Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede bajotierra » 06 Mar 2009, 10:27

La participation de Georges Apap, ex-procureur de la République de Valence

ARF !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
bajotierra
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede L'autre facteur » 06 Mar 2009, 12:02

Je ne connais pas les tenants et aboutisants là dessus. Si ce type est du genre curé défroqué ou quoi, et quelle etait l'idée du collectif de le faire venir. Après ça dépend le discours qu'il tient. Les autres intervenant sont plutôt marqués ou proches des libertaire au sens large.
Après le comité de soutien est un collectif d'individus dont l'objectif est la libération et l'information du public sur 'l'antiterrorisme", c'est pas une orga révolutionnaire ou je ne sais quoi !
Avatar de l’utilisateur-trice
L'autre facteur
 
Messages: 220
Enregistré le: 15 Juin 2008, 20:06

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede sebiseb » 06 Mar 2009, 12:13

Il y a également -> Gilles Sainati, Syndicat de la Magistrature
Je ne comprends pas votre réaction ? Organisé un débat avec que des gens qui ont d'emblé le même ou presque même point de vue, autant aller au café du commerce !
Et puis, tant mieux s'il y a des personnes qui dans la justice considère cette détention comme abusive et purement politique.. C'est probablement le cas pour ces personnes qui viennent comme intervenant dans ce genre de débat, mais ils permettront sans doute d'éclairer l'assembler sur des questions juridiques plus précisément ; sur quoi s'appuie "juridiquement" l'état pour maintenir en détention Julien Coupat ? Quels sont les lois d'exceptions vis à vis d'un présumé terroriste par rapport à un présumé délinquant ou criminel ? ... ?

Je trouve toujours regretable que certains anarchistes émettent un délit d'intention ! Enfin, si c'est le cas ici !?
$apt-get install anarchy-in-the-world
$world restart
Avatar de l’utilisateur-trice
sebiseb
 
Messages: 1093
Enregistré le: 14 Aoû 2008, 14:51
Localisation: Île de France - Centre

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede bajotierra » 06 Mar 2009, 12:51

Après le comité de soutien est un collectif d'individus dont l'objectif est la libération et l'information du public sur 'l'antiterrorisme", c'est pas une orga révolutionnaire ou je ne sais quoi !


Non c'est sûr c'est pas des révolutionnaires , des " je ne sais quoi " oui .

Organisé un débat avec que des gens qui ont d'emblé le même ou presque même point de vue, autant aller au café du commerce !


Pour le prochain débat antifasciste tu invites Marine le Pen alors ?
Dans une assemblée de grévistes pour les "éclairer" tu invites
- un patron
-un cadre UMP
-un êvêque


Et puis, tant mieux s'il y a des personnes qui dans la justice considère cette détention comme abusive et purement politique..

Dans la "justice" ils ont un pouvoir : Soit ils l'exerçent comme il faut soit ils démissionnent .
Par exemple s'ils jugent qu'il y a détention abusive , il s'agit d'un délit qui est réprimé par leur code pénal dans la circonstance aggravante qu'il est commis par des personnes dépositaires de l'autorité publique . ( Art 432 -5 )


ils permettront sans doute d'éclairer l'assembler sur des questions juridiques plus précisément

Des éclairages sur la "justice " bourgeoise ?
Je suis éclairé , merci , pas besoin qu'il m'expliquent leur CP , CPP et toute leur jurisprudence , cette logorrhée législative elle se juge au résultat :
Les pauvres vont en prison pour rien et les financiers criminels continuent leurs crimes en toute liberté .
bajotierra
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede sebiseb » 06 Mar 2009, 13:14

bajotierra a écrit:Pour le prochain débat antifasciste tu invites Marine le Pen alors ?
Dans une assemblée de grévistes pour les "éclairer" tu invites
- un patron
-un cadre UMP
-un êvêque

Ceux qui acceptent d'intervenir dans ce genre de débat sont généralement suffisament ouvert pour discuter avec leurs opposants, ou du moins ceux qui ne pensent pas tout à fait comme eux - En tout cas, probablement plus que militants anarchistes.. enfermés dans leurs certitudes !

bajotierra a écrit:Dans la "justice" ils ont un pouvoir : Soit ils l'exerçent comme il faut soit ils démissionnent .
Par exemple s'ils jugent qu'il y a détention abusive , il s'agit d'un délit qui est réprimé par leur code pénal dans la circonstance aggravante qu'il est commis par des personnes dépositaires de l'autorité publique . ( Art 432 -5 )

Ceux qui seront présent ne sont pas ceux qui maintiennent en détention Julien Coupat que je sache ?
Parce que toi M. Bajotierra ta vie est totalement conforme à l'idéal anarchiste !? Les quelques personnes que je connais et qui exercent une profession juridique, sans être anarchiste, le font parce qu'ils pensent réellement rendre une justice juste, pas parce qu'elles veulent détenir le pouvoir sur les âmes qui les entourent..

bajotierra a écrit:Des éclairages sur la "justice " bourgeoise ?
Je suis éclairé , merci , pas besoin qu'il m'expliquent leur CP , CPP et toute leur jurisprudence , cette logorrhée législative elle se juge au résultat :
Les pauvres vont en prison pour rien et les financiers criminels continuent leurs crimes en toute liberté .

C'est avec ce genre de discours que non seulement l'anarchisme est décrédibilisé et en échec ;
"Je sais, pas besoin d'autres explications ou points de vue - J'ai raison, et le monde entier (contre moi) à tort". Désolé de caricaturé, mais je ne comprends pas que l'on puisse resté aussi obtu et fermé au débat quand on a des convictions aussi vives que celle qu'ont les militants anarchistes !?
$apt-get install anarchy-in-the-world
$world restart
Avatar de l’utilisateur-trice
sebiseb
 
Messages: 1093
Enregistré le: 14 Aoû 2008, 14:51
Localisation: Île de France - Centre

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede joe dalton » 06 Mar 2009, 13:34

je suis bien mitigé sur la question, et si je suis pas loin de l'avis de barjotiera, la sortie de julien coupat n'est pas non plus idées pures a defendre, c'est une liberation effective qui doit etre obtenue ! si faut avaler des couleuvres...
par contre,
Des éclairages sur la "justice " bourgeoise ?
Je suis éclairé , merci , pas besoin qu'il m'expliquent leur CP , CPP et toute leur jurisprudence , cette logorrhée législative elle se juge au résultat :
Les pauvres vont en prison pour rien et les financiers criminels continuent leurs crimes en toute liberté .

je comprend pas cette maniere de voir, y a pas que les anars sur terre, et c'est ce qui ne sont pas anarchistes qu'il serait intéressante d'éclairer sur la justice ! la plupart des gens ne comprennent la justice et son but réél que quand ils ont affaire a elle, et qu'il est trop tard !
joe dalton
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede poolpikan » 06 Mar 2009, 15:53

joe dalton a écrit:je comprend pas cette maniere de voir, y a pas que les anars sur terre, et c'est ce qui ne sont pas anarchistes qu'il serait intéressante d'éclairer sur la justice !!


+1 je serais curieux de savoir comment on va s'en sortir sans discuter de la pratique et de la théorie avec les gens qui ne sont pas sur la même longueur d'onde .
+1 avec seb aussi sur tout .
toujours le problème d'avoir des idées trop dogmatisées et qui au final font ne plus prendre en compte les choses telles qu'elles sont . c'est beau les idées mais fat pas que ça ressemble trop non plus à de la fuite .
Le problème n'est pas gauche-droite. Il est haut-bas.
poolpikan
 
Messages: 185
Enregistré le: 15 Juin 2008, 15:33

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede bajotierra » 06 Mar 2009, 16:28

Ceux qui acceptent d'intervenir dans ce genre de débat sont généralement suffisament ouvert pour discuter

Tu vas loin dans ton ouverture , il s'agit d'un ex-procureur dela république , que fait il maintenant ? commissaire de police ou chômeur ?

En tout cas, probablement plus que militants anarchistes.. enfermés dans leurs certitudes !

Quand j'écris
Les pauvres vont en prison pour rien et les financiers criminels continuent leurs crimes en toute liberté

c'est plus qu'une "certitude" c'est une réalité , une réalité tellement énorme qu'on a pas besoin de se dire anarchiste pour la dire

Ceux qui seront présent ne sont pas ceux qui maintiennent en détention Julien Coupat que je sache ?

l'ex procureur n'a pas mis Coupat en taule mais en tant que tel il a fait mettre d'autres gens en prison , il y a pas que Coupat dans la vie .

Parce que toi M. Bajotierra ta vie est totalement conforme à l'idéal anarchiste !?

Dans cette société rien n'est fait pour qu'on puisse vivre un quelqconque idéal , mais par contre rien n'oblige a la bassesse et ce n'est pas un point de vue anarchiste que je développe , je souléve une simple question de dignité .

C'est avec ce genre de discours que non seulement l'anarchisme est décrédibilisé et en échec ;

Toi t'as trop lu quierrot .

Les quelques personnes que je connais et qui exercent une profession juridique, sans être anarchiste, le font parce qu'ils pensent réellement rendre une justice juste,

Soit tu ne leur a pas bien posé la question soit tes fréquentations ne sont que de vils laquais du pouvoir
bajotierra
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede sebiseb » 06 Mar 2009, 18:12

bajotierra a écrit:
Les pauvres vont en prison pour rien et les financiers criminels continuent leurs crimes en toute liberté

c'est plus qu'une "certitude" c'est une réalité , une réalité tellement énorme qu'on a pas besoin de se dire anarchiste pour la dire

Sur ce point on est d'accord !

bajotierra a écrit:
sebiseb a écrit:Les quelques personnes que je connais et qui exercent une profession juridique, sans être anarchiste, le font parce qu'ils pensent réellement rendre une justice juste,

Soit tu ne leur a pas bien posé la question soit tes fréquentations ne sont que de vils laquais du pouvoir

C'est un procès d'intention que tu me fais, que tu leur fais ! C'est pas ma façon d'avancer, et désolé de ne pas aller monter une république anarchiste en lozère.. qui serait coupé de tout ceux qui ne pensent pas comme moi..
$apt-get install anarchy-in-the-world
$world restart
Avatar de l’utilisateur-trice
sebiseb
 
Messages: 1093
Enregistré le: 14 Aoû 2008, 14:51
Localisation: Île de France - Centre

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Nico37 » 06 Mar 2009, 18:55

Une justice juste est un oxymore :!:
Les prisons sont surpeuplés de personnes qui n'ont au sens strict du "droit bourgeois" (plénoasme :?:) rien à y faire : il y en aurait près de 40% souffrant de troubles psychiques :!: Et les plus grands criminels ne sont pas en prison mais au G8 et autres méga sommets type Davos ou O.T.A.N.
Quant à discuter avec des professionels de la justice, il n'y a guère que certains avocats (Henri Leclerc est très intéressant et ouvert) et certains administratifs des tribunaux qui vaillent le coup :!: Que peuvent t'apprendre un juge et un procureur sinon qu'ils "défendent" la société contre elle même :?: Evidemment il va l'enrober d'un discours autojustificatif mais rien que lire la loi sur la prévention de sûreté et ses décrêts applicatifs et bien plus intéressant car cela te donne l'idéologie appliquée de ceux qui nous envoient au zonzon...
Et puis suffit d'assister aux séances publiques de n'importe quel tribunal pour comprendre ce qu'est la justice et ses executants...

Nicolas
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Coupat: décision le 13 mars sur une éventuelle remise en lib

Messagede georges » 06 Mar 2009, 19:05

http://fr.news.yahoo.com/3/20090306/tfr ... 2d366.html


Coupat: décision le 13 mars sur une éventuelle remise en liberté
Le parquet général de la cour d'appel de Paris s'est opposé vendredi à
la demande de remise en liberté de Julien Coupat, présenté comme le chef
de la cellule soupçonnée de sabotages de caténaires SNCF, examinée
vendredi par la cour d'appel de Paris. Elle rendra sa décision le
vendredi 13 mars à 14h
, a-t-on appris de sources judiciaires.[/quote]
georges
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede CARNUS » 06 Mar 2009, 19:24

Comme malheureusement je le craignais, Julien reste en détention à la Santé,
le parquet a refusé une fois de plus sa remise en liberté sous contrôle judiciaire.

Que le cul lui pelle au parquet, et que les bras lui tombent, comme on dit dans le sud-est;
tu parles, avec les "ordres" qu'il doit avoir de MAM-DATI-SARKO

Je suis dégouté, au bord des larmes et de la haine,
Salutations Anarchistes, Denis.
CARNUS
 

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede sebiseb » 06 Mar 2009, 19:48

Nico37 a écrit:Une justice juste est un oxymore :!:
Les prisons sont surpeuplés de personnes qui n'ont au sens strict du "droit bourgeois" (plénoasme :?:) rien à y faire : il y en aurait près de 40% souffrant de troubles psychiques :!: Et les plus grands criminels ne sont pas en prison mais au G8 et autres méga sommets type Davos ou O.T.A.N.
Quant à discuter avec des professionels de la justice, il n'y a guère que certains avocats (Henri Leclerc est très intéressant et ouvert) et certains administratifs des tribunaux qui vaillent le coup :!: Que peuvent t'apprendre un juge et un procureur sinon qu'ils "défendent" la société contre elle même :?: Evidemment il va l'enrober d'un discours autojustificatif mais rien que lire la loi sur la prévention de sûreté et ses décrêts applicatifs et bien plus intéressant car cela te donne l'idéologie appliquée de ceux qui nous envoient au zonzon...
Et puis suffit d'assister aux séances publiques de n'importe quel tribunal pour comprendre ce qu'est la justice et ses executants...

Nicolas

Le débat s'intitule : "De la lutte contre le terrorisme à la logique de répression - Tarnac, mensonge d’état".
Crois-tu vraiment que l'ex-procureur accepte d'intervenir dans ce genre de débat s'il est fondamentalement dans la logique de mam, daty, sarkozy et consors ? A moins qu'il soit en phase terminal de son cancer, et qu'il souhaite un lynchage en règle plutôt que l'euthanasie passive, je doute qu'il n'est pas conscience de la point de vue du publique assistant à ce genre de débat..
$apt-get install anarchy-in-the-world
$world restart
Avatar de l’utilisateur-trice
sebiseb
 
Messages: 1093
Enregistré le: 14 Aoû 2008, 14:51
Localisation: Île de France - Centre

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede Nico37 » 06 Mar 2009, 20:14

Ledit communiqué de presse n'étant ni sur le site ni passé sur la liste de diffusion, un syndiqué peut-il confirmer sa réalité ?

SNESUP-FSU
78, rue du Faubourg Saint-Denis
75010 PARIS
Tél : 01 44 79 96 10
Fax : 01 42 46 26 56
http://www.snesup.fr


Communiqué de presse du SNESUP – FSU


Liberté pour Julien Coupat !

Vendredi 6 mars, la Cour d’appel de Paris devra statuer sur la demande de mise en liberté de Julien Coupat, doctorant en philosophie à l’EHESS.
Incarcéré le 15 novembre dernier, Julien Coupat a été mis en examen pour « direction d’association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste ». Cette accusation fantasmatique ne repose sur aucun élément matériel. La fameuse affaire des « caténaires » n’est qu’un prétexte pour emprisonner un intellectuel dont les écrits jugés trop « subversifs » dérangent le gouvernement.
À ceux qui proposaient d’enfermer Jean-Paul Sartre, le général de Gaulle avait répondu : « On n'embastille pas Voltaire ». Manifestement, le pouvoir actuel ne semble pas si bien éclairé.
À l’heure où le gouvernement fait la sourde oreille devant les protestations de la communauté universitaire, l’incarcération de l’un de ses membres ayant accompli un brillant parcours est du plus mal venu. À travers Julien Coupat, c’est la liberté de penser qui est aujourd’hui menacée. La liberté d’écrire également. En somme, c’est la vocation première de l’université qui est remise en cause : la liberté sur laquelle elle avait été fondée au XIIIème siècle.
Fidèle aux valeurs démocratiques et républicaines ainsi qu’à la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen, le SNESUP est tout autant attaché aux principes fondamentaux du droit, et notamment au principe de la présomption d’innocence selon lequel est innocent toute personne qui n’a pas été condamnée par un tribunal. Le SNESUP est particulièrement attentif à défendre ces droits s'agissant d’un membre de la communauté universitaire mis en cause pour ses écrits.
Au nom du respect de la présomption d’innocence, le SNESUP s'associe à la demande de libération immédiate de Julien Coupat et appelle l’ensemble de la communauté universitaire à appuyer cette demande en se rassemblant vendredi 6 mars à 14H00 devant la Chambre d’instruction du Palais de Justice de Paris (métro Cité, escalier A).

Paris, le 5 mars 2009.
Nico37
 
Messages: 8488
Enregistré le: 15 Sep 2008, 10:49

Re: Tarnac : quand la répression s’appelle anti-terrorisme

Messagede fu hsang » 07 Mar 2009, 11:29

Sur le fait de s acoquiner avec des malandrins et autres
que ce soit suite à l’affaire autour du groupe marxiste-léniniste “secours rouge” [1] ou dans le cas du comité de soutien aux “9 de Tarnac”, nous avons vu des élans de solidarité se confondre avec des collaborations pour le moins douteuses.
Que des gauchistes indignés - toujours prêts à réclamer un meilleur fonctionnement de l’Etat, sans jamais remettre en cause ses structures - sautent sur le nouvel os à moelle qui pourra les aider à placer leurs pions sur l’échiquier politique ou qui occupera leurs dimanche après-midi, c’est une chose. Mais que des camarades, des compagnons ou des amis s’enlisent aussi dans des discours vaseux au point de ne plus voir ce qu’il pourrait faire d’autre et d’oublier qu’ils ont aussi des idées à avancer, ça, ça fait mal.

Au secours… des rouges

“Si les épigones des forces autoritaires qui ont étouffé tant d’élans subversifs sont, en tant que nombre et projet, mal en point, pourquoi les aider à sortir de leur désastre ? Pourquoi s’attarder parmi les momies alors que le vent souffle fort ? Eux, font des calculs politiques, nous pas.”
anonyme, dans “A l’air libre”

Bien que semblables dans leurs dynamiques, ces deux manières de rallier des gens autour d’une certaine “solidarité” diffèrent quelque peu dans leurs discours.

Pour le secours rouge, rien ne change : “Nous avons un ennemi de classe commun à affronter et nous règlerons nos différents politiques plus tard”. Tant pis s’il faut faire le grand écart pour accepter la défense de certaines associations citoyennes retirant les idées révolutionnaires des inculpés pour en faire de simples victimes du déni du droit à l’expression. Tant mieux si quelques anti-autoritaires se joignent à eux. Tant que ça sert la Cause, tout est bon dans le cochon.

Rien de bien neuf donc, on ne change pas une équipe qui perd. C’est déjà comme ça que le parti communiste révolutionnaire et son komintern avaient justifié le retour à un discours “classe contre classe” dans les années ’30. Discours qui trouve sa forme la plus claire dans le texte Appel aux fascistes [2]. Ce texte, écrit en 1936 par Togliatti, tend explicitement la main aux “camarades fascistes” qui ont eux aussi comme ennemi les “requins capitalistes”. Par moment cela donne ce genre de chose : “Les communistes adoptent le programme fasciste de 1919 (ndlr : édicté par Mussolini) qui est un programme de liberté. (…) Travailleur fasciste, nous te donnons la main car nous voulons construire avec toi l’Italie du travail et de la paix, nous te donnons la main car nous sommes, comme toi, des fils du peuple, nous sommes tes frères, nous avons les mêmes intérêts et les mêmes ennemis”.
Voilà, ce que l’idée de “l’alliance objective” peut parvenir à faire quand on ne prend qu’un critère pour lutter.

Pour ce qui est de la postposition de la résolution des conflits politiques, merci, mais les exemples de la guerre d’Espagne de 1936, de Cronstadt ou de la Makhnovstchina nous ont déjà enseigné à refuser ce genre d’alliance. Et puis, plus simplement, peut-on lutter ou apporter son soutien à des gens qui veulent instaurer un régime qui ne peut être que totalitaire de par les structures qu’ils proposent (parti révolutionnaire, politburo, prépondérance du travail,…) ? Un régime qui gardera des prisons ou des “camps de rééducation” –selon le jargon- pour les déviants et autres incontrôlés ?

Mais alors, comment des camarades aux idées anti-autoritaires ou luttant pour l’auto-organisation peuvent-ils se joindre aux différentes manifestations de soutien (rassemblements, soirées-concerts, émissions radio,…) au secours rouge ? La réponse est probablement à trouver partiellement dans des vieux restes d’un à-priori d’unité ou de proximité entre “révolutionnaires”, dans une vieille image du front populaire s’affrontant à la droite fasciste et réactionnaire. Et pourtant, tout a déjà été dit cent fois et beaucoup mieux que par moi : “L’unité anti-fasciste n’a été que la soumission à la bourgeoisie… Pour battre Franco, il fallait battre Companys et Caballero. Pour vaincre le fascisme, il fallait écraser la bourgeoisie et ses alliés staliniens et socialistes. Il fallait détruire de fond en comble l’Etat capitaliste(…) L’apolitisme anarchiste a échoué” (los amigos de Durruti, 1937)
Le comité très visible

Du côté des comités de soutien [3], c’est une logique assez similaire, mais, en apparence en tout cas, moins marquée idéologiquement. Étant donné la largeur et les différences flagrantes entre les personnes impliquées dans ceux-ci, nous parlerons ici uniquement de la schizophrénie des camarades impliqués dans ces comités.

Ici, la logique de départ peut plus ou moins se résumer en ces quelques mots : “Des amis ou des camarades se retrouvent en prison, merde, vite, vite il faut faire quelque chose pour les en sortir”. La dynamique qui s’ensuit, elle, mérite bien quelques paragraphes.

Partant du constat qu’on n’est pas nombreux et d’une drôle d’idée que ça serait le nombre qui compterait ; il leur faut trouver un point d’attaque pas trop fâchant qui permettra de rallier des gens. Et pour ça, quoi de mieux que de feindre l’indignation face aux dits “abus” de l’Etat (ici via les lois anti-terroristes) ? C’est assez large comme critère. En temps voulu le bouchon sera poussé jusqu’à dénoncer l’incessante “dérive du droit” ; laissant supposer que le droit en soi serait une chose neutre et que seule son application serait problématique.

Et puis, toujours dans cette course au nombre, et vu que les moyens mis en place sont trop faibles face à la hauteur de la situation, on va aussi aller chercher quelques intellectuels de gauche, ça donne du crédit ça. Tant pis si cela ouvre grand les portes au crédit de leurs positions politiques social-démocrates. “On ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs”, comme disait ma mère.

En outre, par soucis de “rétablir la vérité” auprès de cette fameuse « opinion publique », certains donneront des interviews à des journaux ayant directement participé au grand spectacle médiatico-policier du 11 novembre en reprenant allègrement les thèses de la police et en étalant dans leurs pages la vie de certains des inculpés. Là encore, comme si le moyen de la presse officielle était neutre. Comme si on ne savait pas que pour que l’article soit accepté il allait falloir s’auto-censurer sur des propos trop “vindicatifs” ou que le journaleux n’allait finalement garder que ce qui irait dans sons sens (ou, s’il est sincère, que ce qu’il peut comprendre ou ce que lui déciderait comme ayant de l’importance) pour remplir le nombre de signes demandés par son rédacteur en chef ; noyant alors ces propos dans le flot d’informations insignifiantes quotidien. Parce que c’est là aussi la magie de la démocratie, la puissance à pouvoir tout pacifier ou à laisser tout dire tant que les mots restent des mots et n’appellent pas aux actes.
Stratégie quand tu nous tiens

Ces deux dynamiques partent d’un constat ou d’une crainte qui concerne chaque (groupe de) personne ne suivant pas le cours tranquille de la vie “normale” : comment ne pas se retrouver isolés et donc plus faible ? C’est sur les réponses données à cette question que nous différons.

Selon les deux stratégies rapidement énoncées auparavant, sortir de l’isolement signifierait s’adresser à l’opinion publique. Et souvent cette démarche est accompagnée d’une réserve pour ne pas “brusquer les gens”. Dans un premier temps, on va dire ce qu’on pense qu’ils peuvent entendre (le secours rouge a au moins ça pour lui qu’en tant que tel il est toujours clair sur ses positions, mais par contre il est moins rigoureux sur le choix de ses alliés). Position particulièrement arrogante dans le sens où elle part du présupposé que ce qu’on vit est tellement différent que peu de personnes peuvent s’y reconnaître.

Or, la répression et le sentiment d’insatisfaction face à ces vies perdues sont assez répandus. C’est parler de ce vécu commun et le replacer sur un terrain de lutte qui pourrait éveiller non pas l’indignation, mais la rage auprès de la dite “opinion publique”. Mais, bien que l’on aime pas se l’avouer, c’est bien souvent le spectre du “prisonnier politique” qui, même sous une forme ammoindrie, continue à planer au-dessus de nos têtes.

Si cette position ne nous semble pas être un point de départ intéressant pour s’affronter à la répression, elle est d’autant moins tenable qu’elle nous amène très vite à mentir [4], à cacher des choses, à éluder des sujets ou à affirmer des idées qu’on ne pense pas. On va tantôt nier sa position de révolté, renier des connaissances, ou encore s’indigner face aux “abus policiers”, aux “lois liberticides” et au “non-respect des procédures judiciaires ” … Tout en sachant très bien que ce ne sont pas des “dérapages” du système, mais des méthodes inhérentes à celui-ci et que dans le négatif de toutes ces plaintes peut se lire une demande de remise à flot de l’épave de l’Etat de droit alors que nous pourrions encore lui envoyer quelques boulets de canon.

Loin d’être une déduction abstraite de notre part, ce désir d’un Etat qui respecterait ses propres règles en tant que garant du bon fonctionnement de la démocratie est d’ailleurs tenu ouvertement par des intervenants invités lors de soirées de soutien, des signataires de carte blanche ou des associations ayant écrits des communiqués de soutien (auxquels on donne du crédit en les diffusant). Preuve flagrante du consensus mou sur lequel se base cette alliance et de l’impossibilité de tenir un discours proche de nos idées.

De même la carte de l’innocentisme jouée à tout crin relève de l’escroquerie intellectuelle. S’il ne s’agit pas de revendiquer des actes restés anonymes, pousser le bouchon jusqu’à essayer de faire croire que c’est parce qu’on est épicier, parce qu’on traduit un texte ou parce qu’on vit en communauté que la répression s’abat sur nous est une fausse analyse de la répression distillée de manière consciente afin d’atteindre ses objectifs. En effet, la répresion ne s’acharne pas sur chaque petit commerçant, ni sur les traducteurs de l’Union Européenne et pas même sur un quelconque hippy ayant rejoint la campagne. Ou, tout du moins, si elle le fait ce n’est pas pour ces raisons. Ce qui est attaqué dans ces deux affaires ce sont des liens, des idées et des pratiques relevant d’un discours reconnu comme étant “révolutionnaire”.

Faire passer l’outil répressif pour un ramassis de flics et de juges débiloïdes en caricaturant certaines de leurs incapacités - mis à part que ça nous permette de bien rire entre potes - ne permet pas de le considérer pour ce qu’il est. On ne montre que les traits grossiers d’une machine visant à mettre au pas la contestation sociale, alors que le caractère totalitaire du contrôle est bel et bien plus finaud. (carte d’identité, registre national, biométrie, fichiers permettant les bases de données, surveillance téléphonique,…)

Là où nous voyons l’impasse de ce genre de stratégies (au-delà du fait qu’elles ne soient justement que pures stratégies et qu’elles n’émanent pas de ce que nous sommes, de ce que nous portons, de ce que nous ressentons) c’est que, si elles permettent de rallier beaucoup de gens (ce qui reste encore à démontrer), les unions se font sur de fausses bases ou sur un ensemble de positions qui restent les unes à côté des autres. Et, soit, on reste avec l’insatisfaction d’un discours édulcoré pour cause d’alliance foireuse, soit les dissensions pointent le bout du nez au moment où tombent les masques. Cette constitution d’une “force collective” apparaissant alors pour ce qu’elle est : une illusion.

A moins que vous (et votre groupe de camarades) ne vous considériez comme un super stratège qui aura, après une première phase de préparation, réussi à “radicaliser les masses”. Mais il faut être bien malin pour y parvenir sur la longueur. Et, quand bien même, nous n’envisageons pas notre implication dans les mouvements ou dans les luttes comme celle de personnes venant apporter la lumière à la plèbe ignare. Non, malgré nos différences, nous nous plaçons d’égal à égal avec les personnes rencontrées. Nous recherchons des complices pas de la pâte à modeler. Des complices avec qui partager des idées/pratiques et avec qui nous pourrons peut-être faire un bout de chemin ensemble au-delà de cette lutte spécifique. Et s’il est vrai que la question de la forme selon laquelle nous partageons nos idées afin qu’elles puissent être accessible est pertinente, le fond, quant à lui, ne change pas au gré du vent ou selon les circonstances des forces en présence.

Sans quoi, et nous ne l’avons que trop expérimenté, toute l’énergie déployée ne viendra qu’alimenter les luttes partielles visant à un aménagement du système, vu que nous-mêmes nous n’aurons pas porter une critique plus globale en partant d’une situation spécifique (prison, sans-papiers, lois liberticides,…)
Sortir de l’isolement

Agir entre convaincus alors ? Certainement pas ! Mais agir sur des bases claires qui permettent de rencontrer des compagnons de lutte (et plus si affinités) et à faire exister nos réelles idées. Parce que nous ne nous sentons pas plus forts quand nous sommes nombreux sous une banderole faible.

Pensons-nous être si exceptionnels -que nos idées soient tellement farfelues - au point que personne ne pourrait nous comprendre ?

En ces temps de grogne de plus en plus généralisée, rien n’est moins vrai. Les oreilles et les esprits sont probablement plus ouverts aux remises en question. Encore nous faut-il savoir saisir les occasions et mettre en avant nos idées de manière décomplexée.

Il ne s’agit pas de se doter d’une parure radicale, ce n’est pas non plus un appel au repli identitaire. Nous disons juste que tout n’est pas que stratégie. Que les moyens ne sont pas neutres et que, même s’ils peuvent aider à sortir des camarades de prison, certains d’entre eux nous affectent et laissent des traces.

Certains diront que ce texte relève de la discussion interne, que nous hurlons avec les loups de la meute policière. Nous affirmons que quand tout est étalé dans la presse officielle (tant par les journaflics que via la collaboration active de certains inculpés, membres de comités, parents,…) cete considération devient une chimère. Par ailleurs un “mouvement” qui ne laisse pas de place à des tentatives d’auto-critiques et reste campé sur ses certitudes est sclérosé et ne nous intéresse pas.

Extrait de Tout Doit Partir N°4,
fu hsang
 
Messages: 353
Enregistré le: 25 Jan 2009, 12:27

PrécédenteSuivante

Retourner vers Répression-anti-répression, résistance et soutien

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun-e utilisateur-trice enregistré-e et 2 invités