Attentats et « état d’urgence »

Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede Béatrice » 20 Mai 2016, 18:30

L’état d’urgence prorogé jusqu’au 26 juillet

Après le Sénat, les députés ont voté à leur tour, jeudi 19 mai, la prolongation de deux mois de l’état d’urgence, par 46 voix contre 20 et 2 abstentions.

http://www.lemonde.fr/societe/article/2 ... _3224.html

en relation directe avec le sujet :

Interdiction de manifester contre la loi Travail : "Une dérive de la démocratie", selon l'avocat de la Ligue des Droits de l'Homme


"Patrice Spinosi, avocat de la Ligue des Droits de l'Homme, a jugé mardi matin sur France Info que ces mesures sont une "une dérive de la démocratie".

"Le politique est pris au piège de l'état d'urgence et en profite pour utiliser l'état d'urgence pour faciliter le travail de la police, et cela, c'est une dérive de la démocratie" a-t-il réagi.

"L'état d'urgence est aujourd'hui utilisé par le gouvernement non plus simplement pour lutter contre le terrorisme mais pour faire de la réglementation intérieure et éviter que certaine personnes soient à des endroits où les forces de police ne veulent pas qu'elles soient", a-t-il expliqué."


http://www.franceinfo.fr/fil-info/artic ... -la-790363
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede digger » 20 Mai 2016, 20:05

Loi travail: une radicalité aux racines profondes à Nantes et Rennes
Stéphane Sirot, chercheur associé au Cevipof (le Centre de recherches politiques de Sciences Po).
http://www.lcp.fr/afp/loi-travail-une-radicalite-aux-racines-profondes-nantes-et-rennes

Quelles sont les spécificités de la contestation de la loi travail dans les deux métropoles de l’Ouest ?

...Mais les raisons sont différentes: en Loire-Atlantique, les racines sont très profondes, avec des démarches syndicales héritées de l’anarcho-syndicalisme. En 1955 par exemple, pendant les grèves des métallos à Nantes et Saint-Nazaire, les CRS étaient accueillis dans les usines avec des chalumeaux! Et cette tendance à la radicalité perdure en Loire-Atlantique, avec une frange de militants plus jeunes, qui se sont retrouvés autour de la Zad (sur le site prévu pour l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes) et qui ont eux aussi développé des pratiques assez radicales. On peut penser qu’elles ont essaimé en partie chez certains jeunes qui manifestent parfois assez rudement dans les rues de Nantes".


Alors c'est qui qui dit que tout fout le camp et que les jeunes et patati et patata?

Plus drôle. Hollande sur Europe1, mardi

"c'est un mouvement qui vient des zadistes et qui quelques fois peut comporter des personnes qui sont étrangères, européennes le plus souvent"


http://www.bfmtv.com/politique/manifestations-anti-loi-travail-les-casseurs-ca-suffit-previent-hollande-974800.html

Quand on vous dit que la ZAD est partout, c'est pas des bobards.
(La grippe aviaire par exemple, c'est qui, hein?)
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Messagede Pïérô » 31 Mai 2016, 01:24

Ma vie d’assigné à résidence

Depuis le 13 Novembre, 404 personnes ont été visées, parfois à tort, par cette mesure administrative. Parmi elles, Emrah, Mehdi, Claire et Issa.

... http://www.liberation.fr/france/2016/05 ... 1464433547
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede bipbip » 02 Juin 2016, 14:54

Paris vendredi 3 juin 2016

Réunion publique
« De l'état d'urgence à un état d'exception permanent »

Cette réunion sera animée Patrick Canin, membre du comité central de la Ligue des Droits de l'Homme
et suivie d'un buffet participatif.

à 19h30, Café associatif « La Commune », 3 rue d'Aligre, Paris 12e

Réunion publique sur le projet de loi de lutte contre le terrorisme et de réforme de la procédure pénale, organisée par l'observatoire de l'état d'urgence Paris 12 Ce projet de loi, renforçant la « lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement, et améliorant l'efficacité et les garanties de la procédure pénale » en cours de discussion, intègre dans la loi ordinaire des dispositions de l'état d'urgence ; il est donc extrêmement dangereux. Il donnerait au ministère de l'Intérieur et à la police des pouvoirs directement inspirés de l'état d'urgence : retenue administrative de quatre heures avec possibilité de consulter l'ordinateur de la personne, d'accéder à ses communications, de capter et d'enregistrer toutes ses données informatiques… Le projet introduit également une forme d'irresponsabilité pénale des forces de l'ordre, fondée non plus sur une stricte légitime défense mais sur la notion plus floue d'état de nécessité. Enfin, il développerait encore les moyens d'une surveillance massive des citoyennes et des citoyens. Plus largement, le texte s'inscrit dans la continuité d'un ensemble de textes législatifs qui ont renforcé les pouvoirs de police administrative ainsi que les règles de répression. Dans ce cadre, il poursuit une logique de transfert des compétences et pouvoirs du juge judiciaire vers le parquet et l'autorité administrative qui dépendent plus directement du pouvoir exécutif.

http://www.cl-aligre.org/spip/spip.php?article352
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede Pïérô » 12 Juin 2016, 11:56

L’Etat relance une série d’interdictions de manifester pour la manif du mardi 14 juin 2016

Attention, l’État retente le coup, plusieurs personnes participant au mouvement social contre la loi Travail se sont vu notifier samedi par les forces de l’ordre des interdictions d’être présent à la manifestation du 14 juin et dans le quartier de République. Ces décisions "individuelles" vont sûrement continuer à être distribuées dans les jours prochains, à Paris comme en province. Elles sont basées sur l’article 5-3° de la loi sur l’état d’urgence.

... http://paris-luttes.info/l-etat-relance ... rie-d-6116
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede bipbip » 14 Juin 2016, 02:04

Interdictions de manifester : la double peine

La Préfecture de police de Paris vient de pondre environ 130 arrêtés d’interdiction de manifester en vue de la journée nationale du mardi 14 juin.

Comme lors de la précédente vague d’interdiction, ces arrêtés s’appuient sur l’article 5 alinéa 3 de la loi sur l’état d’urgence, utilisée de manière continue contre la contestation sociale et sans aucun rapport avec une quelconque menace terroriste. Et comme la fois précédente, l’interdiction de manifester se traduit par la défense de se rendre dans la journée dans un certain nombre d’arrondissements de Paris (les 5e, 6e, 7e, 13e, 14e et 15e) et le soir place de la République et alentours.

Il y a cependant une différence notable avec les arrêtés de la journée du 17 mai : il semble que les récentes interdictions, au lieu de viser des militants connus des services de police et de renseignement, concernent plutôt des manifestants interpellés durant les précédentes manifestations. Il s’agit sans doute d’éviter le camouflet qui avait été infligé à la préfecture le 17 mai, lorsque le juge des référés avait suspendu neuf des dix arrêtés qui avaient été contestés devant le tribunal administratif de Paris. L’espoir de la préfecture, c’est que l’interpellation subie par les manifestants justifie, aux yeux de la justice administrative, la mesure prise à leur encontre – et ce alors même que nombre d’entre eux, qui n’ont pas encore été jugés, sont présumés innocents.

Naturellement, cette manière de procéder est tout aussi inacceptable que la précédente. On sait combien les interpellations de manifestants sont arbitraires et brutales. Piégés dans des nasses, arrêtés au hasard, détenus dans des locaux de garde-à-vue et poursuivis sur la foi des seuls affirmations approximatives des services de police, ces manifestants sont à présent interdits de retourner exprimer leur opposition à la politique du gouvernement. On leur applique une véritable double peine : ils subissent d’abord la répression d’une police qui cherche à justifier, par des arrestations massives, sa propre violence, et ensuite la loi sur l’état d’urgence prétend les empêcher de continuer à participer à la lutte.

Des recours peuvent être préparés contre ces arrêtés. Afin de les aider dans cette démarche, nous invitons une fois de plus toutes les personnes concernées à envoyer un mail au groupe de défense collective (Defcol) : defcol(at)riseup.net.

Groupe de défense collective (Defcol)
lundi 13 juin

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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede bipbip » 16 Juin 2016, 18:34

Mesures antiterroristes contraires aux droits humains (rapport de la FIDH)

Le prolongement excessif de l’état d’urgence, mesure censée rester exceptionnelle, et les modalités de sa mise en oeuvre menacent l’état de droit, déclare aujourd’hui la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) qui publie, avec le soutien de son organisation membre, la Ligue des droits de l’Homme (LDH), un rapport de mission internationale d’enquête intitulé "Mesures antiterroristes contraires aux droits humains : Quand l’exception devient la règle."

MESURES ANTITERRORISTES CONTRAIRES AUX DROITS HUMAINS :
QUAND L’EXCEPTION DEVIENT LA RÈGLE


Paris, le 9 juin 2016 – Le prolongement excessif de l’état d’urgence, mesure censée rester exceptionnelle, et les modalités de sa mise en oeuvre menacent l’état de droit, déclare aujourd’hui la FIDH qui publie aujourd’hui, avec le soutien de son organisation membre, la Ligue des droits de l’Homme (LDH), un rapport de mission internationale d’enquête intitulé « Mesures antiterroristes contraires aux droits humains : quand l’exception devient la règle. »

La mission, qui s’est déroulée du 14 au 18 mars 2016, portait sur la réponse française aux récents attentats terroristes, afin d’en examiner la compatibilité avec le respect des droits humains. Les chargés de mission de la FIDH, Maître Fatimata Mbaye, avocate mauritanienne, Maître Mokhtar Trifi, avocat tunisien et Monsieur Ramzi Kassem, professeur de droit américain, ont rencontré un grand nombre d’acteurs de la société civile française, des syndicats de magistrats, d’avocats, de police, la CNCDH et le Défenseur des droits, des personnes ayant été assignées à résidence ou perquisitionnées et leurs avocats, des parlementaires, des membres du Conseil d’état ainsi que des représentants de la Chancellerie.

« Cette mission a permis de dresser des constats particulièrement alarmants sur la mise en œuvre de l’état d’urgence depuis novembre 2015 : il ressort de l’analyse de la FIDH un affaiblissement important du principe d’égalité, à travers la mise en place de mesures qui stigmatisent une partie de la population, ainsi qu’un recul important de l’état de droit » a déclaré Karim Lahidji, président de la FIDH.

Le rapport publié ce jour reflète le contenu des discussions menées par la délégation de la FIDH avec les différents interlocuteurs rencontrés et présente une analyse des enjeux, en termes de respect des droits humains et de l’état de droit, des différentes mesures adoptées ou en cours d’examen en France au nom de la lutte contre le terrorisme, avec un focus particulier sur la mise en oeuvre de l’état d’urgence et l’absence de recours effectif.

« Le rapport dénonce la mise en place d’un régime d’exception permanent, au nom de la lutte contre le terrorisme, puisqu’au delà de l’état d’urgence, l’arsenal législatif adopté récemment ou en cours d’adoption entend pérenniser les mesures issues de l’état d’urgence, conduisant à un affaiblissement durable des libertés individuelles » a déclaré Françoise Dumont, présidente de la LDH.

Lire le rapport : Mesures antiterroristes contraires aux droits humains : Quand l’exception devient la règle :
http://www.ldh-france.org/wp-content/up ... d1_def.pdf

http://ldh-toulon.net/mesures-antiterro ... aires.html
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede bipbip » 17 Juin 2016, 14:31

La menace d’interdiction des manifestations contre le projet de loi travail porte atteinte aux droits et libertés fondamentales

La menace d’interdiction des manifestations à venir contre le projet de « loi travail » agitée par le Président de la République et le Premier Ministre, ainsi que les amalgames sur lesquels s’appuie cette menace, portent atteinte aux droits et libertés fondamentales.

L’action syndicale et la liberté de manifester sont garanties par la Constitution. Il appartient à l’Etat de faire le nécessaire pour que le respect de ces droits soit assuré.

De même, la protection de l’ordre public, comme la protection des personnes et des biens, qui sont également garantis par la Constitution, relèvent de la seule responsabilité de l’Etat et ne sauraient être imputées aux organisations syndicales participant au mouvement ou à leurs services d’ordre.

Les violences commises pendant la manifestation du 14 juin (comme lors des précédentes manifestations) ont aussi visé les manifestants et elles ont clairement été dénoncées par les organisations syndicales qui ont initié cette manifestation.

Attribuer aux organisations syndicales une responsabilité dans ces violences ou leur reprocher une attitude « ambiguë » ne repose sur aucune réalité et vise semble-t-il surtout à les décrédibiliser et à fragiliser une mobilisation légitime, qui appelle d’autres réponses, dans le respect de la démocratie.

La tentation d’une stratégie de la tension et de la force, que ce soit par le recours à l’article 49-3 ou par des menaces contre le droit de manifester, n’est pas la solution.

Le SAF joint sa voix à celles des organisations syndicales qui, dans leur diversité, appellent à l’ouverture d’un vrai dialogue sur ce projet de loi porteur de lourdes menaces contre les droits des salariés et des chômeurs.

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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede bipbip » 18 Juin 2016, 14:03

Tribune

Une soixantaine d'intellectuels, de militants et de syndicalistes appellent à résister au gouvernement et poursuivre les grèves, blocages et occupations.

Ce gouvernement a peur

Les voilà, leurs grandes peurs et leurs grands moyens pour essayer de la masquer en jouant les fiers-à-bras qui ne cèdent pas. On s’y attendait depuis des mois, et la voici brandie, la menace d’interdiction des manifestations. Un sommet dans l’inacceptable ? Il peut toujours y avoir pire avec ce gouvernement. Celui-là même qui commémore cyniquement les grèves du Front populaire. Qu’il défende ses intérêts, ceux des puissants, ceux des profits et de l’argent ; c’est de bonne guerre, c’est sa guerre ; mais qu’il ravale ses célébrations et récupérations d’un passé qu’il ne cesse de fouler au pied.

Ce gouvernement a peur : rien d’étonnant. Car il y a de quoi, devant nos solidarités face au pouvoir et son bras armé. Combien de témoignages sur ces manifestant·e·s qui, sans avoir besoin de rien se dire, prennent soin des blessé·e·s, malgré les gaz, les coups de matraque et les grenades de désencerclement ? Combien d’images de blessé·e·s que des policiers continuent de frapper à terre, tandis que spontanément se forment des chaînes pour les entourer et les protéger ? Combien d’initiatives, de textes, de rassemblements, de soutiens résolus contre les gardes à vue, les mises en examen, les condamnations iniques ? Pour les manifestant·e·s blessé·.e·s, mutilé·e·s, éborgné·e·s, dans le coma, combien de policiers seront inculpés ?

Hollande, Valls et leurs alliés voudraient briser cette vague énorme, celle qu’on a vu manifester par centaines de milliers. Ils mènent leur guerre sur tous les fronts : par une violence physique déchaînée ; par une violence judiciaire de magistrats aux ordres qui emprisonnent et brisent des vies ; par une violence médiatique faite de désinformation et de discrédit ; par une violence antidémocratique à coups de 49-3, d’interdictions de manifester et d’assignations à résidence au nom de l’état d’urgence ; par la violence sociale infligée à des millions d’hommes et de femmes précarisé·e·s ou licencié·e·s. Ce pouvoir voudrait à toute force empêcher ce qui lui apparaît dangereux et qui est immense par ses convergences : des quartiers populaires où l’on bataille depuis des années contre les violences policières, des luttes des migrant·e·s et des sans-papiers, des syndicalistes mobilisé·e·s, des étudiant·e·s et des lycéen·ne·s qui ne lâchent rien. La détermination est puissante, tout comme le sentiment que des personnes, des collectifs, des organisations qui jusque-là ne se parlaient pas ou peu se sont trouvés ou retrouvés. Ce pas franchi est si important qu’il le restera, et pour longtemps.

Mépris

Nous ne convaincrons pas les tenants de ce monde – et nous ne cherchons pas à le faire. Mais contre le discours dominant et tout-puissant, nous pouvons convaincre celles et ceux qui connaissent bien la violence au quotidien. La violence du mépris social et des abîmes qui nous séparent des possédants. La violence du chantage à l’emploi qui conduit à tout accepter, fait voler en éclats les solidarités et jusqu’à la dignité parfois. La violence de la souffrance, au chômage, au travail, de la mise en concurrence, du management par l’obéissance. La violence des contrôles au faciès et des discriminations. Forces de l’ordre ; mais de quel ordre ? L’ordre social des évadés fiscaux, du CAC 40 et des marchés financiers.

Quelques devantures de banques, d’assurances ou de supermarchés cassées ne sont rien comparées à cette violence. Quoi qu’on pense de leur pertinence, ces actions sont au fond surtout des questions : qu’est-ce qu’une banque et ce qu’il y a derrière, la tragi-comédie financière ? Brecht l’avait résumé d’un trait : «Il y a pire que braquer une banque, c’est d’en fonder une ». Comment pourrait-on nous faire croire que la violence de ce monde serait dans ces vitrines brisées ? Les médias sont doués pour ça, avec leurs scoops et leurs images en boucle, leurs sélections éhontées. Mais vient un temps où ça ne marche plus : il semble que ce temps soit venu.

Les patrons peuvent s’arrêter de patronner ; nous n’avons pas besoin d’eux. Mais quand les éboueurs, les dockers, les électricien·ne·s, les cheminot·e·s, les raffineur·se·s, les personnels hospitaliers, les personnels de l’éducation, les postier·e·s, les intermittent·e·s s’arrêtent, tout ce qu’elles et ils nous apportent devient soudain plus visible, plus évident. Quoi qu’il advienne de ce gouvernement, nous continuerons de manifester – et comment ! Mais pas seulement. Nous poursuivrons grèves, blocages et occupations. Ce sont les armes de celles et ceux qui en ont peu. Mais elles peuvent frapper bien plus fort que leurs matraques et leurs tonfas.

Signataires
Pierre Alferi (écrivain), Jean-Claude Amara (porte-parole de Droits devant !!), Nathalie Astolfi (enseignante), Ana Azaria (présidente de Femmes Egalité), Igor Babou (universitaire), Etienne Balibar (philosophe), Ludivine Bantigny (historienne), Amal Bentounsi (Urgence Notre Police Assassine), Eric Beynel (porte-parole de Solidaires), Daniel Blondet (militant anti-impérialiste), Antoine Boulangé (enseignant), Claude Calame (historien), Laurent Cauwet (éditeur), Manuel Cervera-Marzal (sociologue), Déborah Cohen (historienne), Christine Delphy (sociologue), Alain Dervin (enseignant), Paul Dirkx (sociologue), Joss Dray (photographe), Julien Dufour (doctorant en sociologie), Jules Falquet (sociologue), Eric Fassin (sociologue), Samantha Faubert (hispaniste), Sophie Fesdjian (anthropologue, enseignante), Alain Frappier (illustrateur), Désirée Frappier (scénariste), Bernard Friot (sociologue), Luc Gaffet (militant CGT), Fanny Gallot (historienne), Franck Gaudichaud (politiste), Valérie Gérard (philosophe), Céline Gondard-Lalanne (porte-parole Solidaires), Nahema Hanafi (historienne), Samuel Hayat (politiste), Eric Hazan (auteur et éditeur), Catherine Jardin (éditrice), François Jarrige (historien), Fanny Jedlicki (sociologue), Claude Kaiser (militant anti-nucléaire), Leslie Kaplan (écrivaine), Patrice Lardeux (militant CGT), Mathilde Larrère (historienne), Olivier Le Cour Grandmaison (universitaire), Pascal Maillard (universitaire et syndicaliste), Philippe Marlière (politiste), Bénédicte Monville-De Cecco (conseillère régionale IDF (EELV)), Olivier Neveux (historien d’art), Ugo Palheta (sociologue), Willy Pelletier (sociologue), Irène Pereira (sociologue), Roland Pfefferkorn (sociologue), Christian Pierrel (PCOF); Christine Poupin (NPA), Théo Roumier (appel des syndicalistes «On bloque tout ! »), Omar Slaouti (enseignant), Federico Tarragoni (sociologue), Jacques Testart (biologiste), Julien Théry-Astruc (historien), Michel Tort (psychanalyste), François Tronche (directeur de recherches au CNRS), Marlène Tuininga (4ACG), Béatrice Turpin (réalisatrice militante), Sophie Wauquier (linguiste)


http://www.liberation.fr/debats/2016/06 ... ur_1460153



Pétition je ne respecterai pas l’interdiction de manifester

François Hollande et Manuel Valls projettent d'interdire les manifestations. Les signataires ne respecteront pas cette interdiction. Ils manifesteront. Liberté!

https://www.change.org/p/je-ne-respecte ... ef=Default
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede bipbip » 21 Juin 2016, 12:53

bientôt 130 000 !

à faire tourner...
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede bipbip » 22 Juin 2016, 08:45

Si le gouvernement persiste, la LDH appellera à manifester le 23 juin aux côtés des organisations syndicales pour la défense des libertés publiques

La menace du gouvernement d’interdire la manifestation organisée par plusieurs syndicats le 23 juin constitue une atteinte aux libertés publiques inacceptable.

Les organisations syndicales ne sont pas susceptibles de créer un trouble à l’ordre public. Croire, dès lors, que le gouvernement ne serait pas en mesure de faire face à d’éventuels perturbateurs relève de l’alibi.

Le droit de manifester est une liberté publique essentielle, et la restreindre en même temps que le gouvernement a empêché le débat parlementaire d’aller jusqu’au bout et se prépare à recommencer, revient à porter directement atteinte à la vie démocratique de ce pays.

Si le gouvernement persiste dans ses intentions, la LDH appellera à soutenir l’action des organisations syndicales au nom de la défense des libertés publiques.

http://www.ldh-france.org/gouvernement- ... publiques/
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede bipbip » 29 Juin 2016, 15:19

Révolution ou terrorisme ?

Un an ! Un an ferme requis contre Jann Marc ! L’acharnement continue. Ne nous y trompons pas : toutes celles et ceux qui désirent une révolution sont concernés par cette menace, de Tarnac à Nantes, de Rennes à Marseille, de Montreuil à Toulouse…

RÉVOLUTION OU TERRORISME ?

Tous, par-delà nos différences. Car non seulement les propos de Jann Marc ont été déformés sciemment par le pouvoir politique, médiatique et judiciaire, non seulement il s’en est très clairement expliqué en reconnaissant sincèrement qu’il s’était exprimé maladroitement et que son propos pouvait prêter à confusion, puis en proposant de lui-même une autre formulation sans malentendu possible, mais surtout Jann Marc a toujours répété haut et fort son désaccord le plus total avec les jihadistes qu’il a toujours qualifiés d’ennemis, au même titre que le pouvoir qui s’acharne sur lui.

Jann Marc, ni aucun d’entre nous, n’a la moindre affinité avec les théocrates purulents et leurs serviteurs zélés, aussi réactionnaires qu’inégalitaires, exactement aux antipodes de nos désirs d’émancipation et d’égalité sociale.

Ni dieu ni maître. Ni capitalisme ni djihadisme. Que dire de plus ?

Une chose encore, qui est sans doute la plus importante. En agissant ainsi, le pouvoir a un objectif précis : continuer sa fabrique dans l’opinion d’une jonction — pourtant totalement imaginaire — entre terroristes intégristes et révolutionnaires anticapitalistes. Les éditocrates l’ont clairement annoncé : l’ennemi, c’est le terrorisme « islamo-gauchiste ». Hollande y a fait lui aussi allusion, récemment, aux côtés de Merkel, en demandant à cette dernière un renforcement européen dans la lutte « contre tous les terrorismes. » La confusion est totale, elle est volontaire et elle a besoin de noms, de coupables, d’exemples.

Jann Marc est de ceux-là. Sa liberté, à nouveau menacée, n’est que l’instrument d’un pouvoir qui joue quotidiennement avec les humains, qui les maltraite, qui les fourvoie, qui les massacre aussi, ne l’oublions pas, diversement, ici et ailleurs, et qui vient ensuite nous faire la leçon, nous parler de terreur, quand c’est lui qui sème la peur à longueur d’année, ciment de son édifice.

Car dans cette confusion, ce que le pouvoir oublie de dire, c’est que des révolutionnaires comme Jann Marc ne s’attaquent jamais à des innocents : ni l’insurgé grec qui tient un pavé ou un cocktail Molotov dans sa main face aux serviteurs zélés du pouvoir qui viennent piétiner ses initiatives autogérées et arrêter ses compagnons, ni le rebelle zapatiste qui lève son arme pour ne pas obéir aux injonctions de l’état mexicain, ni la camarade kurde du Rojava qui combat à la fois les troupes de l’état turc et celles de Daesch, ni même le jeune ouvrier anarchiste Caserio qui, en 1884, ose assassiner l’arrogant et ignoble président Sadi Carnot pour défier tous ceux qui cherchent à nous dominer.

Le terrorisme, ce n’est pas ça. Le terrorisme, c’est semer la terreur dans la société, en frappant aveuglément dans la population, quels que soient les motifs invoqués. D’ailleurs, remarquons que les terroristes de Daesch ne s’attaquent jamais à nos dirigeants, mais à des innocents sans pouvoir particulier, jamais à leurs homologues fascistes en France, qui pourtant répandent un racisme dévastateur à l’égard des musulmans, mais des personnes qui au contraire défendent notre diversité.

A l’inverse, frapper précisément le pouvoir sans jamais toucher aux innocents — quoiqu’on pense de cette stratégie, qu’on soit d’accord ou pas — ce n’est pas du terrorisme, c’est une forme de guerre sociale, d’action politique, de lutte révolutionnaire. Une forme qui a marqué l’Histoire, parmi d’autres.

Le pouvoir est aujourd’hui devenu tellement autoritaire et violent qu’il a de plus en plus peur de la riposte populaire. Il sait que, tôt ou tard, par trop d’arrogance, par trop de souffrance, par trop d’humiliation, certains choisiront de le frapper à la tête, de plus en plus nombreux. C’est inévitable et il le sait.

La confusion que sème le pouvoir, en sacrifiant Jann Marc sur l’autel du mensonge, n’a pas d’autre but : essayer de détourner l’opinion de la colère légitime qui un jour le détruira, d’une façon ou d’une autre.

Courage Jann Marc, mon ami, mon camarade, par-delà nos différences.

Yannis Youlountas

http://blogyy.net/2016/06/25/revolution-ou-terrorisme/
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede Pïérô » 30 Juin 2016, 16:55

Appel
Contre la mise en cage du droit de manifester

Contre la mise en cage du droit de manifester

Ce qui s’est passé jeudi 23 juin à Paris, à l’occasion de ce qui aurait dû être une manifestation contre la loi travail, est d’une gravité exceptionnelle. Un quartier entier de Paris a été occupé militairement, avec présence de fourgons et de troupes très en avant du lieu prévu pour la manifestation, pour exercer une pression par leur seule présence et par des contrôles parfois suivis d’interpellations.

Ensuite, autour de la place Bastille et du bassin de l’Arsenal, avaient été installées des enceintes grillagées hermétiques et pour entrer dans le périmètre, il fallait franchir des check-points et laisser fouiller ses sacs. Des dizaines de personnes ont été interpellées pour la simple possession de lunettes de piscines ou de foulards, certaines ont été coincées trois heures sur un trottoir avant d’être embarqués pour deux nouvelles heures de «vérification d’identité», des professeurs des écoles qui protestaient ont été chargés et tabassés, etc.

C’est un événement sans précédent en France et, à notre connaissance, dans les démocraties occidentales, que plusieurs dizaines de milliers de personnes aient été ainsi encagées et que leur droit de manifester ait été ridiculisé, réduit à une pantomime par l’obligation de tourner en rond autour d’un bassin dans un périmètre réduit, sans aucun contact avec le reste de la ville.

L’exemple des lois sécuritaires, celui d’un état d’urgence censé être provisoire mais promis à l’éternité, sont là pour nous rappeler que chaque recul de liberté est ensuite considéré comme un acquis par l’Etat. Si un tel dispositif totalitaire devait être renouvelé, nous entrerions dans une nouvelle phase de l’instauration d’un régime autoritaire dont le caractère démocratique deviendrait franchement évanescent.

C’est pourquoi nous déclarons que nous continuerons à manifester mais que nous ne mettrons plus jamais les pieds dans de tels périmètres militarisés. Aux prochaines manifestations et en particulier à celle de mardi 28 juin, nous nous tiendrons en dehors, et nous appelons tous les manifestants à faire de même, à rester à la périphérie de la cage qu’on nous destine, à observer ce qui s’y passe, et à exercer quand c’est possible, chacun à sa manière, le libre droit de manifester.

Signataires :
Miguel Benasayag, philosophe, psychanalyste ; Gérard Mordillat, cinéaste ; Mateo Depie, architecte ; Frédéric Lordon, économiste ; La Parisienne Libérée, chanteuse ; Pierre Alféri, écrivain ; Serge Quadruppani, écrivain ; Yves Pages, éditeur ; Yannis Youlountas, écrivain, réalisateur ; Arno Bertina, éditeur ; Isabelle Saint-Saens, militante associative ; Noël Godin, entarteur ; Grégoire Chamayou, essayiste ; Thomas Coutrot, économiste, coprésident d’Attac ; Alessandro Di Giuseppe, comédien ; Stathis Kouvélakis, philosophe ; Jean-Pierre Levaray, écrivain ; Serge Pey, poète ; Denis Robert, journaliste ; Nathalie Quintane, écrivain ; Xavier Mathieu, syndicaliste comédien ; Jean-Jacques Redoux, écrivain ; Serge Urgé-Royo, chanteur.

http://www.liberation.fr/debats/2016/06 ... er_1462336
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede bipbip » 03 Juil 2016, 18:01

L'autoritarisme rampant à la française

Depuis plusieurs mois, défenseurs des droits humains, magistrats et universitaires alertent l’opinion. À un an de l’élection présidentielle, ils pointent du doigt une série de signaux inquiétants pour la démocratie

... http://www.slate.fr/story/119461/france ... utoritaire
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Re: Attentats à Paris et « état d’urgence »

Messagede bipbip » 06 Juil 2016, 01:19

Premières interdictions de manifester distribuées à Lyon

A Lyon, pour la première fois depuis le début du mouvement social, des personnes ont reçu des interdictions de participer à la manifestation de ce 5 juillet.

... https://rebellyon.info/Premieres-interd ... ster-16753
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