DSK, Derrière le cirque médiatique...

Re: DSK, Derrière le cirque médiatique...

Messagede kuhing » 01 Juil 2011, 14:11

Donc , encore un coup d'éclat dans "l'affaire DSK".

La victime ne serait plus crédible et DSK serait bientôt peut-être "blanchi".

Mais blanchi de quoi ?

De pouvoir en tant que "socialiste" descendre dans les hotels à 3000 euros la nuit alors que des jeunes diplômé-e-s font les poubelles pour pouvoir manger.
Et, je ne fais pas de misérabilisme , on a des camarades qui bouffent de cette façon.

Blanchi de pouvoir se défendre mieux que le quidam ordinaire dans le cadre d'une justice de merde telle que celle qui opère aux Etats Unis parce qu'il a les moyens de dépenser 200.000 euros mensuels et verser des cautions de millions de dollars pour ça ?

Blanchi d'avoir de toutes façons puisque ça n'est pas nié d'un coté ou de l'autre, pu se permettre une escapade sexuelle de "Grand Hotel" ?

Quelque soit l'issue de ce cirque médiatico-juridique qui a fait vendre pas mal de papier et de lessive, rien ni personne ne sera blanchi dans cette histoire.
Ni cette "justice" américaine pourrie qui fonctionne comme un gros show commercial
Ni les dignitaires socialistes français qui n'ont dit mot sur le train de vie de leur "camarade et ami "
Ni DSK lui-même, son pouvoir et son fric qu'il tire de la trahison de ceux qu'il déclare défendre.
Ni la victime qui ne le serait peut être plus vraiment et, aurait fait ça aussi "pour du fric" , ce qui en fait un viol consenti où les deux protagonistes sont tout autant coupables que le système marchand qui tarifie les relations sexuelles.
Ni même ceux et celles qui se sont jeté-e-s, ici et ailleurs, tête la première du coté de la répression comme seule réponse, dans le camp du pire des simulacres de justice que représente celle des Etats-Unis et donc finalement se sont positionné-e-s dans les rangs de ce système ou règne la loi du plus fort .
kuhing
 

Re: DSK, Derrière le cirque médiatique...

Messagede Pïérô » 07 Juil 2011, 14:01

En tout cas on assiste à la destruction médiatique de la victime et à nouveau à un triste épisode de la lutte de classes, et encore dans le scénario désormais connu du pot de terre contre le pot de fer, mais la dimension féministe doit demeurer aussi et toujours.

Non au procès du féminisme !

Nous avons dit et redit ne pas savoir ce qu'il s'est réellement passé dans la chambre 2806 à New York, puis le début de l'"affaire". Nous nous sommes engagées dans le procès du viol et de la tolérance sociale qui l'entoure, et certainement pas dans celui d'un homme, Dominique Strauss-Kahn. Aujourd'hui, nous ne savons toujours pas ce qu'il s'est passé, et nous avons été très étonnées des manifestations de soulagement et de soutien sans nuances exprimées dans la journée de vendredi 1er juillet, avant même la tenue de l'audience.


Dans ce type de crimes et délits, c'est souvent parole contre parole : la preuve du non-consentement est très difficile à établir. C'est l'une des raisons pour lesquelles la majorité des femmes victimes de viol ne portent pas plainte. En France, seule une sur dix ose franchir la porte du commissariat. Libérer leur parole est un enjeu vital pour l'émancipation des femmes.

Les dernières révélations sur les mensonges de Nafissatou Diallo jettent un trouble. Il existe infiniment plus de violeurs qui dorment tranquilles que de femmes déposant plainte pour un viol qu'elles n'ont pas subi. Mais un cas n'est pas soluble dans des statistiques : le doute est donc légitime. Rappelons tout de même qu'une personne peut avoir menti dans sa vie, avoir pratiqué une prostitution occasionnelle, et dire vrai quand elle raconte un viol. Attendons la suite et gardons la tête froide, ce d'autant que les éléments du dossier nous arrivent au compte-gouttes sans que nous sachions toujours bien faire la part entre des faits établis et des rumeurs.

Et si Dominique Strauss-Kahn est innocent, tant mieux. S'il est blanchi en raison du manque de crédit accordé à la parole de la plaignante par la justice, souhaitons un récit honnête du leader politique sur ce qu'il s'est réellement passé. Quoi qu'il en soit, rien n'aura pu justifier à nos yeux l'imposition des images de DSK le visage défait et les menottes aux mains, condamnant mondialement un homme avant l'issue de son procès. La justice est incompatible avec le spectacle et la mise au pilori.

Ce dont nous devons débattre, ce n'est pas le déroulé des faits dans la suite du Sofitel. C'est la réception de l'événement qui importe, parce qu'elle façonne nos imaginaires et forge nos représentations du monde. Dans un premier temps, l'effet de balancier fut défavorable aux femmes. La plaignante fut invisible, sa parole niée. Notre pensée pour la femme de chambre n'allait pas tant à Nafissatou Diallo qu'à toutes ces femmes qui subissent, dans un silence assourdissant, des violences sexistes.

Ne pas considérer son récit, sa personne, c'était envoyer un message d'un mépris inouï à toutes les femmes violées. C'était leur dire en substance : "Vous n'existez pas, vous ne comptez pas." Le patron du FMI pouvait s'appuyer, lui, sur ses amis pour exprimer sur toutes les ondes en boucle une "pensée pour l'homme". La solidarité de caste et de genre a primé sur la défense des subalternes.

Les propos machistes qui ont accompagné l'affaire dans les premières quarante-huit heures furent intolérables, et le resteront quel que soit le verdict pour DSK. "Il n'y a pas mort d'homme" et "troussage de domestique" ont constitué la face émergée de l'iceberg. Des commentateurs ont expliqué qu'il ne pouvait pas l'avoir violée parce qu'elle était trop laide. A maints égards, la confusion a régné… On a tout mélangé : vie privée et faits pénalement condamnables, libertinage et crime sexuel, comme si être un dragueur ou pratiquer l'échangisme prédisposait au viol, cette "affaire de moeurs". Condamner les violences sexistes n'implique aucun retour à l'ordre moral.

Les féministes ont réussi à modifier les termes du débat, à soulever la chape de plomb qui entoure les violences sexuelles et la domination masculine dans les milieux de pouvoir. Que ces sujets deviennent publics et politiques bouscule nos habitudes. Car, en dépit de lois adoptées depuis les années 1980 pour interdire ces comportements, le tabou reste la norme.

Une femme peut raconter lors d'un dîner entre amis qu'elle a été cambriolée, victime d'un attentat ou qu'elle a perdu un proche. Ce sont des traumatismes dont le récit semble légitime. Avec le viol, silence radio. La hausse de près de 30 % des appels au numéro gratuit SOS Viol femmes informations (0800-05-95-95) dans les jours qui ont suivi l'"affaire DSK" ou les récits apparus dans nos conversations en famille, entre amis ou au bureau montrent qu'une parole s'est libérée. Un processus s'est enclenché : nous avons découvert l'ampleur et la banalité de ces crimes et délits.

Ces derniers jours, force est de constater un nouvel effet de balancier : l'hypothèse d'un non-lieu pour DSK se traduit par un élan de compassion pour l'homme et une deuxième disparition de la plaignante. Et le procès s'avance déjà contre les féministes qui ont permis de délier les langues… On croit rêver ! Est-ce un point négatif que des femmes prennent la parole pour dénoncer les violences sexistes et combattre la domination masculine ? Est-ce notre faute si aucune autre occasion ne nous a été donnée d'imposer le viol au centre du débat public ? Et si DSK n'est pas coupable, faudrait-il refermer le couvercle sur le mode "circulez, il n'y a rien à voir" ?

Rappelons qu'en France environ 75 000 viols sont perpétrés chaque année. Que les victimes vivent généralement dans la honte et tentent de survivre après cet acte de domination d'un sexe sur l'autre. Le viol est une négation du désir de l'autre. Il détruit la personne humaine. Quant au machisme, il fait des dégâts partout, à la maison comme dans les entreprises. Or, si les femmes peuvent aujourd'hui porter un pantalon, voter ou prendre la pilule, c'est grâce aux mouvements féminins et féministes insoumis à l'ordre dominant. Demain, si les femmes ont une chance de pouvoir se promener à 3 heures du matin dans la rue en minijupe si ça leur chante sans prendre le risque d'être violée, c'est parce que des mouvements, des individus auront porté le fer contre un tabou.

Cette histoire passionne les Français car elle est au croisement de la politique et de l'intime, elle interroge notre rapport à la sexualité et au pouvoir. L'effet miroir a fonctionné. Oui, des hommes puissants utilisent leur position de domination pour obtenir des relations sexuelles non consenties. Les fantasmes des hommes mais aussi ceux des femmes, les normes en matière de sexualité sont profondément imprégnés des modèles sexistes ancestraux. Nous peinons à faire une différence entre la drague et le harcèlement : ce n'est pas un hasard... Notre conception du désir, du pouvoir et du sexe est à déconstruire et à réinventer à la faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes. N'enterrons pas le débat, tant il faut résolument l'engager.

S'il était prouvé que Nafissatou Diallo avait menti, ce serait un camouflet pour la justice, une délivrance pour DSK et ses proches après une terrible épreuve, ainsi qu'un coup très dur porté aux femmes victimes de viol. Il faudrait alors qu'une majorité de voix s'élève pour ne pas abandonner le combat contre le sexisme et le viol. Nous assisterions à un véritable "backlash", pour reprendre le titre du célèbre best-seller féministe de Susan Faludi, si la parole des femmes violées devenait plus suspecte encore qu'avant l'"affaire". Nous ne voulons pas y croire.

Clémentine Autain, codirectrice du mensuel "Regards" et Audrey Pulvar, journaliste

http://www.lemonde.fr/idees/article/201 ... _3232.html
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Re: DSK, Derrière le cirque médiatique...

Messagede kuhing » 07 Juil 2011, 19:43


...Et si Dominique Strauss-Kahn est innocent, tant mieux.


Ce texte confirme que le combat pour la défense des opprimé-e-s ne peut se faire dans le cadre où Autain et Pulvar se maintiennent : le simulacre de justice inventé par les exploiteurs.

Comment un dignitaire socialiste qui se paye, par la force de son agressivité ou celle de son argent une relation sexuelle de grand hôtel, peut-il être innocent ?
La relation sexuelle est contestée par personne .
Nul besoin d’enquête pour être certain que les beaux yeux de DSK ne l'ont pas influencée.

Alors Autain et Pulvar ne font pas, pour moi, illusion une seule seconde.
Ce sont elles-mêmes des personnalités médiatiques de pouvoir.
Je ne trouve d'ailleurs dans leur discours pas la moindre critique de ces dignitaires du PS dont elles sont très proches, et, pour qui DSK a été et demeure un "camarade", celui de Montebourg compris.

Autain et Pulvar ne peuvent en aucun cas être associées à la lutte contre les oppresseurs dont Christine Lagarde occupe un des premiers rangs.

Derrière un verbiage pseudo revendicateur, vendeur et opportuniste, elles ne font que défendre le système en place mais en aucun cas la cause des femmes opprimées.
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Re: DSK, Derrière le cirque médiatique...

Messagede Pïérô » 08 Juil 2011, 00:40

oui sans doute mais l'angle de vue sur la question féministe me semblait important au delà des personnes qui ont écrit cela, et ce qu'elles font là tient quand même d'un certain mérite dans cette sphère politique et cela rapporté au sujet. :wink:
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Re: DSK, Derrière le cirque médiatique...

Messagede Pïérô » 09 Juil 2011, 12:00

Sur le blog "stop aux violences familiales, conjugales et sexuelles", un texte éclairant de la Dre Muriel Salmona, psychiatre, psychotraumatologue ;

LA NAUSÉE…

En entendant à nouveau un concert de propos sexistes et indécents… et la mise en cause de Nafissatou Diallo en France et aux Etats-Unis.

L'espace de quelques semaines, on a pu, j'ai pu y croire… un petit peu… passé le choc de la vague de propos sexistes et la déferlante des pires stéréotypes sur le viol, les femmes et la sexualité (cf le communiqué de l'association : http://stopauxviolences.blogspot.com/20 ... moire.html ), rassérénée par la levée de boucliers et la dénonciation des féministes en retour, j'ai pu croire qu'aux États-Unis les femmes se plaignant d'avoir subi un viol étaient plus protégées qu'en France et qu'elles avaient accès à une justice plus éclairée et à une présomption de véracité.

Mais las… En quelques jours tout s'écroule et j'assiste médusée à un scénario bien trop connu par toutes celles et ceux qui accompagnent les victimes de viol à longueur d'années : alors que Dominique Strauss Kahn, même s'il vient d'être libéré sur parole et s'il bénéficie de la présomption d'innocence, reste à ce jour toujours inculpé de crimes sexuels, la plaignante se retrouve elle, en position d'accusée, bien qu'elle maintienne son témoignage concernant le viol qu'elle dit avoir subi, son procès se met en place, et ce n'est pas la défense qui le fait (ce qui fait partie des droits de la défense si cela reste dans les limites de la décence et du respect de la dignité de la plaignante) mais le procureur, à charge et à charge… Avec les mêmes arguments entendus à longueur d'enquêtes de police et de procédures judiciaires mettant en cause la crédibilité de la plaignante, ses mensonges passés et présents même s'ils n'ont pas de rapport direct avec l'agression relatée, ses incohérences dans sa version des faits, ses comportements, sa "mauvaise vie", sa vénalité… et la plupart des médias et des commentateurs de relayer de façon indigne…

(...)

lire la suite : http://stopauxviolences.blogspot.com/20 ... uriel.html
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Messagede Pïérô » 11 Juil 2011, 15:53

point de vue interessant, et qui rejoint là la question "lutte de classes", sur un blog, lui aussi interessant et fourni : http://danactu-resistance.over-blog.com/

Affaire DSK : Nafissatou Diallo, bon pauvre et mauvais pauvre...

Et maintenant, l’indignité retrouvée de Nafissatou Diallo

En quelques heures, la pieuse Ophélia est devenue l’indigne Nafissatou Diallo. La femme de ménage, polie et ponctuelle, l’immigrante ayant fui les horreurs d’un pays en guerre et la courageuse mère célibataire ont cédé la place à la figure d’une héroïne de film policier, mentant à la justice et aux services de l’immigration, fraudant l’administration fiscale et fricotant avec des individus peu recommandables. Désormais, la crédibilité de son témoignage est mise en cause. Comme chaque fait divers, au-delà des enjeux judiciaires qui se régleront devant les tribunaux, l’affaire DSK révèle à travers les propos des journalistes et des divers commentateurs les représentations mentales d’une société. L’indignité retrouvée de Nafissatou Diallo éclaire le dénigrement des pauvres, ces représentants de l’underclass, terme forgé pour décrire une catégorie de citoyens vivant en marge des normes sociales et culturelles de l’Amérique contemporaine. Peule, guinéenne, entrée aux Etats-Unis à 32 ans, Nafissatou Diallo a rejoint dans le Bronx la communauté africaine et y a découvert l’envers du rêve américain. Si sa condamnation médiatique a été aussi rapide, c’est en raison de la criminalisation des pauvres dans les dispositifs juridiques et sociaux. Au moment de l’ouragan Katrina en 2005 aux Etats-Unis, l’animateur conservateur de talk-show Bill O’Reilly ne mâcha pas ses mots pour expliquer à ses téléspectateurs les origines de la catastrophe : «Tous les enseignants devraient dire à leurs étudiants : "si tu refuses d’apprendre, si tu refuses de travailler dur, si tu deviens un drogué, si tu vis dans un gang, tu seras pauvre, tu seras dénué de tout pouvoir, à l’image de ceux de la Nouvelle-Orléans".»

Depuis les révélations du cabinet du procureur, la femme de chambre de l’hôtel Sofitel présente des caractéristiques similaires. Tout d’abord, Nafissatou Diallo est devenue une «reine de l’assistance» (welfare queen), selon la formule américaine, usurpant les droits à bénéficier d’un logement social réservé aux malades du sida et mentant à l’administration fiscale en déclarant l’enfant de son compagnon comme le sien pour bénéficier d’un crédit d’impôt. En 1984, Ronald Reagan dénonçait déjà les reines de l’assistance et le leader républicain Newt Gingrich lui emboîta le pas quelques années plus tard pour vilipender ces «filles de 12 ans ayant des bébés et celles de 17 mourant du sida». Si cette rhétorique n’est pas neuve, elle se banalise dans le discours public tout au long des années 90 et 2000. La méfiance à l’égard des mères célibataires, toujours soupçonnées d’avoir un compagnon caché dans le placard et condamnées à être éternellement vertueuses, a provoqué toute une série de lois et de dispositifs de contrôle.

Ensuite, Nafissatou Diallo est apparue comme une menteuse pathologique. Elle a pleuré, s’est énervée face aux hommes du cabinet du procureur et a changé de version des faits. Comment expliquer un tel comportement avec les individus en charge de sa défense, s’interrogent en chœur journalistes et commentateurs. La méfiance des pauvres à l’encontre des institutions n’est guère surprenante. Le rapport des immigrants aux services de l’immigration, puis aux services sociaux et judiciaires, est souvent tendu et conflictuel. Aux Etats-Unis, et à New York en particulier, le rapport avec l’institution d’accueil peut être plus brutal encore. En 1999, un autre Guinéen, Amadou Diallo, fut abattu de 41 balles dans le corps par des officiers du New York Police Department dans le Bronx. Le procès qui s’ensuivit démontra le racisme ordinaire d’officiers de police à l’encontre de la nouvelle immigration africaine. Enfin, Nafissatou Diallo est accusée de fréquenter des prisonniers et des petits trafiquants de drogue. Le Bronx est l’un des quartiers les plus pauvres de New York depuis des décennies. Le développement d’une économie souterraine est devenu l’un des seuls moyens de vivre d’une population appauvrie. La criminalité n’est qu’un symptôme de dynamiques profondes de marginalisation et d’exclusion. Bien souvent, dans une répartition classique des tâches, les conjointes exercent une profession légitime. Dans les quartiers, les logements sociaux et les familles, la porosité entre les deux univers est grande.

A un moment de l’affaire DSK où le jugement moral et individuel brouille toute réflexion dans l’appareil médiatique, ancrer Nafissatou Diallo dans son univers social, ethnique et culturel est important. En rêvant d’une pauvre digne et méritante, les médias américains et français, accompagnés bien souvent par l’opinion publique, ont conforté leurs propres représentations. La courageuse mère célibataire avait croisé un puissant, roué, cynique et jouisseur. La femme de ménage de l’hôtel Sofitel est désormais une mauvaise pauvre. Un populisme est en train de chasser l’autre. Alors que le PS s’interroge sur la meilleure manière de regagner l’électorat populaire et la confiance des plus démunis, l’ancien candidat idéal à la présidence de la République a rencontré dans la chambre d’hôtel une simple représentante de l’underclass américain. Ni héroïque ni criminelle. La vie de Nafissatou Diallo incarne la violence ordinaire de l’autre Amérique. Sa parole a-t-elle pour autant moins de valeur ?


ROMAIN HURET,
Maître de conférences à Lyon-II, membre de l’Institut universitaire de France.
Auteur de : «Katrina, 2005. L’ouragan, l’Etat et les pauvres aux Etats-Unis» (2010) aux éditions de l’EHESS.


Source : LIBERATION
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Re: DSK, Derrière le cirque médiatique...

Messagede kuhing » 11 Juil 2011, 17:07

Affaire DSK : Nafissatou Diallo, bon pauvre et mauvais pauvre...

.... Sa parole a-t-elle pour autant moins de valeur ?
ROMAIN HURET,


C'est un peu moins con que le discours d'Autain et Pulvar et autre "Osez le féminisme ou le clito" mais ça reste tout de même dans le cadre définie par la "justice" américaine.
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Re: DSK, Derrière le cirque médiatique...

Messagede Pïérô » 12 Juil 2011, 00:51

pourtant il y a des arguments qui sont du point de vue féministe interessants dans ce qui est dit. Et en attendant la révolution et une autre justice, il me semble qu'il y avait de ce côté des choses à dire et à affirmer. D'ailleurs par rapport à ce que développe Muriel Salmona, faudrait-il parce que nous sommes révolutionnaires aller dire aux victimes de viol de ne pas aller porter plainte ?
Là je pense que s'exprime bien un discours pour la justice tout court.
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Messagede kuhing » 12 Juil 2011, 13:13

Pïérô a écrit:pourtant il y a des arguments qui sont du point de vue féministe interessants dans ce qui est dit.


C'est pour cela que je dis que le texte de R. Huret et moins con que les discours opportunistes du PS et d'"Osez le féminisme".
J'irai pas pour autant dire qu'il ne faut pas porter plainte en cas de viol.
Il n'y a pas d'autre choix pour le moment.
Mais je ne vais pas non plus expliquer que le problème sera résolu en faisant fonctionner police et répression.
C'est ce que font "Osez le féminisme" et autres vedettes des médias, bien installées dans le système, comme Pulvar , Ockrent ou Alonso.
Je tiens absolument à me démarquer de ces personnes là.
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Re: DSK, Derrière le cirque médiatique...

Messagede Béatrice » 12 Juil 2011, 19:21

kuhing a écrit:Mais je ne vais pas non plus expliquer que le problème sera résolu en faisant fonctionner police et répression.


C'est bien gentil de le dire , mais dans l'attente d'un "autre futur" , il faut bien que les femmes dénoncent le viol dont elles sont victimes !
Et si l'on ne peut-être que d'accord sur le fait que c'est en effet répondre à l'invitation d'une "justice" qui ne saurait être celle dont les anarchistes se relèvent , il ne faut pas non plus oublier
que le viol est aussi , au-delà de cette affaire , une domination exercée sur l'autre sous son aspect le plus exacerbé. S'imaginer qu'une société égalitaire à tout point de vue , puisse du jour au lendemain l'annihiler , c'est faire preuve , à tout le moins d'une grande naïveté , ou au plus , d'une mauvaise foi . Ce combat ( qui passe entre autre par sa dénonciation ) , doit être mené dans le présent car même dans une société "libertaire" les vieux réflexes ne manqueront pas , assurément , de se reproduire . Il s'agit bien d'un travail de fond à engager par le biais de l'éducation "populaire" menée par les associations et autres organisations ( libertaires , s'entend ) et en porter toutes les revendications qui en découlent sur le champ politique ( et non politicard ) .
Il faut également rappeler qu'il ne s'agit pas d'un problème purement social mais bien "sociétal" car les victimes de viol ou autres coups concernent tous les classes de la société .
C'est l'expression même de la domination dans son sens littéral .
« Simple, forte, aimant l'art et l'idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée. »
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Re: DSK, Derrière le cirque médiatique...

Messagede kuhing » 12 Juil 2011, 21:13

Armonia a écrit:
kuhing a écrit:Mais je ne vais pas non plus expliquer que le problème sera résolu en faisant fonctionner police et répression.


C'est bien gentil de le dire , mais dans l'attente d'un "autre futur" , il faut bien que les femmes dénoncent le viol dont elles sont victimes !
Et si l'on ne peut-être que d'accord sur le fait que c'est en effet répondre à l'invitation d'une "justice" qui ne saurait être celle dont les anarchistes se relèvent , il ne faut pas non plus oublier
que le viol est aussi , au-delà de cette affaire , une domination exercée sur l'autre sous son aspect le plus exacerbé. S'imaginer qu'une société égalitaire à tout point de vue , puisse du jour au lendemain l'annihiler , c'est faire preuve , à tout le moins d'une grande naïveté , ou au plus , d'une mauvaise foi . Ce combat ( qui passe entre autre par sa dénonciation ) , doit être mené dans le présent car même dans une société "libertaire" les vieux réflexes ne manqueront pas , assurément , de se reproduire . Il s'agit bien d'un travail de fond à engager par le biais de l'éducation "populaire" menée par les associations et autres organisations ( libertaires , s'entend ) et en porter toutes les revendications qui en découlent sur le champ politique ( et non politicard ) .
Il faut également rappeler qu'il ne s'agit pas d'un problème purement social mais bien "sociétal" car les victimes de viol ou autres coups concernent tous les classes de la société .
C'est l'expression même de la domination dans son sens littéral .


D'abord, en ce qui me concerne, je n'insinue pas que tu puisses être de mauvaise foi et, je fais avec personne.
Aborder une discussion de cette manière c'est mettre en place un rapport de force que tu déclares pourtant combattre.

Ensuite je suis loin d'être convaincu que ce que tu nommes "sociétal" soit indépendant du social et, encore moins que l'on puisse bâtir une théorie sur ce jeu de mots.

"en attendant cet autre futur il faut bien que les femmes dénoncent le viol dont elles sont victimes"
L'alternative que tu proposes de le faire par l'unique moyen de la police et de la justice des exploiteurs ne me convient pas.
Elle est pour moi du même ordre que d'expliquer que pour moment, nous n'avons pas d'autre moyen de défendre nos droits que par le biais des élections bourgeoises.
Pourtant je refuse de rentrer dans ce jeu et je ne vais pas voter.

Pour le reste, je crois avoir été assez clair et détaillé tout au long de ce fil sur ce que je pense de ces associations ancrées dans le système, téléguidées par le PS ou le PdG comme "Oser le féminisme" qui, à mon avis et malgré les apparences, desservent plus la cause des femmes exploitées qu'elles ne la servent.

Enfin, pour terminer, je n'ai pas la prétention de t'en convaincre.
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Re: DSK, Derrière le cirque médiatique...

Messagede Béatrice » 12 Juil 2011, 21:57

kuhing a écrit:
Ensuite je suis loin d'être convaincu que ce que tu nommes "sociétal" soit indépendant du social et, encore moins que l'on puisse bâtir une théorie sur ce jeu de mots.

L'alternative que tu proposes de le faire par l'unique moyen de la police et de la justice des exploiteurs ne me convient pas.


Loin de moi , l'idée même d'avoir voulu ou tenter de bâtir une théorie autour de la notion de "social" et de "sociétal" relative au sujet de ce topic .
Mais que tu puisses dire que je ne propose que l'unique recours à la police et à la justice pour dénoncer un viol ou toute autre atteinte physique , me laisse à penser que tu n'as pas bien lu ce que j'ai écrit ou pas tout lu , plus exactement , à moins que ! ...
Je constate à nouveau , qu'en ce qui te concerne , tu n'as aucun argument tangible à émettre , alors la fuite en avant pour toute réponse de ta part , n'est rien d'autre qu'une fin de non recevoir .
Je n'insisterai donc pas , sois-en assuré ! ( j'ai compris ) .
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Re: DSK, Derrière le cirque médiatique...

Messagede Pïérô » 13 Juil 2011, 00:05

Je pense que ce que tu développes kuhing, et j'espère que tu ne le prendras pas mal :wink: , c’est ramener le féminisme au réformisme et en front secondaire par rapport à la lutte des classes, et je l’ai déjà dit plus haut, et c’est dire aux victimes qu’il faudrait qu’elle prennent sur elles en attendant de faire la révolution et de les inviter à la faire. Pour moi qui connais de près les questions de violences faites aux femmes, en soutien et accompagnement des victimes, et justement le fait qu’il faut qu’elles puissent se sentir un peu plus soutenues qu’avec de bonnes paroles et de grandes intentions et il est clair que pour pouvoir relever un peu la tète, la question de la justice, même bougeoise est un élément, parmi d'autres, un peu plus concret, en attendant.
Un forum c’est fait pour échanger des points de vue, ce qui est le cas ici, et dans ce topic en tout cas il n’y a pas le moindre doute sur le fait qu’une divergence de points de vue se confronte, et notamment sur la question du féminisme et la forme du soutien à apporter aux femmes victimes de violences.
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Re: DSK, Derrière le cirque médiatique...

Messagede kuhing » 13 Juil 2011, 08:58

Pïérô a écrit: la question de la justice, même bougeoise est un élément, parmi d'autres, un peu plus concret, en attendant.
.


La justice n'est pour le moment que bourgeoise donc au service des exploiteurs et on voit bien ce qu'elle donne actuellement avec l'affaire DSK.

Un panaris non traité peu amener à une amputation du bras.
Il fut un temps où il n'y avait pas d'autre choix que de passer par là.
S'il y avait eu personne pour ne serait-ce que poser la question du traitement de la cause de l'infection, nous serions aujourd'hui tous au moins manchots.

Peut-être que cet exemple obtiendra le label "tangible" par le bureau de vérification des arguments ? :)
kuhing
 

Re: DSK, Derrière le cirque médiatique...

Messagede Béatrice » 13 Juil 2011, 10:56

kuhing a écrit:Peut-être que cet exemple obtiendra le label "tangible" par le bureau de vérification des arguments ? :)


Hélas non ! ( le bureau en question ) n'est toujours pas en mesure de t'accorder le label " A O C " !
« Simple, forte, aimant l'art et l'idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée. »
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