Mouvement dans l'éducation, à suivre...

Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Nico37 » 23 Avr 2009, 23:00

La coordination nationale Ecole en Danger (regroupement de collectifs de salariés de l’éducation et parents mobilisés contre les réformes Darcos et Pécresse et pour un service public d’éducation de qualité pour tous), réunie à Chenôve (21) le 18 avril pour sa 4° assemblée générale nationale appelle à :

Ø participer activement à la manifestation du 1er mai ;
Ø organiser le dimanche 17 mai, dans tous les départements de France, un pique-nique de défense du service public d’éducation autour des points d’eau : « Avec leurs réformes, Darcos et Pécresse veulent couler l’école publique. Remettons-la à flot » ;
Ø organiser le mardi 26 mai une journée nationale « gilets jaunes » ;
Ø soutenir les actions nationales décidées par la Coordination Nationale des Universités ;
Ø déposer des plaintes contre Base élèves ;
Ø favoriser la diffusion d’autocollants, badges « Ecole en Danger ».

La coordination nationale Ecole en Danger s’est dotée d’une équipe nationale (avec notamment des porte-parole) chargée d’assurer la lisibilité de la coordination nationale Ecole en Danger et la visibilité des actions des collectifs et envoie un porte-parole à la 9° CNU pour envisager la co-organisation d’une action nationale centralisée sur Paris.


La prochaine assemblée générale nationale Ecole en Danger aura lieu le samedi 13 juin à Toulouse.


Porte-parole de la coordination nationale Ecole en Danger :

- Isabelle CAMPANELLA (Lyon) isabelle.campanella @free.fr 04 72 00 84 66

- Bruno EZ-ZAFIR (Villefranche) b.ez-zafir@laposte. net 06 10 59 62 88

- Laurent GUIDET (Toulouse) laurentmireille@ wanadoo.fr 06 63 65 34 37

- Manuel GUILLEN (Montpellier) manumtp@gmail. com 06 10 63 29 84

- Marie HARMI (Guebwiller) marie.harmi@ gmail.com 03 89 76 10 73

- Claire MERVANT (Sète) clairemervant@ orange.fr 06 75 67 64 33

- Audrey RICHARD (Sète) richardaudrey@ free.fr 06 21 76 89 69

- Hassénia SIRAT (Dijon) sirat.hassenia@ hotmail.fr 06 61 41 20 52
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Lettre-pétition pour la création du métier d'accompagnant sc

Messagede Nico37 » 28 Avr 2009, 00:02

http://www.mesopinions.com/Lettre-petit ... cbd26.html

Auteur : unaisse@free.fr
UNAISSE : Union Nationale pour l'Avenir de l'Inclusion Scolaire, Sociale et Educative pour la création d'un métier qualifié d'accompagnant scolaire des élèves en situation de handicap
ASSOCIATION NATIONALE DES AVS

http://unaisse.free.fr

FNASEPH
http://www.fnaseph.org/

SNUIPP
http://www.snuipp.fr/

SNES-FSU
http://www.snes.edu/snesactu/spip.php?page=une

SGEN-CFDT
http://www.sgen-cfdt.org/actu/sommaire.php3

A l'attention de : Monsieur le Premier Ministre,

Date de création : 07/03/2008
Date de cloture : 31/07/2009

Auteur : unaisse@free.fr
UNAISSE : Union Nationale pour l'Avenir de l'Inclusion Scolaire, Sociale et Educative pour la création d'un métier qualifié d'accompagnant scolaire des élèves en situation de handicap
ASSOCIATION NATIONALE DES AVS
http://unaisse.free.fr

FNASEPH
http://www.fnaseph.org/

SNUIPP
http://www.snuipp.fr/

SNES-FSU
http://www.snes.edu/snesactu/spip.php?page=une

SGEN-CFDT
http://www.sgen-cfdt.org/actu/sommaire.php3

A l'attention de : Monsieur le Premier Ministre,


Aujourd'hui, près de 15 000 personnels, tous statuts confondus, exercent auprès des élèves en situation de handicap une mission essentielle : auxiliaire de vie scolaire individuel (AVS-i). Ils permettent à ces milliers de jeunes de suivre une scolarité en milieu ordinaire, en les accompagnant dans leur accès à l'autonomie (déplacements, prise de notes, organisation, communication...) Apparue il y a une quinzaine d'années, notamment sous l'impulsion des associations de parents, cette fonction n'a cessé de se développer et joue un rôle essentiel dans la mise en œuvre du droit à la scolarisation prôné par la loi du 11 février 2005.

Cependant, quelle que soit leur situation, ces personnels occupent des emplois précaires de quelques mois (EVS en Contrat d'avenir ou Contrat d'accès à l'emploi) à deux fois trois ans maximum (AVS, Assistant d'éducation).

Cette précarité (est) insupportable nuit à la qualité du service public :

- pour les élèves et leurs familles, car elle entraîne des ruptures dans l'accompagnement ;

- pour les équipes enseignantes qui se retrouvent en difficultés du fait de cette rupture ;

- pour les AVS et les EVS eux-mêmes, qui ne peuvent avoir accès à une véritable formation professionnelle. Chaque année, ils quittent ainsi ces fonctions sans pouvoir réinvestir les compétences acquises.

Pourtant, de nombreuses voix dénoncent cette situation :

• Rapport de la commission des affaires sociales du Sénat – Paul Blanc – Juillet 2007 :
« ...votre commission plaide avec insistance pour une véritable professionnalisation du métier d’AVS »

• Rapport de Patrick Gohet, Délégué Interministériel aux personnes handicapées – Août 2007 :
« Aujourd’hui, l’auxiliaire de vie scolaire exerce un véritable métier. Par conséquent, la professionnalisation de cette fonction est souhaitable. »

• Rapport sur le projet de loi de finance 2008 – Enseignement scolaire – Yves Censi – Octobre 2007 :
« [Votre rapporteur]...souhaite attirer l’attention du Gouvernement sur la nécessité de recruter des personnels formés ou expérimentés pour cet accompagnement ; il est important également que ces personnels soient fidélisés dans les établissements. »

Pour sortir de la situation actuelle, insatisfaisante pour toutes les personnes concernées (élèves, parents, enseignants, EVS et AVS...), pour assurer un accompagnement de qualité des élèves en situation de handicap, nous estimons qu'il est urgent, aujourd'hui, de :

- pérenniser cette mission d'accompagnement et les personnes qui l'exercent depuis plusieurs années désireuses de poursuivre dans cette voie , ce qui implique une formation de qualité préalable à l'entrée en fonction ;

- concrétiser cette fonction en un véritable métier de l'accompagnement scolaire.

- mettre fin à la situation de précarité des personnels assurant cette mission ce qui suppose d'engager rapidement des discussions sur leur devenir (professionnalisation, VAE, etc.)

Dans l'immédiat, nous vous demandons :

- de prendre des mesures concrètes pour que les personnels en fin de contrat puissent bénéficier d'une indemnisation chômage ;

- de recruter les personnels nécessaires à la mise en œuvre des projets personnalisés de scolarisation (PPS) décidés par les CDAPH (Commission des Droits et de l'Autonomie des Personnes Handicapées).

Lien vers le texte : http://unaisse.free.fr/actu_07_08/actu_ ... fev08.html
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Nico37 » 29 Avr 2009, 09:23

APPEL du 21 AVRIL des enseignants du primaire en résistance


A Marseille, à Toulouse, à Montpellier, à Paris… les pressions de toute sorte contre les enseignants désobéisseurs s’intensifient et les sanctions financières à leur encontre ne cessent de pleuvoir. Au lieu d’engager le dialogue dans un esprit constructif, les inspections académiques s’enferment dans une répression disproportionnée visant à faire rentrer dans le rang les enseignants qui, en conscience, refusent d’appliquer les dispositifs et les programmes pédagogiques qui remettent en cause le sens profond de leur mission.

Malgré cette répression, les enseignants désobéisseurs n’abandonnent pas leurs convictions pour faire vivre, chaque jour, une école de la solidarité et de la réussite pour tous. Ils ont le soutien massif des parents d’élèves. Une caisse de solidarité nationale a été mise en place afin de soutenir les enseignants sanctionnés par des retraits de salaire et leur permettre de ne pas céder. Et ils ne céderont pas !

L’heure est grave ! Il est minuit moins cinq dans la nuit où le gouvernement a programmé la mort de l’école de la République. Il n’est pas fatal que cette heure sonne.

C’est pourquoi les enseignants en résistance pédagogique appellent solennellement :

- les enseignants du primaire à amplifier et à radicaliser le mouvement de résistance au démantèlement de l’école publique, par la désobéissance pédagogique ciblée et affichée.
- les syndicats à reprendre à leur compte le mot d’ordre de la désobéissance civile pour faire échec aux lois qui déconstruisent le service public d’éducation.
- les parents d’élèves à multiplier les initiatives de protestation et de blocage susceptibles de faire pression sur l’autorité hiérarchique qui reste sourde au dialogue.
- les citoyens à exiger un grand débat national et des Etats généraux de l’éducation pour penser l'avenir de l'enseignement public, de la maternelle à l’université.
- les élus à s’engager instamment à défendre l'intérêt du peuple, en sauvegardant le système éducatif français.

Les enseignants du primaire en résistance pédagogique appellent la société civile à l’insurrection non-violente afin de faire barrage à la destruction de l’école publique et défendre l’intérêt de l’enfant avant tout au sein d’une école du progrès pour tous.

Ils appellent à une 3ème journée de la désobéissance dans l’Education Nationale le mercredi 6 mai, après celles du 17 décembre et du 11 mars. A cette occasion, le seuil symbolique des 3 000 enseignants désobéisseurs sera atteint, ce qui représente le plus important mouvement de désobéissance civile que l’Education Nationale ait jamais connu.

La victoire est possible si nous le voulons ! A nous de le décider, en pensée et en actes !

Mouvement des enseignants du primaire en résistance fédérés par le blog Résistance pédagogique pour l’avenir de l’école
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Nico37 » 24 Mai 2009, 15:20

FÉDÉRATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSÉE
Membre de l’Union Internationale Humaniste et Laïque (IHEU)
10/12 rue des Fossés-Saint-Jacques 75005 PARIS
Tél : 01 46 34 21 50 - Fax : 01 46 34 21 84
Courriel : « libre.pensee@wanadoo.fr »


- COMMUNIQUÉ -


Pour la pleine Séparation de l’Enseignement public et des écoles privées !


Nous avons pris connaissance, par nos Fédérations départementales de la Région Rhône-Alpes, d’une atteinte très grave à la laïcité. Pour la première fois, le Rectorat de Grenoble a décidé qu’un grand nombre de lycées privés seront centres d’examen pour le baccalauréat 2009. La Fédération Nationale de la Libre Pensée ne peut accepter que les élèves passent les épreuves du Baccalauréat, diplôme national et républicain, avec un crucifix au dessus de leur tête ou qu’un employé de l’évêché du diocèse soit le maître à bord lors des examens et donne des ordres aux enseignants fonctionnaires.

L’État français possède le monopole national de la collation des grades. Le baccalauréat est un diplôme d’état, et le principe républicain établit que seuls les établissements laïques qui accueillent tous les élèves sans exception sont habilités pour être les centres d’examens et concours d’État. Selon la Loi du 18 mars 1880 relative à la liberté de l’enseignement supérieur (Art. 1er) : « Les examens et épreuves pratiques qui déterminent la collation des grades ne peuvent être subis que devant les facultés de l’État ».

Notre organisation défend la Loi de Séparation des Églises et de l’État et, à ce titre, demande l’abrogation de toutes les lois antilaïques, en particulier de la loi Debré qui, la première, a permis de considérer de fait les établissements confessionnels comme participant au service public. Elle considère que cette mesure est une atteinte supplémentaire à la laïcité de l’École.

C’est pourquoi la Libre Pensée s’est adressé à Monsieur le Recteur, Madame et Monsieur les Inspecteurs d’Académie de l’Ardèche et de la Drôme, pour qu’ils reviennent sur cette décision. En tout état de cause, il leur appartient d’assurer la neutralité des centres d’examen et l’égalité des candidats, quelles que soient leurs convictions, pour éviter tout préjudice susceptible de faire grief, ou, ce qui est tout aussi grave, d’affecter la liberté de conscience des élèves ou des surveillants des épreuves.

Enfin, il ne saurait être question que les employés des associations confessionnelles qui dirigent les établissements privés, soient subrogés dans les attributions hiérarchiques des proviseurs et puissent convoquer les fonctionnaires de la République ou leur donner des ordres.

Après la signature, le 18 décembre 2008 d’un accord diplomatique sur la reconnaissance des diplômes de « l’enseignement supérieur » catholique, au nom du processus de Bologne, initié par l’Union européenne, un pas de plus est franchi.

La France n’est pas l’Italie : nous ne voulons pas d’affaire Franco Coppoli en France (professeur sanctionné pour avoir refusé la présence d’un signe religieux dans une salle de classe). C’est aussi pourquoi, la Libre Pensée a fait interdire, par le Tribunal administratif, la présence d’un crucifix dans la cantine municipale de la commune de Wandignies-Hamage dans le département du Nord. La Libre Pensée s’est adressé officiellement à madame Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur, pour qu’elle ordonne au Préfet de faire exécution du jugement. En effet, Madame le Ministre semble plus prompte à faire expulser les travailleurs immigrés qu’à faire appliquer la loi laïque et républicaine dans nos institutions.

La Libre Pensée n’acceptera jamais ce qu’elle a combattu hier

Depuis l’avènement de la Loi Debré, la Libre Pensée a toujours refusé les lois antilaïques. Elle est toujours restée fidèle au mot d’ordre républicain « Fonds publics à l’École publique, fonds privés à l’école privée ». C’est pourquoi, dès 1983, elle a manifesté publiquement sa totale opposition au projet du « Grand Service public unifié » dit projet « Savary » qui visait à unifier l’enseignement public et l’enseignement privé sur le mode de fonctionnement des écoles catholiques.

La loi Jospin de 1989, les Accords Lang-Cloupet, les concours publics passés dans les écoles privées, les crucifix dans les locaux scolaires, la reconnaissance des diplômes catholiques, tout cela participe de l’unification de l’enseignement public avec les écoles catholiques. C’est une nouvelle offensive contre la laïcité de l’École publique et de l’État.

À l’heure où d’aucuns en appellent à nouveau à un « grand service public d’éducation, unifié et laïque, national et rénové », la Libre Pensée indique clairement qu’elle ne sera pas partie prenante de cette nouvelle trahison.

Elle appelle tous les laïques et leurs associations à se mobiliser pour la défense du principe de Séparation des Églises et de l’État, tel qu’il est institutionnalisé par la loi du 9 décembre 1905 !


Pas de patrons, pas de curés à l’École laïque !
Pas d’examens publics, pas de “collation des grades” par et dans les écoles des curés !


Paris, le 30 Avril 2009
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Nico37 » 25 Mai 2009, 20:07

Halte aux sanctions !

Les syndicats FSU, SGEN-CFDT, SUD-Education, UNSA-Education, SDEN CGT demandent la levée de toutes les sanctions financières envers les collègues qui n’ont pas fait passer les évaluations nationales CM2 ou/etqui n’ont pas mis en place « l’aide personnalisée », selon les impératifs exigés.
http://www.darcos-demission.org/docs/ha ... ctions.pdf
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Nico37 » 28 Juin 2009, 10:49

En plus d'Erwan Redon, quelques exemples parmi d'autres...

Pas tout seul : répression à tout-va dans l'éducation nationale

- Pascal Diard est enseignant certifié en Histoire-Géographie au lycée Suger à Saint-Denis (93), militant syndical à Sud éducation et animateur du GFEN (Groupe Français d’Éducation Nouvelle), et à ce titre il met en place des projets, des actions de formation et des pratiques pédagogiques alternatives. Suite à une inspection, un rapport à charge rend compte de façon déformée de la séance observée. Il risque le licenciement.
Pétition en ligne : http://www.sudeducation.org/article3113.html#sp3113

- Alain Refalo (initiateur du mouvement de résistance pédagogique chez les enseignants du primaire) est convoqué devant une CAPD le 9 juillet à 15 heures (Toulouse). Il lui est repproché un refus d'obéissance, un manquement au devoir de réserve, une incitation à la désobéissance collective et une attaque publique contre un fonctionnaire de l'Éducation Nationale.
Un rassemblement est prévu à Toulouse à 14 heures devant l'Inspection d'Académie.
Pétition en ligne : http://31.snuipp.fr/

- Bastien Cazals (enseignant désobéisseur déjà sanctionné de 36 jours de retraits sur salaire et auteur du livre Je suis prof et je désobéis ) a reçu un courrier de l’Inspecteur d’Académie de l’Hérault lui intimant l’ordre de ne plus communiquer avec aucun media pour tout sujet ayant rapport avec ses fonctions. Il engage un recours au tribunal administratif. de Montpellier. L'audience est prévue le 6 juillet à 15 heures.

- Jean-Yves Le Gall, directeur de l’école élémentaire de Notre Dame de Vaulx en Isère, a toujours dit non au fichage des enfants. Il fait partie des 190 directeurs rassemblés au sein du collectif national de résistance à base élèves qui ont signé un engagement à ne pas renseigner Base Elèves. On lui a signifié qu'il perdait son poste de directeur au 1er septembre 2009. C’est la première fois qu’une telle sanction est prononcée à l’encontre d’un directeur à qui le seul et unique reproche qui est fait et la non-saisie de base élèves.
Pétition en ligne : http://www.lapetition.be/en-ligne/souti ... -4337.html

- Erwan Redon, Professeur des écoles à Marseille. Il risque le licenciement. Il est convoqueéle 7 juillet 2009 devant une CAPD. Un rassemblement est prévu à Marseille à 9 heures. Hébergement possible.
Pétition en ligne : http://www.soutienerwanredon.org/index. ... ry&catid=1
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Nico37 » 30 Juin 2009, 14:31



Les corrections du Bac Pro Agricole : l'épreuve de force

Ces derniers jours, les lycées de Romans et de Tours Fondettes, où des épreuves de Bac Pro agricole devaient être corrigées, ont été le théâtre de confrontations entre forces de l’ordre et bloqueurs. Yves, enseignant correcteur témoigne de cette nouvelle manifestation de désarroi.

A l’heure du changement ministériel, l’enseignement agricole public manifeste avec des blocages de centres de correction. Le nouveau Ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, Bruno Le Maire, s’attend certainement à des rapports houleux avec les agriculteurs, producteurs de lait en tête. Mais a-t-il pris connaissance de la profonde inquiétude qui mine le système enseignant agricole ?

Le Café Pédagogique relate depuis l’an passé les actions menées par les enseignants, les élèves et les parents pour défendre l’enseignement agricole public et lutter contre fermetures de classe et suppressions de postes. Rétention de notes, délégations régionales au Ministère, grèves, interventions d’élus au Sénat, rien n’y fait, le sentiment de ne pas être entendu perdure. Le dernier rendez-vous manqué date du 11 juin où une délégation, soutenue par près de 450 manifestants n’avait obtenu, de la part du Ministère, qu’une fin de non recevoir à ses revendications de maintien des emplois. Les syndicats ont donc décidé de faire passer le mouvement au cran supérieur avec un blocage des centres de corrections d’examens.

Yves, enseignant de mathématiques, était convoqué à Tours Fondettes pour participer aux corrections en compagnie de 200 collègues venus du public et du privé. Devant le tour sécuritaire pris par les évènements, il a décidé de se déclarer gréviste. Il a accepté de témoigner pour le Café Pédagogique.

Vous n’étiez pas gréviste au départ, qu'est ce qui vous a décidé?
Je savais que les corrections seraient peut-être perturbées. Lorsque je suis arrivé sur place la police avait sécurisé tous les ronds points et carrefour. A l’intérieur du lycée même, beaucoup de gendarmes patrouillaient et quadrillaient les lieux, ils étaient armés de « flashball ». Seuls les correcteurs pouvaient circuler. Les manifestants ont été repoussés à l’extérieur. On ne pouvait pas marcher sur 30 mètres sans croiser les forces de l’ordre. Cela a été le cas toute la journée.
Je me suis mis gréviste pour 2 raisons : Par soutien envers mes 70 collègues remerciés après de bons et loyaux services et les élèves qui vont en souffrir.
Par réaction au déploiement de force réalisé, voir des gendarmes en masse présents dans le lycée me perturbait énormément. Je devais corriger des copies sous surveillance policière !! Je suis allé à la rencontre des manifestants, ceux-ci ne présentaient évidemment pas un danger pour notre sécurité.
Lorsque je suis revenu à 13h en salle de correction je me sentais très mal à l’aise, je me demandais si j’étais bien en France. J’ai rangé mes affaires, j’ai averti les correcteurs que je débrayais car il m’était impossible de travailler dans ces conditions. Certains n’étaient pas contents car cela leur ferait des copies en plus à corriger, leur retour serait donc retardé. Ils avaient la possibilité de faire comme moi. A eux de prendre leurs responsabilités.
Je suis allé voir par conscience professionnel le chef de centre pour l’avertir également. D’autres collègues d’autres salles ont eu la même réaction que moi.

Quelle est la situation dans votre établissement?
Dans mon lycée, nous sommes très touchés, l’administration régionale nous a interdit fin avril de recruter en BEPA Services Aux Personnes afin de pouvoir supprimer 2 postes. 30 élèves ne seront donc pas formés dans un domaine très demandeur de personnes qualifiées. Nous avons un taux de réussite de l’ordre de 95%. Les élèves peuvent avoir du travail à la sortie ou continuer leurs études ; Beaucoup réussissent. Nous avons alerté le ministère, les élus nationaux, régionaux, locaux, les journalistes, etc.… Mais rien n’y a fait.
Nous en voulons terriblement aux décideurs, cela va laisser des traces. Les élèves nous reprochent de ne pas les avoir assez défendus. Pourtant s’ils savaient tout ce qu’on a fait. Je me suis toujours interdit de leur parler de ce problème à cause de mon devoir de réserve. »

Propos recueillis par Monique Royer

Le 19/20 du 23 juin de France 3 Centre (le reportage commence environ après 19 minutes et 30 secondes)
http://jt.france3.fr/regions/popup.php? ... o_number=1

Le blocage du centre de Romans : http://www.ledauphine.com/romans-sur-is ... cle=151746


PLP agricole Sud de la France a écrit:Au blocage nous ajoutons les rétentions des grilles de correction ou des bordereaux de notes.
Si cela n'a pas très bien marché à Chatillon-sur-Seine (bac pro de plusieurs régions : Bourgogne, Champagne-Ardennes, Lorraine et Franche-Comté) car l'huissier à qui nous avions confié les bordreaux d'un quart des correcteurs (mais la moitié des correcteurs du public, car les correcteurs convoqués étaient pour moitié du privé et en particulier des MFR.) les a remises aux forces de l'ordre par peur des représailles de la part du ministère.
A Limoges (correction nationale des BTSA Aquacole et Productions Animales), il n'y a pas eu de blocage extérieur mais ce sont nous-mêmes correcteurs qui avons organisé la résistance avec AG, votes, élections de délégués. L'huissier a été un peu plus courageux et nous avons pu retourner chercher les grilles de correction malgré les pressions qu'il n'a pas manqué d'avoir. Pour l'instant, les délibérations prévues le jeudi 25 juin n'ont pas encore eu lieu bien sûr pour ces 2 BTSA.
Nous avons reçu une lettre en recommandé avec AR de mise en demeure moins de 48h après le dépôt chez l'huissier, et assez curieusement, les collègues n'ont pas l'air de s'affoler, on a presque pas de retours. On leur a envoyé un modèle de lettre pour répondre au DRAAF Limousin qui s'est fendu du courrier.
Cette initiative initiée par la FSU, la CGT et Sud a été suivie aussi par la CFDT du privé.
A Pau, en ce moment, l'expérience sert et le nom de l'huissier va rester secret. Par contre, le ministère fait courir toutes sortes de bruits afin de faire peur aux collègues.


De l'animation au lycée de la Mer

Quelle ne fut pas ma surprise ce matin quand, en arrivant au lycée, je suis tombée sur une bonne vingtaine de gendarmes armés jusqu'aux dents autour et dans le bâtiment du cdi.
Le lycée de la Mer est centre de correction du bac pro agricole, le cdi est donc investi de correcteurs. Hors depuis quelques mois, des profs de l'enseignement agricole font la grève des notes, notamment pour protester contre la diminution des postes. Du coup, les centres de correction sont bloqués (voir l'article du Café pédagogique) et donc aussi le lycée de la Mer. D'où les gendarmes pour protéger les quelques correcteurs courageux contre les féroces profs en colère sonnant la corne de brume et usant, voire abusant, des pétards.


L’appel syndical au blocus

450 manifestants à Paris :
vers le blocage des centres de correction d’examens
dans l’enseignement agricole
Communiqué de presse - 11 juin 2009

À l’appel du SNETAP-FSU (rejoint par la CGT et FO), 450 personnels de l’enseignement agricole public, accompagnés de représentants de parents d’élèves (FCPE) ont manifesté à Paris aujourd’hui.

Le SNETAP-FSU avait adressé un ultimatum au Ministre de l’Agriculture pour ce jour, en posant trois exigences :

Le rétablissement des 45 emplois de contractuels indûment supprimés et qui menacent directement le réemploi de 60 à 70 collègues contractuels ;
Le rétablissement des 88 emplois d’enseignants et 64 emplois d’administratifs au budget 2009, qui conduiraient à ne pas pouvoir organiser la rentrée prochaine correctement ;
Un moratoire sur les suppressions d’emplois dans le cadre de la préparation du budget 2010.
La délégation reçue par Claude VIAU (conseillère technique au cabinet du Ministre) et Jean-Louis BUER (Directeur Général de l’Enseignement et de la Recherche) a clairement et fermement exprimé le niveau d’exaspération des personnels qui voient leurs emplois menacés, leurs conditions de travail et la qualité de leurs enseignements dégradées, et globalement, l’enseignement agricole public menacé de disparition (suppression d’options d’enseignement, de 90 classes, fermeture de 3 établissements,...).

Depuis des mois qu’ils se mobilisent sous diverses formes, les personnels avaient adressé cet ultimatum au Ministre, en lui faisant savoir clairement que, s’il était une nouvelle fois sourd à ces revendications, c’est avec regret, mais avec détermination, qu’ils organiseraient des actions à l’occasion des examens dans l’enseignement agricole.

Mme VIAU a répondu par la négative à l’ensemble des revendications exprimées.

Après en avoir rendu compte aux manifestants, et considérant que le Ministre n’avait pas répondu à l’ultimatum qui lui avait été posé, le SNETAP et le SYAC-CGT ont appelé les personnels à organiser le blocage des corrections d’examens, en se mettant en grève à l’occasion des sessions de correction, en organisant le blocus des centres de correction, ou par tous autre moyen pacifique.

Il confirme également son appel à tous les personnels de l’enseignement agricole public à refuser les heures supplémentaires à la rentrée prochaine.

Par l’ensemble de ces actions, il est conscient d’appeler à des modalités qui ne sont pas dans les habitudes de personnels éducatifs, mais considère que, par son refus obstiné à prendre en compte les demandes des usagers et des personnels, le Ministre est pleinement responsable du blocage de la situation et des conséquences que ce blocage va entraîner sur le plan administratif et financier.

Paris, le 11 juin 2009


Communiqué FSU Les Lilas, le 1 juillet 2009

Blocage des centres de correction d’examen

La FSU apporte son soutien aux personnels de l’enseignement agricole public conduits au blocage des centres de correction d’examen.

Si ces collègues, à l’appel notamment du SNETAP-FSU, ont décidé de recourir à ce mode d’action inhabituel qui aura des conséquences sur le plan administratif et financier mais pas sur les élèves, c’est que toutes leurs mobilisations précédentes sur les suppressions de postes qui mettent à mal l’enseignement agricole public se sont heurtés à des refus. Sans le rétablissement des emplois de contractuels, d’enseignants, d’administratifs et un moratoire sur le budget 2010, ce seront à nouveau des élèves refusés en nombre, des options d’enseignement supprimées, des établissements qui fermeront…

Ce n’est pas par un déploiement policier disproportionné comme on l’a vu dans certains centres d’examen que l’on pourra mettre fin au blocage mais en négociant et en répondant aux revendications.

La FSU appelle le nouveau ministre à prendre des mesures d’urgence qui répondent aux attentes des personnels et à leur donner ainsi des signes d’une volonté politique de défense et de promotion de l’enseignement agricole public.
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Nico37 » 06 Juil 2009, 22:33

Un lycéen bloqueur se voit interdire l'accès à la classe terminale

Tristan Sadeghi vient de finir son année en première économique et sociale au lycée Maurice-Ravel, à Paris. Il est délégué de sa classe, ses notes sont bonnes et ses professeurs contents de lui. Pourtant, et alors que les grandes vacances commencent, son passage en classe de terminale est incertain car Tristan a été un 'bloqueur' lors des manifestations lycéennes de février. C'est la raison pour laquelle quand il a souhaité déposer un dossier de réinscription le 16 juin dernier, le personnel a, selon la famille de l'élève, refusé.

D'après les parents de Tristan, le proviseur aurait expliqué qu'il souhaitait un engagement écrit de leurs fils de ne plus participer à des activités de blocage. Le père envoie alors un courrier à la direction de l'établissement pour dénoncer une 'décision discriminatoire et illégale', car Tristan n'a pas bloqué son lycée tout seul. Le père indique tout de même que 'Tristan n'a plus aucune intention de bloquer le lycée et doit se concentrer entièrement sur ses études', mais le proviseur souhaite un engagement écrit de la main de Tristan (voir la lettre du proviseur, publiée sur le site du Nouvel Observateur).

Lundi 6 juillet, professeurs, camarades de classes et élus locaux se sont donc réunis devant le rectorat de Paris pour défendre son cas. Danielle Simonnet, conseillère de Paris, déléguée auprès de la maire du 20e arrondissement chargée de la lutte contre les discriminations, de l'intégration, du handicap et du monde associatif, qui assure 'bien connaître' Tristan dans un courrier publié sur Internet, a dénoncé une 'situation et [une] pression psychologique exercée sur l'élève et ses parents insupportable et inacceptable'.
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Dorhinel » 06 Juil 2009, 22:38

Ledit lycéen, duquel je suis totalement solidaire pour tout un tas de raisons, a commenté la décision (oui, bon, je sais pas comment dire) sur Rue89 (http://www.rue89.com/2009/07/06/jai-17- ... tre-darcos)

Eh ben même là, les commentaires réacs ("Il empêchait les autres de travailler", par exemple) fusent. C'est triste.

Soutien total, donc, au lycéen... Surtout en sachant qu'il est sûrement pas seul. Et dire que c'est aux proviseurs qu'on veut donner le titre d'officier de police judiciaire... C'est bien parti.
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede sebiseb » 06 Juil 2009, 22:48

Malheureusement, ce n'est pas la première fois où j'entends parler d'un jeune dont on refuse l'inscription (ou la ré-inscription) dans un établissement pour délit de sale g.. - Parce que finalement, c'est de cela dont il s'agit. Parmi les exemples de refus d'inscription ;
- Pour cause d'indiscipline - Mais qu'aucun conseil de discipline n'avait sanctionné,
- Parce que la mère était "chiante"...
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Nico37 » 07 Juil 2009, 20:37

Conseils de discipline de juillet : Première victoire !

Ce matin notre collègue Erwan Redon (professeur des écoles à Marseille) était convoqué en commision disciplinaire pour "insuffisance professionnelle".
1ère victoire : l'accusation d' "insuffisance professionnelle" a été abandonnée par l'IA
2ème victoire : devant la multitude des vices de forme, la procédure a été arrêtée et la commission s'est donc close prématurément.
Tout ceci est extrêmement positif.
Cependant l'IA menace Erwan d'une nouvelle convocation ultérieure (à la rentrée ?) en Commission disciplinaire, cette fois pour "faute professionnelle" (comme Alain Refalo qui passe en CD jeudi)
Le combat continue !
Pour SUD éduc Paris, Olivier
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede L'autre facteur » 10 Juil 2009, 20:42

Communiqué de presse CNT-éducation 34-SUD-éducation 34


Les sanctions prononcées par l’Inspecteur d’Académie sont illégales !

Le tribunal administratif de Montpellier a aujourd’hui suspendu la décision de l’Inspection Académique d’effectuer des retraits de salaire à l’encontre de Cédric Serres et Bastien Cazals.

Le tribunal a reconnu que la situation était urgente (retraits de 24 et 22 jours de salaire !) et a établi que l’Inspection Académique ne pouvait sanctionner des enseignants pour un service qu’elle considère comme mal fait alors même qu’elle n’a pas défini clairement les modalités de ce service. Pour rappel, la tentative de sanction portait sur l’aide personnalisée, heures supplémentaires imposées aux enfants considérés en difficulté au lieu de leur proposer une aide sur le temps de classe. Cela renforce notre volonté de maintenir la liberté pédagogique des enseignant-es.

Les syndicats CNT Éducation 34 et SUD-Éducation 34 se félicitent de cette décision, rendue possible par une mobilisation très importante le jour de l’audience. C’est cette même mobilisation qui depuis des mois réunit, des parents, des enseignants, des citoyens dans les différents Collectifs pour défendre l’école. Une mobilisation qu’il faudra poursuivre et amplifier encore.

Nous espérons que le message sera entendu par Luc Châtel, le nouveau ministre de l’Education Nationale, lui qui souhaitait accentuer les sanctions... Qu’il soit convaincu que nous continuerons notre lutte pour la défense du service public d’éducation, dans un objectif d’émancipation des individus. Mardi 7 juillet, déjà, la commission disciplinaire d’Erwan Redon, enseignant marseillais avait été reportée suite à une manœuvre illégale de l’Inspection Académique des Bouches-du-Rhône et devant une mobilisation d’enseignant-es et de parents venu-es de toute la France.

Nous continuerons à nous mobiliser contre toutes les sanctions, déguisées ou non, prises par les inspecteurs d’Académies à l’encontre des enseignant-es qui refusent de participer à la casse de l’école publique.

Nous demandons l’arrêt de toutes les procédures disciplinaires et le retrait des sanctions prononcées.

Montpellier le 10 juillet 2009
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Nico37 » 31 Juil 2009, 07:23

Emancipation Tendance intersyndicale, semaine de Rians, 8 au 18 juillet 2009

Texte Ecole

Face aux contre-réformes, une autre société, une autre école.

De la maternelle à l'université, du jardin d'éveil à la mastérisation, la cohérence et le caractère frontal des attaques actuelles sur le système éducatif sont apparus clairement dans une large part de l'opinion publique. Dans les années 1990 à 2000, le discours dominant sur l'école était celui du questionnement de la démocratisation. Un palier avait été atteint dans la massification scolaire, qu'il s'agissait de franchir au prix d'un investissement public supplémentaire et d'une réflexion sur les méthodes, les pratiques, l'orientation. Mais aujourd'hui, deux années de sarkozysme précédées des Ministères Ferry et De Robien, nous font basculer dans une nouvelle période de l'histoire du système éducatif français, qui voit le triomphe d'une conception de l'école totalement soumise aux impératifs du capitalisme , une école minimale dont la préoccupation centrale devient la gestion des flux d'élèves, permettant l'intensification du repérage des élites et du tri social (abandon de l'objectif des 80 % d'une classe d'âge au bac, à mettre en rapport avec l'affichage d'un objectif de 50 % d'une classe d'âge au niveau Licence).
Déjà les premiers effets de ces contre-réformes peuvent se mesurer à l'aune du nombre sans précédent de jeunes laisséEs sans solution de scolarisation à la sortie du collège en ce début de juillet 2009.
Dans ce contexte, la première urgence pour Emancipation Tendance intersyndicale est d'apporter son soutien à toutes les résistances qui se développent actuellement, et de concourir à leur élargissement. Ces résistances peuvent se situer à différents niveaux : maintien et défense des pratiques pédagogiques alternatives, actions de boycott, qui touchent aussi le second degré, refus de Base Elèves, refus d'appliquer les nouvelles directives, refus de l'inspection. Emancipation Tendance intersyndicale oeuvre d’ores et déjà à obtenir le soutien syndical le plus large possible au mouvement des désobéisseurs et aux personnels en butte à la répression du pouvoir.
Au delà des résistances, Emancipation Tendance intersyndicale milite pour un vaste mouvement social unitaire.
Mettre en échec durablement la marche en avant actuelle du gouvernement serait déjà une victoire importante. Cependant, Emancipation Tendance intersyndicale se place dans une perspective de transformation sociale anticapitaliste. C'est pourquoi elle intervient dans le mouvement syndical et plus largement dans le mouvement social pour un contre projet de système éducatif suffisamment étayé d'une part pour mettre en avant des revendications offensives et cohérentes, d'autre part pour prendre appui sur l'actuelle contradiction entre la demande sociale d'éducation et le projet libéral pour l'école. Elle travaille ainsi à élargir dans l'opinion publique la nécessité d'une transformation sociale radicale et à en rapprocher l'échéance.
Pour Emancipation Tendance intersyndicale, ce contre projet doit avoir pour objectif la création d'un système éducatif réellement démocratique et émancipateur et l'organisation d'une école polyvalente et polytechnique pour touTEs sans orientation ni rupture jusqu'à la fin de l'actuel lycée.
Pour cela il s'agit de revendiquer :
La fin du dualisme scolaire par la nationalisation laïque sans indemnité ni rachat de tous les établissements privés et l'abrogation de toutes les lois anti laïques (accord Kouchner – Vatican, loi Carle … )
L'organisation de la démocratie directe dans les établissements scolaires, pour les enfants, les jeunes et les parents, et pour les personnels, en lien avec la pratique des pédagogies qui y sont adaptées
Le refus de toute orientation avant la fin de l'actuel lycée et la fusion des trois voies actuelles de formation, professionnelle, technologique et générale. Ainsi, toute formation à finalité directement professionnalisante devrait être repoussée après l'actuel lycée
Des moyens en termes de budget, de création de postes, de formation initiale et continue, et de statut unique des personnels, incluant la titularisation sans condition de concours ni de nationalité de tous les personnels précaires, et l'arrêt de tout recrutement de nouveaux/nouvelles précaires.

Dans l'immédiat et à titre transitoire, Emancipation Tendance intersyndicale soutient toutes les revendications qui peuvent concourir à réaliser ces objectifs ou à s'en approcher.
Pour sa part elle revendique immédiatement :
L'abrogation de toutes les contre-réformes gouvernementales de ces dernières années (Loi Fillon, L. M. D., L. R. U., mastérisation, réformes et projets Darcos – Pécresse, mise en œuvre du rapport Descoings…)
Des créations de postes massives, non seulement pour rattraper les 35000 postes déjà perdus depuis 2005, mais aussi pour permettre des groupes d'apprentissages à effectifs réduits (20 à 25 élèves maximum selon les âges) des établissements à taille humaine, des dispositifs de remédiation non stigmatisants, adaptés et inclus dans le temps scolaires. Elle s'oppose en cela à l'individualisation des dispositifs d'aide pédagogique et à leur externalisation par rapport au temps scolaire.
Un recrutement par concours après la Licence, et s'articulant avec un pré recrutement dès la première année d'études supérieures, suivi d'une formation en IUFM aux pédagogies actives, fondées sur la coopération et le tâtonnement expérimental, et à la pédagogie de projet.
Une réorganisation du temps scolaire respectueuse des rythmes de l'enfant et permettant d'articuler des moments d'acquisition des notions disciplinaires, des activités de projets interdisciplinaires et la pratique de la démocratie dans le cadre d’horaires, de programmes et de diplômes nationaux
L'allongement de la scolarité obligatoire jusqu'à 18 ans et la possibilité pour touTEs d'une quatrième année d'étude après l'actuel collège, dans chacune des trois voies de formation.
Le maintien et le développement des disciplines d'enseignement général au sein des voies professionnelles et technologiques, la lutte contre la hiérarchie des disciplines et pour l’intégration d’éléments de culture professionnelle et technologique dans la voie générale
La défense de la liberté pédagogique individuelle et collective, et des garanties pour les équipes de garder la maîtrise de l'ouverture des activités pédagogiques sur l'extérieur.

Emancipation tendance intersyndicale propose en outre de lancer une réflexion sur l'articulation entre les programmes, les acquisitions disciplinaires et les pratiques du projet interdisciplinaire permettant à l'enfant et au jeune d'être pleinement acteur/actrice de sa formation.
Elle propose également une réflexion approfondie pour définir quels savoirs et compétences des différents champs professionnels et technologiques devraient relever d'une culture polyvalente et polytechnique commune à touTEs et quels savoirs et compétences relèvent de la spécialisation envisageable après l'actuel
lycée.
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Nico37 » 03 Aoû 2009, 15:00

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INTERVENTIONS n° 8 MARS 2009

Les luttes actuelles dans l’école et autour de l’école sont le produit d’une double crise. Tout d’abord, crise de « l’instruction » des enfants par l’école. Cette école contemporaine achève de dissoudre l’institution de l’éducation dans des « dispositifs de formation » qui doivent se prolonger « tout au long de la vie ». En tendance, la formation « professionnalise » les élèves en les adaptant à leur fonction de gestionnaires de leurs ressources humaines. L’État-nation n’est donc plus éducateur. Cette crise majeure de l’institution de l’éducation se combine avec une crise sur les finalités de l’école et sur les contenus des savoirs qu’elle est supposée transmettre. « Socle commun de connaissances » et « savoirs minimums garantis » s’entrechoquent comme des cruches vides…

Cette situation critique de l’école, instrumentalisée par le pouvoir d’État et ses « partenaires sociaux », n’est pas vraiment reconnue par les mouvements de lutte au sein de l’Éducation Nationale. Les problèmes de fond ne sont posés ni par les élèves ni par les professeurs. Il n’y a aucune contestation des dimensions normatives de l’institution ni même de reconnaissance qu’elle est en crise (comme toutes les autres institutions d’ailleurs, il n’y a qu’à voir l’état actuel de la Justice !) L’État n’a donc aucun mal à faire courir le bruit que les enseignants sont des conservateurs, les élèves des agités et des mal informés, les parents des désinformés rendus inquiets par ce « problème de communication » comme dirait le ministère.

Énumérons quelques points qui nous paraissent importants pour la conscience de lutte, même si c’est difficile à faire passer sur le terrain.

1-Très souvent dans les arguments qui sont avancés pour défendre l’école publique, il y a une inversion de l’ordre logique. Alors que c’est parce que les conditions du service public se sont dégradées que l’idéologie du privé a trouvé progressivement une légitimité (gaspillage de l’argent public pour des résultats peu probants), il est proclamé par les enseignants que le service public fonctionne bien mis à part un manque de moyens et que c’est la Droite qui veut « la casse du service public ».

A l’évidence il y a là, non pas simplement une confusion dans les relations de cause à effet, mais aussi un double langage qui est typique des fonctionnaires et particulièrement des enseignants. Un double langage qui est une des causes de la défaite des grandes luttes enseignantes depuis au moins 1995. Ce double langage est celui de la défense de ce qui existe par crainte de ce que ce soit pire après. Là il n’y a plus simplement double langage mais erreur politique. En effet, cela nous condamne à refuser tous les projets de réforme parce qu’ils constitueraient une menace au lieu de s’en emparer quand justement on est dans le rapport de force établi par la lutte afin de sortir de la simple résistance et de prendre des initiatives.

Cette faiblesse dans l’offensive et l’alternative est évidente en ce qui concerne la question de l’autonomie. Dès qu’ils entendent ce mot, les enseignants voient le diable et pensent privatisation, régionalisation et autres pouvoirs locaux arbitraires. Mais se posent-ils la question de ce que peut être l’autonomie entendue non pas comme stratégie de gestion autocratique, mais comme moyen d’ouvrir des brèches dans l’organisation du statu quo ? L’histoire ne se répète jamais mais il ne faudrait pas oublier que c’est à partir de son statut de Freie Univerzität que l’Université de Berlin allait voir se développer, à partir de 1966-67, le mouvement anti-autoritaire et extra-parlementaire allemand.

Il y en a assez de subir et de se mettre sur le reculoir. Cela amène tous les mouvements récents à n’être que des mouvements de résistance à la merci du moindre recul de l’État. Cela fausse alors complètement les perspectives. Le retrait d’un projet est pris comme une grande victoire alors que ce n’est que le retour à une situation antérieure qui ne nous a jamais satisfait ! Les syndicats ne sont d’ailleurs pas les principaux responsables de cette situation. On a pu voir, ces dernières années, des actions se voulant les plus autonomes possibles, mettre toute la radicalité de leur action dans l’objectif du retour au statu quo.

On en revient à la question des rapports entre alternative et révolution. Le tout ou rien produit, dans les faits, une allégeance à l’État. Pour ne prendre qu’un exemple, il est vrai caricatural, tous les syndicats enseignants, sont pour le maintien d’une centralisation absolue du système éducatif. Or, cette centralisation est justement le paravent derrière lequel s’organise la restructuration du service public puisqu’elle constitue une structure qui n’a cessé de grossir et qui représente un facteur évident de paralysie. A cette centralisation, il ne s’agit pas d’opposer décentralisation et régionalisation sans privatisation, mais il est sûr que se pose la question de savoir si bloquer le système (c’est de toute façon de l’ordre du défensif et de la résistance) est plus efficace que de le débloquer en passant à l’offensive, y compris sur un terrain que l’État essaie d’impulser et de maîtriser. Ce n’est pas un hasard si les médias essaient d’associer libéral et libertaire à propos des « réformes ». Ce faisant, ils nomment les forces qui s’attaquent à la forme qu’à pris l’État au cours du XXe siècle, mais l’enjeu politique de cette critique de l’État (en faire une critique libertaire et non pas libérale) est brouillé par le fait que dans les luttes concrètes la plupart des libertaires s’empressent de rejoindre le clan globalement pro-étatique des organisations traditionnelles de la Gauche.

Pour le moment, ce qu’on entend, c’est qu’il faut être pour le maintien des concours nationaux au nom de l’égalité. Fort bien, mais alors il faut lire les résultats des concours pour vérifier si ce principe démocratique est respecté. Or, en le faisant, il apparaît que la plupart des reçus, surtout à l’agrégation, viennent de quatre académies seulement et que la plupart des enfants de cadres supérieurs et professions libérales de province se font payer une chambre ou un studio à Paris par leurs parents pour préparer ce concours pendant que les étudiants des petites universités (style Bourg, St-Étienne, Perpignan, Mulhouse, Pau) sont réduits à la situation des étudiants grecs. Alors bien sûr, comme pour le maintien du bac national, on va nous dire qu’autrement ce serait pire... Les étudiants ne doivent pourtant pas se bercer d’illusion ou pratiquer la politique de l’autruche. Soit l’existence de leurs universités doit montrer clairement qu’elles participent de cette tendance vers l’égalité (du style un étudiant de Perpignan doit avoir au moins autant de chance qu’un étudiant de Toulouse d’être fonctionnaire dans le Roussillon ou salarié qualifié à Paris) soit ce sont des universités-poubelles et dans ce cas là il faut que ça se sache et agir en conséquence, c’est-à-dire tendre à en faire des lieux pour autre chose, des lieux de déconstruction ou même de subversion.

Non seulement il n’y a aucune critique publique de l’Institution, mais, de fait, les enseignants en lutte se présentent encore comme les garants de l’existence de l’Institution face au marché. Ils se retrouvent donc dans la position de demander toujours plus d’État, ce qui concrètement veut dire : revenir à l’époque des années 60-70. C’est pourtant très difficile de se battre pour cela, puisque l’ancienne régulation de l’État-providence n’opère plus, ce qui, par exemple au niveau de l’école, nous conduit à dire que « l’État n’est plus éducateur ». Le recrutement social des enseignants a aussi changé, il est devenu moins populaire et moins « missionnaire ». Les nouveaux enseignants sont donc beaucoup plus enclins à se fondre dans un moule où l’institutionnel se fait moins impersonnel, moins abstrait et où les codes se rapprochent de ceux du secteur privé (le chef d’établissement-patron, les évaluations plus nombreuses et hiérarchisées des fonctionnaires). Cela pourrait à la limite les rendre plus combatifs, mais ce n’est que rarement le cas puisqu’ils ont tendance à intérioriser l’ensemble des codes du secteur privé jusqu’à se demander si on a le droit de faire grève. Cette différence de perception conduit souvent à des clivages générationnels peu propices au renforcement de la lutte.

2- Ce double langage des professeurs trouve malheureusement son écho dans le double langage des lycéens. Quand on est enseignant, on est pris d’un amer sourire quand on entend que les lycéens veulent plus d’heures de cours alors que tous les jours ils disent et surtout ils montrent qu’ils en ont trop ce qui les conduit à pratiquer le zapping permanent. Cette baisse du nombre d’heures de cours, c’est d’ailleurs ce que veut organiser le plan Darcos et pourtant ils se déclarent contre. Là aussi, il est alors facile pour le pouvoir, de les décrédibiliser en disant qu’ils font grève pour glander ou alors que la grève cacherait une mystérieuse entreprise de déstabilisation d’origine anarcho-autonome !

Ils pourraient pourtant, eux aussi, profiter du rapport de force pour dire qu’il y en a marre de l’échec scolaire mais aussi d’une « réussite » qui dépend de plus en plus d’un gavage répétitif avec des évaluations de plus en plus précoces. Ils ne le font pas... et ils se retrouvent devant les prétendus casseurs et encapuchonnés, lesquels sans forcément en faire l’analyse, expriment concrètement leur « ras-le-bol » devant des processus de relégation et de disqualification qui progressent. Des jeunes qui expriment aussi et ainsi leur mépris devant des grèves et des manifestations qui leur paraissent relever d’un rituel propre à une communauté scolaire à laquelle ils ne veulent (et ne peuvent) plus participer.

Alors qu’en 1986, le refus de la sélection à l’entrée à l’université avait encore uni étudiants, lycéens et « lascars » des LEP (ceux-ci n’étant pourtant pas directement concernés par le projet), alors qu’en 1994, les luttes contre le CIP avaient montré une certaine unité de la communauté des scolarisés, cela n’est plus le cas aujourd’hui comme on a pu s’en rendre compte pendant les luttes contre le CPE. Il ne s’agit pas ici de faire l’apologie des petites bandes de racketteurs au sein des manifestations qui adoptent parfois un comportement fascistoïde. Il ne s’agit pas non plus d’y voir une nouvelle ligne de classe. En fait, la révolte des banlieues de 2005 illustre bien un refus de participer au jeu d’une contestation maintenant ritualisée dans ses formes, mais pauvre en alternative.

Nous avons donc bien à faire à un double langage généralisé qui est une des causes de notre défaite face aux médias comme dans « l’opinion publique ». Ceux-ci sont en effet passés maîtres dans l’art d’exposer les contradictions des mouvements. Les médias ne cachent pas la lutte puisque c’est de l’événement et ça fait de l’info et de l’audimat. Mais quand ils font parler un manifestant, immanquablement, ce sera un gréviste qui demandera « plus de moyens », pour en faire quoi on ne le saura jamais ou qui répétera avec dévotion la formule consacrée : « le gouvernement organise la casse du service public ».

Dans les luttes actuelles on voit des enseignants prendre le risque de désobéir à leur hiérarchie et donc celui d’être sanctionnés pour manquement à la déontologie du fonctionnaire (servir, servir, toujours servir… l’État). C’est une bonne chose et déjà certains enseignants de Lettres, en juin 2008, avaient refusé de faire passer des oraux dans les conditions inacceptables imposées. Mais ce qui est original et porteur dans des formes de lutte qui échappent aussi bien à la logique du service de l’État qu’à la logique syndicale, doit aussi l’être au niveau des contenus. Or pour le moment il y a un décalage important entre ces formes de lutte, les risques encourus et un contenu qui se contente souvent du catalogue habituel (n’ayons pas peur des mots : le catalogue syndical) des revendications qu’on ajoute sur le même modèle que se calcule le PIB : toute revendication nouvelle ajoutée est un plus dans le catalogue de la même façon que l’usine qui pollue est un plus de richesse puisqu’elle produit la nécessité d’une activité anti-pollution.

3- La formation : une commune fausse conscience ?

Dans ces catalogues de revendications on trouve des choses étonnantes. On apprend ainsi que les enseignants regrettent déjà les IUFM ; alors qu’au moins dans le second degré, les plus nombreux s’étaient opposés à leur création y voyant une sorte de retour et d’extension des anciennes Écoles normales en lieu et place d’un enseignement universitaire plus théorique unifiant les différentes formations des maîtres.

Les enseignants disent vouloir maintenir leur mission d’éveil à l’esprit critique alors que les IUFM ont été baptisés, avec raison, du sobriquet « d’instituts de formatage des maîtres ». Et ce ne sont pas seulement quelques élitistes nostalgiques à la Finkielkraut ou étatistes à la Bringueli qui critiquent les IUFM mais ceux qui y sont ou qui en sortent aujourd’hui. La nouvelle défense des IUFM est alors justifiée par une politique du moindre mal. Mieux vaudrait l’IUFM que pas de formation du tout !

L’intégration récente des IUFM dans les universités et la mastérisation du recrutement des enseignants décrétée pour 2010 ont signé la fin de ces établissements créés par le pouvoir socialiste comme un compromis entre les anciennes Écoles normales et les universités. Ce compromis politico-syndicalo-administratif, déjà fragile et peu consistant en 1991, s’est vite délité. Moins de deux décennies plus tard, la liquidation n’était pas bien délicate à conduire.

Avec ou sans IUFM, c’est la professionnalisation de la formation des maîtres et de leurs activités qui sont à contester ; aussi bien dans les critères de recrutement au concours que dans les méthodes d’apprentissage et les contenus d’enseignements. L’inculcation du « geste professionnel » et de la « bonne pratique pédagogique » dont les nouveaux masters « enseignement » font leur credo constituent une normalisation de l’éducation lourde de conséquences. Or cette dimension politique centrale est absente des débats et des luttes contre la politique actuelle de formation, de recrutement et d’évaluation des enseignants.

Ces catalogues de revendications partielles et juxtaposées empêchent de se centrer sur l’essentiel qui devient peu perceptible pour beaucoup. Qu’est-ce qui peut unir, de la maternelle à l’université, en passant par la recherche, les protagonistes de la lutte ? C’est cela qu’il faut faire ressortir collectivement dans des AG regroupant les différents niveaux, ce qui n’est d’ailleurs pas incompatibles avec certaines revendications par secteurs, mais elles-mêmes centrées et donc limitées (refus de la suppression des Rased, refus d’établir des base-élèves, de l’évaluation en CE2, statut des enseignants-chercheurs). Dans une perspective d’élargissement de l’action collective, il y a des voies à tracer du côté d’un refus d’une formation (et de formateurs) de plus en plus étriquée, fonctionnelle, qui recouvre tous les niveaux de l’enseignement et de l’éducation.

Ceux qui défendent aujourd’hui les IUFM oublient souvent que ce sont les formateurs de ces IUFM qui ont fait passer ou qui tentent de faire passer toutes les « réformes » que les actions de rue et de grève refusent. Ils oublient aussi que nombre d’enseignants-formateurs de terrain coopérant avec les IUFM (à l’inverse de bureaucrates carriéristes attachés à l’appareil) les ont désertés après seulement quelques années de pratique vu les couleuvres qu’ils devaient avaler.

Il en va de même pour la composante « parent d’élèves » dans les collectifs. Ils ne sont pas rares ceux qui s’orientent vers une conception professionnalisante de l’activité de « parents ». S’il faut souligner l’apport positif de la « mixité » des protagonistes de la lutte, faut-il encore en faire quelque chose tout de suite sinon les mêmes parents qui participent à la lutte aujourd’hui seront éconduits demain par les enseignants qui leur fermeront leurs portes parce que chacun doit rester maître chez soi et que, par ailleurs, la majorité des parents vont adopter à nouveau une position d’usager et de consommateur du service public avec les traditionnelles attaques contre les profs et les fonctionnaires.

4 – L’absence de toute critique du devenu de l’université et du rôle prépondérant de la recherche dans les nouvelles formes de domination.

Du côté enseignant nous avons une réaction de « corps » qui n’a que peu abordé la question des finalités de la recherche. C’est assez logique puisque le mouvement s’est présenté comme celui du respect des statuts et de l’institution qui inclut reconnaissance de la hiérarchisation et règles communément acceptées. A partir de là tout le discours scientiste et pro-technologie peut s’engouffrer dans la mesure où il déclare bien clairement qu’il veut se maintenir sous la tutelle de l’État. Ce n’est donc pas l’État et la dépendance réelle de l’université vis-à-vis de sa politique et de ses projets qui seront critiqués mais une « contre-réforme » néo-libérale qui s’attaquerait au service public pour marchandiser la recherche. Or, la notion de contre-réforme est complètement inappropriée pour caractériser les mesures Pécresse et la loi LRU puisqu’il s’agit d’une opération de rationalisation et d’optimisation de la gestion de l’enseignement supérieur et de la recherche. Une contre-réforme présupposerait une action de réforme, or la réforme n’est plus possible puisqu’il n’y a plus de statu quo, de stabilité. L’État est aujourd’hui mouvement et réseau ; il n’a d’autre but que de dissoudre tout ce qui gêne sa fuite en avant, même si les contradictions à l’œuvre donnent plutôt l’impression d’une course en rond : le tourniquet de la société capitalisée.

Le service public, en France du moins, n’est donc pas plus condamné en soi dans le secteur tertiaire que le capital fixe ne l’est dans le secteur secondaire. Simplement, en tant qu’ils constituent des immobilisations de capital, des stocks de fonctionnaires et de locaux, les services publics ralentissent les flux d’une société capitalisée qui tend à s’organiser principalement sous la forme réseau. Il y a finalement peu d’idéologie là-dedans, au moins au départ. L’idéologie vient après comme surajoutée par des lobbies électoraux qu’on ose même plus appeler des partis politiques. Sans des médias qui relaient leurs discours sans arrêt on en entendrait même pas parler.

5 - Sur la lutte en cours, quelques réflexions nées de l’action.

Tout d’abord il faut voir que la lutte est complètement partie de la base au niveau des écoles primaires dans un lien enseignants-parents qui est une constante des luttes dans ce secteur depuis les grèves de 2000. Les syndicats y ont eu un rôle très secondaire car les moyens d’action mis en oeuvre ne leur permettent pas d’être comme des poissons dans l’eau. En effet, les collectifs de lutte développent de nouvelles formes d’action (refus d’effectuer l’aide personnalisée, refus de l’évaluation-fichage de la part des professeurs des écoles) qui se démarquent des contraintes légalistes de l’action syndicale. En refusant de s’en tenir à des actions strictement légales, ils mettaient en porte à faux des organisations qui ne pensent qu’en termes de devoirs et de droits des fonctionnaires et non pas en terme de devoir d’insoumission. Or, même s’il n’y a pas vraiment de mémoire des luttes, il semblerait que les luttes récentes autour des élèves et parents sans-papiers, aient réactivé cette dimension. Les lettres de désobéissance sont donc à prendre comme une prolongation de ces actions de résistance active.

Ces pratiques tranchent avec le consensus citoyenniste de ces vingt dernières années et mettent en pratique une critique qui était jusqu’à là restée très idéologique dans la mesure où elle se cantonnait d’un côté à une dénonciation un peu aristocratique de la « soumission volontaire » de presque tous à l’État ou de l’autre à la traditionnelle critique gauchiste du « Police partout/Justice nulle part ».

Un autre élément a joué un grand rôle, c’est le fait de se trouver devant un gouvernement qui ne fait ni concertation préalables ni d’offre de négociation, même s’il doit reculer en fonction du rapport de force. Cela met les syndicats en porte à faux puisque leur légitimité ‒ si légitimité il leur reste ‒ n’est plus qu’une légitimité de négociation au sommet. C’est une chose que la CFDT a comprise depuis longtemps et qui lui donne un rôle disproportionné par rapport à son implantation réelle, dans la préparation des divers projets étatiques. La CGT de Thibault tend d’ailleurs progressivement à prendre le même chemin et à faire son aggiornamento devant la baisse tendancielle du taux de confiance en sa fonction de contestation de l’ordre établi.

Cette position décalée par rapport à la lutte à la base à permis qu’apparaissent à nouveau des coordinations de collectifs en lutte qui ont pu tracer, au moins dans un premier temps, leur propre démarche et perspective d’action. Certes, les contenus n’ont pas été suffisamment questionnés comme nous le faisions remarquer précédemment mais il n’y a pas eu non plus d’illusion sur les formes démocratiques des assemblées générales et autres réunions de collectifs. L’organisation est clairement pour l’action et uniquement pour l’action aux risques de l’immédiatisme et d’un certain activisme. La situation s’est aussi clarifiée en ce que les traditionnelles oppositions syndicales au sein des grands syndicats (particulièrement la tendance « Ecole émancipée ») n’ont pu jouer leur rôle habituel de tampons gauchistes entre la base et le sommet, rôle qui devient difficile à jouer quand l’État ne négocie pas. Cela laisse alors de la marge aux coordinations mais les oppositionnels, ne pouvant plus exprimer leur petite différence avec la ligne majoritaire, se sont alors empressés de rejoindre les positions de leurs directions, les renforçant par-là même puisqu’ils représentent d’ordinaire leur aile la plus militante. Il n’y a là aucune « trahison », mais une logique syndicale fut-elle d’opposition. « On ne peut quand même pas laisser les gens partir à l’abattoir », disent-ils pour justifier leur volonté de ne pas rejoindre les actions de la coordination « École en danger ! ».

Quant aux étudiants, ils peinent à trouver un chemin dans la lutte actuelle. La mémoire des luttes récentes existe encore et elle ne pousse pas forcément à réaliser l’unité. Ainsi, une des raisons de la « froideur » relative des étudiants vis-à-vis du mouvement actuel des enseignants-chercheurs ne repose-t-elle pas sur les positions de ces derniers en grande majorité favorables ou alors indifférents à la loi LRU pendant que leurs étudiants manifestaient avec vigueur leur opposition à la réforme ? Hésitants ou prudents, ils ont tout d’abord semblé accompagner le mouvement plus qu’ils n’y participaient, mais une certaine radicalisation est en train de se produire qui fait qu’aujourd’hui (au 14 mars) on compte 45 universités en grève dont plusieurs avec blocage.

Nous venons de parler de la méfiance des étudiants par rapport aux actions des enseignants-chercheurs, mais il s’agit aussi d’autre chose. Depuis la première révolte contre la loi LRU (2006) les étudiants semblent avoir perdu ce qui avait fait leur force, à savoir la capacité à trouver un bon moyen « technique » d’engendrer un rapport de force favorable (les blocages) et à entretenir un rapport entre minorité agissante et masse des étudiants permettant de transformer le refus de départ en un mouvement de contestation prolongé. Pour le moment, nous assistons à un éclatement des différentes composantes de ce qui aurait pu produire un nouveau mouvement étudiant :

d’un côté des individus qui se concentrent sur des pratiques alternatives d’occupation mais dans une relation assez distendue avec les objectifs immédiats de la lutte ;

de l’autre, des « politiques » qui bureaucratisent les AG et orientent la dynamique vers les journées-nationales-d’action … enlisement ;

enfin des étudiants bloqueurs qui semblent mimer de façon volontariste les pratiques antérieures (vote de blocages obtenus avec de faibles majorités dans beaucoup d’universités ; festivisation de la vie collective comme « culture de la lutte »).

Les journées nationales de manifestations décidées par les syndicats sont autant de risques d’asphyxie pour un mouvement à la recherche de son second souffle. De la maternelle à l’université approfondir les actions particulières et unifier les actions collectives à portée universelle semble bien maintenant une épreuve de réalité pour le présent mouvement.

Les précédents numéros d’INTERVENTIONS sont disponibles sur le site de la revue Temps critiques
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Re: mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Nico37 » 04 Aoû 2009, 23:26

Nous appelons tous les militants présents à Marseille à venir nous soutenir au TA où l'audience est publique. RENDEZ VOUS : JEUDI 6 AOUT 14H00 DEVANT LE TA: 22, rue de Breteuil


COMMUNIQUE de PRESSE

Recours en référé-suspension devant le Tribunal Administratif de Marseille contre les 32 jours de retrait de salaire de 2 enseignants désobéisseurs

Jeudi 6 août 2009, à 14h30, le Juge des Référés de Marseille examinera la requête déposée par les enseignants Christine Jousset et Erwan Redon de l'école des Convalescents (13001 Marseille).

Ces deux enseignants engagés dans le mouvement national des enseignantEs en résistance pédagogique ont vu leur paye amputée de 32 jours de salaire sur 3 mois alors qu'ils ont effectué la totalité de leur service. Refusant le dispositif d'Aide personnalisée mis en place par le ministère de l'éducation nationale, ils ont proposé aux familles et aux enfants des ateliers éducatifs du midi pour tous les enfants qui le souhaitaient et ont lancé le projet de la création d'un CLAE ( Centre de Loisirs Associé à l'Ecole) auprès de la mairie du 1er-7ème, qui en a accepté le principe.

Ils seront défendu par Maître Sophie SEMERIVA.

contacts : avocat 0664859874 - Ch. Jousset 0670756763
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