L'université en lutte

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 23 Mai 2009, 09:22

Affrontements au sommet du G8 des recteurs d'universités à Turin.

Affrontements avec des étudiants à Turin : 19 policiers blessés. Bellaciao, 20 mai 2009. (source : Tageblatt)

Dix-neuf policiers et carabiniers ont été blessés mardi à Turin, dans le nord de l’Italie, dans des affrontements avec des milliers d’étudiants qui manifestaient contre la tenue d’un G8 des recteurs d’universités, selon l’agence Ansa.
Les recteurs de 40 universités de 19 pays se sont réunis à Turin pour discuter de problèmes économiques et éthiques et de développement durable. Tout au long de l’après-midi, les forces de l’ordre ont affronté à plusieurs reprises les manifestants, tentant sans succès de les disperser avec des jets de gaz lacrymogène, a constaté un photographe.
Les étudiants ont tenté de forcer le cordon de police qui se trouve autour du chateau de Valentino, lieu de la rencontre du G8, jetant des pierres et des extincteurs contre les policiers. Dix-sept policiers et deux carabiniers ont été blessés mais sans gravité lors de ces affrontements.
Deux manifestants ont également été arrêtés, a indiqué l’Ansa.
Les étudiants protestaient contre la crise économique mondiale qui touche aussi les universités et dont ils ne veulent pas faire les frais. Les étudiants s’en sont ainsi pris à plusieurs banques à leur passage.
L’Italie préside cette année le G8, le groupe des huit pays les plus développés du monde et un sommet de cette organisation aura lieu du 8 au 10 juillet.

- Voir des vidéos et des photos de la manifestation sur Bellaciao et sur La Vague européenne


Une dizaine d'universités décidée à ne pas lâcher


Aujourd'hui tout semble rentrer en ordre dans les universités pour le ministère. Une partie des universités très en vues de ce mouvement ont repris les cours sous la pression des examens, les étudiant-e-s sont plus occupé-e-s à réviser qu'à aller manifester. Pour autant la reprise des cours dans quelques universités parisiennes ne peut en aucun cas cacher la poursuite de la grève dans un nombre non négligeable d'universités.
Mise à part la dizaine d'universités encore bloquées, il est important de se rappeler qu'une quarantaine d'universités sont encore en grève, que des dizaines d'établissements ont connus des démissions administratives et que les rétentions de notes sont encore à l'oeuvre dans des dizaines d'universités.

Plus important encore, la crise universitaire ouverte par la loi d'autonomie est loin d'être finie. Mme Pécresse a réussi à se mettre à dos l'immense majorité de la communauté universitaire. Le processus de mise en concurrence des universités, organisé par le processus de Bologne dans de nombreux pays, où les universités sont également en lutte (Italie, Allemagne, Espagne...), la pénurie budgétaire ne passent toujours pas dans les universités.
En réalité le ministère à de quoi être inquiet. Les multiples appels de la part de président-e-s d'universités à revenir sur les réformes en cours, de la part d'universitaires à refonder l'université témoignent d'une tension croissante dans l'enseignement supérieur. Le gouvernement cherche à remodeler le système d'enseignement supérieur et nous savons quels en seront les principales victimes : étudiant-e-s, les Biatoss les plus précaires, doctorant-e-s et enseignant-e-s non titulaires...
Les conséquences de ce remodelage de l'enseignement supérieur vont continuer à se faire sentir dans les semaines prochaines dans un bon nombre d'universités mais bien plus inquiétant pour le ministère : les mois à venir ne se passerons pas sans trouble dans les universités.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 04 Juin 2009, 18:51

http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1610.htm


Paris, 3 juin 2009

Lancement de la chaire « Microsoft-CNRS » Optimisation et Développement Durable de l'Ecole Polytechnique

Microsoft, le CNRS et l'Ecole Polytechnique se sont associés pour créer la chaire «Optimisation et Développement Durable». Inaugurée officiellement le 3 juin 2009, celle-ci vise à développer des techniques et des outils d'optimisation qui pourront être appliqués à des problèmes réels liés au développement durable.

La création de la chaire « Optimisation et Développement Durable » (OSD (1)) est le fruit d'une rencontre entre la politique de recherche ouverte de Microsoft Research, qui le conduit à se rapprocher du monde académique, et la volonté du CNRS et de l'Ecole Polytechnique de tisser des partenariats industriels.

Ce partenariat est également une conséquence concrète de « l'effet de cluster » que l'on peut attendre du pôle de recherche du plateau de Saclay où est présent Digiteo Labs, le premier Parc de recherche d'envergure mondiale dans le domaine des sciences et technologies de l'information en Ile-de-France.

La chaire OSD est animée par Philippe Baptiste, chercheur CNRS et directeur du Laboratoire de recherche informatique de l'Ecole Polytechnique (unité mixte de recherche CNRS / Ecole Polytechnique) et par Youssef Hamadi, responsable du « Constraint Reasoning Group » à Microsoft Research Cambridge et co-responsable du projet « Adaptative Combinatorial Search » au sein du Centre de Recherche Commun INRIA-Microsoft Research. Elle s'appuie sur les compétences d'équipes de chercheurs hautement qualifiés et jouissant d'une réputation internationale.

La chaire OSD s'est construite sur un constat simple : de nombreuses questions liées au développement durable peuvent être modélisées par des problèmes d'optimisation. Son programme de recherche permettra de développer, d'intégrer et d'unifier des techniques provenant de la recherche opérationnelle, de la programmation stochastique , de la programmation mathématique et de l'informatique. Objectif : s'attaquer efficacement à des problèmes d'optimisation stochastique multi-objectifs pour les appliquer à des problèmes liés à des politiques de développement durable, d'ordre économique, industriel ou encore environnemental. Les résultats seront évalués sur une série de benchmarks et de modèles : ils seront mis au point en collaboration avec de grandes entreprises industrielles ou institutions faisant face à des défis urgents et à grande échelle, relevant du développement durable.

L'ambition de cette chaire est de rayonner au-delà des cercles académiques. Durant les deux premières années, une équipe de recherche sera constituée, des liens seront tissés internationalement avec des équipes de recherche académiques et industrielles, la thématique de recherche sera affinée et les premiers prototypes d'outils seront élaborés et évalués. Un conseil scientifique sera établi et des séminaires de recherche ouverts seront régulièrement organisés. Les trois partenaires fondateurs de la chaire souhaitent que puissent les rejoindre rapidement un ou plusieurs partenaires industriels d'envergure internationale, ayant à traiter des problèmes de développement durable à grande échelle.

Pour le CNRS et l'Ecole Polytechnique, la création de cette chaire d'enseignement et de recherche participe d'une politique volontariste de partenariat avec les entreprises. Elle consacre l'engagement scientifique du CNRS et de l'Ecole Polytechnique dans les domaines des sciences de l'information et plus précisément dans leurs interactions avec les problématiques du développement durable. Les chaires participent à la création d'un éco-système propice à la valorisation et au développement, par une dynamique associant enseignement, recherche, innovation et partenariats avec l'entreprise. Le CNRS et l'Ecole Polytechnique, avec ParisTech et leurs partenaires du Plateau de Saclay, conduisent un développement important indispensable pour assurer durablement la visibilité internationale de la plus grande concentration de chercheurs d'Europe. Cette chaire s'inscrit dans le modèle des 17 chaires d'enseignement et de recherche de l'Ecole Polytechnique .

Pour Microsoft, la création de cette chaire s'inscrit dans le prolongement de son engagement au sein de la communauté de recherche en Ile-de-France, deux ans après l'inauguration du Centre de recherche commun INRIA-Microsoft Research à Saclay. Cette nouvelle collaboration avec l'Ecole Polytechnique et le CNRS contribue en particulier à renforcer la recherche fondamentale dans de nouveaux domaines scientifiques et informatiques pouvant bénéficier à la fois à la science et à la société.

Consultez le dossier de presse présentant la chaire OSD.


Notes :
(1) OSD pour Optimisation & Sustainable Development
(2) Qui relève du domaine de l'aléatoire, du calcul des probabilités
(3) Citons par exemple les chaires Développement Durable (EDF), Sciences des matériaux pour la construction durable (Lafarge), Finance et Développent durable (EDF/Calyon), Finance durable et investissement responsable (AFG), et Energies durables (EDF).

Références :
Pour en savoir plus
Consultez le site Internet : www.msr-inria.inria.fr

Contacts :
Contacts presse
CNRS : Priscilla DACHER, +33 (0) 01 44 96 46 06, priscilla.dacher@cnrs-dir.fr

Ecole Polytechnique : Nathalie Litwin, + 33 (0)1 69 33 38 93

Microsoft : Christophe Bonnot : + 33 (0)1 69 86 47 39, agence i&e Consultants - Laure Montcel : + 33 (0)1 56 03 12 87, Pely Mendy : + 33 (0)1 56 03 12 82, microsoft@i-e.fr
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Tuxanar » 04 Juin 2009, 23:17

Franchement, c'est honteux. On vient tout juste de finir le mouvement anti-LRU qu'ils nous proposent déjà ce qu'on dénonçait en AG : une université au service des entreprises.

On nous prend vraiment pour des cons (enfin, peut être pas con, mais impuissant).
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 06 Juin 2009, 12:16

Masterisation : Loïc Poullain, directeur du site de Saint-Brieuc de l'IUFM de Bretagne, démissionne

Loïc Poullain, directeur du site de Saint-Brieuc de l'IUFM de Bretagne, école interne de l'université de Bretagne-Occidentale, annonce sa démission. « Cette décision est motivée par les événements liés à la masterisation du métier d'enseignant », explique le directeur. « J'estime que ce dispositif nous fait perdre la qualité de la formation professionnelle de nos enseignants, quand ils ont obtiennent le concours ». Pour Loïc Poullain, la place du concours en fin de master 2 constitue véritablement « un point d'achoppement ».

Loïc Poullain, 53 ans, est à la tête du site de Saint-Brieuc depuis deux ans. Sa décision de démissionner est une démarche « personnelle ». « J'ai fait mon travail de directeur normalement ces derniers temps, mais ça a été très pesant pour moi, car dès le départ j'ai été opposé à la masterisation. Aujourd'hui je ne me sens plus capable d'assumer la fonction de directeur du site. Ma démission est un acte politique ».

Le directeur du site de Saint-Brieuc reconnaît des « infléchissements » dans la position du gouvernement, notamment avec « une année 2009-2010 qui va beaucoup ressembler à cette année ». « Mais les décrets qui viennent de paraître me disent que j'ai bien fait de donner ma démission ». Le directeur démissionnaire qualifie ces projets de décrets sur le statut des personnels (L'AEF n°114497) de « coup bas » : « les décrets arrivent avant la fin de la consultation ! ».


Motion des personnels de l'Université de Toulouse-Le Mirail, le 4 juin 2009

Les personnels de l'Université Toulouse II-Le Mirail, réunis en Assemblée Générale le jeudi 4 juin 2009 :
- condamnent la présence des policiers aux portes du campus et exigent leur départ ;
- se déclarent dès à présent vigilants aux tentations de répression sur les personnels enseignants, non-enseignants et les étudiants. Pour ce faire, l'AG rappelle sa demande de mise en oeuvreexceptionnelle de commissions mixtes au sein des départements ou des UFR ;
- dénoncent la mise en oeuvre du plan social voulu par la Direction de l'UTM et visant la casse des statuts des personnels BIATOS au profit d'une gestion
individualisée, la compétition par l'attribution de primes au rendement et la flexibilité ;
- restent mobilisés, y compris durant les périodes de validation et les congés d'été, contre la loi LRU, les décrets relatifs à la mastérisation et toutes les mesures qui ont été ou pourraient être prises par le Ministère.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede willio » 06 Juin 2009, 12:31

La masterisation n'est pas prévue pour les concours 2009-2010, si ?
Il me semblait que ça avait été reporté.
willio
 

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 06 Juin 2009, 12:35

Motions de la 11e CNU de Villetaneuse (3 juin 2009)

La 11e Coordination nationale des Universités, qui s’est tenue le 3 juin 2009 à l’Université Paris 13, a rassemblé 31 établissements (universités et organismes) et 7 organisations (sociétés savantes, associations et syndicats). L’intervention d’une représentante de la coordination nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité a permis de souligner la similitude entre les réformes qui affectent l’ensemble du service public, ainsi que la nécessité de renforcer la convergence des mobilisations.

Motion « Mastérisation »

Ignorant les oppositions fortes qui se sont exprimées depuis plusieurs mois, le gouvernement précipite son projet de réforme du recrutement et de la formation des enseignants du premier et du second degré. Se jouant de la commission de concertation Marois-Filâtre qu’il avait lui-même mise en place, il a fait adopter, dès le 28 mai, en Comité Technique Paritaire Ministériel de l’Éducation Nationale, un arsenal de décrets détaillant les dispositions transitoires et permanentes concernant les conditions de candidature aux concours et de nomination comme fonctionnaire stagiaire. Il rend caducs les travaux de la commission, en fixant de fait le calendrier des concours. Ce nouveau manquement au processus démocratique de décision, inspiré par des stratégies cyniques, qui a entraîné les réactions indignées des syndicats, des collectifs, de la CNU, et même de la CPU et des directeurs des Écoles Normales Supérieures et des IUFM, montre que, pour cette réforme aussi, la volonté de concertation affichée par le gouvernement n’est qu’une façade.

Nous déplorons l’abstention de la FSU et du Syndicat Autonome, lors du Comité Technique Paritaire du 28 mai 2009. La CNU appelle à l’unanimité que tous les syndicats votent contre les décrets lors du Conseil Supérieur de la Fonction Publique d’État du 12 juin 2009.

Nous réaffirmons notre opposition à cette réforme qui entraîne notamment :
l’affaiblissement de la formation disciplinaire et pédagogique des futurs enseignants ;
la mise en danger des masters recherche dans la plupart des disciplines ;
l’allongement d’un an de la formation non rémunérée des futurs enseignants ;
la remise en cause du caractère national du recrutement par concours ;
la création d’une catégorie des « reçus-collés » (étudiants qui auraient obtenu leur master mais échoué au concours), qui institutionnalisera la précarité, présageant du démantèlement du service public d’enseignement.

Nous appelons les personnels et les composantes à une réponse collective, en multipliant les points d’accord entre UFR et IUFM. Comme cette année, nous appelons à la non-remise des maquettes des masters "métiers de l’enseignement". Forts de notre action commune, nous refusons de collaborer à cette réforme que nous jugeons néfaste pour l’avenir de l’éducation.

Motion « Statuts »

La Coordination Nationale des Universités (CNU) s’oppose à la destruction du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche par l’instauration d’une mise en concurrence des personnels de toutes catégories et des établissements d’éducation et de recherche, préjudiciable à l’action collective au service du savoir et des étudiants.

Elle récuse la réorganisation du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, l’introduction des règles de management issues du domaine privé et de critères de rentabilité dans l’enseignement supérieur et la recherche, la précarisation systématisée des doctorants par le contrat doctoral unique, la modulation des services instituée par le décret relatif au statut des enseignants-chercheurs, l’approche quantitative de l’activité de recherche, la modulation des rémunérations et les contrats d’objectifs imposés aux personnels BIATOSS et ITA, la multiplication croissante et chronophage des procédures bureaucratiques de contrôle et de demande de financement au détriment de l’activité de tous les personnels de l’Université et des organismes. La CNU dénonce la logique qui anime l’ensemble des réformes relatives aux statuts de la Fonction publique, dans un mépris total des principes qui régissent les biens publics, comme le savoir ou la santé.

La mission humaniste de l’enseignement supérieur et de la recherche réside dans l’élaboration de la connaissance et la transmission du savoir.

Cette mission est menacée par une définition du temps de travail des enseignants-chercheurs qui ignore délibérément le temps nécessairement consacré à la culture, à la réflexion et au renouvellement des savoirs disciplinaires. Elle nécessite une indépendance effective des enseignants-chercheurs, qui doivent pouvoir développer sereinement et librement leurs activités, sans être soumis à une logique productiviste dépourvue de sens en matière d’enseignement et de recherche. Son bon accomplissement est incompatible avec la possibilité d’augmenter les charges de service au détriment de l’activité de recherche, ainsi qu’avec l’évaluation de la recherche en termes de résultats quantitatifs.

La mission de service public est incompatible avec la vision purement économiste, baptisée « culture du résultat » et imposée à l’ensemble des personnels. Elle est en opposition avec une mission de service public rendu équitablement à tous. Dans un contexte de raréfaction budgétaire et de répartition des moyens à la performance et à l’activité, la mise en concurrence des agents et des services ne peut que nuire à l’égalité d’accès au savoir sur tout le territoire et à l’intégrité des services. La CNU dénonce plus largement les réformes coordonnées par la Révision Générale des Politiques Publiques, inspirées par une rentabilité à court terme indifférente aux enjeux de société.

En conséquence, la CNU continue d’exiger le retrait de l’ensemble des réformes destructrices de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle réclame l’abrogation de la loi LRU, des décrets relatifs au statut des enseignants-chercheurs, au contrat doctoral unique, au statut des fonctionnaires publics d’État et à la rémunération à la performance, la cessation du processus d’externalisation des tâches administratives et techniques, la restitution des postes supprimés en 2009 et une création massive d’emplois dans l’enseignement supérieur et la recherche publics.

Motion « Postes et Moyens »

L’annonce faite par Valérie Pécresse, le 26 mai dernier, de ne supprimer aucun emploi d’enseignant et/ou chercheur en 2010 et en 2011 dans les universités et dans les organismes de recherche ne constitue pas une réponse à la crise que traversent actuellement l’Université et la Recherche publiques, d’autant qu’elle a annoncé, à plusieurs reprises, que des postes de BIATOSS de catégorie C seraient, eux, supprimés. Par son refus de mettre en place un plan pluriannuel de création d’emplois et du fait des incertitudes qui continuent à peser sur le nouveau système d’allocation des moyens à la performance et à l’activité, le gouvernement marque sa volonté délibérée de poursuivre une politique qui vise à affaiblir l’Université, en l’appauvrissant. Il n’apporte pas plus de réponse sur la question de l’amélioration du statut étudiant, alors que les difficultés sociales et économiques constituent l’une des principales causes d’échec dans l’enseignement supérieur. Seul un véritable engagement financier de l’État, en direction des établissements et des étudiants, est susceptible d’assurer le rattrapage des moyens alloués aux étudiants d’université, notoirement insuffisants par rapport aux autres filières de l’enseignement supérieur. De ce point de vue, la mise en place de prêts étudiants, l’augmentation des frais d’inscription ou le recours aux fonds privés, si souvent évoqués, ne sont que de fausses solutions, aussi dangereuses qu’inefficaces, qui ne feront qu’accroître les inégalités entre établissements et entre étudiants.

L’annonce du 26 mai 2009 ne met pas non plus un coup d’arrêt à la casse des organismes publics de recherche. En la matière, la communauté universitaire et scientifique s’alarme du mouvement de « désumérisation » qui affecte nombre d’unités mixtes de recherche (UMR) ; ce mouvement, qui se poursuit dans l’ombre, sans aucune transparence sur son ampleur et sur les critères de décision utilisés par l’administration, participe de l’affaiblissement du lien entre enseignement supérieur et recherche, qui a fait jusqu’à présent la force du système français. Il s’appuie sur une stratégie de division des différents acteurs de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, en promettant aux uns les dépouilles des autres. Nous savons que personne ne gagne à de tels calculs cyniques.

Notre détermination à défendre simultanément l’Université et les Organismes de recherche dans le cadre d’un service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, fondé sur les principes de laïcité et d’indépendance à l’égard des pouvoirs économiques, politiques et religieux, reste entière.

Motion « Actions »

Après 17 semaines de grève dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche, le gouvernement reste sourd aux revendications légitimes des personnels et des étudiants. Maniant la démagogie, les provocations, les menaces et la désinformation, il a instrumentalisé la question des examens et de la validation de l’année universitaire pour mieux occulter les revendications fondamentales de notre mouvement : la défense et le renforcement d’un véritable service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Nous avons démontré notre capacité à préserver les intérêts des étudiants d’aujourd’hui sans sacrifier les étudiants de demain.

Conscients de ces temporalités multiples et du caractère structurel des réformes qui nous sont imposées, nous sommes aujourd’hui plus déterminés que jamais à poursuivre notre combat dès maintenant et dans la durée. Nous pouvons pour cela nous appuyer sur une conscience collective forte des enjeux, ainsi que sur des réseaux de solidarité qui se sont constitués depuis le début de notre mouvement aux échelles locales, académiques et nationales, et qui trouvent aujourd’hui des résonances au niveau européen. Cette construction d’une identité collective, intercatégorielle et interdisciplinaire, dans nos pratiques pédagogiques et scientifiques et dans les actions et les débats de fond que nous menons, constitue de fait une salutaire réappropriation de l’Université. Elle s’élève déjà contre les logiques d’autoritarisme ministériel et de soumission aux forces économiques qui se cachent derrière la rhétorique de l’autonomie. Le mouvement continue !

La 11e CNU apporte son plein soutien à toutes les initiatives locales qui s’inscrivent dans notre combat collectif. Par ailleurs, s’agissant de la mastérisation, elle appelle :
- la communauté universitaire à ne pas élaborer les maquettes et/ou à ne pas les faire remonter ;
- les syndicats à voter contre les décrets présentés au Conseil Supérieur de la Fonction Publique d’État du 12 juin 2009 et tous les membres de la Commission Marois-Filâtre à s’en retirer ;
- à diffuser auprès des enseignants du primaire et du secondaire une lettre ouverte, qui sera écrite par les porte-parole de la CNU.

S’agissant des statuts, elle appelle :
- à faire voter par les Conseils d’administration des établissements un engagement à ne pas mettre en place la modulation des services, les entretiens professionnels et les chaires d’excellence ; à signer la pétition ( http://www.jussieu.ras.eu.org/entretiens ) ;
les membres du Conseil National des Universités à refuser de procéder à l’évaluation de leurs collègues dans le cadre de la modulation de service ;
- les personnels de toute catégorie à refuser de façon coordonnée tout travail supplémentaire non pris en considération, dès lors qu’il ne correspond pas à une décharge ou qu’il n’est pas rémunéré ;
- à refuser d’assurer les heures complémentaires au-delà de 192 heures équivalent TD ; à établir lors des pré-rentrées un bilan des postes manquants et de l’emploi précaire et à mener une campagne sur ce sujet ;
- à refuser les mesures régressives du nouveau contrat doctoral et à maintenir les tâches des doctorants dans les domaines exclusifs de la recherche et de l’enseignement.

Elle appelle en outre à participer à :
- la ronde infinie des obstinés de midi à minuit, organisée du 2 au 6 juin à Paris et en province.
- la Marche de tous les savoirs, à l’initiative de SLR, le 4 juin ;
- la 4e réunion de la Coordination nationale des BIATOSS et ITA et à la 4e réunion de la Coordination nationale de la Formation des Enseignants, le 6 juin ;
- une campagne de renvoi des bulletins de vote inutilisés aux candidats aux élections européennes, avec la mention « Universitaires en Colère », le 7 juin ;
- la 4e réunion de la Coordination nationale des Laboratoires en Lutte, le 9 juin ;
- la nuit des universités organisée à Paris 8 Vincennes—St-Denis, le 12 juin ;
- la manifestation unitaire à l’initiative des confédérations syndicales, le 13 juin ;
- la ronde des obstinés des 24h du Mans, le 13 juin ;
- la rencontre que la Coordination Nationale des Laboratoires en Lutte se propose d’organiser à Paris le 24 juin, à l’occasion de la tenue du Conseil d’administration du CNRS au CERN (Lausanne, Suisse) ;
- la distribution de tracts lors des épreuves du baccalauréat et lors des inscriptions des lauréats.

La Coordination Nationale des Universités invite l’ensemble de la communauté universitaire et scientifique à participer aux « Rencontres d’été de la CNU » que l’université Paris 7 organise les 27 et 28 juin 2009. Enfin, les représentants des Universités, associations, sociétés savantes et syndicats réunis ce jour annoncent que la 12e réunion de la Coordination Nationale des Universités se tiendra le mercredi 30 septembre 2009 à l’Université Paris 8.

Autres actions envisagées

Tout en soutenant les collègues engagés dans diverses actions locales, comme les démissions des responsabilités administratives et pédagogiques, le refus de siéger dans les conseils, la rétention des notes et la non-tenue des jurys, la CNU appelle les personnels à :
concernant la mastérisation :
• alerter les élus locaux et les inciter à prendre la défense du service public de l’enseignement ; • sensibiliser les inspecteurs d’académie ; • organiser des journées de discussion UFR-IUFM ;
concernant les statuts : • déposer des recours contre les décrets ; • se positionner contre la modulation et les entretiens professionnels dans toutes les instances où ils peuvent siéger (Conseils de laboratoire et d’institut, Conseils d’administration, Comités Techniques Paritaires, Commissions Administratives Paritaires, Conseils d’UFR et de département...) ; • demander tous une modulation à la baisse et à contester la décision en cas de refus, si l’établissement a mis en place des possibilités de modulation de service ; • refuser la mise en place des entretiens professionnels au sein des établissements d’enseignement supérieur et de la recherche ;
de façon plus générale : • boycotter les jurys du bac ; • boycotter la vague A des évaluations de l’AERES, en envoyant leur rapport à leur organisme de tutelle et non à l’AERES ; • boycotter les expertises ANR et les appels d’offres ; • exiger le report de l’examen par les Conseils d’administration du passage aux compétences élargies et à organiser des campagnes d’information préalables dans chaque établissement ; elle appelle les Conseils d’administration à refuser le passage aux compétences élargies ; • organiser des consultations locales sur les réformes en cours et à en centraliser les résultats ; • maintenir et développer les formes alternatives d’enseignement (cours ouverts, universités populaires...) comme forme de réappropriation des missions fondamentales de l’université ; • demander aux présidents d’université de banaliser une demi-journée par semaine pour que la mobilisation puisse s’organiser et que puissent se tenir régulièrement des assemblées générales ; • constituer un comité de solidarité et de veille sur la répression ; • créer un réseau européen interuniversitaire ; • signer la pétition « appel par anticipation à la démission de Claude Allègre de son nouveau poste de ministre » ; (www.jussieu.ras.eu.org/allegre) ; • participer aux « Quartiers d’été de l’Université » en organisant des actions à l’occasion des événements marquants de l’été (festivals, étapes du Tour de France, plages...).
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Vilaine bureaucrate » 07 Juin 2009, 19:20

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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 08 Juin 2009, 22:38

4e Coordination nationale de la formation des enseignants (CNFDE)

La 4e Coordination Nationale de la Formation Des Enseignants s'est réunie à Censier (Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3) ce samedi 6 juin 2009. Les travaux, qui ont réuni une centaine de participants (délégués d'IUFM et d'UFR, responsables syndicaux, un représentant de la CDIUFM, représentants d'associations professionnelles), ont permis de dresser un état du mouvement d'opposition aux réformes ministérielles et d'adopter plusieurs motions (il est à noter que tous les textes ont été adoptés à l'unanimité).

MOTION 1 : RETRAIT IMMÉDIAT DE LA NOTE DE SERVICE HETZEL DU 5 JUIN

Alors que le ministère de l’éducation nationale cherche à imposer ses projets de décrets, hier, 5 juin, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche a anticipé sur leur publication. Il adressé aux présidents d’universités et aux recteurs une note de service qui les engage à commencer la mise en œuvre de la réforme de la formation des maîtres par la délivrance d’équivalences de M1 et de M2 aux candidats et lauréats des concours de recrutement de 2010.

Par delà les dispositions particulières envisagées par ce texte, il s’agit d’un viol de la légalité. Aucun texte réglementaire n’ayant été promulgué jusqu’à présent pour modifier le recrutement et la formation des enseignants, cette note anticipe une réforme qui, pour l’instant, n’existe que sous forme de déclarations et de communiqués des ministres, mais n’a aucune existence juridique.

C’est une nouvelle provocation envers la communauté universitaire, les enseignants et les formateurs des UFR et des IUFM. C’est une nouvelle humiliation pour les instances universitaires : ce texte est envoyé aux présidents d’université alors que les ministères ont mis en place la commission dite de « concertation » Marois-Filâtre, qui a à peine commencé ses travaux.

C’est un déni de la volonté des instances universitaires, qui ont refusé de la façon la plus massive et la plus catégorique le projet de réforme gouvernemental. Et c’est une façon perverse de concevoir l’autonomie des universités puisqu’on leur dit en somme : mettez en œuvre de la manière qui vous conviendra cette réforme dont vous ne voulez pas.

C’est une atteinte sans précédent à l’égalité des étudiants : les critères d’attribution des équivalences pourront être « modulés » d’une université, d’une UFR ou d’un IUFM à l’autre. Qui pourra assurer que l’équivalence accordée à Lille le serait à Toulouse, que l’équivalence accordée en maths ici le serait en espagnol là ? Ce texte ébranle le cadre national des diplômes et porte atteinte à la souveraineté des jurys.

On peut s’étonner que le ministère, qui s’est affirmé récemment si soucieux de préserver la valeur des diplômes et leur contenu, improvise ainsi des critères de validation fantaisistes.

La Coordination nationale formation des enseignants demande au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche d’annuler ce texte. Elle demande aux syndicats d’attaquer cette note de service par tous les moyens, de ne pas participer aux auditions de la commission Marois-Filâtre et de se retirer des « groupes de travail ». Elle appelle les instances universitaires à refuser d’appliquer cette note et à exiger son annulation. Elle appelle la Conférence des présidents d’universités et la CDIUFM à refuser dès aujourd’hui de continuer à siéger dans la commission Marois-Filâtre tant que ce texte et les projets de décrets sur le recrutement des enseignants ne sont pas retirés.



MOTION 2 : PROPOSITIONS D'ACTIONS

La CNFDE appelle à la poursuite de l'action sous toutes ses formes, pour mettre en échec le putsch gouvernemental et la promulgation à marche forcée des décrets modifiant le recrutement et la formation des enseignants.

* La CNFDE, en accord avec la Coordination Nationale des Universités, appelle à l'unanimité tous les syndicats à voter contre les décrets lors du Conseil Supérieur de la Fonction Publique d'État du 12 juin 2009.
* La CNFDE va proposer à tous les signataires de l'appel « Formation des enseignants : le temps presse ! » un nouvel appel demandant le retrait des projets de décrets et la reconduction pour 2010 des dispositifs actuels de recrutement et de formation des enseignants. Une conférence de presse sera organisée pour le lancement de cet appel.
* La CNFDE recommande à tous les jurys (concours, examens, qualification professionnelle) d'utiliser tous les moyens possibles pour exprimer leur condamnation de la réforme gouvernementale : rétention de notes, motions, blocage administratif.
* La CNFDE appelle à organiser dans chaque université le blocage administratif de l'application de la circulaire Hetzel du 5 juin (voir la déclaration ci-dessous) : pas de remontée des maquettes de masters « enseignement », pas de mise en place des équivalences de M1 et M2, les PLC1 doivent être inscrits administrativement dans les IUFM.
* La CNFDE appelle à prévoir, à organiser et à annoncer dès maintenant des actions dès la rentrée : grèves sous toutes leurs formes, manifestations, diffusions de tracts, etc.
* La CNFDE appelle à l'organisation, dans chaque établissement, de journées d'étude et de concertation réunissant des formateurs des IUFM et des UFR pour élaborer collectivement une autre réforme de la formation des enseignants. Le CNFDE fera des propositions pour coordonner ces assises locales et leur donner une visibilité nationale.
* La CNFDE appelle à participer aux manifestations du 12 juin devant le CSFPE, du 13 juin, et à toutes les manifestations qui pourraient être organisées, localement ou nationalement, dans le cadre du mouvement de refus des contre-réformes gouvernementales.
* La CNFDE appelle à organiser partout, et en particulier en direction des parents d'élèves et des lycéens passant le bac, des distributions de tracts (et spécialement le 4 pages « École en danger ») expliquant les raisons de notre mouvement.



Motion 3 : AMÉLIORER LA FORMATION DES ENSEIGNANTS : SUR QUELS PRINCIPES ?

Modifier en profondeur la formation des enseignants, c’est s’engager sur le long terme. Concevoir une réforme demande donc du temps, des espaces de négociation avec toutes les parties prenantes. C’est pourquoi il faut reconduire immédiatement et intégralement les modalités, conditions et plans de formation pour les lauréats des concours de 2010. Une réforme de la formation des enseignants doit être conforme aux principes suivants :

1. Le recrutement des enseignants des 1er et 2nd degrés doit s’opérer systématiquement à travers des concours nationaux donnant lieu, pour les lauréats, à l’obtention d’un poste de fonctionnaire d’État.

2. Le recrutement des PLC certifiés, des PE et des PLP doit se réaliser au même niveau du cursus universitaire.

3. Un cadre national doit garantir l’unité des formations et la qualité des recrutements.

4. La formation initiale professionnelle et rémunérée après le concours, avec un statut de fonctionnaire stagiaire, doit avoir lieu sous la responsabilité des IUFM, écoles professionnelles interuniversitaires, dont le potentiel actuel doit être préservé et renforcé. Durant l’année post-concours, la formation doit respecter l’équilibre suivant : 1/3 du temps pour la prise en charge de classes en responsabilité, 2/3 pour l’analyse de pratique et les autres modes de formation.

5. Une formation des enseignants de qualité doit être une formation en alternance, mobilisant des équipes de formateurs pluricatégorielles.

6. La formation continue doit être d’emblée articulée au dispositif de formation initiale. Celle-ci doit comprendre aussi un accompagnement à l’entrée dans le métier.

7. Nous demandons une structure académique interuniversitaire pour la formation initiale, la formation continue et la recherche en éducation, intégrant le potentiel de formation et de recherche des IUFM et permettant de renforcer les coopérations entre les UFR et les IUFM dans les formations académiques et professionnelles.

8. Il faut développer la formation continue de tous les formateurs d’enseignants, quelle que soit leur catégorie.

9. Compte tenu des besoins actuels, il faut augmenter le nombre de postes mis au concours et assurer sa visibilité à moyen terme à travers un plan pluriannuel de recrutement.

10. Les étudiants se destinant aux métiers de l’enseignement doivent bénéficier d’allocations d’étude ou de dispositifs de prérecrutement.

11. Nous refusons la juxtaposition dans la même année du M2, des épreuves des concours, des stages en responsabilité, etc. qui en ferait une année ingérable, aboutirait à dévaloriser les masters et inciterait au bachotage.

12. Toute réforme doit aboutir à une véritable amélioration de la qualification professionnelle des enseignants.



Le temps a manqué pour aborder les points suivants, sur lesquels il faudra approfondir la discussion :

• La formation actuelle des enseignants à Bac + 5, dans le cadre universitaire, doit être reconnue par la délivrance d’un master.

• La revalorisation, qui doit bénéficier à l’ensemble des enseignants et des personnels, ne doit pas être dépendante de la réforme de la formation.

• Place des concours : L3, M1, M2, après M2 ?

• Modalités de financement des études : allocations d’étude, allocation de formation, prérecrutement…

• Articulation formation-recherche : initier tous les enseignants aux démarches de la recherche (scientifique, didactique et pédagogique) ; la formation prend appui sur les recherches.

• Possibilité de réorientation.

• Préprofessionnalisation en licence.



Motion type sur la note Hetzel :

Ce texte est proposé pour être voté dans toutes les instances qui ont trait à la formation des enseignants (jurys, Conseils d'université, UFR, collèges disciplinaires,...) avec les adaptations utiles.

NOUS REFUSONS DE METTRE EN ŒUVRE LA NOTE HETZEL

Alors que le ministère de l’éducation nationale cherche à imposer ses projets de décrets modifiant le recrutement des enseignants, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche anticipe sur leur publication avec la note de Patrick Hetzel, Directeur de la DGESIP, sur la délivrance d’équivalences de M1 et de M2 aux candidats et lauréats des concours de recrutement de 2010, note qu’il a adressée le 5 juin aux présidents d’universités et aux recteurs.

Par delà les dispositions particulières envisagées par ce texte, il s’agit d’un viol de la légalité. Aucun texte réglementaire n’ayant été promulgué jusqu’à présent pour modifier le recrutement et la formation des enseignants, ce texte anticipe une réforme qui, pour l’instant, n’existe que sous forme de déclarations et de communiqués des ministres, mais n’a aucune existence juridique.

Nous refusons de contribuer, quelles qu’en soient les modalités, à l’application de la note Hetzel et à la définition des critères de délivrance des équivalences de M1 et M2.

Contacts CNFDE : cnfde@googlegroups.com (liste de diffusion)
http://coordination-fde.org/ (site Web)
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 12 Juin 2009, 20:37

MOTION votée par la 4ème CNLL

La Coordination nationale des laboratoires en lutte, réunie le 9 juin à Jussieu appelle les personnels, les instances du CNRS, les membres du Comité National de la Recherche Scientifique à se prononcer clairement contre le Contrat d’Objectifs du CNRS avec l’Etat. Contrairement à toutes les annonces préalables de la direction du CNRS, ce contrat est proposé en l’absence totale de moyens humains et matériels affichés. Il entérine :

- l’éclatement du centre en instituts,
- le transfert obligatoire de la gestion de la plupart des laboratoires aux universités, ce qui actera de façon définitive la fin du rôle d’opérateur au profit de celui d’agence de moyens.

Il organise le démantèlement de l’organisme et s’inscrit dans le cadre général de disparition des missions de service public de tous les organismes publics de recherche. Il doit être retiré. Elle exige :

- l’unicité du statut des UMR,
- la restitution au Comité National de son rôle d’évaluateur des unités de recherche
- un CNRS doté d’un conseil scientifique et de CSD forts avec au moins 50% d’élus
- le renforcement des crédits récurrents,
- le transfert des crédits de l’ANR vers les organismes et les universités,
- la résorption de la précarité,
- le maintien de la mission d’opérateur de recherche au CNRS et plus largement à l’ensemble des EPST, y compris dans le cadre du partenariat avec les universités.

Elle dénonce :

- l’alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé,
- la délocalisation du CA du CNRS du 25 juin au CERN à Genève,
- toute modification sans concertation du décret organique du CNRS,
- l’attaque sur le statut de fonctionnaire par la loi de « mobilité ».

Elle appelle l’ensemble des personnels de la recherche et de l’Enseignement supérieur à manifester le 25 juin à l’occasion du CA du CNRS consacré au vote du Contrat d’Objectif et du CTP de l’Inra sur la mise en place du consortium agronomique. Plus largement, elle appelle à une large mobilisation contre la loi « mobilité » et à participer aux actions interprofessionnelles contre la casse des services publics
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 13 Juin 2009, 12:51

http://koubi.fr/spip.php?article282

Bientôt, un "Haut conseil aux sciences sociales..." ?
dimanche 7 juin 2009, par Geneviève Koubi


L’heure ministérielle est à la « prorogation des dispositions réglementaires instituant les commissions administratives à caractère consultatif pour une durée de cinq ans » pour toute une série d’entre elles, selon une liste de décrets du 6 juin 2009 publiés au Journal officiel de la République française du 7 juin 2009.

Mais l’heure est aussi aux intentions, propositions, projets de création de telles commissions...

.

Si l’on retient la tonalité d’un article relatant un échange entre le Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche et cinq lecteurs du journal Métro, parce qu’il est difficile de convaincre 57 000 enseignants chercheurs que nos intentions sont pures, — et selon les termes du Ministre, « surtout quand tant de fausses informations circulent sur les blogs » ( !!!) —, un Haut conseil aux sciences sociales et aux humanités devrait être bientôt créé...

.

Sans qu’il soit possible de relever d’étroits liens entre cette annonce et la publication du décret n° 2009-613 du 4 juin 2009 modifiant le décret n° 2006-672 du 8 juin 2006 relatif à la création, à la composition et au fonctionnement de commissions administratives à caractère consultatif [1], rien n’empêche de se poser la question de la raison d’une telle proposition de création à un tel moment. Noter simplement que les discussions qui ont pu être tenues, dans l’enceinte du gouverment, sur ces modèles institutionnels de légitimation des décisions, de (pseudo-)conciliation entre l’administration et les populations concernées, de surveillance ou de suivi des politiques mises en place, ont peut-être suscité cette idée, n’est pas suffisant. D’autres problématiques peuvent être signifiées...

La modification du décret du 8 juin 2006, décret dont l’objectif était de limiter la propension des administrations à instituer des conseils, commissions, comités, observatoires, missions, etc., pour recueillir des avis diversifiés, n’est pas anodine. Ses conséquences ne sont pas négligeables sur le plan des relations entre administrations et administrés. La réécriture du 2ème alinéa de l’article 1er du décret de 2006, du fait de l’intercession du décret de 2009, permet aux autorités administratives de l’Etat d’envisager la constitution d’instances administratives consultatives les unes "composées exclusivement d’agents de l’Etat", les autres en forme de missions "d’étude ou d’expertise", d’autres encore comme des organes "internes" aux établissements publics administratifs de l’Etat ou aux services à compétence nationale, sans que ces structures formalisées, souvent volatiles et inévitablement dépensières, soient soumises au respect des procédures établies par ces décrets [2] — encore que le respect de ces procédures se voit désormais singulièrement resserré dans de courts délais stricts et comminatoires.

.

En évoquant la création d’un Haut conseil aux sciences sociales et aux humanités, le ministre ne semble pas envisager accorder à cette structure relevant encore de l’ordre de l’intention, de compétences spécifiques, mais plutôt de lui intimer une obligation d’assistance à la mise en place des nouvelles relations que le ministère devra développer, dès le 1er septembre 2009, avec les universités qui ont été des plus frondeuses lors des grèves des mois de février-mars-avril-mai 2009. Le but affiché est effectivement pour le ministre de « mettre un terme à l’incompréhension et à la méfiance entre le gouvernement et les enseignants-chercheurs de ces matières ». L’intêrêt d’une telle instance reste sujet à caution tant les formes absconses d’une prétendue écoute des revendications et réclamations portées par les collectifs universitaires durant les grèves du début de l’année 2009, lesquelles ne sont pas totalement éteintes à ce jour, ont montré la vacuité d’une concertation [3].

Une dépêche AFP du 4 juin 2009 retient de cette interview une phrase : « L’idée est qu’il faut mettre des sciences humaines partout et ne pas les “bunkeriser” ». Mais si la formule fait mouche, elle masque le risque d’un éclatement de ces enseignements en myriades de petits cours dans des circuits diversifiés dits de culture générale [4], ce, en cassant l’unité de sens et de pratique que ces disciplines notifient. De fait, en réduisant les sciences humaines aux humanités et, implicitement, en refusant de prendre en considération le lien indissoluble entre sciences humaines et sciences sociales, le discours ministériel s’attacherait-il à ‘préconiser’ une implosion de ces disciplines plutôt que reconnaître leur inter- ou trans-disciplinarité intrinsèque ?

.

Devant la Commission des Affaires culturelles du Sénat, le Ministre de l’enseignement supérieur signalait aussi une urgence particulière : éviter les troubles dès la mise en application globale du système de la LRU à la rentrée 2009.

Estimant nécessaire que soit « pris en compte le malaise particulier, ancien mais aigu, des filières de sciences humaines et sociales (SHS) », ces disciplines étant pensées comme ne disposant pas de valeur économique directe, le ministre aurait décelé les raisons de cette perception à partir des « trois volets de la réforme : l’insertion professionnelle des diplômés résultant de la loi de 2007 relative à la liberté et aux responsabilités des universités, l’évaluation des enseignants-chercheurs portée par le décret sur leur statut et la réforme de la formation des maîtres ». Ces éléments excluent progressivement les matières concernées des jeux managériaux envisagés. Le ministre estime ainsi que « les universitaires des SHS (sciences humaines et sociales) perçoivent encore trop souvent les concours de l’éducation nationale comme le principal débouché de leurs étudiants, alors même qu’il n’y a pas de fatalité à enfermer les SHS dans la seule reproduction académique » [5]. Pour le ministre, « les entreprises cherchent à diversifier leur recrutement, car elles ont besoin de compétences linguistiques, d’ouverture culturelle, de sens critique et de capacité créatrice » [6].

C’est donc à ce propos que le Ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche a annoncé la création d’un Haut conseil des humanités et des sciences sociales.

En même temps, a été signifiée l’imminence de sa création, puisque ce conseil devrait « avancer des propositions pour la fin de l’année 2009, pour à la fois renforcer le potentiel scientifique national et clarifier les enjeux de formation et d’insertion des diplômés concernés » [7].

Telle est donc la raison principale de la mise en place, éventuelle ou prochaine, d’un Haut conseil aux sciences sociales et aux humanités.

.

S’agirait-il de recomposer les cursus des sciences sociales et humaines ? L’enjeu ne serait-il pas d’empêcher les parcours cohérents, harmonieux et transversaux réalisés en ces disciplines et saupoudrer les cursus des disciplines scientifiques de quelques enseignements de Sciences sociales et humaines [8] qui ajoureraient le savoir principal de quelques lueurs originales. Tout ceci pour faire briller auprès de la population étudiante les feux d’une insertion professionnelle dans les circuits d’exploitation de la force de travail... à travers le monde des multinationales.

.
Notes

[1] JO 5 juin 2009.

[2] Art. 1, D. n° 2006-672, 8 juin 2006 consolidé : « Les dispositions du présent décret s’appliquent aux commissions administratives à caractère consultatif, quelle que soit leur dénomination, placées auprès des autorités de l’Etat et des établissements publics administratifs de l’Etat, à l’exception des autorités administratives indépendantes et des commissions créées pour l’application de l’ordonnance du 22 décembre 1958 susvisée, de l’article 9 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée et de la loi du 24 mars 2005 susvisée. /Elles ne s’appliquent ni aux commissions administratives à caractère consultatif composées exclusivement d’agents de l’Etat, ni aux instances d’étude ou d’expertise, ni aux organes créés au sein des établissements publics administratifs de l’Etat ou des services à compétence nationale pour assister leurs autorités compétentes dans l’exercice de leurs missions. »

[3] Il n’y a pas de dialogue quand l’un des interlocuteurs reste sourd aux demandes des autres.

[4] dont l’apport a été pourtant particulièrement amoindri dans les épreuves des concours de la fonction publique...

[5] V. Compte-rendu de la Commission des Affaires culturelles (Sénat) : audition du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche du 4 juin 2009.

[6] Cependant, à toujours lier la question de la validité d’un diplôme à partir de la possible embauche du diplômé par une entreprise privée, la perspective des débouchés s’annonce bornée. Dans un jeu anticipatoire en science juridique, de fiction plus que de prédiction, en guise de clin d’oeil sur les accents aguichants des discours persistants, la raréfaction des débouchés des études liées à la connaissance et au raisonnement critique n’inciterait-elle pas à une réflexion sur la création d’un label “diversité intellectuelle” afin que les entreprises recrutant un titulaire de Master de Philosophie des sciences sociales, de Littérature comparée du XVIème siècle, de d’Histoire des mouvements ouvriers, de Sociologie des révoltes et révolutions, etc., se voient récompensées ?

[7] Il semblerait que cette annonce n’a pas fait l’objet d’observations spécifiques sur les sites dédiés aux mouvements de grève ou aux actions syndicales dans la communauté universitaire...

[8] D’où seraient sorties les sciences économiques.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 14 Juin 2009, 16:09

21 établissements d'enseignement supérieur (19 universités et 2 écoles normales supérieures) accèderont à l'autonomie le 1er janvier 2010, portant ainsi le total des universités autonomes à 37 (soit près d'une sur deux).
Image
Carte autonomie 2010 (.pdf)
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Seitanarchist » 16 Juin 2009, 04:43

bouuuuuh l'autonomie ? chiche !

Quand est-ce que les dian-diants ré-éduquent leurs profs et vire l'administration ?
Ah certains me diront " j'ai de l'espoir ".

Tiens, c'est bizarre, Rennes 2 n'est pas sur la carte des prévisions... vienne la tempête !
Amphi polpot ! Amphi guy debord !

:mrgreen:
"We can protest untill death, they won't listen, don't sit back and think It will happen. They won't give up what they've robbed, stand up and resist." Conflict
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 17 Juin 2009, 21:33

C'est une première à Tours...

La répression s'abat sur le mouvement étudiant à Tours


17 étudiants qui avaient bloqués un partiel à l'IUT de tours en mai pendant le mouvement des universités, et qui à l'issue de cette action avaient été controllés par les flics; passent tous en conseil de discipline le 25 juin.

certains prof ont refusé de soutenir ces étudiants en précisant qu'au moment où avait eu lieu l'action ils s'etaient prononcés contre celle-ci.

La direction de la fac de tours montre clairement une volonté de purger la fac des "éléménts perturbateurs". Face a cette tentative hautement fourbe de faire taire ceux qui ont quelquechose a dire, nous disons clairement que nous ne nous laisserons pas faire.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 20 Juin 2009, 22:30

"La Révision Générale des Politiques Publiques (RGPP) : nous sommes tous concernés", tract explicatif de la Coordination Nationale des Laboratoires en Lutte

tract RGPP(.doc)

Réponse de la CNU aux déclarations faites par Darcos à l'AEF, 10 juin

Commentant la décision de la CPU de suspendre sa participation à la Commission Marois-Filâtre, Xavier Darcos minimise, banalise, normalise. Selon lui, ce serait « un petit épisode », dont « il ne faut pas exagérer » la portée ; d'autant que la réforme des concours de recrutement et de la formation des enseignants (dite « mastérisation ») ferait l'objet d'un « consensus ».

X. Darcos a parfaitement raison, mais pas au sens où il l'entend : il y a bel et bien consensus pour ne pas accepter cette réforme. En l'état, elle entraînera une dégradation profonde de la formation disciplinaire et professionnelle des enseignants et, à terme, une remise en cause des concours nationaux ainsi qu'une précarisation des personnels. La Coordination Nationale des Universités, les directeurs des IUFM, les directeurs des Écoles Normales Supérieures, la Coordination Nationales des Formateurs d'Enseignants, la Conférence des directeurs des UFR de sciences, la Conférence des directeurs des UFR de lettres et sciences humaines, la Conférence des Présidents d'Universités, des sociétés savantes, des jurys de CAPES et d'Agrégation ont dit et redit, chacun de leur point de vue, leur opposition circonstanciée aux textes que X. Darcos est en train d'imposer. Et lors du vote au Comité Technique paritaire, aucun représentant des syndicats n'a voté en faveur de ce texte. Certes, comme le dit X. Darcos, certains se sont abstenus, et l'abstention revient à « ne pas voter contre ». Mais « ne pas voter contre » ne signifie pas non plus voter pour, comme les déclarations récentes de la FSU le montrent parfaitement.

Qu'importe. X. Darcos n'est pas à ça près. Ce qu'il appelle « consensus », c'est son refus réitéré depuis huit mois d'entendre les voix de désaccord, malgré leur nombre et leur convergence, malgré leurs compétences et leurs arguments, malgré leur bonne foi.

Le retrait de la CPU de la Commission Marois-Filâtre et les commentaires qu'il inspire à X. Darcos illustrent, une fois de plus, la façon dont ce ministre, à l'image du gouvernement dans son ensemble, mène ses réformes : dans le plus parfait mépris de ses interlocuteurs naturels et institutionnels. Ce que X. Darcos omet de dire, c'est que la suspension de la participation de la CPU à cette Commission a été suivie du retrait de plusieurs autre partenaires universitaires, également parties prenantes des travaux qu'elle avait mis en route.

En même temps qu'il prétendait vouloir dialoguer avec les présidents d'universités, les IUFM et les sociétés savantes à travers la Commission Marois-Filâtre, X. Darcos était déjà en train de la saborder. Que les « interlocuteurs » ainsi moqués decident d'en tirer les conséquences, c'est pour X. Darcos un « petit épisode ».

On ne saurait mieux dire combien il importe peu à X. Darcos d'« avancer » en bonne intelligence avec les professionnels qui, pourtant, seront chargés de mettre en oeuvre ses réformes. Dès lors, son souci démagogiquement proclamé des étudiants ne peut convaincre que ceux qui se veulent dupes : en avançant en force, X. Darcos met en péril l'année 2009-2010 bien plus sûrement que s'il avait accepté, comme cela lui a été demandé dès septembre 2008, de prendre le temps d'un véritable dialogue, d'une véritable réflexion constructive avec les acteurs concernés.

C'est tellement évident qu'on ne peut qu'en déduire ceci : X. Darcos est l'exécutant de basses oeuvres qui visent sciemment à démanteler le système éducatif français.

Les porte-parole de la Coordination Nationale des Universités, 15 juin 2009
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 21 Juin 2009, 14:48

Le mouvement étudiant, un mouvement révolutionnaire ?

Il faut donc avoir le « courage » d’avouer qu’il est nécessaire de finir un mouvement, non pas de le clore mais de le mettre en veilleuse, de le laisser se reposer en ayant l’espoir d’une reprise de feu lors de la rentrée prochaine, la lutte qui se tape des congés non payés et non redevables, une sorte d’avance dans la pensée, de consommation mouvementaire. Cela ne prend pas cette année, négocions la pause et reprenons l’année prochaine, en promettant main sur le cœur et voile sur les yeux que c’est la seul issue possible et imaginable. Entendre ce discours, venant de la part de personne se revendiquant militante pour changer l’ordre des choses laisse perplexe, cela déroute, on se positionne dans un creux idéologique suicidaire, défaitiste et pas du tout révolutionnaire. On se prend à oublier que la raison même de notre engagement, de nos luttes est le dépassement salutaire, de la simple mobilisation rituelle s’instaurant dans les cadres qu’ils nous autorisent à défendre. Notre mobilisation n’est pas un CDD que l’on va renouveler, après être passer par la case saisonnière du repos tranquille, notre lutte est un engagement qui sert une visée et s’inscrit dans le temps, et s’enracine dans les murs. Déstabiliser les dogmes et établir le bordel dans nos tètes et dans la pensée prémâché qu’ils nous servent.

Haro sur les jusqu’au boutiste qui pensent autre chose, contre ces voyous qui viennent pourrir nos AG(nouveau sanctuaire des luttes auto-digérés), qui nous mettent face à nos contradictions et face à notre fausse lâcheté. Halte, pensons autre chose , et jouons la peur du chiffre, Projetons nos peurs sur l’absence de personne, évitons de nous voir en face et mettons sur le compte de la mobilisation ratée des consciences et des cœurs notre défaitisme , la nécessité de ne pas poursuivre la réflexion jusqu’au bout . Tout en s’empêchant de s’interroger que le système mis en place va nous avoir LUI, jusqu’au bout, va détruire nos aspirations LUI jusqu’au bout, va s’immiscer et s’instaurer dans nos plus profonds désir de changement, LUI va mettre en place la nécessaire sortie de crise, la gestion syndicale les nouveaux professionnels(pas si nouveau !!) du management des luttes, qui se sentent responsable des foules et de l’avenir des étudiants. Mais face a cela dressons le constat ;de la folie suicidaire de ceux qui osent espérer que le mouvement étudiant est un mouvement mou qui ne changeras ni de direction ni d’aspiration qu’elle qu’en soit le nombre, que si NOUS montrons , nous ceux qui sommes engagé dans la lutte quotidienne et perpétuelle, qui nous interrogeons tout les jours sur la nécessité de dépasser le système capitaliste, qui observons sa violence et analysons c’est défaillances, que si nous montrons qu’il est destabilisable. A 10 ou à 100, ou même à mille peu importe, tant que nous pouvons montrer aux yeux(et surtout à la tète) de tous , que le géant qui se dresse en face de nous , a des pieds en argile , des pieds de monument qui n’a de solide que l’apparat et de puissant que la force diffuse de la peur qu’il visse au plus profond de nos têtes. C’est donc cela le dépassement, le jusqu’au boutisme, le gauchisme nécessaire, c’est cette responsabilité la que l’on devrait s’incomber.

Frapper la ou sa fait mal, contre-attaquer et sortir des cadres qu’ils nous imposent .La force duu système actuel réside dans la possibilité qu’il a à gérer les reformes ET leurs contestations, à faire le mal et son antidote, a nous pousser dans nos retranchements les plus ultimes et à compter sur ceux qui gèrent pour pouvoir gérer le pire. De négocier la vaseline. La résistance se fait dans tous les domaines, la vraie la seul le mouvement qui ne s’arrête pas face à une ridicule histoire d’examen ou de répression. C’est la ou réside notre force ; les examens sont comme les bulletin de votes il titillent notre conscience de citoyen respectueux des normes établis ; de citoyenneté il n’ y en a pas , car notre citoyenneté ne s’exerce pas dans une communauté dont nous gérons l e devenir ; la démocratie du bulletin de vote crée nos limites et notre consentement, les examens déstabilisent notre conscience et détruisent notre rage et notre révolte. Rocher stable sur lequel vient s’écraser des montagnes d’écumes, de plus en plus noire, récoltant le désespoir de ceux qui luttent.

La situation, ELLE, est beaucoup plus grave , la situation veut que l’on puisse se dresser TOUS ENSEMBLE, contre la tenue de cette mascarade d’examen qui signifie le dépassement d’un cap et la deuxième défaite en si peu de temps. La situation ELLE, n’est pas ajournable, elle ne peux revenir sur le devant de la scène de par la suite car la situation est TOUJOURS au devant de nous, la libéralisation de l’éducation ,de la santé, de nos droits, de ce que l’on prétend encore appeler démocratie , est une réalité qui s’exerce tout les jours, qui est continue qui ne s’arrête pas. Aller les bloquer, c’est justement attaquer le gouvernement sur son propre terrain, c’est être présent sur un domaine ou ils ne nous attendent plus .Leur certitude de notre défaitisme face à cette situation les pousse a chaque fois à faire pourrir un mouvement et le faire se censurer sur la question des examens.

Oui aujourd’hui, le combat se situe la, car nous sommes à l’aube de l’effet Thatcher sur nos luttes, oui ici maintenant, peu importe le rapport de force tant que nous sommes tous ensemble organiser dans une même visée de lutte. Pour toute ces raisons et du fait même de ne pouvoir dépasser la situation de soi disant privilégiés, que l’on nous colle le mouvement étudiant ne sera jamais un mouvement révolutionnaire, un mouvement qui ne fait pas que contester des reformes, mais qui déstabilise le pouvoir et remet en cause le système en entier. L’effort est difficile, les privilèges bien ancré, le confort qui va avec aussi, le mouvement étudiant n’est pas (pour l’instant) un mouvement révolutionnaire, les exemples de 68 ou même du CPE nous le démontre clairement. Jusqu’au boutiste étudiant abstenez vous ou allons chercher autre chose.

Un individu
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