Je prends en exemple la manifestation à Bruxelles lors du contre-sommet européen des 28 et 29 avril: au lieu de départ de la manifestation, les quelques anarchistes (une bonne vingtaine) présents se rassemblent autour d'un énorme drapeau noir et nous migrons ensembles vers la tête de la manifestation. C'est là que le service d'ordre de la manifestation forme une chaîne humaine (sur demande de la police) autour de nous pour progressivement nous isoler et nous sortir du défilé alors qu'il n'y avait eu ni incident ni provocation. Les types étant sourds à toute discussion (même quand d'autres manifestants voulaient jouer les médiateurs), nous avons été obligés de forcer le barrage et nous nous sommes retrouvés dispersés en petits groupes jusqu'à la fin de la manifestation sans arriver à retrouver l'unité du départ (ce qui a permis à la police de choper et contrôler plusieurs d'entre nous). Dans un autre cas (une manifestation anti-fasciste), le service d'ordre venait sans cesse emmerder les anarchistes pour qu'ils enlèvent leur foulards, arrêtent de lancer des pétards,... mais avait vite renoncer face au nombre. Les tentatives de ce type lors de manifestation sont très nombreuses. Par exemple, j'ai pu constater une tentative similaire en lisant le compte-rendu du CAAM de la manifestation du 1er mai à Nice (http://caam.over-blog.com/article-31052689.html).
À croire que les anarchistes ne sont désormais plus des manifestants comme les autres mais catalogués dès le départ comme des casseurs potentiels à isoler à tout prix. Les services d'ordre (souvent composés de membres d'organisations de gauche/extrême-gauche) sont donc des gentils toutous obéissants à la volonté policière. Les manifestations deviennent de plus en plus des promenades urbaines encadrées par la police et les SO et non plus des marches de lutte.
