Bulletin QUE FAIT LA POLICE ?

Bulletin QUE FAIT LA POLICE ?

Messagede Pïérô » 31 Oct 2009, 13:06

Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 34 – novembre 2009

Et si la majorité de la population d’un pays démocratique faisait le constat qui s’impose : les forces de l’ordre protègent bien plus le pouvoir établi qu’elles ne se préoccupent du sort des plus démunis. La fameuse légende de la défense de la veuve et de l’orphelin n’est même plus évoquée, tant cela ferait sourire ceux qui ont été « éduqués » pour réprimer, dans les écoles de police.

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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? décembre

Messagede Pïérô » 01 Déc 2009, 23:22

Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire – Nouvelle série – numéro 35 – décembre 2009


Editorial : La police est-elle un service public ?

En un temps où les services publics sont de plus en plus menacés, il convient de poser la question essentielle : la police nationale est-elle un authentique service public ? Il faut être cohérents : la SNCF, la RATP, la Poste ou EDF rendent un évident service aux usagers. Est-ce le cas de la police ? Bien sûr, les uns et les autres font plus ou moins partie de la Fonction publique, mais seuls les policiers sont armés pour assurer des prestations, de type répressif il est vrai.
Les postiers, les cheminots ou les électriciens d’EDF sont proches des préoccupations des citoyens de ce pays, dont ils facilitent le quotidien. Peut-on en dire autant des policiers, particu1ièrement dans ces banlieues déshéritées où les petites casquettes s’appliquent surtout à pourrir la vie des jeunes dont ils considèrent l’origine incertaine. Les policiers seraient de bons français, d’où cette volonté de s’affirmer comme les meilleurs défenseurs de cette Identité nationale pour laquelle un ministère a été créé en 2007.
Ca serait donc également au nom de l’Identité nationale que les CRS ou les gendarmes mobiles sont lancés en permanence à la chasse aux jeunes Afghans, Irakiens, Kurdes, etc. qui ont eu l’audace de passer par la France pour tenter de rejoindre l’Angleterre. En ce sens nos policiers joueraient un rôle de salubrité publique essentiel dans un pays où, comme dans les partitions musicales, une blanche vaut deux noires

Maurice Rajsfus

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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? janvier

Messagede Pïérô » 30 Déc 2009, 00:57

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Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire
Nouvelle série – numéro 36 – janvier 2010


Editorial : Mariages gris … chemises brunes !


La fin de l’année 2009 aura vu la disparition du poste de défenseur des enfants, dans le même temps qu’était décidée la constitution d’un fichier de police pour les mineurs délinquants, dès 1′âge de 13 ans. I1 y avait une Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) qui permettait, même de façon limitée de faire connaître les dérives policières les plus flagrantes mais cette instance a été supprimée. Tout cela dans une indifférence quasi-générale. Le gouvernement expliquant que les droits des uns et des autres seront bien mieux défendus dans une structure fourre-tout. Il en va un peu de même de la Commission informatique et liberté (CNIL), qui peut encore exister car ses avis ne sont que consultatifs, particulièrement en matière de fichiers de basse police. Dans notre douce France, tout se passe comme si l’ordre devait primer toute autre préoccupation.

Il est vrai que, dans l’esprit étroit de ceux qui nous gouvernent, les éléments porteurs de désordre seraient de plus en plus nombreux, particulièrement parmi ces sans papiers, qui ont eu le tort de choisir de vivre et travailler au pays de la liberté. Tout aussi dangereuses, ces unions qualifiées de mariages gris par notre gardien de l’Identité nationale. Lequel estime suspect le fait qu’un homme ou une femme à la peau colorée puisse éprouver le désir de se marier avec un ou une autochtone au teint plus clair. Mariages gris, martèle Eric « Judas » Besson, et les policiers sont prêts à interpeller les égarés qui croyaient encore au symbole du pays des Droits de l’homme. Si l’on ne s’inquiète pas réellement de ces dérives, dans notre démocratie égarée, c’est peut-être parce que le langage codé permet encore de masquer les mauvaises manières d’un pouvoir qui s’abrite derrière la recette éculée de l’Identité nationale, pour persuader les bons blancs que l’on est tellement en sécurité entre Français de France. Cela sous l’oeil suspicieux d’une police toujours en embuscade. « On rêve d’uniformes bleus et on découvre des chemises brunes ! » C’était le cri d’alarme lancé par Denis Langlois, en l986, sous Pasqua, avec un peu d’avance. Nous en prenons le mauvais chemin !

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? février

Messagede Pïérô » 07 Fév 2010, 00:05

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Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire
Nouvelle série – numéro 37 – février 2010


Editorial : Sommes-nous tous des « Individus » ?

Le jargon policier ne souffre pas de fioritures inutiles. Pour les gardiens de l’ordre public, nous serions tous des « individus ». Il est vrai que cela correspond à une solide tradition dans les rangs des forces de l’ordre. En juin 1848, lorsque les gardes mobiles étaient lancés contre les ouvriers parisiens en lutte pour leur survie économique, leur hiérarchie les envoyaient combattre les « Bédouins ».Ce qui ne faisait qu’évoquer la récente conquête de l’Algérie et les résistances rencontrées dans ce pays en voie de colonisation. Bien évidemment, nos policiers de 2010 ne se risqueraient pas à traiter de « Bougnoules » ces Français qu’ils ont à l’œil, car la confusion des genres ferait désordre en un temps où l’Identité nationale est à l’ordre du jour. Plus simplement, pour nos policiers, qui se prétendent républicains, la personne humaine n’existe pas plus que cet humanisme qui devrait être de rigueur, au sein des forces de l’ordre. C’est ainsi que, quiconque est interpellé, ou simplement désigné, est immédiatement ravalé au rang « d’individu ».

Livrons-nous à un peu de sémantique populaire. L’individu peut être, au choix : un triste sire, un joli coco, un pauvre hère, un vilain merle, une mauvaise tête, un bougre ou une tête brûlée. Pour le policier de 2010, « l’individu » n’est plus une personne mais, plus certainement, un énergumène, un zèbre, un voyou peut-être dangereux . En tout cas quelqu’un de louche. A la limite, le policier, plus mesuré parlera d’un quidam car il n’ose même plus utiliser le mot pékin. Avec une logique glaciale, Petit Robert nous explique que l’individu est « l’élément d’une population, en statistique » ou, plus tristement, le « terme inférieur d’une série qui ne dédaigne plus de concept général et ne comporte plus de division logique. » Faudrait-il estimer qu’en école de police nos futurs ange gardiens se penchent longuement sur ce dictionnaire ? Ce qui est sûr, c’est que certains policiers feraient bien d’acquérir un manuel du savoir-vivre…

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? mars

Messagede Pïérô » 05 Mar 2010, 00:20

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Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire
Nouvelle série – numéro 38 – mars 2010.


Editorial : Circulez, il n’y a rien à voir !

Peut-être l’avez-vous remarqué, à la lecture du dernier numéro de Que fait la Police ?, il semblerait que les dérapages policiers ont diminué, en janvier 2010. Qu’en est-il exactement ? Comme la source de nos informations réside essentiellement dans la presse, il nous faut bien constater que la colonne des faits divers, où sont relégués les petites dérives ou les bavures en vraie grandeur, sont désespérément vides. D’ailleurs, des quotidiens aussi sérieux que Le Monde ou Libération, on considérablement réduit leurs petites colonnes de « brèves » qu’il est possible de recueillir dans les dépêches de l’AFP. Comme si le citoyen ordinaire n’avait pas à s’inquiéter du comportement de la police républicaine. Il en va également ainsi du Parisien, au travers de ses multiples éditions, en Ile de France, où l’intérêt porté aux troubles à l’ordre public provoqués par des fonctionnaires agissant sous la pression de l’obligation de résultat imposés par leur hiérarchie, paraît nettement moins évident. Même des journaux gratuits, comme Métro ou 20 Minutes, intéressés il y a peu par les faits et gestes de nos gardiens de la paix, évitent de trop s’étendre sur ce sujet. Bien souvent, c’est au travers d’une information entendue rapidement sur France Info ou sur France Inter, qu’il est possible d’apprendre qu’un policier ne s’est pas très bien conduit. Faudrait-il en conclure que le corps policier s’est apaisé, et que la population de ce pays n’est plus considérée comme globalement suspecte, au point que ses relations avec les forces de l’ordre se seraient réellement améliorée ? Ce serait trop beau ! A rebours, comment expliquer que, bon an mal an, environ 3 000 policiers de tous grades comparaissent devant les Commissions de discipline de la police nationale. Cela pour des motifs dont le détail ne nous est jamais communiqué par voie de presse. Faut-il donc conclure de ce constat que, à part quelques grosses bavures éminemment médiatiques, la presse n’hésiterait pas à s’autocensurer elle même sans y être véritablement contrainte ? Il semble que l’attitude de la presse régionale soit également identique. Dès lors, comme il parait peu vraisemblable que la police soit devenue authentiquement citoyenne, il faut bien se résoudre à admettre que nous ne devons pas nous intéresser au mode opératoire de notre police. En clair : circulez, il n’y a rien à voir !

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? avril 2010

Messagede Pïérô » 01 Avr 2010, 23:09

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Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire
Nouvelle série – numéro 39 – avril 2010.


Editorial : Démocratie policière

Il était admis que les militaires et les policiers ne faisaient pas de politique. Cette vérité première est visiblement contredite depuis la candidature de Bruno Beschizza, comme tête de liste UMP en Seine-Saint-Denis, lors des élections régionales des 14 et 21 mars derniers. Nous avons d’ailleurs pu constater la qualité de ses propositions lors de cette campagne électorale. (Se reporter à Que fait la Police ?, mars 2010) Ce n’est pourtant qu’un petit fait divers si l’on se reporte aux années passées, et à l’arrivée en politique de grosses pointures comme Charles Pasqua. Lequel avait tout appris de son métier au SAC (Service d’action civique) au cours des années I960. Il en allait de même de son bras droit au ministère de l’Intérieur, Robert Pandraud, qui demandait à ses inspecteurs de ne jamais rater leur cible, lorsqu’il était directeur général de la police nationale. Pandraud nous a quitté récemment mais Pasqua, toujours parmi nous devrait être en mesure de relater tous les coups tordus auxquels la police ne manque jamais de participer. Revenons rapidement au commandant Beschizza qui, jusqu’à ces derniers jours était encore secrétaire général du syndicat Synergie des officiers de police. Il ne serait pas exclu que lui-même, ou certains de ses collègues, aient fourni aux candidats UMP du Val d’Oise les informations calomnieuses concernant le candidat socialiste Ali Soumaré -les renseignements fallacieux ayant été péchés illégalement dans le sinistre fichier STIC.

En fait, les institutions policières n’ont jamais été neutres en politique. N’évoquons que pour mémoire l’actuel président de la République, qui avait utilisé le poste de ministre de l’Intérieur pour accéder à la magistrature suprême. Plus préoccupant encore, l’arrivée au rôle de numéro 2 de l’État de Claude Guéant, lui aussi ancien directeur de la police nationale, puis chef du cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur. Secrétaire général de la présidence de la République, Claude Guéant, qui n’a jamais bénéficié du moindre mandat électif, est en situation de donner des leçons aux ministres, de morigéner et de critiquer ceux d’entre eux qui s’éloigneraient de la ligne décidée en haut lieu.

Peu à peu, les citoyens de ce pays s’habituent à cette situation. D’autant plus qu’il est suggéré aux gros naïfs qu’ils ne doivent jamais hésiter à faciliter les dures tâches des forces de l’ordre. Tout comme les travailleurs sociaux et les enseignants sont incités à se faire les auxiliaires actifs de la police. Attention, est-il précisé : que les uns et les autres soient bien convaincus qu’il s’agirait là d’un comportement civique bien naturel. C’est ainsi que l’on s’oriente peu à peu vers l’avènement d’une société policière bien tempérée. Bien sûr, ce ne serait pas l’Etat policier car nous sommes toujours en démocratie, n’est-ce pas. Nous n’en vivons pas moins sous la haute surveillance d’une police qui s’ est toujours affirmée républicaine. Faut-il être rassurés pour autant ? Ce n’est pas évident. Comme le suggèrent nos philosophes de banlieue : « La police nous protège, mais qui nous protège de la police ? »

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? mai 2010

Messagede Pïérô » 27 Avr 2010, 09:40

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Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire
Nouvelle série – numéro 40 – mai 2010.


Editorial : le temps passe, les forces de l’ordre ne changent pas !

Parmi les pays qui se targuent d’être à la pointe de la démocratie, la France est au premier rang en matière de forces de l’ordre. Comme si cela ne suffisait pas, nos policiers et gendarmes s’avèrent être les plus rugueux pour utiliser un mot acceptable. Disposant d’un arsenal offensif redoutable, nos défenseurs de l’ordre public sont sans doute ceux qui utilisent volontiers cet armement qui ne devrait être que défensif. Il est vrai que, malgré leur nombre, tout comme leur capacité de nuire, les protecteurs actifs des institutions républicaines s’estiment être constamment en situation de légitime défense. Bien sûr, de temps à autre, il faut déplorer la mort d’un policier ou d’un gendarme. C’est un métier à risque limité, pourtant, car les bavures habituelles sont bien plus meurtrières. Comment ne pas constater que ces deux institutions sont en guerre contre les citoyens d’un pays, considérés comme globalement suspects. En témoignent ces nombreux fichiers policiers et, particulièrement ce STIC (Système de traitement des infractions constatées), qui rassemble près de 30 millions de noms, où l’on trouve côte è côte des coupables, des suspects, des témoins et des victimes, tous réunis dans une même machine à réprimer. Ce constat n’a rien d’étonnant et, sans confondre les périodes et la finalité de la répression, les forces de l’ordre sont tout aussi pugnaces, tout aussi xénophobes, qu’elles pouvaient l’être, de l’été 1940 à l’été 1944. (I1 est important de préciser quand même que, durant ces années noires, nos policiers et gendarmes, étaient également au service d’une abominable politique raciale). De nos jours, les cerbères de la République se contentent de pourchasser les sans papiers et les Roms. Ils trouvent cela normal puisqu’ils se contentent d’obéir sans défaillir aux ordres de leur hiérarchie. Expliquant même qu’ils ne font que leur devoir, comme tout fonctionnaire se doit de le faire. Sauf que la très grande majorité des fonctionnaires ne sont pas au service de la répression. C’est à ce niveau qu’il ne faut pas manquer de rappeler que les dérives de nos forces de l’ordre n’ont jamais été jugées pour leurs forfaits. C’est ainsi qu’après la Libération, le procès de la police, qui s’ était mise au service de la Gestapo, n’a jamais eu lieu, de même après les massacres du 17 octobre 1961, avec des algériens pour victimes, et du 8 février 1962, à la station de métro Charonne. Comme les policiers ne sont jamais responsables, et pas davantage coupables, il n’y a jamais eu de repentance. On nous rappelle régulièrement au devoir de mémoire. Alors, n’oublions jamais ce passé répressif, tout en restant vigilant sur un présent préoccupant…

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? juin-juillet 2010

Messagede Pïérô » 15 Juin 2010, 10:53

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Nouvelle série – numéro 41 – juin-juillet 2010.


Editorial : Le policier et le Pékin

Dans notre société démocratique, il n’y a pas que des citoyens paisibles. Avec la crise économique, et le chômage qui fait des ravages, de nombreux jeunes choisissent de s’engager dans l’armée, faute de disposer d’un diplôme important ou d’une formation professionnelle leur permettant de trouver un bon travail. D’autres, qui n’ont peut-être jamais eu l’intention de succomber au salariat classique, choisissent l’institution policière, une fois l’indispensable baccalauréat en poche. Bien sûr, ceux-là ne sont guère mieux payés qu’un fonctionnaire ordinaire, mais ils ont la sécurité de l’emploi. Ce n’est pourtant pas le plus important : une fois revêtus de l’uniforme des défenseurs de l’ordre public, les hommes et les femmes qui se sont engagés dans cette voie ont le sentiment de disposer d’un pouvoir quasi discrétionnaire. Ce qui les rend tout à la fois fiers de leur condition, et en mesure d’en remontrer à quiconque serait censé se situer hors des lois d’une République dont ils sont prêts à abandonner peu à peu les principes démocratiques. Le type de rapports établis entre le policier et le pékin ordinaire est à sens unique. Le policier parle, et le bon citoyen se doit d’écouter sans broncher. Il faut opiner et se satisfaire des conseils prodigués par le fonctionnaire en uniforme. Trop souvent, les échanges n’ont rien d’amical, et les ordres sont bien plus aboyés que simplement transmis. Le policier, et sa collègue féminine, ont appris, dès l’école de police que le pékin doit le craindre. Ce qui constitue une assurance contre cette possible rébellion du civil, constamment agitée par la hiérarchie policière. C’est ainsi que le policier est conditionné pour être très sensible au comportement de quiconque paraît s’opposer à ses injonctions. Cette inquiétude permanente, qui lui est inculquée, le conduit à porter plainte plus souvent qu’il n’est nécessaire pour outrage envers sa précieuse personne, suite à une parole supposée déplacée. De même, il lui est possible de poursuivre en justice pour rébellion si sa brutalité verbale, ou physique, entraîne une réaction étonnée de la part de celui qui n’avait rien demandé. Quand ce n’est pas l’accusation majeure d’incitation à l’émeute. Surtout, ne pas parler de convivialité à un policier. Soit il ne connait pas le mot, soit il estime avoir été injurié, considérant qu’il a été visé par une formule trop lourde de sens à son gré. Persuadé de représenter la loi, et même dans la nécessité de faire appliquer des lois qui n’existent que dans son imagination fertile, le policier est droit dans ses bottes. Jamais il ne permettra à un civil, toujours considéré comme un possible délinquant de lui tenir la dragée haute. On ne doit pas pouvoir contredire un policier, faute de quoi les institutions du pays seraient en péril. Il en va ainsi d’une institution dont les fonctionnaires veulent nous persuader qu’ils sont les représentants de la plus belle démocratie du monde. Les jeunes fonctionnaires, qui sortent des écoles de police ont appris qu’ils sont différents du reste de la population qu’ils sont chargés de contrô1er. Ce qui les rend arrogants et incapables de supporter le dialogue. (A suivre)

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? août/septembre 2010

Messagede Pïérô » 26 Aoû 2010, 12:56

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Nouvelle série – numéro 42 – août/septembre 2010


Editorial : Le policier et le Pékin (suite de l’éditorial du numéro 41)

Il va de soi que la police n’a jamais été constituée d’enfants de cœur mais il faut bien constater que les rapports police/citoyens ne font que se détériorer. Il est vrai que les uns et les autres n’utilisent pas le même langage ou, tout au moins, le même vocabulaire. Face à un intellectuel, le policier ordinaire se sent tellement stupide que cela peut le rendre vulgaire. Dans le jargon policier, chaque mot ressemble à un ordre impératif qu’il faut sur tout bien se garder de ne pas prendre au sérieux. Lorsque l’on se considère comme le régulateur d’une société risquant de partir à la dérive, il faut bien que se manifeste un minimum d’autorité !

Faute de quoi, où irions-nous ? C’est à ce niveau de réflexion que se situent deux questions essentielles :
- Est-il possible de vivre harmonieusement sans police ?
- Les policiers seraient-ils en mesure d’exercer leur activité s’ils ne bénéficiaient que de pouvoirs limités ?

A cette double interrogation, il est possible de répondre par une autre question : la société a-t-elle besoin d’être mise constamment sous haute surveillance ? De façon modérée, il est possible de dire que, lorsque le policier cessera de considérer ses concitoyens comme des « individus », le climat social ne pourra que s’en trouver amélioré. Si cela pouvait être envisagé, le défenseur de la veuve et de l’orphelin aurait changé de nature. Pourtant, à aucun moment, le serviteur de l’ordre public ne peut imaginer qu’il fait partie de la communauté des citoyens. Bien sûr, il paraît semblable à ceux qu’il côtoie, hors du service, mais ses tuteurs, en école de police, n’ont cessé de lui expliquer qu’il se doit d’être policier 24 heures sur 24. D’où cette raideur obligée, qui le fait considérer comme un être insensible. Il est peut-être marié, et père d’adorables enfants, mais nous croyons savoir qu’à l’intérieur du foyer familial, les rapports ne sont pas vraiment ce qu’ils devraient être. Mentalement, le policier ne sort jamais de son commissariat et offre à ses proches ce visage revêche qui le fait reconnaitre immédiatement par ceux qu’il croise dans la rue. Même en civil, tout dans son comportement révèle le policier, toujours aux aguets, constamment méfiant, prêt à bondir sur une proie possible. D’où cette difficulté à communiquer paisiblement avec ceux dont il est chargé d’assurer la sécurité. (A suivre)

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? novembre 2010

Messagede Pïérô » 27 Oct 2010, 23:50

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Nouvelle série – numéro 44 – novembre 2010


Editorial : Quand le passé nous prend à la gorge

Trop occupés à pourchasser les Roms, et à détruire leurs pauvres campements, nos policiers et gendarmes ont oublié, qu’en d’autres temps, leurs anciens se livraient tranquillement à la chasse aux Juifs, ne négligeant jamais de rafler des femmes en couche, des enfants et des vieillards grabataires. Ils ne faisaient alors qu’obéir aux ordres, expliqueront-ils, après la Libération. Certes, la situation n’était pas la même, et il faut prendre garde à la tentation de faire le moindre amalgame. Il n’en reste pas moins que les missions les plus nauséabondes sont toujours exécutées, avec l’obéissance à la consigne de rigueur, par des forces de l’ordre qui se revendiquent des valeurs républicaine. Sans oublier que la consigne est améliorée dans le mauvais sens. Acteur des actions répressives, le policier ou le gendarme mobile se veut sourd, muet et aveugle face à la détresse de ceux qu’il est chargé de marginaliser, au mieux, d’éliminer, au pire.
Depuis le discours ultra sécuritaire prononcé à Grenoble par le chef de l’Etat, le 30 juillet 2010, la chasse est ouverte contre d’autres parias. Dans le même temps, plusieurs milliers d’entre eux ont été expulsés du sacro-saint territoire national, et de nombreux autres sont en passe de l’être. Les finances de ce pays sont en berne mais le Trésor public est toujours en mesure d’être ponctionné pour débarrasser la France de ces intrus qui ont eu le mauvais goût de venir chercher refuge au pays de la liberté, jadis patrie des Droits de l’homme. Bientôt, ceux-là seront peut-être rejoints, dans la vindicte officielle, par ceux qui, par erreur sans doute, avaient eu l’insigne honneur de se voir décerner le titre de citoyen français, malgré leur origine étrangère. Il est vrai que, pour mériter une telle sanction, il faudrait tuer un policier ou un gendarme. Question : combien d’étrangers naturalisés, depuis moins de dix ans, ont bien pu se laisser aller à un tel acte ? Si le chiffre était significatif, nos autorités n’auraient pas hésité à nous le communiquer !
Bien sûr, ce serait insulter nos policiers et nos gendarmes, que de leur prêter des intentions xénophobes ou même racistes. Ces fonctionnaires d’autorité ne doivent pas avoir d’état d’âme et n’ont pas à réfléchir sur le contenu peu humanitaire de leurs interventions. D’autant plus que leur activisme, à l’occasion dévoyé, n’est jamais considéré à la hauteur des dégâts occasionnés, et parfois même récompensés. Faut-il rappeler ce 14 octobre 1944, moins de deux mois après la Libération de Paris, lorsque le général de Gaulle, président du gouvernement provisoire de la République française retrouvée, décernait la fourragère rouge -légion d’honneur collective- à ces mêmes policiers parisiens qui, avant de participer à la prise de la préfecture de police, s’étaient livrés durant quatre ans à la chasse aux Juifs et aux résistants ? Alors, bien évidemment, nos policiers et gendarmes mobiles ne peuvent être comparés à ceux aux ordres de l’occupant nazi, de l’été 1940 à l’été 1944. Tout simplement, trop d’entre eux commencent à leur ressembler …

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? janvier 2011

Messagede Pïérô » 25 Déc 2010, 13:09

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Nouvelle série –numéro 46 – janvier 2011


Editorial : Police de quelle République ?

Il y a beau temps que les brutalités policières ne sont plus à démontrer. Sans qu’il soit possible de le contester, la force a remplacé le droit. Ce qui ne semble pas émouvoir vraiment les bons citoyens à qui l’on explique qu’ils sont ainsi mieux protégés. En clair, que leur sécurité est assurée. Peu importent les droits de l’homme, fréquemment foulés aux pieds. Particulièrement dans les cités où nombreux sont les policiers qui se comportent tels les affidés d’une bande légale. Cela face à des jeunes qui peuvent avoir le sentiment de s’affronter à une bande d’un quartier voisin. Bien évidemment, les chocs ne manquent pas d’êtres rudes car les policiers de la République ne connaissent pas, ou ont oublié l’article 9 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, du 26 août 1789, qui stipule :
« Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable pour 1′arrêter toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimé par la loi. »
Comment ne pas regretter que ce texte soit tombé en désuétude. Au point que, le 18 mars 1986, il avait été jugé nécessaire d’établir, par décret, un Code de déontologie de la police. Dans ce petit manuel, que chaque policier devrait avoir dans une poche de sa veste, étaient indiquées les limites de l’intervention policière, et la force dont « le fonctionnaire de police ne peut faire qu’un usage strictement nécessaire et proportionnée au but à atteindre. « La lecture de ce Code avait dû provoquer bien des ricanements dans les commissariats. Particulièrement son article 10 :
« Toute personne appréhendée est placée sous la responsabilité et la protection de la police ; elle ne doit subir de la part des fonctionnaires de police ou de tiers, aucune violence ni aucun traitement inhumain ou dégradant ».
Il est vrai que le langage injurieux utilisé par trop de policiers et même parfois au sommet de cette institution, « racaille » par exemple, ne peut qu’exacerber les conflits permettant d’établir une frontière hermétique entre une population considérée comme convenable et une jeunesse traitée tel un ennemi héréditaire. La dégradation du comportement de certains policiers, avait même conduit le ministère de l’Intérieur à réagir fermement, en 1991 :
« Les agissements violents, au cours de l’interrogatoire, de la part de certains policiers, dans un illusoire souci d’efficacité, sont inadmissibles et dégradants de la part de celui qui les commettraient »
N’insistons même pas sur les abus de droit classiques : menottage illégal, palpations corporelles, fouilles à corps exécutées de façon humiliante, basses injures, etc… Qu’est devenue la police républicaine, si elle a jamais existé au plein sens du terme ?

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? février 2011

Messagede Pïérô » 27 Jan 2011, 12:23

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Image . QUE FAIT LA POLICE ? – Bulletin d’information anti-autoritaire
Nouvelle série –numéro 47 – février 2011


Editorial : Circulez, il n’y a rien à voir !

Nos informations ne relèvent pas de la fiction. Nous nous sommes toujours attachés à ne fournir que des faits provenant de la presse, donc en principe vérifiés. De même, il nous parait indispensable de citer les sources pour que soit tristement crédible un état des lieux de plus en plus préoccupant. Nous sommes naturellement inquiets de la dégradation des libertés fondamentales, née de l’accumulation des dérives policières, comme des abus de droit, de plus en plus nombreux. Lorsque l’ordre policier prend le pas sur les devoirs de ce corps d’élite, il y a, effectivement, matière à interrogation. D’où cette volonté, partagée par trop d’acteurs de notre vie publique de masquer l’ampleur du pouvoir dévolu aux forces de l’ordre. D’où cette tentation de casser le thermomètre pour que cette emprise policière ne soit pas trop visible. Il faut, ensuite, persuader le bon peuple que nos libertés ne sont nullement menacées. Fermons donc des yeux, et cette cécité obligée nous permettra de garder le meilleur moral possible. Avec cette certitude que la sécurité est le meilleur gage de la défense des droits de l’homme. Particulièrement lorsque les policiers s’affichent en garants de nos libertés. C’est ainsi que, mises à part quelques grosses bavures (meurtre au Taser ou au flash-ball), il faut bien constater que les informations sur les exploits policiers, déjà reléguées dans de rares « brèves », ont de plus en plus tendance à disparaître. Ce que l’on désignait jadis comme la rubrique des « chiens écrasés » ne nous est plus proposée. Il est vrai que, de nos jours, cette rubrique serait surtout alimentée par les bavures policières, mais il ne faut surtout pas laisser croire que l’état de droit est régulièrement bafoué par des fonctionnaires de la République. Le citoyen ordinaire devrait se contenter d’une information tranquille, ayant du sens, comme on dit. Dès lors, à quoi bon s’encombrer de ces petites dérives dont la relation ne pourrait que mettre à mal le moral des citoyens déjà détruit par les effets de la crise et le chômage. Finalement, il nous faut être bien convaincus que les policiers sont devenus plus humains, plus serviables. Persuadons-nous qu’ils redeviennent ces gardiens de la paix (c’est toujours leur titre), protecteurs de la veuve et de l’orphelin. Il faut bien se nourrir d’un peu d’utopie, pour ne pas être trop démoralisés. Plus sérieusement, il conviendrait de s’inquiéter des avancées de cet Etat de plus en plus autoritaire, qui ne parait pas inquiéter outre-mesure les bons citoyens. Lesquels n’ont rien à craindre de la police, « puisqu’ils n’ont rien fait », comme le suggérait un ancien ministre de l’Intérieur, nommé Sarkozy. Est-ce bien certain ? Nous vivons en effet dans une période où, de plus en plus, la certitude de culpabilité tend à remplacer le présomption d’innocence…

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? mars 2011

Messagede Pïérô » 04 Mar 2011, 19:16

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Nouvelle série –numéro 48 – mars 2011


Editorial : Sommes-nous tous des « individus » ?

Les fonctionnaires de police de la Vème République ont pris de très mauvaises habitudes. A l’école où ils ont été formés, nul n’a dû leur apprendre qu’ils vivent dans un monde constitué d’authentiques citoyens. C’est pourquoi ils ne connaissent surtout que des individus. En fait des suspects et, sans doute, de possibles délinquants. Tout comme les juges, qu’ils n’apprécient guère par ailleurs, nos policiers sont armés de cette intime conviction qui peut transformer un paisible homme de la rue en cet individu pouvant s’avérer dangereux. L’ennui, c’est qu’à l’imitation des hommes d’ordre, la presse utilise bien souvent les communiqués des autorités policières, sans changer un seul mot parfois, reproduisant tranquillement ce vocabulaire-méprisant. Il faut donc être bien convaincu que, dans ce pays, de plus en plus sécuritaire, les policiers côtoient une population qu’il convient de surveiller étroitement puisqu’elle est constituée d’une masse informe d’individus. Comme il ne peut être question de faire le tri, il suffit de se limiter à une simple signification. Ainsi, quiconque ne fait pas partie de la tribu policière ne peut être considéré que comme un individu. Dans ce pays, héritier de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, il n’y aurait pas d’autre choix que de surveiller étroitement ceux qui pourraient être à l’origine de troubles publics ou, pire encore, de mettre en péril des institutions qui n’ont plus de républicaines que le nom. Le constat est simple : d’un côté se trouvent quelque 65 millions d’individus et, de l’autre, environ 250 000 policiers et gendarmes. C’est ainsi que sur une rive de cet Etat, bénéficiant d’une constitution démocratique, se trouve un vil troupeau que l’on s’applique à ficher, alors qu’en face est installée une petite armée de redresseurs de torts dont la mission serait de veiller sur la tranquillité de ceux qui, s’étant attribué l’essentiel des pouvoirs, ont oublié ce que peut signifier l’expression libertés fondamentales.

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? avril 2011

Messagede Pïérô » 30 Mar 2011, 23:48

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Nouvelle série –numéro 49 – avril 2011


Editorial : Vaisselle de fouille …

Cette formule très imagée, utilisée par les truands pour évoquer leur armement habituel, pourrait convenir aux forces de l’ordre, lesquelles disposent d’un équipement de plus en plus sophistiqué. Passage en revue : taser, flash-ball, bombes lacrymogènes, qui représentent des armes décrites comme « non-létales » ou « peu-létales » par les humanistes du maintien de l’ordre. Il n’en reste pas moins que ces petites merveilles de technologie répressive peuvent s’avérer parfaitement meurtrières. Au-delà, qui peut affirmer que l’on ne peut pas perdre sa vie suite à un coup de matraque bien asséné ? Qui se risquerait à dire que l’on sort toujours intact d’un mauvais contact avec des policiers productivistes. Il ne faut pas oublier les « pincettes » qui, serrées très fort, peuvent être douloureuses. Sans trop nous attarder sur cette quincaillerie de poche, la police est surtout abondamment pourvue en pistolets automatiques, et même mitraillettes. L’ensemble de cet armement faisant partie de l’arsenal ordinaire d’une institution qui a placé la population sous haute surveillance.

Quant à la violence physique, comment ne pas rappeler ces « gestes techniques », enseignés en école de police, et susceptibles de meurtrir gravement les victimes de la vindicte des défenseurs de l’ordre public : balayette, clé au bras, clé à la gorge, projection au sol et genou dans le dos pour couper la respiration du pékin interpellé. Le tout accompagné de coups de poing et coups de pied, à plusieurs c’est nettement plus efficace. Par ailleurs, il serait dommage de ne pas rappeler la violence verbale habituelle des interrogatoires, hors de la présence d’un avocat. En rester à cet inventaire, et à ces pratiques, serait négliger les chars et les hélicoptères de la gendarmerie. Cet équipement n’étant pas uniquement destiné à la parade, il faut bien admettre que le pouvoir en place se méfie de ceux qu’il prétend gouverner sous le signe d’une démocratie bien tempérée. Ce rapide constat ne peut que nous conduire à une réflexion qui devrait aller de soi : la France est sous contrôle d’une armée de l’ordre chargée de surveiller activement des citoyens qui ne peuvent être que des « individus », dans le meilleur des cas, et plus sûrement de possibles trublions. Dès lors, ainsi armés et choyés par le pouvoir les policiers s’appliquent à parader face à une population qui serait composée de 65 millions de suspects potentiels.

Maurice Rajsfus


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Bulletin QUE FAIT LA POLICE ? mai 2011

Messagede Pïérô » 27 Avr 2011, 01:15

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Nouvelle série –numéro 50 – mai 2011


Editorial : Tous policiers de complément ?

Nous devons en être convaincus. La France n’est pas un pays sûr ! Nous serions environnés d’éléments hostiles aux institutions, risquant de déstabiliser notre République des droits de l’homme, et peut-être même des citoyens. Récapitulons :
- Des salariés de plus en plus revendicatifs, qui refusent de travailler plus pour gagner moins.
- Des chômeurs qui n’acceptent pas le sort qui leur est réservé et le font savoir.
- Des travailleurs licenciés qui n’hésitent pas à séquestrer leur patron, menaçant même de saboter l’outil de travail.
- Des immigrés sans papiers qu’il faut constamment tenir sous haute surveillance, avant qu’ils ne soient renvoyés dans leur pays d’origine.
- Les jeunes des banlieues déshéritées, mécontents de leur sort et qui détestent la police à force d’être soumis à des contrôles dix fois par jour.
- Les éternels revendicateurs et « gréviculteurs » qui ne cessent de manifester pour mille mauvaises raisons, tout en participant à la désorganisation de l’économie.
- Sans négliger quelques malfrats du grand banditisme, voire des proxénètes notoires, mais nos gardiens de l’ordre public sont tellement surchargés qu’ils n’ont pas le temps de s’en occuper.
C’est là un tableau plutôt désolant. Comme vivre dans un pays où l’insécurité règne par le seul fait que des dizaines de millions d’hommes et de femmes veulent être considérés pour ce qu’ils sont : des citoyens et non pas des « individus ». L’actuel pouvoir se doit donc d’être vigilant mais, paradoxalement, avec la RGPP (Révision générale des politiques publiques), tout comme pour les autres salariés de la fonction publique, un policier sur deux partant a la retraite n’est pas remplacé. D’où la nécessité de faire appel au secteur privé pour combler le manque d’effectifs. Tout serait bon pour effectuer cette tâche de mercenaires : policiers municipaux, « réserve civile » prévue par la loi LOPPSI 2, « voisins vigilants », sans négliger ceux qui ont toujours été tenaillés par la joie mauvaise de cette délation, encouragée au plus haut niveau de l’Etat. Serait-ce que les hommes et les femmes qui nous gouvernent aimeraient nous transformer en policiers de complément. A la grande fureur pourtant de ces bons fonctionnaires d’autorité dont c’est le métier…

Maurice Rajsfus


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