L'UE, une farce démocratique
On nous assène à grands coups de spots publicitaires dans tous les médias d'aller voter dimanche prochain. Mais pourquoi se déplacer ? Suivant les obédiences politique, cela va de détruire "l'arnaque européenne" à "construire une Europe sociale". Il est clair que si les élections pouvaien changer quelque chose, cela se saurait. Mais au-delà de la rhétorique classique anti-électoraliste, quelles sont les raisons, spécifiques à l'UE, de ne pas cautionner ce système. Répondons à ceux qui prétendent qu'il faut approfondir, puis à ceux qui veulent construire une Europe sociale.
L'Europe sociale, protégeant les travailleu(ses)rs n'est pour l'instant qu'un mythe.
Non content de délocaliser leur production dans les pays de l'Est où le droit du travail a un degré de protection très bas, les capitalistes importent de la main d'oeuvre étrangère en leur appliquant le droit du travail de leur pays d'origine et non celui du pays où elle travaille. La force de travail est plus jamais un objet, une machine, et non un être humain, délocalisable selon la volonté des capitalistes. La directive Bolkenstein refusée par le Parlement Européen est donc appliquer malgré tout.
Ensuite, la CJCE, par ses arrêts Laval et Viking, interdit les actions collectives des syndicats pour obliger les entreprises à faire appliquer le droit du travail national aux travailleurs européens détachés. Il s'agit d'une atteinte à la concurrence libre et non faussée. Non seulement, cela favorise la casse des droits du travail nationaux mais cela favorisera aussi la xénophobie.
On peut encore citer les directives portant la durée maximale de travail de 48h à 65h.
Le but de cette article n'étant pas de faire une liste exhaustive des atteintes aux droits des travailleu(ses)rs, passons à une brève analyse des institutions européennes. Peuvent-elles permettre la construction d'une vrai Europe sociale.
D'abord, la Commission Européenne, nommé en même temps que le Parlement. Le président de cette commission est choisi par les gouvernements de tous les pays membres, le Parlement approuve cette nomination. Le président choisit alors les autres membres de la commission.
La Commission a ensuite l'initiative des "lois européennes" et veille à leur application. C'est l'équivalent européen de notre gouvernement.
Ensuite, le Parlement Européen, je passe sur son mode d'élection, son seul pouvoir est d'approuver et d'amender ou non les "lois" voulues par la Commission.
Puis le Conseil de l'Europe, il rassemble les ministres concernés (ex : conseil européen du travail -> ministre du travail, etc). Sa formation la plus haute rassemble les chefs d'États et de gouvernements des pays membres. Il nomme et contrôle le travail (législatif) de la Commission.
Enfin, avec la célèbre BCE (dont je ne parlerais pas), l'institution la plus critiquable de l'UE : la CJCE. Il s'agit d'une Cour de justice veillant à l'application de la "législation européenne" et des traités. Elle détermine donc le contenu des ses normes (langage juridique : "elle interprète les traités"). Ses membres sont nommés par les gouvernements des États membres (un par État membre) et ne doivent subir aucune pression de leur part sous peine de révocation.
Maintenant, est-il possible de créer une Europe vraiment sociale grâce aux élections européennes ? Absolument pas, sans même rentrer dans les règles de procédure très complexes de l'Union, seuls les élections nationales comptent : elles déterminent les tendances politiques de deux organes de l'Union. Le Parlement n'a qu'un rôle d'approbation dans l'élaboration de la loi.
Ensuite, il faut que les élections nationales portent des gouvernements de gauche dans une majorité d'États membres et dans le Parlement pour qu'on puisse faire évoluer les choses par les élections.
Le slogan : "ÉLECTIONS, PIÈGE À CONS" est donc parfait pour décrire la mascarade démocratique que nous vivons.
Il n'y a donc qu'une seule réponse à la construction d'une vrai Europe sociale : une organisation européenne des syndicats de lutte sur des bases autogestionnaires et démocratiques.