L'université en lutte

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 03 Mai 2009, 13:13

Une loi contre les occupations sauvages des universités
Thème(s) : Education Nationale - Syndicats
Le Cri numéro 70, du 2 mai 2009 - Charles-Henri d’Andigné
0 Contribuable juge cette information pertinente


Damien Meslot, député UMP du Territoire de Belfort, va déposer une proposition de loi contre les occupations sauvages des universités par des groupes minoritaires.

Que contiendra votre loi ?

Je travaille à une proposition de loi qui imposerait, avant tout mouvement de grève dans une faculté, un vote à bulletins secrets, avec une participation minimum. Les refus seraient sanctionnés par une forte amende.

Il ne faut plus que des groupuscules minoritaires puissent continuer à perturber une majorité d’étudiants qui ne souhaitent que travailler.

Que les gens se mettent en grève, s’ils n’engagent qu’eux-mêmes, ce n’est pas un souci. Mais il est choquant qu’on puisse occuper une faculté. Il faut que ce type d’occupation devienne un délit.

Je souhaite par ailleurs que quand une fac est occupée, le préfet puisse avoir recours aux forces de l’ordre. Force doit rester à la loi, et il nous faut préserver l’image i n t e r n a t i o - nale de nos facultés. Pour le moment l’arsenal législatif n’est pas suffisant pour réprimer ces t r u b l i o n s .
Quant au droit de grève des étudiants, on peut se poser la question de savoir s’ils l’ont ou pas.

Qu’en pensent vos collègues députés ? Votre proposition a-t-elle de bonnes chances d’aboutir ?

Je crois qu’elle va être cosignée par plusieurs dizaines de mes collègues de la majorité. Tant parmi les députés que parmi les étudiants ou les professeurs, il commence à y avoir une certaine lassitude vis-à-vis des excès de ces groupuscules d’agitateurs.

Que vous inspire la situation des universités ?

C’est un grand gâchis ! Cela fait des années que la situation se dégrade. Dans les classements internationaux, nos établissements sont de moins en moins cotés.
Pour la première fois depuis vingt ans, un gouvernement a décidé de faire une réforme, en mettant de l’argent sur la table : on a dégagé 5 milliards d’euros supplémentaires. C’est la loi relative aux universités (LRU), votée en 2007, qui donne l’autonomie aux universités.
Les présidents d’universités pourront vraiment gérer leurs universités, et pourront en outre faire appel à des fonds privés. Cette loi faisait partie du programme électoral de Nicolas Sarkozy.
On ne peut pas laisser les agitateurs professionnels empêcher l’application d’une loi. En tout cas je veux rendre hommage à Valérie Pécresse, qui s’est battue avec courage et détermination. Sa loi est un vrai tournant dans l’université française.

Les opposants sont-ils sincères, ou veulent-ils uniquement mettre le bazar ?

Il y a un peu des deux. Dans certains endroits, les opposants ne sont pas des étudiants, ils viennent de l’extérieur, du NPA, de SUD, utilisant l’université pour infliger un échec au gouvernement et tenter de le renverser.
Une partie d’entre eux, de même que certains milieux intellectuels, n’a jamais accepté que Nicolas Sarkozy ait été élu il y a deux ans. Ils se moquent de l’université comme de l’an 40 ! Il n’y a que les gogos qui croient que ce mouvement est spontané.

Le gouvernement en est-il conscient ? Il appelle au dialogue… Peut-on dialoguer avec les casseurs ?

J’ai eu l’occasion d’en parler avec le président de la République. Il veut bien discuter avec ceux qui pensent sincèrement que la réforme n’est pas bonne, et qui veulent des aménagements.
En revanche avec les casseurs il n’est pas question de discuter. Il faut porter plainte, les assigner devant les tribunaux et les condamner. Nous ne céderons pas !
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 04 Mai 2009, 11:33

Fin de grève au Québec...

Bilan de la journée du 27 avril 2009 - Rattrapage de la session - Mise à jour 20h00

Soumis le | 27 avril 2009 | Pas de commentaire(s)

Bonjour,

Voici un bilan de la journée.

Assemblées générales étudiantes
Association facultaire des étudiant-e-s en art : fin de la grève votée à très forte majorité (1 vote contre et 3 abstention). Les étudiant-e-s en art reprendront les cours dès demain matin, le mardi 28 avril 2009.

Modalités de rentrée en classe et réunion de la comission des études

Une réunion de la commission des études s’est tenue ce matin. Voici l’essentiel des mesures adoptées pour le rattrapage de la session.

Rattrapage des heures de cours
Les professeurs peuvent allonger les cours d’un heure (9h à 13h, 13h30 à 17h30 et 18h à 22h),
Des cours peuvent être ajoutés sur d’autres horaires, comme les fins de semaine ou les congés,
Toute autre mesure acceptable permettant de récupérer les heures de cours “perdues” à cause de la grève.

Ces mesures seront validées par le département par lequel le cours est commandé.

Modalités concernant les ententes d’évaluation
Les professeur-e-s et chargé-e-s de cours ne sont pas sensés vous demander de remise de travaux dès la première semaine de cours,
Le groupe cours doit renégocier les ententes d’évaluation dès le premier cours suivant la rentrée en classe. L’entente doit être approuvée par la majorité (Attention, bien que les règlements stipulent qu’il faut les 2/3 des étudiant-e-s présent-e-s, ce ne serait pas le cas ici) des étudiant-e-s présent-e-s en classe et doit être le fruit d’une vraie négociation entre étudiant-e-s et professeur-e/chargé-e de cours. Cette entente doit comprendre les modalités de rattrapage de la session pour votre cours ainsi que les nouvelles formes d’examens ou de notation du cours.
Un enseignant peut augmenter la pondération d’un examen à plus de 50% de la note totale du cours si au moins un autre examen est compris dans l’entente d’évaluation. Par contre, dans certains cas exceptionnels, l’enseignant peut décider de la tenue d’un examen ou de la remise d’un travail comptant pour 100%.

Dates de prolongations et début de la session d’été
La session d’hiver devrait se terminer au maximum entre le 3 et le 10 juin selon les cours et les ententes conclues avec vos enseignants.
Le début de la session d’été se fera le 11 mai. Vous pourrez annuler vos cours sans mention d’échec jusqu’au 11 juin.

Autres modalités concernant la session
Annulation de cours sans mention d’échec pour la session d’hivers : vous avez jusqu’au 11 mai pour annuler des cours sans mention d’échec.
L’évaluation des enseignants a été annulée pour cette session.
Si vous ne pouvez être présent jusqu’à la fin de la session pour des motifs personnels, essayez de vous arranger avec votre enseignant-e afin de se mettre d’accord sur une entente d’évaluation personnalisée. Si aucune entente n’est possible, contactez votre association étudiante pour vous aider à régler le problème.
Si vous êtes en échange et avez peur pour votre session et sa validation dans votre université de provenance, consultez cette page sur le site de l’UQÀM, des informations sont disponibles pour vous.
Attention! Changements de locaux et d’horaires : l’administration de l’UQÀM a procédé à des changements de locaux et d’horaires pour la fin de la session. Il est impératif que vous vérifiez que vos locaux et horaires n’ont pas étés changés afin de pas manquez vos cours. Contactez vos associations étudiantes et vérifiez vos courriers UQAM afin d’avoir plus d’informations.

Les résolutions de la commission des études sont disponibles aux deux liens suivants :
http://www.instances.uqam.ca/ce/reso/20 ... 11228.html
http://www.instances.uqam.ca/ce/reso/20 ... 11230.html

Bonne soirée/journée


Résultats de l’Assemblée générale du 24 avril Publié le avril 25, 2009 par spuqengreve

Réunis en assemblée générale le 24 avril 2009, les professeures et professeurs ont adopté à 91% une résolution visant à accepter le projet de convention collective et le protocole de retour au travail soumis par la partie patronale au cours de la nuit du 23-24 avril.

Ce projet prévoit l’embauche de 145 nouvelles, nouveaux professeurs entre les années 2009 et 2013-2014; ne sont pas inclus (et doivent donc être calculés en sus) dans ce nombre les professeures, professeurs titulaires de chaires de recherche et les remplacements de professeurs partis à la retraite.

L’échelle salariale proposée par le projet d’entente prévoit un rattrapage salarial de 11% ainsi qu’un montant forfaitaire de 3% pour l’année 2008-2009, amenant ainsi la rémunération des professeurs de l’UQAM au niveau de celle des professeurs de l’Université du Québec à Trois-Rivières d’ici 2012.

Les professeures et professeurs ont également obtenu que les congés sabbatique soient financés de façon équivalente aux congés de même type dans les autres universités, soit à raison de 90% du salaire annuel (la dernière convention établissait la rémunération de congé sabbatique à 80% du salaire annuel, le plus faible taux au Québec).

Enfin, l’entente prévoit la création d’un fonds étudiant. Les professeures et professeurs pourront ainsi transformer un cours en réserve (charge de cours additionnelle en sus de la tâche normale d’enseignement) en bourses étudiantes.

Au cours de la même assemblée, les maîtres de langue ont adopté à 66% une proposition visant à accepter le projet de convention collective et le protocole de retour au travail soumis par la partie patronale. Ce dernier prévoit les mêmes conditions salariales que celles des professeurs et une nouvelle embauche.

Les maîtres de langue sont confrontés à des enjeux de reconnaissance importants au niveau institutionnel: ainsi leur bataille pour l’embauche de nouvelles, nouveaux maîtres de langue n’est pas terminée, pas plus que la lutte pour la reconnaissance de leur véritable tâche. En assemblée générale, les professeures et professeurs ont exprimé leur volonté unanime de continuer à appuyer les maîtres de langue dans leur lutte pour un traitement équitable.

Le protocole de retour au travail adopté lors de l’assemblée prévoit que le retour au travail et la reprise des cours se fera le lundi matin 27 avril. Les modalités de reprise des cours et de réouverture des ententes d’évaluation seront déterminées par la Commission des études de l’UQAM.

____________________

Au cours des prochains jours, nous assurerons la collection et la transition du contenu de ce site vers le SPUQ. Les nombreuses contributions (textes sur les enjeux, lettres ouvertes, photos, etc.) que vous nous avez envoyées ne seront pas perdues! Nous vous reviendrons bientôt avec plus de détails et le mot de la fin.

Le comité d’information interne
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Olé » 04 Mai 2009, 11:47

Je pense qu'il va falloir que les universitaires en lutte ( étudiants, profs, chercheurs etc mais surtout les étudiants) se posent des question sur cette lutte, les stratégies d'actions et fassent leur autocritique un peu partout.
Cela fait des semaines ( pour pas dire maintenant des mois) que le mouvement existe, mais il semble que les moyens traditionnels ( comités de grève, blocage etc) ne sont pas d'une efficacité réelle face au gouvernement qui se contre fout de ce mouvement, au point que l'on ne voit guère plus d'issue aujourd'hui.
Alors quelle issue?
Olé
 

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 04 Mai 2009, 11:52

Le problème principal est l'amenuisement des forces : s'il y avait au minimum une 100aine de prof et autant de Biatoss mobilisés et des milliers d'étudiants sur chaque université, Pécresse aurait sauté avec ses réformes. Et pour remobiliser...
Sinon Bordeaux III tient vaillament malgré la présidence et ses chefs de services partis chasser de l'étudiant dès 6h30 (:!:) et la présence agressive de vigiles, AG à partir de 12h30 que la présidence compte bien interdire... (sinon Roro est bien vivant pour ceux que ça intéresse :mrgreen: merci à lui pour les infos :!:).
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Olé » 04 Mai 2009, 12:24

Nico37 a écrit:Le problème principal est l'amenuisement des forces : s'il y avait au minimum une 100aine de prof et autant de Biatoss mobilisés et des milliers d'étudiants sur chaque université, Pécresse aurait sauté avec ses réformes. Et pour remobiliser...
Sinon Bordeaux III tient vaillament malgré la présidence et ses chefs de services partis chasser de l'étudiant dès 6h30 (:!:) et la présence agressive de vigiles, AG à partir de 12h30 que la présidence compte bien interdire... (sinon Roro est bien vivant pour ceux que ça intéresse :mrgreen: merci à lui pour les infos :!:).


Oui et ce que tu dis là signifie aussi que consciemment ou non on ne fait casi plus que de la "résistance". L'impression que j'en ai moi est que pas mal de gens (notamment dans ceux mobilisés depuis des semaines) n'y croient plus vraiment. Le reste a peur de louper les exams, de "perdre leur année" et donc suit de moins en moins. Le risque est de se retrouver une poignée d'irréductibles...

Sinon la présidence de Bordeaux III a l'air qd même au taquet. Ici elle nous discrédite dans la presse, nous descend,nous ignore, envoie des mails à tous les étudiants pour voter contre le blocage mais on a pas encore vu de vigiles et l'interdiction des AG ou la fermeture administrative n'est pour l'instant pas envisagée.

Pour Roro il peut crever m'en fiche!
:hehe:
Olé
 

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Roro » 04 Mai 2009, 22:11

Léo a écrit:
Nico37 a écrit:Pour Roro il peut crever m'en fiche!
:hehe:


Je savais bien que t'étais une ordure ! :D

Bon, rapide compte-rendu de la journée.

Donc RDV était fixé à 5h30 ce matin sur le campus de Bordeaux pour procéder au blocage de la fac ( le président ayant appelé les étudiant.e.s à reprendre les cours ).

En gros, nous avons réussit à tenir la moitié des bâtiments de la fac jusqu'à l'AG. Globalement, ça s'est fait sans trop de violence, mais avec beaucoup de tension. Pendant l'AG, les vigiles, prétextant une alarme incendie (ce qui semble-t-il est avéré par une source autre que le NPa et l'administration), on réduit l'espace bloqué par la fermeture des portes coupe-feux, que nous avons par la suite barricadées.

Aucun cours n'a put se tenir de toute la journée.

Bilan de l'AG : Pour ou contre le blocage; Contre 1300, pour 1400. Blocage diurne ou blocage diurne et nocturne ? Le blocage diurne a été voté avec à peine 20 voix d'avance. Ce vote est une connerie monumentale. Les alarmes incendies ayant été niqué (on suspecte fortement l'administration de les avoir pété dans ce but), il y a une très forte probabilité pour que la fac soit en fermeture administrative pour raison de sécurité ou autre connerie. Le blocage ne se faisant que de jour, il parait donc évident que demain la fac sera fermée.

Prochaine AG : jeudi 12h30.

Info qu'une prof de Bordeaux 3 nous a dit : si le blocage ou la fermeture administrative tiennent jusqu'à lundi prochain, la fac sera dans l'impossibilité de tenir une session d'examen. Info à confirmer...
La Nature n'a fait ni serviteurs ni maitres, c'est pourquoi je ne veux ni commander ni recevoir d'ordres.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede sebiseb » 04 Mai 2009, 22:51

Je suis un peu dubitatif comme Léo..
D'ailleurs on sent que la négo maintenant s'attache plus à faire valider les examens pour sortir du truc, que de faire plier sur les réformes !? C'est une question que je me pose, bien qu'assez éloigné de l'université depuis pas mal d'années.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 04 Mai 2009, 23:46

Petite AG (750 soit moitié moins des AG "record") à Tours mais dynamique notamment grâce aux interventions opportunes de profs. Commencée en retard à 16h30, l'AG a voté vers 18h20 la poursuite du blocage par 323 pour, 256 contre, 97 abstentions, 17 NPPV (693 votants) : majorité relative, restait à voter les modalités mais je suis parti à ce moment là :!:
Les tourangeaux complèteront...

Pourquoi cet entretien ?

Quels que soient les critères retenus (résultats de la recherche, taux de réussite et d’intégration professionnelle des étudiants, retombées économiques, capacité d’attirer les étudiants étrangers), les systèmes de recherche et d’enseignement supérieur qui fonctionnent le mieux sont ceux dont le centre de gravité est constitué d’universités dotées d’une forte autonomie (1). Elles ont, en particulier, toute liberté pour choisir leurs étudiants, recruter leurs enseignants-chercheurs, les évaluer, les promouvoir ou s’en séparer. Elles ont également toute liberté pour délivrer leurs propres diplômes et organiser leur gestion. L’unité de base opérationnelle est le département universitaire (responsable d’une discipline), qui fixe le détail des critères de choix et de gestion des étudiants et des enseignants-chercheurs. Il n’y a pas de grandes écoles, et les instituts de recherche d’État ne jouent qu’un rôle limité. La recherche n’est pas financée par les universités mais par des agences indépendantes qui octroient des subventions à des chercheurs, au vu de projets examinés par des « pairs », y compris à l’étranger. Ce type de système étant orthogonal au système français, il nous a paru intéressant de demander à un expert québécois d’en exposer les principes. O. P.-V.


Camille Limoges : «L’autonomie universitaire n’est pas ce que croient les Français »
Une bonne université doit laisser à chaque département la liberté de choisir ses étudiants et de recruter et évaluer ses enseignants-chercheurs. L’université, non le système des grandes écoles et des instituts de recherche publics, doit être le centre de gravité de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Camille Limoges : « L’hétérogénéité des diplômes universitaires n’est pas un scandale ».

Le débat français sur l’université est centré sur la notion d’autonomie. Qu’est-ce qu’une vraie autonomie ?

D’abord le libre choix, par l’établissement, des étudiants et des professeurs. Commençons par les étudiants. Dans toutes les bonnes universités que je connais, un étudiant qui dépose sa candidature est accepté ou refusé, en fonction de normes établies non par l’État ni même d’ailleurs par l’université en tant que telle, mais au premier chef par le département universitaire, donc par les responsables de la discipline. En Amérique du Nord, ces normes diffèrent d’une université à l’autre. Par exemple, j’ai enseigné dans deux établissements au Québec. Dans l’un, les conditions d’entrée sont beaucoup plus sélectives. C’est que l’autre s’est explicitement donné une vocation plus populaire et, dans un esprit de démocratisation, admet des étudiants que d’autres établissements n’accepteraient pas. Ce qui ne veut pas dire qu’il intègre n’importe qui.

Comment se fait-il que, dans une même ville, deux universités puissent mettre en œuvre deux politiques si différentes de recrutement des étudiants ?

On pourrait penser que cela tient à leur différence de statut. L’université de Montréal est privée, alors que l’autre est une université d’État, qui fait partie d’un réseau d’universités publiques, l’université du Québec. Mais cela ne suffit pas à expliquer la différence car, même dans ce réseau d’État, le ministère de l’Éducation n’est pas habilité à intervenir pour dire à un établissement qui il doit admettre comme étudiants. Ce serait vu, à juste titre, comme une atteinte inacceptable à l’autonomie. De même, il serait considéré comme inacceptable que l’État intervienne pour dire aux universités comment elles doivent recruter et promouvoir leurs professeurs. Ces décisions relèvent des règles que se donne librement chaque établissement.

Une bonne université est donc aussi, selon vous, une université qui délivre ses propres diplômes ?

La valeur d’un diplôme tient à celle de l’université qui le délivre ou, plus exactement, à celle du département qui a encadré l’étudiant. Ainsi, il se peut que le département X de l’université du Québec à Montréal soit à une certaine époque meilleur que le département Y de l’université de Montréal, bien que dans la hiérarchie un peu fantasmatique établie entre les universités, celle de Montréal, plus sélective, soit souvent mieux cotée. Si le département X est meilleur, cela se sait, et le diplôme obtenu dans ce département est davantage valorisé, bien que l’université dans son ensemble puisse ne pas être la plus cotée. Du coup, les meilleurs étudiants vont chercher à entrer dans ce département. Pour nous, l’hétérogénéité des diplômes universitaires n’est pas un scandale et nous tenons pour un peu hypocrite l’énoncé selon lequel toutes les universités d’un pays délivreraient des titres de même qualité. Ce n’est ni vrai ni crédible. Les professeurs français le savent d’ailleurs très bien, qui conseillent à leurs enfants d’éviter telle université, de même qu’ils choisissent avec grand soin telle classe préparatoire.

Passons au statut des enseignants-chercheurs. Là encore, toute liberté aux établissements ?

Je pense qu’une telle liberté donne les meilleurs résultats. Même dans nos universités publiques, l’établissement est libre de recruter ses professeurs, de les évaluer, de les promouvoir et, éventuellement, avant de leur accorder la permanence, de les remercier (1). L’employeur est l’université, non l’État. Le contrat relève du droit du travail normal. Les professeurs sont syndiqués, mais leur organisation négocie avec l’établissement, pas avec une administration nationale. De ce fait, les conventions collectives ne sont pas identiques d’une université à l’autre, pas même d’une université publique à l’autre. Quant au recrutement, il est effectué par l’université, mais la sélection des candidats se fait d’abord par le département.

Un autre mot-clé des débats en France est celui d’évaluation. Que signifie évaluer un enseignant-chercheur ?

Dans le débat français, beaucoup semblent croire que le gouvernement tente d’importer le modèle d’évaluation américain. Ce n’est pas le cas. Si le gouvernement s’inspire d’un modèle, ce serait plutôt du système d’évaluation anglais, uniforme et centralisé. Le modèle nord-américain est totalement décentralisé. Chez nous, l’évaluation des professeurs est d’abord de la responsabilité du département. Elle se produit essentiellement deux fois dans une carrière. La première fois, quatre ou six ans après le recrutement, au moment où le professeur est candidat à la permanence, que les anglophones appellent tenure. Un processus s’engage, sophistiqué. Intervient d’abord le jugement des collègues sur la qualité de ce professeur, sur les résultats de son activité de recherche depuis son engagement, mais aussi sur le caractère responsable et adéquat de son enseignement. Dans bien des universités, le jugement des étudiants est pris en compte. À la fin de chaque trimestre, il leur est demandé d’évaluer l’enseignement de chaque professeur, selon des modalités convenues. Il ne s’agit pas de prendre leur jugement au pied de la lettre, mais cela permet de confirmer celui des collègues ou de le relativiser.

Le département évalue seul les enseignants-chercheurs ?

Et c’est souhaitable. Une instance de l’établissement s’assure que l’évaluation a été conduite selon les règles. Elle vérifie en particulier que le jugement porté n’est ni complaisant ni exagérément sévère au regard des travaux de recherche du professeur concerné. Après quoi le dossier est porté devant le conseil d’administration de l’université. Mais ce serait un scandale si celui-ci refusait les conclusions du corps professoral. En trente ans de vie universitaire, je ne l’ai jamais vu faire.

À quel moment se fait la seconde évaluation ?

Cinq ou sept ans plus tard, quand l’enseignant-chercheur est appelé à devenir titulaire. Là encore, l’évaluation se fait d’abord au sein du département. Mais dans bien des universités, le département est tenu d’obtenir de trois à cinq collègues extérieurs à l’établissement, généralement choisis à l’étranger, des évaluations de la qualité des travaux publiés du candidat.

De fait, l’évaluation du travail de recherche ne se fait-elle pas, elle, par des instances extérieures à l’université ?

En effet. Contrairement à la situation existant dans plusieurs pays européens, les établissements nord-américains ne disposent que de très peu de crédits pour soutenir la recherche. C’est auprès d’agences nationales qu’un chercheur obtient les fonds dont il a besoin. Ces crédits lui sont attribués pour une période qui varie selon la nature du projet : deux, trois, cinq ou sept ans. Ils sont accordés par des comités de pairs dont certains exercent à l’étranger. La capacité d’un professeur à obtenir un financement de ces agences joue donc un rôle important dans le processus d’évaluation mené dans son université. D’autant que ces financements peuvent être substantiels : de 10 000 dollars à 1 million de dollars par an selon les besoins. Dans certains cas, un chercheur peut alors verser à son département une compensation pour la part de sa charge d’enseignement dont il souhaite être provisoirement délesté, ce qui permet au département d’engager un remplaçant. Quand la somme est élevée, ces crédits permettent aussi d’engager des thésards, des étudiants chercheurs, des assistants de recherche, des techniciens. Ce sont des crédits que l’on qualifierait en France de précaires ; et dans certains cas, c’est en effet un problème très réel. Mais en pratique, chez nous, le bon chercheur parvient à obtenir les fonds nécessaires à sa recherche depuis son entrée dans l’université jusqu’à sa retraite.

Quel pouvoir accorder au président de l’université ?

Dans les universités nord-américaines, le président n’est pas d’abord un décisionnaire ; il doit être un leader. Un bon président (ou « recteur ») est celui qui réussit à proposer à la communauté universitaire, pour la durée de son mandat, un programme de développement, de réformes, de recherche de financements, capable de convaincre ses collègues. L’autorité du président est surtout intellectuelle et morale. Le décideur final, mais jamais l’initiateur en matière académique, c’est le conseil d’administration, qui n’est d’ailleurs que rarement présidé par le « recteur ». Le pire des présidents ne peut pas devenir un dictateur.

Un bon président est un président élu ? Nommé ?

C’est à l’université d’en décider. Certaines se dotent d’un comité pour identifier d’abord des candidats possibles ; ce comité propose ensuite un ou deux noms au conseil d’administration. Il est rare, mais il se peut, que les professeurs ne soient guère consultés. Dans d’autres cas, un véritable processus électoral s’engage ; les candidats doivent faire campagne et convaincre. L’ensemble du corps enseignant vote, parfois même les employés et les étudiants qui forment des collèges distincts. C’est le conseil d’administration qui décide en dernier ressort, mais il est rare qu’à ce stade on s’oppose au vote ou au vœu du corps professoral. Cela s’est produit, mais cela ne s’est jamais bien terminé. Un président doit d’abord être légitime pour pouvoir exercer son autorité. Je pense pour ma part que le système électoral strict n’est pas bon, mais qu’un système où le président peut être nommé contre le vœu des professeurs est lui aussi mauvais. Un président d’université n’est pas un chef d’entreprise (2).

Comment voyez-vous la place de l’université dans le système global d’enseignement supérieur et de recherche ?

Je crois que, contrairement à ce qui se passe en France, l’université doit être le centre de gravité du système. Je juge anormal que de grandes écoles disposent pour la formation de chacun de leurs étudiants d’un multiple des crédits dont dispose l’université. Je ne trouve pas normal non plus que des établissements de recherche comme le CNRS ou l’Inserm ne jouent pas un rôle immensément plus important dans la formation des étudiants. Je crois que le gros de l’effectif des chercheurs doit être impliqué directement dans la formation des étudiants, y compris du premier cycle.

Pouvez-vous préciser les raisons de cette conviction ?

Si j’en juge par l’expérience canadienne, beaucoup de chercheurs des laboratoires publics qui ne sont pas liés à l’université tendent, au fil des ans, à perdre de leur dynamisme, à se bureaucratiser. Il leur manque quelque chose d’essentiel. Un professeur engagé à 30 ans ne peut être encore un chercheur actif, trente-cinq ans plus tard, si son laboratoire est peuplé seulement de collègues vieillissant avec lui, auxquels vient parfois s’ajouter, parcimonieusement, un jeune. Rien ne remplace l’arrivée chaque année d’une nouvelle cohorte de jeunes, avec leur enthousiasme et des idées nouvelles. Les jeunes cerveaux sont les sauveteurs des vieux chercheurs. Dans les années 1980 au Québec, alors que j’avais la responsabilité de l’enseignement supérieur, des personnalités politiques ont voulu créer l’équivalent d’un CNRS. Je m’y suis opposé de façon très ferme parce que je crois que la recherche doit se faire d’abord dans les universités. La recherche menée dans les laboratoires publics doit être limitée au strict nécessaire, pour des missions particulières relevant, par exemple, de la défense, des contrôles de sécurité ou de l’exercice des responsabilités réglementaires.

Propos recueillis par Olivier Postel-Vinay.

1| Le mot « professeur » est utilisé, au Québec, pour désigner tout enseignant-chercheur, qu’il ait ou non le titre de professeur.

2| En France, selon la nouvelle loi en vigueur, le président de l’université est élu à la majorité absolue des membres élus du conseil d’administration. Il exerce le pouvoir exécutif.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 05 Mai 2009, 10:29

L'AG des enseignants-chercheurs, enseignants et chercheurs du secteur LSH (Aix-Marseille I) revote la grève jusqu¹au lundi 11 mai (avec AG à 10h)

CONTRE : 14 ABST : 19 NPPV : 3 POUR : 111


MOTION DE L¹AG DU SECTEUR LSH (4 MAI 2009)

L'AG des enseignants-chercheurs, chercheurs & enseignants du secteur LSH réunie à Aix le 4 mai 2009 réitère son indignation devant la politique du gouvernement qui refuse obstinément toute négociation sur les objets de la mobilisation et passe en force des décrets contestés par l'ensemble de la
communauté pendant les vacances de printemps.

L'AG s'insurge également contre le nouveau dispositif émanant des accords signés entre la République française et le Vatican, qui annonce l¹effondrement de l¹enseignement laïque de la République.

L'AG dénonce la pseudo-concertation que mène actuellement le ministère pour aménager la mise en place de la réforme de la formation et du recrutement
des enseignants du primaire et du secondaire.

L'AG appelle l¹ensemble des acteurs de la vie syndicale et politique à s'emparer des questions de réforme de l'université et de la recherche, et à en faire un thème central du débat politique national et européen. Elle les invite tous à venir au plus vite en débattre à l'université.

L'AG affirme que le gouvernement porte l'entière responsabilité de la mise en danger du semestre : 13 semaines de cours ont d'ores et déjà été rendues
impossibles par sa surdité. La question de la validation du semestre ne saurait être distinguée de celle de la transmission des connaissances.

Motion votée à l'unanimité moins 1 abstention.


Motion sur la présence des vigiles à l'université.

L'AG du secteur LSH rappelle que la loi interdit formellement le recours à des sociétés de sécurité dans le contexte d'une lutte sociale. Elle demande par conséquent à la présidence de congédier cette société privée de sécurité, coûteuse pour l'université, inefficace dans l'accomplissement de sa mission et dont la présence se révèle source de tension.

Motion votée à l'unanimité moins une voix contre.

NB : cette motion a été votée en fin d'AG. Les votants eux-mêmes ont estimé après le vote que cette question mérite une discussion plus longue. Ils appellent donc la prochaine AG à s'en emparer.


MARSEILLE, 4 mai 2009 (AFP) - 18h17
Marseille: des étudiants bloquent un CA sur l'organisation de la fin d'année
Environ 200 étudiants de l'université Aix-Marseille I ont investi lundi le bâtiment administratif du site Saint-Charles à Marseille et bloqué un conseil d'administration réuni pour statuer sur l'organisation de la fin d'année universitaire, a-t-on appris de sources concordantes. "Les étudiants ont brisé la porte d'entrée vitrée du bâtiment qui était fermée et gardée par deux vigiles", a indiqué une porte-parole de la présidence, précisant qu'il n'y avait pas eu de violences physiques. Ils se sont ensuite entretenus avec le président de l'université, Jean-Paul Caverni, au sujet de la loi LRU sur l'autonomie des universités et de la présence de vigiles sur le site de l'université, selon un membre du comité de mobilisation. Le conseil d'administration devait valider les propositions faites avant les vacances par le Conseil des études et de la vie universitaire (Cevu), au lendemain d'un vote à bulletins secrets. Ces mesures prévoyaient un maintien du second semestre en dépit des semaines de grève, avec des enseignements allongés d'un mois jusqu'au 30 juin et une session de rattrapage à partir du 30 août. Une assemblée générale d'étudiants avait auparavant voté la poursuite de la grève sur le site. Interrogé sur l'organisation de la fin d'année, le membre du comité d'organisation a estimé que "les examens ne peuvent pas être tenus". "Moi je suis en histoire-géographie et je n'ai pas eu de cours depuis trois mois", a-t-il déclaré. Une manifestation est prévue jeudi.


300 étudiants marseillais et aixois de l'Université de Provence, mobilisés depuis trois mois contre les réformes de l'enseignement supérieur, ont envahi cet après-midi le bâtiment administratif de la fac saint-Charles, siège de l'établissement, où devait se tenir un conseil d'administration sur l'aménagement du second semestre. Ils ont pour cela enfoncé la porte d'entrée, gardée par une dizaine de vigiles.

Le CA a été annulé mais le président de l'Université, Jean-Paul Caverni, est venu devant les étudiants qui occupaient la salle. Une discussion houleuse s'est alors instaurée, la polémique portant essentiellement sur l'emploi d'une trentaine de vigiles pour "assurer la sécurité dans la faculté", selon le président Caverni. Certains étudiants ont expliqué avoir été "virés par la violence" d'un amphi qu'ils occupaient le 30 avril, par ces agents, vidéo à l'appui. La discussion interrompue, les étudiants ont quitté les lieux en fin d'après-midi. Rappelons que la grève des amphis a été reconduite ce matin par l'AG des étudiants, avec nouvelle manif et cours hors les murs jeudi.

La Provence

Vidéo de l'invasion du CA : http://jt.france3.fr/1920 Lundi 4, à partir de 10 minutes 22 secondes
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Parpalhon » 05 Mai 2009, 14:17

à la fac de Pau le calendrier de l'année a été une nouvelle fois voté aujourd'hui, mais toujours pas totalement définitif ( c'est cool pour ceux qui ont un boulot dès juillet ) ... on peut remercier les profs de leur grand soutien :evil:

pour vous montrer l'état d'esprit de certains, un petit copier/coller de l'intervention d'un de ces profs sur le forum de la fac :
Parfait, belle façon de se déculotter, d'apprendre à nos rejetons l'impunité de leurs (ex)actions.

Il faut penser à prévenir Gourette et Cauterets qu'ils augmentent leur capacité d'accueil pour les blocages à venir.

Je propose qu'on planifie un peu mieux pour l'an prochain :
=> blocage de septembre à mi-juin.
=> Cours la 3-ieme semaine de juin,
=> examens (session 1 et 2) la 4-eme semaine

Cordialement et pas du tout d'accord.


P.S. pour ceux que ça intéresse, voici mon sujet de deuxième session, calcul
scientifique pour licence2.
Ci sait tro dure, mersi 2 me le dire.

Question 1 : calculer 1+0.2
Question 2 (application) lundi, il est tombé 1 m de neige à Gourette, et 0.2 m
mardi. De quelle quantité de peuf disposez-vous pour envoyer un back-flip ?
" Mort als estats visquin les terres ! "
Avatar de l’utilisateur-trice
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Dorhinel » 05 Mai 2009, 15:02

Apparemment, le mouvement étudiant ne fait pas que des joyeux...

Agression d’étudiants de Lyon-II par un commando facho

Publié lundi 4 mai 2009



Il est environ 18h50, et nous arrêtons de tenir les piquets de grève. Quelques étudiants de droit, éco et sciences po discutent entre eux à l’entrée du bâtiment Clio dans une ambiance amicale pour se reposer un peu de la journée épuisante que l’on venait de passer.

Trois d’entre eux étaient à gauche de la porte du bâtiment Clio (2 assis sur un bureau, dont un qui utilisait son ordi et un debout en train de parler avec l’autre), tandis que le reste du groupe devisait à droite de la porte du bâtiment.

Soudainement, cinq jeunes (entre 1m75 et 1m80, 70 kg environ) ont surgi du bâtiment Clio et se sont dirigés rapidement vers les trois étudiants. Et là tout s’est enchaîné très vite : j’ai vu l’un des étudiants assis recevoir d’abord un coup de poing sur la nuque de la part de l’un d’entre eux, avant de recevoir un deuxième coup avec une chaise vers la nuque encore une fois par un autre intrus. Un troisième agresseur s’est emparé de l’ordinateur puis l’a jeté violemment contre le sol le brisant ainsi. Un troisième étudiant a reçu des coups de poing de la part des agresseurs, qu’il a rendu.

Je faisais partie des étudiants et étudiantes qui se tenaient à droite de la porte, et j’ai vu le premier coup de poing sans réaliser immédiatement que mes camarades se faisaient agresser. Mais le bruit des chaises nous a fait réagir et là plusieurs de mes camarades se sont levés pour porter secours aux trois autres.

Notre réaction et notre nombre a fait paniquer les agresseurs, deux d’entre eux ont sorti des bombes lacrymogènes de taille moyenne et se sont mis à les asperger en visant la tête de certains d’entre nous. Un autre a rangé dans sa poche le couteau qu’il avait dans la main (ce qui m’a fait penser au fait qu’il comptait s’en servir mais qu’il s’est finalement découragé en voyant les autres venir à la rescousse). Les étudiants ont à peine pris des chaises pour s’en servir contre les agresseurs que ces derniers ont pris la fuite vers la sortie du 4 rue de l’Université tout en continuant à utiliser les bombes lacrymogènes et en criant "on va tous vous niquer". Certains étudiants ont pu les pourchasser (malgré le gaz qui flottait dans l’air) jusqu’à les perdre de vue au croisement rue de l’Université / rue de Marseille et ce, car ils avaient évidemment pris de l’avance.

Je me suis chargée de contacter le 17 pour signaler cette agression et environ 15 minutes plus tard, deux voitures des agents de police en civil sont arrivées. Trois autres étudiants capables de les identifier et moi sommes montés dans les voitures avec eux, et nous avons sillonné le quartier dans l’espoir de les repérer mais en vain. On a regagné l’université où d’autres agents de police prenaient les témoignages et les coordonnées des autres étudiants.

L’étudiant qui a reçu un coup de poing et un coup avec la chaise sur la nuque a été accompagné aux urgences de l’hôpital Saint-Joseph, car il saignait du lobe de l’oreille droite et avait un hématome qui allait du haut de l’oreille droite jusqu’au bas de la nuque. Apparemment cela semble aller cependant.

Certains ont reconnu ces fachos, et pour ma part, j’ai été impressionnée par l’organisation de ces agresseurs. Tout était calculé : d’abord leur apparition (par où ? comment ?)…, puis les armes (couteaux, bombes lacrymogènes)…, et même le timing… un vrai commando !

En espérant qu’ils paient pour leurs actes inadmissibles !

Une étudiante en L2 Sciences Économiques et Gestion


Sur http://rebellyon.info/article6324.html, j'y suis tombé à partir de Bellaciao.

Allez, prenons les paris : combien de temps faudra-t-il au doyen, au président ou au directeur (enfin, au truc assimilé) pour condamner ces violences anti-démocratiques ? Plus ou moins que pour condamner les blocages ?
Dorhinel
 

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Olé » 06 Mai 2009, 09:06

Ça rebloque à Dijon ( de justesse) jusqu'à mardi prochain. j'dirais 2000 personnes par là en AG.
A noter que l'assoc "génération campus" avec appuie moral et matériel de la présidente organise un vote jeudi toute la journée à bulletin secret.
Donc c'est évidemment ne pas tenir compte du vote de l'AG. donc boycott. Sinon c'est de plus en plus tendu avec les anti bloqueurs mais ça ne reste que des mots, donc pas de quoi fouetter un chat.
Olé
 

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 06 Mai 2009, 11:11

A Tours, il n'y a plus que le site musico/philo bloqué faute de combattants...
Réforme Crous/Bourses (v3 - 20 avril ; 7p., .pdf)

A Nancy 2, le président avait décidé lundi soir de soumettre ce mercredi les étudiants du campus lettres et sciences humaines (bloqué depuis fin mars) à la question suivante.

------------
« Approuvez-vous ce plan d'organisation de la fin de l'année universitaire 2008-09 ? »
Reprise impérative des cours le 11 mai pour une durée de 4 semaines (du 11 mai au 6 juin)
Organisation d'une semaine de révision du 8 au 13 juin
Tenue des examens du 15 au 27 juin
Tenue des délibérations début juillet
Organisation de la session de rattrapage des deux semestres début
septembre.
-------------

Seuls les étudiants étaient conviés à ce vote, les enseignants et les BIATOS étant spectateurs. Avec, très certainement, cette idée très répandue en tête que le blocage n'est le fait que de quelques extrémistes, que la grande majorité silencieuse souhaite reprendre les cours et passer les examens (ce qui, d'ailleurs n'est pas forcément faux).

Résultat du vote de ce jour.
Inscrits : 6723
Suffrages exprimés 1553 (taux de participation : 23%)

OUI : 662 voix (soit 42,63%) NON : 891 voix (soit 57,37%)

Voilà donc le président qui, d'une certaine façon, relance le mouvement. Et un résultat bien difficile à analyser puisqu'il est bien difficile de dire à quoi les étudiants ont dit NON. A la reprise des cours ? Au plan prévu ? Ainsi, parmi les échos qu'on a pu avoir, certains étudiants ne souhaitent pas avoir des cours en juin, ou passer des examens en septembre, ce qui ne signifie pas qu'ils ne souhaitent pas reprendre les cours, passer des examens, etc.
Simplement, ils ne souhaitent pas le faire dans ces conditions.
Voilà qui apprendra donc au président à poser deux questions dans la même question...

Infos supplémentaires :
- l'AG plénière (essentiellement étudiante) n'a jamais dépassé 600 personnes. Elle oscillait plutôt entre 300 et 500 ces derniers temps.
Le non est donc bien au-delà des présents à l'AG.
- L'AG des enseignants réunis ce jour a produit le communiqué de presse suivant, alors qu'on ne connaissait pas encore les résultats.
"Nancy 2 : le vote organisé par la présidence n'engage qu'elle-même. La présidence de l'Université Nancy 2 organise aujourd'hui une consultation des étudiants du campus lettres sur un calendrier de reprise des cours et d'organisation des examens pour clore le semestre et l'année universitaires.
L'AG des enseignants considère que cette consultation, qui ne répond à aucune des revendications portées par la communauté universitaire, ne l'engage en rien.
En l'absence d'avancée sur ses revendications, l'AG des enseignants se réunira lundi 11 mai à 10 heures, et discutera de l'éventualité d'une reprise des cours, de la rétention des notes, de la non tenue des jurys, et d?une éventuelle grève des examens."
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 07 Mai 2009, 14:52

L’enseignement supérieur vu par l’OCDE

Réformes économiques : objectif croissance 2009 Notes par pays (mars 2009)

Chacun des trente États membres de l’OCDE reçoit tous les ans sa feuille de route, où sont mis en avant les domaines dans lesquels les “réformes” sont insuffisantes. La liste ci-dessous est un petit recueil des recommandations qui concernent l’enseignement supérieur. N’y figurent que les pays membres de l’Union européenne, et parmi eux uniquement ceux pour lesquels les problèmes de l’Université sont abordés. Tout commentaire semble superflu, tant les recommandations sont similaires d’un pays à l’autre.

Allemagne :

Mesures prises : dans plusieurs Länder, les universités peuvent maintenant sélectionner les étudiants et percevoir des frais de scolarité, ce qui rend plus flexible la gestion des ressources. La durée des cours universitaires a été réduite et le numerus clausus a été assoupli.
Recommandations : donner aux universités dans les Länder, qui n’ont pas encore pris de mesures en ce sens, plus de flexibilité dans la sélection des étudiants.

Autriche :

Mesures prises : le premier contrat triennal de performance a été conclu en 2007 entre les universités et le gouvernement; il comporte une budgétisation fondée sur des indicateurs, de nature à renforcer le financement et l’autonomie des universités : 20 % du budget de l’université sont maintenant attribués en fonction d’indicateurs qualitatifs et quantitatifs liés aux résultats.
Recommandations : autoriser les universités à sélectionner les étudiants et à fixer leurs propres frais de scolarité afin d’améliorer la qualité du service et les incitations des étudiants. Mettre en place un dispositif de prêts remboursables en fonction du revenu ultérieur afin d’éviter l’exclusion des étudiants démunis issus de milieux pauvres.

Finlande :

Réduire le temps d’attente nécessaire pour pouvoir entrer dans l’enseignement supérieur afin de faire baisser l’âge moyen des étudiants à l’université, qui compte actuellement parmi les plus élevés en Europe. Réduire la longue durée des études universitaires (en particulier pour le premier cycle) en incitant davantage les étudiants à achever rapidement leurs études et à entrer plus tôt sur le marché du travail grâce à la mise en place de frais de scolarité et au développement des prêts étudiants.

France :

Élargir l’autonomie des universités au-delà de ce qui a été réalisé en 2007, surtout pour la gestion budgétaire, le recrutement et la rémunération du personnel. De plus, bien qu’on ait facilité les donations de fondations privées aux universités, de nouvelles mesures sont nécessaires pour favoriser le financement privé des universités, notamment en ayant davantage recours aux droits de scolarité, cette mesure se doublant de prêts étudiants remboursables en fonction du revenu ultérieur.

Grèce :

Mettre en œuvre rigoureusement les réformes récentes concernant l’enseignement supérieur et les prolonger par des changements plus décisifs, en accordant plus d’autonomie aux universités et en subordonnant leur financement à une évaluation de leurs performances.

Hongrie :

Mettre en place à l’université des droits de scolarité se doublant de prêts étudiants remboursables en fonction du revenu ultérieur.

Irlande :

Envisager des frais de scolarité pour l’enseignement supérieur, financés par des prêts étudiants, de façon que les établissements d’enseignement supérieur répondent mieux aux besoins des étudiants.

Italie :

Les taux d’obtention d’un diplôme sont faibles dans l’enseignement supérieur par rapport à la moyenne de l’OCDE. Les taux élevés d’abandon à ce degré d’enseignement diminuent l’offre de capital humain et représentent un gaspillage de ressources dans les établissements universitaires.
Mesures prises : une loi adoptée en août 2008 autorise les universités publiques à se transformer en fondations privées. Une loi adoptée au début de 2009 prévoit d’accroître la part des financements calculés en fonction des résultats dans le financement public, mais il reste à définir les modalités de sa mise en oeuvre.
Recommandations : développer les investissements financiers privés dans l’enseignement supérieur en augmentant les frais de scolarité et l’apport de fonds privés, afin d’accroître l’offre (qualitativement et quantitativement) de places à l’université et de faire baisser les taux d’abandon; mettre en place des prêts étudiants remboursables en fonction du revenu ultérieur.

Pologne :

Instaurer des droits de scolarité pour les étudiants à temps plein dans les établissements publics d’enseignement supérieur, en même temps que des régimes plus généreux de bourses sous conditions de ressources et de prêts étudiants remboursables en fonction des revenus.

République tchèque :

Les inscriptions dans l’enseignement supérieur augmentent rapidement, mais les taux d’obtention de diplômes demeurent faibles, ce qui freine l’innovation et la croissance de la productivité. L ’expansion de l’enseignement supérieur exige davantage de ressources et des incitations plus efficaces aussi bien pour les étudiants que pour les établissements.
Mesures prises : aucune mesure significative n’a été prise. Des propositions sont élaborées en vue de lier le financement à des indicateurs de résultats et de qualité.
Recommandations : instaurer dans les établissements publics des droits de scolarité se doublant de prêts étudiants remboursables en fonction du revenu. Faciliter la coopération entre employeurs et universités pour mieux répondre à l’évolution des besoins de qualifications sur le marché du travail. Élargir l’éventail des programmes et améliorer l’accès des adultes aux études, en particulier pour les formations courtes.

Slovaquie :

Le taux d’inscription dans l’enseignement supérieur, certes en hausse, est faible au regard des autres pays de l’OCDE, ce qui a des répercussions négatives sur la performance du marché du travail et sur la productivité.
Mesures prises : les Universités ont été autorisées à percevoir des droits de scolarité auprès des étudiants à temps partiel. Les autorités ont lancé le programme de modernisation Slovaquie 21, qui prévoit des mesures à court et moyen terme pour renforcer le cadre institutionnel de l’enseignement.
Recommandations : rendre les études supérieures plus attrayantes en proposant des programmes à visée professionnelle d’une durée de deux à trois ans. Étendre les droits de scolarité aux étudiants à temps plein et instaurer des prêts étudiants remboursables en fonction des revenus.

Suède :

Développer les prêts par rapport aux bourses pour l’aide financière aux études supérieures et instaurer des droits de scolarité pour accélérer l’entrée des étudiants dans la vie active.

Jean Tosti Membre du Conseil scientifique d’Attac

Source : site internet de l’OCDE http://www.oecd.org/home/0,3305,fr_2649 ... _1,00.html
(cliquer sur “naviguer par pays”, puis, pour chaque pays, sur “Réformes économiques : Objectif croissance 2009 - Notes par pays”)
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 07 Mai 2009, 16:36

Déclaration de la 3e Coordination nationale des laboratoires en lutte

Les délégués de la communauté scientifique, réunis le 5 mai 2009 au Centre Pierre Mendès-France de l’université Paris-1 pour la troisième réunion de la Coordination Nationale des Laboratoires en Lutte, réaffirment leur opposition déterminée aux réformes du gouvernement imposées aux services publics d’enseignement supérieur et de recherche.

La CNLL appelle tous les personnels des laboratoires à se joindre aux actions suivantes :
14 mai : manifestation nationale Enseignement supérieur- Recherche (ESR) contre la précarité, en convergence avec la coordination nationale des universités (CNU) et le secteur des services publics de santé le même jour ;
26 mai : manifestation nationale interprofessionnelle à l’appel de huit confédérations syndicales, contre la casse des services publics. La CNLL appelle à manifester dans un cortège ESR fort et visible qui défilera indépendamment pour rejoindre ensuite le cortège interprofessionnel ;
10 juin : journée d’actions nationales et régionales à l’occasion de la réunion plénière du Comité national de la recherche scientifique ;
25 juin : organisation d’actions coordonnées pour protester contre la tenue du Conseil d’administration du CNRS, au CERN à Genève.

Mobilisée depuis des mois, la communauté scientifique a maintes fois demandé que s’engage une véritable négociation sur les nécessaires réformes de l’Université et des organismes de recherche afin de sortir du conflit. Les réformes imposées - et d’ores et déjà appliquées - visent à démanteler les organismes de recherche suivant une logique idéologique inacceptable. La mise sous tutelle politique et financière du service public de recherche et d’enseignement supérieur et la mise en concurrence des Universités et des laboratoires sont en effet incompatibles avec leurs principes fondateurs : indépendance, liberté et collégialité. Devant le mépris du gouvernement et des directions des organismes et leur refus persistant d’entrer dans un véritable processus de négociation avec tous les acteurs de la communauté scientifique, la Coordination nationale des laboratoires en lutte appelle solennellement tous les personnels à :

• Prendre une part active à toutes les journées d’action nationales de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et à leur préparation ;
• Soutenir l’action des Directeurs d’unités visant à défendre le rôle d’opérateur des organismes dans notre système de recherche ;
• Participer à l’ensemble des blocages et boycotts lancés pour empêcher la mise en place des réformes (conseils d’administration mettant en place ces contre-réformes dans tous les EPST, visites de l’AERES, expertises ANR...) ;
• Refuser la mise en place du fichage déguisé, l’automatisation prévisible de la gestion des ressources humaines et dénoncer les risques de discriminations que présentent les logiciels d’évaluation du personnel des EPST, et en particulier SIRHUS.
La coordination appelle solennellement les élus siégeant au Comité national de la recherche scientifique, ainsi que dans tous les Conseils scientifiques et d’administration, à s’opposer par tous les moyens aux réformes en cours. La Coordination demande notamment que les membres du Comité national défendent le retour à une évaluation collégiale et qualitative des laboratoires par le Comité national, contre les pratiques managériales, opaques et quantitatives de l’AERES.
La CNLL appelle enfin l’ensemble des citoyens à s’intéresser aux enjeux pour la société de l’enseignement supérieur, de la recherche et des services publics (éducation, santé...) et de leur devenir, afin de ne plus être dupes des actions de propagande du gouvernement. La 4e Coordination nationale des laboratoires en lutte se tiendra en juin 2009.


Le ministère de Pécresse occupé AFP 07/05/2009 | Mise à jour : 17:51 |

Le ministère de l'Enseignement supérieur a été brièvement occupé cet après-midi par des étudiants qui ont réclamé la démission de la ministre Valérie Pécresse et dénoncé les réformes en cours, à l'issue de quoi une centaine de personnes ont été interpellées.

"Une annexe du ministère a été occupée" par "moins d'une centaine d'étudiants" qui ont été rapidement "évacués par les forces de l'ordre", a-t-on indiqué dans l'entourage de la ministre.
"Il y a eu des dégradations, notamment une porte a été forcée, il y aura un dépôt de plainte", a-t-on ajouté.
Une centaine de personnes ont été conduites au commissariat suite à ces dégradations, a-t-on indiqué de source policière, confirmant des informations sur une centaine d'interpellations données par des enseignants ayant manifesté aux abords du ministère, dans le Quartier latin à Paris.

"On demande la démission de Valérie Pécresse, l'abrogation de la LRU (loi sur l'autonomie des universités, ndlr) et le retrait de la +masterisation+ avant toute négociation", avait expliqué à l'AFP pendant l'occupation un étudiant de Paris-I, souhaitant garder l'anonymat.
"On est une centaine, on a réussi à investir les bâtiments principaux", avait déclaré un autre étudiant, également désireux de rester anonyme.
Selon l'entourage de la ministre, les slogans entonnés ne concernaient pas uniquement l'enseignement, par exemple "des papiers pour tout le monde".
La "masterisation" est la réforme de la formation des enseignants.
Aux abords du ministère, des manifestants ont été "tapés à la matraque" par les forces de l'ordre qui ont fait usage d'une "violence disproportionnée" alors que la manifestation était "calme", a dit à l'AFP Valérie Robert, maître de conférence à Paris-III et membre de Sauvons l'université (SLU)
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