Le quotidien de la production est encadré par toutes sortes de dispositions émanant du code du Travail, mais en période de conflit, et plus encore quand une fermeture d'entreprise est décidée autoritairement, cette légalité ne s'applique plus, ni d'un côté ni de l'autre.
La réaction des Conti a été motivée par la légitime défense face à une violence qui les jette à la rue. Ils ont été contraints de se battre hors du cadre légalement autorisé. Leur action leur a quand même permis de voir leurs indemnités de départ révisées de 20.000 à 50.000 euros. A partir de ce résultat et sur la base du rapport de force qu'ils avaient réussi à créer, ils auraient pu décider collectivement de ne pas avoir à rendre de comptes.
S'il n'y avait pas eu le saccage d'un bureau de cette sous-préfecture, je suis certain que la partie adverse aurait cherché autre chose, se serait emparée de n'importe quel prétexte pour les trainer devant les tribunaux. Ce n'est pas la première fois que ça arrive. Mais il n'y a pas eu besoin. Cette action a été filmée !
Les 7 incriminés ont accepté de se rendre à la Justice, ce qui n'était qu'une manière implicite de reconnaitre leur "faute". Et les juges les ont condamnés, comme c'était attendu, à des peines de principe puisqu'elles sont assorties du sursis.
Dès le moment où ils se sont soumis à cette Justice d'Etat, ils sont rentrés dans une logique qui les améne à recevoir des soutiens publics, légaux, municipaux et voir leur cause récupérée par ceux qui ne pensent qu'à l'utiliser comme tribune.
Ils ne sont pas seuls. Si ce n'était pas le cas, on le saurait et on l'aurait vu; ce conflit est assez médiatisé. Dans une petite ville comme Clairoix, je serais stupéfait qu'une telle affaire ne rencontre aucun écho, aucune solidarité ! Par conséquent, je doute qu'une souscription nationale soit ouverte et qu'ils attendent après nous pour payer leurs avocats ou je ne sais quoi, même s'il ne fait aucun doute que la note soit élevée.
Le problème que je pose, c'est: et s'ils avaient décidé de ne pas se soumettre ? et s'ils décidaient le 4 novembre prochain de ne pas payer les 50.000 euros d'amende, qui comme par hasard correspondent au montant de leurs indemnités, quelle serait la meilleure forme de solidarité à leur apporter ? puisqu'ils se retrouveraient moralement dans leur droit... mais cette fois seuls. SUD et le NPA s'esquiveraient. Dans ce cas, c'est toute une défense et une solidarité à contre-courant qu'il faudrait mettre sur pied contre les recours et la répression de l'Etat, contre l'acharnement de certains médias et l'autisme des autres.
Il faudra bien en arriver là un jour. Ainsi Kuhing, "la prise de contrôle d'une entreprise" ne pourra pas continuer à être évoquée en écartant indéfiniment cette question. Il faudra bien apprendre à cesser de respecter cette légalité.
@ Lepauvre - Remplacer les pneus par des préservatifs, ce serait effectivement une idée intéressante. Mais techniquement ?
Sinon, effectivement, cela pourrait donner lieu à des échanges fructueux avec la population...
@ Kuhing -
Peux-tu expliquer ce que tu entends précisément par la "solidarité offensive contre d'éventuelles représailles" dont tu parles ?
D'autre part si tu " ne vois pas où peut mener la reprise en main d'une usine de pneus (?), en la mettant en relation avec des échanges de produits avec la population..." Comment envisages-tu la mise en route d'une autogestion généralisée à la base ? Mais y es-tu favorable ?
Je n'ai pas réponse à tout. Pour la première question, je pense qu'on n'évitera pas la confrontation et que dans un premier temps, il faudra protéger les gars.
Pour les 2e et 3e questions: Je suis anti-gestionnaire. Je pense que l'autogestion peut parfaitement s'adapter aux règles d'une économie marchande et que cela ne remettra pas en cause le capitalisme.
Modifié en dernier par Antigone le 06 Sep 2009, 20:27, modifié 1 fois.