Dans le cas des blagues que j'ai donné en exemple, on rit de la position d'un oppresseur, dans le cas des blagues sur les noirs, les arabes, les juifs, les homosexuels ou les femmes, on est dans une toute autre optique. On rit de leur position de dominés. Lorsque tu dis "juste retour des choses" tu mets au même plan les dominants et les dominées et tu nies les structures d'oppression. Rire d'une blague sexiste, c'est contribuer à répandre l'idée que les femmes sont "naturellement" des dominées. Je vais prendre un exemple simple: Gro Harlem Brundtland, qui fut Première Ministre de Norvège (avec quelques interruptions) de 1986 à 1997, racontait pendant qu’elle était au pouvoir : « Dans mon pays, il arrive que les enfants demandent à leurs parents : "Est-ce qu'un homme aussi pourrait devenir Premier Ministre ?" » Cette blague, permet au contraire de contrer les a priori sexistes. Ensuite viens la question de qui vient la blague: une blague sur les juifs raconté par un juif peut me faire rire, elle n'a pas du tout la même portée quand elle se retrouve dans la bouche d'un antisémite.
Je pense que les gens qui rient des blagues anti-blancs et qui refusent de rire des blagues sur les autres minorités ont un sacré complexe d'infériorité.
Le racisme anti blanc et une invention des identitaires. On n'a pas a complexé d'être blancs, mais en tant qu'anarchistes, il me semble que le minimum est d'être conscient des structures d'oppression et de l'histoire coloniale. Encore une fois, je ne vois pas comment on peut mettre dos à dos blagues sur les blancs et blagues sur les noirs, blagues sur les hommes et blagues sur les femmes. Si les structures d'oppression de classes, racistes et sexistes ont disparu alors la révolution n'a plus lieu d'être et nous vivons dans le meilleur des mondes possibles. CQFD
je serai post-féministe quand nous en serons au stade du post-patriarcat.