Faut-il casser le Barack ?

Casser le Barack ?

Le sondage s’est terminé le 14 Nov 2008, 16:00

Il faut s'y opposer de la même façon à Obama et à Mac Cain
13
52%
Obama serait mieux que Mac Cain donc il ne faut pas s'opposer ouvertement à lui
3
12%
Je suis bien emmerdé pour me prononcer
9
36%
 
Nombre total de votes : 25

Re: Obama face à la contradiction

Messagede kuhing » 14 Sep 2009, 17:27

Antigone a écrit:
Mouais... Obama est mal barré...


ça on le savait déjà.
La question qui peut nous préoccuper c'est que se passera-t-il si ces débuts de "feux" auxquels on assiste dans les rues se généralisent ?
Le peuple américain réussira-t-il a prendre les choses directement en main en sortant de l'impasse dans lequel le système l'a emmené ou allons nous vers une répression généralisée et une économie de guerre pour assainir les marchés ?
Difficile à évaluer.
En tous cas j'ai le sentiment que ça peut être chaud.
kuhing
 

Re: Obama face à la contradiction

Messagede Antigone » 14 Sep 2009, 18:21

kuhing a écrit:J'ai pu voir lors d'un récent voyage aux états unis des étudiants plantés en pleine rue, criant en accusant Obama de vouloir éliminer tous les vieux pour pouvoir mettre en place sa réforme. Un telle effervescence est rare aux E-U et, il me semble qu' elle annonce un bouleversement majeur ou en tous cas une crise qui des bureaux des banquiers risque de se généraliser à la rue.

Des gens assis et d'autres tournant en rond, brandissant des pancartes, scandant inlassablement et avec une égale vigueur les mêmes slogans, c'est la forme que prennent les manifestations dans les grandes villes américaines. Je ne trouve pas ça si étonnant.

kuhing a écrit:Il est intéressant , même si ça relève de l'anecdote, de voir que les étudiantes que j'ai croisé , aussi virulentes envers Obama appartenaient à un mouvement dirigé par un ancien trotskiste 'Lyndon Larouche" passé aujourd'hui sur des positions d'extrême-droite.

On risque de voir effectivement une montée de l'extrème-droite dépassant le conservatisme traditionnel. La prolifération de ces petits groupes para-militaires serait un premier signe inquiétant s'il s'avérait qu'ils deviennent de plus en plus actifs.

kuhing a écrit:La question qui peut nous préoccuper c'est que se passera-t-il si ces débuts de "feux" auxquels on assiste dans les rues se généralisent ?
Le peuple américain réussira-t-il a prendre les choses directement en main en sortant de l'impasse dans lequel le système l'a emmené ou allons nous vers une répression généralisée et une économie de guerre pour assainir les marchés ?

Je ne partage pas ton analyse. Je la trouve trop catastrophiste... même si l'économie de guerre existe déjà.
Le système politique américain repose sur plus de deux siècles de bipartisme et d'alternance et rien ne parait le menacer actuellement. Le "peuple américain" y adhère largement. Tant que les système fonctionnera (même mal) et offrira des perspectives de réussite(s), je pense qu'il n'a pas à redouter de crise sociale profonde. Par contre, si le bordel financier devait connaitre un nouveau krach, ce serait bien plus qu'une réplique, ça ferait de gros dégâts, la confiance envers ce système risquerait d'être ébranlée, les classes moyennes ne seraient pas épargnées et tout pourrait être envisageable.
Antigone
 

Re: Obama face à la contradiction

Messagede kuhing » 14 Sep 2009, 21:22

Antigone a écrit: Par contre, si le bordel financier devait connaitre un nouveau krach, ce serait bien plus qu'une réplique, ça ferait de gros dégâts, la confiance envers ce système risquerait d'être ébranlée, les classes moyennes ne seraient pas épargnées et tout pourrait être envisageable.


C'est un peu ce que je dis sauf que je ne pense pas qu'il faille un autre Krach boursier pour que ça arrive.
Je pense même que le bouleversement peut démarrer d' absolument partout et à tous moments.France , Afrique, Asie , Amérique du sud ou du nord..
Il suffit du bon déclic et d'une conjonction d'événements parce que la situation est objectivement mure.

Mais ça ne veut pas dire que ça va arriver forcément. Il faut le déclic qu'on attend pas. Si il n'arrive pas , il ne se passera rien.
C'est d'ailleurs cette incertitude qui est pénible.

Pour les petites manifs à 10 qui tournent en rond aux états-unis, avec une pancarte par personne , oui je sais , j'ai vécu au Québec 2 ans et je suis allé aux Etats unis une bonne dizaine de fois.
J'ai eu l'occasion d'en voir.
Là la scène était différente : une guérite fixe en plein downtown avec un genre de pétition à signer et des affiches d'Obama avec la moustache d' hilter alors qu'il était considéré comme le messie il y a quelques mois.
Et juste a coté il y avait un contradicteur qui répétait sans arrêt "Larouche est un abruti" "Larouche est un abruti"...
Surréaliste. J'avais jamais vu ça.
kuhing
 

Re: Obama face à la contradiction

Messagede Antigone » 11 Nov 2009, 15:54

Et Obama réfléchit... réfléchit... réfléchit...
Il est dans la position du joueur d'échecs qui ne peut plus bouger une pièce sans se mettre en difficulté. Quoiqu'il fasse, il est mort.

Les militaires lui enjoignent de prendre position sur l'Afghanistan; Mc Crystal, le général commandant en chef, lui demande 40 000 hommes. Obama lui en donnerait 10 fois plus que cela ne changerait rien. La guerre est perdue au sens où il ne peut plus la gagner. Ses alliés italiens, hollandais ou canadiens l'ont bien compris, eux qui achètent leur tranquillité pour quelques milliers de dollars.

Si l'armée américaine se retirait, le regime fantoche de Kaboul tomberait immédiatement et Islamabad se retrouverait aussitôt prise en tenaille comme l'avait été Saigon tout de suite après le départ des américains. Un soutien purement logistique ne suffirait pas à tirer d'affaire le régime pakistanais.
D'ailleurs, on voit des strétégies militaires complètement aberrantes. L'offensive dans les montagnes du Sud Waziristan à l'orée de l'hiver s'apparente à celle de Napoléon en Russie. Les talibans se sont repliés, vont se réarmer et pourront tailler en pièces l'armée pakistanaise au printemps.
Si l'armée américaine se retirait, Obama se mettrait en porte à faux par rapport aux généraux du Pentagone qui se demanderaient si Joe Biden (le vice-président) à sa place ne pourrait pas être plus conciliant, plus docile.

Tout ce que peut faire Obama, c'est de ne rien faire, c'est-à-dire rester sur place dans son bourbier, pourrir sur pied, continuer d'occuper Kaboul, le Nord et quelques villes, en laissant le reste du pays aux talibans. Il peut juste espérer établir une ligne de démarcation comme ce fut le cas avec le Vietnam, mais pour combien de temps ? Car le temps coute cher, très cher...

Les Etats-Unis ont déjà englouti 3,5 mille millards de dollars (l'équivalent de 2 fois le PIB de la France pour donner un point de comparaison) en pure perte depuis le déclenchement des opérations militaires en mars 2003. L'addition pour 2009 sera de 660 milliards de dollars en comptant la petite rallonge d'une centaine de milliards accordé par le Congrès. Cela pourrait encore s'accroitre l'année prochaine.
Pour l'heure, 200 000 dollars sont balancés par la fenêtre toutes les 10 secondes... Cela a déjà pour principale conséquence de creuser le déficit budgétaire qui devient abyssal.

Obama peut toujours faire marcher la planche à billets à plein rendement pour financer la guerre, financer "sa" reprise économique, et la faire payer à ses partenaires de l'OTAN grâce à un dollar faible, il ne fait que retarder l'échéance.
Cette stratégie, c'est celle que Nixon avait utilisée pour financer la guerre du Vietnam... avec quels résultats (!). Il avait dû annoncer l'inconvertibilité du dollar en or, ce qui avait eu pour conséquence de déstabiliser les mécanismes financiers et permettre le déclenchement de la crise économique.

Cela fait des semaines que le monde entier attend la décision que va prendre Obama qui va engager la fin de son mandat et qui va avoir des répercussions sur l'état de santé du système financier. Mais finalement cette décision importe peu parce qu'Obama est déjà mort.
Antigone
 

Re: Obama face à la contradiction

Messagede sebiseb » 11 Nov 2009, 16:20

J'avais lu à une époque pas si lointaine (mais je n'ai plus la source) que le poids réel des dépenses de santé par l'état était plus important que s'il y avait une couverture publique organisée. Car dans les faits, les accidentés et les plus malades sont quand même pris en charge par la collectivité, et ce sont forcément les cas les plus graves, qui se multiplient du fait de l'absence de prise en charge des soins de préventions - Par exemple, une simple infection dentaire qui n'est pas soignée peu conduire à des anévrismes qui dans la cas du rupture entraîne ce que l'on sait ou d'autres problèmes cardiaques très graves comme les myocardies. Donc si vous soignez 100 infections, ça coûtera toujours moins cher que si vous avez un patient en réanimation pendant ne serait-ce qu'une semaine (à 10000€/jour). Bref, même en étant très libéral un simple calcul d'écolier devrait convaincre que le poids fiscal d'une bonne organisation de la santé est toujours moins ruineux qu'un système abandonné aux assurances privées.
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Re: Obama face à la contradiction

Messagede Antigone » 18 Nov 2009, 18:30

La Tribune - 18 nov. 2009

Etats-Unis : la dette publique bat des records

D'après les chiffres du Trésor américain, cette dette dépasse les 12.000 milliards de dollars. Elle se rapproche du plafond autorisé par le Congrès.
Elle avait déjà dépassé le seuil symbolique des 10.000 milliards de dollars en septembre 2008. La dette publique américaine dépasse désormais les 12.000 milliards de dollars, selon le chiffre officiel rendu public ce mardi soir par le département du Trésor américain.

A la date du 16 novembre, cette dette publique atteignait très précisement 12.031,30 milliards de dollars, contre 11.999,51 milliards la veille, indique le site internet du Bureau de la dette du ministère. Et ce chiffre, qui augmente inexorablement, devrait encore continuer de monter au vu des dépenses prévues par le gouvernement pour remettre l'économie sur les rails.

Les chiffres du Trésor montrent que la dette a augmenté de plus de 138 milliards de dollars depuis le début du mois de novembre et qu'elle se rapproche très rapidement du plafond de 12.104 milliards de dollars (soit plus de 80% du PIB américain de 2008) autorisé par le Congrès. Ce plafond avait été remonté en février lors du vote du plan de relance budgétaire de 787 milliards de dollars sur trois ans.

Le Trésor a estimé au début du mois que la limite devrait être atteinte "entre le milieu et la fin du mois de décembre", et a indiqué qu'il travaillait "en étroite concertation avec le Congrès en vue de l'adoption d'une loi augmentant ce plafond".

Les Echos - 18 nov. 2009

Barack Obama met en garde contre une rechute en récession

PEKIN (Reuters) - Barack Obama a lancé mercredi son avertissement le plus ferme à ce jour sur la nécessité d'endiguer la hausse des déficits américains, en estimant qu'en cas d'endettement excessif, les Etats-Unis pourraient retomber en récession.
Alors que le taux de chômage américain a atteint 10,2% en octobre, Barack Obama a déclaré à la chaîne de télévision Fox News que son gouvernement devait à la fois relancer l'économie, encourager la création d'emploi et mettre les Etats-Unis sur le chemin de la réduction des déficits, un équilibre difficile à trouver.
Dans cette interview réalisée à Pékin dans le cadre de sa tournée asiatique, Barack Obama a déclaré que son administration réfléchissait à la meilleure manière d'accélérer la croissance économique, par exemple en proposant des crédits d'impôts à des employeurs qui embaucheraient.
"Il est important de reconnaître que si nous continuons à augmenter la dette, même dans le cadre de la reprise économique, à un certain stade, à un moment donné, les gens pourraient perdre confiance en l'économie américaine, ce qui pourrait, de fait, déboucher sur une rechute en récession", a-t-il déclaré, selon la transcription d'une émission qui devait être diffusée plus tard dans la journée.

DES MESURES POUR L'EMPLOI

Barack Obama participera le 3 décembre à un forum qui réunira des dirigeants d'entreprises et des experts financiers pour réfléchir à des mesures qui permettront de doper l'économie.

Le président des Etats-Unis a précisé ne pas avoir décidé si ces mesures de soutien devraient être neutres sur le plan budgétaire, expliquant que cette question serait débattue dans le cadre du forum.
"Nous avons constaté une croissance de l'économie (au troisième trimestre). Nous anticipons une croissance de l'économie au quatrième trimestre également. J'ai toujours dit que la croissance du marché de l'emploi se ferait en décalage par rapport à la croissance de l'économie. La question qui se pose aujourd'hui est de savoir comment nous pouvons accélérer le mouvement."

Dans un autre entretien, à la chaîne de télévision NBC News, Barack Obama a déclaré "qu'il y avait toute une série d'options sur la table" pour relancer le recrutement dans les entreprises, qui recommencent à investir et ont renoué avec les bénéfices.

Barack Obama a déclaré à Fox News que les Etats-Unis devaient chercher de nouvelles opportunités à l'exportation, notamment dans la région Asie-Pacifique, et que c'était l'un des messages qu'il avait transmettre porter pendant son voyage en Asie.
Caren Bohan
Antigone
 

Re: Obama face à la contradiction

Messagede Antigone » 19 Nov 2009, 17:48

N.Y. Daily News - 18 nov. 2009

Chômage aux USA: Le pire est à venir

Vous pensez que le pire est passé ? Faux. Les conditions sur le marché du travail aux États-Unis sont désastreuses et vont de mal en pire. Tandis que le taux de chômage officiel est déjà à 10,2%, avec 200.000 nouveaux emplois perdus en Octobre, si vous y ajoutez les travailleurs découragés et les employés à temps partiel, le chiffre frôle les 17,5%.

Même si la perte de 200.000 emplois par mois est meilleure que les 700.000 emplois perdus en Janvier, les pertes d’emploi actuelles sont toujours en moyenne supérieures aux 150.000 pertes d’emplois par mois durant la dernière récession.

Rappelez-vous : La dernière récession a pris fin en Novembre 2001, mais les pertes de travail ont continué plus d'une année et demi après, jusqu'en Juin 2003 ; idem pour la récession de 1990-91.

Nous pouvons donc nous attendre à ce que les pertes d’emplois continuent jusqu'à fin 2010 au plus tôt. En d'autres termes, si vous êtes sans emploi et que vous cherchez un travail et que vous attendez juste que l'économie reprenne, vous feriez mieux de laisser tomber. Tous les chiffres économiques suggèrent que cela prendra un moment. Les emplois ne sont pas de retour.

Il y a juste un espoir pour que nos leader changent les choses : une mesure courage, qui augmenterait le stimulus fiscal avec un autre round de projets d'infrastructure nécessitant beaucoup de main-d’oeuvres, qui aiderait fiscalement les Etats concernés et les gouvernements locaux et qui accorderait un crédit provisoire d'impôt au secteur privé pour qu’ils puissent recruter. Aider les chômeurs juste en prolongeant leurs allocations chômage n’est pas suffisant ; cela mène au chômage longue durée plutôt qu’à la création d'emplois.

Le scénario à long terme pour les travailleurs et les familles est encore pire que ce que les chiffres de perte d’emplois suggèrent. Maintenant, comme manière de partager la douleur, beaucoup de sociétés demandent à leurs employés de faire moins d’heures, de prendre des congés et d’accepter des salaires plus bas. Spécifiquement, la diminution des heures travaillées est équivalente à une nouvelle perte de 3 millions d'emplois à plein temps, en plus des 7,5 millions d’emplois déjà formellement perdus.

C'est une très mauvaise nouvelle mais nous devons faire face aux faits.
Beaucoup des emplois perdus sont perdus pour toujours, y compris les emplois du bâtiment, les emplois de la finance et les emplois manufacturiers. Les études récentes suggèrent qu'un quart des emplois aux États-Unis sont temps totalement « out-sourceable » vers d'autres pays.

D'autres éléments dépeignent la même vilaine histoire: La durée moyenne du chômage est la plus longue de tous les temps ; le ratio de nombre de demandeurs d’emploi par rapport aux emplois vacants est de 6 pour 1 ; des millions de chômeurs recourent aux programmes prolongés exceptionnels d'allocations chômage et y restent plus longtemps. Basé sur mon meilleur jugement, il est plus susceptible que le taux de chômage atteigne un pic à environ 11% et demeure à un niveau très élevé pour deux années ou plus.

La faiblesse du marché du travail et la chute brusque des revenus, garantissent une faible reprise de la consommation des ménages privés et une reprise anémique de l'économie, et augmentate le risque d'une récession en
2 vagues.

En raison d’un marché du travail terriblement faible, nous pouvons nous attendre à un faible rétablissement de la consommation et de la croissance économique ; et à de plus grands déficits budgétaires ; à plus de délinquance dans les quartiers résidentiels et commerciaux et à une chute plus importante des prix de l'immobilier; à de plus grandes pertes pour les banques et les institutions financières opérant dans les hypothèques immobilières, les cartes de crédit, les prêts automatiques et les prêts d'étudiant, et donc à un plus grand taux d'échecs des banques ; et à de plus grandes pressions protectionnistes.

Les dommages seront étendus et graves à moins d’une action politique courageuse maintenant.

Roubini est Professeur en Sciences Economiques à Stern School Business de l’Université de New York et Président de « Roubini Global Economics ».

Les principaux pronostiqueurs économiques ont déclaré que les demandeurs d'emploi devaient faire face à la triste réalité économique.
Antigone
 

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