flash-ball, LBD

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Messagede Pïérô » 11 Mai 2017, 15:56

Les nouvelles balles de gomme « made in france » sont tirées sur la foule

Comme on l’avait signalé début 2016, le ministère de l’intérieur s’est doté l’an dernier de 115 000 balles de LBD 40 pour un montant de 5 570 600 euros.

Image

L’appel d’offre avait d’ailleurs été remporté par la boîte française ALSETEX, privant la boîte Combined Tactical Systems (CTS) d’un client.

CTS a sans doute obtenu en compensation l’obtention d’un nouveau marché pour vendre ses lanceurs de balles à répétition (Penn Arms), qu’on a vu à plusieurs reprises entre les mains des policiers français depuis un an.

Par conséquent, les nouvelles balles de LBD de fabrication française sont apparues sur le terrain et servent dés à présent à frapper à distance les manifestant-e-s qui ne rentrent pas chez elleux.

Ramassées à Bobigny le 11 février 2017, à l’occasion du rassemblement suite à l’agression de Théo par les flics d’Aulnay sous Bois, les nouvelles douilles de LBD fabriquées par Alsetex et estampillées MDCP pour « munitions de défense à courte portée » (le pouvoir aime les euphémismes) ont été aussi trouvées au sol à Nantes et Paris lors des dernières attaques menées par les forces de l’ordre envers les manifestations contre les élections présidentielles.

... https://desarmons.net/2017/05/08/les-no ... -la-foule/
Image------------ Demain Le Grand Soir --------- --------- C’est dans la rue qu'çà s'passe --------
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Re: flash-ball, LBD

Messagede bipbip » 27 Nov 2017, 18:19

Cachan (94) : une lycéenne éborgnée par un tir de LBD40

Jeudi 23 novembre, des élèves du lycée Gustave-Eiffel de Cachan organisent un blocus pour protester contre l’esclavage en Libye.

La police intervient alors pour réprimer l’attroupement causé par le blocage de l’établissement et par conséquent, des heurts ont lieu. “Les forces de l’ordre auraient tiré, semble-t-il, à deux ou trois reprises au flash-ball et auraient lancé quelques grenades lacrymogènes. C’est dans ce contexte qu’une lycéenne est blessée à l’œil ”.

Opérée à l’hôpital Cochin, l’élève aurait perdu définitivement l’usage de son œil selon les médecins.

Alors que les témoins affirment que c’est un tir de Flashball/LBD40 par un policier qui a provoqué la grave blessure au visage de leur camarade, des policiers indiquent au contraire que c’est “probable que la lycéenne ait pris une pierre”. Pire encore, un policier explique que “personne n’est tombé ou n’a appelé à l’aide ”...

Saisie, l’IGPN (inspection générale de la police nationale) a démarré une enquête.

Solidarité avec la lycéenne et ses proches. Désarmons la Police !

https://paris-luttes.info/cachan-94-une ... rgnee-9135



Communiqué SUD Education 94 et Solidaires 94 "Non au flashball contre la jeunesse en colère !"

Image

https://www.solidaires.org/Communique-S ... -contre-la
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Re: flash-ball, LBD

Messagede bipbip » 30 Nov 2017, 20:13

A Cachan, des élèves ont appelé à bloquer jeudi le lycée Gustave-Eiffel et Maximilien-Sorre. Ils veulent soutenir une lycéenne blessée au cours d'affrontements avec la police la semaine dernière. A 8h l'ambiance était tendue mais calme.

Des lycéens sont en colère à Cachan. Ils ont décidé de bloquer le lycée Gustave-Eiffel et Maximilien-Sorre. Ils veulent montrer leur soutien à une lycéenne qui a été blessée à un œil la semaine dernière au cours d'affrontements avec la police. L'adolescente est toujours en convalescence à l'hôpital. Une enquête est en cours.

... https://www.francebleu.fr/infos/educati ... 1512026871
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Re: flash-ball, LBD

Messagede bipbip » 02 Déc 2017, 17:54

La police municipale s’équipe d’un nouveau modèle de Lanceur de Balles de Défense

On apprend par un article d’Actu.fr du 24 novembre 2017 que la police municipale de Melun vient d’être dotée de trois nouveaux lanceurs de balles de défense.

Une page Facebook au nom sans équivoque, Soutenez la Police Municipale à obtenir un armement généralisé, confirme l’information par un post du 25 novembre dans lequel elle fait la promotion de la nouvelle arme.

Il ne s’agit pas du LBD 40 qui équipe depuis 2007 la police nationale, mais le Kann44 produit par la toute nouvelle entreprise REDSCORE, fondée en 2014 et située à Lanester près de Lorient (Morbihan, 56).

... https://desarmons.net/2017/12/01/la-pol ... e-defense/
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Re: flash-ball, LBD

Messagede bipbip » 18 Déc 2017, 11:39

Nantes
témoignage d'un.e blessé.e de la manif du 16.11.17

Retour en témoignage sur une des blessures faites par la police à la manif du 16.11

Manif contre la lois travail et son monde du 16 novembre. Nous terminons le premier tour au niveau de Bouffay. Ca gaze pas mal mais le cortège semble vouloir continuer à avancer malgré des ligne de flics assez proches. Il y a une première charge, que je ne vois pas tellement l’air est gris, puis une deuxième. Alors que je distribue du sérum phy, je ne me rend pas compte que nous sommes à une dizaine de mètres des flics et qu’illes sont en position de tire. Je réalise tout ça en tombant par terre sous la du choc que je reçois au dessus de la malléole. Rien n’éclate autour de moi, et en discutant plus tard avec d’autres gens, il semble que c’est un tire tendu de flash ball ou LBD40 qui m’a touché.

Des copin.e.s m’écartent un peu et des gens de la street medic arrivent pour s’occuper de moi. A premier vu, pas encore de saignement, juste un gros impact qui commence à gonfler. On me dit d’aller aux urgences car il y a de gros risque d’œdèmes. Des potes m’y portent, me déposent devant pour aller chercher un fauteuil, et reviennent en me disant qu’illes n’ont pas eu le choix, les pompiers ont été appelé car je suis dans l’espace public. Deux secouristes nous rejoignent quand même en attendant le camion. Ils me refont le pansement fait précédemment entre deux lacrymos.

Le camion arrive et les pompiers me disent de monter, refusant l’accès aux copin.e.s m’accompagnant. Là, ils me posent une série de question pour remplir leur fiche, auxquelles je répond que je m’appelle Camille, ce à quoi ils renfrognent un « ah ouais, vous jouer c’jeux là vous ?! ». Ils me demandent ensuite comment c’est arrivé mais ne semble pas tellement prêter attention à la réponse. L’un d’entre eux m’affirme même que les flash ball ne sont pas fait pour tirer sur les gens. Un peu après un autre me dit que vraiment, je n’étais pas du bon côté de la manifestation. Niveau soin, ils me font marcher, constatent que ça fonctionne pas très bien, mais bon ça devrait le faire sans radio. Ils me refont le même pansement, et me disent que je n’aurait pas besoin d’arrêt de travail car d’ici 3 ou 4 jours, l’hématome aura dégonflé.

Je sort du camion en boitant avec une sévère douleur quand même, et on se renseigne auprès de la street medic pour avoir le contact d’un médecin chouette sur ce type de truc. Plus tard dans la journée je vais donc voir un médecin, qui m’ausculte avec plus d’attention, me parle de séquelles psychologiques, de porter plainte ou non, de faire une photo à transmettre à l’assemblée des blessé.e.s et à la street medic… Il m’arrête donc pour une semaine, avec la consigne de l’appeler en cas de nouvelles douleurs.

Je reste plutôt assise le lendemain, mais j’arrive à boitiller chez moi. Le sur-lendemain, le 18 novembre, je décide de sortir car la douleur est clairement apaisée. Je marche toute la journée et ça va. Le soir je note qu’un bleu apparaît plus bas sur le pied. Le dimanche 19, je me réveille dans la nuit et me rend compte que je ne peux pas poser le pied à terre. J’ai très peu d’énergie et je cherche à m’alimenter mais tout ce que les ami.e.s appelé.e.s à la rescousse me proposent me fait vomir dans la demie heure, y compris l’eau. On appelle le SAMU qui nous aiguille vers SOS Médecins, qui nous envoi un médecin en début d’après midi. Il constate la blessure et les gonflements et me prescrit une crème antibiotique, un antidouleur, un anti-inflammatoire et des béquilles. Il ne se souci pas de mes vomissements, qui persistent après son départ et m’empêchent la prise des médicaments. Mon état se détériore au cour de l’après midi, je ne perd pas conscience mais je vois flou, n’arrive plus tellement à parler, ma jambe me plis en deux de douleur, et je continu à vomir. Mes ami.e.s en appellent d’autres afin de m’amener au CHU.

Vers 18h je suis prise en charge aux urgences. Les médecins défilent les un.e.s après les autres, s’inquiétant principalement de mes malaises causés par une tension extrêmement basse (entre 6 et 7) et un rythme cardiaque deux fois trop élevé (environ 135 battements par minute). Je suis mise sous perfusion de sérum physiologique pour mon hydratation, et de glucose pour éviter une crise d’hypoglycémie. On me fait faire des électrocardiogrammes (ce qui sera quotidien sur les semaines à venir), ainsi qu’une radio et un scanner de la jambe et des poumons. Illes détectent et éliminent un début d’embolie pulmonaire, seul constat des derniers contrôles. Sans savoir la cause de tout ça, je suis transférée en service de réanimation médicale dans la soirée.

Les médecins et infirmier.e.s poursuivent la série d’examens entamée plus tôt pour déterminer la raison de ce bordel généralisé, passant de la prise de sang au toucher vaginal. Le 20 novembre, on m’annonce qu’il s’agit d’un choc septique, dû à la plaie au mollet droit. Sans vision interne de la jambe, illes n’ont pas encore connaissance de l’étendue de l’infection et me préviennent à demie mot du risque de gangrène (dont les séquelles peuvent aller jusqu’à la perte de la jambe). Je suis mise sous divers antibiotiques et antidouleurs en intraveineuse, et on m’envoie au bloc opératoire en anesthésie générale le lendemain pour constater la zone de tissus nécrosés. On m’ouvre d’une dizaine de centimètres de la malléole à mi-mollet, et deux fois moins sur le genoux, au cas ou l’infection serait remontée jusque là. Elle s’encre à 10 millimètres de profondeur mais n’atteint pas le fascias musculaire (le tissus qui protège le muscle). L’hypothèse gangrène est donc écartée : seuls les tissus du mollet sont atteints. Le 22 je fais mon deuxième passage au bloc, illes referment le genou, ouvrent de quelques centimètres en plus le mollet, et posent un VAC sur la plaie (un appareil qui permet d’assainir la zone infectée). Je vis un second réveille après anesthésie générale, un peu moins simple que le premier car ma gorge me fait mal à cause de l’intubation pendant l’opération.

Des prises de sang faites au préalable révèlent une CIVD (coagulation intravasculaire disséminée), une infection lors de laquelle se forment des petits caillots dans les vaisseaux sanguins de tout l’organisme et dont les risques sont mortels. Elle semble être une manifestation du choc septique. Je suis directement mise sous traitement, on me transfuse du plasma et mon sang est fluidifié. L’infection régresse au cour de la semaine à venir.

Durant les jours suivants, ma tension et mon rythme cardiaque se stabilisent à une valeur normale, les plaies cicatrisent, et j’arrive de plus en plus à m’alimenter avec de la bouffe amenée de l’extérieur. Pendant presque une semaine, je suis immobilisée. On m’autorise ensuite à m’asseoir sur un fauteuil accolé au lit. Je passe donc une dizaine de jours en réa sans sortir de ma chambre, pendant lesquels on me fait trois échographies, un électrocardiogramme ainsi qu’une prise de sang toute les nuit entre 2 et 4h du matin, une radio, trois anesthésies générales et deux locales, une transfusion, et une douzaine de perfusions.

Le 1er décembre, on me transfert en service de chirurgie plastique (par chance je suis en chambre seule). On m’enlève définitivement ma perfusion (je prend mes antibiotiques et antidouleurs par voie orale) ainsi que les électrodes collées sur mon torse 24h/24 depuis mon admission. J’ai enfin droit à marcher (avec des béquilles) et à me laver seule et dans une douche. Quatre jours après, je fais mon dernier passage au bloc opératoire pour une greffe. On implante d’abord un derme artificiel dans la plaie du mollet, puis on me prend un rectangle de peau de 15 centimètres sur 7 sur la cuisse pour le greffer plus bas sur la jambe. Je passe une semaine à nouveau immobilisée au lit, pour favoriser la cicatrisation. Les traitements antibios se terminent le 10. Le 12, je vois pour la première fois mon mollet : la greffe a adhéré et apparemment tout se passe bien. La zone est rouge et marque un creux dans ma jambe (la teinte va s’atténuer durant les semaines et mois à venir mais la différence de niveau restera telle qu’elle). Je suis autorisée à me lever avec des béquilles et à poser le pied à terre. Ma sortie est prévue le sur-lendemain, le 14.12 (ironie du sort, je suis encore à l’hosto - à cause de la police - le 13.12).

Je sort finalement après 25 jours d’hospitalisation (12 en service de réanimation médicale et 13 en chirurgie plastique), suivis de 15 jours d’ITT à renouveler (avec le suivi d’un.e infirmier.e et d’un.e kiné). Je ne retrouverais qu’une sensibilité très partielle sur cette partie de ma jambe car les terminaisons nerveuses ont été détruites. Il n’y aura pas de séquelle pour l’usage de ma jambe car ni les muscles ni les os n’ont été touchés, mais l’immobilisation de plusieurs semaines nécessite une période de rééducation de la cheville.

All Cats Are Beautiful


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Re: flash-ball, LBD

Messagede bipbip » 13 Jan 2018, 17:54

Le Défenseur des droits demande l’interdiction des lanceurs de balle de défense

Le Défenseur des droits préconise l’interdiction de l’usage des lanceurs de balle de défense (LBD) dans le cadre du maintien de l’ordre, en raison de leur « dangerosité » et des « risques disproportionnés » qu’il font courir, dans un rapport remis mercredi 10 janvier. Ce rapport avait été commandé en février 2017 par le président de l’Assemblée nationale de l’époque, Claude Bartolone, dans un contexte de tensions et d’affrontements lors des manifestations contre la loi Travail.

La demande faisait suite à une requête des députés Noël Mamère et Pouria Amishahi. Ceux-ci s’étaient appuyés sur le Rapport de la Mission civile d’information sur les actions de maintien de l’ordre menées depuis les manifestations contre la loi Travail en février 2016 - enquête réalisée par l’équipe de Reporterre.

Prenant l’exemple du modèle LBD 40x46 qui équipe les forces de l’ordre, Jacques Toubon souligne que ses « caractéristiques (...) rendent son usage dangereux et problématique dans le cadre d’opérations de maintien de l’ordre ». Il est en effet, selon lui, « susceptible de blesser grièvement un manifestant, d’engager la responsabilité du tireur, et d’entraîner des réactions imprévisibles de la part des manifestants témoins d’une blessure grave occasionnée par des policiers à un manifestant, que le tir soit conforme ou non aux règles d’emploi ».

... https://reporterre.net/Le-Defenseur-des ... de-defense
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Re: flash-ball, LBD

Messagede bipbip » 13 Jan 2018, 19:00

Le LBD40 désormais interdit dans les manifestations parisiennes

Une information (volontairement ?) passée sous silence par la presse mais qui va changer les pratiques de la Police (et les nôtres) durant les manifestations

Le Défenseur des Droits vient de remettre, à l’Assemblée Nationale, un rapport assez conséquent sur le maintien de l’ordre en France.

Le document fait près de 116 pages d’analyses factuelles avec quelques recommandations.
http://www.assemblee-nationale.fr/presi ... -01-18.pdf

Concernant l’usage du LBD40, le rapport est très critique quant à l’usage de cette arme. Comment ne pas l’être quand la liste des mutilés ne cesse de croître chaque année ?

Si les recommandations risquent de toutes évidences de ne pas être entendues ni mêmes lues par les parlementaires, une information est retranscrite dans le document et pas des moindres :

On apprend en effet que le préfet de police (de Paris) a désormais pris la décision de proscrire le LBD40 dans les opérations de maintien de l’ordre au regard de sa dangerosité et de son caractère inadapté dans ce contexte.

Image

Page 28 du rapport.

https://paris-luttes.info/info-exclusiv ... rmais-9348
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Re: flash-ball, LBD

Messagede bipbip » 14 Jan 2018, 23:30

LBD : Réaction au rapport du défenseur des droits

Nous apprenons ce jeudi 11 janvier 2018 la remise d'un rapport du Défenseur des Droits, préconisant notamment l'abandon des LBD 40 – Lanceurs de Balles de Défense 40 –, des fusils tirant des balles en caoutchouc, qui équipent la police depuis 2007.

1 - Le Défenseur des Droits confirme que ces armes sont particulièrement dangereuses. Depuis 2007, nous recensons plus de 50 personnes gravement mutilées au visage, ayant perdu un œil, ainsi que deux morts, suite à des tirs de LBD 40. Des centaines d'autres ont été blessées à des degrés divers par des balles en caoutchouc. Le bilan a été particulièrement lourd ces derniers mois, avec deux adolescents mineurs qui ont perdu un œil à Cachan et Asnière-sur-Seine, et un décès à Auxerre. En novembre, une manifestante nantaise frôlait l'amputation de sa jambe suite à un tir policier. Le LBD 40 est une arme mortelle et mutilante.

2 - Le Défenseur des Droits n'émet que des avis symboliques. Le président de l'assemblée Nationale, François De Rugy, s'est empressé de le rappeler en précisant que ce rapport «n’engage en rien l’Assemblée ». Cela fait des années que le Défenseur des Droits produit des rapports mettant en lumière les violences policières, et que simultanément, le gouvernement arme d'avantage ses forces de l'ordre et que ces violences s'aggravent dans l'impunité généralisée. S'il n'est pas suivi d'effet, ce rapport n'a qu'un rôle cosmétique.

3 - Il y a quelques années, le Défenseur des Droits préconisait l'abandon du Flash-Ball, la première génération d'arme tirant des balles en caoutchouc. Le gouvernement avait répondu qu'il le remplaçait par le LBD 40, beaucoup plus puissant et plus précis. Aujourd'hui, le Défenseur des Droits prône l'abandon du LBD 40, alors que de nouvelles armes encore plus dangereuses sont données aux forces de l'ordre. Par exemple le PGL-65, qui équipe déjà les CRS, une sorte de fusil mitrailleur qui permet de propulser en rafale des balles en caoutchouc et des grenades sur des civils. Du reste, il n'est désormais plus exceptionnel de voir un policier sortir une arme de service dans une situation de maintien de l'ordre. Le changement de doctrine induit par les Lanceurs de Balles a banalisé, pour les policiers, le fait de tirer sur des individus.

Nous continuons de nous battre contre le processus de militarisation de la police, et l'impunité dont jouissent les membres des forces de l'ordre auteurs de violences. Les décisions de « non-lieu » qui viennent d'être rendus suite aux décès de Rémi Fraisse, à Sivens et d'Hocine Bouras, tué d'une balle dans la tête dans un véhicule de gendarmerie, en sont les exemples les plus éloquents.

L'Assemblée des Blessés par la police, Nantes, 11 janvier 2018


https://nantes.indymedia.org/articles/39746
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Re: flash-ball, LBD

Messagede bipbip » 10 Fév 2018, 22:31

Casti contre le flashball

Quand elle ne tue pas lors de l’une de ses opérations de "maintien de l’ordre", la police blesse. Des blessures graves et parfois irréversibles. Depuis l’arrivée du flashball et du LBD40 entre les mains de la police, les éborgnés et mutilés s’accumulent. Manifestations, ZAD, stades, quartiers populaires : rares sont les populations "à risque" qui ne comptent pas dans leur rang de graves blessés, des personnes marquées à jamais. Le mois passé, une lycéenne bloquant son établissement pour protester contre l’esclavage en Lybie et un jeune participant à une manifestation contre les violences policières se sont retrouvés éborgnés à coups de flashball.

Qu’en est-il de ces vies brisées, de ces yeux explosés, des conséquences physiques et mentales, et de tous ces policiers relaxés ? Comment y faire face, comment lutter ?

Rencontre avec Florent dit "Casti", éborgné par un agent de la BAC en septembre 2012 lors de la rencontre Montpellier - Saint-Etienne. Via Rouen dans la rue

... https://lepressoir-info.org/spip.php?article1109
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Re: flash-ball, LBD

Messagede bipbip » 20 Fév 2018, 00:37

Lettre ouverte

Flash-ball : blessures à retardement

Touchée par un tir de balle de défense lors d’une manifestation contre la loi travail en novembre, une étudiante nantaise témoigne des complications médicales dont elle a été victime trois jours après l’incident. Elle en subit encore les séquelles.

Le 10 janvier 2018, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, remettait au président de l’Assemblée nationale un rapport préconisant l’interdiction des lanceurs de balles de défense dans le cadre du maintien de l’ordre. Je vis à Nantes, où j’ai récemment eu 19 ans. De ses quartiers populaires jusqu’à son centre en jour de manifestation, cette ville est depuis quelques années pour moi un observatoire des violences de la police. Cet automne, j’ai perdu le peu de distance qui m’en séparait encore, en ayant moi-même été victime.

Le 16 novembre, en fin de matinée, se terminait le dernier rassemblement à l’appel de l’intersyndicale contre la loi travail XXL. Après un défilé d’environ deux heures, des lignes de police (compagnie départementale d’intervention) se sont déployées pour empêcher la suite de la manifestation, et ont commencé à tirer gaz lacrymogènes et grenades de désencerclement. J’étais à une quinzaine de mètres, au beau milieu d’un nuage de gaz, quand j’ai reçu un projectile dans le mollet droit : selon les témoignages des autres manifestants et les observations des médecins, il s’agirait d’une balle tirée par un LBD 40, c’est-à-dire un lanceur de balles de défense 40 mm, généralement de marque Flash-Ball.

Trois jours après, des vomissements intempestifs et de violentes douleurs m’ont conduite aux urgences du CHU Hôtel-Dieu. Ma prise en charge a permis de constater une tension extrêmement basse (entre 5 et 7) et un rythme cardiaque deux fois trop élevé. J’ai été transférée en service de réanimation médicale, où un choc septique a été diagnostiqué. Les médecins attribuent sa cause à la plaie créée par la balle ainsi qu’au traumatisme des tissus qu’implique inévitablement ce type de tir : le LBD 40 a une puissance de plus de 300 km/h. Durant les jours suivants, j’ai fait plusieurs passages au bloc opératoire sous anesthésie générale, l’objectif étant de voir quelle était l’étendue des dégâts. La bactérie a provoqué une nécrose des tissus en profondeur, sur une douzaine de centimètres de long et environ cinq de large, cependant sans atteindre le muscle. On m’a donc ouvert la malléole jusqu’à mi-mollet, ainsi que quelques centimètres au genou pour contrôler l’articulation.

Les bilans sanguins effectués les premiers jours de mon hospitalisation ont révélé une «coagulation intravasculaire disséminée» (CIVD), complication de la septicémie. Cette infection du sang se manifeste par la formation de petits caillots répandus dans le système sanguin. Elle nécessite un traitement immédiat car ses conséquences peuvent être mortelles.

J’ai passé douze jours sans sortir de réanimation, durant lesquels on m’a fait trois échographies, une radio, une piqûre d’anticoagulant chaque jour, trois anesthésies générales et deux locales, une transfusion de plasma, une douzaine de perfusions afin de m’alimenter en antidouleurs et en antibiotiques, et un électrocardiogramme ainsi qu’une prise de sang toutes les nuits entre 2 heures et 4 heures du matin. Mon transfert a été effectué après la neutralisation de la bactérie, le nettoyage complet de la plaie et la fluidification de mon sang à grand renfort de litres de sérum physiologique. Le 1er décembre, je suis arrivée en service de chirurgie plastique, où les soins étaient beaucoup moins lourds et où dormir était enfin possible. Les tissus de mon mollet s’étant déjà partiellement reconstitués, une greffe de peau a été exécutée afin de favoriser la cicatrisation. J’ai été immobilisée au lit une semaine à la suite de cette dernière opération.

Je suis sortie le 14 décembre. Aujourd’hui, le suivi quotidien d’une infirmière ainsi que des visites hebdomadaires chez une kinésithérapeute permettent de surveiller l’évolution de la cicatrisation, dont l’aboutissement réel devrait être visible dans un an, et également la rééducation de ma cheville et de mon genou, fortement affaiblis par les événements de ce début d’hiver.

Une étudiante nantaise


http://www.liberation.fr/debats/2018/02 ... nt_1630615
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Re: flash-ball, LBD

Messagede bipbip » 20 Juil 2018, 09:32

La police éborgne encore. Dimanche 15 juillet, un lyonnais de 17 ans a perdu un œil après un tir de flash-ball

Comme des dizaines de milliers de personnes, Joachim, 17 ans, faisait la fête dimanche 15 juillet pour célébrer la victoire de l’équipe de France en coupe du monde. Sa soirée a viré au tragique quand une balle de flash-ball lui est arrivée en plein visage.

La balle lui a éclaté l’orbite et lui a enlevé son œil gauche. C’est France 3 Rhône-Alpes qui raconte :

Joachim D., 17 ans, a perdu un œil, son œil gauche, dimanche dans les incidents qui ont immédiatement suivi la fin de la retransmission France-Croatie dimanche à Lyon. (...)
Joachim se trouvait au pied de la statue de Louis XIV quand il a reçu un projectile en plein visage. Sans doute une balle en caoutchouc tirée par les forces de l’ordre. (...)
Joachim, encore sous le choc, a témoigné sur son lit d’hôpital. Il ne sera pas opéré tout de suite. La gravité de ses blessures suppose l’intervention d’un chirurgien spécialisé dans la reconstruction faciale. (...)
L’orbite éclatée, Joachim a quand même pu expliquer aux policiers les moments qui ont précédé sa blessure. Des tirs de gaz lacrymogène par la police , un mouvement de panique, et ce dernier moment où il porte assistance à une maman en difficulté avec sa poussette. Et c’est là qu’il se retourne pour être frappé en plein visage. Joachim a aussi reconnu qu’il avait lancé lui-même des projectiles. Ce qui lui a peut-être valu d’être repéré, compte tenu de sa grande taille, et ciblé à son tour par les forces de l’ordre.

Joachim est malheureusement le dernier d’une longue liste de victimes du flash-ball, éborgnées pour nombre d’entre-elles. Les militant·es et les comités de soutien aux nombreux mutilé·es et blessé·es dénoncent la dangerosité de cette arme dite « non létale » depuis longtemps. Elle a récemment été pointée par le Défenseur des droits, Jacques Toubon, qui préconisait en janvier son interdiction dans le cadre des opérations de « maintien de l’ordre » en raison des "risques disproportionnés" que ses tirs font courir. Les victimes des tirs de flash-ball sont souvent des militant·es ou des supporter·es de foot.

L’IGPN (l’Inspection Générale de la Police Nationale) a été saisie de l’affaire survenue dimanche 15 juillet. Mais les arguments policiers se répandent déjà dans la presse. Si Joachim a perdu un œil c’est parce qu’il se serait rendu coupable de faits « pénalement répréhensibles » précise « une source proche de l’enquête » à France 3. Quelques jours après le drame, la police commence déjà à justifier l’injustifiable : avoir mutilé à vie un mineur.


https://rebellyon.info/La-police-eborgn ... r-un-19453
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Re: flash-ball, LBD

Messagede bipbip » 23 Sep 2018, 17:07

Pour Ayman, éborgné par un tir de flash-ball

Parents et avocate du jeune Ayman gravement blessé en juillet dernier par une arme « non-létale », nous rappelons que le droit à la sûreté est un droit constitutionnel, qui implique la protection de la population par la police, pas son agression.

La nuit est tombée sur Villiers-sur-Marne, il est environ 23h ce 13 juillet et Ayman, 16 ans, se rend au stade Octave Lapize pour le feu d’artifices.

Il emprunte la rue Théophile Gauthier, traverse la cité des Hautes Noues pour se rendre à son bus, avenue Friedberg. L’avenue est investie par de nombreuses unités de police et du gaz lacrymogène flotte sur l’esplanade entre les tours. Ayman n’a pas le temps de comprendre ce qu’il se passe qu’il est projeté par terre, touché en plein visage par une balle LBD 40 millimètres*.

La suite, il ne s’en souvient plus. Il est transporté en urgence dans un premier hôpital, puis un second. Il passe plusieurs jours en observation. Fractures du massif facial, de la lame papyracée, du plancher orbital, des os propres du nez et de la maxillaire, plaie du globe oculaire.

Perte définitive de son œil droit. Entrée en terminale pro commerce dans deux mois.

Ayman a déposé plainte devant l’IGPN le 8 août 2018 pour violences volontaires avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique avec ITT supérieure à 30 jours.

Cette plainte ne rendra pas à Ayman l’usage de son œil. Puisse-t-elle néanmoins rappeler que la police ne peut éborgner un jeune-homme sans se voir condamner. Puisse-t-elle souligner la dangerosité des armes « non-létales » dont font régulièrement usage les forces de l’ordre.

Nous attendons de l’IGPN, la police des polices, une enquête sérieuse, à la mesure de la gravité de l’agression dont a été victime Ayman. Nous demandons que des expertises médicale, psychologique mais aussi balistique soient ordonnées afin que les préjudices soient déterminés et que le ou les auteurs des faits soient identifiés.

Les exemples ne manquent pas d’enquêtes et d’instructions pour violences policières soldées par un non-lieu, laissant penser qu’il existe en France une justice à deux vitesses lorsque les suspects sont des policiers, et les victimes des personnes racisées issues de quartiers populaires.

Or, un système où la police est armée ne peut laisser de tels abus impunis, au risque de perdre toute légitimité.

Il est important qu’un message fort soit envoyé à la police, et ce faisant aux habitants des Hautes-Noues: le droit à la sûreté est un droit constitutionnel, il implique la protection de la population par la police, pas son agression. A l’heure où la rupture entre l’Etat et les citoyens se creuse, il en va de la confiance en nos institutions.

Les parents d’Ayman et son avocate, Lucie SIMON

* Des dizaines de balles de lanceurs de défense ont été retrouvées sur les lieux le lendemain matin

***

Le 26 juin 2018, l’IGPN révélait pour la première fois le chiffre du nombre de morts et de blessés lors d’interventions policières. Entre juillet 2017 et mai 2018, on recense ainsi 14 décès et une centaine de blessés. Lors de la publication du dernier rapport annuel, il était fait état d’une très forte hausse du recours aux armes à feu chez les policiers entre 2016 et 2017: + 54 %. Le visage mutilé d'Ayman semble en être la triste illustration.


https://blogs.mediapart.fr/lucie-simon/ ... r=EREC-83-[QUOTIDIENNE]-20180921&M_BT=1181239064418
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Re: flash-ball, LBD

Messagede bipbip » 29 Sep 2018, 22:14

Le tribunal de Pontoise juge le policier qui a éborgné Bruno et Alexandre le 9 mai 2009 à Villiers le Bel

On apprend par un unique article du Parisien que le policier qui a tiré au Flashball et mutilé Bruno et Alexandre le 9 mai 2009 lors d’une intervention de police à la cité de la Cerisaie de Villiers-sur-Marne, a été jugé le 13 septembre 2018.

Le jour des faits, des CRS interviennent à proximité de la résidence des Bleuets, suivis d’une patrouille de police supposément appelés sur place pour un tapage nocturne.

Le blog d’Alain Bertho reproduit quelques articles revenant sur les événements : https://berthoalain.com/2009/05/10/affr ... -mai-2009/

La version policière affirme que la patrouille aurait été prise à partie par plusieurs dizaines de jeunes et aurait été acculée et contrainte de faire usage de son arme en situation de légitime défense. Les policiers prétendent avoir été agressé par Bruno et Alexandre, ce qui est en partie démenti par la procédure. Ceux-ci, poursuivis par ailleurs pour avoir “participé aux émeutes”, sont quasiment innocentés avant que l’affaire soit jugée : Alexandre est placé sous statut de témoin assisté, tandis que le Parquet requiert une dispense de peine pour Bruno, au vu des “graves conséquences” qu’il subit encore aujourd’hui.

Contre le policier, qui n’était pas formé à l’usage du Flash Ball, le procureur requiert six mois de prison avec sursis.

L’avocate de Bruno et Alexandre est Me Caty Richard.

Délibéré le 11 octobre 2018


https://desarmons.net/index.php/2018/09 ... rs-le-bel/
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Re: flash-ball, LBD

Messagede bipbip » 14 Oct 2018, 15:03

Villiers le Bel : Un flic condamné pour avoir blessé deux personnes à coups de flash ball en 2009

9 ans, c’est ce qu’il faut à la justice pour juger un flics. Ca change de nos comparution immédiates !
Et pour quelle condamnation ?

" Les faits remontent à la soirée du 9 mai 2009 lorsqu’une patrouille de trois policiers a été prise à partie par plusieurs dizaines de jeunes dans le quartier de la Cerisaie. Des projectiles sont lancés dans leur direction, des coups sont portés. L’un des policiers fait usage d’un lanceur de balles de défense blessant grièvement à l’œil Alexandre et Bruno. Une enquête de l’IGPN avait été ouverte tandis que les policiers évoquaient la légitime défense.

Alexandre et Bruno auront tous deux les yeux crevés par le tir de flash ball.

Après 9 ans interminable de procédure, le flic bien été condamné... à 3 mois de prison avec sursis. 3 mois de prison avec sursis pour 2 personnes éborgnées. C’est pas lourd quand on sait qu’on peut aller en prison pour un simple vol de merguez en supermarché https://www.sudouest.fr/2018/05/24/cond ... 7-3350.php.

Lu sur Le parisien http://www.leparisien.fr/val-d-oise-95/ ... 916628.php


https://paris-luttes.info/villiers-le-b ... amne-10877
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Re: flash-ball, LBD

Messagede bipbip » 02 Nov 2018, 00:53

NON LIEU pour le policier qui a éborgné Jimmy Gazar à La Réunion en 2012

Jimmy avait été éborgné par un tir de lanceur de balle de défense (LBD40) le 22 février 2012, au cours d’émeutes dans le quartier du Chaudron. Sorti de chez lui pour aller voir ses parents, Jimmy a toujours nié avoir pris part aux affrontements. Les policiers du RAID l’accusent d’avoir lancé des pierre et il avait été interpellé suite à sa blessure, puis poursuivi en justice avec une autre personne pour “violences contre personnes dépositaires de l’autorité publique”.

Les huit agents du RAID incriminés ont affirmé que Jimmy avait été blessé par un éclat de grenade de désencerclement, mais niaient l’existence d’un tir volontaire de LBD 40. Ils prétendent ainsi qu’il s’agit d’un accident.

Le 18 mai 2018, le juge d’instruction avait rendu une ordonnance de non-lieu, contre laquelle Jimmy et son avocat Me Rémi Boniface viennent de faire appel le 16 octobre auprès de la chambre de l’instruction. Ils demandaient notamment l’organisation d’une reconstitution. Le rendu est attendu le 16 novembre.

https://desarmons.net/index.php/2018/10 ... n-en-2012/
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