Veille des outils de répression

Re: Veille des outils de répression

Messagede sebiseb » 17 Fév 2010, 23:26

Je suis persuadé que les plateformes en question n'ont même pas reçus de consignes, elles ont juste pratiqué l'auto-censure pour recevoir les subventions auxquels leur permettra de prétendre Hadopi ....

La chanson sur Sarkozy de Mano Solo sortie du Web par « erreur »
Par François Krug | Eco89 | 16/02/2010 | 20H11

« Travail, famille, Sarkozy », chantait Mano Solo dans « Du vent ». Ne cherchez pas cette chanson sur Deezer ou sur iTunes : elle a disparu de toutes les plates-formes musicales. Censure ? Non, une erreur malencontreuse, assure la maison de disques Warner.

Des fans de Mano Solo, mort en janvier, ont lancé l'alerte sur le forum Manosolo.net. La chanson « Du vent », publiée dans l'album « Les Animals » en 2004, est introuvable sur le web, en tout cas légalement.

Impossible d'écouter « Du vent » en streaming, sur Deezer ou Jiwa par exemple. Impossible également de télécharger la chanson sur iTunes, le site de la Fnac ou celui de Virgin.

Lorsqu'on clique sur « Du vent », toutes les plates-formes propose un autre titre de l'album, « Paris avance ». Une chanson beaucoup moins politique.

Pour « Du vent », Mano Solo détournait le slogan pétainiste « Travail, famille, patrie » et s'en prenait à Nicolas Sarkozy, à l'époque simple ministre :

« Travail, famille, Sarkozy
C'est la compassion pour les nantis » (Ecouter l'extrait)

Pourquoi la chanson a-t-elle ainsi disparu du Web ? Pour certains fans, la réponse est simple : parce que ses paroles dérangeaient.
Une erreur dans le fichier MP3 de la maison de disques

Les plates-formes contactées par Rue89 ne cachent pas leur surprise. « Sans doute un problème dans la livraison des fichiers MP3 », suggère-t-on chez Deezer. « Peut-être une erreur d'encodage de notre fournisseur », suppose-t-on chez Fnac.com.

Le fournisseur, c'est Warner Music France, maison de disques de Mano Solo à l'époque de l'album « Les Animals ». Là aussi, on se dit surpris.

Seule explication possible, selon Warner : une erreur informatique ou humaine. La chanson « Paris humaine » aurait été malencontreusement dupliquée sur le fichier envoyé aux plates-formes, à la place de « Du vent ».

Ce mercredi, Warner nous a confirmé qu'il s'agissait d'une erreur de code informatique. Le fichier corrigé doit être envoyé aux plates-formes musicales dans les prochains jours.
« Ça tombe sur cette chanson-là, mais c'est une coïncidence »

La major est embarrassée : « On n'a pas de chance, ça tombe sur cette chanson-là, mais c'est une coïncidence. »

La manageuse de Mano Solo, Fatiha Bendahmane, n'est pas non plus convaincue par l'hypothèse de la censure :

« On ne peut rien affirmer de façon certaine, mais on ne peut pas accuser non plus. »

Interviewé sur France 2 en 2004, Mano Solo s'était expliqué sur son « Travail, famille, Sarkozy ». Il avait dénoncé la politique du futur président, tout en nuançant : « C'est une chanson mi-figue mi-raisin, je me fais mon petit grand soir, c'est un peu ridicule. » (Voir la vidéo)

► Mis à jour le 17/02/2010 à 13h : Warner Music France confirme l'erreur informatique et annonce l'envoi d'un fichier corrigé.


source (avec extrait de la chanson et de l'interview de mano solo lors de la sortie) : http://www.rue89.com/2010/02/16/une-chanson-anti-sarkozy-de-mano-solo-disparait-du-web-par-erreur-138835
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 27 Fév 2010, 15:57

Et les 34 à Tours (pour l'instant)...

Émoi et mots à propos de la vidéosurveillance (La Nouvelle République 2010 Samedi 27 février 2010)

Pourquoi le Sanitas est-il le quartier le plus vidéosurveillé de la ville ?
Un échange houleux a éclaté à ce sujet lundi soir au conseil de la vie locale.


Dix-sept caméras de vidéosurveillance, sur les 34 que compte désormais la ville de Tours, sont installées au Sanitas. Dix sont postées autour de la place Neuve ; sept autres sont installées place Saint-Paul.
Ces caméras fonctionnent depuis la fin du mois de janvier, a confirmé, hier en fin d'après-midi, Agnès Mestre, adjointe au maire de Tours chargée de la sécurité et de la tranquillité publique.
Combien de caméras ? Sont-elles branchées ? Les élus ne semblaient pas très enclins à répondre à ces questions posées, un peu brutalement, par le Comité populaire des Nouveaux Malgré-Nous, un collectif d'habitants qui s'est invité à la réunion du conseil de la vie locale (CVL) de Tours-est, lundi soir.
« Vous ne répondez pas à notre question. Qui contrôle ceux qui nous surveillent ? » Comme ils l'avaient déjà fait le 22 janvier lors de la cérémonie des vœux du maire, ces Tourangeaux ont de nouveau dénoncé la « militarisation du quartier du Sanitas ».
Frédéric Thomas, adjoint chargé de la politique de la Ville, visiblement gêné par le ton de la question, a répondu : « Ce sont des gens assermentés par les services de la préfecture. »
Hier, par téléphone, Agnès Mestre, adjointe au maire chargée de la sécurité, a précisé : « Il est faux de dire que le Sanitas est le quartier le plus vidéosurveillé, car nous avons installé également dix caméras sur l'esplanade François-Mitterrand. (*). Cette vidéosurveillance est réclamée par les commerçants. Nous avons installé les caméras sur les lieux de passage, près des commerces. »
Ces arguments avaient déjà été avancés par Jean Germain, le maire de Tours, lors du conseil municipal de juillet dernier, lors duquel l'installation de ces 34 caméras avait provoqué un débat houleux. Les Verts et plusieurs membres de la majorité s'étaient abstenus, mais cette décision avait finalement été adoptée à la majorité. Avec le renfort de l'opposition.
(*) : Le quartier du Sanitas en compte tout de même sept de plus (NDLR).

Magalie Basset


Nota : forcément qu'ils sont agréés les gus derrière les écrans, c'est non seulement obligatoire, mais plus encore c'est un marché public et enfin pour quasiment tous les métiers de la sécurité, l'assermentation est obligatoire (le but étant de faire disparaître les officines douteuses qui sont notamment un repère traditionnel de l'extrême droite et de la pègre)
PS : http://www.wix.com/CPDNMN/CPDNMN
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 28 Fév 2010, 18:28

Manif contre la vidéosurveillance sous pression policière à Dijon‏

Dernière visite avant démontage publié le 24 février 2010

Un peu plus de cent personnes se sont retrouvées Place François Rude,samedi 20 février, pour fêter le (faux) démontage des caméras de vidéosurveillance dijonnaises. L’objectif de la manif est de faire un (dernier) tour des globes oculaires sécuritaires de la mairie malvoyante (rappelons qu’en 2007, la municipalité de gauche avait jugé bon de faire le jeu du gouvernement de droite en installant ces bijoux technologiques, faisant ainsi s’effacer complètement les maigres différences pouvant encore distinguer le PS de l’UMP). Dernière visite avant démontage, c’est ce que titrent les articles détournés du Bien Public (torchon local) que les manifestant-e-s distribuent pendant la déambulation.

Sur la place, avant de partir en cortège, filer le tract aux passants donne le ton : « Mais les caméras, moi je suis pour ! Faut en mettre surtout aux Grésilles (la banlieue « chaude » de Dijon), chez les bicots, là où volent les mouches à flics ». Le grabataire raciste, auteur des propos, a le mérite d’attirer l’attention des passant-e-s sur la manifestation et de nous rappeler les raisons du rassemblement. photo-3 Le départ est donné rapidement en direction des halles du marché où nous rencontrons notre première caméra. On peut alors tester le dispositif qui servira à cacher les engins liberticides tout au long de la déambulation : un sac-poubelle arrimé à des ballons gonflés d’hélium qui doit venir recouvrir la sphère vidéosurveillante. Le vent trop fort fait finalement échouer ce premier test. Les passant-e-s qui nous regardaient amusé-e-s semblent déçus de notre échec.

Certains nous encouragent, d’autres nous disent qu’ils n’étaient «même pas au courant de l’existence de la vidéosurveillance à Dijon ». On les invite à nous suivre, content que les dijonnais restent réceptifs à ce genre d’action, qu’ils trouvent ça aussi marrant que nous de cacher les caméras ! Nous partons en direction de la Place Grangier où une deuxième tentative est faite, pas très loin d’un nid de condés, CRS, BACeux et autres piteux shérifs. Trop de vent, encore une fois. On y arrive finalement pour le troisième essai, entre les Galeries Lafayette, le Mac’Do et le magasin de moutarde. Là, sous l’œil attentif et bien amusé d’un maximum de passant-e-s, nous allons rendre au sac-poubelle son utilité : emballer les ordures ! Applaudissements et hurlements de bonheur dans nos rangs, sourires complices de ceux qui se sont arrêtés sur le trottoir pour nous regarder agir.

Et la manif repart de plus belle. photo-2 Après une autre caméra emballée, une prise de tête avec les poulets de la BAC pour « atteinte au droit à l’image » (on vérifie là qu’ils n’ont pas réussi à comprendre l’objet de la manif), nous remontons la rue Piron au milieu du flot de voitures. La banderole survole les bagnoles qui n’ont pas été arrêtées par les flics, trop occupés à cimenter un mur démesuré de CRS en cas du durcissement de la prise de bec. On bifurque par la rue du Bourg, la remontons rapidement pour cacher encore une caméra. En longeant la mairie, les gigantesques portes se ferment brutalement avant notre passage. On doit leur faire peur, nous qui pensions donner l’image d’une déambulation joyeuse et festive ! En même temps, on se rend bien compte que les passant-e-s la prennent comme ça et réagissent à l’inverse du personnel municipal. Une dernière caméra est rendue aux ordures, un dernier mot des « guides » qui organisaient la visite des vestiges de la civilisation sécuritaire, puis nous dispersons la manif.

photo-1 Et c’est le moment que choisissent les cow-boys demeurés pour serrer deux des manifestant-e-s qui graffaient sous l’œil glauque des caméras pendant la manif. À la manière des plus cons des flics, ils sont quatre condés et deux de la BAC à monter une embuscade pour choper violemment les deux potes restés en fin de cortège, et les faire passer de l’autre côté du mur de CRS. On est complètement outrés par la provocation gamine et injustifiée des sbires de l’Etat envers les deux manifestant-e-s et puis envers cette manifestation qui s’est déroulée le plus calmement possible, sans incident, dans le plaisir et la meilleure humeur. De notre côté, on choisit de ne pas répondre aux keufs, de ne pas rentrer dans leur jeu stupide et on continue sagement à rentrer au bercail. Un petit groupe reste quand même prendre des nouvelles des potes enfermé-e-s dans les camions de CRS, juste assez pour savoir que c’est effectivement pour un graf au sol qu’ils s’en vont au poste. Dérisoire. Pour finir, deux autres manifestant-e-s seront emmerdé-e-s par les condés.

On leur demandera d’effacer les photos où les bleus apparaissent. «Pourquoi vous manifestez contre les caméras ? Si vous avez rien à vous reprocher, elles posent pas de problèmes » dit le grand con des BACeux. «Et toi, si t’as rien à te reprocher, elles te gênent en quoi nos photos ?!» aimeraient lui répondre les manifestant-e-s intercepté-e-s ! Désagréable fin de parcours donc, pour une manif des plus joviale. On mesure encore une fois l’absurdité d’un tel déploiement des forces de polices, pour une centaine de manifestants inoffensifs, et l’appel à la réponse violente qu’il suscite, les flics s’amusant sans cesse à nous taquiner pour nous faire sortir de nos gonds. On apprendra par la suite que les deux potes emportés ont « seulement »écopé d’un rappel à la loi, pour le graf à terre. Beaucoup de bruits et d’emmerdements pour rien, au final. Comme toujours, on serait tenté de dire. Une fois les voitures de flics s’en allant, un CRS sans son casque m’adresse un joyeux et provocateur signe de la main : « Salut, à la prochaine ». Tout sourire le chapon, animal de basse-cour qu’on se boufferait bien, mais que son geste rend absolument ridicule.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 09 Mar 2010, 00:09

Le maire de Villeurbanne refuse la « videosurveillance imposée »
Par Fabien Fournier | Lyon Capitale | 04/03/2010 | 11H33

Jean-Paul Bret, maire PS de Villeurbanne, monte au créneau contre le projet de loi gouvernemental qui permettrait aux préfets d'imposer aux maires des caméras de vidéo surveillance dans leurs communes.

Cette volonté de tripler le nombre de ces dispositifs est, selon lui, « une forme d'aveuglement ». Nombre de maires socialistes, à l'instar de Gérard Collomb, y sont pourtant favorables.

Dans une tribune parue lundi 1er mars dans Le Monde, le maire de Villeurbanne exprime ses réserves sur la vidéosurveillance alors que Brice Hortefeux promet d'en tripler le nombre d'ici 2011. Pour ce faire, le ministre de l'Intérieur est prêt à forcer la main des maires, à la faveur de son projet de loi Loppsi (loi d'orientation et de programmation pour la performance pour la sécurité intérieure).

Le débat autour de ce type d'équipement est de ce fait relancé, alors que Bret refuse d'en installer dans sa commune tant qu'une évaluation sérieuse ne sera pas menée. Des critères trop vagues

Le texte gouvernemental -qui prévoit aussi la confiscation des véhicules pour les récidivistes, instaure un couvre-feu pour les mineurs de moins de 13 ans et durcit les peines pour les agresseurs de personnes âgées- permet aux préfets d'imposer aux municipalités l'installation de la vidéosurveillance.
Dans trois cas de figure : « la prévention des actes de terrorisme, les sites d'importance vitale ou les intérêts fondamentaux de la nation ».

L'Etat mettrait alors la main au portefeuille en finançant jusqu'à la moitié des investissements, mais les communes seraient priées (comprendre forcées) de payer le reste, ainsi que les dépenses de fonctionnement.

Une disposition qui n'est pas du goût du maire de Villeurbanne. « L'argument du péril terroriste justifie quelquefois l'injustifiable », tonne-t-il. Il
trouve les trois critères évoqués trop vagues :

« Le préfet pourra-t-il m'imposer des caméras avenue Henri Barbusse sous
un prétexte de sécurité nationale ? Ce que la loi ne dit pas, c'est ce qui
caractérisera demain la défaillance d'un maire, et à qui en incombera le
diagnostic. Au préfet lui-même ? A la police ? A la justice ? Sur quels
critères ? Après entretien ? Après visite médicale ? »

« Plus utile d'installer un lampadaire »

A Villeurbanne, les caméras sont discrètes et pour cause : elles sont en petit nombre. Huit le long de grands axes routiers (pour la sécurité routière), quelques autres pour protéger les bâtiments communaux, mais aucune contre la délinquance de voie publique. Il ne juge ces installations efficaces que pour les espaces clos, comme les parkings fermés.

« En tant qu'élu rationnel et scientifique, je m'étonne qu'aucune étude sérieuse n'ait été menée pour évaluer les effets de ces équipements. C'est une forme d'aveuglement », affirme-t-il. Selon lui, les Anglais, précurseurs dans ce domaine, font machine arrière. Sans plaisanter, il lance :

« Peut-être ces caméras déplacent-elles les problèmes là où elles ne sont
pas présentes ? Peut-être même qu'elles sont sans résultat sur la
délinquance, renforçant seulement un sentiment de sécurité qui, lui, est
difficilement quantifiable ?

Parfois, je pense qu'il serait plus utile d'installer un lampadaire. »

A la différence de Collomb

Bret préfère « de loin une présence policière de proximité ». Son credo : « l'humain contre la machine ». A cette fin, il a doublé les effectifs de la police municipale, de 18 en 2001 à 40 cette année. Or l'Etat est, selon lui, tenté de réduire les effectifs de la police nationale (200 agents dans sa commune en 2002, 152 aujourd'hui) pour demander aux villes de payer des caméras.

Il le sait, sa position n'est peut être plus majoritaire au sein du PS. Son homologue lyonnais, qui avait fait de la sécurité une priorité dès le début de son premier mandat, a fortement investi dans la vidéosurveillance. D'autres maires de gauche lui emboîtent le pas, tels Manuel Valls (Evry), François Rebsamen (Dijon) et même Anne Hidalgo et Bertrand Delanoë (Paris).


Non, les maires ne sont pas défaillants, par Jean-Paul Bret

Point de vue
LE MONDE | 01.03.10 | 13h10 \u2022 Mis à jour le 01.03.10 | 13h10

Selon la loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, la Loppsi, votée le 16 février en première lecture par l'Assemblée nationale, un préfet sera désormais autorisé à passer outre l'avis d'un maire dans certains cas de sécurité extrême, comme le terrorisme. Il pourra ainsi se substituer à son autorité dès lors que l'édile fera montre de défaillance, comme l'a évoqué Brice Hortefeux, le ministre de l'intérieur, lors du débat.

Depuis l'effondrement des Twin Towers, l'argument du péril terroriste justifie quelquefois l'injustifiable. Il est la carte joker par laquelle tout devient possible. Mais dont acte ! A situations exceptionnelles, moyens exceptionnels ! Elu ou citoyen, de droite ou de gauche, tout le monde peut le comprendre. En revanche, ce que la loi ne dit pas, et qui, du coup, amène à douter de sa finalité, c'est ce qui caractérisera demain la défaillance d'un maire, et à qui en incombera le diagnostic. Au préfet lui-même ? A la police ?
A la justice ? Sur quels critères ? Après entretien ? Après visite médicale ? La différence de points de vue pourra-t-elle être constitutive de cette
défaillance ?

En tant que maire de Villeurbanne, j'ai émis des réserves sur la pertinence de la vidéosurveillance. Je ne cultive pas les oppositions de principe. Je pense même qu'en quelques cas de figure elle peut s'avérer efficace, notamment dans des espaces clos. Mais - et tous les analystes le disent - elle ne peut pas être présentée comme un remède miracle, sachant que même Scotland Yard la qualifie de "fiasco". Parmi les études menées par de nombreux chercheurs, appartenant à différentes disciplines, aucune ne permet de conclure à une efficacité quantifiable. Quant aux démonstrations du ministère de l'intérieur, leur méthodologie est - pour le scientifique que je suis également - comparable à ce que l'astrologie est à l'astronomie.

C'est pourquoi, et contrairement à ce que me demandait le préfet du Rhône, j'ai refusé que la vidéosurveillance se généralise sans discernement sur la voie publique de ma commune, lui préférant de loin une présence policière de proximité, bref l'humain contre la machine ! L'actualité récente - notamment dans les établissements scolaires d'Ile-de-France - a montré que les caméras n'empêchaient pas la violence. Quant aux hommes - je veux parler des policiers -, ils sont malheureusement soumis à la règle du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux. Ainsi, la police nationale de Villeurbanne a perdu 50 agents sur les 200 en poste il y a huit ans.

Une question se pose désormais aux maires. Demain, un préfet considérant la divergence de propos d'une municipalité pourra-t-il conclure à sa
défaillance ? Le risque sera grand alors de voir les représentants de l'Etat se substituer à ceux du peuple, au plus grand mépris du suffrage universel. A la fin du XIXe siècle, l'Etat avait trouvé une solution radicale pour étouffer la parole des élus. La loi des maires, votée en 1874 après trois ans seulement de libertés municipales, lui redonnait le droit de les nommer et de leur retirer leur pouvoir de police.

Le motif de défaillance, qui revient à instaurer un nouveau délit d'opinion, est le bâillon d'aujourd'hui ! Cette conception curieuse de la démocratie pourrait s'avérer plus dangereuse que le terrorisme dont elle est supposée nous protéger.

Jean-Paul Bret est maire (PS) de Villeurbanne.

Article paru dans l'édition du 02.03.10.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 13 Mar 2010, 20:12

Une commission de l’APCE demande l’interdiction des appareils de type « Mosquito » dans tous les lieux publics

Strasbourg, le 10.03.2010 - La Commission de la culture, de la science et de l’éducation de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) s’est prononcée ce matin à l’unanimité pour l’interdiction en Europe de la commercialisation, la vente et l’utilisation dans tous les lieux publics des dispositifs sonores anti-jeunes « Mosquito ». Selon les parlementaires, ces dispositifs traitent les jeunes « comme des oiseaux ou des insectes indésirables » et leur utilisation peut s'apparenter à un traitement dégradant tel qu’interdit par la Convention européenne des droits de l’homme.

Le texte adopté, rédigé par Piotr Wach (Pologne, PPE/DC), considère que l’utilisation de ces appareils constitue « une ingérence disproportionnée dans l’exercice du droit au respect de la vie privée qui inclut le droit au respect de l'intégrité physique » et contrevient à la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, notamment en ce qui concerne le droit à la santé et à la sécurité.

Bien qu’il n’existe aucun élément prouvant l’existence de risques sur la santé liés à l’utilisation de cet appareil, le texte estime que des tests médicaux supplémentaires sont nécessaires. « On ignore par exemple quel est l’impact des sons à haute fréquence sur le fœtus. Le principe de précaution doit par conséquent s’appliquer », souligne-t-il.

L’appareil « Mosquito » est actuellement commercialisé et utilisé au Royaume-Uni, où 3 500 appareils sont en service, en Belgique, en France, en Allemagne, en Irlande, aux Pays-Bas et en Suisse. Il émet un puissant signal sonore audible par presque tous les jeunes de moins de 20 ans, mais difficilement perceptible par les personnes de plus de 25 ans. Les adolescents exposés à ce type de bruit sont obligés de quitter les lieux.

Le texte devrait être débattu en session plenière par l’Assembléee en juin 2010.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 15 Mar 2010, 23:33

http://numerolambda.wordpress.com/2010/03/08/la-biometrie-tue/

Ça peut paraître provocateur, et pourtant non. La frénésie sécuritaire vient de faire, par ricochet, une vrai victime humaine: Branly Nsingi, un Congolais de 21 ans résidant en France, parti en vacances en Côte d’Ivoire au début de l’année. Il est décédé d’une crise cardiaque le 28 janvier 2010.

Au moment de prendre son vol de retour, à l’aéroport Houphët-Boigny d’Abidjan, impossible de partir. On lui rétorque que son passeport n’est pas «biométrique» et qu’il faut refaire ses papiers. Son passeport était pourtant valide jusqu’en… 2011. Il a pourtant quitté Paris avec. Mais ne rentrera jamais. Le Congo-Kinshasa, comme la plupart des pays, oblige désormais ses ressortissants à utiliser ces petites merveilles lors de tout séjour à l’étranger. Branly, raconte l’une de ses soeurs interrogée par Congolive.com*, était tombé malade un peu avant son retour en France. Mais le temps a joué contre lui. Il aurait fallu 15 jours pour refaire son passeport. Il aurait sans doute pu rentrer à temps pour se soigner chez lui, en France. Il est décédé à son arrivée à l’hôpital d’Abidjan, sans pouvoir être ausculté. Le 28 mars, il aurait eu 22 ans.
Depuis qu’il réside en France, c’est la première fois qu’il partait en Afrique. Une manifestation de soutien** à sa famille était organisée la semaine dernière à Paris par des associations congolaises.

liens complémentaires :
http://congovideos.com/component/option ... k/id,7680/
http://reveil-fm.com/index.php/2010/03/ ... la-tempete
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 18 Mar 2010, 21:02

http://www.cnil.fr/la-cnil/actu-cnil/article/article/2/au-programme-2010-300-controles-proches-des-preoccupations-quotidiennes/

Au programme 2010 : 300 contrôles proches des préoccupations quotidiennes
17 mars 2010

Comme chaque année, la Commission, réunie en formation plénière, a adopté son programme des contrôles sur place qui seront effectués en 2010. Celui-ci confirme l'augmentation du nombre de contrôles et une attention toute particulière portée aux domaines touchant directement notre quotidien : vidéosurveillance, droit au logement et pratiques dans l'immobilier, protection des mineurs et les conséquences dans notre vie privée d'un voyage aérien. Réunie le 18 février, la Commission a examiné le bilan des contrôles réalisés en 2009 et adopté son programme pour 2010. Concernant le bilan de l'année 2009, le nombre de contrôles réalisés s'établit à 270, soit une augmentation de 24% par rapport à 2008. Cette augmentation témoigne de la mise en œuvre effective du contrôle a posteriori confié par le Législateur à la CNIL en 2004. Quelques chiffres méritent d'être retenus concernant ces contrôles : 22% de ces contrôles ont été soumis aux membres de la formation contentieuse pour adoption d'une mise en demeure ou d'une sanction ; 85% des organismes contrôlés appartiennent au secteur privé, les autres (15%) relevant
de la sphère publique ; 92% des organismes contrôlés n'avaient pas désigné de correspondant "informatique et libertés" au moment du contrôle. Concernant le programme 2010, la Commission s'est fixée comme objectif d'effectuer plus de 300 contrôles au cours de l'année 2010. Ceux-ci devront être effectués sur l'ensemble du territoire national afin de garantir les droits de nos concitoyens, quel que soit le lieu où ils résident. Ces 300 contrôles se répartissent de la façon suivante : 50% consacrés à la réalisation du programme annuel ; 25 % effectués dans le cadre de l'instruction de plaintes ; 15 % effectués dans le cadre de suites de décisions adoptées par la formation contentieuse (vérification du respect des mises en demeure ou des décisions de sanction) ; 10% des contrôles réservés à des initiatives en lien avec l'actualité. Ce programme annuel 2010 se décline autour de deux grands thèmes : d'une part, des contrôles destinés à apprécier l'effectivité des décisions prises par la CNIL. Ils porteront tout particulièrement sur la vérification du respect des normes édictées par la Commission dans le cadre
des mesures de simplification des formalités préalables, la vérification du respect des préconisations techniques définies dans le cadre de l'instruction de dossiers et enfin sur l'appréciation de l'efficacité des correspondants « informatique et libertés » (CIL) ; d'autre part, quatre domaines particuliers qui concernent la vie quotidienne et où il apparaît essentiel de procéder à des contrôles afin de s'assurer notamment du respect des droits des personnes.
La CNIL prévoit de contrôler les dispositifs de vidéosurveillance afin de s'assurer que les organismes qui mettent en place ces dispositifs respectent le droit des personnes prévu par la loi informatique et libertés. Il est également essentiel que les personnes filmées soient conscientes du fait qu'une autorité administrative indépendante exerce un contrôle a posteriori de ces dispositifs qui ont vocation à être multipliés ; La CNIL souhaite mesurer de manière concrète quelles sont les conséquences en termes de vie privée pour une personne lorsqu'elle prend l'avion : quels sont les fichiers commerciaux qui sont alimentés ? quels sont les fichiers de police, nationaux ou internationaux, qui sont consultés ? quelles sont les mesures de sécurité auxquelles la personne doit se soumettre (vidéosurveillance, dispositifs dits de "bodyscanning", etc.) ? La CNIL souhaite également que soient analysées de manière très fine les pratiques du secteur de l'immobilier : quelles sont les
données collectées lors de la constitution d'un dossier par un candidat ? pour combien de temps ? existe-t-il une liste noire de locataires indésirables ? comment se pratiquent les opérations de pige immobilière ? comment les offices HLM procèdent à la gestion des locataires afin de s'assurer de l'absence de pratiques discriminatoires ? Enfin, la Commission a décidé de porter une attention toute particulière sur les conditions dans lesquelles les données des mineurs sont actuellement traitées : comment ces données sont traitées dans le cadre de prospection commerciale, comment les collectivités locales utilisent ces données ? quels sont les nouveaux instruments de communication et d'information développés par le ministère de l'éducation nationale ? Ce travail de mise en perspective de l'ensemble des outils de traçage qui nous
entourent quotidiennement permettra à la CNIL de sensibiliser les citoyens sur la réalité du monde numérique d'aujourd'hui tout en lui permettant de veiller à la correcte application de la loi.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 20 Mar 2010, 16:27

L'école placée sous surveillance
Sécurité. Le recteur a officiellement installé hier l'Equipe mobile de sécurité de l'académie de Toulouse.


La ficelle est aussi fine que le tour de taille de Xavier Bertrand en pleine retape sécuritaire entre deux tours d'élections régionales. Le recteur de l'académie de Toulouse, Olivier Dugrip a présenté hier après-midi « l'Équipe mobile de sécurité ». Une unité de quinze personnes - onze en permanence - composée pour moitié d'ex-policiers et gendarmes et pour deuxième moitié de psychologues, assistantes sociales, éducateurs façon « Men in black » (ou women) dans leurs costumes cintrés mais sans uniformes ni armes. A leur tête, Jean-Philippe Verne, ancien chef d'escadron de gendarmerie aujourd'hui comptabilisé dans les effectifs de l'Éducation nationale. Les missions de cette nouvelle unité ? Accompagnement du diagnostic de sécurité établissement par établissement ; prévention en cas de montée d'adrénaline ; sécurisation. Si le chef d'établissement en fait la demande au recteur qui, seul, a le pouvoir de prescrire le recours à l'Équipe mobile.

« Nous suivons les instructions du ministre, explique Olivier Dugrip. L'Équipe mobile de sécurité est opérationnelle dans l'académie de Toulouse. Elle ne se substitue pas aux forces de police ou de gendarmerie mais vient en renfort des équipes pédagogiques. C'est un élément d'une politique de sécurisation d'ensemble destinée à garantir la sécurité aux élèves, aux enseignants et aux personnels. »

Chiffres à l'appui, lire ci-dessus, le recteur évoque l'augmentation constante des faits de violences, de dégradations, incivilités, intrusions dans les établissements de l'académie : « L'école n'échappe plus aux phénomènes de violences urbaines. Agression de la CPE à Cugnaux, un membre du personnel d'un établissement des Hautes-Pyrénées giflé la même semaine, une parent d'élève interceptée avec deux couteaux, dans le Tarn, une tentative d'incendie volontaire aujourd'hui même (NDLR : hier, lire ci-dessous) au collège Croix-Daurade… Quoique relativement calme et tranquille, l'académie de Toulouse n'est plus à l'abri. » Après diagnostic de sécurité, neuf établissements toulousains seraient particulièrement exposés à l'insécurité. Ils feront l'objet d'un traitement spécial, un « diagnostic de sûreté ».

Selon le recteur, les violences arrivent en tête des faits d'insécurité alors que les atteintes aux biens sont en baisse, et le nombre d'intrusions (huit l'an dernier) dans les établissements est stable.

Chaque signalement fait l'objet d'une saisine de l'autorité judiciaire, accompagné pour les délits pénaux de dépôt de plainte, assistance juridique et prise en charge de la totalité des frais de justice.

Vidéosurveillance, alarmes, portiques...
L'Equipe mobile de sécurité a trois missions : 1. accompagnement du diagnostic de sécurité. A partir des lacunes repérées, l'Equipe préconise les mesures adéquates. «Contre l'intrusion, par exemple, cela peut être l'installation de barrières - pas forcément très hautes -, la mise en place d'un système d'alarme, de caméras de vidéoprotection, de portiques à l'entrée...» envisage le commandant Verne qui insiste : «Nous ne sommes pas dans l'ingérence mais dans la préconisation.» 2. La prévention. Lorsque la tension monte, qu'un climat de violence s'installe, le chef d'établissement peut demander au recteur le recours à l'Equipe mobile dont la mission consiste aussi à «recueillir tous les signalements, à les croiser avec les fichiers de police ou de gendarmerie». 3. La sécurisation. Lorsqu'un établissement se retrouve en difficultés à la suite d'une agression qui vient de se produire, par exemple, l'Equipe mobile vient en aide au chef d'établissement dans la gestion de crise, la plainte, la procédure judiciaire, l'information de la victime, etc.

Cocktail incendiaire au collège de Croix-Daurade
Coïncidence : hier, vers 12 h 45, une bouteille en plastique contenant vraisemblablement de l'essence a brûlé dans un escalier du collège Croix-Daurade. À cette heure-là, la plupart des élèves étaient au self ou dans la cour. Et aucun ne devait, en théorie, se trouver dans les bâtiments. « Ce sont les fumées qui ont alerté tout le monde, souligne Jean-Paul Petiot, le principal. Nous avons rassemblé tout le monde dans la cour. » Personne n'a été blessé et l'incident n'a pas créé d'affolement. Quelques élèves ont cependant été choqués. Les cours ont repris normalement à 14 heures.

Les dégâts matériels sont minimes mais ils vont handicaper partiellement la vie de l'établissement. Le revêtement en plastique du sol a fondu dans l'escalier. Les murs ont été noircis. Les fumées ont aussi endommagé six salles de cours, selon le principal.

Les pompiers et la police sont intervenus. Selon le principal, personne n'a été vu en train de déposer et d'enflammer la bouteille. Le ou les auteurs de cet acte, le premier de ce genre dans un établissement à Toulouse, sont donc inconnus. « Nous avons des élèves qui sont dans la confrontation mais il n'y a rien aujourd'hui qui explique ce geste », indique Jean-Paul Petiot.Refait à neuf, le collège Croix-Daurade, qui accueille 585 élèves, a été inauguré il y a quinze jours. Le jour de l'inauguration du papier avait été enflammé dans deux toilettes.

La FCPE très hostile
« Les parents d'élèves n'ont pas été associés à la mise en place de l'Équipe mobile de sécurité mais ils en ont été informés », dit Olivier Dugrip, le recteur. « Absolument faux ! » répond Pascal Astruc, président de la FCPE 31 qui prévient : « Cette unité est une unité que nous ne reconnaîtrons pas. Ils nous fabriquent une problématique là où il n'y en a pas. Ce sont des pompiers pyromanes : après avoir enlevé 100 000 personnes dans l'Éducation nationale il ne reste pas assez d'adultes dans les établissements. » Olivier Dugrip estime « avoir mis les moyens en personnels » : « plusieurs centaines d'AED (assistants d'éducation) dans l'académie, et après l'agression de Fenouillet, 85 médiateurs de réussite scolaire ont été implantés dans les 35 établissements où les besoins ont été recensés ». « Ce n'est pas le nombre d'AED qui compte mais leurs heures de présence », conteste Pierre Granet, secrétaire général de la FCPE 31. selon qui « toute l'adolescence est perçue comme suspecte par ce gouvernement. Sélectionner, surveiller et punir, voilà la logique. Avec un contrôle social des populations supposées à risque qui n'est pas acceptable. La stigmatisation ne fait qu'envenimer les choses. » Plutôt que des alarmes, de la vidéosurveillance et du contrôle social, la FCPE martèle sa demande permanente : « Un plan de création d'emplois, des classes de 25 élèves maximum et 15 en zones d'éducation prioritaire. Pour cela il faut augmenter le nombre de classes, donc le nombre de professeurs. Aujourd'hui, les collèges comptent 30 à 32 élèves en moyenne et les lycées entre 34 et 36. La saturation est l'un des facteurs d'exaspération. »
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 23 Mar 2010, 00:30

http://numerolambda.wordpress.com/2010/03/20/faire-parler-les-cameras

Deux affaires se sont téléscopées la semaine dernière avec en toile de fond l’extrême fragilité de la preuve par l’image en matière de
vidéosurveillance. Comme quoi même quand les caméras sont aveugles ou complètement neutres, il y a toujours un moyen de les faire parler.

D’abord le procès de l’incendie du centre de rétention de Vincennes, qui s’est conclu le 17 mars par la condamnation de dix personnes à des peines allant de 8 mois à 3 ans de prison ferme, malgré les doutes sur l’identification formelle des prévenus par les images vidéos d’un centre
de rétention. Ensuite la farce politico-médiatique du ministère de l’Intérieur, «l’incroyable erreur» entourant l’enquête de la mort d’un policier à Dammarie-les-Lys qui serait liée à l’ETA. Des pompiers catalans en vacances ont été pris pour des terroristes sur la seule foi d’une caméra de supermarché — et d’un logiciel de reconnaissance à qui les flics ont trop fait confiance.

Dans notre billet du mois dernier sur la « cécité juridique » de la vidéosurveillance, nous évoquions la qualité médiocre des images de 9 caméras qui ont servi à identifier dix prévenus accusés d’avoir mis le feu à leur propre prison (le CRA de Vincennes). Et pourtant, selon la
défense et quelques journalistes, c’est sur cette seule base (la vidéo) que les prévenus ont été identifiés, et donc condamnés le 17 mars par la 16eme chambre correctionnelle du TGI de Paris (leurs avocats ont fait appel). Comme l’avance un autre témoin du procès, dommage que le box réservé aux journalistes «a été étrangement déserté pendant les trois demi-journées d’audience pendant lesquelles ont été visionnées les bandes de vidéosurveillance».

L’affaire de Dammarie, elle, est d’autant plus exemplaire que le ministère de l’Intérieur a exigé des médias, par «réquisition» — fait exceptionnel — qu’ils diffusent ces images aléatoires pour accélérer l’identification. France 3 a diffusé des extraits de cette «réquisition»
— «prions et au besoin requérons … de bien vouloir diffuser publiquement l’ensemble des éléments…» — signée de la SDAT, la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire, installée dans les locaux de la DCRI (ex-DST) à Levallois.

On y voit le patron de la police nationale, Frédéric Pechenard, nous prendre à témoin : «Vous avez vu ces images, elles ne sont pas parfaites… On y voit des gens qui ont le même profil, jeunes, Espagnols…
Les uns sont Catalans, les autres Basques… Ce qui explique la confusion…
Et puis dans une enquête criminelle on sait très bien qu’un témoignage, c’est fragile.»

Si elles ne sont pas parfaites, pourquoi enjoindre les médias à les reproduire. Si ce n’est risquer d’alimenter la confusion. En outre, sa remarque sur le «profil» des personnes présentes sur les images, ou que l’onseait en mesure de pouvoir identifier avec la vidéosurveillance — « jeunes » et « Espagnols », mêmes « profils » — relève ni plus ni moins que du délit de faciès.

En fait, ce « profil » est le fuit d’une autre étape de l’investigation qui n’a été que très partiellement évoqué dans les journaux télévisés…
Le journaliste Claude-Marie Vadrot, de Politis, avance que les policiers de la SDAT ont eu recours à un logiciel de reconnaissance faciale pour arriver à la conclusion que ces pompiers pouvaient être de vrais terroristes.

Ensuite comme ils n’avaient aucun élément sérieux pour repérer qui que ce soit, les policiers ont demandé à utiliser un logiciel de reconnaissance expérimental. Logiciel (élaboré à Sophia-Antipolis, dans le sud de la France) qui permet au moins deux choses. D’abord de « reconnaître » des individus dont les photos et les profils anthropométriques de quelques milliers de suspects figurent dans la base de données. Ce qui a permis d’isoler rapidement les faux suspects simplement parce qu’ils ont à peu prés le même âge et le même aspect. Il ne suffisait plus aux policiers français qu’à les « reconnaître » une fois désignés. Au point que la police a immédiatement fourni le nom d’un suspect (Arkaitz Agirrebiria) qui, effectivement, figurait dans la base de données du logiciel de reconnaissance. La police espagnole a immédiatement confirmé, partant du principe que les collègues français ne pouvaient se tromper. D’autre part, ce logiciel de reconnaissance ou un autre (ce point reste obscur) a été appliqué également aux images. Sa particularité : il fait partie de ceux, mis notamment au point en Allemagne, permettent de « mesurer » (sic), le degré d’inquiétude, le degré d’agitation, les mimiques suspectes des personnes filmées. (…)

C’est un grand classique: l’oeil humain étant par définition faillible, le recours à la machine doit absolument dissiper les doutes. Un excès de confiance, ou une foi aveugle dans la technique qui ne fait souvent qu’amplifier la confusion. C’est ce qui s’est passé dans le cas des pompiers catalans. Cela fait partie des limites inhérentes à tout système de reconnaissance. Les pompiers catalans sont devenus ce qu’on appelle des « faux positifs »: des personnes innocentes identifiés comme étant les individus recherchés. Selon l’étude australienne déjà citée, le taux moyen de faux positif (FAR ou False Acceptance Rate) peut facilement atteindre 1 pour 1000 pour un logiciel de base. Pas mal en théorie, mais plus la base de données est importante, plus le nombre d’erreurs risque d’être élevé… Et en l’espèce, une erreur = une personne. Il suffit de plus que les images « témoin » soient de mauvaise qualité, comme c’est le cas dans n’importe quel réseau de surveillance vidéo, et ce taux d’erreur peut être dix fois plus élevé (1 pour 100), voire 20 ou 30 fois (ce qui correspond à 200 ou 300 « faux positifs » sur une base de données de 10.000 suspects).

Le fiasco est d’autant plus complet que le chef de la police a justement décidé de dégainer, pour les besoins de cette enquête, la fameuse
«réquisition» pour obliger les médias à diffuser ces images.
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 25 Mar 2010, 20:15

La carte sur le site de la Préfecture de Paris

Ce sont 1302 caméras qui sont prévues (il y en a actuellement 293).
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 26 Mar 2010, 08:00

Tournefeuille. Surveillance : quatre caméras de plus PUBLIÉ LE 25/03/2010 14:46 | JEAN -PAUL ROUQUIER.
Sécurité


Depuis 2008, la municipalité a choisi de se doter de caméras de vidéosurveillance. « Avec un but bien défini, explique Jean-Claude Lonjou, secrétaire général de la mairie : protéger les bâtiments publics des incivilités comme les tags, les poubelles renversées… » Grâce au fonds interministériel de l'État, la première tranche n'a pas coûté très cher. Et, forte de l'adhésion des habitants, il a été décidé de poursuivre l'installation sur quatre sites supplémentaires. «Cela permet d'apaiser le climat de certains quartiers. Mais nous avons bien expliqué qu'il ne s'agit pas de flicage». Les caméras envoient leurs images vers les locaux de la police municipale. «Nous n'avons pas de contrôleur en permanence mais nous visionnons tous les jours. Et en cas de délit, nous mettons les images à disposition de la police nationale. Ces images sont actuellement gardées sept jours mais nous avons demandé une extension à quinze jours pour faciliter le travail de recherche », précise Jean-Claude Lonjou. Cette sécurisation des points sensibles de la commune est vue d'un bon œil par le commandant Marc Terrail, de la police nationale : « Tournefeuille a mis en place un projet très lisible et possède du matériel de qualité, facilement exploitable. Notre partenariat est excellent et porte déjà ses fruits. » Selon la mairie, deux personnes ont déjà été interpellées grâce aux caméras. Ville pilote, Tournefeuille rajoute ces jours-ci quatre caméras supplémentaires. Elle devrait être rejointe par Colomiers, Blagnac et Toulouse afin de mutualiser les coûts. Il est question d'installer bientôt un poste centralisé, à Toulouse où l'on pourrait visionner les images des quatre communes. « En tout cas, avance prudemment Marc Terrail, les effets de cette vidéosurveillance sont loin d'être négligeables. »

Les neuf sites retenus
Les sites pourvus de caméras en 2008-2009 sont les suivants : hôtel de ville, gymnases Jean-Gay, Léonard-de-Vinci et Pierre Labitrie, salle du Phare.

Quatre caméras sont en cours d'installation : maison de quartier de Pahin, services municipaux, maison des jeunes Le Quai et aire de tri (rond-point Henri-Dunan). La première tranche a coûté 100 000 € dont 75 % financés par l'État. La seconde coûtera 90 000 € dont 33 % financés par l'État.



Vidéosurveillance : Nice, record de France !vendredi 12 mars 2010 Le petit Niçois n°670


Avant la fin 2010, la ville de Nice comptera 624 caméras de vidéosurveillance, faisant de la capitale de la Côte d’Azur, la ville la plus surveillée de France, selon le maire et ministre, Christian Estrosi, venu inaugurer le nouveau centre de supervision situé place De Gaulle, aux côtés du député et président du Conseil général des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, et du 1er adjoint au maire de Nice, Benoît Kandel, délégué à la Sécurité.



Le but avoué : faire baisser les chiffres de la délinquance sur Nice. Et l’effet d’annonce semble avoir payé puisqu’en janvier 2010, une baisse de 7 % a été enregistrée par rapport à janvier 2009. Ces bons résultats s’accompagneront d’une nouvelle relation entre les différents acteurs de la sécurité, police nationale, police municipale, Brigade de répression des actions violentes (BRAV), Direction de la circulation pour la sécurité routière, pompiers du SDIS, agents ST2N sécurité transports tramway, Conseil général (pour l’entrée des collèges, 32 caméras), et conseils de quartier.

624 caméras pour un investissement de 8,7 M€

Car désormais, plus question de tabler sur des caméras visibles, mais en panne. « La technologie utilisée est la même que celle expérimentée par l’armée française en Afghanistan », dixit Christian Estrosi.

Ce sont des logiciels ultra perfectionnés (Kénéo) avec des écrans LCD dernier cri que l’entreprise Ineo Citelum a mis en place, le tout étant relié en ligne. En effet, dans une première salle se trouve les 14 écrans avec 6 agents, « les yeux », puis, c’est le PC de commandement avec quatre écrans et quatre agents, « le cerveau », et enfin, le standard téléphonique, « les oreilles », avec deux agents. Et les deux démonstrations se sont parfaitement bien passées avec des interpellations menées tambour battant avec l’utilisation de tous les moyens, voitures, motards, vélos, voire piétons.

Le logiciel repère les unités les plus proches du lieu de l’infraction et les agents du PC de commandement informent les troupes sur le terrain, des agissements et de la direction prise par le coupable de l’agression. Une salle est dédiée aux magistrats et aux officiers de police judiciaire pour qu’ils puissent consulter les images intéressantes d’une affaire en cours.

L’efficacité est garantie malgré un coût qui peut être jugé élevé, 7,6 M€ pour la part de la ville de Nice (6,4) et de la communauté urbaine Nice Côte d’Azur (1,2), auxquels il faut ajouter une participation du Conseil général 06 pour 1,1 M€ soit un total de 8,7 M€.

La ville de Nice, éligible au Fonds interministériel de prévention de la délinquance, a déposé une demande de 1,7 M€ pour 2010. Pour Christian Estrosi, « nous réalisons quand même des économies puisque le nouveau centre nous permet de stopper le bail de location de Gabriel Fauré ». Il a répété à l’envi, que les Niçois s’étaient prononcés, en décembre dernier lors d’un sondage, à 91 % pour, contre seulement 3 % contre. Il ajoute : « Si le Conseil général 06 et l’Etat nous aident, la région PACA n’intervient pas, l’opposition de gauche au Conseil municipal de Nice ayant voté contre notre projet de vidéosurveillance ». La tolérance « 0 » est devenue une réalité à Nice avec aucun quartier qui ne sera pas surveillé d’ici la fin de l’année.

Lutte contre les doubles files

Pour assurer le fonctionnement du système 24h/24 et 7 jours/7, 100 policiers municipaux ont été recrutés dont 50 pour le centre de surveillance qui comprendra 10 travailleurs handicapés, une volonté forte affichée par le maire qui souligne que Nice, avec 6,32 % soit 477 agents, respecte désormais le taux d’emploi de 6 % imposé par l’Etat. Tous les agents du standard sont trilingues, Français, Anglais et Italien. Outre l’efficacité du système, le confort est extrême pour les agents. « Nous pouvons évaluer, grâce à la géolocalisation, les moyens d’intervention en fonction des situations et mobiliser le nombre d’agents suffisant sans craindre, comme par le passé, que nos agents soient pris au piège d’une agression sauvage », assure Robert Bojanovich, responsable des unités opérationnelles de la police municipale. Mais le système ne sera pas utilisé uniquement pour les agressions sur la voie publique (tags, vols à la portière, violences urbaines…) puisqu’une réflexion est engagée pour enregistrer toutes les plaques d’immatriculation des véhicules entrants et sortants de Nice.

« Cette option baptisée, LAPI (Lecture automatisée des plaques d’immatriculation) pourra être menée à bien en partenariat avec la police nationale », affirme Benoît Kandel, « afin de déterminer tous les véhicules volés ou recherchés ». La sécurité routière sera aussi concernée, six secteurs ayant été identifiés pour servir de zone test dans la lutte contre les stationnements en double file : deux sur la Californie, une sur Gambetta, Magnan, Verdun et Stalingrad. Les contrevenants seront automatiquement photographiés et l’amende directement envoyée par courrier… Et la vie privée dans ce dispositif ? Elle sera préservée, les images des caméras devenant floues dès qu’elles zooment sur une façade. Nice, désormais, s’impose comme la première ville de France en matière de sécurité avec 1 caméra pour 600 habitants, là où il y a 1 caméra pour 2 000 habitants à Paris… « afin de protéger les victimes », la priorité absolue selon Christian Estrosi.

Pascal Gaymard
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 27 Mar 2010, 17:22

Communiqué de Presse du Collectif Démocratie et libertés du 26 Mars 2010 19h Hotel de ville
Nous sommes tous des pompiers catalans !

Le Collectif Démocratie et libertés, pour un Paris sans vidéosurveillance appelle à un rassemblement sur le parvis de l’Hôtel de Ville, Lundi 29 Mars de 19 h à 20 h.

Depuis trois mois le Collectif Démocratie et Libertés, pour un Paris sans vidéosurveillance, appelle à un rassemblement sur le parvis de l’Hôtel de Ville tous les derniers lundis du mois et cela jusqu'au retrait du plan " 1000 caméras ",

L’actualité récente a conforté notre opposition à la vidéosurveillance.

La vidéosurveillance n’est pas efficace : elle n’a pas empêché les violences dans le Lycée de Thiais au mois de Février.

La vidéosurveillance est dangereuse pour les libertés : la diffusion dans les médias des images de vidéosurveillance présentant de soi-disant terroristes basques, qui étaient en fait des pompiers catalans, illustre de façon éclatante les dangers qu’il y a à laisser une police utiliser sans contrôle des images de vidéosurveillance.

La vidéosurveillance est l’argument électoral de la Droite : La campagne électorale a été la démonstration que la vidéosurveillance est utilisée pour détourner l’attention de l’insécurité sociale générée par la violence de la crise sociale.

La mobilisation continue et s’amplifie. Le chiffre des 10.000 signataires de la pétition du CDL vient d’être atteint. CAP 21 a rejoint le CDL, de nouveaux vœux sont en préparation dans des conseils de quartier…

Nous appelons tous les Parisiennes et Parisiens soucieux de la tranquillité de nos quartiers, attachés aux libertés, et opposés aux gesticulations sécuritaires, à participer à notre rassemblement pour exiger l’abandon du projet coûteux, dangereux et inutile d’installation de caméras de surveillance dans l’espace public parisien.

Contacts :
* cdl-paris@laposte.net
* Sakina Faouzi sakinanita@gmail.com
* Jean-Pierre Petit, jpp15@free.fr
* Hervé Morel, hmorel@free.fr

Site du Collectif http://www.paris-sans-videosurveillance.fr
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 28 Mar 2010, 21:22

Vidéosurveillance en prison : le contrôleur est sceptique

« J’attends de la commission nationale de vidéosurveillance, instance indépendante crée par le législateur, qu’elle soit garante des libertés : liberté individuelle, droit à l’intimité de la vie privée, droit à l’image, droit à l’oubli, transparence. »

Michèle Alliot-Marie, ministre de l’intérieur, le 9 novembre 2007

Jean-Marie Delarue, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, a consacré pour la première fois un chapitre à la vidéosurveillance, dans son rapport 2009 (Rapport d’activité, Dalloz, 19 euros, en ligne en avril).

Le contrôleur ne fait pas les choses à moitié. Il a, avec son équipe, visité 53 établissements pénitentiaires, 7 centres éducatifs fermés, 21 services psychiatriques, 17 centres et 8 locaux de rétention, 5 zones d’attente, 45 services de police, 17 unités de gendarmerie, 6 de douanes et 5 dépôts de palais de justice et en dresse un état des lieux minutieux.

L’intérêt de la vidéosurveillance en prison le laisse sceptique. « L’outil technologique exerce une véritable fascination pour nos contemporains, note le rapport, la vidéosurveillance apparaît comme un remède miracle à bien des maux. Elle semble être une solution dans un domaine où tous les autres choix ont failli ». Pour le contrôleur, elle « ne doit pas être un phénomène de mode », mais apporter une valeur ajoutée, qui ne lui paraît pas immédiate. « La vidéo surveillance est un outil et seulement un outil : elle ne doit pas être un moyen de substitution », notamment faute de personnel.


La loi

La loi du 21 janvier 2005, qui prévoit que les systèmes de vidéosurveillance installés dans les espaces ouverts au public doivent être déclaré à la commission préfectorale de vidéosurveillance, ne s’applique pas en prison, ni dans les autres lieux de privation de liberté.

En revanche, le code du travail et les dispositions relatives à la protection de l’intimité de la vie privée si, notamment l’article 9 du code civil et l’article 226-1 du code pénal, ainsi que la loi informatique et liberté du 6 janvier 1978, modifiée en 2004.

La Cour européenne des droits de l’homme a d’ailleurs considéré, dans un arrêt du 4 mars 2008 Cavallo c. Italie , qu’entrait dans le champ de son contrôle au titre de l’article 3 (qui interdit la torture), l’usage de la vidéosurveillance dans un régime de détention, même si elle relève « que le requérant n’a fourni aucune preuve permettant de conclure au-delà de tout doute raisonnable qu’il y a eu méconnaissance de l’article 3 de la Convention ».

L’état des lieux

Les établissements pénitentiaires sont plus ou moins passionnés par la vidéosurveillance : 4 caméras dans les cours de promenade de la maison d’arrêt de Villefranche-sur-Saône, 150 au centre de détention de Roanne, 180 au centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville. La durée de conservation des images est d’ailleurs très variable : 72 heures pour la maison d’arrêt de Corbas, 14 jours pour celle d’Angers, 30 jours pour le centre pénitentiaire de Ducos (Martinique), 3 mois pour la maison d’arrêt de Strasbourg.

Dans les services psychiatriques, la vidéosurveillance sert surtout à contrôler les abords des hôpitaux, parfois à surveiller les mouvements des patients dans les couloirs. Mais dans quelques établissements, des caméras ont été placées dans les chambres d’isolement, comme à l’UMD (unité pour malades difficiles) de Plouguernével (Côtes d’Armor) ou au centre hospitalier du pays d’Eygurande (Corrèze) où caméras et micros sont fixés au plafond des chambres.
« L’installation de caméra en chambre interroge », note sobrement le Contrôleur.

Dans les centres de rétention, les zones d’attente ou les commissariats de police, le nombre de caméras est laissé à l’inspiration des responsables. Les cellules de garde à vue ou de dégrisement sont souvent surveillées par vidéo – 2 caméras par cellule dans le commissariat du 18e arrondissement, zéro dans le 19e - mais le champ de vision peut s’étendre aux toilettes (commissariat d’Argenteuil), au local de fouille (Besançon) ou à celui de visite de l’avocat et du médecin (Lorient).

Les gendarmes sont nettement moins versés dans la vidéosurveillance: sur 19 unités visitées, dont 15 brigades territoriales, une seule utilise des caméras, la brigade d’Autun (Saône-et-Loire). Et encore, parce qu’elle est installée dans un ancien commissariat.


De l’utilité des caméras

Les murs d’écran sont certes impressionnants relève le rapport, mais « plus les images sont nombreuses et plus il est difficile de les exploiter en direct, sauf à disposer de systèmes experts amenant les bonnes images au bon moment ». D’ailleurs, personne ne surveille en permanence la totalité des images. Pour prévenir les suicides, « un bouton d’alarme associé à des rondes constitue encore une meilleure garantie ».

Jean-Marie Delarue note que les fonctionnaires qui regardent les écrans ont souvent autre chose à faire, les contrôles d’accès, la tenue de registres, le standard téléphonique… On ne peut d’ailleurs humainement surveiller plus de dix à quinze images à la fois, selon un rapport de l’INHES ; seulement huit pendant deux heures, selon Alain Bauer et François Freynet (Vidéosurveillance et vidéoprotection, PUF, Que sais-je ?)

Les images sont parfois trompeuses. Ainsi dans un centre de rétention, les caméras filmaient des étrangers paisiblement installés devant une télévision, un soir de match. Les contrôleurs se sont aperçus en passant dans la salle qu’ils attendaient seulement que la télé soit allumée…

Surtout, « la caméra, qui évite tout contact direct entre le surveillé et le surveillant, symbolise cette déshumanisation des rapports », la garde à vue doit rester une… garde à vue, c’est-à-dire « une surveillance humaine, de visu et constante ». Les centres pénitentiaires modernes « sont l’illustration du recul de l’humain : des caméras en grand nombre surveillent toutes les circulations, les portes sont commandées à distance, les personnels placés derrière des vitres sans tain ». Pour Jean-Marie Delarue, « la caméra ne
remplacera jamais le surveillant ».

Les recommandations

- Les personnes détenues, retenues, gardées à vue ou hospitalisées sous contrainte doivent être informées de l’existence de la vidéosurveillance, comme le sont celles qui entrent dans un magasin sous vidéo. Dans les locaux de travail, l’obligation d’information s’impose à l’employeur, conformément au code du travail.
- La durée de conservation des images ne doit pas excéder le délai strictement nécessaire pour lever le doute sur des faits après un recours juridictionnel. Sur la voie publique, les images ne doivent pas être conservées plus d’un mois.
- La traçabilité: il faut, estime le rapport, pouvoir identifier les fonctionnaires en service derrière les écrans et donc tenir un registre, ils doivent être habilités nominativement
- L’exploitation des images doit pouvoir être immédiate : lors d’une bagarre, à la maison d’arrêt d’Arras, la vidéosurveillance n’a pas permis d’identifier les détenus qui en ont frappé un autre. Elle doit aussi pouvoir être différée : un détenu n’a pas pu voir les images sur les faits qui lui étaient reprochés au centre pénitentiaire de Mont-de-Marsan.
- Le respect du droit à l’intimité doit permettre d’interdire la vidéosurveillance dans les locaux où se pratiquent les examens médicaux, les fouilles, les WC, les lieux de toilette, les parloirs familiaux, les locaux réservés aux entretiens avec les avocats, les aumôniers, les travailleurs sociaux et les parloirs avec les familles.

En revanche, le contrôleur estime pouvoir faire une exception dans les locaux de garde à vue et de dégrisement, « le temps passé dans ces locaux est plus bref, limité par des dispositions contraignantes ».
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Re: Veille des outils de répression

Messagede Nico37 » 05 Avr 2010, 18:18

Un site Internet répertorie les lycées équipés de caméras | 05.04.10 | 14h09 • Mis à jour le 05.04.10 | 14h09

Le site Internet owni.fr a ouvert, vendredi 2 avril, une application permettant aux internautes de localiser les établissements équipés de caméras de surveillance.

"Il n'existe pas de recensement, explique Jean-Marc Manach, initiateur du projet et journaliste spécialisé dans les questions de surveillance. Il s'agit en premier lieu de compenser un déficit d'information."

"Cette lacune s'explique par le fait que les systèmes de vidéosurveillance sont financés par de multiples opérateurs : Etat, régions, etc.", explique Tanguy Le Goff, sociologue à l'institut d'aménagement et d'urbanisme de la région d'Ile-de-France (IAURIF), et auteur d'une étude sur la vidéosurveillance dans les lycées franciliens.

Selon cette étude de 2007, près de 60 % des lycées d'Ile-de-France sont équipés de caméras, à des degrés divers.

Les lycéens, enseignants et proviseurs sont "cordialement invités à venir indiquer si [leur] lycée est vidéosurveillé, et, si oui, par combien de caméras (...), faire part du nombre de surveillants non remplacés, ou en manque, des problèmes d'insalubrité, d'effectifs, d'encadrements, d'insécurité"...

CAHIERS DE DOLÉANCES

L'objectif affiché est, dans un premier temps, de constituer des "cahiers de doléances", destinés à nourrir le débat des Etats généraux de la sécurité à l'école, qui se tiendront les 7 et 8 avril.

La vidéosurveillance et les portiques de sécurité font partie des pistes privilégiées par le gouvernement dans la lutte contre la violence scolaire. "Or les lycées du Val-de-Marne où se sont produites les trois dernières agressions étaient équipés de caméras", rappelle M. Manach.

Un scepticisme partagé par Eric Debarbieux, président de l'Observatoire international de la violence à l'école et du comité scientifique des Etats généraux de la sécurité à l'école. "La vidéosurveillance n'est pas une solution suffisante. Elle n'a qu'un effet dissuasif très marginal", estimait-il dans une tribune parue dans Le Monde daté du samedi 3 avril.

Le projet d'Owni se base sur la méthode dite de "crowdsourcing", importée des Etats-Unis. "Les internautes représentent une main-d'oeuvre précieuse pour aller recenser les informations, autant de démarches impossibles pour une petite équipe comme la nôtre", explique M. Keyser-Brill, concepteur de l'application et membre d'Owni. Il précise que les données envoyées par les contributeurs seront par la suite "vérifiées".

Toutefois, "il faut être prudent", tempère le sociologue Tanguy Le Goff. "La logique est totalement différente entre deux caméras placées à l'entrée pour des motifs de gestion, et un dispositif de quarante caméras qui quadrillent l'intérieur et l'extérieur du lycée", précise-t-il.

Autant de limites dont sont conscients les responsables du projet. "Il s'agit de contribuer au débat public et de rendre la parole aux premiers concernés par la violence scolaire : les élèves", avertit M. Manach.

Romain Parlier Article paru dans l'édition du 06.04.10


#Lycees_eu: Owni sort les cahiers de doléances!
Publié le 02 avril 2010 par Jean-Marc Manach

A l’approche des Etats généraux de la sécurité à l’école, qui se dérouleront à la Sorbonne les 7 et 8 avril prochains, et alors que le gouvernement veut “développer beaucoup plus la vidéosurveillance dans les lycées et aux abords“, il n’est pas anodin de remarquer que, si 60% des lycées d’Ile de France sont équipés de systèmes de vidéosurveillance, dans le Val-de-Marne, les trois dernières agressions d’élèves ont eu lieu dans des lycées… équipés de caméras.
Les syndicats, et opposants aux caméras, n’ont de cesse de répéter qu’ils veulent des hommes, pas des portiques, des surveillants, pas des vidéosurveillants, et qu’ils ne comprennent pas pourquoi on vire des êtres humains, sous prétexte de faire des économies, pour les remplacer, soit par des “équipes mobiles de sécurité“, composés d’anciens policiers et gendarmes comptabilisés dans les effectifs de l’Education nationale, soit par des technologies de contrôle et de surveillance qui, souvent, coûtent beaucoup d’argent.
Problème : il n’existe pas de recensement des lycées vidéosurveillés. On sait qu’il y en a de plus en plus, et que le gouvernement veut en vidéosurveiller encore plus, mais on ne disposait à ce jour d’aucun outil permettant de les recenser, de savoir si cela a servi à quelque chose, ou pas, combien ça a coûté, où sont les caméras…

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S’inspirant du formidable travail entrepris par ProPublica, une fondation américaine qui finance des journalistes d’investigation parce que “d’intérêt public“, et en vertu du principe de subsidiarité du projet éditorial d’Owni : “Publish the best and Cover the rest ” (republie le meilleur, couvre le reste), une partie de son équipe de journalisme de données a donc décidé de se pencher sur le sujet, et de lancer Lycees.eu, afin d’initier des “états généraux de la vidéosurveillance dans les lycées” (et puis de la biométrie, aussi, l’accès aux cantine scolaires étant de plus en plus souvent conditionnée à une prise d’empreinte de la main des élèves).

Vous y trouverez une carte de France répertoriant tous les lycées, et nous vous proposons de l’”augmenter” de vos témoignages et informations. Vous êtes donc cordialement invités à venir y indiquer si votre lycée est vidéosurveillé, et si oui par combien de caméras, à quel prix, mais également d’y publier des photos des caméras, des bornes biométriques, à nous faire part du nombre de surveillants non remplacés, ou en manque, des problèmes d’insalubrité, d’effectifs, d’encadrements, d’insécurité…
Saisissez-vous de cet outil, faites tourner l’info, envoyez-nous vos photos, contribuez au débat : les Etats généraux de vos lycées ont déjà commencé.

A la manière des cahiers de doléances qui permettaient au peuple de faire connaître ce qui n’allait pas, ainsi que leurs propositions d’amélioration de la situation, nous aimerions modestement pouvoir ainsi contribuer au débat public. Pour contribuer, c’est par là : Lycees.eu.

Voir aussi l’intégralité de notre dossier sur le sujet, où il est entre autre question de ces adolescents envoyés en prison, aux États-Unis, parce que des policiers y ont remplacé les surveillants, du fait que la vidéosurveillance est tellement développée, en Grande-Bretagne, qu’on y trouve des caméras, non seulement dans les salles de classe, mais également dans les toilettes de 10% des écoles :
- Grande Bretagne : 10% des lycées vidéosurveillent leurs toilettes
- Portique ta mère
- USA: un pion ça donne des colles, un flic ça fout en taule
- Vidéosurveillés jusque devant les toilettes : en France aussi (à venir)
- Enquête exclusive : “mon lycée, c’est Alcatraz” (à venir)
- Ils remplacent les profs et les surveillants par des policiers (à venir)
- 60% des lycées d’Ile de France vidéosurveillés (à venir)
- et l’appli : Lycées.eu [on compte sur vous !]
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Design et image d’illustration Loguy


Lycees.eu : l’application des États généraux des lycées en France

A l’approche des États généraux de la sécurité à l’école, qui se dérouleront à la Sorbonne les 7 et 8 avril prochains, et alors que le gouvernement veut “développer beaucoup plus la vidéosurveillance dans les lycées et aux abords“, il n’est pas anodin deremarquer que, si 60% des lycées d’Ile de France sont équipés de systèmes de vidéosurveillance, dans le Val-de-Marne, les trois dernières agressions d’élèves ont eu lieu dans des lycées… équipés de caméras.

Les syndicats, et opposants aux caméras, n’ont de cesse de répéter qu’ils veulent des hommes, pas des portiques, des surveillants, pas des vidéosurveillants, et qu’ils ne comprennent pas pourquoi on vire des êtres humains, sous prétexte de faire des économies, pour les remplacer, soit par des “équipes mobiles de sécurité“, composés d’anciens policiers et gendarmes comptabilisés dans les effectifs de l’Education nationale, soit par des technologies de contrôle et de surveillance qui, souvent, coûtent beaucoup d’argent.
Problème : il n’existe pas de recensement des lycées vidéosurveillés. On sait qu’il y en a de plus en plus, et que le gouvernement veut en vidéosurveiller encore plus, mais on ne disposait à ce jour d’aucun outil permettant de les recenser, de savoir si cela a servi à quelque chose, ou pas, combien ça a coûté, où sont les caméras…

S’inspirant du formidable travail entrepris par ProPublica, une fondation américaine qui finance des journalistes d’investigation parce que “d’intérêt public“, et en vertu du principe de subsidiarité du projet éditorial d’Owni : “Publish the best and Cover the rest ” (republie le meilleur, couvre le reste), une partie de son équipe de journalisme de données a donc décidé de se pencher sur le sujet, et de lancer Lycees.eu, afin d’initier des “états généraux de la vidéosurveillance dans les lycées” (et puis de la biométrie, aussi, l’accès aux cantine scolaires étant de plus en plus souvent conditionnée à une prise d’empreinte de la main des élèves).

Vous y trouverez une carte de France répertoriant tous les lycées, et nous vous proposons de l’”augmenter” de vos témoignages et informations. Vous êtes donc cordialement invités à venir y indiquer si votre lycée est vidéosurveillé, et si oui par combien de caméras, à quel prix, mais également d’y publier des photos des caméras, des bornes biométriques, à nous faire part du nombre de surveillants non remplacés, ou en manque, des problèmes d’insalubrité, d’effectifs, d’encadrements, d’insécurité…
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A la manière des cahiers de doléances qui permettaient au peuple de faire connaître ce qui n’allait pas, ainsi que leurs propositions d’amélioration de la situation, nous aimerions modestement pouvoir ainsi contribuer au débat public. Pour contribuer, c’est par là : Lycees.eu.
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- Grande Bretagne : 10% des lycées vidéosurveillent leurs toilettes
- Portique ta mère
- USA: un pion ça donne des colles, un flic ça fout en taule
- Vidéosurveillés jusque devant les toilettes : en France aussi (à venir)
- Enquête exclusive : “mon lycée, c’est Alcatraz” (à venir)
- Ils remplacent les profs et les surveillants par des policiers (à venir)
- 60% des lycées d’Ile de France vidéosurveillés (à venir)
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