Veille des outils de répression

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 04 Jan 2011, 21:54

Facebook : la reconnaissance faciale dès la semaine prochaine Souriez, vous êtes tagués

Facebook se prépare à lancer la semaine prochaine une nouvelle fonctionnalité qui risque de faire parler d’elle, tant parce qu’elle rendra la vie plus facile aux utilisateurs que par les questions qu’elle soulève côté vie privée.
Il s’agit de la reconnaissance faciale, au service des envois de photos.

Dans un billet explicatif sur le blog officiel de Facebook, l’ingénieur Justin Mitchell annonce que cette reconnaissance faciale doit aider principalement ceux qui uploadent régulièrement des albums de photos. Si vous avez par exemple 150 clichés d’une soirée entre amis, les mêmes visages vont revenir régulièrement. Facebook va pouvoir non seulement les regrouper pour que vouspuissiez taguer (marquer) un même visage d’un seul coup sur une série de photos, mais va pouvoir également proposer un choix.

On est donc un cran au-dessus de la fonction de détection des visages que Facebook avait intégré dans ses outils au début de l’été dernier. Pourtant, la société est au courant des craintes que la fonction peut générer au sujet de la vie privée : après tout, le fait que Facebook soit capable d’identifier des visages peut effrayer.

Un contrôle sera donc disponible dans les options pour remédier au problème.En cochant la case concernée, chaque utilisateur aura la possibilité de désactiver la fonctionnalité en direction de son propre compte. Cela signifie que Facebook ne procèdera plus à la reconnaissance automatique de son visage et qu'un contact devra taguer manuellement chaque photo dudit utilisateur.

Rédigée par Vincent Hermann le jeudi 16 décembre 2010 à 11h34 (17617 lectures) Source de l'Information : Facebook
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 05 Jan 2011, 21:14

La maire d'Aulnay accusée de délaisser la vidéosurveillance

Une caméra sur trois ne fonctionne plus dans la ville. La municipalité PS, qui n’a pas renouvelé le contrat de maintenance jugé trop cher, dit pourtant vouloir garder le dispositif.

La vidéosurveillance fait toujours polémique. Au lendemain du violent braquage à l’explosif d’une agence de la BNP du centre-ville d’Aulnay-sous-Bois, Gérard Gaudron, député UMP et conseiller municipal d’opposition, a interpellé le ministre de l’Intérieur à l’Assemblée nationale. Pour l’assurer de son soutien sans faille, lui demander des détails sur le plan anti-hold-up et, au passage, dénoncer « l’abandon » de la vidéosurveillance par l’actuelle majorité.

Mardi dernier, les braqueurs avaient pris soin de cadenasser les grilles du poste de police municipale, juste en dessous de l’une des caméras… qui n’a rien filmé d’intéressant. A la mairie d’Aulnay, on précise que celle-ci était en point fixe, dirigée vers le poste de police. Seule une rotation aurait éventuellement permis d’avoir une image de l’homme qui cadenasse les grilles, mais cette caméra ne bougeait plus.

« La vidéosurveillance du poste de police municipale [est] méconnaissable et inexploitable aujourd’hui par manque d’entretien du fait de l’actuelle majorité municipale, ce qui est regrettable », a estimé Gérard Gaudron au Parlement.

Un débat en janvier avant le vote du budget

Le manque d’entretien, Gérard Ségura, l’actuel maire (PS) et conseiller général, en convient : « Le contrat de maintenance était très cher pour un matériel peu efficace, qui était déjà en panne lorsque nous sommes arrivés et qui n’a permis d’élucider aucune affaire depuis sa mise en service, alors on ne l’a pas renouvelé. » A ce jour, sur la trentaine de caméras en service, au moins une caméra sur trois ne fonctionne plus. « C’est regrettable », proteste David Meseray, délégué du syndicat national de la police municipale (SNPM), en poste à Aulnay, convaincu que l’actuelle majorité de gauche a « l’intention de supprimer la vidéo », un outil supplémentaire pour les 62 agents, surtout pour « intervenir dans de bonnes conditions ».

Là encore, Gérard Ségura s’inscrit en faux. S’il a gelé le projet d’extension soutenu par l’équipe sortante de Gérard Gaudron, chiffrée à 400000 €, il n’envisage pas pour autant d’abandonner le dispositif. « Nous attendons sous peu le retour d’un diagnostic réalisé par le major Cazeaux (NDLR : le Monsieur Audit de sécurité pour la police en Seine-Saint-Denis) et pour nous rendre compte de ce qui marchait, plusieurs visites de terrain ont eu lieu, à Roubaix (Nord), samedi dernier, Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), et prochainement Saint-Ouen et Meaux (Seine-et-Marne). »

Un débat aura lieu courant janvier deux mois avant le vote du budget. Le maire plaidera pour un dispositif plus global, avec une mise en relation des images, en direct, avec la police nationale et les secours. Il pense aussi à d’autres partenariats avec les bailleurs, entrepreneurs, établissements scolaires… Et d’ajouter qu’il y a un mois et demi le préfet avait évoqué la disponibilité de crédits pour des études importantes.
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 06 Jan 2011, 09:17

Un fonctionnaire suspendu pour avoir lancé un site "Wikileaks13"
LEMONDE.FR avec AFP | 05.01.11 | 19h12 • Mis à jour le 05.01.11 | 19h12

Un agent du conseil général des Bouches-du-Rhône, créateur d'un site Internet baptisé "Wikileaks13" visant à "dénoncer les pratiques illégales" dans la région marseillaise, a été suspendu pour non-respect du devoir de réserve, a indiqué le département mercredi 5 janvier.
Cet ingénieur informatique territorial de 39 ans avait lancé le 1er janvier son site afin de "dénoncer ce qui est mal, ce qui est faux, contraire à l'intérêt" de Marseille et de ses habitants, se revendiquant du travail de Julian Assange, un des fondateurs de WikiLeaks.

CONSEIL DE DISCIPLINE
Le conseil général reproche au fonctionnaire d'avoir "diffusé des informations pouvant porter atteinte ou susceptibles de porter atteinte à l'institution départementale ainsi qu'à des élus et fonctionnaires", selon un communiqué. Il dénonce notamment la diffusion sur le site des enregistrements sonores d'une commission administrative paritaire qui s'est tenue le 14 décembre.

Le fonctionnaire, qui "n'a rien fait pour se cacher et a fait cela de manière ouverte", selon une responsable du conseil général, a été suspendu de ses fonctions jusqu'à la tenue d'un conseil de discipline, dont la date n'est pas encore connue.
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 07 Jan 2011, 23:27

Le CSA peut maintenant bloquer un site de VoD ou catch-up TV
La LOPPSI de l'audiovisuel

Ce week-end, le ministère de la Culture a fait publier au Journal Officiel un décret touchant les services de télévision et de médias audiovisuels à la demande, diffusés depuis d’autres états européens. Cela concerne donc aussi bien la vidéo à la demande que la catch up TV.

Avec ce décret, le CSA se voit investi du pouvoir de suspendre provisoirement ces services à la demande. Le décret organise ce pouvoir de suspension, qui doit être précédé d’une notification adressée « à l'éditeur du service et à l'ensemble des distributeurs de services et opérateurs de réseaux satellitaires chargés de sa mise en œuvre » dit le décret qui précise qu’elle est en outre publiée au Journal officiel.

Ici, pas de longs débats au Parlement comme pour la LOPPSI. Le texte ne dit en fait rien des mesures de blocage possibles. Il se contente de donner tout le pouvoir décisionnel au CSA pour imposer seul les règles relatives au contenu (protection de la jeunesse, etc). Il revient alors aux intermédiaires basés à l’étranger de s’y adapter pour y répondre impérativement. Sinon ? Blocage.

Ce décret ouvre donc une importante brèche et sacralise l’arrivée du CSA sur les contenus diffusés en ligne.

Les questions ne seront pas bien complexes à gérer vis-à-vis des sites étrangers équivalents à Canal (ou M6, etc.) Replay. Ces sites « officiels » permettent de revoir des contenus diffusés par ces chaînes. Par contre, pour les mêmes contenus diffusés « en push » par ces éditeurs sur Dailymotion ou Youtube, se pose la question de la qualification juridique du site. Ces plateformes restent-elles des hébergeurs ou bien deviennent des coéditeurs soumis aux nouveaux pouvoirs de blocage du CSA ?

En mai 2010, le CSA avait expliqué qu'il n'était pas opposé à la priorisation des flux légaux.

Rédigée par Marc Rees le lundi 20 décembre 2010 à 11h44
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 08 Jan 2011, 16:31

Le CIL(Correspondant informatique et libertés), œil de Moscou ou alibi pour l’entreprise ? samedi 8 janvier 2011, par amanda

Mardi 28 décembre, les Amis d’Orwell ont reçu Laure-Isabelle Ligaudan (consultante informatique et liberté), Thibaud (ancien correspondant informatique et libertés en conflit avec l’entreprise pour laquelle il travaillait) et Christine Baslé (avocate) pour parler des correspondants informatique et libertés (CIL) créé en 2004.

Depuis 2004 et la révision de la loi Informatique et Libertés, des correspondants informatique et libertés (CIL) sont apparus dans les grosses entreprises. Ils sont 6000 en France aujourd’hui à exercer dans le but de protéger la vie privée des salariés ou plus exactement de vérifier la conformité des entreprises avec la loi dans ce domaine. Laure-Isabelle Ligaudan (consultante), Thibaud (ancien CIL en conflit avec l’entreprise pour laquelle il travaillait) et Christine Baslé, avocate, débattent de l’utilité de ce nouveau professionnel, tantôt considéré comme "l’œil de Moscou" ou l’alibi pour l’entreprise, la dédouanant ainsi d’obligations vis-à-vis de la Cnil (Commission nationale informatique et libertés). Le CIL exerce sa fonction comme salarié de l’entreprise ou comme consultant extérieur. Il évalue par exemple la conformité du fichier d’entreprise avec la loi.

Ecouter l’émission (.mp3)

Les Amis d’Orwell, l’émission de Souriez, est diffusée sur Radio libertaire, 89.4, un mardi sur deux, de 16 h à 17 h.
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 09 Jan 2011, 11:04

"CLSPD + CDDF + CCTP = LPD + LOPPSI2" : Petit résumé d'actualisation et de clarification
(le gouvernement s'énerve très beaucoup...plus personne ne comprend rien)

1. Rappel simplifié : les "CLSPD" et "CDDF" de la LPD de 2007.
CLSPD "Conseil Locaux de Sécurité et de Prévention de la Délinquance"
- Institué par l'article 1 de la loi de Prévention de la Délinquance (LPD) du 5 mars 2007,
- Obligatoire dans les Villes de plus de 10.000 habitants, ou moins si zone urbaine sensible,
- Présidé par le Maire,
- Avec des "Groupes de travail et d'échanges d'informations à vocation territoriale ou thématique".
Les travailleurs sociaux y étant très vivement conviés à donner leurs informations confidentielles sur les familles... et refusaient d'y participer.
Le Gouvernement a alors proposé en juin 2010, une "Charte déontologique-type de l'échange d'informations en CLSPD", qui vaut son pesant de cacahouètes.
Voir pour mémoire l'analyse critique du Mouvement Antidélation sur cette "soupe au secret professionnel" des CLSPD,
totalement d'actualité par la LOPPSI2 en cours !
http://antidelation.lautre.net/spip.php?article2119
CDDF "Conseil pour les Droits et Devoirs des Familles".
- Institué par les articles 9 et 10 de la Loi Prévention de la Délinquance
- Non obligatoire : depuis 4 ans, mis en place par ... 5% des maires de Villes de plus de 10.000 habitants,
- Créé par délibération du Conseil municipal et présidé par le Maire,
- Conçu après l'article 8 de cette même loi qui prévoie le "partage d'informations confidentielles des professionnels de l'action sociale" avec le maire ou son adjoint, et un "coordonnateur" nommé par le Maire, article qui n'a plus déchainé l'enthousiasme des édiles pour son application.
- le CDDF est consulté par le Maire obligatoirement quand celui-ci envisage de proposer un "accompagnement parental" à des parents.
- Cet accompagnement "consiste à un suivi individualisé au travers de conseil et de soutien à la fonction éducative", et en parallèle à toutes les mesures éducatives qui sont de la compétence du Conseil Général, exercés par des travailleurs sociaux qualifiés.
Notons que le législateur n'a pas jugé nécessaire de prévoir des conditions minimales de qualification de "l'accompagnateur" CDDF. Pour rester dans l'esprit du législateur, rien n'empêche le maire de désigner le Directeur de sa Police Municipale, ou sa secrétaire particulière, pour le faire...

Rappelons que le Conseil National des Villes, instance placée auprès du Gouvernement, a lui-même rapporté dans une étude publiée le 11 octobre 2010 (p.13)
"Certains rappels, notamment sur le partage d’informations (notamment sur l’absentéisme scolaire ou le secret partagé), ont renforcé la réticence de certains partenaires à travailler au sein des CLSPD et avec les maires. L’obligation légale n’est pas toujours le meilleur levier pour inciter les différents corps de métiers à travailler ensemble. "

2 . La LOPPSI 2 prévoit pourtant maintenant d'en rajouter une 3ème couche :
CCTP "Cellule de Citoyenneté et de Tranquillité Publique" : le nouveau nom des "Groupes de travail et d'échange d'informations à vocation territoriale ou thématique" des CLSPD... (Code CGCT art.2211-5)
Le projet de Loi d'Orientation et de Programmation pour la Performance de la Sécurité Intérieure/2ème édition (LOPPSI 2) est en cours d'étude et comporte de très nombreux articles. Sur notre propos spécifique ici, et en résumant à nouveau :
- 1ère lecture, à l'Assemblée Nationale : il avait été seulement prévu de rendre obligatoire l'adoption d'un "règlement intérieur" sur les "modalités d'échange d'informations" dans les CLSPD. (art. 24 terB)
- 1ère lecture, au Sénat : inchangé.
- 2ème lecture à l'Assemblée Nationale :
1° MODIFICATION
En Commission des lois : La député UMP, Brigitte BAREGES, obtient de rendre obligatoire les CDDF dans les villes de plus de 10.000 habitants, comme l'étaient depuis 2007, les CLSPD.
2° RE-MODIFICATION
En séance publique : Le député UMP, Bernard REYNES, obtient pour sa part, de "créer une 3ème instance : la CCTP "Cellule de Citoyenneté et de Tranquillité publique".

Bernard REYNES a précisé dans le rapport qu'il a remis au Premier Ministre le 23 décembre 2010, juste après :
----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
" Il a ainsi plaidé pour une consécration législative – sous l’appellation de « cellule de citoyenneté et de tranquillité publique » (CCTP) – d’un dispositif inspiré d’expériences menées notamment dans son département. Moins lourde à mettre en place qu’un CDDF, une telle cellule consiste en une sorte d’« état-major » restreint autour du maire, composé du parquet, de l’Education nationale, des forces de l’ordre et d’un travailleur social. Sa mission : « assurer un suivi opérationnel de situations particulières ainsi qu’en cas d’urgence ». En clair, cette cellule serait autorisée à examiner des situations individuelles préoccupantes en vue de préparer les décisions de l’autorité municipale quant aux mesures les plus appropriées à engager (et notamment un rappel à l’ordre, une transaction ou une mesure de conseil et de soutien à la fonction éducative et parentale). Une CCTP, a précisé le parlementaire à l’Assemblée nationale en défendant son amendement, est censée créer, autour de l’édile, « une collégialité indispensable pour l’aider à prendre les décisions, collégialité qui se réunit, bien sûr, sous le sceau d’une charte de confidentialité ». [Extrait des ASH du 7 janvier 2011, p.24]
-------------------------------------------------------------------------------------------

A ce jour la LOPPSI2, qui doit encore être ré-étudiée en 2ème lecture au Sénat, prévoit donc dans son article 24 TerA :
Un "CCDF" ou une "CCTP-groupe de travail du CLSPD" (au choix), obligatoire dans les villes de plus de 20.000 habitants.
Les financements du FIPD réservés aux communes qui ont mis en place un CLSPD communal ou intercommunal, plus (au choix) un CDDF ou une CCTP.
Article 24 terA adopté au 21 décembre 2011 :
« Dans les communes de plus de 20 000 habitants, il est créé un conseil pour les droits et devoirs des familles dans les conditions prévues par l’article L. 141-1 du code de l’action sociale et des familles, ou une cellule de citoyenneté et de tranquillité publique dans les conditions prévues par l’article L. 2211-5 du présent code.
« Dans toutes les communes, peut être institué un conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance, un conseil pour les droits et devoirs des familles ou, même en l’absence d’un conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance, une cellule de citoyenneté et de tranquillité publique dans les conditions prévues par l’article L. 2211-5.
« Plusieurs communes de moins de 10 000 habitants peuvent décider de mettre en commun les moyens nécessaires pour animer une cellule de citoyenneté et de tranquillité publique dont ils conviennent des modalités de fonctionnement.
« Lorsqu’en application de l’article L. 5211-59, il est créé un conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance, les seuils prévus aux trois alinéas précédents s’apprécient par rapport à la population des communes membres qui n’ont pas mis en place un conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance.
« Le financement d’actions par le fonds interministériel pour la prévention de la délinquance créé par l’article 5 de la loi n° 2007-297 du 5 mars 2007 relative à la prévention de la délinquance est réservé aux communes ou aux établissements publics de coopération intercommunale qui mettent en place un conseil local ou intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance, et un conseil pour les droits et devoirs des familles ou une cellule de citoyenneté et de tranquillité publique. »

* Voir le surprenant "Rapport sur l'Application de la LPD" du député Bernard REYNES de décembre 2010. 74 pages, mais le survol des 3 pages du début de la Table des matières donne l'éclairage...

* La député Delphine BATHO, nous apprend l'arrivée d'un nouveau Rapport BENISTI ! dans la séance publique du 16/12/2010, confirmé par Bernard REYNES :
"Après les deux rapports de M. Bockel, un nouveau rapport de M. Bénisti est annoncé. J’espère qu’il ne suscitera pas les mêmes inquiétudes et le même tollé que le précédent." (sic)
Voir les débats très mouvementés sur cet article 24 ter A : http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr ... 874_157701

Pour l'opposition à la LOPPSI 2, il a été créé un portail Internet militant se proposant de recenser l'ensemble des sites qui analysent ce projet de loi :
www.antiloppsi2.blogspot.com

SURTOUT : Merci à tous ceux qui verraient une erreur dans ce résumé de me le signaler pour que je puisse rectifier !
ATTENTION : Beaucoup d'informations non exactes concernant les termes de la LOPPSI2 ont circulées, bien involontairement, même par des journalistes de presse. Vérifiez vous-même le texte de projet de loi et toutes les références, si vous faites un écrit...
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 10 Jan 2011, 21:53

L'association « Souriez, vous êtes filmé-e-s » vous invite chaleureusement à sa cérémonie des voeux pour 2011.

Cette année s'avère d'ores et déjà, dans la lignée des précédentes, particulièrement faste en déploiement de dispositifs sécuritaires avec, pour n'en citer que deux, l'envol du plan « 1000 caméras » de Paris et le vote de la Loppsi 2 !

Opposés depuis 1995 à la vidéo-surveillance et aux politiques liberticides, nous continuons à refuser ce modèle de société mortifère, basé sur la peur, la méfiance, le contrôle et l'uniformisation.

Nous vous donnons donc rendez-vous le dimanche 16 janvier à 15h00, place de la Sorbonne (métro Cluny-La-Sorbonne). pour une cérémonie symbolique devant une camera de surveillance et, nous l'espérons, fédératrice, autour d'une galette et d'un verre de cidre ou de vin chaud.

A dimanche 16 ! SVEF
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 12 Jan 2011, 21:44

Les raisons du refus du fichage des sans-abri

Publié le jeudi 23 décembre 2010

Les associations craignent que le fichage et les données concernant les étrangers accueillis en urgence ne remettent en cause leurs missions.

Les demandes de la préfecture concernant le statut des personnes accueillies en hébergement d'urgence essuient des refus catégoriques de la part des associations, qui invoquent respect de la loi et « inconditionnalité de l'accueil ».

La polémique sur le fichage des personnes en centre d'hébergement d'urgence a éclaté, une nouvelle fois, au conseil municipal de Lille, vendredi. Marie-Christine Staniec-Wavrant, élue à la lutte contre les inégalités, a accusé les services de l'État d'avoir « demandé aux associations de leur transmettre un fichier » comportant « le nom, la composition familiale, l'origine ethnique des personnes et la date d'entrée en France ». Le lendemain, à raison, la préfecture a affirmé n'avoir jamais fait de demande sur des critères ethniques. Interrogée hier, l'élue lilloise a affirmé n'avoir « jamais prononcé le mot de fichier ethnique » mais « fait part des inquiétudes des associations », estimant que ce fichage « peut expliquer pourquoi les familles roms refusent les hébergements ».

Le fichier existe : sur la nationalité

Au-delà de ce duel, il reste que les services de l'État ont bel et bien demandé aux associations de remplir un fichier. Il s'agit de relever les nom, date et lieu de naissance et nationalité des personnes. Le 28 septembre, la direction départementale de la cohésion sociale (DDCS) explique aux directeurs des structures agir ainsi « afin d'améliorer l'observation sociale » du dispositif.

La CNIL retoque le fichier

La levée de boucliers du secteur associatif a été immédiate. La CNIL (Commission nationale informatique et liberté) a été saisie. Sa réponse, en date du 24 novembre, est sans ambiguïté. « Le traitement des données collectées par les structures d'hébergement ne doit permettre une gestion des données relatives aux demandeurs d'hébergement sous format nominatif qu'aux travailleurs sociaux, gestionnaires d'hébergement et gestionnaires du 115. » . Et si ces données doivent être remises à l'État, c'est « anonymisées ».

Péril sur « l'accueil inconditionnel » ?

C'est sur cet avis, qui fixe le cadre légal, que se sont appuyées la Fnars et l'Uriopss, fédérations regroupant les associations du secteur= de l'hébergement, pour affirmer leur refus catégorique de transmettre les données. « Il y a un principe fondamental : dans la mise à l'abri de gens à la rue, il ne doit pas y avoir de critère, pas de sélection », insiste Bruno Delaval, directeur de l'Uriopss Nord - Pas-de-Calais. Une « inconditionnalité » que les associations jugent attaquée avec persistance. Car après la liste nominative, retoquée par la CNIL, des associations ont été sollicitées à nouveau. Cette fois il s'agit de constituer un
fichier « précisant le nombre d'étrangers déboutés du droit d'asile hébergés ». Rappelant le « droit à l'anonymat » et le principe de « non-sélectivité », Francis Calcoen, président de l'Uriopss, juge, dans un courrier au préfet, qu'« une situation administrative irrégulière ne saurait justifier le refus d'accueil dans un établissement d'hébergement d'urgence ».
La précision sur « l'urgence » est importante : il faut être en situation régulière pour avoir une place en CHRS (centre d'hébergement et de réinsertion sociale), où on est accueilli sur du moyen terme avant d'intégrer un logement. Et lorsque la préfecture affirme que les demandes d'informations sont « l'extension à tous les types d'accueil des dispositions jusqu'alors en vigueur dans les seuls CHRS », les craintes de remise en cause de l'inconditionnalité de l'urgence humanitaire semblent justifiées.

Contexte de relations difficiles

Ce bras de fer se joue dans un contexte rude. Une refonte des SIAO (qui gèrent les « 115 ») est en cours. Elle ne se fait pas sans tensions. « C'est une restructuration difficile, avec des exigences de la part de l'État qui bousculent les associations », souligne Bruno Delaval.
Par ailleurs, le débat porte sur la réalisation du Plan départemental d'accueil, d'hébergement, et d'insertion (PDAHI), qui conditionne les moyens alloués par l'État. Du côté des associations, on plaide pour un recensement des besoins, avant de décider des moyens à mettre en oeuvre.
Sauf qu'avec cette polémique sur le fichage, les associations se sentent piégées. « On ne boycotte pas la remontée d'infos, mais on ne les transmettra que de manière collective », insiste Bruno Delaval.
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 13 Jan 2011, 21:59

Contrôle parental ou contrôle papal ?

Securitoo, le logiciel de Contrôle parental proposé par Orange, interdit à tout adolescent de consulter le site du Planning Familial, de s'informer sur l'Interruption volontaire de Grossesse (IVG), de visiter des sites féministes comme celui des "Chiennes de garde" ou d'autres qui concernent des associations de défense des
droits des homosexuels.
Fâcheuse coïncidence, les dirigeants de la société Optenet, chargée de la conception de cette technologie entretiennent des liens étroits avec l'Opus Dei. Cette
organisation d'intégristes catholiques !
Bien que la voie de la connaissance et de l'éducation n'ait jamais fait bon ménage avec ces cul-bénits, Orange a décidé de faire une alliance économique avec eux.
Disons-le bien net : A bas la calotte !
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 15 Jan 2011, 03:07

Héberger les sans abris pour traquer les sans papiers

La période de grand froid qui traverse le pays va sans doute améliorer l’efficacité des services de l’Immigration. Cet hiver est le premier à être placé sous le signe du SIAO — Service Intégré de l’Accueil et de l’Orientation, qui gère désormais, au niveau des départements, tous les aspects de l’hébergement social.

Très récemment, dans le Nord, Marie-Christine Staniec-Wavrant, conseillère municipale de Lille chargée de la lutte contre les exclusions, a évoqué les demandes de la préfecture quant à l’origine et la nationalité des personnes prises en charge. Le problème ne se pose pas qu’à Lille. C’est un dispositif national qui se met en place. Gros problème: la finalité du fichier — répartir au mieux les personnes démunies en fonction des places disponibles — ne justifie en aucun cas que la nationalité des personnes soit mentionnée ou même exploitée à Paris.

L’élue lilloise a d’abord mis l’accent sur les populations tsiganes qui seraient visées, mais en vérité ce fichage concerne toutes les personnes reçues et hébergées dans tous types de centres d’accueil d’urgence ou d’insertion. Selon un article du bulletin Actualités sociales hebdomadaires (ASH, 24/12), ça grogne aussi en Haute-Garonne :

Alors qu’en Haute-Garonne, le groupement de coopération sociale et médico-sociale (GCSMS) formé pour porter le SIAO est prêt à fonctionner, “il y a un blocage en raison de l’outil informatique, témoigne Bruno Garcia, responsable de la coordination de la veille sociale du département. Le préfet de région veut imposer le logiciel élaboré par l’Etat, le GCSMS refuse de l’utiliser”.

C’est une simple circulaire de juillet 2010 — pondue par la direction de la Cohésion sociale du ministère du Travail, et sa «sous-direction de l’inclusion sociale, de l’insertion et la lutte contre la pauvreté, bureau de l’urgence sociale et de l’hébergement» (sic) — qui grave dans le marbre ce nouvel outil informatique.

Si l’aide sociale est en grande partie gérée par les Conseils généraux (une assemblée d’élu-e-s), en revanche lorsqu’il s’agit de sans domicile fixe, c’est l’Etat qui prend le relais. C’est pourquoi le fichier des SIAO est géré au niveau national par la DGCS, la « direction de la cohésion sociale ». Normal aussi qu’au niveau local le relais soit Monsieur le préfet, nommé (et défait) par le fait du Prince. Des préfets qui restent les premiers soldats de la guerre aux sans papiers.

SIAO : contrôle social à tous les étages

Le SIAO va cataloguer tout le contenu de la situation sociale ou médico-sociale d’une personne dès qu’elle fait appel à un hébergement « d’urgence » ou de « réinsertion ». En gros cela concerne les établissements suivants:

* centres communaux et intercommunaux d’action sociale (CCAS ou CIAS),
* services sociaux polyvalents de secteur
* prisons
* hôpitaux
* centres 115
* accueils de jour
* services d’accueil et d’orientation (SAO)
* équipes mobiles et l’hébergement d’urgence.

Selon une analyse de ce texte par un travailleur social membre du mouvement Antidélation, «pour une personne accueillie dans une structure en urgence qui n’aurait pas été fichée au préalable comme demandeur (ex : femme battue), il est prévu qu’elle soit fichée SIAO avec ses enfants, à son arrivée dans le centre d’accueil d’urgence». Or, l’enregistrement des données sera faite… par les travailleurs sociaux. Bien entendu, comme depuis la loi de mars 2007 qui invente le « secret partagé », un partage des informations est très largement prévu, en associant les maires par leur CCAS (centres d’action sociales).

Les items à cocher, que l’on trouve dans une grille « proposée » en annexe de la circulaire, sont entre autres :

* Nationalité [3 choix] : F / U.E. / Hors UE [dans ce dernier cas : le pays d'origine doit être renseigné] (demandeur et conjoint)
* Fiche-type du SIAO (extrait 2)
* durée de validité et nature du titre de séjour;
* Nom, prénoms, sexe, date naissance, situation (autorité parentale) des enfants;
* Logement ou hébergement actuel : « structure médico-sociale » … « structure judiciaire »;
* Motif de la demande d’hébergement : « fin d’hospitalisation »… « sortie de prison »… « arrive en france »… « violences familiales »… »fin de prise en charge ASE »…
* Une plage de « commentaires » libres est prévue pour « l’argumentaire parcours-besoin » et « la proposition de la personne ayant effectué l’entretien ».
* « Situation professionnelle » complète; « situation de la famille », « endettement de la famille »…
* Pour leurs enfants, est demandé: nom, prénom, sexe, date de naissance, situation.

La mention de la nationalité (cf image de une) — et du pays d’origine si la personne vient « Hors UE » — est ouvertement scandaleuse dans ce cas d’école. Surtout lorsque l’on a affaire à un fichier national…

Comme le rappelle la FNARS (Fédération nationale des associations d’acceuil et de réinsertion sociale), dans une note intitulée L’accueil inconditionnel des étrangers, comment le faire appliquer? et publiée fin novembre :

Aucune condition quant à la régularité du séjour des personnes n’est exigée par les textes. Les étrangers sans domicile, quelle que soit leur situation administrative doivent ainsi pouvoir être accueillis. (…) Les Services Intégrés d’Accueil et d’Orientation (SIAO) doivent prendre en compte les étrangers lorsqu’ils font une demande d’hébergement.
L’exclusion des étrangers en situation irrégulière d’un accueil et d’une orientation via les SIAO est contraire au code de l’action sociale et des familles.

Rappelons qu’un fichier doit correspondre à une seule finalité, et chacun de ses champs doit correspondre à cette finalité — sinon c’est tout simplement interdit, c’est en tous cas le principe martelé par la Commission informatique et libertés (CNIL) depuis sa création il y a plus de 30 ans.

Dans une précédente circulaire (8 avril 2010), le secrétaire d’Etat au Logement Benoist Apparu donne les grandes lignes du dispositif :
«replacer la personne au coeur du système». C’est beau comme un conte de Noël:

«Cette stratégie repose sur l’organisation d’un véritable service public de l’hébergement et de l’accès au logement, basé sur trois principes fondamentaux :

* la continuité de la prise en charge des personnes;
* l’égalité face au service rendu;
* l’adaptabilité des prestations aux besoins des personnes.»


A notre tour de poser 3 questions fondamentales:

- en quoi la mention de l’origine géographique est nécessaire légitime pour les nobles objectifs du ministère? pourquoi doit-on renseigner le nom exact du pays d’origine s’il ne s’agit pas d’un pays de l’UE?
- Comment parler d’«égalité face au service rendu» s’il faut différencier les gens démunis en fonction de leur carte d’identité ?
- Pourquoi une telle discrimination dans un fichier d’aide d’urgence?

Interrogée par Nord Eclair, la préfecture du Nord botte en touche:

« Cette mesure n’est que l’extension à tous les types d’accueil des dispositions jusqu’alors en vigueur dans les seuls centres d’hébergement et de réinsertion sociale. Elle vise à faciliter le suivi social et l’accès au logement, conformément aux instructions ministérielles ».

« Ces dispositions ont fait l’objet d’une déclaration à la CNIL qui en a accusé réception le 12 octobre dernier sans formuler à ce jour de remarque. (…) Aucune information ayant trait à la date d’entrée sur le territoire et au droit au séjour n’est sollicitée ».

On notera l’énorme hypocrisie de cette bafouille préfectorale: pas de « date d’entrée en France » demandée, mais en revanche tout ce qui peut aider à repérer une personne en situation irrégulière. Et un mensonge au passage : un item « droit au séjour » est bel et bien présent dans le fichier SIAO. M. le Préfet devrait relire les circulaires avant de donner des leçons.

La CNIL et le champs « nationalité » dans un fichier national, un vieux passif…

Maintenant, concernant la manière dont la CNIL a géré le dossier, c’est un peu plus nébuleux. Passons sur le fait que la polémique a éclaté dans le département du Nord, fief du président de la CNIL, le toujours sénateur Alex Türk — c’est aussi la région d’origine de son « petit scarabée », le député UMP Sébastien Huygue, par ailleurs conseiller municipal à Lille, donc au coeur de ladite polémique.

Difficile en l’état de connaître les remarques de la CNIL sur ce fichier SIAO. La préfecture affirme donc que la Commission n’a formulé «aucune remarque» sur le contenu du fichier, nationalité comprise. Or, les associations lilloies qui l’ont consulté ont entendu un autre son de cloche (toujours via Nord Eclair):

Eric Delhaye, le président de la CMAO (Association Coordination Mobile Accueil Orientation), et la FNARS, ont d’ailleurs saisi la CNIL dès le mois de novembre [qui] leur a répondu que « conformément à l’article 6-3° de la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 modifiée le 6 août 2004, la nationalité des personnes concernées constitue une donnée excessive au regard des finalités susmentionnées, et ne saurait donc faire l’objet d’une transmission ».

Si la CNIL refuse la « transmission » de cette donnée sensible, elle ne recommande pas pour autant sa suppression d’un tel fichier.

Faut-il rappeler que la même Commission a mis des années avant d’enjoindre le ministère de l’Education nationale de retirer les mentions « nationalité / date d’arrivée en France / langue d’origine… » de son fichier des écoles primaires (Base élèves 1er degré). Au passage, ce même champs « nationalité » figure toujours comme item obligatoire dans le fichier des collèges-lycées, Sconet… Alors pour nettoyer les fichiers de l’aide sociale d’urgence, faut pas se presser !

Bref : qui faut-il croire: M. le Préfet ou M. Türk? Le dispositif SIAO proposé par le gouvernement contient la nationalité, mais la CNIL n’aurait donc formulé aucune «remarque»? Dommage : pas moyen de consulter son avis sur son site internet…, alors que son président clame sans cesse que la Commission possède au moins «le pouvoir de publier ses avis et délibérations».

Aucune trace non plus de son avis sur un autre fichier, développé de son côté par la FNARS. Car le ministère précise dans la circulaire que « les porteurs de SIAO qui disposent de leurs propres outils, peuvent continuer à les utiliser», même si «les outils de ces porteurs devront (…) présenter des fonctionnalités similaires (…). »

La FNARS a donc développé sa propre application, dépourvue des champs litigieux, nous apprend l’article des ASH:

Les associations reprochent à l’Etat d’avoir développé a minima cet outil, qu’elles jugent insuffisant pour répondre à l’objectif des SIAO de bien évaluer les besoins des personnes pour mieux les orienter. Alors que, selon l’administration, il est destiné à évoluer et qu’« il n’y a pas eu de consigne pour l’imposer », elles avancent aussi, et surtout, des préoccupations d’ordre éthique.

Pour répondre aux besoins du SIAO, la FNARS a développé son propre logiciel à partir de celui déjà conçu pour l’Observatoire national du 115. Elle a déposé, pour cet outil, une demande d’autorisation auprès de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés), qui a émis un avis favorable le 16 novembre dernier.

“L’Etat a, pour son logiciel, seulement effectué une déclaration auprès de la CNIL”, précise Matthieu Angotti, directeur général adjoint de la FNARS. La différence est importante, puisque l’autorisation “apporte des garanties plus fortes en termes d’anonymisation et de sécurisation des données”.


C’est dans un courrier adressé aux associations du Nord que la CNIL se dit opposée à la mention de la nationalité. Dommage que les préfets n’en savent rien! Les ASH citent des extraits de cette lettre :

* « Le traitement des données collectées par les structures d’hébergement ne doit permettre une gestion des données relatives aux demandeurs d’hébergement sous format nominatif qu’aux travailleurs sociaux, aux gestionnaires d’hébergement et de logement et aux gestionnaires du 115. » Autrement dit, les services de l’Etat n’ont pas à y avoir accès.
* La CNIL ajoute que le SIAO « doit transmettre ces données anonymisées aux services déconcentrés de l’Etat, à l’exclusion de tout numéro identifiant ou de toute observation sur les personnes concernées ».
* Elle rappelle également que ces données doivent être pertinentes au regard de la finalité d’observation et d’évaluation, et que la nationalité ne peut en faire partie.

Interrogée par ASH, la directrice de la Cohésion sociale affirme enfin : «Nous avons respecté toutes les procédures de la CNIL, avec laquelle une réunion est prévue prochainement». Comme avec le ministère de l’Education sur le dossier Base élèves, une partie de poker menteur s’engage donc avec le gouvernement.

Le fichage SIAO a aussi toutes les chances d’être recoupé et partagé avec d’autres registres administratifs comme celui du RSA. Le fameux projet de loi Warsmann, qui pour les besoins de la « simplification du droit » autorise à tout vent ce partage d’information comme du temps du projet SAFARI, va y contribuer. Par exemple, les items demandés dans le SIAO — déclaration de ressources et niveau d’endettement — rappellent fortement celui du RSA mis en place en 2009.
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 16 Jan 2011, 12:36

Air France condamné pour licenciement abusif 31.12.2010

C’est une première : la compagnie doit payer une indemnité à un salarié licencié car il ne portait plus de badge de sécurité.

Bagagistes, hôtesses, pilotes, personnels de sécurité… Ils pourraient être « des dizaines de milliers de salariés d’Air France », selon l’avocat Eric Moutet, à être concernés par une récente décision de justice. Le 16 décembre, selon nos informations, la cour d’appel de Paris a condamné Air France à payer « 30 000 € d’indemnité pour licenciement sans faute réelle ni sérieuse » à l’un de ses anciens salariés.

Jérôme Breban travaillait alors en contrat à durée indéterminée depuis cinq ans chez Air France : l’entreprise avait décidé de résilier son contrat de travail dès qu’elle a appris que la préfecture du Val-de-Marne n’avait pas renouvelé son badge d’accès aux zones réservées.

La société a une « obligation d’adaptation à l’emploi »

Car, pour Air France, les contrats de travail qui la lient aux salariés étaient jusqu’à présent limpides : « Le port apparent du laisser-passer ou badge (…) est une obligation absolue et permanente qui conditionne l’exercice de votre activité », dit ainsi le contrat de M. Breban. « Le présent contrat de travail serait automatiquement résilié si les services de police de l’air refusaient de vous délivrer un titre d’accès. » C’est ce qu’on appelle le « fait du prince » : il suffit que
l’administration — qui ne se contente plus de condamnations pénales, comme avant 2002, mais interroge dorénavant le fichier Stic* — refuse de renouveler certains badges pour rendre caduc le contrat de travail.

C’est cette automaticité que les magistrats ont pour la première fois battue en brèche : non seulement, estime la cour d’appel, le fait du prince doit s’entendre comme « un événement (…) imprévisible ». Or, le retrait possible par la préfecture d’une autorisation le rend, au contraire, tout à fait prévisible. Surtout, « la société dispose de nombreux postes de travail situés en zone non réservée ». « Au moment même de la rupture du contrat, elle disposait dans cette zone de postes compatibles avec les capacités du salarié, tels que les postes de vendeur ou de magasinier. » En clair? La société a tourné le dos à son «
obligation d’adaptation à l’emploi ».

Air France va-t-il se pourvoir en cassation? Contacté hier, l’avocatd’Air France, Me Aurélien Boulanger, ne nous avait toujours pas rappelés dans la soirée. « Si la société ne se pourvoit pas en cassation, c’est toute sa politique de ressources humaines qu’elle devra remanier », analyse Eric Moutet.

* Le fichier de police Stic recense les infractions routières, querelles de voisinage, vols… En 2009, pointant de nombreux dysfonctionnements, la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés) l’avait qualifié de « dangereux ».
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 17 Jan 2011, 23:26

Humour :?:

Le besoin de liberté et de sécurité, peut-il aboutir à un État autoritaire ? avec Alain Bauer.

Depuis environ quinze ans en France comme à travers l’Europe les gouvernants mettent en place une politique dite « de plus en plus sécuritaire » pour
répondre aux demandes d’une population qui a besoin de se sentir « de plus en plus » en sécurité dans sa liberté de mouvement après les attentats à Paris,
New York, Madrid... et les faits divers diffusés quotidiennement dans les medias...

Conférence-débat Le Club Lamartine présente

Le besoin de liberté et de sécurité, peut-il aboutir à un État autoritaire ?
En présence d'Alain Bauer, Professeur de criminologie au Conservatoire National des Arts et Métiers.

Jeudi 13 janvier 2011 18h - Hôtel Sofitel la Cloche à Dijon

Entrée : 3 euros

Partenaires :
FNAC, Ibis Dijon Arquebuse, RC Conseil, Hôtel La Cloche, Scene & Son.
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 18 Jan 2011, 20:13

Dis-lui comment tu marches, la machine te diras qui tu es

En plongeant dans les quelque 2.000 câbles diplomatiques publiés à ce jour via Wikileaks, un peu moins de 1% des 250.000 documents détenus
[1], nous sommes tombés sur un compte-rendu de l’ambassade US à Pékin fin 2009. Il est question de diverses recherches « sensibles » engagées par l’Académie des sciences de Chine populaire. Entre fusion nucléaire, nanomatériaux, détection d’explosifs et « téléportation quantique » (sic), un chapitre évoque une technique d’identification biométrique totalement furtive — identifier une personne à son insu —, grâce à sa démarche. L’idée est de détecter la « signature pédestre » d’une personne pour la reconnaître a déjà fait l’objet de recherches au
Royaume-Uni. La biométrie furtive se porte bien.

C’est lors d’une rencontre officielle, en décembre 2009, à l’invitation de l’Académie des sciences sur le campus de Hefei (province Anhui –
centre-est du pays), que l’honorable correspondant de l’ambassade américaine a pu faire ces « constatations » [câble 10BEIJING263 - copie
ci-contre].

Le responsable signale qu’il écrit cette note sur la base de «présentations officielles, d’observation personnelle et de conversations informelles et discrètes avec des membres de l’Académie» (qui ne sont pas cités, cela va de soi — les barbouzes aussi savent protéger leurs sources…).

Le 3ème paragraphe de ce câble diplomatique, classifié «confidential», évoque l’«Institut des machines intelligentes» de l’université d’Hefei
et ses «recherches sur la biométrie».

Institute of Intelligent Machines – Biometrics Research

¶3. (C) The Chinese Academy of Science (CAS) Institute of Intelligent Machines (IIM) in Hefei has developed a biometrics device that uses a
person’s pace to identify them. The device measure weight and two-dimensional sheer forces applied by a person’s foot during walking
to create a uniquely identifiable biometrics profile. The device can be covertly installed in a floor and is able to collect biometrics data on
individuals covertly without their knowledge. When questioned about the device’s potential applications, IIM officials stated the device was
being used by “secret” customers and was not available on the commercial market. IIM also said they were involved with China’s “Program 863.”
(COMMENT: Program 863 is China’s national high-technology development plan that includes both military and civilian technology development
programs; therefore, it is likely the People’s Liberation Army (PLA) is one of the customers for whom this biometrics device was developed. END COMMENT)

Il est bien question d’un système qui peut être dissimulé sous un plancher, de sorte que la personne soit identifiée «sans le savoir». Le processus est décrit en une phrase: «mesure du poids et de la pression des pieds en deux dimensions», permettant de créer un «profil d’identification biométrique particulier». Les officiels chinois se seraient confiés au représentant US comme quoi le dispositif a déjà été
utilisé par des «clients secrets» et qu’il n’était pas destiné à être commercialisé.

Le diplomate américain a été intrigué par le fait que l’équipe de Hefei soit financée par un programme militaro-scientifique — Program 863, l’un
des hauts lieux en Chine de la « recherche duale », civile et militaire, créé en mars 1986 (d’où son numéro de code selon cet ouvrage) par le
président Deng Xiaoping. Reste que cette cellule n’a rien de secret, elle a sa page officielle et sa fiche Wikipedia.

L’officiel américain fait mine de découvrir l’eau tiède. Car les Etats-Unis sont bien entendus très bien placés dans la course au Graal biométrique. Aujourd’hui les systèmes biométriques les plus répandus — empreintes digitales, paumes de la main ou iris de l’oeil — nécessitent
une coopération du cobaye. D’où l’intérêt de pouvoir identifier quelqu’un sans qu’il le sache ou qu’il en ait conscience.

Un documentaire diffusé en 2007 sur Arte — Le temps des biomaîtres, de Jacques Guyot — évoque des recherches similaires à l’université de
Southampton (Royaume-Uni).

Le professeur Mark Nixon (ci-contre) expliquait à l’époque que son dispositif est tout à fait au point [voir l'extrait ci-dessous - dès la 12ème minute]. Et évoquait lui même que ses trouvailles ont été en partie financées par la DARPA, l’agence de recherche de l’armée américaine.

Nixon évoque un système de caméras numériques disséminés dans un couloir qui permettent, sur quelques foulées, de reconnaître la signature
pédestre de l’individu. Son propre système va un peu plus loin, car parmi ces caméras, une est dédiée à la reconnaissance «du visage et des
oreilles», et quatre autres sont situées aux quatre coins du couloir pour scanner la manière dont le corps se mue et les pas s’enchaînent.

Le même documentaire, réalisé il y a moins de quatre ans, évoquait d’ailleurs une autre méthode de biométrie furtive. C’est John Daugman, autre chercheur britannique (université de Cambridge), qui se présente lui-même comme l’inventeur de la technique de reconnaissance de l’iris,
qui parle du projet « Iris on the move » développé aux laboratoires Sarnoff, aux Etats-Unis. Le procédé est maintenant au point, comme le
montre cette vidéopromo éditée en février 2010 — comme le câble diplomatique.

Pour Daugman, le fait que la personne doive se positionner sans bouger devant l’objectif pour se faire identifier, «ce n’est pas très fluide,
pas très rapide». L’objectif, il y a quatre ans, était de pouvoir capturer l’iris jusqu’à une distance de 3 mètres, pour une personne
marchant à environ 1 mètre par seconde.

Aujourd’hui, Sarnoff déclare pouvoir identifier 30 personnes par minute…
Comme le dit Daugman tout sourire: «C’est comme dans Minority Report, en mieux!» (voir ici à partir de 5’50).

Pour convaincre les cobayes pressés d’êtres scannés à la volée, on leur vend donc la « fluidité » des files d’attentes d’aéroports… Alors imaginez une seconde l’effet conjugué de cette méthode avec les techniques de signature pédestre. Ou de reconnaissance faciale
sophistiquée, qui peut là aussi capturer un visage à distance et de l’analyser. Faut-il rappeler que les systèmes de contrôles obtiennent
leurs sceaux de «légalité» seulement s’ils ont obtenu l’accord éclairé des individus concernés.

Le projet Biometrics on the Move, sous les auspices du groupe de défense BAE Systems, revendique pourtant de contrôler une foule à distance sans leur «coopération», l’absence de consentement des personnes devenant même un argument commercial.

—-

Minileaks

[1] Dans l’affaire des câbles diplomatiques de Wikileaks, le chiffre de 251.287 correspond à ceux que l’organisation déclare détenir. Mais «
seulement » 2000 sont déjà publiés. Le site relais Cablesearch, doté d’un sympatique outil de recherche, en recense 2012, et Wikileaks 1999.
Le site n’a rien bidonné, il dit avoir «commencé» à publier les documents, sans plus.

C’est donc bien loin du chiffre théorique, plus de 100 fois plus, et cela prouve au passage que l’équipe de Julian Assange n’est pas aussi «
irresponsable » que ses pourfendeurs néoconservateurs veulent bien l’affirmer. Il a passé un deal avec plusieurs organes de presse
internationaux (NYT, Spiegel, El Pais, Guardian, Le Monde), et c’est à ces organes d’auto-censurer les documents bruts et de décider ensuite
quels sont ceux qu’elle désire publier. 1% des documents rendus publics. Et encore, il n’est pas rare de voir dans le câbles publiés certaines
personnes rendues anonymes (noms remplacés par « xxxxxx »).

Il y a sans doute des arguments légitimes pour vouloir protéger « certaines sources », et pas d’autres, mais la question est de savoir qui réalise ce tri sélectif, et sur quelles bases. Le NYT n’a pas caché avoir joué le jeu de Wikileaks, tout en consultant le Pentagone pour les
docs les plus « délicats ». C’était d’ailleurs cocasse de voir El Pais sortir le câble qui a été très commenté en France — sur la corruption
entre le Gabon et les partis politiques français.

Le Monde a du s’excuser platement, un brin faux cul (ci-contre), de ne pas avoir traité ce document. Même erreur de casting pour la coopération Allemagne-USA dans les satellites espions (projet HiROS), ce qui inquiète pourtant énormément l’état major français — document Wikileaks révélé par un quotidien… norvégien, Aftenposten ! Vive l’autocensure patriotique…
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 19 Jan 2011, 23:50

Le dossier médical personnel enfin lancé

Edition du 06/01/2011

Le dossier médical personnel (DMP) ne terminera pas dans les limbes des projets inachevés. A partir du mois d'avril, les patients qui le souhaitent pourront consulter leurs données médicales en ligne.

L'échec du dossier médical personnel (DMP) appartiendrait-il au passé ? Tout laisse à le penser puisque l'Asip Santé (agence des systèmes d'information partagés de santé) vient de confirmer la mise en production du projet. Celui-ci avait d'abord été initié en 2004, avant d'être abandonné pour des insuffisances relatives à la sécurité des données, puis finalement relancé en 2008. Mais il faut ajouter un mot sur le danger de l'accès illégal au dossier par les mutuelles privées et des banques. Quoiqu'il en soit, à partir d'avril prochain, les patients qui le souhaitent pourront accéder au DMP via Internet sur le site dmp.gouv. Au printemps prochain, le service commencera également de
se généraliser avec la mise à jour des logiciels des professionnels de santé nécessaire à l'utilisation du dossier. Le DMP est un outil totalement dématérialisé qui rassemble les informations médicales relatives à un patient et nécessaires à la coordination des soins : prescriptions, synthèses médicales, compte-rendus, résultats d'analyse, mentions d'allergie. Il ne revêt pas de caractère obligatoire et n'a pas d'impact sur le niveau de remboursement des soins.

Sécuriser les échanges et garantir la confidentialité des données

« Les enjeux passés ont été résolus, assure Christian Saout, président du CISS (Collectif inter associatif sur la santé). Pour que le DMP ne
soit pas perçu comme un outil de dérégulation des services de santé, nous avons décidé de ne plus le rendre obligatoire. En outre le patient dispose désormais d'un « droit au masquage », c'est-à-dire qu'il peut, dans certaines circonstances, occulter certaines informations de son dossier. » Pour l'heure, certains chantiers sont actuellement en cours pour favoriser son déploiement. « Nous devons travailler sur la mise en oeuvre de la messagerie sécurisée pour que les professionnels de santé puissent échanger entre eux, insiste Jacques Lucas, vice-président du CNOM (Conseil national de l'ordre des médecins) De plus, le rapport d'audit relatif à protection de la confidentialité des données, sujet qui nous importe particulièrement, tarde à se mettre en place. Nous devons également prioriser la mécanique d'accompagnement du DMP en ville et dans les milieux hospitaliers. »
Jusqu'en mars prochain, l'Asip Santé accompagnera les premiers pas du dossier médical personnel, en travaillant avec plusieurs établissements et professionnels de santé qui testent le service dans plusieurs régions, notamment en Alsace, Aquitaine, Franche-Comté, Picardie et Rhône-Alpes.

En Picardie, 400 professionnels de la santé sont équipés

La région Picardie s'est fortement investie sur le sujet : intégration au SROS (Schéma Régional d'Organisation. Sanitaire) d'un volet « système d'information régional de santé », appui aux recompositions de la filière informatique de santé, développement du Dossier Santé Picardie (version régionale du DMP) et de la télémédecine sont à souligner.
«Aujourd'hui, 400 professionnels de la santé ont adhéré au DMP, expose Christophe Jaquinet, directeur général de l'ARS (Agence régionale de santé) Picardie. Mais le pari ne sera pas simple à gagner. Nous devrons faire campagne, non seulement auprès des patients et des établissements publics, mais également auprès des médecins libéraux pour qu'ils acceptent d'adhérer au service. »
En attendant, le déploiement du DMP sur le plan national s'appuiera sur trois leviers complémentaires qui permettront de développer son usage : déploiement technique des logiciels compatibles DMP par leurs éditeurs, maillage selon une logique territoriale (visant à coordonner le déploiement par territoires de santé en veillant à ce que l'établissement de soins de référence, les plateaux techniques et le secteur ambulatoire adoptent le DMP de façon synchrone) et développement des usages selon une logique métier (mise en place d'un dossier communicant de cancérologie, raccordement du dosser pharmaceutique au DMP, migration des dossiers partagés de réseaux vers ce carnet de santé virtuel).

http://www.wat.tv/video/dossier-medical ... i0u7_.html
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 20 Jan 2011, 20:11

Où seront les 1106 caméras de vidéosurveillance à Paris ? 03.01.2011, 08h03 | Mise à jour : 08h26

250 caméras seront installées avant la fin de l'année, plus de mille sont prévues d'ici à fin 2012. La vidéosurveillance commence son grand déploiement à Paris. La préfecture de police a publié il y a quelques jours les arrêtés fixant les emplacements des futures caméras.

Si ces implantations étaient en grande partie déjà connues, elles sont désormais définitives.

Au final, les caméras seront placées dans les zones les plus sensibles : Champ-de-Mars, square Louise-Michel (butte Montmartre), place du Châtelet, place Vendôme… Retrouvez la liste complète des caméras dans la capitale, arrondissement par arrondissement...

Vidéosurveillance à Paris : c'est parti !

Un millier de caméras scruteront bientôt les rues de Paris. Les dernières autorisations administratives viennent d’être obtenues pour ce plan de vidéoprotection. Les travaux débutent.

Souriez, vous allez être filmé dès cette année ! Elaboré par la préfecture de police, le plan de vidéoprotection pour Paris prévoit d’installer 1000 caméras dans les rues de la capitale d’ici à la fin 2012. Au moins 250 d’entre elles seront implantées avant la fin 2011. Ce plan a obtenu l’aval de la commission départementale des systèmes de vidéosurveillance en novembre.

Ce coup de tampon administratif a permis à la préfecture de police de publier, il y a quelques jours, des arrêtés fixant, arrondissement par arrondissement, les emplacements des futures caméras. Si ces implantations étaient en grande partie déjà connues, elles sont désormais définitives. Au final, les caméras seront placées dans les zones les plus sensibles : Champ-de-Mars, square Louise-Michel (butte Montmartre), place du Châtelet, place Vendôme…

2 500 policiers seront formés

A l’exception du XVIIIe (75 caméras), les arrondissements plutôt cossus (VIIe, VIIIe et XVIe) sont ceux qui seront le plus dotés de moyens de
vidéosurveillance. Les travaux d’installation ont déjà été lancés. « Ils ont commencé dans quelques commissariats. Par contre, ceux sur la voie publique débuteront en février », explique Didier Martin, préfet, secrétaire général pour l’administration de la préfecture de police de Paris.

Au total, une cinquantaine de terminaux permettant de visualiser les images seront créés et mis à la disposition des forces de l’ordre. Les commissariats d’arrondissement en seront équipés. Les images des caméras de la préfecture de police seront enregistrées et stockées pendant trente jours.

Mais avant cela, les travaux s’annoncent longs : mise en place de fibre optique, création de pylônes pour fixer les caméras… Et ils s’accompagnent d’un gros travail de formation. « Nous devons former cette année 2500 policiers à ce nouveau matériel », détaille le préfet Didier Martin. Et de préciser : « Ils seront les seuls à pouvoir accéder aux images et ils devront s’identifier avec une carte à puce. Leurs interventions seront donc tracées. »
Selon la préfecture, ces policiers pourront suivre en direct des actes délictueux et, si besoin, basculer sur les milliers de caméras de surveillance des réseaux RATP et SNCF. Le système pourra-t-il être exploité à d’autres fins que la surveillance de la voie publique comme les infractions routières (feux rouges grillés par exemple) ? « Ce n’est pas le cœur du nouveau dispositif. Il n’a pas été conçu dans cet esprit, assure Daniel Martin. Mais il est aussi étudié pour être à la pointe des évolutions technologiques et législatives. »
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

PrécédenteSuivante

Retourner vers France

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun-e utilisateur-trice enregistré-e et 0 invités