la solidarité internationale des travailleurs/ses !

Le mouvement syndical doit agir à travers les frontières pour imposer un autre système que celui qui exploite les travailleurs/ses, pille les ressources naturelles et les pays pauvres, organise la faim, la misère et la précarité, attaque partout les libertés démocratiques et les droits fondamentaux … Nous construisons un réseau syndical alternatif en Europe, ouvert à toutes les forces qui veulent lutter contre le capitalisme et le libéralisme, pour les intérêts et les aspirations des salariés-es, pour l’émancipation de toutes et tous, pour le bien commun, pour la transformation de la société.

C’est à eux de payer leur crise.
A nous de leur imposer par la lutte nos exigences sociales.


18 février 2012
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 22439
Enregistré le: 12 Juil 2008, 22:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

Re: Ne payons pas leur crise !

Messagede kuhing » 26 Fév 2012, 12:27

Pïérô a écrit:Tract intersyndical européeen :

Image

Ne payons pas leur crise ! Luttons !


C’est à eux de payer leur crise.
A nous de leur imposer par la lutte nos exigences sociales.


18 février 2012


Ce que je reproche au syndicalisme et même à l'anarcho-syndicalisme (de la CNT-f) dans le cas présent et dans cet appel c'est qu'en luttant pour les exigence sociales on ne remet pas en cause ceux qui font qu'il y a des exigences sociales.
Il doit y avoir un moyen de lutter pour ses droits en employant une formulation plus adéquate, non ?
kuhing
 

Re: Ne payons pas leur crise !

Messagede Pïérô » 26 Fév 2012, 12:39

Le syndicalisme repose sur une dynamique revendicative qui porte les luttes et cette dynamique constitue une "gymnastique révolutionnaire" disait E Pouget. Et il y a pourtant bien une dimension révolutionnaire et anticapitaliste :

Le mouvement syndical doit agir à travers les frontières pour imposer un autre système que celui qui exploite les travailleurs/ses, pille les ressources naturelles et les pays pauvres, organise la faim, la misère et la précarité, attaque partout les libertés démocratiques et les droits fondamentaux … Nous construisons un réseau syndical alternatif en Europe, ouvert à toutes les forces qui veulent lutter contre le capitalisme et le libéralisme, pour les intérêts et les aspirations des salariés-es, pour l’émancipation de toutes et tous, pour le bien commun, pour la transformation de la société.


Et cette initiative est importante car çà montre qu'il faut construire la lutte à échelle plus grande que l'échelle nationale, et qu'il faut construire de l'organisation collective de lutte aussi à cette échelle plus grande et là à l'échelle européenne. C'est une bonne initiative je trouve.
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 22439
Enregistré le: 12 Juil 2008, 22:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

Re: Ne payons pas leur crise !

Messagede kuhing » 26 Fév 2012, 15:03

Pïérô a écrit:Le syndicalisme repose sur une dynamique revendicative qui porte les luttes et cette dynamique constitue une "gymnastique révolutionnaire" disait E Pouget. Et il y a pourtant bien une dimension révolutionnaire et anticapitaliste :

Le mouvement syndical doit agir à travers les frontières pour imposer un autre système que celui qui exploite les travailleurs/ses, pille les ressources naturelles et les pays pauvres, organise la faim, la misère et la précarité, attaque partout les libertés démocratiques et les droits fondamentaux … Nous construisons un réseau syndical alternatif en Europe, ouvert à toutes les forces qui veulent lutter contre le capitalisme et le libéralisme, pour les intérêts et les aspirations des salariés-es, pour l’émancipation de toutes et tous, pour le bien commun, pour la transformation de la société.


Et cette initiative est importante car çà montre qu'il faut construire la lutte à échelle plus grande que l'échelle nationale, et qu'il faut construire de l'organisation collective de lutte aussi à cette échelle plus grande et là à l'échelle européenne. C'est une bonne initiative je trouve.


Organiser la lutte d'ensemble est toujours une bonne initiative.
Bien sur.

Mais il y a des façons de dire, de présenter et, je crois qu'il est important d'intégrer la perspective que même s'il s'agit de défendre ses droits immédiats, l'objectif, y compris à court terme, reste de ne plus avoir de droits à défendre en virant ceux qui nous les prennent.
kuhing
 

Re: Ne payons pas leur crise !

Messagede Pïérô » 29 Fév 2012, 18:09

C'est dit aussi, mais la question c'est comment construire de la dynamique, et comment construire de l'organisation collective de masse qui soit aussi alternative et révolutionnaire, c'est là l'enjeu autour de la construction syndicale, et çà ne se construit pas en faisant de l'incantation. Les organisations libertaires et révolutionnaires, sur un autre plan portent aussi ce que tu dis. C'est ce qui fait différence entre espace large et espace spécifique.

Appel du réseau Anarkismo-Europe

Ne payons pas leur dette, sortons du capitalisme !

La fin de l’année 2011 a marqué un approfondissement de l’offensive des capitalistes et de leurs alliés, les gouvernements, contre les classes populaires. Une entente tacite de la droite et de la gauche de gouvernement s’est faite dans toute l’Europe autour de la rigueur budgétaire, de l’austérité et du principe de faire payer les classes populaires. La Grèce, où s’est formé un gouvernement d’union nationale incluant des ministres d’extrême-droite, en est la quintessence, et le signe que les capitalistes n’hésiteront pas à recourir à l’autoritarisme pour faire payer la crise aux travailleurs et aux travailleuses.

L’entente entre la gauche et la droite est redoublée par leur collusion avec les marchés financiers, les banques et les entreprises. Les conflits entre gouvernements et agences de notation autour des notes des dettes souveraines ne sont que des faux semblants : les gouvernements et les institutions financières et commerciales marchent main dans la main pour imposer des coupes sombres dans les budgets sociaux, dans les salaires, pour prolonger le temps de travail jusqu’à la retraite, pour brader ou détruire les services publics, pour accentuer la précarité et le chômage au plus grand bénéfice des capitalistes, qui souhaiteraient, paradoxe extrême, augmenter encore un peu plus leur taux de profit à la faveur de cette crise qu’ils ont eux-mêmes créée. Face à cette entente cordiale entre politiciens et capitalistes, les travailleurs et les travailleuses ne peuvent compter que sur eux et elles-mêmes pour résister et imposer une autre sortie de crise.

Cette sortie de crise, la seule possible, c’est la sortie du capitalisme. Ce système ne pourra jamais rien produire d’autre qu’une société inégalitaire, où l’argent et le pouvoir se trouvent de plus en plus concentrés entre les mains d’une minorité parasite de capitalistes et de bureaucrates, et une économie productiviste qui gaspille les ressources sans pour autant répondre aux besoins des populations. C’est en montrant la nécessité d’une autre société, où la richesse et le pouvoir sont égalitairement répartis entre toutes et tous, et où l’économie est orientée vers la satisfaction des besoins, la société communiste libertaire, que nous pourrons donner un débouché politique aux luttes qui tendent à éclore ici ou là, mais qui ne parviennent à s’étendre.

C’est en affirmant le refus des classes populaires de payer la dette des capitalistes, en luttant pied à pied contre les effets des politiques d’austérité, en organisant la solidarité concrète parmi les classes populaires et en construisant des structures de combat au sein des mouvements sociaux que les travailleurs et les travailleuses retrouveront espoir. Communistes libertaires, nous entendons jouer un rôle dans ces luttes à la base en y favorisant la radicalisation et l’auto-organisation.

Pour aller plus loin, et pour construire une solidarité internationale, une convergence des mouvements à l’échelle européenne est également nécessaire. Les capitalistes savent s’organiser à cette échelle et adopter des traités qui prétendent sceller le destin des peuples. Nous, travailleuses et travailleurs européens, n’y parvenons pas encore, même si des convergences existent dans le syndicalisme alternatif. Il est nécessaire de poursuivre cet effort et d’organiser une riposte internationale.

C’est dans toute l’Europe que nous devons affirmer notre refus de payer la dette, notre refus d’engraisser plus encore les capitalistes, en demandant des fortes augmentations salariales, la réduction du temps de travail, le salaire social pour les chômeurs, la restauration de l’âge de retraite, le rejet de la privatisation des dépenses sociales. C’est dans toute l’Europe que nous devons imposer la redistribution intégrale des richesses, c’est-à-dire l’expropriation des capitalistes e des moyens de la production pour aller vers une société socialiste autogestionnaire.


. Federazione dei Comunisti Anarchici - Italie
. Alternative Libertaire - France
. Organisation Socialiste Libertaire - Suisse
. Libertære Socialister - Danemark
. Liberty & Solidarity - Grande-Bretagne
. Libertäre Aktion Winterthur - Suisse

Le 23 Février 2012

http://www.anarkismo.net/article/22050


. . . . . . . . . . . . . Image
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 22439
Enregistré le: 12 Juil 2008, 22:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

Re: Ne payons pas leur crise !

Messagede kuhing » 29 Fév 2012, 19:29

Pïérô a écrit:C'est dit aussi, mais la question c'est comment construire de la dynamique, et comment construire de l'organisation collective de masse qui soit aussi alternative et révolutionnaire, c'est là l'enjeu autour de la construction syndicale, et çà ne se construit pas en faisant de l'incantation.


Pas d'accord avec toi là dessus.
Construire la dynamique c'est bon mais donner l'objectif clair de là où on veut aller est essentiel.
Sinon on tombe dans le réformisme.

Et d'ailleurs :

"Ne payons pas leur crise ! Luttons !"

c'est pas pareil que :

"Ne payons pas leur dette, sortons du capitalisme !"

J'opte bien sur pour le deuxième mot d'ordre.

NB : sur celui de "redistribuons les richesses " j'ai aussi une nuance.
Mais la vérité, si elle existe, est dans les nuances ..
N'est ce pas ?
:)
kuhing
 

Re: Ne payons pas leur crise !

Messagede Pïérô » 01 Mar 2012, 01:43

kuhing a écrit:Pas d'accord avec toi là dessus.
Construire la dynamique c'est bon mais donner l'objectif clair de là où on veut aller est essentiel.
Sinon on tombe dans le réformisme.

Pourtant l'objectif est annoncé, et je l'ai dit, et çà se lit. Et pour aller plus loin, l'objectif annoncé ne garanti pas d'ailleurs l'absence de réformisme, d'autant que le syndicalisme s'appuie sur la dynamique de défense des intérêts des travailleurs-euses et exploité-es et une dynamique revendicative, même dans mon syndicat, qui s'affiche anticapitaliste. Il en est de même aussi pour les organisations politiques spécifiques, le NPA s'affiche bien anticapitaliste, or je ne pense pas que le NPA soit bien révolutionnaire pourtant. Comme quoi rien n'est aussi simple, et surtout rien ne se résoud par l'incantation et ne se résume à l'emploi du seul adjectif. Alors s'afficher anticapitaliste, c'est évidemment un minimum, et c'est bien le cas là, mais quelque soit l'espace, politique spécifique ou syndical, ce n'est à mon sens pas que suffisant. Car il faut bien que çà se traduise en contenus mais aussi en dynamique. Et du côté des contenus il y a même encore du boulot, et non seulement dans un cadre syndical mais aussi dans un cadre spécifique d'organisation anarchiste, communiste-libertaire, et révolutionnaire. Et du côté de la dynamique, je n'ai pas de recette de cuisine, mais il faut bien arriver à dépasser le cadre d'une petite minorité agissante.
En attendant, le fait que du réseau se construise, que ce soit sur le plan syndical ou sur le plan spécifique, je trouve çà plutôt important, et, là, dans ces exemples, plutôt positif. :)
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 22439
Enregistré le: 12 Juil 2008, 22:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

PrécédenteSuivante

Retourner vers International

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun-e utilisateur-trice enregistré-e et 2 invités