Veille des outils de répression

Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 06 Avr 2010, 21:59

Grande Bretagne : 10% des lycées vidéosurveillent leurs toilettes

Vladimir Poutine avait déclaré qu’il fallait “buter (les terroristes) jusque dans les chiottes“.

Au Royaume-Uni, un sondage effectué par un syndicat enseignant révèle que 85% des établissement scolaires seraient équipés de caméras de vidéosurveillance, aux abords des établissements, mais également dans les couloirs, dans de plus en plus de salles de classe, et, dans 10% des cas, jusque dans les toilettes…

Une étude révèle que, globalement, les élèves britanniques y sont tout aussi fréquemment vidéosurveillés que ne le sont les prisonniers.

A l’approche des Etats généraux de la sécurité à l’école, qui se dérouleront à la Sorbonne les 7 et 8 avril prochains, et alors que le gouvernement veut “développer beaucoup plus la vidéosurveillance dans les lycées et aux abords“, il n’est pas anodin de remarquer que, si 60% des lycées d’Ile de France sont équipés de systèmes de vidéosurveillance, dans le Val-de-Marne, les trois dernières agressions d’élèves ont eu lieu dans des lycées… équipés de caméras.

Après m’être penché sur les portiques de sécurité (La taca taca tac tac tiqu’ du portique…), avoir chroniqué les dommages collatéraux engendrés par le déploiement de policiers et d’agents de sécurité dans les écoles américaines (De l’école à la prison, un cycle infernal), il était intéressant de faire le point sur le déploiement de la vidéosurveillance dans les écoles britanniques, pionnières en la matière.

Afin de contribuer au débat, et de mesurer l’ampleur prise par le phénomène, j’ai proposé à Nicolas Kayser-Bril et à l’équipe d’Owni.fr, spécialiste du datajournalism (voir les projets), de réaliser une carte participative visant à recenser les lycées vidéosurveillés (ainsi que ceux qui disposent de bornes de contrôle biométriques), Lycees.eu, que vous êtes vivement invité à venir documenter, et améliorer : entrez le nom de votre (ex) lycée, “pour voir“…

Un projet inspiré de ProPublica, une fondation américaine qui finance des journalistes d’investigation parce que “d’intérêt public“, et en vertu du principe de subsidiarité du projet éditorial d’Owni : “Publish the best and Cover the rest /-)” (republie le meilleur, couvre le reste).



Grande Bretagne : 10% des lycées vidéosurveillent leurs toilettes
En janvier 2009, Jade White, 14 ans, décidait de ne plus retourner à l’école tant que celle-ci ne retirerait pas les caméras de vidéosurveillance installées, juste avant Noël, dans les toilettes des filles et des garçons.

Ses parents la soutenaient, arguant d’une “invasion dans sa vie privée” :

Cette école est pathétique. Ils n’ont pas besoin de mettre des caméras de vidéosurveilance dans les toilettes, et encore moins dans celles d’une école. Toute cette école ressemble à Big Brother. Il y a des caméras partout autour de l’école, à l’extérieur et dans les couloirs.

En réponse, les responsables de l’établissement expliquèrent que les caméras, orientées vers les lavabos, avaient été installées suite à des actes de vandalisme perpétrés par une minorité n’hésitant pas à chahuter dans les toilettes et à gaspiller du savon liquide et du papier toilettes, et que les images ne seraient consultées qu’en cas d’incident :

“Les cameras ont été installées pour le bien des élèves, et sont gérées en prenant avec la plus grande considération la sécurité des enfants.

Les parents attendent de nous que nous gérions les facteurs de risques avérés, et rien ne pourra nous en empêcher.”

Ce n’est pas la première fois que la présence de caméras de vidéosurveillance dans les toilettes des écoles, fait scandale au Royaume-Uni, et les annales de l’internet répertorient de nombreux autres cas, en 2007, 2006, 2005…


Ainsi, en février 2008, une établissement de Plymouth avait accepté de désactiver les caméras des toilettes des élèves après que plusieurs centaines d’entre-eux aient signé une pétition, et refusé de retourner aux WC.

En novembre 2009, la direction d’un lycée irlandais avait de même abdiqué, après deux jours de protestation des élèves et de leurs parents.

Début mars 2010, les élèves d’un lycée de Birmingham ont eux aussi découvert que des caméras avaient été intallées dans les toilettes des filles et des garçons, “pour des raisons d’hygiène et de sécurité“.

Des caméras dans les salles de classe
Historiquement, le premier établissement à avoir décidé d’installer des caméras de vidéosurveillance au sein même des salles de classe fut la King’s Academy de Middlesbrough, en 2003.

L’objectif affiché était de surveiller les comportements déviants des adolescents, de protéger l’équipement informatique, et d’aider les enseignants à démontrer leur innocence en cas de fausse accusation.


Dans cette école, les adolescents apprennent également que les musulmans ont tort, que l’homosexualité est un péché et que le monde a été créé en 7 jours. Mais c’est aussi l’un de ceux qui obtiennent les meilleurs résultats du pays…

Depuis, le nombre d’établissements scolaires équipés de systèmes de vidéosurveillance a explosé, et l’on estime que 3500 (un sur sept) utiliseraient également des détecteurs de métaux, cartes d’identité électroniques, ou systèmes biométriques (empreintes digitales, reconnaissances faciales ou de l’iris) afin de “faciliter” certaines opérations administratives telles que le prêt de livres à la bibliothèque ou bien l’accès à la cantine.


85% des écoles seraient vidéosurveillées
Si certains se targuent de bénéficier du soutien des enfant, de leurs parents, et des enseignants, d’autres ne réagissent pas aussi positivement.

En novembre 2009, la police avait ainsi confisqué des bandes de vidéosurveillance d’une école primaire qui avait filmé des enfants en train de se changer avant un cours d’éducation physique. Faute de vestiaire, ils se changaient dans leurs salles de classe, où sont installées des caméras qui ne sont jamais débranchées.

L’Information Commissioner, l’équivalent britannique de la CNIL, avait alors tenu à rappeler que la vidéosurveillance ne devrait être utilisée qu’en cas d’impérieuse nécessité, qu’elle devait respecter la loi, et qu’elles devaient bien évidemment être débranchées si d’aventure des enfants étaient amené à se déshabiller devant les caméras.

En août 2008, l’association des professeurs et maîtres de conférences (ATL), troisième syndicat enseignant britannique, rapportait que 85% des enseignants interrogés déclaraient que leurs établissements scolaires étaient équipés de systèmes de vidéosurveillance.

Plus de la moitié surveillaient, non seulement les abords de leurs établissements, mais également le comportement des élèves à l’intérieur des écoles, et près d’un quart des enseignants craignaient la présence de caméras cachées, d’autant que 10% précisaient qu’on en trouvait également dans les toilettes de leurs établissements.


De fait, quelques mois après, l’ATL découvrait qu’une caméra espion avait été cachée dans l’horloge de la salle des professeurs d’un établissement de Liverpool. La direction expliqua qu’elle avait été installée suite à un vol, et accepta de la retirer.

“Personne ne sait exactement à quoi sert la vidéosurveillance dans les écoles“, estime la secrétaire générale de l’ATL, et plus de la moitié des enseignants interrogés notent que cela n’avait guère modifié le comportement des élèves.

Si 61% estiment cela dit que cela pourrait avoir des conséquences positives, le sentiment général est qu’installer des caméras de vidéosurveillance dans les salles de classe releve d’une atteinte à la vie privée, et va à l’encontre de ce qu’est l’éducation : la vidéosurveillance “ne devrait pas être autorisée en classe, où l’on aurait dès lors constamment le sentiment d’être surveillé et jugé“.

Des caméras… et des micros, qui violent la loi
Chercheuse à l’université de Salford, au Royaume-Uni, Emmeline Taylor s’est intéressée à la surveillance dont font l’objet les élèves de 24 établissements scolaires du nord ouest du Royaume-Uni.

23 des établissement étudiés disposent de plus de 20 caméras de vidéosurveillance. Et 2 des 3 établissements ayant fait l’objet d’une étude approfondie en ont installé dans leurs toilettes.

Un autre en a également installé dans les salles de classe, et les couloirs, le système étant doté de micros. L’équipe éducative est quant à elle équipée d’oreillettes, afin de surveiller, à leur insu, ce dont se parlent les élèves.

Mais, déplore Emmeline Taylor dans le Daily Mail, “rien ou presque n’a été fait pour informer le public, à commencer par les parents, sur la façon qu’ont les écoles d’utiliser ces technologies de surveillance, y compris biométriques“.

Le Guardian souligne ainsi que “la plupart des écoles britanniques violent probablement la loi dans la mesure où elles ne préviennent par leurs élèves que des caméras de vidéosurveillance enregistrent leurs déplacements et conversations“.

“Les jeunes sont certainement la population non criminelle la plus surveillée”
Tout comme en France, il est interdit, au Royaume-Uni, d’installer des caméras sans le préciser à ceux qui sont ainsi surveillés (le fameux “Souriez, vous êtes filmés !“). Mais il est tout à fait légal de vidéosurveiller ou de ficher les empreintes digitales des enfants sans demander le consentement de leurs parents.

Ainsi, les établissements scolaires étudiés se contentent d’avertir la CNIL britannique qui, de son côté, se contente d’exiger que la surveillance se doit d’être “proportionnée au regard des finalités“.


Une formulation suffisamment vague, estime la chercheuse Emmeline Taylor, permettant aux établissements scolaires de devenir de véritables “bancs d’essais” des nouvelles technologies de surveillance.

Pour Taylor, les jeunes sont ainsi privés de leurs libertés les plus fondamentales, afin de les “habituer à accepter un niveau élevé de contrôle de leurs activités les plus banales, tel qu’emprunter un livre à la bibliothèque scolaire. Les jeunes sont certainement la population non criminelle la plus surveillée” :

Ces technologies ne protègent aucunement les jeunes; a contrario, elles les dépouillent de leur vie privée, minent leur confiance envers les autres en créant une atmosphère de suspicion, ce qui n’est pas tout à fait propice à ce que l’on escompte d’un environnement éducatif.

“Il y en a partout, c’est comme une prison”
Dans le Daily Telegraph, un jeune explique qu’”avec la vidéosurveillance, on a l’impression qu’on ne peut pas nous faire confiance. Dans mon école, il y en a partout, c’est comme une prison.“

Shami Chakrabarti, directrice de l’ONG britannique Liberty, se demande pour sa part comment les jeunes pourraient apprendre la notion de respect dès lors qu’ils doivent dans le même temps abandonner toute notion de vie privée, et de dignité, au nom de certaines convenances administratives :

Comment peut-on espérer pouvoir leur apprendre à bien se comporter si la base de cet enseignement repose sur la peur d’être pris ? Faire grandir nos enfants dans un régime de surveillance quasi-carcéral est quelque chose de consternant.

En surveillant les jeunes plus que de raison, avec ces caméras et ces ordinateurs, nous risquons fort de passer à côté de notre devoir, qui doit d’abord être de respecter, et protéger, nos enfants.


Pour Alex Deane, porte-parole de l’ONG britannique Big Brother Watch, “les écoles sont en train d’immuniser les élèves contre la surveillance” :

Au début, ils disent que les caméras ne sont pas activées, puis qu’elles se contentent de filmer les lavabos. Les élèves t leurs parents commencent alors à se faire à cette idée, et quand les caméras enregistreront des moments plus intimes, il n’y aura plus personne pour se plaindre.

Pour mémoire, le Gixel, groupement des industriels de l’électronique, avait ainsi expliqué, en 2004, dans un Livre non pas blanc mais bleu qui lui servait de “grand programme stratégique” que “la sécurité (étant) très souvent vécue dans nos sociétés démocratiques comme une atteinte aux libertés individuelles, il faut donc faire accepter par la population les technologies utilisées et parmi celles-ci la biométrie, la vidéosurveillance et les contrôles” :

Plusieurs méthodes devront être développées par les pouvoirs publics et les industriels pour faire accepter la biométrie. Elles devront être accompagnées d’un effort de convivialité par une reconnaissance de la personne et par l’apport de fonctionnalités attrayantes :

- Éducation dès l’école maternelle, les enfants utilisent cette technologie pour rentrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s’identifieront pour aller chercher les enfants.

- Introduction dans des biens de consommation, de confort ou des jeux : téléphone portable, ordinateur, voiture, domotique, jeux vidéo

- Développer les services « cardless » à la banque, au supermarché, dans les transports, pour l’accès Internet, …

Lauréat du prix Orwell de la Novlangue aux Big Brother Awards (BBA) 2004, le Gixel censura son Livre bleu, avant que les BBA ne le remettent en ligne.

Interrogé par un documentariste, le porte parole du Gixel assume totalement cette démarche, au motif qu’ils sont d’abord et avant tout des industriels, au service de la police, de la justice et de l’armée…:



Alex Türk, président de la Commission nationale de l’informatique et des libertés, se plaît à rappeler que “si vous croyez que le monde ressemblera un jour à celui de Big Brother, détrompez-vous… Vous êtes en plein dedans !” :

Lorsqu’on ne s’étonne plus du traçage, de la vidéosurveillance ou de la conservation des données, c’est justement le signal qu’on est entré dans un monde orwellien.

L’étude de Emmeline Taylor, “I Spy With My Little Eye: Exploring the Use of Surveillance and CCTV in Schools“, devrait être rendue publique en avril prochain, à l’occasion d’une conférence sur la société de surveillance globale“.

Images issues de l’enquête consacrée à la vidéosurveillance dans les lycées en Île-de-France, et de Students under surveillance, reportage de teachers.tv consacré, entre autres, à un établissement équipé de 100 caméras de vidéosurveillance (à raison de deux par salles de classe, sonorisées), à ces établissements qui identifient leurs élèves par leurs empreintes digitales, ainsi qu’à ces crêches qui permettent aux parents de vidéosurveiller leurs bébés pendant la journée.

Voir aussi : Lycees.eu, la carte de la vidéosurveillance et de la biométrie dans les lycées,
De l’école à la prison, un cycle infernal
La taca taca tac tac tiqu’ du portique…
Harry Potter et les présumés pédophiles
Scanners : terrorisme, sexe et démagogie
Vos photos sont-elles pédo-pornographiques ?
Un rapport prouve l’inefficacité de la vidéosurveillance


L'Office fédéral de la police veut utiliser des méthodes d'espion

L'Office fédéral de la police veut s'allouer davantage de compétences en matière de surveillance, de récolte d'informations et de contrôle. De nouvelles prérogatives qui suscitent de très vives critiques. Certains estiment en effet que l'avant-projet de loi fédérale sur les tâches de police de la Confédération empiète sur les droits fondamentaux des citoyens

Julian Pidoux - le 03 avril 2010, 21h05 Le Matin Dimanche

Les critiques fusent. Gouvernements cantonaux, partis et organisations non gouvernementales sont nombreux à émettre des doutes quant à certaines prérogatives d'information et de renseignement que l'Office fédéral de la police (FedPol) veut s'allouer. Elles figurent dans l'avant-projet de loi fédérale sur les tâches de police de la Confédération.

Ce sont notamment les méthodes liées à l'observation et la surveillance de citoyens qui sont dans la ligne de mire. Car telle qu'elle a été mise en consultation, la future loi permettrait à FedPol de secrètement filmer, d'écouter ou d'enregistrer des personnes dans des lieux publics.

Observer sans procédure pénale

C'est surtout le fait que ces démarches puissent être entreprises sans présomption de culpabilité et avant même l'ouverture d'une procédure pénale qui dérange.

Pour détecter et réprimer le crime organisé, les autorités fédérales estiment pourtant qu'elles doivent avoir la possibilité d'observer à son insu tout citoyen appartenant à un groupe qui pourrait un jour ou l'autre commettre un acte illégal. Le fait de connaître des membres d'une telle organisation justifierait également d'être suivi, si FedPol imagine qu'il y a des informations à en tirer.

«Les dispositions les plus importantes du projet de loi ne sont bien souvent que des clauses vaguement formulées et qui laissent une interprétation trop grande aux autorités», s'inquiète Amnesty International.

Des indics payés

L'Office fédéral de la police veut aussi pouvoir interroger familles et amis des individus observés, ainsi qu'utiliser des technologies de pointe pour les suivre. FedPol désire également engager et rémunérer des privés et des gens de confiance en tant qu'informateurs, avec la garantie que leur identité ne sera jamais révélée.

«L'intervention de personnes privées comme personnes de renseignement et de confiance constitue une grave ingérence dans la sphère privée des personnes concernées, met en garde le Conseil d'Etat fribourgeois. II convient dès lors de reprendre les règles de la loi fédérale sur l'investigation secrète.»

Une fois la surveillance achevée, la police fédérale souhaite être seule à décider si elle informe ou non la personne soumise à une opération d'observation. L'une des conditions est que la procédure «n'entraîne pas un volume de travail excessif». Le gouvernement vaudois relève que «les limitations des droits fondamentaux que permet le projet de loi, pour justifiées qu'elles soient sur le principe, méritent un cadre légal formel plus précis».

Des méthodes déjà refusées

Le plus étonnant c'est que ces mesures de recherche et d'information ont déjà été rejetées l'an dernier, alors qu'elles figuraient... dans la révision de la loi sur la sûreté intérieure. A l'époque, le Conseil national, puis le Conseil des Etats avaient estimé que le cadre légal devait être mieux défini.

Partis sceptiques

Dans leur prise de position, les libéraux-radicaux font d'ailleurs savoir qu'ils trouvent illogique de transposer des morceaux de la loi sur la sécurité intérieure vers celle sur les tâches de police. Ils estiment de surcroît que le projet n'apporte pas grand-chose au citoyen.

Pour l'UDC, c'est la perte de la souveraineté des polices cantonales qui est inquiétante. Elle ne voit pas non plus d'un bon oeil le soutien financier à des organisations policières internationales. L'UDC et les libéraux-radicaux ont fait savoir qu'ils désapprouvaient cet avant-projet.

Le Parti socialiste émet pour sa part la nécessité de fixer un cadre légal plus précis, sans quoi les informations récoltées pourraient être difficilement exploitables devant la justice.

Quant à FedPol, elle attend d'analyser la situation pour livrer son commentaire.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 06 Avr 2010, 22:56

Des gendarmes « sanctuarisent » le lycée Goulden à Bischwiller


« Les gendarmes, ça fait bizarre, on n'a pas l'habitude ! » : à Bischwiller, des élèves scrutent les dix militaires contrôlant des véhicules devant le lycée professionnel, un établissement « sanctuarisé » dans le cadre du dispositif Sages mis au point par la direction de la gendarmerie.

Ce contrôle, destiné à rendre visible la présence des uniformes « bleus », est déployé depuis mi-mars dans le cadre du programme de
« Sanctuarisation globale de l'espace scolaire » (Sages) par les gendarmes de Bischwiller devant l'un des quatre établissements
secondaires de cette ville de 13 500 habitants, au nord de Strasbourg, soit le lycée professionnel Goulden.
Conçu après plusieurs actes de violences à l'école en France, Sages a été activé au niveau national en septembre dans 184 établissements « sensibles », dont les noms n'ont pas été dévoilés afin de ne pas les « stigmatiser » (172 en zones police, 12 en zones gendarmerie).
A midi, des élèves de ce lycée, situé face à un quartier sensible, sortent de cours et découvrent les gendarmes en action. Une trentaine de lycéens hésitent entre la surprise et l'amusement. Mais Alain, 17 ans, porte un regard sombre sur les militaires. « Je ne comprends pas
pourquoi ils sont là. Le lycée est calme. La "génération 2010", elle ne va pas chez les gendarmes, elle règle les problèmes elle-même »,
assure-t-il.

« Notre job, c'est de trouver les bons mots »

A la tête de la compagnie de gendarmerie de Haguenau, dont dépend Bischwiller, le chef d'escadron Yann Roudeilla admet la dimension
répressive du dispositif Sages, tout en insistant sur le « volet prévention » : interventions devant les lycéens sur des thèmes tels que
les addictions, le racket et les risques pénaux encourus.
« Notre job, c'est de trouver les bons mots pour (leur) faire comprendre » ce qu'ils ne doivent pas faire, explique l'officier.
Dans le cadre de Sages, deux femmes gendarmes « référentes » participent ainsi aux « cellules de veille » bimensuelles du lycée où
l'on parle de cas d'élèves difficiles et des problèmes de sécurité.
Les militaires sont aussi amenés à prendre contact avec les parents et peuvent le cas échéant se rendre chez eux pour discuter des difficultés rencontrées avec leurs enfants. « Cela permet de rétablir le lien, souvent totalement rompu » entre la famille et le lycée, observe le proviseur Francis Navlet.
Des patrouilles conjointes de gendarmes et de policiers municipaux sont organisées quasiment tous les jours aux abords de cet établissement de 450 élèves qui, sans être classé sensible, bénéficie depuis 2008 d'un plan de prévention de la violence.
Bagarres entre élèves, alcool, intrusions, dégradations y sont en effet récurrentes. 73 % des élèves viennent de milieux défavorisés, « le taux le plus élevé de l'académie », note M. Navlet, un chiffre qu'il explique par le « contexte économique » de Bischwiller marqué par des fermetures d'entreprises ces dernières années. Mais, assure-t-il, depuis le déclenchement de Sages, « on sent très, très nettement un mieux ».
Selon lui, le dispositif a été bien accueilli par les enseignants du lycée. A l'inverse, Philippe Derrien, président de la FCPE (première
fédération de parents d'élèves) du Bas-Rhin, fustige une dérive vers un « lycée forteresse » et regrette que le « manque de personnel » scolaire soit « compensé par des gendarmes ».

Édition du Mardi 6 avril 2010
Nico37
 
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 07 Avr 2010, 20:20

http://crep.strasbourg.free.fr/spip.php?article151

liens :
http://crep.strasbourg.free.fr/IMG/pdf/ ... 090612.pdf
http://www.strasbourgcurieux.com/report ... llance.htm
G20 après l'OTAN ?
http://crep.strasbourg.free.fr/IMG/pdf/DNA-20100404.pdf

Fidèle à ses combats, la CREP s’apprête à nouveau à frapper un grand coup contre la vidéosurveillance. Deux ans après la semaine Ras les caméras, restée dans toutes les mémoires, et après la publication récente de la carte des caméras de toute la CUS, nous lançons un nouvel appel à ceux qui voudraient se joindre à nous pour un florilège d’actions collectives dans la rue, autour du samedi 22 mai.
Contactez-nous vite pour proposer une action, une idée, un coup de main.
D’ici là, voici un petit résumé de ce qui s’est passé sur le front de la vidéosurveillance à Strasbourg ces dernières années :
Juin 2007 : F. Keller & R. Grossmann (qui se souvient de ces deux-là ?) décident d’une extension du réseau de vidéosurveillance. Le PS, où R. Hermann reconnaît « un certain nombre de qualités » à la vidéosurveillance, s’abstient prudemment à quelques mois des élections municipales (voir la délibération).
Novembre 2007 : La CREP organise une jubilante semaine Ras les caméras face aux Assises nationales de la vidéosurveillance urbaine, dont la deuxième édition a lieu dans notre ville : Les langues se délient sur ces yeux qui nous épient...
Mars 2008 : PS et Verts fusionnent leur listes et gagnent les élections municipales. Le premier promettait un « audit » et un « comité d’éthique » alors que les seconds envisagaient un démantèlement des caméras de surveillance (voir la lettre aux élus évoquée ci-après).
Juin 2008 : La CREP repère de nouvelles caméras, interpelle la mairie dans une lettre ouverte et alerte la presse : De nouvelles caméras malgré les promesses électorales ?
Juillet 2008 : Faute de réponse, la CREP organise une déambulation dans la rue où « ceux qui nous épient 24 heures sur 24 pourront voir une reproduction géante de la lettre ouverte ainsi que sa traduction en langue des signes » : Ohé la mairie, il y a quelqu’un ?
Septembre 2008 : Création du comité d’éthique de la « vidéoprotection » (terme conseillé par les lobbies). Vidéoprotection, piège à moutons ! proclamons-nous : « Ces cliques d’experts ne sont convoquées que lorsqu’un pouvoir a besoin de légitimité : soit elles appuyent des décisions déjà prises, soit leurs avis sont rangés dans un tiroir quand ils sont contraires aux intérêts des mandants. »
Décembre 2008 : Première des réunions de ce comité, dans la quasi clandestinité. D’après nos informations, ces membres ont un devoir de réserve et ne découvrent les dossiers qu’au moment de la réunion ! Bonjour la transparence...
Mars-avril 2009 : En prévision du sommet de l’OTAN, 21 nouvelles caméras sont installées. La CREP interpelle le comité, pour savoir s’il existe vraiment : Vidéotan : lettre ouverte au comité en toc.
Juin 2009 : Le conseil de CUS décide d’une nouvelle extension du réseau de vidéosurveillance urbaine, en plus du maintien d’une partie des caméras de l’OTAN. La CREP s’écrie Camé-ras-l’CUS ! « Une partie des caméras installées pour le sommet de l’OTAN restera en place, tandis que de nouvelles iront épier deux ou trois “bandes de jeunes” abstentionnistes, dans des villages dortoirs de la CUS où la délinquance sur la voie publique frise le zéro. »
Juin 2009 : L’abstention, lors de ce vote, des élus Verts crée une vive polémique parmi les militants de leur parti. Les élus sont contraints de faire leur mea culpa.
Octobre 2009 : La CREP publie sur son site ouèbe la nouvelle carte de la vidéosurveillance à Strasbourg : « Socialistes ou umpistes, nos échevins refusent de divulguer l’emplacement de leurs caméras chéries... Alors faisons-le nous-même ! »
Hiver 2009-2010 : Le comité d’éthique choisit deux sociétés pour réaliser l’audit : Althing, un bureau d’étude spécialisé dans l’installation de systèmes de sécurité ; ED Institut, une boîte de marketing... No comment.
Février 2010 : Le chournal local publie enfin notre carte mais donne la part belle à la réaction d’O. Bitz. Celui-ci annonce « la fin des extensions »... pour 2010 ! L’année est omise dans le titre à la une et l’annonce s’avère être du flan total, mais le journaliste ne le relève pas.
Avril 2010 : Les caméras pullulent (plus de 300 dans la CUS), la société de surveillance progresse (comme avec la LOPPSI), R. Ries voudrait accueillir le prochain G20 (hyper-surveillance et méga-répression pire qu’à l’OTAN, pour sûr). Mais des consciences s’éveillent et la CREP lance un appel pour de nouvelles actions collectives contre la vidéosurveillance en mai 2010 !

Alors, vous brûlez d’envie d’agir mais manquez d’idées ? Inspirez-vous des autres... À Strasbourg : les actions du collectif éphémère de 2004 ; photos et récit de Ras les caméras ! ; et Free camera zone. À Dijon : Dernière visite avant démontage (emballage de caméras). Des mines d’infos : Strasbourg curieux ; Souriez vous-êtes filmés ; Bug Brother ; Les Amis d’Orwell. Se protéger contre la LOPPSI : Live CD Odebian.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 08 Avr 2010, 22:03

Vidéosurveillance dans les lycées: “les résultats sont décevants”
Publié le 07 avril 2010 par Sabine Blanc

Pourquoi utilise-t-on la vidéosurveillance dans les lycées ? Comment s’en sert-on ? Est-elle utile ? Pour répondre à ces interrogations, et alors que les évaluations sur le sujet étaient rares en France, la Région a demandé une étude sur la vidéosurveillance dans les lycées d’Île-de-France, réalisée par l’Institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) IDF et publiée en 2007.
Cette analyse comparative portait sur dix lycées, pourvus ou non de caméras. Elle dresse un premier bilan sur une technique mise en place depuis 1998 par la Région, en réponse à l’augmentation des faits de violence et d’incivilité dans les établissements, aux côtés d’autres mesures de sécurisation, dispositifs de contrôle d’accès, alarmes anti-intrusion, etc. À l’époque, plus de la moitié des établissements étaient déjà équipés, mais seulement 10% étaient pourvus d’un véritable système quadrillant aussi bien l’intérieur que l’extérieur.
Tanguy Le Goff, qui a dirigé cette étude, revient sur ces résultats qui restent d’actualité, tendance du gouvernement au tout-sécuritaire oblige.

La conclusion qui ressort de votre étude, c’est que la vidéosurveillance coûte cher, 700.000 euros par an, pour un résultat limité.
Par rapport à l’objectif officiel, qui était de lutter contre les intrusions, oui, les résultats sont décevants. On constate en effet qu’en dépit de la mise en place de cet outil, les intrusions continuent. En tant que moyen de dissuasion, de prévention de la délinquance, ce n’est pas efficace.
En revanche, sur d’autres points, les résultats sont plus positifs, même si c’est un élément difficile à déterminer, via des données chiffrées, notamment policières, nous l’avons mesuré surtout au travers de témoignages de gens que l’on a pu rencontrer. De manière assez classique, il y a une efficacité reconnue sur les parkings, cela aurait tendance à faire diminuer les vols de deux-roues et les dégradations de véhicule.
Le manque de réflexion lors de l’installation des dispositifs explique aussi le peu d’efficacité…
Effectivement, il faut poser la question en terme d’usage : comment l’ensemble de la communauté éducative va s’approprier cet outil et que va-t-elle en faire ? Or bien souvent, on constate que la vidéosurveillance a été posée dans l’urgence, dans la mesure où il s’agissait parfois de répondre à une inquiétude, une émotion extrêmement forte de la part des professeurs, des conseillers principaux d’éducation (CPE), parce qu’il y a eu par exemple un enseignant agressé à l’intérieur de l’établissement.
Pour rassurer, on va mettre en place cet objet sans se demander qui va l’utiliser, comment se fera le lien avec le personnel de surveillance, l’agent d’accueil, le personnel de direction. La difficulté, c’est que le personnel ne se l’est pas approprié. Souvent, l’outil est posé au sein d’un établissement, sans que l’on ait réfléchi à la façon dont il va appuyer la politique de sécurité de l’établissement. On en fait donc un usage limité, d’autant plus qu’on en donne souvent la responsabilité à un agent d’accueil, qui n’est pas un agent de l’ordre, il a d’autres missions à accomplir que de regarder les caméras, il le fait donc de manière très épisodique.
Pourtant, la vidéosurveillance est de plus en plus considérée comme une solution aux divers problèmes d’insécurité rencontrés dans les établissements.
C’est vrai, il y a une demande assez récurrente des chefs d’établissements, pour différentes raisons. Déjà, ils pensent que cela va vraiment être utile pour dissuader. Par ailleurs, il y aussi l’idée que les caméras servent à pallier des déficits en matière d’aménagement technique. Ils croient par exemple qu’un lieu mal conçu, que des personnels peuvent difficilement surveiller, sera ainsi sécurisé, alors que c’est un leurre total.
Ceci dit, ils ne sont pas complètement dupes, ils se rendent bien compte, en matière de prévention des vols, que l’efficacité est limitée.
La vidéosurveillance fait partie d’une politique générale de sécurisation des établissements centrée sur la protection contre la menace extérieure, dont vous soulignez les effets pervers.
Oui, d’une part, la logique de clôture de l’établissement a tendance à engendrer un désintéressement du personnel de surveillance pour ce qui passe au-delà des grilles, alors que l’on voit bien que très fréquemment, la plupart des difficultés se jouent vraiment dans l’espace entre le lieu de transport et le lycée, bien souvent son parvis.
Les CPE nous expliquaient que cela ne relève pas forcément de leur compétence, légalement, mais que du coup, du fait de cette logique de fermeture, il y avait un désinvestissement progressif de ce qui pouvait se jouer dans les alentours immédiats de l’établissement. Ce repli est un effet négatif qui n’avait sans doutes pas été imaginé initialement.
Cette logique peut aussi générer une opposition systématique entre le quartier où il se trouve et le lycée, alors qu’auparavant, un certain nombre de lycées étaient considérés comme des espaces qui pouvaient être traversés par la population, c’est-à-dire que l’on allait d’un lieu à un autre en passant par lui. Aujourd’hui, de plus en plus, et on peut le regretter, il devient un lieu à part, a-territorial.

Image CC Flickr It's Greg
Quelles sont vos recommandations pour que la vidéosurveillance soit utilisée à meilleur escient ?
Nous avons rassemblé dans un cahier des charges nos préconisations. Déjà, avant même d’aller sur la mise en place de caméras, se demander s’il n’y a pas d’autres solutions envisageables : ce peut être des mesures d’aménagement de l’espace, de déplacement du lieu d’accueil, permettant d’avoir une surveillance plus naturelle. Parfois, on s’aperçoit que la loge ou le lieu de vie des enseignants est complètement décalé de l’entrée, ce qui fait que cette dernière n’est pas surveillée. Ces aménagements pourraient à eux seuls contribuer à assurer la sécurité. Cela passe aussi par un nouveau mode d’organisation du travail effectué par les CPE.
Une fois que le recours à la vidéosurveillance a été préconisée, certes il y a des enjeux techniques, mais ils représentent une part minimes, mais au-delà, il faut surtout s’interroger sur l’organisation de l’ordre scolaire et déterminer qui fait quoi, qui va avoir la charge du dispositif. Par exemple, dans le cas d’un agent d’accueil, comment il agit lorsqu’il repère un fait sur une caméra : avec qui doit-il interpeller, que fait-on de ces données, faut-il les transmettre à la police, de quelle manière, comment informe-t-on la police, les parents ? On a en effet constater que ces derniers et les lycéens n’étaient pas toujours informés de la présence des caméras, comment informe-t-on ? On ne pose pas un objet à la va-vite, il faut se poser la question de son intégration au sein d’une politique de sécurité et de la manière dont on va être en mesure ou non de l’approprier, pour faire en sorte au moins que les usages de cet outil soient au maximum valorisés.
Vous avez réalisé cette étude voilà trois ans : comment la situation a évolué depuis ?
En France, je n’ai pas de données, la vidéosurveillance dans les lycées ne dépend en effet pas de la loi Pasqua de 1995 mais la loi Informatiques et Libertés de 1978, car ils sont considérés comme des espaces privées. C’est donc la Cnil qui est compétente et une simple déclaration est nécessaire. En revanche, si un certain nombre de caméras visionnent des espaces publics, il faut une demande à l’autorité préfectorale.
Ce qui est sûr, c’est qu‘il y a une politique gouvernementale qui pousse au développement de cet outil. Le financement provient directement de l’État via des budgets donnés à l’Éducation nationale et donc aux lycées, ou des régions.
En IDF, je ne possède pas non plus de données depuis. En tout cas, comme nous avions mis en place un cahier des charges, qui est aujourd’hui respecté, les démarches sont sans doutes un peu plus longues pour la mise en œuvre de la vidéo, et donc plus pensée, il y a sans doute eu plus de vigilance.
Y a-t-il des pays qui encadrent mieux le recours à la vidéosurveillance ?
Au Canada, et c’est un peu ce que nous avons développé ici avec les lycées, pour pouvoir installer de la vidéosurveillance, et notamment dans les espaces publics, il faut prouver qu’il n’y a pas d’autre solution plus efficace.
Télécharger ici l’étude intégrale

Voir aussi l’intégralité de notre dossier sur le sujet, où il est entre autre question de la mise en place de portiques de sécurité, du fait que la vidéosurveillance est tellement développée, en Grande-Bretagne, qu’on y trouve des caméras, non seulement dans les salles de classe, mais également dans les toilettes de 10% des écoles :
- Grande Bretagne : 10% des lycées vidéosurveillent leurs toilettes
- Portique ta mère
- Vous voulez des pions ? Vous aurez des ex-policiers
- Vidéosurveillés jusque devant les toilettes : en France aussi (à venir)
- Enquête exclusive : “mon lycée, c’est Alcatraz” (à venir)
- et l’appli : Lycées.eu [on compte sur vous !]
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 10 Avr 2010, 19:13

Quand la pub paie pour big brother à l’école...

09-04-2010 Par Anne Daubrée

Badges électroniques pour les élèves et directeur qui surveille leurs mouvements en permanence, via un terminal. Le tout, payé par la pub. A Milan

Elèves dotés de badges électroniques, portiques enregistreurs à l’entrée et dans chaque salle de classe, directeur qui accède à toutes les données sur son iPod de dernière génération … Les écoles françaises comme l’institution privée et catholique Saint-Denis, à Loches, n’ont pas le monopole (http://bugbrother.blog.lemonde.fr/2010/ ... /#more-705) de la surveillance « poussée ». A Milan, à l’Institut professionnel Bartarelli, voué au tourisme, au commerce et à l’entreprise, le directeur semble très fier de sa nouvelle installation. L'édition milanaise du quotidien La Repubblica, ce 25 mars ('Troppe assenze fra gli studenti a scuola spunta il grande fratello') a relaté toute l’histoire.
L’objectif était de limiter les retards et d’empêcher des intrus de rentrer dans l’établissement. Pour cela, chacun des 1000 étudiants a été doté d’un badge électronique. A présent, le matin, dans le hall d’entrée, ils doivent passer leur badge sous un lecteur qui enregistre leur passage. Une fois qu’ils sont identifiés, un écran leur adresse un bonjour personnalisé.
Chouette ! Rebelote à chaque fois que les étudiants rentrent dans une salle de classe : leur présence est électroniquement enregistrée – toujours pour lutter contre les retards. Outre à gérer les présences, le dispositif comprend également un espace numérique de travail, partagé avec les enseignants et les parents.

Big directeur

Et le directeur dispose d’une visibilité permanente sur les passages des élèves dans l’établissement, via son Ipod dernier cri. Interviewé par le quotidien italien, il estime que « celui qui voit une sorte de Big Brother qui espionne de façon obsessive, dans ce système, se trompe ». Pis, le représentant des élèves, également cité par Repubblica, considère que « le problème n’est pas d’être contrôlé. Effectivement, il y avait trop d’absences et de retards. Le problème est plutôt que l’école dépense de l’argent pour des
technologies, alors que nous manquons parfois de chaises ». Il a tort de s'inquiété pour si peu : l’ingénieux directeur a prévu de financer les 20.000 euros qu’a coûté le dispositif, en proposant aux annonceurs de faire leur pub sur les écrans disposés dans le hall. Il suffira d’ajouter un temps minimum d’exposition – électroniquement contrôlé - aux messages publicitaires, et ce sera complet.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 17 Avr 2010, 13:38

Big Brother assistante sociale 09/04/2010

Placer parents et enfants dans des centres, sous surveillance vidéo 24 heures sur 24, pour évaluer leur comportement : c’est la dernière trouvaille des services sociaux britanniques.

Par Olivier Vilainrimer

Depuis l’arrivée des travaillistes au pouvoir en 1997, les pauvres doivent prouver qu’ils sont capables de s’occuper de leurs enfants. Sur injonction des services sociaux, certaines familles peuvent se retrouver pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois dans des Assessment Centres, c’est-à-dire des “centres de supervision” privés, sous l’oeil des travailleurs sociaux, et parfois celui de caméras.

“Le cas d’une famille que j’ai accompagnée m’a particulièrement frappé”, se souvient Martin Kalisa, un des responsables nationaux d’ATD Quart Monde à Londres. C’était un jeune couple sans travail. La femme, Eliane, voulait un enfant. Elle en avait déjà eu d’autres avec un précédent compagnon. Tous avaient été placés. Le futur bébé risquait de l’être à son tour.

Une équipe observait la mère 24 heures sur 24

Dès la naissance, les services sociaux ont entamé une procédure juridique pour enlever l’enfant. De retour de la maternité, les parents, prêts à tout pour garder leur bébé, ont d’abord accepté d’accueillir un superviseur à domicile pendant neuf semaines. Quatre heures par jour, sept jours sur sept. Malgré un très bon rapport, le tribunal ordonna, en raison du passé des parents, de placer la famille pendant six mois dans un Assessment Centre. Là, une équipe de travailleurs sociaux observait – 24 heures sur 24, sans un mot – comment la mère berçait son bébé, comment elle lui parlait, le baignait, le nourrissait…

“Les parents vivaient dans la peur permanente de commettre la moindre erreur”, se rappelle Martin Kalisa. Un jour, la directrice du centre s’en est prise au compagnon d’Eliane : “Le père ne travaille pas ; il pourrait s’occuper du bébé !’’ Mais les pères sont-ils vraiment plus actifs dans les familles aisées ?”, commente-t-il. Là-dessus, Eliane et son bébé ont été placés dans une famille d’accueil pour quatre semaines. Puis la décision du juge est tombée : Eliane est rentrée chez elle, seule.

Le phénomène du placement se transmet de génération en génération

Que deviennent ces enfants ? On les garde, pour la plupart, en institution jusqu’à 18 ans, d’où ils sortent le plus souvent sans qualification. “C’est un cercle vicieux puisque le phénomène du placement se transmet de génération en génération”, note Martin Kalisa.

Chez ATD Quart Monde, en France cette fois, on s’alarme car les politiques à destination des pauvres, le RSA par exemple, s’inspirent de plus en plus des expériences britanniques. A quand des centres d’observation, équipés de caméras, pour surveiller les parents pauvres ?
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 25 Avr 2010, 09:13

http://pro.clubic.com/entreprises/ibm/actualite-335952-ibm-floride-logiciel-prevision-crimes.html
http://www-03.ibm.com/press/us/en/press ... /29885.wss

En 1956, Philip K. Dick écrivait une nouvelle du nom de Minority Report, adaptée au cinéma par Steven Spielberg en 2002. L'auteur y imaginait un moyen de prédire les crimes pour arrêter les coupables avant même qu'ils agissent.

Plus de 50 ans plus tard, la réalité semble bel et bien rattraper la fiction, même si les précogs du roman sont aujourd'hui remplacés par un simple logiciel, qui devrait être utilisé prochainement par le Florida State Department of Juvenile Justice.

Le logiciel, conçu par IBM, réaliserait un suivi des « jeunes délinquants » qui, selon le dossier de l'enfant et une série de variables déterminées à l'avance, pourrait calculer les risques de récidive. Les jeunes identifiés comme « à risques » pourraient ainsi être placés dans des programmes spécifiques pour les aider à sortir de la délinquance.

Selon IBM, ce logiciel, nommé Predictive Analytics, peut donner aux gouvernements du monde entier un « moyen pour créer des communautés plus sûres via l'identification, la prévision, l'intervention et la prévention des activités criminelles ».

Deepak Advani, vice-président du projet, ajoute que le programme « donne au système de justice pénale la possibilité de puiser dans les bases de données riches pour détecter les tendances, faire des projections fiables, et prendre des mesures appropriées en temps réel pour combattre le crime et protéger les citoyens ».

IBM a profité de l'occasion pour annoncer que le Royaume-Uni testait actuellement le même logiciel à l'heure actuelle, mais sur les adultes cette fois : le ministère de la Justice du pays s'en sert en effet pour évaluer la probabilité de récidive des détenus après leur libération.

La fiabilité d'un tel logiciel reste encore à prouver, et il y a fort à parier qu'un tel fichage des données personnelles des citoyens ne se fera pas sans heurt. IBM, de son côté, semble croire fermement à ce projet, puisque la firme a investi 12 milliards de dollars dans son département analyse, qui intègre les travaux sur Predictive Analytics.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 25 Avr 2010, 17:26

Effectifs en baisse, captures d’images en hausse: le nouveau plan de sécurité des transports s’appuie sur la vidéo-protection.

"Est-ce qu'on a des images?" C’est devenu un réflexe. A l’instar de la recherche d’empreintes digitales ou génétiques, le recours à la vidéo s’impose comme un témoignage impartial dans la moindre enquête de police. Un outil plus ou moins capital selon les circonstances.
L’actualité récente a fourni des arguments aux partisans du développement de la vidéosurveillance.

Brice Hortefeux est de ceux-là. En présentant mercredi dans les Yvelines son "plan national de sécurité des transports en commun", le ministre de l’Intérieur s’est logiquement appuyé sur la rubrique faits divers. Cas d’école avec le "pousseur du RER". Le 2 avril, peu avant 6 heures du matin, un homme est projeté contre un train qui arrive sur le quai gare de Lyon. Il décède peu après.

Le même jour, vers 22 heures, son agresseur est interpellé dans le Val-de-Marne grâce à un jeu de piste vidéo qui a conduit les enquêteurs jusqu’à la gare RER de son domicile. Le lendemain, un samedi, deux bandes s’étaient, semble-t-il, donné rendez-vous sur le parvis de la Défense pour en découdre. Une de Nanterre (Hauts-de-Seine). La seconde d’Achères (Yvelines). Repérés par les caméras, les jeunes d’Achères seront interceptés à Houilles avant l’affrontement. Enfin, sans les images enregistrées dans le tramway de Grenoble (Isère) dans la soirée du 9 avril, les agresseurs de l’étudiant battu et poignardé dans le centre-ville n’auraient sans doute pas été retrouvés ni confondus aussi rapidement.

Avec la création d’une "task force" qui se réunira deux fois par mois à l’Intérieur et la réalisation d’ici à mai d’une cartographie des lignes à risques région par région, c’est bien le développement de la vidéo-protection qui est au coeur du plan ministériel. Mais combien sont- lles, ces caméras qui nous suivent partout ? Prenons l’exemple de la SNCF. En 2007, elle comptait 7.900 caméras dans ses gares et ses rames. Aujourd’hui, ce chiffre a presque doublé pour atteindre 14.400 : 6.300 dans les gares et 8.100 dans les trains. L’objectif, d’ici à deux à trois ans, est de franchir le cap des 25.000, dont 10.000 pour l’Ile-de-France. Un investissement de l’ordre de 100 millions d’euros, a précisé mercredi Guillaume Pepy, le patron de la SNCF. Sans compter la participation des collectivités locales…

35.500 caméras déclarées dans la capitale C’est l’une des particularités du système français. L’Etat promeut, les collectivités paient. Certes, le gouvernement encourage financièrement les communes à s’équiper - elles étaient 500 en 2005, contre près de 2.000 l’an dernier - grâce à son Fonds interministériel de prévention de la délinquance, 30 millions d’euros en 2010, insiste-t-on Place Beauvau.
Un chiffre qui fait tousser le président socialiste de la région Ile-de- France Jean-Paul Huchon : "Le gouvernement vit à crédit ! La région Ile-de-France et le Stif [Syndicat des transports d’Ile-de- France] ont financé 100% des systèmes de vidéo-protection pour un coût global qui se monte, depuis 1998, à 500 millions d’euros…"

La "fracture idéologique" entre la droite et la gauche sur le recours ou non aux caméras comme outil de lutte contre la délinquance existe toujours, mais elle est beaucoup moins nette. Ainsi Paris, où le maire socialiste, Bertrand Delanoë, a "tenu bon" face aux assauts de ses alliés Verts et communistes en guerre contre "le plan de vidéo-protection pour Paris" négocié avec la préfecture de police et qui prévoit l’implantation de 1.302 caméras sur la voie publique à compter de 2011.

A ce total, il faut aussi ajouter une partie des 17.000 caméras embarquées dans les bus et les tramways de la RATP, dont les métros et les RER abritent encore plus de 8.000 appareils. L’examen de ce que la Ligue des droits de l’Homme qualifie de "prolifération" ne serait pas complet sans l’addition de quelque 200 caméras pour le seul Parc des Princes, autant pour le Forum des Halles…

Car l’Etat, les collectivités locales et les réseaux de transports ne sont pas les seuls "big brothers" en action. Dans la capitale, le nombre de caméras déclarées en préfecture (commerçants, banques, parkings, établissements scolaires, hôpitaux…) se montait à 35.500 au 31 mars 2010. Pour ce qui est des caméras "publiques", Brice Hortefeux, comme Michèle Alliot-Marie avant lui, martèle sa volonté de "tripler" le nombre de caméras de surveillance d’ici à 2011. La France devrait passer d’ici à 2011 de 20.000 à 60.000 caméras. Bridé par les contraintes budgétaires et les réductions d’effectifs (révision générale des politiques publiques oblige), le ministère a-t-il d’autres choix s’il
veut engranger des résultats?

Les détracteurs dénoncent un "effet plumeau"

"Ce n’est pas la vidéo qui va interpeller les délinquants, réagit Yannick Danio, d’Unité police, dans les transports. La création de nouvelle structure se fait toujours au détriment de services existants.
Avec la vidéo, vu les budgets en jeu, on est en train de marchandiser la sécurité au privé au lieu de recruter des ressources humaines dans la police mais aussi à la SNCF, à la RATP…"

"C’est la même chose avec les lycées, renchérit-on au conseil régional d’Ile-de-France. Les caméras, c’est bien pour la police, qui pourra éventuellement retrouver les agresseurs après coup, mais s’il n’y a personne derrière l’écran pour regarder et personne dans les couloirs pour intervenir, elles ne servent pas à grand-chose." La vidéo fait-elle reculer la délinquance? Ses partisans affirmeront que oui. Ses détracteurs parleront d’"effet plumeau", elle entraînerait un déplacement des actes délictuels vers des zones non couvertes. Elle n’est pas d’un grand secours quand les bus sont "attaqués", comme cela a encore été le cas mercredi soir à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis). Mais son développement est en phase avec l’opinion.
Selon l’enquête 2009, Victimation et sentiment d’insécurité en Ile-de-France, de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme, près de 64% des personnes sondées déclarent en effet se sentir plus en sécurité dans les transports en commun lorsqu’il y a des caméras.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 01 Mai 2010, 16:21

http://www.lunion.presse.fr/article/autres-actus/videoprotection-un-stage-pour-les-policiers

C'est une formation qui est particulièrement courue ces derniers temps.
La vidéoprotection, sa réglementation et la lecture des images, font aujourd'hui partie du quotidien d'un certain nombre d'agents territoriaux. C'est pourquoi cette semaine, le centre national de formation de la fonction publique (CNFPT) de Picardie a dispensé une formation sur ce thème à Chauny.

Une vingtaine de policiers municipaux venus des quatre coins de la région se sont retrouvés dans la cité qui fut la première de l'Aisne (en
2007) à déployer un système de surveillance d'ampleur. Aujourd'hui, pas moins de vingt caméras quadrillent la ville.

Un projet d'extension pour porter leur nombre à 26 est dans les tuyaux.
Dans la ville de Marcel Lalonde, les images sont stockées durant dix jours.

La tenue du stage en terre chaunoise est une simple coïncidence pour les initiateurs mais question symbole, c'est toujours sympathique. « Il s'agissait juste de trouver un endroit qui puisse rassembler des gens venus de toute la région. il se trouve que c'est Chauny », indique-t-on du côté du CNFPT à Amiens.

Théorie et pratique

L'objectif de ce rendez-vous était d'apprendre à lire les images, faire un signalement, étudier le contexte réglementaire et déontologique ainsi que le respect du secret professionnel. Des séquences théoriques et pratiques ont alterné pendant les trois journées de stages.
« C'est un domaine qui est particulièrement plébiscité, avoir dix-neuf stagiaires en une session c'est relativement rare. Il faut dire que la
vidéo est d'actualité ». Le CNFPT dispense ce type de formation car souvent les villes pourvues de caméras disposent d'une aide technique grâce au fournisseurs du système, en revanche le côté réglementaire n'est pas abordé. « Il est très rare de laisser des agents sans formation utiliser seuls la vidéoprotection. Les villes s'assurent de la formation de leur personnel », ajoute la représentante du CNFPT.
Pour ce stage, les motivations des participants étaient diverses. Il y avait ceux qui venaient chercher un complément d'information afin de
coller au mieux à la situation de leur territoire. D'autres étaient présents car leur municipalité réfléchit et projette, à plus ou moins long terme, d'installer des caméras. En plus, ceux qui se demandaient encore à quoi pouvaient ressembler un tel engin, ils ont pu le découvrir en grandeur nature dans les rues de la commune.
Il a suffi pour les stagiaires de lever les yeux et de sourire au collègue chaunois qui se trouve quotidiennement derrière les écrans
situés dans les locaux de l'hôtel de ville.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 07 Mai 2010, 20:19

[url=http://www.laurent-mucchielli.org/index.php?post/2010/04/30/Vidéosurveillance-%3A-le-dossier]Vidéosurveillance : le dossier[/url]

Ecoles, transports, espaces publics, la principale réponse aux problèmes de sécurité est désormais partout la même : vidéosurveillance. Depuis l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007, le gouvernement a fait du développement de cet outil l’un des axes majeurs de sa politique de sécurité. Le 2 octobre 2009, François Fillon en faisait la "priorité absolue" du gouvernement en la matière. Dans une circulaire du 5 mars 2010, le secrétaire général du Comité interministériel de prévention de la délinquance annonce ainsi qu'il disposera en 2010 d'une enveloppe renforcée de 49 millions d'euros, dont 30 millions (donc plus de 60 %) sera consacré à la vidéosurveillance. Pourtant l'efficacité de cette technologie est très limitée et son coût financier très lourd pour les collectivités locales que l'Etat cherche à impliquer de plus en plus. Au final, outre les problèmes de contrôle de ces dispositifs (que la LOPPSI 2 prévoit de confier à une commission ad hoc et non à la CNIL, peut-être trop critique), ne s'agit-il pas d'une impasse pour les politiques de sécurité ? Et si la vidéo est un "juteux marché" pour les entreprises privées, ne serait-ce pas une petite gabegie pour les finances publiques ?

Lire nos deux chroniques :

La vidéosurveillance est-elle une réponse efficace à la délinquance ?, par Tanguy Le Goff. Un coût très important pour des résultats très faibles, par Laurent Mucchielli. Ressources en ligne :

Le bilan de T. Le Goff : Vidéosurveillance et espaces publics. État des lieux des évaluations menées en France et à l’étranger.
Le rapport de Martin Gill et Angela Spriggs sur la vidéosurveillance au Royaume-Uni. Une étude sur La vidéosurveillance dans les lycées en Île-de-France. Une étude sur la vidéosurveillance dans les transports en commun en Ile-de-France. Sur ce site : un article de T. Le Goff et Eric Heilmann. Une interview de E. Heilmann dans ''Libération''. Et le blog de ce chercheur. Le dossier de La Gazette des
Communes :"Faut-il développer la vidéosurveillance ?". Des interviews de L. Mucchielli dans La voix du nord et La gazette des communes. La revue de presse générale de Laurent Opsomer.


La vidéosurveillance coûte cher pour un résultat très limité Par Tanguy Le Goff et Laurent Mucchielli | Universitaires | 06/05/2010 | 19H11

Depuis l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007, la vidéosurveillance est devenue le principal instrument de lutte contre l'insécurité. Les évaluations scientifiques démontrent pourtant que, dans les espaces publics, son impact, tant préventif que répressif, est très limité. Il devient même dérisoire si on le rapporte au coût financier pour une collectivité locale. Absence d'évaluations françaises En 2008, le ministère de l'Intérieur estime à 22 000 le nombre de caméras dans les espaces publics et 1 500 le nombre de communes équipées d'un dispositif de vidéosurveillance. Elles n'étaient que 850 en 2005. Certes, l'objectif fixé en 2007 par le gouvernement de 60 000 caméras
est encore loin, mais le rythme d'augmentation est fort.

Les subventions versées par l'Etat dans le cadre du Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) y sont pour beaucoup. Pourtant, au-delà d'une série de « petites histoires », on ne dispose pas de preuves de l'efficacité de la vidéosurveillance pour prévenir la délinquance dans les espaces publics.

Est-ce à dire qu'on ne sait rien sur l'efficacité de cet outil ? Non, car il existe à l'étranger de nombreuses études, notamment aux Etats-Unis, en Australie et surtout en Angleterre. On y apprend que l'efficacité de la vidéosurveillance varie selon deux critères.

Le lieu
Espaces ouverts ou fermés comme les parkings ou les hôpitaux… La vidéosurveillance n'a qu'un faible impact dans les espaces étendus et complexes comme les rues.

Les caméras ne dissuadent pas les délinquants dans la mesure où le risque de se faire identifier et interpeller est jugé faible. En revanche, les études convergent pour dire que la vidéosurveillance a une réelle efficacité dissuasive dans des espaces fermés comme les parkings ou les hôpitaux.

Le délit
On constate, dans certaines études, une légère baisse des atteintes aux biens (vols à l'étalage, cambriolages, vols à la roulotte).

Par contre, il n'y a aucun impact sur les violences interpersonnelles (agressions sexuelles, bagarres, rixes, etc.).

Un coût financier…
Le coût initial d'équipement d'un système de vidéosurveillance est estimé à 1,5 million d'euros pour 40 caméras. Si l'Etat prend en charge une partie substantielle de cet investissement, en revanche les coûts de maintenance, de location des réseaux de transmission évalués à 10% par an du budget initial, demeurent à la charge des collectivités locales. Et surtout, elles assument le coût humain.

Des écrans de contrôle que personne ne regarde ne servent pas à grand chose.
Il faut donc du personnel. Dans l'hypothèse retenue, pour un système fonctionnant 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, une équipe de 14 personnes est nécessaire, soit un coût de l'ordre de 450 000 euros par an. Il faut aussi du personnel municipal sur le terrain (policiers municipaux, médiateurs) en mesure d'intervenir.

Ceci est fondamental : les études étrangères ont montré que la vidéosurveillance n'avait (qu'un peu) d'effet qu'à la condition d'être couplée avec un dispositif d'intervention d'agents de terrain. Le coût financier est donc extrêmement lourd en réalité. Et ce, dans un contexte de réduction des effectifs de la police nationale et de la gendarmerie, que les communes compensent de plus en plus par l'embauche de policiers municipaux.

… qui « plombe » les budgets Enfin, il faut rappeler que le budget investi pour si peu de résultats dans la vidéosurveillance est autant d'argent public qui n'est pas affecté à d'autres programmes de prévention et de tranquillité.

Au plan national, la politique de « prévention » de l'Etat est de plus en plus vidée de substance par la vidéosurveillance. Du reste, la circulaire du 5 mars 2010 précise explicitement que l'Etat n'engagera plus aucune action de financement pluriannuelle autre que la vidéosurveillance.

Ses aides restantes seront très ciblées et les collectivités devront se débrouiller avec d'autres partenaires pour financer des actions préventives classiques telles que les mesures de prévention et de lutte contre la toxicomanie, les mesures de sécurité routière, les dispositifs d'accès au droit ou encore les opérations « Ville, vie, vacances ».

Au plan local, lorsque la vidéosurveillance vient « plomber » un budget municipal déjà entamé par le développement de la police municipale, on devine qu'il ne reste plus grand-chose dans les caisses pour recruter des éducateurs, des animateurs socioculturels, des médiateurs, des correspondants de nuit, des surveillants de sortie d'école, et autres types d'emplois de proximité permettant de renforcer un peu le lien social, d'encadrer la jeunesse avec des projets éducatifs et de maintenir le dialogue entre la population et les
institutions.

Pour toutes ces raisons -et non, au nom d'une quelconque idéologie-, le développement de la vidéosurveillance apparaît comme une mauvaise nouvelle pour la société française, un gaspillage d'argent public et un renforcement de la « crédulité technologique » chez nos concitoyens inquiets que la vidéosurveillance rassure souvent, mais qu'elle ne protège nullement.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 08 Mai 2010, 11:54

Un logiciel d'aide à la décision pour la justice
LEMONDE.FR | 21.04.10 | 19h50 • Mis à jour le 22.04.10 | 09h11

Pour les amateurs de science-fiction, l'information évoque immanquablement Minority Report, la nouvelle de Philip K. Dick, dont Steven Spielberg a tiré un film : le département de la justice des mineurs de Floride utilise depuis la mi-avril un logiciel d'analyse prédictive, qui estime les chances de récidives d'un délinquant et suggère des solutions de placement ou d'orientation.

Dans Minority Report, des agents de police, assistés de personnes douées de prescience, interviennent pour empêcher des crimes dont ils savent qu'ils vont se produire. Mais le logiciel utilisé par la Floride, et développé par SPSS – une filiale d'IBM – ne prétend pas prévoir l'avenir. "Notre système d'analyse prédictive étudie de très vastes bases de données, et utilise des modèles mathématiques pour tenter de découvrir des corrélations qui ne sont pas évidentes à l'œil nu, résume Erick Brethenoux, vice-président de SPSS. Les ensembles de données très importants sont impossibles à analyser pour un esprit humain."

En pratique, le logiciel utilisé en Floride – et également en test en Grande-Bretagne – analyse le contenu des bases de données concernant les mineurs délinquants de l'Etat. Casier judiciaire, situation familiale, études suivies ou encore aspirations professionnelles sont ainsi passées au crible. Pour chaque mineur, le logiciel estime quelles sont ses chances de récidives, mais fait aussi une suggestion de "solution" : en fonction des cas, il peut par exemple proposer un placement, une mesure d'isolement ou une cure de désintoxication...

"LES FACTEURS INDIVIDUELS RESTENT DÉTERMINANTS"

"Le système ne prend pas une décision : il fait une recommandation", insiste Erick Brethenoux. "Le but est de déterminer quel est le programme le plus approprié à la réhabilitation d'une personne." Le logiciel n'est pas infaillible, d'autant plus qu'il ne dispose pas encore des retours des utilisateurs, censés aider à améliorer l'outil. "Nous utilisons également le système d'analyse prédictive dans un autre domaine très sensible : les prescriptions de médicaments pour les patients qui sont opérés dans un hôpital californien. Bien sûr, les suggestions du logiciel sont examinées par un médecin !"

Pour établir son "diagnostic", le système se base sur une approche sans hiérarchie. "Nous n'établissons pas de relations hiérarchiques entre les données ; dans notre modèle, il est très important de ne pas considérer qu'une donnée – l'environnement familial, par exemple – est plus importante qu'une autre", explique Erick Brethenoux. C'est notamment ce qui permet au logiciel de déterminer des corrélations qui ne sont pas évidentes, et c'est aussi une "sécurité" pour éviter de tirer des enseignements trop stricts d'ensembles de données nécessairement incomplets. En Floride, par exemple, le logiciel ne dispose que des données recensées par la justice, qui sont loin d'aborder toutes les facettes de la personnalité ou de l'histoire d'une personne.

Paradoxalement, si le logiciel de SPSS se base sur l'examen d'un grand nombre de données pour effectuer ses prévisions, il ne permet pas forcément de déterminer des règles générales sur le comportement humain. "Nous obtenons des indicateurs, en aucun cas des règles, juge Erick Brethenoux. L'application des modèles d'analyse prédictive au commerce nous a appris que si les individus sont assez prévisibles, les facteurs individuels restent déterminants."

Damien Leloup
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 11 Mai 2010, 20:46

http://bigbrotherawards.eu.org

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La 10ème édition des Big Brother Award en France aura lieu le 29 mai 2010 à St Denis, à la Belle Etoile, théâtre de la Compagnie Jolie Môme. Comme chaque année les Big Brother Awards France décernent depuis l’an 2000, des « Prix Orwell » à celles et ceux qui se sont illustrés en matière de promotion de la surveillance, d’atteintes aux libertés ou à la vie privée. Sont ainsi dénoncés, sur le mode de la dérision, les pires pourfendeurs de la vie privée. Sociétés comme élus, surtout au gouvernement, figurent parmi les peu prestigieux « nominés. En voici la liste édifiante.

ORWELL ETAT & ELUS

Brice Hortefeux, ministre de l’intérieur. Celui-ci aime tellement la vidéosurveillance qu'il a décidé d'en changer le nom, au profit de la "vidéoprotection". Un parfait exemple de novlangue, "simplification de la langue destinée à rendre impossible l’expression des idées subversives et à éviter toute formulation de critique de l’État".

Eric Besson, ministre de l’immigration. Pour avoir durci les quotas d'expulsions, refusé de mettre à l'abri des poursuites les personnes qui aident les migrants, et pour vouloir contourner le juge des libertés afin de bafouer les droits des migrants lors de procédures d'expulsion expéditives.

Frédéric Mitterrand, Christine Albanel, ministres de la Culture, et leur exécuteur Frank Riester. Nicolas Sarkozy en ayant fait un cassus belli, Christine Albanel, puis Frédéric Mitterrand, et Frank Riester, ont ardemment défendu la loi Création et Internet qui, sous couvert de défendre les droits d'auteur, veut obliger tous les internautes à installer un mouchard (payant) sur leurs ordinateurs.

Jean Marie Bockel, secrétaire d’État à la Justice. Pour s'être employé à vider de sa substance la proposition de loi sur le respect de la vie privée à heure du numérique, et avoir totalement oublié que sa mission, en tant que secrétaire d'état, est de servir la justice... et les libertés.

Le "fichier H1N1" de Roselyne Bachelot, ministre de la Santé Pour avoir créé un giga-fichier recensant les données personnelles et de santé de la totalité de la population française vaccinée... comme non vaccinée, sans se soucier des possibles conséquences si ces données tombent en de mauvaises mains, comme celles de...ses amis les laboratoires ? Avec l'aimable participation de la CNIL et de la CNAMTS. +Mention spéciale fichiers

Les fichiers de l’Education nationale (Xavier Darcos, Luc Chatel). Jamais une administration n'avait accumulé en si peu de temps de nouveaux fichiers nominatifs, de Base élèves (dès 3 ans) au "livret de compétences", en passant par ceux qui "décrochent" du système éducatif... +Mention spéciale fichiers

Les fichiers sociaux d’Eric Woerth et Martin Hirsch. Qu'il soit au Budget ou au "Travail et à la Solidarité", le cheval de bataille d'Eric Woerth reste la "lutte contre la fraude", facteur de "cohésion sociale" et facteur d'interconnexion massive des fichiers sociaux. Il a été aidé par Martin Hirsch et son colossal fichier de la précarité @RSA +Mention spéciale fichiers

Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Interieur puis de la Justice. Pour valider sa proposition de tripler le nombre de caméras de vidéosurveillance, MAM a commandé un rapport dont l'objectif n'était pas de mesurer leur efficacité, mais de le démontrer. Quant à sa loi de programmation sur la sécurité, elle permettra de censurer toute "atteinte à la réputation" faite sur le Net, mais également d'espionner les internautes coupables de délits de solidarité.

Nadine Morano, secrétaire d’Etat chargée de la Famille. Pour manque de vigilance sur le respect des Droits de l'enfant (dossier Base élèves) et pour se pencher sur la notion floue de "information préoccupante" pour justifier le viol de la vie privé et familiale et le recours au "secret partagé" des organismes d'action sociale.

ORWELL ENTREPRISE

Alcatel Shanghaï Bell. Pour avoir fourni aux autorités birmanes des équipements permettant de surveiller en masse les communications téléphoniques et internet des citoyens et de repérer les dissidents. Le tout en se dédouanant de toute responsabilité en tant que simple "fournisseur".

Auchan et sa banque Accord. Pour leur expérimentation d'un nouvel identifiant biométrique aussi inutile que potentiellement nuisible pour la vie privée.

Bio Rafale, de la société Vesalis. Le ministère de l'Intérieur a proposé à cette start-up de développer son logiciel de "maquillage virtuel" afin de pouvoir identifier, en temps réel, dans la foule et au moyen de caméras de vidéosurveillance, les hooligans, terroristes, criminels et autres délinquants.

BNP Paribas, la Banque Postale et LCL. Pour avoir dénoncé aux services de la Préfecture des clients sans papiers venus à leur guichet.

Cegedim et la Confédération des syndicats de médecins (CSMF). Pour leur volonté conjointe de développer le "Dossier médical professionnel" (DMPro), qui manipule des données très personnelles. Cegedim est une multinationale qui tire ses (gros) profits du commerce des données de santé. La CSMF est la principale corporation de médecins en France, et semble se féliciter de l'extension du fichage de ses clients

I&E Consultants et la Commission du débat public. Le Cabinet I&E, au service de la CNDP dans le cadre de la campagne d'acceptation des nanotechnologies, n'a pas hésité à ficher illégalement les opposants pour mieux les refouler des lieux de débats.

La RATP et ses caméras clandestines. Pour ne pas informer correctement les usagers sur la présence et l'usage des caméras embarquées dans des rames de métro (jusqu'à 60 par rame) et de tramways

Les Caisses d’Epargne. Pour intrusion agressive dans la vie privée de leurs clients

SPIE Communications. Pour "géoflicage" obligatoire de ses salariés aux fins d'augmenter leur rendement. Les employés ont déposé un recours devant la CNIL pour atteinte à la vie privée

ORWELL LOCALITES

André Pesce, maire de Le Fugeret. Pour avoir récupéré et rendu public la fiche STIC d'un de ses opposants.

Bruno Beschizza, conseiller régional UMP (Ile-de-France). Pour des solutions de protection ineptes, comme vouloir "sur-vidéoprotéger" les personnes "vulnérables" dans les transports... en les mettant toutes dans la rame de tête.

Christian Estrosi, maire de Nice. Connu pour ses aspirations sécuritaires, Estrosi a installé à Nice le plus dense (600 caméras) et le plus cher (7,6 millions d’euros) système de videosurveillance de France. Le plus high-tech aussi avec analyse automatique des images. Rien n'est trop beau pour rassurer ses vieux électeurs.

François Cuillandre, maire PS de Brest. Celui-ci s'honore du titre de "Pionnier" des machines à voter, qu'il a imposées en 2004 aux électeurs de la ville de Brest (Finistère)

Francis Delattre et Sébastien Meurant, maires de Franconville & St-Leu-la-Forêt. Pour s'être fait illégalement communiquer les fiches STIC, Cassiopée et autres d'Ali Soumaré et avoir divulgué ces informations confidentielles (et incorrectes pour certaines). C'est tout de même incroyable (!!), comme dirait l'autre, de la part d'un ex-commissaire de la CNIL comme Francis Delattre

Jacques Pélissard, maire de Lons-le-Saunier. Dans le Jura, on innove. Le maire de Lons a décidé d'installer trois caméras de vidéosurveillance dans la cour... d'une école maternelle, en dépit des protestations des enseignants et des parents d'élèves. Pour la sécurité des enfants ? non pour celle des bâtiments, puisque les caméras ne fonctionneront que quand les élèves seront absents !

Jean François Copé, député Maire de Meaux. Pour apologie de la vidéosurveillance, remise en cause du droit à informer par l'image lorsque cela concerne lui ou ses amis, et ignorance de la réalité des techniques de surveillance IP .

Le Groupe Scolaire Saint-Denis, à Loches. Non content de vidéo surveiller les toilettes (ce que la loi interdit), l’infirmerie, le CDI, les couloirs et salles d’étude, le groupe scolaire Saint Denis prenait également les empreintes digitales des élèves à la cantine (ce qui est également interdit). En ayant oublié de demander l'autorisation de la CNIL !

Les maires de Strasbourg et les présidents de la Communauté urbaine. Depuis 2003, les élus strasbourgeois, tous bords confondus, ont tout fait pour hisser la capitale de l'Alsace au sommet des villes les plus militaro-sécuritaires. Son maire actuel, Roland Ries, voulait en outre, après le sommet de l'OTAN qui a occasionné nombre d'atteintes aux libertés des habitants et des manifestants, accueillir le prochain sommet du G20.

Michel Destot, maire de Grenoble. Connue pour sa longue implication dans les nanotechnologies, la ville de Grenoble réaffirme son goût pour les must de la technologie de surveillance et pour l'opacité en installant clandestinement des caméras de surveillance dernier cri sur le trajet des grandes manifestations.

Richard Olszewski, maire-adjoint de Roubaix et consultant privé. Pour son zèle frénétique à déployer la vidéosurveillance dans les villes et les campagnes. L'homme est haut placé dans une boite de consulting privée, formateur (il a milité pour la création du Bac pro "métiers de la sécurité"), élu de Roubaix et de la communauté urbaine de Lille, et vice-président du Forum européen pour la sécurité urbaine. Tout un poème...

ORWELL NOVLANG

Henry-Claude Cousseau, directeur de l’Ecole des beaux arts de Paris. Pour avoir fait interdire une œuvre d’art détournant un slogan de Sarkozy sur les façades de l’école. « L’art se doit d’être neutre » et on n'égratigne pas le conducator.

La "vidéoprotection" imposée par la loi. Comme Winston Smith, le héros du roman "Nineteen eighty four" d'Orwell, les scribes de l'état vont devoir modifier (a posteriori) les journaux du Parti pour ne pas contredire les vérités du jour... ainsi la Surveillance devient Protection. Merci M. Ciotti.

La novlangue d’Alex Turk, président de la CNIL. Le président de la CNIL, qui "ne se bat plus sur le terrain de la sémantique", est toujours très en verve pour tourner des phrases orwelliennes. De la novlangue pur jus à lire sans modération.

Les "voisins vigilants". Sont nommés pour ce prix, les instigateurs - Le Ministère de l'Intérieur -, les exécuteurs - les préfets, les maires et leurs adjoints à la sécurité - et les français qui se prêtent à ce jeu de délation/surveillance de leurs concitoyens.

Les journalistes qui font le boulot de la police. Par conviction ou complaisance, des journalistes zélés sont toujours là pour souffler sur la braise sécuritaire, amplifier les faits divers pour servir le politique, pour emprunter des méthodes policières ou même collaborer ouvertement avec les services officiels. Leur rhétorique emprunte très souvent à la novlangue. +Mention spéciale médias.

Pr. Cabanis, académie de médecine. Un professeur de médecine fait l'apologie de la biométrie, justifiée selon lui par les attentats du 11 septembre et les "morts occidentaux", qui "contredisent Big Brother"... La biométrie, "la réponse biologique de l'Homo Technologicus qui protège Homo Sapiens de l'insécurité du monde".

Projet DOXA. L'ombre de Thales plane sur ce projet de recherche qui propose un "Traitement automatique des opinions et des sentiments". Et pourquoi pas une Police de la Pensée pour les marchands ?

EXECUTEURS DES BASSES ŒUVRES

Alex Turk, président de la CNIL. Pour tromperie et dissimulation. Alex Turk endosse les habits du défenseur tout terrain de la vie privée et des libertés alors qu'il en est parfois le fossoyeur et souvent le facilitateur.

Christian Pasta, procureur de la République d’Alès. Il s'acharne depuis 2006 pour que soit condamné un agriculteur, qui refuse d'être fiché au FNAEG après un procès pour fauchage d'OGM, après l'avoir menacé de le "coller au trou pour récidive". Pour lui, "limiter aux seules infractions sexuelles n’était pas suffisant pour alimenter le fichier".

Eric Ciotti, député et président du Conseil général des Alpes-Maritimes. Rapporteur de la LOPPSI et porte-flingue du gouvernement pour toutes les questions liées à la sécurité intérieure, Eric Ciotti est aussi le président zélé d'un département qui veut être le premier à supprimer les allocations à une famille en difficulté sociale

Jacques Barrot, commissaire européen à la sécurité. Jacques Barrot a troqué son poste de Commissaire à l'Agriculture pour un fauteuil de vice-président de la Commission en charge de la Justice et Affaires intérieures. C'est en quelque sorte le porte-clés de la Forteresse Europe, l'exécuteur des volontés des ministres de l'intérieur des 27.

Jacques-Alain Bénisti, député, et Christian Cointat, sénateur. Pour avoir, sous couvert de renforcer la loi Informatique et libertés, facilité la création de fichiers policiers toujours sans avoir à consulter le Parlement.

La Préfecture de la région Centre. Le prefet Bernard Fragneau, et son secrétaire général Michel Bergue, se sont distingué par leur zèle invétéré à appliquer la politique d'expulsion de Nicolas Sarkozy, notamment dans l'affaire d'une jeune marocaine qui a été privée de ses droits après avoir porté plainte pour violences à son encontre...

Le Conseil d’Etat pour sa décision sur Cristina. Le Conseil d'Etat s'est plié à la volonté de la DCRI et des ministres de l'Intérieur (Sarkozy en 2006 et MAM en 2008) en ne frappant pas de nullité le fichier Cristina, qui ne respecte pourtant aucun de droits fondamentaux inscrits dans la Constitution et les Déclarations des droits de l'homme.

Le fichier clandestin de l’Administration pénitentiaire. Fichage sauvage des détenus, suivi comportemental, détournements de finalité: le « Cahier électronique de liaison », dernier maillon de la prison panoptique, déployé sans autorisation et dans l'indifférence générale...

Les inspecteurs d’académie qui sanctionnent les directeurs d’école. Pour ne tenir aucun cas des recommandations de l'ONU en sanctionnant les directeurs d'école qui refusent de renseigner le fichier Base Elèves premier degré.

Patrick Balkany, député des Hauts de Seine. Pour avoir proposé que les policiers municipaux aient accès aux fichiers de Police, dont le tentaculaire STIC qui va bientôt fusionner avec son équivalent de la Gendarmerie.

Philippe Rey, préfet des Pyrénées Atlantiques. Pour avoir attaqué en justice cinq citoyens qui se sont révolté par courrier contre le placement en rétention d'une famille comprenant deux enfants de cinq et sept ans.

MENTION SPECIALE INTERNET

Facebook et Vous. Au commencement, Facebook était un réseau social fermé. Mais plus ça va, plus Facebook modifie sa politique de protection de la vie privée pour partager à tout va les données qui y sont postées... avec la collaboration active de ses utilisateurs, principal carburant de Facebook.

Google. Pour la vision très personnelle du droit à la vie privée de son PDG Eric Schmidt, et pour ses pratiques très peu respectueuses de la vie privée, quoiqu'elle veuille en faire croire.

Les services web de géolocalisation. Après Facebook et Twitter, voilà la nouvelle armada du Web 2.0: Foursquare, Gowalla, Yelp, Plyce, Tellmewhere (Dismoioù en France) et autres Veniu.

Pages Jaunes. PagesJaunes dévoile, via sa filiale 123people, la vie privée des internautes à l'insu de leur plein gré. Pour faire valoir son droit à l'oubli... il faut lui envoyer, en clair, sur l'internet, la copie d'un titre d'identité.

Trident Media Guard & Thierry Lhermitte. L'acteur a investi dans une société privée qui cherche à profiter de la surveillance des internautes autorisée par les mesures de la loi Hadopi.


Le palmarès officiel sera donné le mercredi 12 mai 2010. Vous le trouverez évidemment sur ce blog. Rappelons que l’an dernier, c’est Michèle Alliot-Marie qui avait remporté le peu reluisant « Big Brother Award 2009 ».
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 13 Mai 2010, 09:27

Saint-Avertin tente l'expérience des '' Voisins vigilants ''

Saint-Avertin. Deux quartiers vont tester la méthode des Voisins vigilants qui a fait ses preuves, ailleurs, dans la prévention de la délinquance.
Lors de la réunion avec le maire, Jean-Gérard Paumier, et le directeur départemental de la sécurité, Marc Emig. - - Photo NR

La ville de Saint-Avertin est la première du département, visiblement, à lancer l'expérience « Voisins vigilants » dans deux quartiers pavillonnaires de la commune. Cette méthode de prévention est déjà appliquée dans les pays anglo-saxons, adoptée dans certaines régions de France depuis 2005. Elle a fait ses preuves dans la prévention de la délinquance de proximité, et notamment des cambriolages.
La méthode a été exposée au cours de deux réunions publiques qui réunissaient les différents partenaires pour cette initiative, dont Marc Emig, directeur départemental de la sécurité. « Un citoyen, connu et reconnu dans son quartier, se porte volontaire pour être référent. Il reçoit une formation dispensée par la police municipale. C'est à lui que seront rapportés tous les faits anormaux qui se passent dans le quartier, des faits insignifiants peut-être pour celui ou celle qui les communique, mais qui, regroupés et recoupés par les services de sécurité, peuvent prévenir certains faits », explique le maire, Jean-Gérard Paumier, qui ajoute : « Tout se fera dans le cadre républicain, dans le respect des libertés publiques. » La mise en oeuvre de cette disposition, qui pourrait être étendue, toujours par volontariat, vient en complément de toutes les mesures prises dans ce domaine depuis plusieurs années.
« Elles seront même étendues avec un maître chien qui assurera une permanence du 15 juillet au 15 septembre de 23 h à 5 h, et le renforcement de la police municipale avec un poste en temps partiel en secrétariat, ce qui lui permettra d'être davantage sur le terrain », révèle Alain Guillemin, adjoint chargé de la sécurité.
Le maire insiste : « Tout est bordé, encadré. Nous avons déjà eu des premiers résultats, notamment suite à un accident. L'auteur a fui. Une personne a relevé le numéro d'immatriculation. L'enquête a vite abouti. » Le but, pour les Voisins vigilants, est de « signaler ce qui est trouble, bizarre, pas naturel ». Au référent, ensuite, de « faire le tri » de l'information et d'alerter ou pas la police.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 13 Mai 2010, 15:56

Privacy France, 12 mai 2010. — La liste des lauréats des Prix Orwell 2010, sanctionnant les pires atteintes à la vie privée, aux libertés publiques et individuelles, semble interminable. De mémoire d’organisateurs, jamais le choix n’a été aussi difficile. Nos jurés (1) ont d’abord absolument tenu à exclure le plus attendu des Big Brothers, Nicolas Sarkozy, pour dopage et récidivisme chronique, et préféré "récompenser" les plus méritants de ses exécuteurs, qu’ils soient ministres, hauts fonctionnaires, élus locaux, entreprises, médias ou personnalités.

Résultat : dix trophées décernés, neuf prix Orwell et un prix Voltaire pour cette 10ème édition des BBA !

Orwell Etats/Elus :


Eric Besson, ministre de l’immigration, remporte le Prix haut la main. Les chefs d’inculpation sont multiples : durcissement des quotas d’expulsions, refus de disculper les personnes et associations aidant les migrants, expulsion expéditives hors contrôle du juge des libertés et non respect des droits des migrants. Comme dit Eric Besson "c’est pas Auchwitz". Encore heureux !...

Loin derrière lui, la pourtant très méritante Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur puis de la Justice (après avoir officié à la Défense), primée l’an dernier pour son efficacité policière : triplement des caméras de "protection", commande d’un rapport approximatif sur leur efficacité, et sa contribution à la Loppsi 2 (loi de programmation sur la sécurité), toujours en chantier. Cette année MAM a été envoyée au charbon pour passer en force la loi de « modernisation de la Justice ». Sarkozy vient de laisser tomber le projet de loi et MAM a désormais contre elle toute la magistrature. Petite dernière, avec son tailleur et ses crocks roses : Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, pour le giga-fichier H1N1 convoité par ses amis les labos, et son incompétence à protéger les français des appétits des protagonistes du DMP et du DMP Pro.


La catégorie Etats/Elus était si fournie en candidats poids lourds que deux mentions ont été instaurées :

Mention spéciale Fichiers A la quasi unanimité, le jury a souhaité récompenser les ministres successifs de l’Education nationale (en l’espèce, Xavier Darcos puis Luc Chatel), pour six années d’efforts à mettre en place un fichage systématique (sans base légale et dénoncé par des instances de l’ONU comme le Conseil des droits de l’enfant) des enfants dès l’âge de trois ans. Base Elèves et la BNIE (Base nationale d’identifiants élèves) sont le socle d’un futur "Safari", qui permettra un fichage à la source des futurs actifs, façon "casier scolaire". Deux autres fichiers ont été distingués : le @RSA d’Eric Woerth et Martin Hirsch, qui n’est que le dernier fichier entrant dans le croisement des bases de données sociales mises en place pour contrôler les précaires et les autres. Et le fichier H1N1 de Roselyne Bachelot justifié entre autres par l’argument asséné en pleine crise grippale : « et des gens vont mourir ».

Mention spéciale "Exécuteurs des basses oeuvres" : elle récompense ces hauts fonctionnaires, petits chefs ou élus zélés sans lesquels la machine à broyer ne serait pas aussi performante. Grand gagnant : Eric Ciotti, député et président du Conseil général des Alpes-Maritimes. Il est rapporteur de la dernière loi sécuritaire de l’ère Sarkozy ("Loppsi2"), "porte-flingue" du gouvernement pour toutes les questions de sécurité intérieure, et "conducator" zélé d’un département qui veut être le premier à supprimer les allocations aux familles en difficultés. Dommage pour les perdants : Alex Türk, président de la CNIL maintes fois nominé et qu’on ne présente plus, et Christian Pasta, procureur de la République d’Alès, inconditionnel du FNAEG qui s’est acharné, en vain, à faire condamner un faucheur d’OGM refuznik, car "limiter aux seules infractions sexuelles n’était pas suffisant pour alimenter le fichier"...


Orwell Localités : Tir groupé pour les Alpes Maritimes ! Car c’est le maire de Nice Christian Estrosi qui décroche la palme du pire élu local de ces BBA 2010. Estrosi — qui a propulsé Eric Ciotti dans son fief du « Zéro-Six » — est le promoteur en tant que ministre de la fameuse loi « anti-bandes » votée cette année, mais c’est surtout pour sa volonté de faire de sa ville un laboratoire de la vidéosurveillance qu’il a été distingué (en projet, un réseau 600 caméras à Nice pour un investissement de 7,6 millions d’euros).

Les « dauphins » d’Estrosi sont d’abord le duo de choc Francis Delattre et Sébastien Meurant, deux élus du Val d’Oise qui sont allés fouiller dans les fichiers pour discréditer un adversaire politique (Francis Delattre étant par ailleurs, fait aggravant, un ex-commissaire de la CNIL !). Et ensuite, médaille de bronze pour le maire de Grenoble Michel Destot, déjà connu pour sa longue implication dans les nanotechnologies, qui s’est fait pincer en installant clandestinement des caméras-dôme sur le trajet habituel des manifs, anticipant sur la Loppsi2 qui prévoit que le préfet puisse procéder à de telles installations mêmes éphémères.

Orwell Entreprise : le Prix revient aux banques BNP Paribas, la Banque Postale, LCL, la Société générale... et tous les autres établissements bancaires qui laissent ou incitent leurs employés à dénoncer aux services de la Préfecture les clients sans papiers venus à leur guichet. Les deux autres candidats distingués sont la filiale chinoise d’Alcatel — Alcatel Shanghaï Bell — pour collaboration et fourniture de moyens de surveillance à la dictature de Birmanie, et la RATP pour ses passes Navigo, ses caméras clandestines dans le métro, ses panneaux de pub "espions" et sa politique au service de l’argent et de la sécurité, et non de l’usager.


Mention spéciale Internet : elle distingue Trident Media Guard & son actionnaire Thierry Lhermitte, qui escomptent bien faire des profits faciles sur la surveillance des internautes autorisée par l’Hadopi. A une voix près elle échouait aux services web de géolocalisation, la nouvelle armada aspireuse de vie privée du Web 2.0 (Foursquare, Gowalla, Yelp, Plyce, Tellmewhere (Dismoiou en France) et autres Veniu. Et à deux voix près, elle atterrissait dans l’escarcelle de Pages Jaunes et de sa très intrusive nouvelle acquisition 123 People championnes du web-renseignement à l’insu de ceux qui en font les frais et doivent montrer leurs papiers pour espérer qu’on les oublie.

- Orwell Novlang : Brice Hortefeux, notre nouveau et célèbre auvergnant ministre de l’Intérieur, n’est pas oublié. Il a signé le décret imposant le terme de « videoprotection » (ce dossier lui a été associé) et la modification de tous les textes règlementaires, histoire de rétablir une réalité sinon sécurisante du moins sécurisée.

Ensuite le jury a été sensible à la campagne dite des « Voisins vigilants », autre avatar de la nouvelle sémantique orwellienne, qui pousse la population à s’entre-surveiller. Une mode qui contamine de plus en plus de municipalités. Derniers dossiers remarqués par le jury : le projet Doxa (analyse des « sentiments des consommateurs »), derrière lequel plane l’ombre du groupe Thales), et le professeur Cabanis, qui a fait un éloge remarqué de la biométrie : « la réponse biologique de l’Homo Technologicus qui protège Homo Sapiens de l’insécurité du monde » (sic).

Mention spéciale médias. Dans cette catégorie, les journalistes « qui soufflent sur la braise sécuritaire » méritaient bien une petite mention.

Parmi les six cas d’école soumis au jury — deux pour TF1, M6, France 2, France 3 et un plumitif du Figaro —, le jury finalement placé ex-aequo Les Infiltrés (France 2 / CAPA) qui piochent leurs sujets dans les communiqués de l’Intérieur, et le journaliste du JT de TF1, dans l’affaire Continental, pour avoir diffusé des images non-floutées qui ont permis d’arrêter et de condamner des syndicalistes.

Prix Voltaire : Il récompense des individus et des collectifs qui luttent contre la surveillance et tentent d’enrayer la frénésie de contrôle des élus et des responsables publics et privés.

Parmi les huit candidats en lice cette année, c’est le groupe Pièces et main d’oeuvre (PMO), né à Grenoble il y a une dizaine d’années et son minutieux travail d’information sur les relents totalitaires des techno-sciences, qui a remporté les suffrages. Ils sont notamment parvenu à contrer avec éclat la campagne d’acceptation des nanotechnologies organisée fin 2009 par le gouvernement via la "Commission du débat public" (CNDP).

Le jury a ensuite été sensible au mot d’ordre du REFI, le Réseau Emploi Formation Insertion, composé de salariés des services publics (Pôle Emploi, organismes sociaux, direction du travail, associations, organismes de formation...) qui refusent de participer à la chasse à l’étranger et au fichage systématique de la précarité. Les autres candidats à ce prix Voltaire sont : Geoffrey Dorne, qui a développé un attirail artistique de contre-surveillance, les collectifs CREP (Strasbourg) CDL (Paris) et un collectif anonyme de Grenoble qui "démontent" les caméras de "protection"dans leurs quartiers, le collectif anti-pub Les Déboulonneursqui avait bien cru s’être débarrassés des panneaux espions du métro, et enfin le tandem de sociologues Tanguy Le Goff & Eric Heilmann, dont l’étude critique a dégonflé le fameux Rapport censé prouver l’efficacité de la vidésurveillance.

Et puis surprise le jury a exigé...

- un Prix Spécial du Jury - 10 ans des BBA remis à Alex Türk, sénateur du Nord et président de la Commission de l’informatique et des libertés (CNIL). Il a finalement été distingué par ce Prix Spécial, après avoir été un candidat malheureux pendant de si nombreuses années. C’est presque un vétéran dans son domaine : lorsque les BBA se sont mis à faire le travail qui devrait être également le sien, avec leur première édition en 2000, Alex Türk était déjà "simple" commissaire à la CNIL. Il en deviendra président en 2004, et sa posture de « garant » des libertés à l’ère du numérique, alors qu’il a lui-même participé à l’érosion des pouvoirs de la CNIL, ainsi que son double discours perpétuel a poussé le jury, à l’unanimité, à l’extraire de la sélection pour lui réserver cette distinction particulière. Il était nominé en tant qu’ « exécuteur de basses oeuvres » et pour son appétit à jouer de la « novlangue » avec persévérance.

Vous retrouverez en ligne la liste des nominés et des primés ainsi que les dossiers complets, candidats par candidats.
http://bigbrotherawards.eu.org/spip.php ... -bba&annee 10

Des remises de prix pourront avoir lieu d’ici l’Orwell Party anniversaire du 29 mai 2010. Nous vous en tiendrons informés.

Et nous vous donnons bien sur rendez vous le 29 mai 2010, au Théâtre la Belle Etoile de la Cie Jolie Môme (Saint Denis 93) pour un après midi d’ateliers Barcamp sur le thême de la contre-surveillance, ainsi que pour la remise du Palmarès BBA Spécial 10 ans, où les gagnants seront cette fois-ci choisis par le public.

Grand fraternellement vôtre,
L’équipe des BBA France.

(1) Le jury 2010 accueillait cette année : Matthieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la magistrature, Véronique Decker, directrice d’école, Collectif national de résistance à Base élèves, Gaëlle Krikorian, sociologue, membre de La Barbe, des Tumultueuses, de Cette France-là et d’Act Up Paris, Agnes Mel, assistante sociale, Mouvement Antidélation, Francis Mizio, auteur, écrivain, Jean-Pierre Petit, Souriez vous êtes filmés, Maurice Rajsfus, fondateur de l’Observatoire des Libertés publiques (Que fait la police ?), Sylvia Preuss-Laussinotte, juriste, Groupe d’information et de soutien aux immigrés (Gisti), François Sauterey, Réseau associatif et syndical, Collectif Non a Edvige et Thomas Sauvadet, sociologue.

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La Belle Etoile

La Belle Etoile, théâtre de la Compagnie Jolie Môme, 14 Allée Saint-Just, 93210 Saint-Denis (pas de panique, c’est à 15 minutes de Paris, juste derrière le boulevard périphérique !-)

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Re: Veille des outils de répression

Messagede sebiseb » 14 Mai 2010, 10:36

Je ne sais pas si le sujet des apéro's géant organisé via facebook a déjà été évoqué sur ce forum, mais il me semble que cette nouvelle somme de rassemblement "festif", rappelant étrangement l'organisation des "free party's" dans les 80'/90' commencent a paniquer les pouvoirs publiques ; http://www.rue89.com/2010/05/13/un-mort ... ndu-151260

Personnellement ça m'amuse toujours autant de voir comment les gugu's qui nous gouvernent paniquent quand leur contrôle sur "la populace" leur échappe.. Ils seraient pourtant bien inspirés d'essayer de contrôler les spoliateurs de la finance mondiale plutôt que d'emmerder ceux qui essaie "collectivement" de se distraire dans ce monde, décidément, de plus en plus morose :-(
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