L'université en lutte

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 23 Mar 2009, 22:26

Selon des rumeurs médiatiques persistantes, Darcos est sur le départ...

http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article2216

Motions adoptées par la 7ème Coordination Nationale des Universités réunie le 23 mars 2009 à Strasbourg

Dans la perspective de la continuation du mouvement de la communauté universitaire, la Coordination Nationale des Universités appelle à l’intensification des actions. Face au mépris du gouvernement, nous n’avons plus d’autre choix que de durcir notre mouvement.

La Coordination Nationale des Universités confirme son appel aux journées « RPG » selon les modalités définies dans la motion n°1 votée aujourd’hui à Strasbourg.

La Coordination Nationale des Universités appelle les universités à mandater leurs délégués afin de lui permettre de prendre les décisions qui s’imposent lors de sa prochaine réunion pour assurer les meilleures conditions de la prise en compte du second semestre universitaire pour les étudiants.

La Coordination Nationale des Universités appelle les universitaires à suivre le mot d’ordre de démissions des fonctions administratives de la 4ème Coordination Nationale des Universités de Paris X - Nanterre.

La Coordination Nationale des Universités appelle l’ensemble des coordinations et collectifs, organisations et sections syndicales à interpeller publiquement et par tous les moyens les élus et les candidats aux prochaines élections. Elle appelle également à s’adresser aux institutions européennes, en rappelant notamment le rendez-vous du contre-sommet de Louvain les 28 et 29 avril.

La Coordination Nationale des Universités en appelle aux médias pour dénoncer les manœuvres dilatoires du gouvernement et prend à témoin l’opinion publique sur sa manière révoltante de gérer la crise du monde de l’éducation et de la recherche.

La Coordination Nationale des Universités souhaite une réelle convergence des mouvements de contestation de la maternelle à l’université, en lien étroit avec la recherche et le secteur privé, à travers notamment l’organisation de nombreux forums sociaux contre la casse du service public.

Motion n°1 : Proposition de motion d’action partageable RPG

La Coordination Nationale des Universités, suite à la proposition d’action dite « RPG » (Rectorats, Péages, Gares) votée lors de sa réunion à Dijon le 16 mars dernier, confirme la programmation de sa mise en œuvre et en définit ainsi les modalités.

1. Constatant la mobilisation historique de tous les secteurs professionnels lors de la journée du 19 mars, observant à la suite de nombreuses rencontres et de forum sociaux une convergence de plus en plus forte des revendications, notamment dans le secteur public, la Coordination Nationale des Universités appelle les secteurs professionnels en grève ou en lutte à venir partager avec les étudiants et les personnels de l’éducation, de l’université et de la recherche, trois journées d’actions visibles, les 25, 26 et 27 mars prochain et ainsi de suite chaque semaine tous les mercredis, jeudis et vendredis.

2. L’action partageable RPG se donne un calendrier national de trois destinations symboliques :

tous les mercredis : les rectorats comme espace des décisions unilatérales et des logiques autoritaires.

Au choix les jeudis et vendredis :
- les péages autoroutiers et les grandes surfaces comme symboles de la marchandisation des savoirs et des dangers de la privatisation des services publics et de l’externalisation des services (tracts, ouverture des barrières et passages gratuits, cours en grande surface) ;
- les gares routières et ferroviaires comme symboles de la liberté de la circulation et de la transmission des savoirs (tracts, tenues de cours ou de mini forum sociaux dans les halls de gare suivis de die-in ou de sit-in, et plus si affinités).

3. L’action devra être conduite de façon totalement non violente, avec un nombre de personnels et de travailleurs suffisant pour ne pas exposer les étudiants, dans une optique qui consistera à ne jamais affronter ou provoquer les forces de l’ordre.

La Coordination Nationale des Universités souligne que la réussite de ces trois journées hebdomadaires d’action partageable dépendra de l’effectivité de sa mise en œuvre et du caractère vraiment coordonné et national de l’action.

Motion n°2 : Sur le second semestre universitaire

Après avoir provoqué la grève la plus longue de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse fait mine de se soucier de la tenue des enseignements. Elle avait pourtant un moyen simple de mettre fin à une colère qui fait l’unanimité du milieu universitaire contre ses projets : les retirer tous purement et simplement.

Quant à nous, enseignants et enseignats-chercheurs grévistes, nous saurons dans chaque université et dans le respect des spécificités disciplinaires trouver les modalités de la tenue du second semestre en liaison avec les étudiants et en accord avec les personnels administratifs et techniques.

Motion N°3 : Non à la répression

La Coordination Nationale des Universités déclare son soutien aux personnes arrêtées dans une extrême violence lors du mouvement de contestation actuel. Nous condamnons la répression policière qui touche de plus en plus de mouvements sociaux. Elle demande la fin des poursuites judiciaires entamées.

Motion N°4 : Soutien aux personnels administratifs et techniques

La Coordination Nationale des Universités soutient les personnels administratifs et techniques, BIATOSS et ITA, dans leurs revendications en adoptant la motion qu’ils ont votée lors de leur première réunion nationale qui s’est déroulée le 21 mars 2009 à l’université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis (voir après le calendrier).

Motion N°5 : Calendrier des actions

24 mars : Appel aux syndicats siégeant au CTPU à voter contre le projet de décret statutaire dont nous exigeons le retrait ; appel à un rassemblement massif au lieu de réunion de la CTPU. * Manifestation nationale de la maternelle à l’université ?

25, 26 et 27 mars : « RPG » (voir motion n°1) Rectorats. Péages. Gares.

26 mars : Journée de manifestation nationale avec des déclinaisons locales. * Appel au blocage du CA du CNRS.

28 mars : Suspension des activités de direction des labos (voté le 14 mars).
30 mars : Actions standards téléphoniques et CROUS.
31 mars :
- Cérémonie de non remise des maquettes.
- A Paris : Manifestation de chez Valérie Pécresse à chez Xavier Darcos, pour la non remontée les maquettes.

1er avril :
- Journée des Rectorats.
- Remise des démissions administratives aux recteurs.
- Actions vers l’interprofessionnel et l’intercatégoriel (CNE).

2 avril :
- Manifestation nationale à Paris
- Journée BIATOSS et ITA : personnels administratifs et techniques des universités et des EPST en tête des cortège
- Journée nationale de blocage.

3 avril : Nuit des écoles et des universités (occupation nocturne et festive simultanée de toutes les écoles et universités).
6 avril : 8ème Coordination Nationale des Universités à Paris 3.
8 avril : Manifestations.


Veuillez trouver ci-joint le communiqué de Sud étudiant concernant les déclarations de V.Pécresse sur le report des examens et les mesures répressives suite à la manifestation du 19 mars.
__________________________________________________________________

Au jeu du pourrissement, le gouvernement sera perdant!

A l'issue du succès de la journée de mobilisation du 19 mars, rassemblant près de trois millions de personnes à travers l'hexagone, le gouvernement a fait le choix de répondre sur le terrain aux manifestant-e-s. Pendant que le premier ministre blablatait inutilement à la télévision, les forces de l'ordre ont été déployées dans plusieurs villes, se rendant coupables de violences. En rajoutant, dans la provocation la ministre de l'enseignement supérieur a aujourd'hui
lundi 23 encore multiplié les déclarations démagogiques en annonçant un report des examens.

Jeudi 19, à Marseille, plusieurs personnes ont ainsi été interpellées de manière ciblé. A Toulouse, plusieurs étudiant-e-s ont essuyé des tirs de flash ball, engendrant une blessure grave à l'oeil. A Paris, dès la fin de la manifestation, la police a multiplié les provocations en suivant les manifestants jusque dans le métro. Progressivement, la place de la Nation a été bouclée par les CRS, qui ont finalement chargé les dernieres personnes présentes, et procédé à 300 arrestations. Aux abords de cette place, la police laissait roder sans scrupules plusieurs groupes d'extrême droite, qui tentaient de s'en prendre aux personnes
mobilisées.

Aujourd'hui lundi 23, alors que la coordination nationale universitaire est réunie à Strasbourg, la ministre ose en rajouter dans la provocation en annonçant un report des examens. Cette mesure est inapplicable puisque ce sont les seules universités, localement, qui décident de leurs calendriers. Cette mesure est particulièrement sournoise car elle porterait préjudice aux étudiant-e-s qui organisent leur année en fonction de leur activité salariée. Il s'agit donc d'une attaque gouvernementale supplémenentaire contre les classes les plus défavorisés. Enfin, Pécresse laisse sous entendre qu'elle ne répondra pas aux revendications des personnels et étudiant-e-s!

Arrestations, violences, déclarations mensongères, utilisation de l'extrême droite à des fins anti-syndicales : voilà qui clarifie, s'il en était encore besoin, les positions du gouvernement à l'encontre du mouvement social. Malgré cette volonté de voir pourrir la situation, le gouvernement doit s'attendre à voir les luttes se radicaliser. Les étudiant-e-s ont prouvé qu'ils étaient capables de s'organiser pour des actions symboliques et des actions de blocage. Ce type d'actions se généralisera si le gouvernement poursuit ses provocations.

L'ensemble des acteurs de la mobilisation du 19 mars doivent désormais prendre leurs responsabilités en condamnant les maoeuvres policières, et cesser les déclarations attentistes qui tendent à laisser le gouvernement agir impunément. Nous serons donc nombreux/euses dès demain dans la rue, avec des personnels de l'ensemble de l'éducation de la maternelle au supérieur, pour prouver au gouvernement que ses mensonges et provocations sournoises n'entament pas notre détermination!
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 25 Mar 2009, 00:06

Motion issue de cette 1ère coordination nationale des doctorant-e-s et docteur-e-s non-titulaires (.pdf)

Vous trouverez également l'invitation pour la 2ème Coordination nationale...

Celle-ci aura lieu à l'Université Lumière Lyon 2, le lundi 30 mars 2009.

N'hésitez pas à faire circuler cette invitation. Nous vous rappelons que cette coordination, une nouvelle fois, sera ouverte à tou-te-s les étudiant-e-s en Master 2, doctorant-e-s et docteur-e-s non-titulaires, mandaté-e-s et non-mandaté-e-s.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Olé » 25 Mar 2009, 16:47

Slt à tous.
les dernières infos sur ma fac.
Hier soir manif de nuit. belle réussite ( par rapport au mouvement molasse chez nous).
environ 300/400 personnes je dirais. on brule sur une place des cartons représentants sarko et les ministres avec un petit texte marrant d'un étudiant.
puis pas mal de bruit, de la bonne humeur. de la pyrotechnique ( bien que ça ne soit pas de la grande pyrotechnique, mais bon affaire de gout :mrgreen: ).
fin du parcours officiel, la manif repars en manif sauvage pdt bien une heure, tjs dans la bonne humeur.
puis on squatte une grande place de dijon. un feu est allumé sur le carrefour pour se réchauffer, bloquer la voie. arrivée des robocops, une vingtaine.
les pompiers éteignent le petit feu. puis ça chambre gentiment les condés qui attendent.
au bout d'un moment ils chargent, tout l'monde court comme des lapins, aucune resistance ( alors qu'il y avait encore bien une centaine de gens).
puis tirs de lacrimo ( quoique il m'a plutôt semblé que c'était du gaz au poivre mais bon c pas important). reste une quinzaine de types. deux autres tirs simultanés de lacrimo + charge. Ce coup ci on ne revient pas, etant en sous nombre. 0 arrestation. mais manif sympa.

ps: vu 6 skin faf assez jeunes sur la fac mercredi dernier, impensable à dijon mais pourtant réel. Donc on va être vigilant.
Olé
 

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede willio » 26 Mar 2009, 23:15

Info sur la réaction à la repression sur le campus grenoblois :


Comme expliqué ici, la journée d’hier sur la fac a été particulièrement violente. Spalanzani, le directeur de l’UPMF a envoyé des vigiles pour débloquer les entrées de la galerie des amphis, bloquées depuis deux jours par des étudiant-e-s et autres personnes solidaires, en lutte contre la LRU et son monde. Les vigiles, soutenus par une quinzaine d’étudiants de droite et d’extrême droite s’en sont donné à coeur joie, distribuant les coups de poing, de genoux (plus sournoisement), trainant des personnes à terre, menaçant, insultant... Le tout sous l’oeil de Spalanzani et des cravateux qui lui servent de sous-chef, qui ne semblait pas le moins de monde perturbé par la violence dont ils étaient responsables.
Mais si Spalanzani a cru qu’il pouvait envoyer ses milices privées sur les étudiant-e-s en lutte sans réaction, il s’est visiblement trompé. Ce matin un rendez-vous avait été donné à 7h30 à l’arret de tram en face de la BU droit lettre pour distribuer des tracts dénonçant les agissement de la présidence. Ce tract explique notamment que la seule responsabilité des violence revient à l’administration.
A 10 heures 30 un autre rendez-vous était donné prés de EVE pour occuper l’administration de l’UPMF pour lui signifier qu’elle n’avait plus intéret à renvoyer ses chiens de garde sur les blocages. J’arrive vers 10h40, et je vois que la galerie des amphis a été couverte de nouveaux tags "La repression ne nous arretera pas", Flic, vigile ou militaire, qu’est ce qu’on ferait pas pour un salaire ?", "Spalanzani, on rendra les coups" et d’autres encore, je m’en rappelle plus. Et sur le fronton de l’entrée principale de l’UPMF, des bombes de peintures blanches ont été éclatées, a priori pour protester contre la repression. On dirait des merdes de pigeon, c’est assez drole. On aurait aimé les voir sur la tronche de Spalanzani.
Je croise des copains/copines étudiants, et j’apprends que l’info de l’occupation a filtré, (ce qui n’était en fait pas étonnant) et que l’administration est entierement fermée. Il ne reste qu’un accès et il est jalousement gardé par des vigiles. On est à peu prés 150, (beaucoup de personnes sont allé soutenir l’occupation à 8H30 du CNRS, et ont rejoint ensuite les ouvriers de Caterpillar en lutte avec les postiers en grève en centre ville) mais on se dit que tant qu’à faire, autant éviter la confrontation directe. On se dirige donc en groupe vers la galerie des amphis.
Là, il y a une quizaine de vigiles. On commence à entasser toutes les chaises et tables que l’administration avait fait ranger (les chaises du printemps des chaises de l’agora) au milieu de la galerie. C’est un joyeux bordel. Submergés par le nombre, les vigiles ne tentent même pas d’intervenir. Des slogans sont criés ("flic vigile ou militaire, qu’est ce qu’on ferait pas pour un salaire" "tout est à nous rien est à eux...""greve greve greve générale".
On décide alors de tous sortir en groupe. Tout le monde a envie de continuer, et on décide donc de passer de batiments en batiments pour faire un printemps des chaises spontanné de partout. Il se transformera vite en printemps de tous les meubles qu’on trouve.
En premier on passe dans le batiment d’éco-gé. On vide les chaises des cours, même dans les salles ou des cours ont lieux. L’alarme incendie est déclenchée. On monte dans les étages et on fait des chaines pour évacuer chaises et tables qui sont entassées dans le hall d’entrée. Ensuite, on se dirige vers science pipo, aux cris de "Olivier, la Poubelle !" (en référence à Olivier Ihl, le directeur de science po grenoble qui avait agressé un étudiant gréviste avec un couvercle de poubelle en métal l’année dernière.) Au passage, on croise Spalanzani qui semble un peu dépité. Quelques menaces fusent.
A science pipo, il se passe globalement la même chose. On reste assez longtemps. Les poubelles qui avaient servi au blocage et qui avaient été rentrées pour plus qu’elle ne servent sont renversées avec les chaises et les tables. On explique aux gens qu’on ne fait pas ça contre eux, mais que c’est la réponse qu’on apporte à la violence de Spalanzani. Certains se montrent assez compréhensifs, d’autres moins, mais bon, tout se passe sans affrontements.
Au moment ou on allait sortir, on nous annonce que 4 caisses de keufs sont à proximité. Aprés les vigiles, on fait donc venir la BAC. Ca a son charme aussi. Ils passent sans intervenir. De toute façon, on n’a pas grand chose à se reprocher, on a rien cassé, et on a violenté personne. Et puis maintenant, la BAC c’est nous : Brigade Anti Chaise !
On repart donc et on procède à la meme chose à l’administration de l’UJF, puis à l’UFR de maths ou l’alarme retentit encore. C’est toujours bon enfant. Dans ces deux endroits, j’ai l’impression qu’on a un certain soutien de la part du personnel. On ne sort de l’UFR de math qu’aprés avoir vraiment vidé les salles de tout leur mobilier.
Enfin, on se dirige vers l’ARSH, et on s’apperçoit qu’un cours a lieu dans l’amphi du BSHM. On entre pour le perturber. Il y a un début de pseudo affrontement avec quelques étudiants qui ne supportent pas qu’on les dérange. En fait il s’agissait d’un partiel d’éco. Tant pis... (ou tant mieux ?...)
Il est midi, normalement Spalanzani était attendu à l’ARSH à cette heure. Ce gros lache n’est évidemment pas venu. Il savait ce qui l’attendait si il venait.
On s’est donc dispersé dans la joie et la bonne humeur.
Bilan trés positif donc. Une technique à réutiliser. Elle permet à un nombre limité (on était une centaine mais ça aurait pu se passer presque pareil à 30) de pas mal perturber le fonctionnement de la fac.
Et Spalanzani, et tous les directeurs de fac savent ce qui les attend si il envoient encore une fois les vigiles. La prochaine fois, qui sait si on se contentera de déplacer et d’entasser chaises, tables et meubles ?
La lutte contre la LRU et son monde continue !

Source : indy grenoble.
willio
 

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 27 Mar 2009, 00:35

Tours : fac vidée sous prétexte de concert à Thélème ce vendredi soir et samedi soir par la BAC et la nationale...

La bataille de Strasbourg

Communiqué des porte parole de la coordination nationale des universités

Les attaques contre le service public de l'enseignement supérieur et de la recherche, auxquelles répond la mobilisation massive de l'ensemble de la communauté universitaire, ne sont pas spécifiques. C'est l'ensemble du service public qui est menacé. Face à une offensive globale du gouvernement, c'est ensemble que nous devons lutter !
Pour partager nos expériences de luttes et travailler à la convergence de celles-ci, des meetings interprofessionnels auront lieu dans un certain nombre
d'universités, par exemple le jeudi 26 mars à l'université Paris-X Nanterre le 26 mars dans le cadre du "Printemps de colère" et le vendredi 27 mars à
l'université Paris 3 ("après midi de l'université"). Seront présents des acteurs du mouvement sociaux (universitaires, chercheurs, étudiants, professeurs des écoles, postiers, ....) pour discuter des suites du 19 mars.

Programme du printemps des colères de Nanterre :
10h-12h : onze tables-rondes simultanées de conférences et débats
12h-13h : meeting, avec la participation des acteurs et actrices des mobilisations sociales en cours (universités, cnrs, poste, école, fonction publique)
13h : grand pique-nique et « ambiance guinguette », avec Riton la manivelle et son orgue de barbarie
Contact porte-parole : Léa Valette leavalette@hotmail.fr/ 06 77 78 17 66

Programme de l'après-midi des université de Paris 3 :
11h30 - 14h : pic nic avec animations
14h - 16h : concert des Jolie Môme
16h - 18h : meeting interprofessionnel
18h - ... : suite des concerts et des animations

Contacts porte-parole :
Pascal Levy (Biatos) : angie.gennaro@gmail.com / 06 61 97 29 07
David Berrue (étudiant) : david.berrue@hotmail.fr / 06 89 04 58 92
Léa Valette (doctorante) : leavalette@hotmail.com / 06 77 78 17 66


Brest : La CPU annulée

26 mars 2009 à 12h29

Environ 200 étudiants des facs de Staps, Sciences et Lettres, et de l’IUT ont envahi ce matin les locaux où était organisée la Conférence des présidents d’Université à Océanopolis à Brest. Les débats perturbés, le Président de l’UBO a été contraint d’annuler la CPU.

Hier soir déjà, l'inauguration du colloque rassemblant les présidents d'universités avait dû être annulée après l'irruption dans l'enceinte d'Océanopolis d'environ 200 étudiants.

Les premiers, tous étudiants, sont arrivés devant l'entrée administrative d'Océanopolis, à Brest, hier, peu après 17h. Avant de recevoir le renfort d'enseignants-chercheurs. En tout, ils étaient environ 200. À 19h15, devait se dérouler l'inauguration du colloque annuel de la Conférence des présidents d'université (CPU), qui se tient jusqu'à demain. Elle sera finalement annulée. Car une cinquantaine de manifestants ont escaladé les grilles pour pénétrer dans l'enceinte même du parc de découverte des océans. Rejoignant cinq d'entre eux, qui venaient de discuter, notamment, avec Pascal Olivard, le président de l'Université de Bretagne Occidentale (UBO). Un communiqué, récupéré entre les grilles, résumait leur position, axée sur le rejet de la CPU, accusée de s'inscrire dans une logique de «marchandisation de l'université».

«Je vais porter plainte!»

Jacques Sévellec, responsable de la Sopab, la société gestionnaire d'Océanopolis, n'a pas du tout apprécié: «Je vais porter plainte!». Vingt CRS ont fait leur apparition à 19h25, repoussant tout d'abord les manifestants situés à l'extérieur, se postant ensuite devant l'accès. Jean-Pierre Condemine, le sous-préfet de l'arrondissement de Brest, entame alors un dialogue avec les infiltrés. Ces derniers sortiront, par petits groupes, vers 20h15. Tous ont convergé en direction du centre-ville une heure plus tard.

Faculté des lettres: reprise des cours demain

Par ailleurs, toujours hier, le conseil extraordinaire de la faculté Victor-Segalen (lettres et sciences humaines) a annoncé la reprise des cours magistraux dès demain, puis des travaux dirigés (TD) lundi. À l'heure du déjeuner, la majorité de l'assemblée générale des étudiants avait pourtant opté pour la poursuite du blocus jusqu'à lundi, date de la tenue d'une nouvelle assemblée générale. En fin de matinée, ce sont plus de 500étudiants en droit, économie et AES qui ont voté la «grève». Leurs homologues de l'IUT se prononçant pour la reconduction du blocus de leur établissement aujourd'hui.


Je viens d'envoyer ça à toute l'Université de Provence.


L'élargissement de la mobilisation à l'ensemble de l'éducation me semble en grande difficulté. Si nous ne voulons pas que "de la maternelle à l'université" devienne un motif incantatoire, nous devons penser à agir dans une solidarité qui implique aussi l'aspect financier.

Outre que les enseignants du primaire et du secondaire n'ont pas été efficacement mobilisés par leurs syndicats majoritaires, il y a une autre raison qui fait hésiter tout le monde à entrer dans un mouvement dur passant par de nombreuses journées de grève : les retenues sur salaire, que ne peuvent tout simplement pas se permettre la plupart des instits et profs. Cette raison rétroagit d'ailleurs probablement sur la première.

Voilà pourquoi malgré une réelle colère d'une grande majorité d'entre eux, les actions avec grève ne rassemblent aujourd'hui qu'une minorité d'entre eux.

Ne serait-il pas temps que nous ayons une discussion sérieuse entre universitaires grévistes, sur la création d'une caisse de solidarité alimentée principalement par NOUS, et destinée à financer une partie au moins de ce qui leur est retenu ?

Si sur chaque temps fort (en gros 1 fois par semaine), une grande partie d'entre nous verse 1/30 de son salaire net, compte tenu de la différence de salaire avec le primaire et le secondaire, compte tenu aussi du fait que certains instits ou profs pourront tolérer une part de retenue (par exemple 1/100 au lieu de 1/30), chaque universitaire pourrait ainsi financer la participation de 2 à 3 collègues du primaire et secondaire.

Nous savons que la fédération SUD tient déjà un compte ouvert pour le financement des désobéisseurs. Ne pourrions-nous pas tenter de persuader une fédération syndicale ou association impliquée dans notre mouvement de tenir cette caisse et de veiller aux répartitions ?

Proposition à discuter en AG et à faire circuler à qui bon vous semble surtout dans les milieux syndicaux.

Pascal Roméas


Sud Etudiants a écrit:Manifestations et occupations : un nouveau désaveu des mensonges du ministère !

Aujourd'hui, les manifestations qui se sont tenues à travers l'hexagone ont encore rassemblé plusieurs dizaines de milliers d'étudiant-e-s et de personnels de l'enseignement supérieur et de la recherche. Cette nouvelle journée de mobilisation est une réponse claire aux mensonges de Darcos et Pécresse, qui voudraient laisser croire que la mobilisation décroît dans les universités, alors même qu'ils s'emploient à museler la contestation par les moyens les plus
réactionnaires, à commencer par les arrestations qui ont eut lieu lors de la manifestation du 19 mars. Le gouvernement est maintenant prévenu que ses mensonges ne passent plus.

Cette journée s'accompagne en outre de plusieurs actions symboliques fortes. Hier, après la tenue de la coordination nationale universitaire à Strasbourg, les étudiant-e-s alsacien-ne-s ont non seulement décider de reconduire la grève dans leur université, mais aussi d'occuper le bâtiment de droit. L'université de Strasbourg, première victime de la LRU en passant la première à l'autonomie en janvier dernier et contrainte à une fusion des trois universités existantes précédemment, prouve donc que la mobilisation ne faiblit pas: dans le même temps, plusieurs universités reconduisaient la grève.

Ce soir, c'est encore une fois Sciences Po Paris qui est occupé à l'heure actuelle. Sur l'invitation des étudiant-e-s de Sciences Po, rejoints par plusieurs écoles puis universités parisiennes, se tient un débat sur « la place des grandes écoles dans le système universitaire ».
A Paris comme dans d'autres villes, « les rondes des obstinés » (personnels et étudiant-e-s qui se relaient sans interruptions pour marcher autours de lieux publics jusqu'au retrait des réformes contestées) ont entamé leurs actions cette semaine.

Enfin, la coordination nationale a appelé, de mercredi à vendredi, à mettre en place diverses actions dites RPG (rectorats, péages, gares).
Ceci nous permettra de prouver une nouvelle fois que notre mobilisation a un impact sur le fonctionnement des institutions, comme le prouve déjà le fait que Darcos soit contrain de repousser en partie d'un an son projet sur la mastérisation des concours. Les étudiant-e-s et personnels entendent, dans le même temps, prouver que leur mobilisation peut toucher les structures économiques. La journée nationale de mobilisation de jeudi 26 sera donc l'occasion de mettre en oeuvre ces nouvelles modalités d'action.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 28 Mar 2009, 11:10

La coordination des personnels et étudiants de l’université d’Orléans et des organismes de recherche, condamne vivement les brutalités policières survenues lors de l’occupation pacifique du rectorat de
l’académie Orléans-Tours. Elle dénonce l’interpellation arbitraire d’un étudiant convoqué le 9 septembre 2009 au tribunal et exige qu’aucune charge ne soit retenue contre lui. Elle constate que c’est la seule réponse que le gouvernement oppose à huit semaines de mobilisation légitime.

La coordination de l’université d’Orléans.

http://jt.france3.fr/regions/popup.php? ... o_number=0
(à partir de la 7ème mn)
----------------------
Après l'interpellation d'un étudiant de l'Université d'Orléans

Communiqué de presse commun des syndicats : Sud Éducation Loiret, Sud Étudiant Orléans et Sud Recherche

Vendredi 27 mars 2009, des étudiants, professeurs et personnels de l'Université d'Orléans ont investi symboliquement le Rectorat de l'Académie Orléans-Tours.
Alors que depuis deux mois l'Université est en grève, notamment contre le décret statutaire des enseignants-chercheurs et le décret sur la mastérisation, le Gouvernement n'a réagi que par le mépris, les manœuvres et la répression.
A Orléans, à l'issue de l'occupation pacifique des locaux du Rectorat et après avoir demandé sans succès, la présence des médias à l'intérieur du bâtiment, les étudiants et professeurs ont été évacués sans ménagement vers 16 heures par les forces de l'ordre.
L'un des étudiants, Aurélien, blessé, a été arrêté, menotté et conduit au commissariat central d'Orléans, d'où il a été relâché aux alentours de 19 heures.
Il devra répondre le 9 septembre prochain devant le Tribunal Correctionnel d'Orléans du délit de rébellion envers les forces de l'ordre.
Sud Éducation Loiret, Sud Étudiant Orléans et Sud Recherche tiennent à exprimer leur soutien sans réserve à Aurélien.
Ils demandent la levée des poursuites engagées contre Aurélien, bouc émissaire de cette action collective.
Ils s'interrogent vivement sur le fait qu'une action non-violente ait pu donner lieu à un tel dérapage au moment de l'intervention des forces de l'ordre.
Ils réaffirment plus que jamais leur soutien à la cause des personnels universitaires en luttes et leur engagement à leurs côtés.
Orléans, le 28 mars 2009


Sorbonne et Cnrs évacués... quelle suite pour la contestation ? (27 mars 2009)

Dans la nuit, la police a fait évacuer le siège du Cnrs (photo PYL) et le bâtiment de la Sorbonne temporairement occupés hier. Ces épisodes spectaculaires auront-il un effet sur le mouvement de contestation de la politique de Valérie Pécresse et Xavier Darcos ?

Après plus de deux mois de mobilisation, ce mouvement s'interroge sur son devenir, avec plusieurs questions : comment obtenir le maximum de concessions, comment tenir compte des angoisses des étudiants, comment répondre à la pression croissante que le gouvernement exerce sur les universitaires ?

Mesurer l'état réel de la mobilisation des universitaires n'est pas simple. Mais il est clair que le discours ministériel sur le thème «il n'y a plus que quelques foyers de contestation avec des excités» relève de la méthode Coué, ou de l’opération d’intoxication. Je n’en veux pas pour preuve les initiatives coup de poing : hier, outre les occupations, deux ponts de Paris (la Concorde et Alexandre-III) ont été simultanément bloqués par de grandes banderoles et des dizaines de cours publics, conférences, assemblées... se sont tenus. A titre d’exemple, ici une longue liste d’initiatives aujourd’hui.
Mais au delà de ces événements visibles, que se passe t-il lorsque les universitaires se réunissent, comme ceux de Paris-1 et Paris-4 (pour l’essentiel) en assemblée, à la Sorbonne hier ? J’ai relaté leur discussion ici. Ce qui m’a frappé, c’est que le vote de la reconduite de la grève a été un moment de quasi unanimité, et elle a été revotée pratiquement sans discussion. Or, il ne s’agisssait pas d’une A-G d’étudiants enfiévrés. Mais de très raisonnables et responsables maîtres de conférences et professeurs d’universités - et plutôt bien notés, productifs en recherche, souvent issus des meilleures filières (on compte les anciens de Normale Sup à la pelle), tout à fait conscients d’avoir intégré une des universités les plus côtées dans leurs disciplines.

Cette froide détermination impressionne. Elle s’appuie sur l’analyse que font la plupart desuniversitaires de ce qu’ils ont obtenu et qu’ils estiment insuffisant (lire ci-dessous). Elle résulte également du caractère totalement inédit de ce mouvement. Dans les universités de sciences humaines et sociales, il est manifestement mené par des «jeunes» maîtres de conférence (entre 35 et 45 ans) issus d’une très rude sélection, conscients de leur valeur qui partagent le sentiment de se faire marcher dessus par un gouvernement arrogant et autoritaire. D'où le caractère imprévisible de leur action, depuis le début, et donc... de sa fin.

L’autre raison qui rend difficile l’appréciation de ce mouvement résulte de ce que les modalités de la grève lancée le deux février ont été très diverses suivant les universités, les UFR et ont varié dans le temps. Les grèves «dures» - aucun cours assurés. Les grèves «perlées» - on arrête les cours les jours de manifestations. Les grèves «astucieuses» : on déplace les cours prévus lors des moments de mobilisation pour les tenir à d’autres moments. Si les universités de Sciences humaines et sociales ont souvent choisi la grève dure, celles de sciences de la matière et de la vie ont privilégié l’alternance de jours de grève et de cours afin de minimiser l’impact sur l’année universitaire des étudiants. Cette position responsable a mal été interprétée par le gouvernement qui y a vu un signe de moindre désaccord, au rebours de ce que disent les universitaires rencontrés. Au rebours, aussi, de l’expression de ces piliers du système que sont les directeurs de laboratoires, la plupart mixtes (Université/Cnrs) dont la participation massive à la consultation sur leur éventuelle démission s’ils n’obtiennent pas du gouvernement des mesures pour la recherche.

Mais, surtout, les universitaires, conscients de ce qu’une grève des cours n’a, en soi, que peu d’impact sur le gouvernement ou l’opinion publique, ont multiplié les initiatives : cours alternatifs et conférences dans les universités mais aussi dans des lieux publics, grèves «actives» avec interventions en direction des étudiants, rétention des notes du premier semestre et des décisions de jury du Conseil national des Universités, démissions de fonctions administratives, refus massif d’envoyer les maquettes des cours de préparation aux concours de recrutement des professeurs du primaire et du secondaire (la «mastérisation»), vote de motions dans les conseils centraux des universités et des UFR... Ce mouvement est ainsi très largement représentatif de la communauté universitaire. De ce point de vue, les positions successives de la Conférence des présidents d'université illustre à quel point une bonne part de ces derniers, proches des positions gouvernementales sont aujourd'hui en porte-à-faux vis à vis de leurs collègues.

Déjà, malgré les pressions, les «dissidents» de la CPU, comme certains se nomment, ne sont pas négligeables. Les présidents de Paris-3, Paris-4, Paris-8 Vincennes, Paris-10 Nanterre, Paris-13 Villetaneuse, Montpellier-3, Rouen, Clermont-Ferrand... se sont exprimés en termes clairs, demandant le retrait des textes controversés. La CPU dans son ensemble n’a pu soutenir que du bout des lèvres certaines réformes qu’en exigeant des créations de postes, en protestant contre les suppressions de 2009. Pour la mastérisation, elle n’a pu qu’en demander, a minima, le report. Ces difficultés ont conduit le bureau de la CPU à des manoeuvres bizarres. Hier, des incidents ont éclaté à Paris-12 Créteil qui ont fait perdre son sang froid à Simone Bonnafous, la présidente, à la suite de la mise en oeuvre d’un blocage par des étudiants. Les déboires de Guy Cousineau, à Paris-7, qui a perdu sa majorité aux dernières élections, l’arrivée de Jean-Claude Colliard à de Paris-1 en mai sur des positions très éloignées du soutien de l’actuel président (Pierre-Yves Hénin) à Valérie Pécresse... le vent à tourné et si de nouvelles élections se tenaient aujourd’hui de nombreux présidents seraient balayés par la contestation.

Aujourd’hui, après deux mois de mouvement, que faire ? Le premier débat entre les universitaires porte sur ce qu'ils ont obtenu. Sur la «mastérisation», il semble clair que la manière dont Xavier Darcos a voulu habiller son recul sur les seuls concours n’a fait qu’agraver la situation. En prétendant maintenir l’entrée en vigueur des nouveaux masters dès la rentrée 2009, il nie l’évidence : c’est totalement impossible. Même si, hypothèse d’école improbable, les maquettes étaient déposées aujourd’hui, leur simple examen et validation par l’Agence d’évaluation ne peut se faire dans les temps. Or, c’est à Valérie Pécresse de prendre acte de cette impossibilité et d’annoncer clairement que toute l’opération est stoppée et remise à zéro. Sans une telle annonce, la colère restera au même niveau et la plupart des universités ne remettront pas de maquette le 31 mars, comme le demande le ministère. Cette «désobéissance» constitue l’un des signes les plus clairs du caractère massif et virulent de l’opposition des universitaires à cette réforme.

Le statut ? Si de concessions en concessions le texte initial a été détricoté, il comporte clairement des risques d’une gestion autoritaire des services des universitaires... surtout en raison de leurs effectifs face aux étudiants. Sur ce sujet, il est piquant de noter la curieuse présentation que Le Monde fait du vote du Comité technique paritaire dans la nuit de mardi à mercredi. «En signe de désaccord, les élus du Snesup-FSU, syndicat majoritaire, et de FO, ont quitté la réunion avant la fin des discussions. Le décret a été néanmoins adopté par 17 voix pour et cinq abstentions.» Le lecteur, pas nécessairement au courant de ce qu’est un CTP peut donc croire que le texte de Valérie Pécresse jouit d’un large soutien : 17 pour, cinq abstentions. En vérité, seuls les 15 représentants du gouvernement ont, sur ordre et c'est légitime, voté le texte, rejoints par le seul Autonome Sup, syndicat ultra minoritaire avec deux voix, le Sgen Cfdt et l’UNSA s'abstenant. Bref : l’énorme majorité des représentants des universitaires n’a pas soutenu ce projet de décret.

Sur les postes, les moyens des universités, le gain est maigre. Rien pour 2009, et la promesse - de François Fillon - qu’il n’y aurait pas de suppression de postes en 2010 et 2011. Formidable ? Non, ont l’air de penser les universitaires en quête d’encadrement administratif et technique afin de se libérer de tâches assez éloignées de leurs compétences.

La recherche ? Pour l’instant, les contestataires n’ont rien à se mettre sous la dent. La tranformation du Cnrs se poursuit. Pourtant la contestation des structures mises en place par le Pacte pour la recherche grandit. Même les scientifiques qui ont accepté de participer aux expertises pour l’Agence nationale de la recherche ont dénoncé le système dans des motions virulentes. Certains comités ont même retenu le résultat de leurs expertises pour protester. Par ailleurs, le nombre de scientifiques qui souhaitent désormais boycotter l’AERES et l’ANR grandit.

Le second sujet de préoccupation : les étudiants. Croire que les universitaires en grève les privent de cours par plaisir constitue non seulement une insulte, mais une profonde erreur d’appréciation. La plupart des enseignants-chercheurs avec lesquels j’ai discuté de cela, encore hier dans la cour de la Sorbonne, sont taraudés par cette question. Même les plus engagés dans le mouvement avouent tous avoir donné des rendez-vous dans des cafés pour donner des sortes de cours, indiquer les lectures indispensables, discuter de sujet de mémoire, des projet des étudiants. Même si ces activités ont surtout concerné les L3 et années de Masters et Doctorats - question de nombre pour les deux premières années - ces comportements montent à quel point ils se sont engagés dans cette action par une sorte d’énergie du désespoir devant le refus du gouvernement d’écouter leur point de vue, de négocier une réforme du système en concertation. Les semaines passant, cette inquiétude grandit, mais compter uniquement sur leur sentiment de responsabilité pour leur faire plier l’échine devant le gouvernement serait un calcul à courte vue, et gros de périls politiques.

Nul ne sait aujourd’hui comment et quand se terminera cette crise, mais les dégâts sont considérables et la capacité du gouvernement à conduire la relance nécessaire de l’enseignement supérieur très sérieusement affectée.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 29 Mar 2009, 16:08

Violences policières en pagaille :

Communiqué de presse - 28 mars 2009

Les organisations syndicales de l’Université de Strasbourg CGT, FO, FSU, SUD et le collectif de l’appel déplorent l'intervention des forces de l’ordre au campus Universitaire ce 28 mars à 5 heure 20, à la demande de la Présidence de l’UdS.
Les revendications des étudiants expulsés ce matin sont justes, nous les soutenons. Nous saluons leur esprit de responsabilité comparée à la démesure des moyens policiers déployés par la Préfecture, conséquencesde l’état de siège dont pâtit notre ville en raison du sommet de l'OTAN.
Nous déplorons l’attitude de la Présidence de l’Université au cours de la semaine écoulée et appelons celle-ci à réinscrire sa politique dans le cadre de la motion votée à l’unanimité par le Congrès de l’UdS le 13 février.
Nous refusons les simulacres de négociations du ministère qui ne visent qu’à affaiblir et diviser la mobilisation par des effets d’annonce.
Le gouvernement doit renoncer à la casse du service public d'enseignement et de recherche. Le mouvement continue à Strasbourg comme ailleurs.
Plus que jamais, comme nous l'avions signifié à Valérie Pécresse le 5 Février dernier, nous nous obstinons : "Halte au mépris".

Communiqué de presse - 25 mars 2009Lundi 23 mars au soir, la faculté de droit de Strasbourg a été bloquée à la suite d'un vote des étudiants de l'Université de Strasbourg réunis en assemblée générale sur le parvis (608 voix pour, 480 contre). Cette occupation a été menée pacifiquement par des étudiants de l¹Université de Strasbourg dont une moitié d’étudiants en droit contrairement à ce qui a pu être relaté dans la plupart des médias. Des étudiants de la faculté de droit suggéraient depuis plusieurs semaines ce blocage, demandant le soutien pour participer aux manifestations sans être pénalisés – ce qui leur avait été refusé. L’opposition juristes / étudiants en sciences humaines n'est pas pertinente : de nombreux étudiants de droit sont, soit impliqués dans le mouvement de grève, soit fortement choqués par ce qui s'est passé ce mardi. Mardi 24 mars, ces étudiants se sont heurtés à des réactions particulièrement violentes de la part d'autres étudiants opposés au mouvement de grève. Durant toute la matinée, des groupes d’étudiants ainsi que des éléments extérieurs à l'Université ont cherché à forcer les portes barricadées. Des insultes et des menaces particulièrement graves ont été proférées à l'encontre des étudiants en action de blocage dans la faculté. Ces propos, avec de forts implicites accompagnés de gestes fascisants, étaient d'autant plus inquiétants que ceux qui les criaient
étaient parfois armés et possédaient du gaz lacrymogène dont ils ont fait usage à l’encontre des occupants. Des béliers improvisés ont été utilisés pour tenter d’enfoncer les portes bloquées qui pour certaines ont été gravement endommagées (après inventaire, il s'avère qu'il s'agit des principaux dégâts subis par le bâtiment au cours de l'occupation). Les étudiants qui occupaient le hall de la faculté de droit sont sortis à 16h pour rejoindre la manifestation officiellement prévue, qui se rassemblait sur le parvis. De nombreux témoins, membres des personnels et étudiants, peuvent attester de la violence des propos et des gestes des « anti-bloqueurs ». Ajoutons que Nous, enseignants,chercheurs, personnels administratifs et techniques, élus, représentants syndicaux, étudiants mobilisés, tenons à dire que les dommages et les violences sont le fait des groupes factieux opposés à la grève et non le fait des étudiants ayant décidé le blocage. Nous condamnons fortement ces violences et ces manoeuvres d'intimidations qui tendent à faire croire que la faculté de droit serait la propriété exclusive d'étudiants radicalisés et violents. Nous exprimons notre forte inquiétude devant ces événements et nous demandons à la
présidence de l'Université de Strasbourg l'assurance d'une protection des étudiants pacifiques, et une réaction officielle condamnant la violence des
étudiants anti-bloqueurs.SUD, SNESUP-FSU, SNCS-FSU, SNTRS-CGT, SES-CGT, FO, Collectif de l'Appel de Strasbourg


Prépression après la manifestation du jeudi 19.
http://www.dailymotion.com/relevance/se ... -mars_news

Voici le communiqué du comité de mobilisation de Toulouse 3 (Université Paul Sabatier) :

Communiqué de l'Université Paul Sabatier de Toulouse suite aux répressions policières.

L'ensemble de l'université est particulièrement mobilisée et dans le cadre de cette mobilisation les étudiants mènent différentes actions.
Ces actions ont pour but de porter nos revendications de manières symboliques afin de toucher le grand public. Nous insistons sur le fait que ces actions ne sont pas des appels à la violence et font l'objet de préparations rigoureuses.
Cependant le mouvement à fait l'objet d'une répression policière disproportionnée, dans les faits nous mettrons en avant deux exemples du comportement scandaleux des forces de l'ordre :
Le jeudi 12 mars une occupation pacifique (assemblée générale et conférence de presse) du hall de l'ESC était prévu, cette action avait pour but de dénoncer la sélection sociale matérialisée par les droits d'entrée exorbitant de cette école (7000€ en licence et 12000€ en master) et la différence flagrante de moyens entre les grandes écoles et l'université. Environ 300 personnes y ont participé et se sont installées dans le hall d'entrée. Après quelques minutes d'occupation
les forces de l'ordre sont arrivées (plus précisément la Brigade Anti-Criminalité) et ont chargé les manifestants sans somation. Les forces de l'ordre de la B.A.C ont utilisé abusivement des grenades lacrymogènes alors que nous étions dans un lieu clos, qu'ils ne portaient pas de brassards et que des étudiants de l'ESC (non-manifestants) étaient présents.
Nous condamnons la violence de l'intervention envers les étudiants, simplement impliqués dans la mobilisation et venus en soutien dans un esprit totalement pacifique.
Le jeudi 19 mars, journée de mobilisation interprofessionnelle sur toute la France rassemblant 3 millions de personnes dans les rues, a donné lieu à une action de blocage économique et d'auto-réduction organisée par l'université du Mirail. Cette action s'est très bien déroulée jusqu'à l'intervention de la BAC et des CRS qui ont chargé à plusieurs reprises sur les manifestants sans somation avec l'utilisation immédiate de matraques, de grenades assourdissantes et de "flash-balls". Nous apprécions la prise de positions des passants, qui pris à parti, ont soutenus les manifestants (créations de chaines de salariés entre les
étudiants et la police, prise en charge des blessés dans des commerces environnant...).
Nous manifestons notre soutient à tous les manifestants qui ont pu être blessés lors de cette action. Plus particulièrement nous adressons notre soutient à l'étudiant du Mirail qui est à l'hôpital après avoir reçu un tir à courte portée de "flash-ball" au visage (moins de 6m), ce tir a entrainé plusieurs fractures, un déchirement de la rétine, des lésions à l'?il...Précisons que son oeuil droit a perdu la vue et qu'il ne pourra jamais retrouver.
Délibérément la BAC et les CRS ont choisi de mettre en danger la sécurité des Toulousains. Cette répression menée de manière complètement inconsidérée est scandaleuse, elle a été menée en plein centre ville prenant en étau les passants parmi lesquels se trouvaient des enfants et des personnes âgées.
Nous dénonçons la violence policière injustifiée qui n'apporte que l'incompréhension et renforce la détermination des manifestants.

-- Comité de mobilisation de l'UPS Université Paul Sabatier - Toulouse 3 http://upsenlute.org
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 29 Mar 2009, 21:03

La conférence de Geneviève Azam « Du Processus de Bologne à la LRU, une catastrophe annoncée », prononcée le 23 mars 2009 à l'Université Toulouse le Mirail est maintenant en ligne sur Dailymotion à cette adresse :

http://www.dailymotion.com/search/azam/ ... ru-un_news

La version "son" uniquement (fichier mp3) est téléchargeable ici


Appel de la coordination nationale étudiante réunie à Paris 1

Nous, étudiant-e-s mobilisé-e-s, délégués de 39 universités, en lutte depuis mi-janvier sommes réunis ces 28 et 29 mars à Tolbiac Paris I (Saint-Hippolyte) pour la VIe coordination nationale étudiante (CNE). Nous réaffirmons que la CNE, émanation directe des Assemblées Générales qui réunissent des dizaines de milliers d’étudiant-e-s en France, est la seule et unique instance légitime pour représenter le mouvement étudiant dans son ensemble et qu’aucune direction syndicale ou politique ne saurait se substituer à son rôle.

Nous constatons que la mobilisation se poursuit dans les universités. Il est important d’amplifier la grève, mais aussi de l’étendre à d’autres secteurs. De la maternelle à l’université, mêmes attaques, même combat ! Etudiant-e-s, enseignant-e-s, lycéen-ne-s se sont mobilisés pour l’instant tour à tour. Il est temps d’agir tou-te-s ensemble en même temps. Nous appelons aux manifestations communes « de la maternelle à l’université » du 2 et du 8 avril.

Après le 19 mars, nous dénonçons l’attentisme des directions syndicales. La seule stratégie conséquente est la construction de la grève générale qui seule peut nous permettre de gagner sur nos revendications. A cet égard, les organisations syndicales doivent prendre leurs responsabilités et s’inscrire dans cette perspective. Sans attendre, construisons à la base partout un front unitaire réunissant étudiant-e-s, lycéenne- s, salarié-e-s, précaires, chômeur-euse-s organisations et collectifs pour poser des perspectives, notamment par des AG et forums interprofessionnels dans la réalisation concrète d’une véritable convergence des luttes. Nous proposons une journée d’action interprofessionnelle le 7 avril.

Nous dénonçons la tactique du gouvernement qui vise à diviser le mouvement par des effets d’annonce. Nous répondons : Darcos a été obligé de reculer d’un an la mise en place de la masterisation. C’est le produit de la lutte et de la non-remontée des maquettes des diplômes. Mais comme pour le reste, nous ne voulons pas de report mais le retrait. Nos revendications sont claires et plus que jamais nous exigeons l’abrogation de la LRU, l’abandon de ses différents plans d’application et le retrait des décrets qui en découlent :

- Plan Campus
- Plan réussite en Licence
- Réforme dite de la « masterisation de la formation des personnels éducatifs »
- Réforme du financement des universités sur des critères de performance
- Réforme du contrat doctoral unique
- Réforme du statut des enseignants-chercheurs

Globalement nous rejetons toute la politique universitaire initiée depuis le processus de Bologne qui impose une même logique de rentabilité et de mise en concurrence des universités sur l’Europe entière (contre-sommet de Louvain les 28 et 29 avril prochains qui s’oppose à ce processus). Cela se traduit concrètement par les différentes mesures contre lesquelles nous luttons actuellement.

Aujourd’hui un-e étudiant-e sur deux est contraint de se salarier pour financer ses études. Avec la destruction du système d’aide sociale, le démantèlement des CROUS (rapport Lambert) et du planning familial, la dégradation des conditions de vie va encore s’aggraver. Aussi, nous réclamons l’augmentation en nombre et montant des bourses sur critères sociaux et leur indexation sur le coût de la vie ainsi que la construction massive de logements sociaux.

Nous demandons également le retrait immédiat du projet de loi sur les prêts étudiants qui ouvre la porte à une augmentation des frais d’inscription. Toute forme de sélection à l’université est inacceptable. Nous réaffirmons notre attachement à un système éducatif totalement public, gratuit, laïc et accessible à tou-te-s. La mission de l’université ne doit pas être la marchandisation du savoir, ni une professionnalisation à outrance, mais bien la diffusion de connaissances et la promotion de l’esprit critique, et la délivrance de diplômes de qualité reconnus par les conventions collectives donnant accès à des droits sur le marché du travail. Face aux mouvements sociaux en cours, la seule réaction des dirigeant-e-s est le déploiement d’un arsenal sécuritaire particulièrement violent (vigiles, forces de l’ordre sur les campus, arrestations massives, contrôles d’identités, fichages...) et la criminalisation de la contestation. Nous appelons au soutien de tout-e-s nos camarades victimes de la répression policière, judiciaire et administrative et à l’abandon de toutes les poursuites engagées, ainsi qu’à la création de collectifs de soutien.

Parmi les plus touché-e-s par ce système oppressif, se trouvent aussi en première ligne les sans-papier. Nous soutenons leur lutte et exigeons la régularisation immédiate et inconditionnelle de chacun-e d’entre eux/elles.

La coordination nationale appelle tou-te-s les étudiant-e-s à continuer la grève jusqu’à satisfaction, à la radicalisation, à l’extension du mouvement et :
- à amplifier les blocages d’universités, à tenir des piquets de grève en continu ou, à défaut, les jours de mobilisation nationale
- au blocage économique
- au blocage des CA Nous appelons à la participation aux journées :
- 2 avril : manifestation nationale de la maternelle à l’université appelée par la CNU
- 7 avril : journée d’action interprofessionnelle
- 8 avril : manifestation nationale de la maternelle à l’université appelée par la CNU

La prochaine CNE se tiendra à Orléans le 4 et 5 avril.


CDUL (Conférence des Doyens et Directeurs d' UFR Lettres Langues Arts Sciences Humaines et Sociales )

Déclaration du 28 mars 2009

Face aux réformes universitaires en cours et à une gestion politique irresponsable de la crise qui en résulte et paralyse le fonctionnement de leurs UFR, les Directeurs et Doyens des UFR de Lettres, Langues, Arts Sciences Humaines et Sociales (LLASHS) réaffirment leur opposition aux projets tels qu'ils sont actuellement formulés.
La CDUL considère que la formation des futurs enseignants, enjeu national majeur, implique une responsabilité particulière des Universités,et donc de leurs composantes, UFR et IUFM.
Une réforme de cette formation est incompatible avec la précipitation, les logiques de bricolage ou d?improvisation récurrente qui ont présidé aux projets de mastérisation en cours.
La CDUL constate que suite aux modifications et ajustements successifs, la réforme reste inapplicable : même les rares maquettes existantes ne sont plus en adéquation avec les nouvelles informations disponibles; de nouvelles maquettes ne peuvent être conçues sur une base qui ne répond pas aux exigences d'une vraie formation des enseignants.
Dans ces conditions, la CDUL demande :
- que le projet actuel soit totalement retiré.
- que la procédure de recrutement d'enseignants pour l'année 2010 soit la même que pour l'année 2009: maintien des épreuves de concours et des préparations actuelles ; maintien des modalités d'entrée dans le métier et de recrutement sans conditions d'inscription ou de validation au niveau Master 1 ou 2; maintien du statut de professeur stagiaire en formation à l'issue du concours pour tous les nouveaux enseignants.
- qu'une réflexion nationale, sous la forme d'États-Généraux associant tous les acteurs, soit engagée sans tarder sur la mastérisation de la formation des enseignants, comme formation authentiquement universitaire, dans ses aspects disciplinaires, professionnels et de recherche. Cette réflexion doit identifier et prendre en compte tous les aspects du métier d'enseignant, en termes de savoirs et de compétences dans la perspective d'une rénovation souhaitable. Celle-ci doit veiller à respecter les principes suivants :
a) Garantir la cohérence nationale des formations à partir d'un cahier de charges et de concours nationaux ;
b) Faire en sorte que l'articulation entre formation et concours exclue toute possibilité de dérive dans le sens d?une précarisation des enseignants ou d'une dérégulation des recrutements ;
c) Veiller à ce que cette mastérisation ne remette pas en cause les offres de formation existantes, en particulier en termes de recherche, et qu'elle valorise la dimension internationale des cursus.
La CDUL reste vigilante sur l'évolution des autres questions à l'origine de la mobilisation actuelle: statuts, emplois, moyens, CNRS et organismes de recherche,...
Paris, 28 mars 2009.

Déclaration votée à l'unanimité du Bureau élargi de la CDUL. Contacts : Jacques Migozzi, Président de la CDUL, FLSH Limoges 05 55 43 56 01 jacques.migozzi@unilim.fr


lettre ouverte des porte-parole de la coordination nationale des universités aux confédérations syndicales



Depuis le 2 février, voire avant pour certaines d'entre elles, les universités sont en grève. Chaque semaine, la communauté universitaire manifeste dans la rue sa colère et témoigne de son unité. Ce mouvement rassemble depuis son origine un front extrêmement large, fédérant les étudiants, toutes les catégories de personnels de l'enseignement supérieur et de la recherche, issus de sensibilités et de tendances très diverses; cela répond à l'attaque brutale et frontale du gouvernement contre l?université publique et autonome que nous aimons.

À ce mouvement de colère sans précédent, les ministres concernés n'ont opposé, jusqu'à aujourd'hui, que le mépris, des manoeuvres dilatoires, des faux semblants de négociations et, finalement, une politique du pourrissement.
La coordination nationale des universités est consciente que les attaques contre l'université et la recherche s'intègrent dans une politique globale
de casse des services publics et de précarisation généralisée de la population.
Elle affirme son ancrage dans le mouvement interprofessionnel dont elle partage les revendications.

Alors que le chômage redevient la menace majeure pour une grande partie des salariés, l'État supprime 1090 emplois cette année dans l'enseignement supérieur, 30 000 à l'échelle de toute la fonction publique, mettant en cause la possibilité même de l'accomplissement de nos missions. La modulation des services mis en place par le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs et le contrat doctoral unique (CDU) s'inscrit dans une politique plus large d'individualisation des carrières visant à fragiliser l'ensemble des personnels. La précarité se développe dans nos services, touchant plus de 30% des salariés employés dans les universités. La baisse du pouvoir d'achat frappe durement, en particulier les personnels administratifs et techniques dont les salaires démarrent à peine au niveau du SMIC, sans réelle possibilité de progression et d'évolution de carrière.

La politique universitaire actuelle, en particulier la mise en concurrence des universités, promeut un modèle d'éducation profondément inégalitaire
fondé sur une conception régressive des savoirs et une sélection par l'argent de plus en plus clairement affirmée. Les premières victimes en seront les enfants des milieux les plus défavorisés que le service public de l'enseignement ne sera plus en mesure d'accueillir correctement et qui devront s'endetter pour bénéficier d'une formation actuellement ouverte à tous.

Pour toutes ces raisons, le mouvement des universités a pris toute sa place dans la formidable mobilisation du 19 mars. La coordination nationale des universités appelle les organisations syndicales à donner une suite rapide à cette journée pour construire le front large et déterminé indispensable face à un gouvernement qui ne comprend que le rapport de force.

Pour envisager les possibilités pratiques et les modalités de ces convergences, nous souhaitons vous rencontrer aussi vite que possible.

Salutations en lutte,

Les porte-parole de la CNU,
David Berrue (étudiant) david.berrue@hotmail.fr / 06 89 04 58 92
Pascal Levy (Biatos) angie.gennaro@gmail.com / 06 61 97 29 07
Léa Valette (doctorante) leavalette@hotmail.com / 06 77 78 17 66
Christophe Mileschi: (EC) christophe.mileschi@wanadoo.fr / 06 70 35 41 92
Patricia Tutoy (enseignante) ptutoy@avantitude.com
Germaine Depierre (Chercheuse) g-depierre@yahoo.fr germaine.depierre@u-bourgogne.fr / 06 82 14 87 39
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 31 Mar 2009, 08:33

Paris le 30 mars 2009,

Depuis plus de huit semaines, les personnels des universités et des organismes de recherche et les étudiants ont engagé un exceptionnel mouvement revendicatif de grève et de manifestations puissantes, marquant le rejet du Pacte pour la Recherche et de la LRU et de leurs conséquences ainsi que de la politique d'austérité mise en place par le gouvernement. Le ministère de la recherche et de l'enseignement supérieur invite aujourd'hui à une réunion dont la thématique affichée est la recherche. Le seul fait nouveau est que cette fois l'invitation concerne presque la totalité des organisations syndicales tant de la recherche que de l?enseignement supérieur.

Les organisations signataires entendent se saisir de ce moment pour faire avancer les revendications de l'ensemble des personnels dans l'intérêt des organismes et des universités. Elles rappellent leur attachement à la prise en compte des revendications qui fédèrent l?ensemble des personnes dans l'action.

Elles ne sont pas venues aujourd?hui pour négocier, mais pour avoir des réponses immédiates et des engagements précis du gouvernement sur les points suivants.

1. Mise en place d?un plan pluriannuel de création d'emplois statutaires, notamment pour résorber la précarité. Suppression deschaires. Restitution des 1030 emplois supprimés en 2009.

2. Retrait du projet de décret sur les enseignants-chercheurs et du projet de décret sur le contrat doctoral.

3. Retrait du projet de réforme actuelle de formation des enseignants et des concours de recrutement.

4. Arrêt du démantèlement des organismes et réouverture des discussions sur les contrats Etat-Organismes. L'Etat doit s?engager sur les moyens nécessaires, notamment les postes et les crédits de base, pour chaque contrat. C'est notamment le cas pour le projet actuel de contrat Etat-CNRS. Le contrat Etat-CEMAGREF doit être revu. L'Inserm ne doit pas se transformer en en agence de financement mais rester un EPST de plein exercice. Le projet de consortium de l'agroalimentaire doit être abandonné et retiré de l'ordre du jour du prochain CA de l'INRA.

5. Arrêt du processus de « déUMRisation ». Statut unique des UMR dans le cadre d'un partenariat équilibré entre leurs tutelles scientifiques. Les organismes et les universités doivent être co-opérateurs de recherche pour les unités auxquelles participent leurs personnels. Les UMR doivent être libres de choisir leurs gestionnaires.

6. Evaluation des unités de recherche par les instances scientifiques représentatives existantes (Comité national, etc.) comme le permet la loi.

7. Reversement aux organismes et aux universités au profit du soutien de base des laboratoires et pour la transformation des emplois sur CDD en postes statutaires des financements de l?ANR.

8. Un engagement à reprendre les discussions sur la revalorisation des salaires et des carrières, sur des bases indiciaires et statutaires mais non indemnitaires.

CGT (SNTRS, CGT-INRA, FERC-SUP)
FSU (SNCS, SNESUP, SNASUB),
SOLIDAIRES (SUD RECHERCHE EPST, SUD EDUCATION)
SNPREES-FO
SLR
SLU
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 01 Avr 2009, 08:37

Jérôme semble être resté au commissariat tandis que Guillaume Cingal sortait aux alentours de 23h sans avoir l'intitulé des charges pesant contre lui...
Pour l'anedocte : quand un MCF Anglais s'étonne que les policiers sont tous équipés du baton à poignée latérale de défense (dit tonfa) à la sortie des urgences, le sous officier répond : "vous êtes enseignant, votre outil de travail c'est le stylo, nous c'est la matraque".
Rappel : photographier et/ou filmer les forces de l'ordre sur la voie publique est légale sans restriction aucune

TOURS, 31/03/09 : REPRESSION POLICIERE ENVERS DES ENSEIGNANTS-CHERCHEURS ET DES ETUDIANTS

Suite à neuf semaines de grève nationale du monde universitaire qui n'ont eu d'écho que le mépris du gouvernement, la coordination nationale universitaire a appelé à la démission massive des enseignants-chercheurs de leurs fonctions administratives.
Mardi 31 mars, 85 enseignants-chercheurs de l'Université François Rabelais de Tours répondent à cet appel en mettant en scène leur démission. Puis, avec des étudiants, ils décident ensemble d'un sit-in pacifique sur le carrefour Anatole France en vue d'informer la population de leur initiative. Quelques minutes après leur arrivée, une voiture de police tente de se frayer un passage au milieu des manifestant-e-s qui le leur refusent dans un premier temps. Puis le cortège s'écarte pour laisser passer la voiture et c'est alors que l'un des manifestants tape sur le capot. Les policiers sortent, attrapent celui-ci et le mettent à terre si violemment que son visage est en sang. Profs et étudiant-e-s tentent de s'interposer, un professeur [Anglais] reçoit un coup de matraque dans les côtes. Pour disperser la foule, les policiers utilisent des lacrymogènes : une enseignante [Latin/Lettres classique] est gazée à 5 cm du visage. Ils embarquent le manifestant qui avait frappé sur la voiture, le groupe obstrue le passage de cette dernière. Le conducteur accélère, blessant plusieurs personnes et manquant d’écraser une étudiante… a-t-on évité le pire ?
Résultat des courses : l’enseignante gazée est prise en charge par les pompiers ; le professeur frappé et blessé est emmené à l'hôpital avant que la police ne vienne l’y récupérer pour le placer en garde à vue. Deux étudiantes sont également blessées au genou et à la poitrine, et le manifestant interpellé est au commissariat.

Il y a un mois déjà, le président de l'université de Paris IV Sorbonne mettait en garde le gouvernement contre les attitudes policières répressives, seules réponses à la contestation estudiantine, et rappelait la responsabilité des dirigeants en cas de débordements. Il est inadmissible que les forces de l'ordre puissent, en toute impunité, s'accorder le droit d'intervenir de cette manière. C'est pourquoi nous allons déposer plainte pour mise en danger de la vie d'autrui, coups et blessures.
Nous condamnons l'attitude hypocrite et manipulatrice de Loïc Vaillant, président de l'Université de Tours, qui d'un côté manifeste son soutien au professeur arrêté mardi 31 mars, mais qui de l'autre n'a pas hésité à envoyer à plusieurs reprises des policiers en tenue anti-émeute dans le but d'expulser des étudiants occupant pacifiquement la faculté des Tanneurs. Nous tenons à rappeler que cette occupation a vocation à faire vivre l'université selon les valeurs qu'elle est sensée incarner, à savoir celles d'humanité, de recherche de la connaissance, d'échange, de partage...

Le mouvement universitaire est un mouvement national et légitime qui refuse la marchandisation de l'éducation, et plus globalement de la société. C’est pourquoi nous dénonçons toute tentative de le museler, que ce soit à travers la répression médiatique, administrative ou policière. Ces agissements relèvent d'un régime autoritariste dont les dérives rappellent certaines pratiques totalitaires. Ce constat très inquiétant appelle à la vigilance de chacun et concerne tous les domaines des réformes engagées par le gouvernement actuel, autrement dit toutes les sphères de la république.
On aura beau faire taire les messager-e-s, le message, lui, restera et s'amplifiera. Nous appelons donc chacun-e à s'informer, à rejoindre le mouvement et à construire ensemble des alternatives.
TOURS, 31.03.09 - repression policière envers des enseignants-chercheurs et des étudiants (.pdf)


Je veux qu’elle vive…

Par Quid ? le samedi 28 mars 2009, 06:39

Attention : Le scénario qui suit est un scénario-catastrophe qui n’a rien d’« abracadabrantesque ». Il s’appuie sur l’analyse de données réelles communiquées par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et par l’actuel président de l’Université de Toulon.

Le dossier complet peut être consulté sur ce site, où l’on trouvera aussi des témoignages officiels émanant d’autres universités au statut comparable à celui de l’Université de Toulon.

2011. L’Université de Toulon a fermé ses portes.

L’augmentation drastique du nombre d’étudiants inscrits, nécessaire au maintien du statut d’« université », ne s’était ni produite en 2009, ni en 2010, malgré une politique d’inscriptions « déréglementées » menée en direction des étudiants étrangers. D’« université », la fac était devenue « collège universitaire » : le seul diplôme délivré était la Licence (Bac +3), les diplômes supérieurs disparaissant (Master : Bac +5, Doctorat : Bac +8) ; des filières jugées « non rentables » avaient été purement et simplement fermées. De nombreux étudiants avaient donc dû quitter le Var pour aller poursuivre leurs études au sein du pôle universitaire marseillais ou du pôle niçois. Du moins, ceux qui en avaient les moyens, car les autres n’avaient pas eu d’autre choix que celui d’arrêter leurs études. Avec la transformation de l’université en « collège universitaire » avait aussi coïncidé l’augmentation des frais d’inscription, principale ressource financière disponible pour pallier la maigreur du financement privé, et un financement public réduit à peau de chagrin. La présidence avait bien tenté de renflouer les caisses en louant quelques-uns des locaux de l’université, ou même des emplacements publicitaires sur le campus, mais bien sûr, cela n’y avait pas suffi. Les personnels administratifs et enseignants ayant pris leur retraite n’avaient pas été remplacés, l’embauche ponctuelle de personnels précaires s’était développée pour tenter de pallier au maximum le sous-encadrement. Faute d’un nombre suffisant d’usagers sur le campus, le Restaurant Universitaire avait fermé. En 2011, c’est l’ancienne Université de Toulon qui avait dû « déposer le bilan », laissant personnels et étudiants sur le carreau.

Dans ces conditions, l’Université de Toulon risque de vous manquer, comme elle manquera à tous les étudiants qui n’auront pas d’autre possibilité d’accéder à l’enseignement supérieur, comme elle manquera à tous les personnels qui avaient choisi d’œuvrer à son rayonnement, comme elle manquera à tous les Varois soucieux du développement économique et culturel de leur département.

L’Université de Toulon va vous manquer… à moins…

À moins d’agir.

Contact et renseignements : coordination@intersyndic-tln.fr - tél. 04.94.14.23.67

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Modifié en dernier par Nico37 le 06 Avr 2009, 21:13, modifié 1 fois.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 06 Avr 2009, 00:05

"Les facs ont besoin d'autonomie financière" (Challenge.fr 2/4/9)

MARC GONTARD. Ce Breton de 62 ans dirige l'université de Rennes II (sciences humaines), bastion des mouvements étudiants. Après l'organisation d'un référendum approuvant la reprise des cours, il a dû affronter les blocages des récalcitrants. Ancré à gauche, il dit apprécier l'action de la ministre Valérie Pécresse, malgré quelques critiques.

Challenges. Comment expliquez-vous la poursuite du blocage des facs ?
Marc Gontard. La plupart des demandes adressées au gouvernement ont été satisfaites, il n'y a plus de raison de continuer le conflit. A Rennes, le pourrissement de la situation est le fait de groupes autonomes venus bloquer les campus, d'anarchistes qui entraînent les étudiants d'extrême gauche. Du côté des enseignants-chercheurs, une frange du syndicat Snesup - dont la direction - s'est aussi radicalisée. Certains ne parlent même plus de la loi Pécresse, mais remettent en cause la société actuelle et veulent abattre le capitalisme.

L'année universitaire est-elle en péril ?
On a perdu cinq semaines de travail, mais le cursus peut encore être bouclé le 3 juillet, si les cours reprennent normalement. A Rennes II, nous avons préparé un calendrier de rattrapage, avec des compléments informatiques et des cours supplémentaires le soir et le week-end.

La fronde était-elle justifiée, selon vous ?
Les réformes du gouvernement vont dans le bon sens, mais ont été préparées dans la précipitation et sans réelle concertation. En particulier, le décret sur le concours des enseignants du primaire et du secondaire créait un master exigeant à la fois des stages pratiques et un mémoire de recherche, avec l'obligation de prévoir des débouchés pour ceux qui échoueraient. C'était demander l'impossible ! De même, imposer des heures d'enseignement aux universitaires qui ne font pas assez de recherche constitue un changement culturel trop brutal et tend à dévaloriser l'activité d'enseignement. Le reste de l'opposition relève, pour une bonne part, de fantasmes sur la prétendue toute-puissance des présidents de fac.

Le gouvernement, en fin de compte, n'a-t-il pas trop reculé ?
La réforme introduit l'évaluation des enseignants-chercheurs tous les quatre ans, c'est un acquis important. Mais le ministère a trop reculé sur les compétences des conseils d'administration et des présidents en redonnant un rôle majeur à une instance nationale [le Conseil national des universités] en matière d'évaluation et de promotion des enseignants-chercheurs. Si l'on veut progresser vers l'autonomie, les présidents et leur conseil doivent détenir plus de prérogatives.

Les plus radicaux réclament l'abrogation de la loi sur l'autonomie, votée en 2007. Pourquoi avez-vous soutenu cette loi ?
Elle suscite des inquiétudes que je partage : la possibilité de recruter des enseignants sous contrat privé risque de créer un système à deux vitesses et de remettre en cause le statut de la fonction publique dans les universités; la recherche de rentabilité pourrait pénaliser certaines "petites" filières. Mais, d'un autre côté, la réforme tente de redonner réactivité et souplesse à l'université française, qui en a besoin. L'autonomie budgétaire va permettre aux facs, selon leurs objectifs, d'allouer des moyens supplémentaires à la recherche ou à l'insertion professionnelle des
étudiants.

David Bensoussan


Lettre ouverte à nos amis des Universités

Publié le 6 avril 2009 par Acrimed

L’article d’Acrimed « Le Monde et le mouvement universitaire » a, semble-t-il, rencontré un large écho parmi les acteurs de l’université et de la recherche en lutte depuis de longues semaines : abondamment consulté sur notre site, mis en ligne sur de nombreux autres, diffusé sur diverses listes, notamment à l’appui d’une incisive, mais discutable « Charte de bonne conduite vis-à-vis du journal Le Monde » (rédigée par Jérôme Valluy) [1]. De là cette lettre ouverte… [Acrimed]



Lettre ouverte à nos amis des Universités

Mobilisés contre les « réformes » gouvernementales, vous êtes nombreux – étudiants, enseignants, chercheurs, personnels administratifs – à vous indigner de la façon dont la plupart des grands médias maltraitent votre action, vos positions et vos revendications. Nous partageons, évidemment, cette indignation.

Les chaînes de télévision et les stations de radio diffusent une information raréfiée et anecdotique qui permet d’autant moins de comprendre les motifs et les objectifs de votre mouvement que cette information est biaisée par une interrogation non sur la politique du gouvernement, mais sur son comportement et sa stratégie de « communication ». Quant à la presse écrite, politiquement divisée, la qualité de l’information qu’elle diffuse est généralement proportionnelle au soutien que tel ou tel journal vous accorde. Aussi est-ce Le Monde qui, parce qu’il entretient une réputation illusoire de « référence » et de « neutralité », s’attire les critiques les plus vives ; des critiques qui prennent notamment appui sur un article publié sur le site de notre association : « Le Monde et le mouvement universitaire »

Nous ne prétendons nullement dicter le bon usage des articles que nous publions. Et si ceux-ci alimentent éventuellement des prises de position que nous ne partageons pas ou pas complètement, au moins contribuent-ils à ouvrir le débat. Ainsi, nous n’avons jamais demandé le boycott d’un quelconque média. Tout simplement parce que ce n’est pas tel média particulier qui est en question, mais bien l’ensemble du paysage médiatique et du traitement des informations. C’est donc moins d’une « Charte de bonne conduite vis-à-vis du journal Le Monde » dont nous avons besoin [2] que d’une « Charte de bonne conduite à l’égard des médias ».

Une telle charte devrait reposer sur un triple engagement :

1. Pour une critique publique des médias

Au nom des exigences de la recherche, il est de bon ton, parmi nombre de chercheurs, particulièrement en sciences sociales, de tenir en suspicion une critique des médias qui, sans déroger à des règles de rigueur et d’exactitude, ne craint pas de transgresser les limites de la bienséance académique et de descendre dans l’arène : une critique qui ne se protège pas en se bardant, au nom de la science (magiquement opposée à l’engagement politique), de précautions souvent plus opportunistes que méthodologiques.

Si certains d’entre vous appuient aujourd’hui cette critique corrosive - la nôtre, en l’occurrence - parce qu’elle concerne leur mouvement, pourquoi ne le font-ils pas à d’autres moments et à d’autres propos ? Les enseignants-chercheurs sont dans la rue ? Fort bien. Et si la critique sociale et particulièrement la critique des médias y descendaient aussi ? Cela ne nuirait en rien à la qualité des publications proprement scientifiques. A moins que le souci de la respectabilité académique et de la notoriété médiatique ne l’emporte sur toute autre considération…

2. Pour d’autres relations avec les médias

Sous couvert de débat démocratique, il est admis comme allant de soi que l’on doive se prêter à son simulacre, en occupant les strapontins qui sont réservés aux contestataires dans les pages des tribunes libres et les médias audiovisuels.

N’existerait-il donc que cette alternative : le boycott impuissant ou la participation complaisante ? Faut-il se résigner ou bien à se taire ou bien à accepter de s’exprimer à n’importe quel prix et dans n’importe quelles conditions ?

Par temps de mobilisations sociales, faut-il consentir, dans l’espoir illusoire de faire passer un message significatif en quelques secondes, à se laisser traiter en simples passants pour « micros-trottoirs » ? Faut-il accepter, sous couvert de transparence, d’attribuer aux journalistes un droit d’ingérence sans limites dans les délibérations démocratiques d’un mouvement et un droit de sélection de ses porte-paroles ? Et de façon plus générale, faut-il accepter de jouer les figurants dans des « talk-shows » dont les modalités désamorcent par avance toute possibilité de vrai débat ? Faut-il contribuer à vernir de légitimité démocratique des journaux qui combattent jour après jour les opinions et les savoirs que l’on cherche à partager ?

Plutôt que de se laisser séduire par des opportunités ponctuelles (quitte à se plaindre le lendemain de sa naïveté de la veille), voire de concourir dans la foire aux vanités individuelles, ne vaut-il pas mieux, amis des Universités, faire émerger un intellectuel collectif qui soumettrait les médias à son examen et saurait poser quelques exigences des acteurs mobilisés et des chercheurs spécialisés avant d’intervenir dans les médias ; un intellectuel collectif qui s’efforcerait de définir, avec les journalistes qui comprennent cette nécessité, les conditions de débats effectivement pluralistes ?

3. Pour d’autres médias

Au nom d’autres priorités ou d’urgences plus pressantes, la question des médias est souvent considérée comme subalterne ou, au gré des questions sociales et politiques à l’ordre du jour, réduite à un problème de choix entre les médias eux-mêmes.

Une critique conséquente des médias ne peut se borner à faire le tri entre les « bons » médias qui soutiennent la contestation en cours et les « mauvais » qui la combattent, et préconiser le boycott des seconds… quand la plupart pourraient être mis en accusation en d’autres occasions ou sur d’autres sujets. Boycotter Le Monde pour soutenir Libération ? Comme s’il ne s’agissait que de préférer un parti-pris à un autre… N’y aurait-il donc que cela à dire ou à faire ?

Qui ne voit que c’est l’ensemble de la couverture des questions sociales et des mobilisations qui, en tenant compte des différences observables entre les médias et selon les sujets, doit être contesté ? Question de cohérence, mais aussi de solidarité, du moins si l’on ne veut pas s’en tenir à des critiques occasionnelles et sectorielles, voire corporatives.

Qui ne voit que c’est l’ensemble de l’ordre médiatique et des conditions d’activité des journalistes qui est en cause ? C’est cette question qui - avec les journalistes et leurs syndicats, avec les médias associatifs, avec les syndicats, les collectifs, les associations - doit être à l’ordre du jour. Une question politique, donc, au même titre que celle de l’avenir de la Recherche et de l’Université.

Acrimed, le 6 avril 2009.
Notes

[1] Consultable sur plusieurs sites dont « Universités en lutte ».

[2] « Charte de bonne conduite vis-à-vis du journal Le Monde », rédigée par Jérôme Valluy, que nous ne discutons pas ici pour elle-même, notre propos étant plus général.


Je veux qu’elle vive…

Par Quid ? le samedi 28 mars 2009, 06:39

Attention : Le scénario qui suit est un scénario-catastrophe qui n’a rien d’« abracadabrantesque ». Il s’appuie sur l’analyse de données réelles communiquées par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et par l’actuel président de l’Université de Toulon.

Le dossier complet peut être consulté sur ce site, où l’on trouvera aussi des témoignages officiels émanant d’autres universités au statut comparable à celui de l’Université de Toulon.

2011. L’Université de Toulon a fermé ses portes.

L’augmentation drastique du nombre d’étudiants inscrits, nécessaire au maintien du statut d’« université », ne s’était ni produite en 2009, ni en 2010, malgré une politique d’inscriptions « déréglementées » menée en direction des étudiants étrangers. D’« université », la fac était devenue « collège universitaire » : le seul diplôme délivré était la Licence (Bac +3), les diplômes supérieurs disparaissant (Master : Bac +5, Doctorat : Bac +8) ; des filières jugées « non rentables » avaient été purement et simplement fermées. De nombreux étudiants avaient donc dû quitter le Var pour aller poursuivre leurs études au sein du pôle universitaire marseillais ou du pôle niçois. Du moins, ceux qui en avaient les moyens, car les autres n’avaient pas eu d’autre choix que celui d’arrêter leurs études. Avec la transformation de l’université en « collège universitaire » avait aussi coïncidé l’augmentation des frais d’inscription, principale ressource financière disponible pour pallier la maigreur du financement privé, et un financement public réduit à peau de chagrin. La présidence avait bien tenté de renflouer les caisses en louant quelques-uns des locaux de l’université, ou même des emplacements publicitaires sur le campus, mais bien sûr, cela n’y avait pas suffi. Les personnels administratifs et enseignants ayant pris leur retraite n’avaient pas été remplacés, l’embauche ponctuelle de personnels précaires s’était développée pour tenter de pallier au maximum le sous-encadrement. Faute d’un nombre suffisant d’usagers sur le campus, le Restaurant Universitaire avait fermé. En 2011, c’est l’ancienne Université de Toulon qui avait dû « déposer le bilan », laissant personnels et étudiants sur le carreau.

Dans ces conditions, l’Université de Toulon risque de vous manquer, comme elle manquera à tous les étudiants qui n’auront pas d’autre possibilité d’accéder à l’enseignement supérieur, comme elle manquera à tous les personnels qui avaient choisi d’œuvrer à son rayonnement, comme elle manquera à tous les Varois soucieux du développement économique et culturel de leur département.

L’Université de Toulon va vous manquer… à moins…

À moins d’agir.

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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 07 Avr 2009, 10:58

Communiqué de la 8e Coordination Nationale des universités (6 avril 2009)
Cours à l'Université : pas de reprise sans le retrait des réformes contestées

Ayant pris connaissance du communiqué de Lionel Collet, président de la Conférence des Présidents d'Université, diffusé le lundi 6 avril 2009, la Coordination Nationale des Universités (CNU) réunie ce même jour tient à réaffirmer sa détermination à combattre les réformes qui menacent l'Université et la Recherche. Le mouvement inédit initié par la communauté universitaire depuis plus de deux mois a forcé les Ministères à manoeuvrer ; mais aucune de nos revendications n'a été pour l'instant satisfaite. La durée du mouvement de grève est à imputer au seul gouvernement. Les prétendues avancées obtenues ne sont que des trompe-l'oeil et ne modifient en rien la logique des réformes. En outre, la Conférence des Présidents d'Université n'a aucune légitimité à décréter unilatéralement la reprise des cours.
La CNU appelle donc le monde de l'éducation et de la recherche à poursuivre la lutte et à mener les actions nécessaires à son amplification et à son succès, en prenant part massivement aux manifestations, de la Maternelle à l'Université, prévues notamment :
- mercredi 8 avril
- mardi 28 avril
- vendredi 1er mai.

Ce printemps 2009, l'Université et la Recherche sont dans la rue.

Liste des porte-parole :
David Berrué, étudiant, Tours : David.berrue@hotmail.fr 06 89 04 58 92
Yvon Le Bourhis, BIATOSS, Univ Marne-la-Vallée : ducyvon@yahoo.fr 06 80 99 31 67
Manon Tertrain, étudiante, Paris 4 : manon.tertrain@gmail.com 06 81 85 29 29
Sarah Hatchuel, PU, Le Havre : shatchuel@noos.fr 06 36 03 10 72
Nathalie Vienne-Guerrin, PU, Montpellier 3 : nvienne@club-internet.fr 06 79 94 03 56
Mathieu Bonzom, Paris 10 : mathieu.bonzom@gmail.com 06 50 07 37 66
Rémi Georges, vacataire, UMLV : rem.georges@gmail.com 06 15 02 29 62


I. Motions :


1.Motion générale : UNIVERSITÉ : LE MOUVEMENT CONTINUE

La CNU réunie ce jour à Paris III, réaffirme sa détermination intacte et absolue face au massacre, organisé par le gouvernement, du service public de l’Enseignement et de la Recherche.
Le mouvement durera tant que nous n’aurons pas obtenu le retrait des réformes contestées depuis tant de semaines maintenant. Le gouvernement n’a jusqu’ici répondu que par des simulacres de négociation : face à un tel mépris la CNU appelle à la poursuite de la mobilisation sous toutes ses formes ; grèves, blocages, démissions administratives… pour obtenir satisfaction sur l’ensemble de ses revendications.
En outre, elle attire l’attention solennellement sur un phénomène nouveau et inquiétant : la violence policière contre des manifestants pacifiques est devenue, dans maintes villes de France, l’unique mode de gestion de cette crise. Elle dénonce la multiplication des pressions administratives à l’égard des membres de la Communauté Universitaire et de Recherche.
Elle appelle à la convergence des luttes du privé et du public, à la radicalisation du mouvement, et à la désobéissance civile, notre réponse à la répression politique du mouvement de contestation.
Le gouvernement compte sur les vacances de printemps pour éteindre le mouvement. Mais ce printemps, nous sommes dans la rue, nous y restons.

2. Motion sur la validation du semestre

La CNU soutient les UFR et les IUT qui décideraient la validation automatique du semestre pour les étudiants et l’obtention de la note nécessaire pour s’inscrire dans la formation de leur choix.

3 . Motion sur les violences policières

La CNU vote une motion sur les violences policières. Elle propose la création d’une commission sur cette question et apporte son soutien aux victimes de cette répression.

Nous étudiants, EC et biatoss nous élevons formellement contre la criminalisation de notre mouvement ainsi que les violences policières, de plus en plus nombreuses, qui ont touché ces derniers jours l’ensemble de notre communauté, dans un silence médiatique coupable. Nous appelons la communauté universitaire à une solidarité active avec les victimes de ces exactions. Plus globalement, la CNU s’indigne devant la dégradation sans précédent de la situation de la France sur le plan du respect des droits de la personne, récemment constatée par les instances de l’ONU et du Conseil de l’Europe.

II. ACTIONS


1. Manifestations :
Rappel de la manifestation du mercredi 8 avril (journée nationale de manifestation). Départ : 14h 30 Denfert Rochereau.

La coordination nationale appelle à des manifestations locales et régionales hebdomadairement pendant le mois d’avril.

Mardi 28 avril Sainte Valérie 14 h : Journée nationale de manifestation – associée au contre-sommet de Louvain (envoi de délégués à Louvain par les universités).

Participation massive à la manifestation du 1er mai et souhait d'un cortège « De la Maternelle à l’Université » en ouverture de manifestation.

Journée nationale de manifestations « De la Maternelle à l'Université » : date ouverte entre le 1er mai et le 15 mai – Les porte-parole de la CNU prennent langue avec les syndicats du secteur éducation pour fixer, dans un délai raisonnable, une date commune.

Dates à déterminer :
Manif contre les violences policières dont la thématique serait centrée sur la liberté et droits de l’homme, avec concours des associations concernées. Discussion des porte-parole avec les associations de défense des droits de l’homme.

Universités en marche : organisation d’une marche sur Paris à partir d’un point à préciser (durée 3 jours).

[b]2. Actions concernant l’extension du mouvement et la convergence des luttes :[/b]
- continuer et favoriser toutes les initiatives permettant de s'adresser aux secteurs primaire et secondaire pour réaliser l'extension de la lutte vers ces secteurs
- en direction des hôpitaux qui sont en buttes aux mêmes attaques que l'université dans le cadre les lois Bachelot ; appel à des actions communes.
- en direction de l'ensemble des services publics
- Cellules de comité de mobilisation vers les entreprises
- Solidarité par bassin d’emploi et organisation d’assemblées citoyennes (convergence luttes de l’Education Nationale et des autres luttes).
- Actions vers les sans papiers
- Actions en direction des professions précaires
- Préparation des Rencontres nationales de l’Education et de la Recherche pour réfléchir à l’avenir du système éducatif et définir une plateforme commune de lutte.

3. Propositions d'actions soumises à la CNU, n'ayant pas fait l'objet d'un vote, pour informations et réservoir d'idées...

a) Blocage des concours et examens
Concours des grandes écoles et concours d’enseignement : boycott des épreuves, perturbation et blocage et/ou rétention des notes.
Rétention des notes du second semestre et de la session de rattrapage, tant que satisfaction n’aura pas été obtenue sur la question de la mastérisation des concours. AG Aix-Marseille 1 : ultimatum (au-delà d’une date donnée). Ou donner les examens à tout le monde. Neutralisation du second semestre.
Non tenue des jurys de bac ; faire nommer aux jurys des actifs du mouvement qui donneront leur démission le jour de leur entrée en fonctions (demander à ne pas être nommé). Appel à la grève… VS La bonne action : aller aux jurys et bloquer la décision finale.
Pétition pour demander aux présidents d’universités de ne remonter aucun nom d’enseignant-chercheur afin de bloquer la constitution des jurys de bacs (ce qui dans les petites académies peut réellement nuire).

b) Grèves et démissions
- Journée « Bureau vide » pour la visibilité des BIATOSS.
- Grève tournante (une journée par semaine) et blocage les jours de manifestation et d’action nationale.
- Démission des fonctions administratives ; démission de toutes les instances de l’université et du CNRS qui mettent en œuvre les lois gouvernementales relatives à la LRU avec centralisation de ces démissions. Appel à la démission des membres de l’AERES et de l’ANR.
- Refuser toute heure supplémentaire à la rentrée 2009.

c) Actions coup de poings
- Au mois de mai, « L’UNIVERSITE EST PARTOUT » ; l’Université envahit l’espace public, fait cours partout et 24h/24h (cours publics, sit-in philosophiques – organisation de débats philosophiques, avec un animateur et un tableau noir – débats dans la rue, organisation de discussions et de lectures en ville – lectures collectives, distribution de livres, etc.)
- Hécatombe étudiante : à la lecture des décrets, les participants fuient ou s’effondrent sur la chaussée.
- Action « PQ »… : acheter tous le même produit (Papier toilette) et se présenter à la caisse avec chacun un rouleau à la main. Entasser les produits à l’entrée du supermarché.
- Péages et gares gratuits.
- Blocage des grands axes de circulation (carrefours, ponts, voies importantes) avec distribution de tracts explicatifs
- Mise en place d’une journée de blocage de façon complète d’axes de circulation avec répartition des différents blocages par université (Paris bloqué sur toute une journée)
- Séquestration des présidents d’université favorables à la réforme LRU et demande de la démission de tous les présidents d’université qui soutiennent le ministère.
- Action vers les préfectures et les rectorats. Occupation permanente des rectorats de France. Pas de résistance si la police intervient, mais retour tous les jours.
- Organisation d’une ronde des obstinés nationale ou organiser un tour de France des obstinés.
- Mise en place d’universités populaires
- Démantèlement symbolique de la Cité des Sciences et de l’Industrie (reprise de l’action « Tour Eiffel »).
- Course-relais de la Sorbonne à l’Assemblée nationale avec transmission de nos revendications et remise solennelle.
- Recherche : ne plus permettre l’évaluation automatique en mettant on adresse personnelle et son affiliation sur les publications.
- Grève de la faim
- Appels à la désobéissance civile
- Poursuite du printemps des chaises avec dévissage des tables des tables des amphis

d) Informations et médias

- Elaboration d’un tract national expliquant la similitude des problèmes et appelant à des actions communes (« Ni loi LRU à l’université ni loi Bachelot à l’Hôpital » ou « A l’hôpital, comme à l’université, stop à la suppression des postes)
- Un point sur les actions en cours autour de la violence.
- Rassemblement devant les grands media (ou « ronde autour d’un média ») ; investir le JT de 20 heures pour faire une déclaration
- Envoi quotidiens de fax aux journaux nationaux et régionaux des motions des AG (5 universités par jour)
- Campagne d’affichage nationale
- Faire circuler un mot d’ordre « pas d’examens »
- Opération « FEUILLES DE PAIE » (à envoyer à biatossparis8@gmail.com) : réunir des fiches de paie anonymées avec des infos personnelles ajoutées (« 20 ans de service », « 20 ans de coordination d’un département ») pour diffusion au Ministère, aux élus, à la presse, en version « affiche » pour les manifs.
- distribution de tracts dans les RER (tramways, métro, bus…).
- Pétition contre les violences policières http://www.snessup.univ-littoral.fr/petition
- Contacts avec la coordination parents/enseignants « école en danger » d’élèves : agnationale.org

e) Élection des porte-paroles :
- Mathieu Bonzom (doctorant) mathieu.bonzom@gmail.com
- Nathalie Vienne-Guerrin (EC) nvienne@club-internet.fr
- Rémi Georgess (Biatoss) rem.georges@gmail.com
- Sarah Hatchuel (EC) shatchuel@noos.fr
- Yvon le Bourhis (biatoss) ducyvon@yahoo.fr
- Manon Tertrain (étudiante) manon.tertrain@gmail.com
- David Berrué (étudiant) david.berrue@hotmail.fr


Prochaine coordination nationale des universités : organisation commune Paris I et Paris IV le lundi 27 avril.
Modifié en dernier par Nico37 le 07 Avr 2009, 15:59, modifié 2 fois.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Roro » 07 Avr 2009, 12:16

Rapide récapitulatif du mouvement sur Bordeaux.

Bordeaux 1 est toujours mobilisé mais a subit mardi et mercredi une expulsion par des enseignants-chercheurs, l'administration et la police.

Bordeaux 2 est toujours bloqué.

Bordeaux 3 également bloqué, mais toujours en diurne. A noter que l'AG des personnels et des étudiants a voté la neutralisation du second semestre. En clair, l'année ne comptera que sur le premier semestre, le rattrapage du premier semestre se ferait en septembre. En gros juis en vacances :lol: . Concernant la motion sur les examens, une prof a lu un très bon texte en sa faveur, avec une phrase, égarée : "la violence a toujours été le moteur de l'histoire" :D .

Bordeaux 4, l'amphi Auby est toujours occupé.

Science-po : blocage ce lundi (je ne sait pas ce qu'il en est à l'heure actuelle).

Ce mardi est prévu une AG inter-fac à 17h place de la victoire.

Jeudi 9 avril, une manifestation nocturne de toute l'éducation est prévue à 20h, RDV au pont de pierre, coté rive gauche.

Concernant Bordeaux 3, le président de Bordeaux 3, M. Brun, a remplacé M.Singaravélou suite à une élection. A noter que Brun s'en remet aux décisions des AG, ou en tout cas c'est ce qu'il affirme. Selon plusieurs enseignants, il serait également opposé aux réformes.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Olé » 07 Avr 2009, 20:05

Fac de dijon bloquée depuis deux semaines. reconduite cet aprem en ag.
manif de nuit jeudi prochain. les deux dernières se sont finies par gazage.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Pïérô » 08 Avr 2009, 10:58

nouveau "clash", de la branche jeunesse d'Alternative Libertaire :

Mouvement universitaire :
Autogérer, amplifier et tenir.


Avec des piquets de grève bloquants toujours plusieurs dizaines de facs, les objectifs sont clairs: amplifier et tenir. L’heure est aussi à la vigilance face aux tentatives de hold-up sur la lutte. Pour s’en prémunir, le plus simple reste de ne laisser personne diriger notre lutte, et de s’organiser pour l’autogérer.

Autogérer

Et dépasser la défense de sa chapelle… Comme c’est trop souvent le cas lors des coordinations nationales. Car plus qu’un lieu d’échange sur nos pratiques, nos objectifs et les moyens d’y parvenir, elles restent un front ouvert entre certaines organisations syndicales et politiques. Pour trop de militants de ces organisations, (NPA, LO, UNEF et sa tendance minoritaire…) l’enjeu des coord’ est la prise du contrôle de la lutte, au profit de leur organisation. A nous d’opposer à leur velléités de direction la démocratie directe, et le mandat impératif. Ainsi, le mandaté est tenu de défendre les positions définies en amont par l’AG : il ne fait pas ce qu’il veut. Et il n’est pas pour autant condamné à n’être « qu’un robot », ne pouvant que répéter mot pour mot les décisions de l’AG. En effet celle-ci peut adopter des positions de principes, répondant (dans la mesure du possible) aux circonstances particulières.

Amplifier

L’appel à l’abrogation de la LRU est un acquis. C’est aussi une position de repli. L’enjeu, c’est de sortir des limites sectorielles, pour toucher l’origine même du malaise : la dégradation de nos conditions de vie et sa cause, le capitalisme.
Cette perspective représente la limite même de notre lutte à l’heure actuelle: étudiants, nous sommes majoritairement
des travailleurs précaires. Notre mouvement n’est donc pas un simple « mouvement étudiant », de défense du statut, etc. C’est un mouvement politique, au sens où il s’agit de reprendre le contrôle de nos vies, de notre avenir. Sans tomber dans un catastrophisme stérile, il s’agit d’avancer des mots d’ordre simples, comme par exemple, « Non à la précarité et l’exploitation », les catalogues de revendications montrant leurs limites. A nous ensuite de développer cette perspective, de poser la question, en AG, des boites qui vivent concrètement du travail des précaires, des plus emblématiques
(Mac Do, Quick ou…La Poste) à toutes les autres. De pousser à sortir du simple défilé autour du centre ville, à des manifs devant ces boites. Posons aussi la question de la vie chère, à travers des pratiques de réquisitions de richesses dans les supermarchés, etc. Enfin, allons vers l’unification des secteurs en luttes : avec les lycéens, mais aussi plus largement en construisant des AG interluttes. La journée du 19 a montrée la volonté massive de luttes des salariés. Mais pour aller au delà de la simple journée, il est illusoire d’attendre le feu vert des organisations syndicales. C’est à la base que les perspectives de grèves reconductibles peuvent être construite, par les salariés eux-mêmes.

Tenir

La répression a déjà commencé. En particulier contre les piquets de grève, les procédures sont rodées : Intimidations, remises en cause de la « légitimité des AG » par une poignée d’anti-grévistes appuyés par l’administration… Intervention des flics. Et ce qui s’en suit, fermeture administrative avec la mascarade des référendums présentés comme le summum de la démocratie … Al’heure où les partiels se rapprochent, la pression va continuer a monter. Il s’agit de tenir.

Opposons à l’Etat notre détermination,
et ne lâchons rien.




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