qierrot a écrit:Léo, je ne suis pas un enfant de coeur et je n'ai pas douze ans, garde cette vision enchanteresse pour d'autres, ce type de présentation qui ne cherche qu'à épater la galerie, alors que la réalité on la prend bien dans la figure...
Je ne te fais pas passer pour un goss. Je réagis à des choses fausses, comme le fait de dire que les BB recherchent coute que coute la confrontation ou qu'ils sont inorganisés, ce qui est complètement faux.
qierrot a écrit:Celà tient d'une certaine conception émeutière de la revolution, qui comme les blanquistes à leur époque, repose non pas sur la recherche de l'action de masse, ce qui représente un travail long et quotidien, mais sur des actions minoritaires, sur de la "mise en scène" de l'insurection idéalisée, qui tient souvent plus du spectacle que de la recherche d'efficacité, tant sur le plan "militaire" que politique.
Ça ne tient pas d'une conception émeutière pour ma part, mais d'une conséquence d'une semaine de pression, de violence physique et psychologique très fort de la part de l'état. La rage est ressortie pour beaucoup, tout simplement. Attaquer des symboles du capitalisme comme les banques ou un centre de douane n'est pas une mise en scène mais un acte politique. On peut y ajouter moult caméras de surveillance, radar... des choses dont beaucoup ne veulent pas, tout simplement.
Le travail au quotidien je pense que beaucoup de gens des BB le font aussi et qu'il ne faut pas l'occulter. De plus parler d'une "action minoritaire" est aller dans les sens des médias et de l'état, puisqu'en vérité sur un peu plus de 30 000 personnes il y en avait bien un tiers qui était "looké" de la sorte.
L'efficacité a d'ailleurs été bien plus importante à d'autres contre sommets, ainsi que la sécurité.
qierrot a écrit: Et l'autre problème c'est quand ce type d'action n'est pas lisible politiquement par le plus grand nombre, ce qui est le cas présentement, et se retourne contre les révolutionnaires et les anarchistes justement.
J'vais parler pour moi... "l'opinion publique", cette espèce d'ovni et de marionnette agitée par les médias, le gouvernement, les partis politiques en tout genre et au contenu si flou, perso je m'en cogne bien. Mais ne sois pas si catégorique. Tous les gens des quartiers aux alentours avec qui j'ai pu discuter soutenaient les manifestants, même après des scènes d'affrontements violents.
Au final Il est difficile dans un tel événement et avec un tel nombre d'acteurs de ressortir gagnant politiquement, et de tout maitriser. Certaines choses se retournent contre les anarchistes oui. Pour d'autres ce n'est pas forcément le cas.
qierrot a écrit: La question est bien de réfléchir ensemble et collectivement de la stratégie à mettre en oeuvre, et pas de subir ces actions, qui par ailleurs ont aussi un côté autoritaire dans le sens où celà est imposé, et ne pourrait être discuté, sous peine d'excomunication.
Rien n'est imposé. Les groupes affinitaires qui tentent des actions le font, ceux qui ne veulent pas participer ne le font pas.
D'ailleurs les grandes actions des gens du village autogéré étaient décidées en AG ( comme une manifestation etc).
qierrot a écrit:Il ne s'agit donc pas de condamner toute forme d'action violente ni d'affrontement, mais il s'agit bien de construire du sens ensemble. Ces débats ressurgissent bien à chaque fois, après Gènes...donc il serait bon, pour sortir de ce "tourne en rond" autour de ces récurentes questions que l'on puisse avancer un peu et ensemble...car il me semble que nous avons le même but...non ?
Construire une révolution libertaire cela se fait à longueur d'année, pas durant un contre sommet de trois jours, ou le "contexte" ne laisse pas vraiment place à ce genre de choses mais à des actions/réactions en fonction de ce contexte.
Réfléchir à cela oui, envoyer chier non. Surtout pour les gens qui n'ont pas vécu le truc de l'intérieur.
Mais concrètement, quelle aurait été la solution pour que les anar sortent gagnant du contre sommet selon toi?