Te dire anarchiste individualiste ne devrait pas te permettre de dire que les anarchistes communistes ne sont pas anarchistes. Comme je n'arrête pas de le dire, y a t'il un tampon AOC ?
Certainement non, il n'y a pas de tampon AOC.
Pour autant certains des pires négationnistes se sont revendiqués ouvertement anarchistes, puis à l'occasion anarchistes de droite et soit étaient déjà, soit on finit à l'extrême droite.
Je prend à déssein un exemple frappant.
Mais pour moi le fait de se définir anarchiste ne suffit pas.
Il y a des communistes qui se disent libertaires mais sont quand même très autoritaires dans leur fonctionnement. Dans leur rapport aux autres etc.
Je trouve Anonyme assez péremptoire sur pas mal de choses dans son post et j'y reviendrais (les assimilations qu'il fait sur "gens qui parlent de révolution = dans l'attentisme ou citoyen=poucave/collabo/résigné).
Mais de la même manière qu'un certain individualisme est binaire, certains prétendus anarchistes communistes sont tout aussi unidimenssionels et manichéens.
Ce qui met d'accord les anarchistes individualistes les plus strictes et les communistes dogmatiques (qu'ils se disent d'ailleurs marxistes ou libertaires) est l'idée que l'anarcho-communisme est une chimère, que ça n'existe pas et ne peut pas exister.
Moi je fait parti des gens qui considèrent que l'un sans l'autre n'a pas de sens. Ce que kropotkine appelait le socialisme autoritaire ne peut reproduire que du pouvoir, des gouvernements, donc de l'oppression etc.
Mais "l'individu" dont son acceptation philosophique traditionelle reste un pur produit du pouvoir et je ne sais pas si le prendre comme base d'un projet politique ne risque pas de reproduire les schémas de domination que cette acceptation porte. Je ne sais pas si il n'y a pas aussi une misère dans le fait de se replier sur soi comme centre de toute reflexion.
Et enfait qu'est-ce que l'individu, sinon des ensembles de choses qui le traverse. Sa capacité à interagir avec ces choses, et Malatesta en parlait beaucoup, par la volonté, influer de toute ses forces sur ces choses.
Mais du reste, en tant qu'individu, le champs des possibles est bien limité, et on ne choisit que peu ces choses qui se mettent sur notre route et nous "font", par définition.
Nos déterminismes pour faire bref. Je veux dire que ce qui nous a fait, nous ne l'avons que peu choisi à priori.
A ce propos, ce qui me gène enfait est ce mépris qu'on retrouve chez certains (je ne parle pas pour toi anonyme je n'en sais rien) individualistes envers la plupart des autres qui seraient trop faibles, trop résignés, et donc collabos. Cette exigence morale quasi-religieuse qui a poussé certains à considérer que la vie des "resignés" ne vaut rien.
Cette négation totale de l'aspect de la domination que constitue l'aliénation : les structures de la domination, souvent volontairement cachées ou rendues invisibles.
Ce mépris pour la "plèbe" ou la plupart des autres une attitude que je trouve triste et qu'on rencontre parfois trop, parce que je pense que ça fait parti intégrante de l'idéologie dominante.
La question qui m'obsède est : comment en finir avec ce monde de merde pour reprendre tes termes.
Et je crains qu'une stratégie qui ne se base que sur les individus ne rencontre des forces répressives qui auront déjà bien des longueurs d'avances et n'auront pas de peine à faire des martyrs que personne ne viendra pleurer. C'est un peu péssimiste comme vision, mais j'exprime là simplement des doutes.
Je ne vais pas trop développer mais je concluerai simplement en disant ceci :
Je ne nie pas l'importance de l'individu, mais je ne sais pas si il est n'est pas "dangereux" (mot à prendre avec des pincettes), pour les raisons que j'évoque, d'en faire un fétiche (comme certains fétichisent les masses).
respecter les pratiques militantes
Le respect est un peu à l'idéologie bourgeoise ce que la tolérance est au christianisme.
Si par respecter tu entends se priver de critiquer alors je ne suis pas d'accord.
"We can protest untill death, they won't listen, don't sit back and think It will happen. They won't give up what they've robbed, stand up and resist." Conflict