Veille des outils de répression

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 05 Déc 2010, 21:46

Seul l'abus de sites pornos peut être sanctionné de licenciement
L'abus fait le mal

Que risque un salarié qui consulte des sites pornographiques au travail ? Pas toujours un licenciement selon la Cour d’appel de Rennes dans son arrêt du 7 octobre 2010, nous souligne le juriste Benoit Tabaka.

Dans cette affaire, une personne avait été embauchée comme responsable de bloc opératoire par une polyclinique de Quimper. Son employeur avait installé sur le réseau de l’établissement, « un système Pare-feu dénommé GateProtect ». Après quelques mois d’activités, l’employeur le mettait à pied avant un
licenciement pour faute grave. Pourquoi ? « Il résulte ainsi des procédures de vérification réalisées que vous avez utilisé, pendant votre temps de travail, le matériel informatique mis à disposition pour l'exécution de vos missions, pour consulter des sites à caractère pornographique. Ces faits ont été reconnus par vous-même ».

Un constat d'huissier qui confirme la réalité des connexions

Pour se couvrir, l’employeur faisait réaliser le 18 octobre 2007, « un constat d'huissier confirmant la réalité de ces connexions à partir du poste de travail du responsable du bloc, celui-ci étant identifié grâce à son adresse IP ».

Respect de la vie privée ?

Le salarié tentera d’abord de s’abriter derrière le principe de respect de la vie privée. Mais la Cour d’appel rappellera un principe dégagé par la Cour de cassation selon lequel les connexions internet faites avec l’outil mis à disposition de l’employeur sont présumées avoir un caractère professionnel.

Preuve de l'auteur des connexions ?

Le salarié essayera ensuite de faire valoir qu’il n’est pas l’auteur des connexions. « Un sujet proche de celui débattu dans le cadre de l'application de notre fameuse loi hadopi » note le juriste Benoit Tabaka.

La contre-attaque était bien vue d’autant que « Monsieur X , dira la Cour d’Appel, aurait reconnu s'être parfois connecté via des liens de messagerie sur les sites pornographiques », mais cela « ne peut être retenue comme un aveu de celui-ci (…) dans la mesure où l'huissier de justice n'a pas retranscrit les paroles exactes tenues par l'intéressé ». La Cour d’appel jugera cependant que « la position du salarié n'est aucunement crédible puisqu'elle suppose l'utilisation de son ordinateur dans son bureau par une autre personne laquelle pouvait à l'évidence être surprise à tout moment par son retour. De plus, cette thèse est contredite par le fait que le 14 octobre 2007, aucune connexion n'a eu lieu alors que Monsieur X était absent ».

Seul l'abus peut constituer une cause réelle et sérieuse

Bref. Alors qu’on pensait la situation bien mal engagée pour le salarié, la Cour d’appel va dégager un principe qui satisfera les éditeurs de sites pornographiques : le salarié « relève à juste titre que seul un usage abusif et à des fins personnelles du matériel informatique affectant le travail du salarié peut constituer une cause réelle et sérieuse de licenciement. » La brèche est donc ouverte.

Or, constate la Cour d’appel « la lettre de licenciement se réfère uniquement à l'utilisation du matériel informatique sans faire état de son caractère excessif affectant le travail du salarié ».

« Pour les juges, commente Benoit Tabaka, la sanction ne peut se justifier uniquement s'il y a eu abus dans l'usage de l'outil informatique mis à la disposition du salarié, abus qui a pu être source de dysfonctionnements » et qui n’est pas démontré ici. Du coup, le licenciement a été décidé sans cause réelle et sérieuse de licenciement et le salarié se voit gratifier de 20 000 euros de dommages et intérêts.

Rédigée par Marc Rees le mercredi 24 novembre 2010 à 09h12 (22348 lectures)
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 19 Déc 2010, 18:28

http://interstice.over-blog.org/article ... 79874.html

Le rapport, base de cet article, est en cours de numérisation...
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 22 Déc 2010, 11:46

«Etre contre la vidéosurveillance pour des raisons idéologiques, c'est du délire» INTERVIEW
Abdelhakh Kachouri, vice-président socialiste du conseil régional d'Ile de France décrypte le plan de vidéosurveillance pour Paris, qui vient d'entrer dans sa phase active. 101 réactions QUENTIN GIRARD

POLITIQUES 21/12/2010 À 18H54

Le «plan de vidéoprotection pour Paris», pour un coût de plus de 200 millions d’euros, vient d’entrer dans sa phase active, comme l’indique Le Figaro dans son édition de lundi. 13.000 caméras publiques et privées seront reliées à un même système d’enregistrement, auquel la police aura accès, voire l’Elysée.
Voté il y a un an, il avait suscité la polémique dans le camp de la majorité parisienne et était passé grâce aux voix de la droite. Pourtant, il répond à une tendance générale, notamment en Ile-de-France, où les mairies de gauche ont depuis un moment déjà suivi le mouvement.

Abdelhakh Kachouri, maire adjoint de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) et vice-président socialiste du conseil régional d'Ile-de-France en charge de la sécurité estime ainsi que c'est du «délire aujourd'hui» d'être contre la vidéosurveillance pour des raisons idéologiques.

Longtemps la vidéosurveillance a été un thème de droite, c’est encore le cas ?

Mais en fait la gauche n’a jamais dit vraiment qu'elle était contre. Prenez l’exemple de Lille, qui est concret. Depuis 2001, depuis que Martine Aubry est maire, un dispositif moderne de vidéosurveillance a été installé. On a été enfermé par la droite dans notre côté angélique et notre approche bisounours des problèmes des quartiers, mais ce n’est plus le cas. Il faut développer les systèmes de vidéosurveillance, mais ce n’est pas le seul aspect, évidemment.
Il faut y mettre des travailleurs sociaux, et augmenter les effectifs des polices municipales. Tout ne va pas aller pour le mieux en un jour juste en mettant des caméras.

L’année dernière, à Paris, deux élus socialistes se sont abstenus et les Verts ont voté contre ce plan, pourquoi y-a-t-il des divisions sur ce sujet ?

Je les invite à prendre leurs responsabilités, à aller dans la rue, et à rencontrer les vrais gens. Nous, à Saint-Ouen, on a 30.000 salariés qui
passent chaque jour, il faut organiser leur sécurité. Mais il n’y a pas que certains élus de gauche qui sont contre, il y a aussi des élus de droite qui pinaillent.

Ils sont contre pour des raisons de coût ou pour des raisons idéologiques ?

Ce n’est pas le coût la raison. Ils s’opposent à la vidéosurveillance pour des questions idéologiques, mais être contre pour ça, c’est du délire aujourd’hui.
Quand vous retirez de l’argent, vous êtes filmés, quand vous prenez de l’essence, vous êtes filmés, quand vous allez sur l’autoroute, vous êtes
filmés. On est déjà filmé toute la journée, développer le système de vidéosurveillance n’est pas une atteinte à la vie privée, aux droits à
l’image, c’est du pipeau de dire ça. Ceux qui le disent se cachent derrière des grands principes au lieu d’être pragmatiques pour traiter les problèmes. Sur le terrain, les gens sont demandeurs, ça les rassure, et si c’est bien fait, ça peut être efficace.

Comment abordez-vous la question de la vidéo-surveillance à Saint-Ouen ?

Pour l’instant, il n’y a pas de caméras. On est dans une reflexion politique assez importante, engagée depuis septembre 2008. Au départ, nous pensions initialement installer la vidéosurveillance dans un quartier, la Place du 8 Mai 1945, mais nous avons la volonté aujourd’hui de l’étendre à d’autres points névralgiques, comme les puces de Saint-Ouen ou les entrées de la ville.
Si j’étais à la place du maire, je validerais l’installation des caméras, avec la création d’un CSU, un centre de surveillance urbaine, à l’image des Mureaux dans le 78. C’est à dire qu’on n’enregistre pas mais qu’il y a des effectifs pour surveiller, en relation étroite avec les polices nationales et municipales (ndlr: à Paris, les bandes vidéos seront enregistrées avec le nouveau plan).

Toutes les villes peuvent-elles s’équiper au même niveau ?

Nous, à Saint-Ouen, on peut bricoler un système car on a des ressources, un peu d’argent. Mais une ville sans trop de thunes, comme Clichy-sous-Bois, c’est très compliqué pour eux sur le plan financier. Que ce soit pour la vidéo-surveillance ou augmenter les effectifs de la police municipale. Il faudrait que l’Etat soit garant de l’égalité de sécurité des citoyens. Il faut avoir en tête que chacun doit jouer un rôle, l’Etat, qui abandonne malheureusement avec le gouvernement actuel ses fonctions régaliennes, la région, les collectivités locales. Nous, à la région, dans les nouveaux trains mis en circulation, il y a des caméras pour chaque nouvelle rame. La région assume ce qu’elle fait et, si elle doit se renforcer, je suis convaincu à titre personnel que ce genre de dispositif est utile.
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Messagede Cramazouk » 23 Déc 2010, 12:42

Contre les émeutes, police et gendarmerie font brigade commune

Voilà déjà trois semaines qu'ils s'entraînent en toute discrétion à Saint-Egrève (Isère) un terrain militaire situé à proximité de Grenoble. Après avoir reçu en catimini il y a deux semaines, la visite du directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Péchenard, les hommes de la nouvelle unité mixte d'intervention rapide (UMIR) créée dans la capitale des Alpes, ont reçu dans la matinée de jeudi 23 décembre et cette fois en grande pompe, le ministre de l'intérieur Brice Hortefeux.

Dernier avatar parmi d'autres des brigades chargées de rétablir l'ordre public, cette unité est destinée à faire face aux émeutes qui peuvent survenir dans les quartiers sensibles – comme ce fut le cas en juillet à La Villeneuve à Grenoble. Elle est composée de policiers et de gendarmes, et devrait être portée sur les fonts baptismaux début janvier 2011.

Formée de 23 policiers et de 9 gendarmes recrutés au sein d'unités déjà existantes, elle n'est dans les faits, qu'une équipe mobilisée en fonction des circonstances. "Au quotidien elle n'existe pas", relativise une source policière. "Cette unité ne sera pas permanente, l'Etat n'ayant pas les moyens de créer de nouvelles structures", précise le colonel Jean-Valéry Lettermann, commandant du groupement de gendarmerie de l'Isère. Entre deux incidents ou émeutes, les "spécialistes" du maintien de l'ordre qui la constituent resteront attachés à leur unité habituelle au sein de la gendarmerie ou de la direction départementale de la sécurité publique.

"ON N'ENVERRA PAS N'IMPORTE QUI AU CASSE-PIPE"

Pour l'heure, cette initiative, présentée comme inédite, se limite à Grenoble. Outre qu'elle officialise le rapprochement police-gendarmerie amorcé tout au long de l'année écoulée, elle devrait s'étendre sur l'ensemble du département.

Encouragée par le préfet Eric Le Douaron, un ancien policier nommé dans l'Isère après les incidents de La Villeneuve, la mise en place de cette UMIR pourrait servir de laboratoire au niveau national. Son commandement sera confiée au directeur départemental de la sécurité publique ou au colonel de gendarmerie, selon qu'elle sera appelée à agir en zone police ou en zone gendarmerie.

Plus vite et plus fort, telle pourrait être sa devise. Assistée d'une brigade canine spécialisée, sa mission sera notamment de procéder dans les meilleurs délais aux interpellations des meneurs. Toutefois, elle ne devrait être mobilisée qu'en cas de force majeure. Notre volonté, c'est de l'utiliser le moins possible. Il ne faut pas la banaliser. Un peu comme l'arme atomique, elle a "vocation à ne pas servir", souligne le colonel Lettermann.

Pour le principal syndicat de policiers, SGP Unité-Police, ce dispositif supplémentaire qui, en termes d'effectifs, a un effet totalement neutre, répond toutefois "à un besoin réel, car avec une telle brigade, on n'enverra pas n'importe qui au casse-pipe". Son représentant grenoblois, Daniel Chomette, aime à rappeller qu' "en 20 ans, Grenoble, qui a augmenté sa population de 20 %, a perdu 200 policiers", alors que dans le même laps de temps, "la délinquance s'est professionnalisée".
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Messagede Nico37 » 24 Déc 2010, 23:50

Première condamnation pour outrage au drapeau français

Un ressortissant algérien qui, sous le coup de la colère, avait brisé la hampe d'un drapeau français de la préfecture des Alpes-Maritimes, a été condamné mercredi à 750 euros d'amende avec sursis pour outrage au drapeau tricolore, première condamnation du genre.

Depuis un décret de juillet, l'outrage au drapeau est passible d'une amende dite de "cinquième catégorie", pouvant aller jusqu'à 1.500 euros.

C'est la première fois qu'un tribunal prononce une condamnation sur la base de ce texte, a précisé mercredi le ministère de la justice.

Le tribunal correctionnel de Nice a par ailleurs condamné cet homme à quatre mois de prison avec sursis pour rébellion ainsi qu'à l'obligation de suivre un "stage de citoyenneté".

Mardi matin, Abderramane Saïdi, 26 ans, exaspéré des lourdeurs et lenteurs de l'administration, s'est emparé du drapeau français qui se trouvait dans le hall de la préfecture, a cassé le manche en deux et en a jeté les deux morceaux vers la fonctionnaire qui se trouvait derrière le guichet, sans l'atteindre.

Il a été difficilement maîtrisé par deux policiers, auxquels il a tenté de porter des coups.

Son avocat Frédéric Rossler a indiqué à l'audience que son client avait "pété les plombs" en raison de la dégradation spectaculaire, depuis quelques mois, du climat à la préfecture des Alpes-Maritimes, où le stress, les retards, et les heurts, a-t-il dit, sont monnaie courante.

Le jeune homme devra participer à ses frais au stage de citoyenneté, qui est ouvert aux étrangers.

La préfecture avait déposé plainte pour "dégradation de biens publics, détérioration d'un symbole de la République française et outrage au drapeau tricolore".

Les policiers avaient également porté plainte ainsi que la fonctionnaire.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 25 Déc 2010, 17:45

L'Umir, force anti-émeutes inédite, inaugurée par Hortefeux à Grenoble

De Estelle EMONET (AFP) –

GRENOBLE — Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a inauguré jeudi une force de police et de gendarmerie inédite en France pour contrer les émeutes urbaines, l'Unité mixte d'intervention rapide (Umir), à Grenoble, transformé selon lui en "laboratoire" sécuritaire.

Par ailleurs, le ministre a annoncé qu'il allait porter plainte contre le site paris.indymedia.org <http://paris.indymedia.org>, accusé par les syndicats d'être "antiflics" avec sa publication de photos de policiers en civil permettant de les identifier.

"Ces procédés sont totalement inacceptables et irresponsables. Les propos tenus sur ce site sont injurieux et indignes et il n'était pas question de laisser faire", a ajouté le ministre, dont le dépôt de plainte pourrait avoir lieu dès la semaine prochaine.

Des photos de policiers en civil ainsi que des films ont été publiés sur ce site qui, en utilisant notamment leurs pages Facebook, permet de les identifier. Le site avait provoqué la colère des syndicats de police qui réclamaient une action du ministre de l'Intérieur.

En visite sur le site d'entraînement de l'Umir, une base désaffectée de l'armée dans la banlieue grenobloise, Brice Hortefeux a déclaré aux membres de cette unité: "vous êtes en quelque sorte un laboratoire. C'est la première, ça n'a jamais été fait ailleurs".

"Si à l'usage vous avez de bons résultats, ce dont je ne doute pas, cela sera très vraisemblablement étendu à d'autres collectivités", a ajouté le ministre de l'Intérieur, sans préciser les villes concernées par ce projet.

Cette unité de 38 personnes (BIEN 38), qui rassemble "pour la première fois" sous un même commandement des policiers et des gendarmes, est composée de six policiers en civil de la BAC, quinze policiers en tenue de la compagnie d'intervention, d'une équipe cynophile et de quinze gendarmes, a détaillé le ministre.

Elle pourra être "immédiatement déployée notamment pour enrayer des phénomènes de violence qui peuvent embraser un quartier comme on l'a vu cet été", a précisé le ministre.

A la mi-juillet, plusieurs dizaines de jeunes avaient brûlé des voitures et affronté les forces de l'ordre après le décès d'un jeune du quartier grenoblois de la Villeneuve, mort lors d'un échange de tirs avec la police consécutif au braquage d'un casino. Des policiers avaient été visés par des tirs à balles réelles, sans que leurs auteurs n'aient été à ce jour interpellés.

L'Umir a simulé jeudi matin devant le ministre les interventions pour lesquelles ils s'entraînent depuis plusieurs semaines, de la protection de pompiers pris à partie en éteignant un feu de voiture au contrôle d'identité qui tourne mal.

"Pour lutter plus efficacement contre des délinquants qui sont naturellement très mobiles, et qui une fois la vague de délinquance commise reviennent se planquer dans les quartiers, nous devons nous adapter à la géographie criminelle", a déclaré M. Hortefeux lors d'une conférence de presse.

"L'unité, qui a vocation à intervenir en moins d'une heure, se veut très réactive", a expliqué le policier en charge du commandement, Guillaume Josserand.

Cette unité départementale "répond concrètement à un manque", selon Daniel Chomette, secrétaire départemental du SGP-FO, qui permettra de "ne pas attendre qu'un quartier s'enflamme pour intervenir".

"Une nouvelle fois Grenoble est +ville pilote+ en matière de sécurité", s'est également réjoui le syndicat Alliance, voyant dans l'Umir "un renfort appréciable aux unités territoriales".

"Tout moyen supplémentaire est le bienvenu. Je le demande depuis longtemps, je suis pour davantage de police de terrain", a de son côté déclaré le maire de Grenoble Michel Destot.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 26 Déc 2010, 19:38

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté critique les centre éducatifs fermés (19.12.2010)

Au moment où la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) connaît une nouvelle baisse de crédits et de postes dans la loi de finances 2011, et tandis que la PJJ cesse désormais de prendre en charge les mineurs en danger et les jeunes majeurs pour se centrer sur les seuls mineurs délinquants, le Contrôle général des lieux de privation de liberté a visité quatre centres éducatifs fermés (CEF) en 2009. Son rapport rendu le 1er décembre émet une série de critiques importantes.
1. Ce sont des enfants toujours en difficultés, graves et cumulées, qui sont confiés par l’autorité judiciaire à ces centres. La loi fait obligation aux CEF d’assurer un « suivi éducatif ». Or une part du personnel est notamment constituée d’éducateurs « faisant fonction », parfois sans compétences particulières, peu ou pas formés à l’encadrement des mineurs.
2. Les textes applicables prévoient que doit exister un "document individuel de prise en charge" qui organise le temps éducatif, en fixant des objectifs individualisés propres à conférer un sens au séjour de l’enfant dans l’institution. Or (…) l’utilisation d’un tel document est très inégale. (…) En outre, certains CEF sont dépourvus de projet de service. Il est paradoxal de demander à des adultes privés d’objectifs communs d’être cohérents à l’égard de mineurs dont l’histoire souvent chaotique les prive de tout repère utile. L’absence de ce projet énonçant des valeurs, des méthodes et une finalité commune a pour effet de décrédibiliser les adultes et d’insécuriser les mineurs. (…)
3. Les contrôleurs ont constaté dans des CEF le recours abusif, voire usuel, aux moyens de contrainte physique, laquelle est parfois érigée, dans les équipes les moins qualifiées, au rang de pratique éducative. De manière générale, de grandes incertitudes existent dans la manière de définir la discipline et les moyens de la faire respecter. (…)
4. Enfin, il existe de grandes variations selon les CEF dans le domaine de la prise en charge des soins somatiques des mineurs, du soin psychiatrique ou de l’assistance psychologique aux enfants, enfin, de leur éducation à la santé. (…)

Lire la recommandation du Contrôle général des lieux de privation de liberté. (.pdf)
A propos de la crise institutionnelle que traverse la PJJ du fait du recentrage sur la seule délinquance, quelques publications :
Elisabeth DUGUE, La transmission des savoirs professionnels à la Protection Judiciaire de la Jeunesse (2007).
Véronique FREUND, Le métier d'éducateur de la PJJ (La Découverte, 2010).
Voir aussi les articles de Gaël Cogné dans ''Libération'' et Alain Salles dans ''Le Monde'' le 5 novembre 2009.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 29 Déc 2010, 17:04

Les ayants droit durement touchés par une contre attaque de hackers Ecrit le 20 septembre 2010 par Fabrice Epelboin

Faire de la prospective est une chose, voir se réaliser ses pires prédictions en est une autre : trois mois à peine après que nous ayons de façon très explicite prévenu les ayants droits, lors d’une réunion à l’assemblée nationale, des dangers d’une course aux armements, voici que ces même ayants droits essuient, et ce n’est qu’un début, une attaque sans merci. Celle-ci aura le mérite de mettre les choses au clair pour ce qui est de jauger du rapport de force entre ayants droit et internautes.

La ligne jaune a été franchie par AiPlex Software, une entreprise travaillant pour les ayants droits, et qui a adopté des méthodes particulièrement agressives, allant jusqu’à faire des attaques informatiques DDOS sur les sites ‘pirate’.

Lancée sur 4chan, par les célèbres Anonymous, la contre attaque s’est opérée sur le même mode que la guerre qu’avait livré 4chan à la Scientologie : distribution d’armes à la population civile (en l’occurrence un utilitaire appelé LOIC, très simple d’emploi, permettant d’attaquer un site), et parfaite coordination, afin d’attaquer un site précis à une heure donnée. Un nombre «très impressionnant» (selon nos informateurs) de personnes se sont joints à l’attaque, provocant la disparition pure et simple de la présence internet des sites web visés.

Ce n’est pas la première contre attaque de ce type, l’année dernière, l’opération Baylout avait visé le cabinet d’avocats défendant les intérêts de plusieurs studios Hollywoodiens. Téléphone, fax, internet : durant près de deux semaines, l’entreprise s’est ainsi retrouvée paralysée.

Bigger, better, stronger

Mais cette fois-ci, l’opération de ces derniers jours contre la RIAA, la MPAA et AiPlex, les équivalents américains de la SCPP, de la IFPI ou de sociétés comme TMG ou Vedicis qui préparent, en Europe, l’instauration de la surveillance généralisée des populations, sont d’une ampleur sans précédent.

Nos contacts au sein du milieu des hackers sont eux même étonnés de l’ampleur pris par la contre attaque, mais s’inquiètent particulièrement du coté intransigeant de ceux qui sont derrière ces attaques.

«Avec ce groupe, issu de ‘grey hats’, il n’y a pas de discussion possible, on est monté d’un cran». «Ces attaques sont sans précédent, rien à voir avec l’opération Baylout de l’année dernière, le nombre de personnes qui ont participé est sans précédent».

Resistance is futile

En distribuant massivement des armes à la population, la stratégie a consisté à faire entrer dans la bataille des internautes issus «d’une quarantaine de pays différents». Il ne s’agit ni plus ni moins de lever une armée, et les anonymous ont prouvé qu’ils étaient en mesure de le faire au delà de tout ce que l’on avait pu imaginer jusqu’ici.

Ce type d’action, que TorrentFreak n’hésite pas à qualifier de «manifestation du futur» est d’une efficacité redoutable. Il n’existe pas pour l’instant de parade. Seul quelques très rares sociétés de sécurité sont en mesure de proposer des hébergement susceptibles de résister à ce telles attaques, faisant exploser au passage les coûts de l’hébergement, ce qui ne résout, au final, qu’une partie du problème, la mise à mort des sites web des ayants droits n’étant que la partie visible des dégâts infligés.

All your base are belong to us

A l’origine de l’attaque, les Anonymous, ce groupe constitué d’inconnus qui se retrouve sur le célèbre 4chan. Informelle, mouvante et très disciplinée, les troupes de volontaires qui se sont joint, cette fois-ci, aux attaques, sont d’une ampleur sans précédent. Parfois comique, comme quand les attaques consistent à télécharger en masse du porno sur Youtube, parfois engagés comme dans le cas de la lutte à mort des Anonymous contre la scientologie ou les attaques qui ont fait suite à la censure de l’internet par le gouvernement Australien, la dernière bataille contre les ayants droits a recueilli dans le grand public une adhésion incroyable.

La meute de volontaires qui se sont joints a l’attaque a fait toute la différence, et a montré aux ayants droit la formidable capacité à lever une armée qu’ont désormais les adversaires des ayatollahs du copyright.

Le déroulé des attaques ne laisse aucune doute, il ne s’agit plus désormais de coup de semonces, mais bien du déclenchement d’une véritable guerre mondiale d’un nouveau genre, dans laquelle des civils prennent les armes contre des sociétés privés. Il y a toutes les chances pour que le terrain des opérations se déplace tôt ou tard dans des terres où les ayatollahs du copyright sont sur le point de prendre le pouvoir et d’imposer leur vision de l’internet : la France.

Interrogé sur les cibles potentielles dans le cas d’une francisation du conflit, les contacts que nous avons interrogés dans les milieux du hacking Français sont catégoriques : «la cible, en France, sera les industriel des contenus, tel que Vivendi et SFR, Orange, ou encore TF1». Au delà de leurs sites, ce sont les infrasctructures qui pourraient être visées, pouvant aller jusqu’à paralyser certains fournisseurs d’accès à internet.

En cas de mise en place de Deep Packet Inspection sur le réseau internet Français, nos contacts nous confirment que «il sera très aisé de viser les équipements en coeur de réseau afin de leur porter des coups très durs».

Alea Jacta Est

Reste à voir si les ayants droits vont continuer la course aux armements qu’ils ont, de leur propre chef, entamé, et si l’Etat va enfin réaliser qu’un tel conflit peut dégénérer au point de porter atteinte à la sécurité nationale à avoir des conséquences économiques sérieuses.

Il sera également intéressant de voir si le symbole de ce conflit ouvert entre ‘pirates’ et ayants droits en France, l’Hadopi, va entendre le message et se repositionner dans une attitude plus ouverte, quitte à laisser adoucir voir abandonner discrètement le volet répressif qui, face à l’armée désormais constituée contre les ayatollah du copyright, fait doucement rigoler.

Le prochain mouvement du coté des ayants droits sera vraisemblablement de requalifier les faits en terrorisme, mais à l’heure des déportations, cela pourrait être perçu, surtout si cela vient d’un parti qui se réclame encore du Gaullisme, comme un compliment.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 30 Déc 2010, 09:55

Sécurité aérienne: polémique en Allemagne sur la classification des passagers 29/12/2010 À 10H32 (MISE À JOUR À 11H49) Source AFP

La proposition du directeur de l'association des aéroports allemands de classer les passagers selon leur origine ou leur religion a provoqué l'indignation de la ministre de la Justice.

Cataloguer les passagers dans les aéroports pour mieux déterminer leur potentiel de danger serait une «discrimination», illégale en Europe, a estimé mercredi la ministre allemande de la Justice.

Une telle proposition, avancée par le prochain directeur de l'association des aéroports allemands, Christoph Blume, reviendrait «à stigmatiser les passagers si on les classe systématiquement en fonction de leur origine ou de leur religion», a affirmé Sabine Leutheusser-Schnarrenberger au quotidien Frankfurter Rundschau. Et ce serait une infraction aux lois antidiscriminatoires de l'Allemagne et de l'Union européenne, a-t-elle ajouté.

Christoph Blume, qui dirige actuellement l'aéroport de Düsseldorf, dans l'ouest du pays, avait suggéré dans une interview parue mardi que les procédures de contrôle à l'embarquement dans les aéroports pourraient être accélérées et améliorées si les passagers étaient catalogués selon le risque potentiel qu'ils présentent.

L'Allemagne devrait envisager la mise en place de mesures similaires à celles appliquées en Israël où les passagers sont classés selon des facteurs de risque, avait estimé Christoph Blume.

Origine et la nationalité des passagers

Les consignes de sécurité suivies par Israël, sont basées notamment sur l'origine et la nationalité des passagers, les voyageurs arabes ou musulmans étant considérés comme présentant des risques plus élevés.

«Les passagers qui prennent régulièrement les mêmes vols ou pour qui il existe suffisament de données ne sont pas autant contrôlés que ceux pour lesquels il existe peu ou pas de données», avait proposé Christoph Blume.

Mme Leutheusser-Schnarrenberger, du parti libéral (FDP), s'est également prononcée contre la collecte massive de données sur les passagers, y compris leurs voyages et méthodes de paiement.

«Je suis généralement pour une collecte moindre de données en Allemagne. C'est le meilleur moyen d'éviter que ces données soient mal utilisées», a déclaré la ministre dont le pays est particulièrement sensible au risque de fichage policier pratiqué par les anciens régimes nazi et communiste.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 30 Déc 2010, 19:00

Nota : La RGPP impose à la DCI de revoir le périmètre de ses missions pour ne s'en tenir qu'aux indispensables présences (ce qui permettra à des compagnie de sécurité privée de reprendre le relais sur un marché très juteux et somme toute beaucoup moins risqué que le combat, en plus de permettre de se faire une expérience car actuellement il n'y a aucun mercernaire français qui est capabable de diriger une compagnie).

La France vend son savoir-faire à l'étranger 27/12/2010

La Direction de la coopération internationale compte pas moins de 93 bureaux dans le monde.

Discrets et d'un profil un peu particulier, ces globe-trotteurs sont la vitrine mondiale du savoir-faire français en matière de sécurité intérieure. Polyglottes, titulaires d'une carte tricolore et d'un statut diplomatique, ceux que l'on appelle les «attachés de sécurité intérieure» sont déployés dans 93 bureaux couvrant 156 pays à travers le monde. Seule une poignée de contrées comme le Groenland, la Mongolie ou encore l'Iran leur échappe. Le dernier poste ouvert a été celui de Bagdad, il y a deux mois. Membres de la nouvelle Direction de la coopération internationale (DCI), créée le 1er septembre dernier et dont le QG est installé à Nanterre, ils forment le premier réseau mondial de coopération policière. Un réseau patiemment bâti en une cinquantaine d'années par des policiers et des gendarmes qui, il y a encore peu, ne parlaient jamais d'une voix sur la scène internationale.
Cette structure remaniée a ouvert ses coulisses au Figaro. Épaulés par une soixantaine d'officiers de liaison et des coopérants de la défense, ces enquêteurs sans frontières, conseillers des ambassadeurs, ont trois priorités : le terrorisme, la criminalité organisée et l'immigration irrégulière.

«Nos agents sont des capteurs d'informations et des facilitateurs pour les services français en mission à l'étranger, résume Émile Pérez, directeur de la coopération internationale, secondé par un gendarme de haut rang, le général de division Jean-Pierre Moulinié. Leur connaissance très fine des systèmes politiques et judiciaires locaux permet de ne pas faire d'impairs. Une requête bien ficelée peut faire gagner des semaines, ce qui est précieux pour les affaires criminelles.»
En 2009, les agents des Services de sécurité intérieure (SSI) ont accompagné l'exécution de quelque 570 commissions rogatoires internationales sur tous les continents. Près de 40 % d'entre elles visaient des gangs internationaux, des trafics de drogue ou des filières
terroristes. «Nous aidons aussi nos collègues à dépasser la barrière de la langue et à les mettre en lien direct avec les policiers locaux, que
nous avons su apprivoiser et respecter comme l'a fait le Petit Prince avec le renard», sourit Émile Pérez.

En pointe dans la lutte contre l'immigration illégale vers la France, la DCI, présente dans les aéroports au côté des polices locales aux frontières, a permis de refuser l'embarquement à 11 600 candidats clandestins à l'exil, l'année dernière - soit une explosion de 46 % par rapport à 2008 ! - et de saisir 4 580 faux papiers ou passeports (+ 30 %). «Cela évite de voir ces personnes, qui sont avant tout des victimes de réseaux tentaculaires, interpellées à leur arrivée à Roissy ou à Orly, puis contraintes d'être expulsées aux frais du contribuable», confie-t-on à la DCI. La vigilance lors des contrôles a été renforcée, en particulier avec l'accord des pays d'Afrique de l'Ouest, mais aussi l'Égypte, la Turquie et la Chine. Aujourd'hui, ces missi dominici du ministère de l'Intérieur sont au carrefour de toutes les affaires. Ils ont traité 27 000 requêtes en 2009, émanant des services français aussi bien qu'étrangers. Diverses, elles concernent tant l'implantation de la mafia géorgienne que la formation de ser vices spéciaux africains ou un voyou en cavale. Ainsi, 200 malfrats dangereux, inscrits au fichier des personnes recherchées, ont été interceptés en une seule année grâce aux signalements des SSI.

VRP de luxe

Soucieuse d'affiner un «réseautage» affiché sans complexe, la DCI a signé 1 609 accords de coopération technique avec les polices étrangères. Parmi eux figurent la formation par les CRS et les gendarmes mobiles des unités sud-africaines de maintien de l'ordre pendant la Coupe du monde de football : après les avoir formés, l'attaché de sécurité leur a aussi conseillé d'acheter les équipements français qui
convenaient. Un contrat de plusieurs millions d'euros a été passé dans la foulée. Car, outre protéger les ambassades et conseiller les grandes entreprises qui veulent s'implanter dans les zones à risques, ces agents très spéciaux se transforment au besoin en VRP de luxe à la conquête de nouveaux marchés.

D'année en année, l'influence mondiale de la DCI ne se dément pas. Son discret travail de lobbying n'est d'ailleurs pas étranger à l'élection
récente à Doha de Mireille Ballestrazzi comme présidente adjointe d'Interpol, en charge du pôle Europe. Une nomination qui marque le retour de la France au sein du comité exécutif de l'organisation internationale.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 31 Déc 2010, 13:55

Fichier des cartes grises : les automobilistes ont le droit de s’opposer à la revente de leurs données personnelles 15 décembre 2010

A la suite de la publication d’un article du Parisien / Aujourd’hui en France intitulé "l’Etat peut vendre les fichiers personnels de carte grise", la CNIL rappelle les garanties qui ont été prises lorsqu’elle a autorisé l’utilisation commerciale des données issues des cartes grises. Conformément à la loi "informatique et libertés", les automobilistes sont informés de cette revente et en mesure de s’y opposer. La CNIL a pris connaissance de l’article du 14 décembre 2010 du Parisien /Aujourd’hui en France selon lequel "l’État a désormais la possibilité de vendre à des sociétés privées des données personnelles sur ses citoyens. Une loi votée discrètement il y a quelques mois permet en effet à l’administration de céder les informations fournies par les automobilistes lors de leur demande de carte grise en préfecture".

Rappelons que la CNIL n’a, évidemment, pas pour vocation de commenter, et encore moins de remettre en cause les lois votées par le Parlement. En revanche, comme la loi "informatique et libertés" le prévoit, elle a pour mission essentielle de garantir les droits des citoyens.

C’est bien ce à quoi elle s’est employée dans le cas du fichier des cartes grises. En effet, lors de contrôles menés, en 2006, la Commission avait constaté que les personnes n’étaient pas suffisamment informées de la revente de leurs données et donc de leur droit d’opposition. Sur son injonction, le formulaire de demande de certificat d’immatriculation contient une case à cocher permettant aux automobilistes de s’opposer à ce que leurs données puissent être réutilisées à des fins de prospection commerciale.

Cette possibilité doit également être offerte à l’acquéreur d’un véhicule lorsque l’immatriculation est effectuée directement par le vendeur (garagiste, concessionnaire).

Signalons enfin que c’est depuis un arrêté de 1983 confiant la mise en œuvre du fichier central des automobiles à l’Association Auxiliaire de l’Automobile (l’AAA), des sociétés privées du secteur automobile peuvent acquérir des données relatives aux automobilistes.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 01 Jan 2011, 06:18

Secours rouge - 30 déc 2010
UE/Suède: Programme policier transnational

Le projet d’étude GODIAC a été lancé depuis le 1er août 2010 jusqu'au 31 juillet 2013. Il est financé à 70 % par la Prévention et la lutte contre le crime du Programme général 2007-2013 de l’UE. C’est la direction de la police suédoise qui pilote le projet et contribue pour 30 % du budget total du projet de 1.200.000 euros. 20 organisations associées dans 11 pays participent à ce projet. Celles-ci consistent en 12 organisations de police.

"Les objectifs du projet sont de contribuer au développement d’une approche européenne au maintien de l’ordre dans des manifestations politiques, apprendre comment la recherche de principes, particulièrement la communication et le dialogue, peuvent être pour faire baisser et empêcher des perturbations dans le maintien de l’ordre lors des manifestations politiques en Europe, et améliorer la connaissance sur des manifestants et les activistes, leur idéologie, leur mobilité et leurs stratégies. Le projet développera la coopération et des réseaux entre des praticiens, des chercheurs et des instructeurs des pays associés et améliorera l’utilisation de recherche, la connaissance basée dans des opérations de police."
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 01 Jan 2011, 19:40

Un code-barre pour identifier les embryons mercredi 8 décembre 2010, par Hervé Le Crosnier

L'ordre des choses et l'ingénierie du vivant

Le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé vient de publier un rapport sur les recherches portant sur les cellules souches [1]. Cela occupe largement les médias. On trouve dans ce texte des rappels importants sur les règles éthiques qui peuvent être transposées dans des lois afin de permettre aux sociétés de conduire des politiques scientifiques en adéquation avec les conceptions partagées de ce que signifie l’être humain. Certes, des différences, voire des divergences existent, et ce débat sur les « cellules souches » est aussi, en sens inverse, une façon pour les chercheurs en bio-médecine de faire évoluer les normes éthiques, ce qui conduit à une meilleure compréhension des activités humaines mettant en jeu les notions de vie et de personne.

C’est un processus dialectique entre la recherche et la société qui prend du temps, mais qui permet d’éviter que des travaux en science ou ingénierie du vivant ne poussent à des transformations de notre conception même de l’humanité sans que les sociétés ne puissent dire leur mot, avec toutes les contradictions et les opinions qui forment les approches du monde. Or certaines recherches en ingénierie de la reproduction humaine me semblent imposer des changements radicaux sans que l’on prenne le temps de réfléchir aux conséquences. Ainsi en va-t-il d’une recherche publiée le 18 novembre, qui n’a, à mon sens, pas recueilli toute l’attention nécessaire : des chercheurs catalans ont implanté des codes-barre à l’intérieur des cellules d’embryons de souris et s’apprêtent à reproduire l’expérience sur des embryons humains [2].

L’ordre des choses et l’ingénierie du vivant

De toutes les règles qui semblent partagées par les différentes approches du débat éthique autour de l’embryon, il en est une qui parait commune : l’embryon n’est pas une « chose » comme les autres. En termes éthiques : « éviter toute réification de l’embryon » :

« Il serait tout aussi excessif de considérer l’embryon en phase pré-implantatoire comme un simple amas de cellules d’origine humaine que de le sacraliser en tant que personne humaine en puissance. La notion de “processus embryonnaire en cours” témoignerait peut-être de l’énigme qui entoure la nature exacte de l’embryon aux premiers stades de sa vie. Quoi qu’il en soit, et en raison même de cette énigme , le Comité affirme son attachement à l’idée selon laquelle l’embryon humain doit, dès sa formation, bénéficier du respect lié à sa qualité. » (Avis n° 67 du 18 janvier 2001 sur l’avant-projet de révision des lois de bioéthique).

Cette approche interdit par exemple la marchandisation de l’embryon. Elle interdit aussi les travaux sur des embryons qui ne seraient fabriqués qu’afin de servir d’objet de laboratoire. Une interdiction confirmée par la Convention d’Oviedo [3] : « La constitution d’embryons humains aux fins de recherche est interdite. »

On peut pour autant s’interroger sur la finalité de certaines recherches en ingénierie de la fécondation : ont-elles réellement des buts thérapeutiques, et ne nécessitent-elles pas la mise à disposition d’embryons humains à simple fins de recherche ? Un interrogation soulevée par exemple par la recherche mentionnée plus haut, menée à l’Université Autonome de Barcelone, et publiée le 18 novembre 2010 par le journal Human reproduction [4] ; il s’agit d’une recherche commune à des biologistes (département de biologie cellulaire, de physiologie et d’immunologie de l’UAB) et des chercheurs de l’institut de microélectronique de Barcelone, visant à implanter dans chaque cellule d’un embryon un dispositif en silicium pouvant faire office de « code-barre », selon les termes mêmes employés par les chercheurs dans le titre de leur article.

C’est l’Université Autonome elle-même qui assure la publicité de l’article en publiant une note sur son site web [5]. Une version grand public de la recherche qui sera très largement reprise dans les sites anglo-saxons (une recherche sur Google le 5 décembre 2010 permet de constater que les cinq premières pages sont occupées par des sites qui reprennent en l’état le communiqué de presse). Il y aurait beaucoup à dire sur cette nouvelle manière de valoriser les recherches par des communiqués de presse provenant des universités, mais aussi sur la servilité de ce web que l’on dit ouvert à toutes les plumes, mais qui pour l’essentiel ne prend pas le temps de l’analyse. En effet, tous ces sites ne font que reprendre le communiqué sans commenter, sans s’interroger, sans applaudir ni s’indigner... Une pauvreté de la critique scientifique [6] qui nous laisse désarmés.

La recherche autour de cette technique d’implantation a été menée sur des embryons de souris. L’équipe des biologistes a réalisé une micro-injection du code-barre en silicium mis au point par les électroniciens. Celui-ci est lisible sous microscope. Introduit dans l’espace périvitellin, qui est compris entre la zone pellucide et la membrane plasmatique de l’ovocyte, le dispositif doit disparaître une fois l’embryon implanté dans l’utérus... Ce que réussit l’expérience, à quelques exceptions près.

Un nouvel exploit de la technique biologique et microélectronique... Mais l’objectif de cette recherche mérite qu’on s’arrête un instant. À l’heure actuelle, les embryons récoltés ou congelés, sont identifiés sur les éprouvettes elle-mêmes. Les vérifications, par double contrôle humain, sont donc plus longues et minutieuses, les contenus étant régulièrement changés de récipients durant l’Assistance Médicale à la Procréation. Pour les auteurs de l’article, il s’agit d’accélérer et de sécuriser le processus, ce qui d’après le site du transhumaniste Raymond Kurzweil (un des seuls à ajouter de courtes remarques au texte de l’Université [7]) devrait permettre de meilleurs taux de succès des fécondations in vitro (FIV)...

Or nous ne pouvons être naïfs à ce point.

Ces changements dans la procédure de l’assistance médicale à la procréation ne sont pas seulement des « garanties » de suivi de l’embryon... Le terme même de code-barre utilisé par les chercheurs renvoie à la logique de « marchandise » qui menace toute la filière de la fécondation in-vitro. Accélérer les processus pour leur assurer une meilleure réussite serait effectivement un progrès... Mais pourquoi, au-delà des embryons destinés à la réimplantation immédiate, tester la méthode sur des embryons congelés ? Parce que congelés, ces derniers pourraient s’échanger entre cliniques, devenir matière première, certifiée directement dans l’embryon, et pas seulement sur l’emballage.

Nous n’en sommes qu’au stade de l’expérience sur les embryons de souris, mais la même équipe de chercheurs vient d’obtenir l’autorisation du ministère de la santé du gouvernement de la Catalogne pour passer à l’expérimentation humaine. Or, compte-tenu du projet, une telle recherche va-t-elle devoir outrepasser la règle éthique d’un usage des seuls embryons « surnuméraires », c’est-à-dire restants après une opération de fécondation à visée reproductive ? Les embryons seraient alors des « objets de laboratoire ». On peut aussi contester le fait que cette recherche corresponde à un objectif thérapeutique. Ce serait trop naïf de prendre pour argent comptant les déclarations portant sur l’amélioration du processus de la FIV... Les codes-barre induisent une tout autre approche que l’aide aux couples infertiles. Or ce sont justement ces dérives que cherche à éviter le Comité consultatif national d’éthique : « Traiter l’embryon humain seulement comme un moyen d’expérimentation, c’est prendre pratiquement parti sur son être en l’intégrant à l’ordre des choses. » Dans son Avis n° 8 relatif aux recherches et utilisation des embryons humains in vitro à des fins médicales et scientifiques, le CCNE indiquait : « On ne doit pas procéder, même avec le consentement des géniteurs, à des fécondations en vue de la recherche. Elles conduiraient à faire des embryons humains de simples moyens ou de purs objets. » (rapport CCNE n° 118, p. 52).

Ce pas supplémentaire vers la marchandisation des embryons, codés, estampillés, reconnus, héritant de tel ou tel trait génétique... est dans la pleine logique de ce qu’est en train de devenir la fécondation in-vitro.

La dérive des cliniques de la fertilité

Nous sommes en effet en train de passer d’une méthode permettant aux couples stériles d’avoir une descendance, à celle d’une FIV « choisie », destinée à éviter le hasard inhérent à la reproduction. Les cliniques spécialisées étasuniennes vantent leur approche tout azimut : « Nous sommes une clinique spécialisée dans les traitement de l’infertilité pour les hommes et pour les femmes. Nos services comprennent la fécondation in-vitro (FIV), la gestion du don d’œufs et d’ovocytes, le diagnostic génétique pré-implantatoire, la congélation d’embryons, la fécondation in vitro avec micro-injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde (ICSI), et le libre-choix du sexe (fille ou garçon) », annonce ainsi le Davis Fertility Center, Inc.

Nous entrons dans une période où les plus riches sur la planète vont avoir recours aux cliniques pour choisir les caractéristiques de leur descendance. On commence à parler de « bébé-design » (designer babies). Le diagnostic génétique pré-implantatoire est un test réalisé sur un embryon de 3 jours, alors qu’il dispose de six cellules. Il doit permettre de repérer des maladies génétiques graves avant l’implantation. Or l’accélération des traitements techniques, l’usage de l’informatique, les connaissances statistiques des liens entre les zones de l’ADN et les traits physiques (couleurs des yeux, des cheveux, taille,...) permettent l’usage du test bien au delà, notamment pour choisir le sexe, et bientôt d’autres caractères.

La sélection du sexe est autorisée aux États-Unis, et nombreuses sont les cliniques qui la proposent. Ainsi, une enquête de 2006 menée par le Johns Hopkins Hospital montre que près de la moitié des cliniques pratiquant le diagnostic rendent possible le choix du sexe. 3 % de ces cliniques accéderaient même à des demandes plus poussées des parents, par exemple pour que l’enfant d’un couple de sourds soit lui aussi atteint de cette infirmité, soi-disant afin de mieux partager la culture et les pratiques de ses parents. C’est tout un secteur que l’on peut difficilement appeler « médical » qui se développe autour des cliniques de la fertilité.

Une étude de 2007 menée par la New York University School of Medicine et publiée dans la revue « Journal of Genetic Counseling » voudrait distinguer les propositions commerciales des cliniques, souvent reprises par les journaux des attentes du public. Leur conclusion est plutôt optimiste : « Une grande majorité des personnes ayant répondu à notre enquête sont favorables à des test-génétiques complémentaires pour dépister des maladies, mais pas pour des améliorations. Il ne semble pas que l’heure des « bébé-design » soit proche » [8]. Pourtant, cet optimisme pourrait être contrebalancé par les conditions même de l’étude. Il s’agit de questionnaires posés à des patients du Programme de génétique humaine pour le conseil prénatal de l’Université de New-York, avant leur entretien. Or seules 45 % des personnes ont répondu. Ajoutons que l’on répond rarement à une enquête par des positions qui ne sont pas socialement acceptées. La moitié des 999 répondants refusent tout test génétique. Et malgré tout, s’ils ne sont pas majoritaires, 10 % des répondants accepteraient de faire des tests pour augmenter les compétences athlétiques ; 12,6 % pour obtenir une intelligence supérieure ; 10,4 % pour une haute taille et 9,2 % pour améliorer la longévité. Des chiffres que pour ma part je trouve non négligeables, d’autant qu’il faut les doubler pour les rapporter au nombre de répondants souhaitant des tests génétiques. On peut aussi en conclure qu’il existe bel et bien un réel « marché de niche » alimenté par les fantasmes d’une part non négligeable des personnes souhaitant des contrôles génétiques sur leur descendance. Et comme tout marché de niche, celui-ci est « poussé par la technologie ». Il se développera en fonction de l’offre émanant des cliniques, ce qui en spirale renforcera l’acceptabilité sociale de ce nouvel eugénisme...

Le choix de mener un certain type de recherches orientées vers cette figure d’un « homme augmenté » va accélérer cette spirale. Il existe des formes de collusion entre cette marchandisation de la reproduction sélective par les cliniques et les « recherches » sur les techniques reproductives et la génétique des populations humaines. Ainsi, cet article publié en 2007 dans le journal Nature genetics qui décrit une méthode pour déterminer une corrélation entre le génome et la couleur des cheveux, des yeux ou la pigmentation de la peau [9]. Le chercheur se veut propre sur lui : « Je m’oppose avec véhémence à ce que mes travaux soient utilisés pour produire des enfants sur mesure... » Pourtant, ce type de travaux inspire la clinique « The Fertility Institutes » qui annonce la possibilité prochaine de choisir la couleur des cheveux, des yeux... et plus encore ! [10] Le Docteur Steinberg, qui dirige cette clinique, déclare ainsi : « La sélection des traits est un service, et nous comptons l’offrir prochainement [11]. »

C’est aussi dans ce cadre que l’expérience des biologistes catalans prend tout son sens. Quand on aura réalisé de tels diagnostics pré-implantatoires sur des cellules embryonnaires contenant un code-barre, on pourra aisément ouvrir une banque de données indiquant les traits repérés derrière cet identifiant unique... congeler l’embryon, et l’utiliser « à la demande ».

Pourtant, tous ces chercheurs affirmeront avoir fait cela « pour la science », en toute « indépendance scientifique ». Ils auront reçu des financements et des autorisations. On peut même prévoir que les informaticiens qui écriront les algorithmes d’exploitation des banques de données à venir permettant de faire coïncider les désirs des parents, leur propre morphologie, et les caractéristiques des embryons disponibles sur le marché ne seront intéressés que par le challenge technique que cela représente.

Politique du fait accompli

Il est temps que les sociétés civiles s’interrogent sur les choix politiques des recherches qui sont engagées, sans laisser aux marchés, qui s’appuient sur les fantasmes morbides de quelques privilégiés, le soin de parasiter au nom de leurs intérêts immédiats, les réflexions éthiques et politiques sur les règles communes dont notre société a besoin.

Car une fois qu’une technique existe, qu’un marché de niche pour couples fortunés l’ancre dans la sphère économique, alors les dérives vont en s’accélérant, au point qu’il est parfois trop tard pour réfléchir. Le mythe des « bébés-design », même s’il y a encore loin de la coupe aux lèvres, en créant un nouveau marché pour le secteur des tests, mais aussi pour l’organisation d’un circuit économique de la procréation « augmentée » met en cause de nombreux considérants qui touchent au plus profond de notre conception anthropologique.

Un des symptômes de ce basculement en faveur d’une industrie du « bébé-design » peut se retrouver dans le choix fort peu innocent des jurés du Prix Nobel, qui ont accordé en 2010 le Prix de médecine et de physiologie à Robert G. Edwards. Celui-ci est le biologiste qui a permis la naissance de Louise Brown, première « bébé-éprouvette » en 1978. Cet exploit de l’ingénierie biologique a permis la naissance de 4 millions d’enfants pour des couples en demande depuis cette date. Cela mérite récompense, mais s’agit-il pour autant d’une découverte relevant de la charte des prix Nobel ? Nous savons que les prix Nobel ont souvent une claire dimension de politique scientifique. Et celui-ci, qui intervient au moment où toutes les sociétés débattent des questions éthiques concernant les recherches sur l’embryon et les cellules souches, vise certainement à valider les propos parfois provocateurs de Robert Edwards, son choix de mettre la « science » et notamment celle de la fécondation, en dehors du regard des sociétés et des normes juridiques et politiques. Dans un article d’orientation qu’il a publié en 1971 dans le journal Nature, il plaide pour le retrait de toute forme publique d’encadrement de la recherche, et conclut dans un grand élan scientiste : « Les scientifiques doivent aller au devant de l’opinion, faire du lobbying pour obtenir des lois et des règles, dans l’espoir que les attitudes majoritaires de la société, telles qu’elles se retrouvent dans les décisions légales, vont mûrir à un rythme qui ne serait pas trop en décalage avec la transition entre une recherche et ses applications techniques » [12].

Il existe un véritable dilemme pour le chercheur, entre suivre son propre choix et écouter les réticences sociales. La question devient de plus en plus pressante au fur et à mesure que s’estompe la frontière entre la recherche fondamentale et les applications, et plus encore dans les sciences de la vie, quand les enjeux finissent par porter sur la définition même de l’humain. Mais la religion scientiste ne saurait être une solution.

Si aujourd’hui le professeur Edwards est trop malade pour même se rendre compte qu’il a reçu le Prix Nobel [13], il déclarait en 1999 : « Bientôt, ce sera un péché des parents que d’avoir un enfant qui porte le lourd fardeau des maladies génétiques. Nous entrons dans un monde où nous devons prendre en compte la qualité de nos enfants [14]. » Or nous savons tous, socialement, dans quel délire collectif peut nous mener une telle conception eugénique du monde. Et c’est inquiétant que l’Académie Nobel puisse envoyer un tel message au moment même où les tenants du « bébé-design » et les marchands de la procréation non plus assistée mais clairement « contrôlée » tiennent le haut du pavé.

Détail intéressant, l’article des chercheurs catalans sur les codes-barre des embryons a été publié dans Human Reproduction, un des journaux les plus renommés dans son domaine, et créé par… Robert Edwards.

Notes

[1] « Avis n°112, Une réflexion éthique sur la recherche sur les cellules d’origine embryonnaire humaine, et la recherche sur l’embryon humain in vitro » (PDF), Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé. Avis n° 112.

[2] Merci à Dorothée Benoît-Browaeys de l’Association Vivagora de m’avoir signalé ces travaux. La vigilance associative sur les sciences et ingénieries du vivant est centrale dans la situation actuelle.

[3] « Convention pour la protection des Droits de l’Homme et de la dignité de l’être humain à l’égard des applications de la biologie et de la médecine : Convention sur les Droits de l’Homme et la biomédecine », Oviedo, 18 novembre 2010.

[4] « A novel embryo identification system by direct tagging of mouse embryos using silicon-based barcodes », Sergi Novo, Leonardo Barrios, Josep Santaló, Rodrigo Gómez-Martínez, Marta Duch, Jaume Esteve, José Antonio Plaza, Carme Nogués and Elena Ibáñez, Human Reproduction, décembre 2010.

[5] « Researchers insert identification codes into mouse embryos », Université Autonome de Barcelone, 19 novembre 2010.

[6] Le terme « critique scientifique » proposé par Jean-Marc Levy-Leblond et repris par Jacques Testart me semble fort intéressant : « Comme le critique d’art ou le critique littéraire, le critique de science, qui n’est absolument pas un ennemi des sciences, s’autorise à porter des jugements plutôt qu’applaudir religieusement toutes les productions de laboratoire. »

[7] « Scientists attach barcodes to mouse embryos — human ones coming soon », 26 novembre 2010.

[8] « Consumers’ Desire towards Current and Prospective Reproductive Genetic Testing », Feighanne Hathaway, Esther Burns and Harry Ostrer, Journal of Genetic Counseling Volume 18, n° 2, 137-146.

[9] « Genetic determinants of hair, eye and skin pigmentation in Europeans », Nature Genetics 39, 1443 - 1452 (2007).

[10] Remarque : le site ne permet plus d’atteindre le texte même de cette annonce... mais le moteur de recherche interne du site propose néanmoins cette réponse, dont il ne reste plus que le titre : « Coming : select eye color, hair color and more - What’s New ».

[11] Citations reprises depuis un article qui m’a beaucoup inspiré : « A Baby, Please. Blond, Freckles — Hold the Colic », Gautam Naik, The Wall Street Journal, 12 février 2009.

[12] « Social Values and Research in Human Embryology », Robert G. Edwards & David J. Sharpe, Nature 231, 87-91 (14 mai 1971).

[13] « Pioneer of in Vitro Fertilization Wins Nobel Prize », Nicholas Wade, The New York Times, 4 octobre 2010.

[14] « Science friction », The Guardian, 22 septembre 1999.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 02 Jan 2011, 13:07

Vidéosurveillance de voie publique Des coûts encore élevés et parfois obscurs

Lors de la dernière réunion de l’AN2V consacrée au coût de la vidéosurveillance, Jean-Louis Blanchou, du ministère de l’Intérieur, a appelé
de ses vœux une réduction des coûts d'installation des dispositifs de vidéosurveillance.

Lundi 6 décembre, dans la cadre de la dernière réunion de l'AN2V, Jean-Louis Blanchou, responsable du comité de pilotage pour le développement de la vidéoprotection au ministère de l'Intérieur et délégué interministériel à la sécurité privée, a ouvert les débats par une question que se posent certains des détracteurs de la vidéosurveillance : « Comment être certains que les deniers de l’Etat sont utilisés au mieux lorsqu’ils participent au financement d’une installation ? » Dans le cadre des fonctions qu’il occupe, il a pu constater qu’il ne dispose pas toujours des études d’objectifs qui devraient être réalisées par les collectivités locales afin de s’assurer du bon emploi des sommes investies et du dimensionnement correct de l’installation de vidéosurveillance. Cela peut expliquer que les coûts ne paraissent pas toujours tenus. Comme le remarque d’ailleurs la Cour des comptes lorsqu’elle étudie l’utilisation des crédits publics. Pour Jean-Louis Blanchou, il est impératif de savoir ce que l’on met précisément derrière les coûts de la vidéosurveillance. Quelle est la fourchette raisonnable pour une installation avec réseau de fibre optique ? A combien peuvent revenir des travaux de génie civil lors du déploiement de la solution de vidéosurveillance ? Il a donc appelé les fabricants, installateurs et intégrateurs présents à aider les pouvoirs publics dans leur démarche afin que ces derniers soient capables d’analyser les dossiers et de juger correctement si l’aspect financier a bien été pris en compte. « De nombreux dossiers que nous recevons, a-t-il souligné, sont renvoyés aux maître d’ouvrage car nous ne comprenons pas l’utilité de tel
ou tel choix technique et son coût. »

Des freins avant tout financiers

Pour Jean-Louis Blanchou, « les freins à la vidéo ne sont pas idéologiques mais avant tout financiers, puis technologiques ».
Autre constat du responsable du comité de pilotage pour le développement de la vidéoprotection : « Nous n’avons pas noté la baisse des prix à laquelle nous aurions pu nous attendre compte-tenu de l’accroissement du marché et de la fabrication en série des matériels. » Pourquoi ? Alors que comme il le souligne pour le cas des transports en commun, « les freins à la vidéo ne sont pas idéologiques mais avant tout financiers, puis technologiques ». Autre problème évoqué par Jean-Louis Blanchou : le coût des extractions des images pour la police. Ces demandes sont de plus en plus nombreuses. Elles se multiplient à grande vitesse : elles ont été multipliées par cinq en quatre ans dans les transports parisiens. Pour l’instant, leur coût est supporté par l’opérateur et la municipalité. Mais face à leur multiplication, ne faut-il
pas envisager un financement par l’Etat via l’enveloppe des frais de la Justice. Si cela devait arriver, il faudra « rationnaliser les demandes de la police » afin de gérer les budgets au mieux ainsi que les personnels.
Jean-Louis Blanchou a souligné ici que « les extractions prennent de plus en plus de temps. Elles atteignent dans certains CSU un équivalent temps plein ».
Toujours dans cette optique « financière », il « faut faire attention aux coûts de fonctionnement d’une installation et du CSU afin d’éviter que les caméras ne soient pas utilisées à cause de ces coûts ». Jean-Louis Blanchou a conclu son intervention en se penchant sur le problème des retours sur investissements qui pourraient permettre de faire sauter certains freins au recours à la vidéosurveillance. « Ces ROI sont difficilement quantifiables, mais si on interroge les élus, ces derniers reconnaissent que les caméras leur ont permis de retrouver une partie de leur investissement grâce à des réductions de primes d’assurances, à la diminution des patrouilles qui sont aussi mieux utilisées, à la réduction des dégradations du mobilier urbain…» On peut donc quantifier certaines des économies réalisées grâce aux caméras de vidéosurveillance mais, insiste Jean-Louis Blanchou, « on peut faire mieux et améliorer le processus » pour remonter des données. « Pour l'Etat, c'est un sujet important sur lequel nous sommes attendus par différents partenaires », a-t-il conclu.

760 projets financés en 2010. Plus en 2011 ?

En 2010, 760 projets de vidéosurveillance ont été financés par le comité de pilotage. Ces projets, selon Jean-Louis Blanchou, représenteraient environ 10 000 caméras pour un montant de 32 millions d'euros. Toujours selon lui, « en 2011, le comité de pilotage disposera d’à peu près la même somme ». Pourra-t-il financer plus de projets et de caméras ?
Nico37
 
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 03 Jan 2011, 22:33

Le FBI aurait fait placer des backdoors dans le code de BSD

Coup de tonnerre dans le monde de l’informatique et d’UNIX. Des révélations faites par un ancien responsable technique d’une société indiquent que le FBI aurait intégré dans le code du projet BSD un certain nombre de portes dérobées, permettant ainsi à ceux qui savaient les trouver comment espionner l’activité des serveurs. Historique d’une révélation fracassante.

L'homme du scandale

Gregory Perry était au début de la décennie le directeur technique de la société NETSEC. Cette dernière était impliquée dans le développement du projet BSD, duquel sont issues les célèbres déclinaisons FreeBSD, OpenBSD ou encore NetBSD. Plus exactement, NETSEC participait aux travaux sur la couche IPSec, qui apporte des mécanismes de sécurité au protocole IP. Or, cette même couche IPSec est aujourd’hui reprise dans d’autres systèmes d’exploitation.

Durant les années 2000 et 2001, le FBI aurait demandé à NETSEC d’intégrer dans la couche IPSec des portes dérobées. Gregory Perry avait accepté la mission, en signant au passage une clause de non-divulgation (NDA) d’une durée de dix ans. La période est terminée, et Gregory Perry a en conséquence envoyé un email à Theo de Raadt, créateur et chef des projets OpenBSD, OpenSSH, OpenNTPD et OpenBGPD.

Le passage important est celui-ci :

« Je voulais vous faire savoir que le FBI avait implémenté plusieurs portes dérobées et des mécanismes de fuites parallèles dans l’OCF, dans le but précis de surveiller le système de chiffrement VPN de site à site implémenté par l’EOUSA, l’organisation parente du FBI. Il s’agit probablement de la raison pour laquelle vous avez perdu le financement de la DARPA, car ils ont probablement eu vent de la présence de ces portes dérobées et ne voulaient pas créer de dérivés basés sur le même code. »

Theo de Raadt lance la chasse publiquement

L’arrêt du financement de la DARPA est intervenu en 2003. Cette année-là, Theo de Raadt avait désapprouvé publiquement l’occupation de l’Irak par les États-Unis. Cette aide se chiffrait en millions de dollars et avait déjà été versée. L’agence avait donc réclamé le remboursement de la somme. Le manque de clarté entourant la fin de cette subvention avait provoqué de nombreuses critiques, notamment en regard de la liberté d’expression. D’autant que la décision était intervenue juste avant le concours « hackaton ».

Cet email révélateur fut publié ensuite par Theo de Raadt dans la mailing list officielle d’OpenBSD, le rendant du même coup public.

« Nous présumons que plusieurs anciens développeurs (et les sociétés pour lesquelles ils ont travaillé) ont accepté de l’argent du gouvernement américain pour introduire des portes dérobées dans notre pile réseau. Puisque nous avions la première pile IPSec disponible gratuitement, de grandes parties du code se retrouvent maintenant dans bien d’autres projets et produits. En plus de dix ans, le code IPSec est passé au travers de bien des changements et corrections, et l’impact réel de ces allégations n’est donc pas clair à mesurer. »

De fait, si les révélations de Gregory Perry s’avèrent fondées, plusieurs conséquences négatives vont s’abattre. Premièrement, la réputation de sécurité des serveurs utilisant des variantes de BSD n’est plus à faire. Seulement voilà, si les développeurs trouvent les fameuses portes dérobées au sein du code, cela signifiera qu’elles seront restées indétectées pendant une décennie, et ce en dépit des multiples remaniements du code. Deuxièmement, il est difficile de déterminer combien d’autres produits ont repris la couche IPSec incriminée, mais ils sont potentiellement tous touchés par les backdoors.

La communauté OpenBSD est maintenant en pleine recherche, et on attend donc les résultats. Au final, peut-être que Gregory Perry aura été inspiré par l'aventure Wikileaks.

Rédigée par Vincent Hermann le mercredi 15 décembre 2010 à 17h21 (52613 lectures)
Source de l'Information : Phoronix


OpenBSD : la porte dérobée du FBI est restée close par : David Feugey le 27 décembre 2010 à 23:59

Le FBI aurait tenté de s’aménager une porte d’entrée au sein d’OpenBSD. Suite à cette annonce, un audit a été réalisé. Conclusion : aucune faille de sécurité ne semble aujourd’hui présente dans la pile IPSEC de l’OS.


La nouvelle a fait sensation mi-décembre : des portes dérobées auraient été installées dans la pile IPSEC d’OpenBSD, à la demande du FBI, qui souhaitait pouvoir accéder discrètement aux serveurs fonctionnant sous ce système d’exploitation. Une tuile de la taille d’un toit pour les développeurs de cet OS open source ultra sécurisé.

Malgré le scepticisme (finalement justifié) de Theo de Raadt, le fondateur du projet OpenBSD, un audit en profondeur du code incriminé a été réalisé. Il apparait aujourd’hui qu’aucune porte dérobée n’est présente.
Deux conclusions peuvent être tirées de ce constat : soit les développeurs mandatés par le FBI n’ont pas réussi à ajouter le code voulu, soit ce code a disparu au fil des versions. Notez que dans le second cas, l’une des remarques de Theo de Raadt reste parfaitement valable : il signalait ainsi que les personnes utilisant le code issu du projet OpenBSD dans leurs propres logiciels feraient bien d’en assurer un audit. En effet, les développeurs empruntant du code sous licence BSD ne prennent que rarement en compte toutes les mises à jour qui lui sont appliquées par la suite.
Notez enfin que cet audit à eu quelques effets inattendus. Il a permis ainsi de repérer plusieurs bogues (qui semblent sans rapport avec une éventuelle porte dérobée), lesquels pourront donc être corrigés. On n’est jamais trop prudent.
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