L'université en lutte

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Vilaine bureaucrate » 11 Fév 2009, 17:02

roro a écrit:On est pas suivi dans nos propositions (celle de faire des AG de lutte quotidienne pour fusiller le comité de mobilisation).
ah c'est pas con. mais pourquoi ne pas aller au comité de mobilisation...?
mais "tout les jours"????!! et comment tu tiens?
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 11 Fév 2009, 17:08

Motions votées par la Coordination Nationale des Universités du 11 février.

La motion 2 intéressera particulièrement les personnels du 1er et du second degrés.


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D'après ce que j'en sais, la coordination a réuni : 450 personnes dans l'amphi des mandatés, 67 universités représentées (79 établissements) et 12 organismes (sociétes savantes,
syndicats, slu, slr, ...) + un amphi à coté relié par grand écran.Le Supérieur donne clairement l'exemple de ce qui doit être fait lorsqu'on est attaqué, me semble-t-il...Ca sent le chaud...
C.


Motions votées par la Coordination Nationale du 11 février 2009 (à Paris VIII)
mercredi 11 février 2009,
http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?auteur3


En document joint, la liste des universités, associations, organisations, syndicats représentés.

Communiqué du matin

L’Université est à Saint Denis aujourd’hui. Après la journée de manifestation nationale qui a rassemblé près de 100000 personnes et confirmé la force exceptionnelle de la mobilisation, la Coordination nationale des Universités, aujourd’hui réunie à Paris 8, dénonce la manœuvre médiatique et la stratégie de diversion que Valérie Pécresse a trouvées comme seule réponse à nos demandes de retrait des réformes en cours. La coordination affirme que tous les représentants de l’Université et la Recherche se trouvent en ce jour réunis à l’université Paris 8, et non au Ministère où ne se déroule qu’une parodie de consultation.

Motion 1
Comme celles du 22 janvier et du 2 février 2009, la Coordination Nationale réunie le 11 février 2009 condamne la mise en place d’une politique d’affaiblissement structurel de l’enseignement et de la recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories, enseignants, enseignants-chercheurs, chercheurs, BIATOSS et ITA, notamment au travers de l’individualisation des carrières, de la mise en place du nouveau contrat doctoral et des suppressions d’emplois. Cette politique menace les conditions de vie, la formation et l’avenir des étudiants. La Coordination Nationale constate que toutes ces contre-réformes résultent de la loi LRU et du pacte sur la Recherche. En conséquence, elle demande en urgence que la communauté universitaire et le monde de la recherche soient consultés sur une nouvelle loi garantissant démocratie, collégialité, indépendance, liberté et égalité entre les universités et les domaines de recherche, car l’Université n’est pas une entreprise et le Savoir n’est pas une marchandise. Elle exige le rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires dans les universités et les grands organismes de recherche, dont elle refuse le démantèlement. Elle soutient les mobilisations en cours. Elle constate que les ministères n’ont toujours pas retiré :
la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degrés.
le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs.
En conséquence la Coordination Nationale appelle l’ensemble des universités et des laboratoires à rejoindre le mouvement de grève totale, reconductible, illimitée, déjà engagée dans de très nombreuses universités.

Motion 2
La Coordination Nationale constate l’amplification et l’élargissement de la mobilisation à toute la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle se félicite de l’appel de la Sorbonne lancé par des présidents d’université et invite tous les présidents à se rallier à ce texte. Elle condamne le caractère systématique, idéologique et économique de toutes les réformes engagées par le gouvernement : c’est toute sa politique de la recherche et de l’enseignement supérieur qui est mise en cause. La coordination dénonce la série de « réformes » que le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et le ministère de l’Education Nationale ont engagées à la hussarde sans aucune négociation :
la loi LRU et le pacte de la Recherche
la transformation radicale des organismes de recherche en agences de moyens
la réforme de l’allocation des moyens aux établissements qui renforce la concurrence entre eux (modèle dit « Sympa »)
le pilotage, par le pouvoir politique, de la Recherche et de l’Université
la précarisation des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche et la remise en cause des statuts nationaux (EC, BIATOSS, ITA, PRAG, PRCE…)
le démantèlement des concours nationaux de recrutement des enseignants du premier et du second degrés, et le projet de « masterisation » de la formation des enseignants
le projet de contrat doctoral
l’abandon de la définition nationale des DUT ainsi que du fléchage des moyens des IUT et des IUFM.
la réforme du système de bourse sur critères sociaux
Il apparaît clair que les attaques contre l’université ne sont qu’un élément d’une politique plus générale de destruction du service public d’éducation de la maternelle au supérieur, comme en témoigne la remise en cause de la laïcité par les accords Kouchner avec le Vatican. La Coordination Nationale appelle donc à la convergence des revendications de la maternelle à l’enseignement supérieur. Elle invite les enseignants du premier et du second degrés et leurs organisations syndicales à rejoindre ce mouvement. Elle appelle à l’ouverture d’un grand débat national sur l’ensemble des dossiers contestés à l’heure actuelle et qui concernent l’ensemble de la société française.
Motion 3
Tant que ses revendications ne sont pas entendues, la Coordination Nationale maintient ses actions, à commencer par la grève. Elle appelle les confédérations syndicales à soutenir ces revendications le 18 février, lors de la rencontre avec le chef de l’Etat.
Pour renforcer le mouvement de grève initiée le 2 février, et parfois plus tôt, la Coordination Nationale appelle à des formes d’actions diversifiées qui peuvent s’inscrire dans le calendrier suivant :
le jeudi 12 février, l’AG qui se tiendra au CNRS (siège parisien) à 10H doit rassembler le plus largement possible.
le vendredi 13 février, à 15h, cérémonie de non remise symbolique des maquettes dans les différents rectorats et au ministère, assorties de « cœurs » comme autant de preuves d’amour pour la ministre.
le mardi 17 février, journée massive d’information (distribution de tracts, RV communs) dans les gares.
le jeudi 19, journée nationale de manifestations. La Coordination Nationale propose en outre l’organisation d’une manifestation nationale réunissant l’ensemble du personnel éducatif à une date proche (fin février ou début mars).
Dès maintenant, la Coordination Nationale appelle à signer le moratoire sur les expertises de l’ANR et de l’AERES (à l’appel de SLR et du C3N), à tenir et à renforcer son engagement du 2 février : « l’Université et la Recherche s’arrêtent ».
La prochaine AG de la Coordination Nationale aura lieu le vendredi 20 février à Paris Ouest Nanterre. Nous mettons à l’ordre du jour de cette AG une démission de nos fonctions administratives.

Motion 4
La Coordination Nationale condamne catégoriquement les violences policières contre la communauté universitaire, qui défend pacifiquement ses revendications légitimes. Elle dénonce la présence policière sur les campus.


DANS QUEL PIEGE S'EST MISE VALERIE PECRESSE ?

Après l'exceptionnelle journée de grève et de manifestations du mardi 10 février où plusieurs dizaines d'enseignants-chercheurs, d'enseignants, de chercheurs, de personnels techniques et administratifs étaient activement dans la grève, après des manifestations qui, partout en France, ont rassemblé près de 100.000 personnes, le gouvernement et singulièrement la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche ne peuvent s'en tenir à de pauvres finasseries. Le SNESUP refuse de se rendre aujourd'hui à une réunion annoncée comme un "show" et à une véritable mascarade quant à son ordre du jour.
Le SNESUP porte comme organisation syndicale responsable les quatre revendications solidaires soutenues par des dizaines de milliers de collègues et par l'opinion. La réponse du gouvernement ne peut se limiter à une opération de communication et à la promotion d'une médiation sans objet puisque nos revendications sont connues et que la ministre doit assumer la responsabilité des choix politiques du ministère qu'elle dirige. L'attitude du SNESUP est responsable, porteuse de sens comme des propositions connues d'améliorations du service public d'enseignement supérieur et de recherche, améliorations liées aux moyens, aux statuts, à l'intensité et au respect de la vie démocratique des établissements et de la communauté scientifique.

La ministre est prise à son propre piège. Aujourd'hui, au risque qu'elle ne peut pas courir de décrédibiliser les organisations minoritaires et ses autres invités de l'après-midi, elle est, selon nous, dans l'obligation d'annoncer sans ambiguïté - le retrait du texte statutaire du Conseil d'Etat, - le maintien dans la forme actuelle des concours des professeurs d'écoles et CAPES en 2010, avec le nombre requis de postes, - le rétablissement des 1030 emplois supprimés en 2009 dans le supérieur et la recherche.

Paris, le 11 février 2009


Les personnels et usagers de l'IUFM Centre-Val-de-Loire dénoncent la situation désastreuse et chaotique provoquée par l'actuelle "réforme" des concours et de la formation des enseignants. Ils demandent :

- 1) le retrait du projet actuel qui se résume à des annonces médiatiques, désorganise le mode de recrutement et la formation des enseignants, et se traduit par une régression sociale, professionnelle et territoriale pour toutes les personnes concernées : les étudiants, les enseignants, les personnels non-enseignants, mais aussi et surtout les élèves.

- 2) après le concours, le maintien de l'année de formation en alternance rémunérée, laquelle permet à la fois une entrée progressive dans le métier encadrée par des professionnels et l'existence d'une formation continue des enseignants titulaires en liaison avec l'Université.

- 3) l'ouverture de négociations pour une autre réforme de la formation et du recrutement qui respecte la vocation des IUFM à être au cœur de cette formation, qui permette la reconnaissance du haut niveau de qualification et qui tienne compte d'une nécessaire formation professionnelle en prise avec les réalités du terrain départemental et régional.

En conséquence, les usagers et personnels de l'IUFM Centre-Val-de-Loire demandent la non-remontée des maquettes de master, jusqu’à l'obtention d'une réponse gouvernementale à leurs préoccupations qui sont celles de professionnels mais aussi de citoyens et de parents.

La Pétition est disponible à l'adresse suivante :

http://www.mesopinions.com/detail-petit ... 1fe9689575
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 12 Fév 2009, 13:13

Un enseignant praticien (Médecine) de la faculté de Marseille Nord a écrit: Depuis plusieurs années que ce soit dans les EPST et surtout à l'université, les BIATOSS ou IATOSS sont mals. Premièrement, cette catégorie s'étend de l'ingénieur de recherche (catégorie A) ou les responsables administratifs de haut niveau au catégories dites C qui rassemblent les femmes de ménages en passant par les techniciens ou les adjoints techniques. Donc le corps n'est pas homogène et cela d'ailleurs se ressent en particulier pour ceux en bas de l'échelle dont l'université à organisé l'invisibilité depuis longtemps (qui dit bonjour
à celle qui nettoie nos bureaux? qui lui parle et s'inquiète des ses fins de mois difficiles?). En particulier pour les petites catégories et même pour les techniciens (les ingénieurs ou secrétaires généraux étant de fait plus près des chercheurs ou des directions); il y a un fort ressentiment envers nous car ils se sentent et sont le plus souvent mal ou pas considérés quand ce n'est pas méprisé par les EC à bac +10. Je ne parle même pas de leurs salaires et de leurs primes "au mérite". Ce sont d'ailleurs ces catégories qui s'étaient le plus mobilisés pour la réforme des retraites sans être suivis par les EC d'où leur faible
engagement aujourd'hui pour une lutte qu'ils jugent à juste titre comme purement corporatiste.
A titre d'exemple, lorsque les universités ont du rendre des postes au ministère, ce sont le plus souvent des postes de catégories C qui ont été rendu avec l'accord des EC contre l'avis des Biatoss ce qui en dit long sur le clivage de classe dans l'université. Autre exemple plus parlant : A l'université Paul cézanne, l'enveloppe sur fond propre pour les primes au mérite pour les Biatoss est de 50 000 (cinquante mille) euros pour l'ensemble de l'université alors qu'elle est de trois cent mille euros pour les primes accordées aux EC responsables (président, vice-président, directeur de composante, etc..) ce qui en dit long sur
la considération pour ces catégories.
Enfin depuis plusieurs années ce corps de BIATOOS a perdu plus de 20 % des postes et beaucoup d'activités ont été externalisées cad assurées par des sociétés privés où les agents sont encore plus invisibles et moins payés. Les rares postes crées sont d'ailleurs la plus souvent des postes d'ingénieur (souvent des étudiants qui n'ont pu être recrutés comme chercheur) ou bien sûr d'administratifs pour assurer la gouvernance et la mise en place des réformes.

Je vous joins à la suite le texte d'un collègue qui reprend en mieux mes arguments un peu en vrac et qui permet de situer à mon avis le débat la où nos syndicats devraient le mener.

Les problèmes posés par les actuelles réformes gouvernementales (la LRU, la réforme des EPST, etc.) soulèvent celui des intérêts divergents des
différents partenaires constituant notre communauté : enseignants-chercheurs, chercheurs CNRS, ITA-IATOS, étudiants, précaires divers (de plus en plus nombreux). La question de savoir si ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous sépare n'a pas de réponse évidente sans examen approfondi. L'évidence ressentie quotidiennement dans nos vies professionnelles a toujours été que les pouvoirs administratifs prédominants accordés à une catégorie donnée dans le cadre règlementaire d'une structure se prennent toujours -au niveau des avantages professionnels concrets très divers- au détriment des
catégories voisines. Il est tentant de masquer ces rapports internes de pouvoir (rapports concurrentiels enseignants/chercheurs, précaires/titulaires), rapports de service (enseignants-->étudiants, IATOS-->enseignants, ITA-->chercheurs). Il est tentant pour ceux qui détiennent déjà un certain pouvoir dans les couches hautes du milieu académique, de convoquer le ban et l'arrière ban et de faire passer leurs intérêts catégoriels pour ceux le l'ensemble de la communauté. Mais j'avoue être peu enclin à croire ceci aveuglément sans une démonstration lumineuse. Notre communauté (prise dans son périmètre
maximaliste comme celle de l'enseignement supérieur et de la recherche ou selon une définition plus restreinte ? ) est-elle capable d'imaginer un projet structurant unique au sein duquel chaque catégorie de personnel trouverait une place harmonieuse parmi les autres ? Le mandarinat (que personne ne veut ni reconnaitre ouvertement, ni soutenir, bien sûr) aurait-il brusquement disparu au cours de ces dernières années ? Tout le monde sait bien que certains jouent double jeu : un pied dans la contestation, l'autre dans la participation active aux projets du gouvernement. En gros, pile je gagne, face tu perds. Ma
seule certitude, c'est qu'une simple opposition aux projets sarkoziens ne peut mener très loin et que l'on ne pourra se satisfaire longtemps de slogans d'AG.


Réforme des universités et de la recherche : un échec annoncé

par Vincent Duclert [10-02-2009]

Les universités et les instituts de recherche sont engagés dans un mouvement de contestation vis-à-vis de la réforme engagée par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Comment est-on arrivé à un tel blocage ? L’absence de concertation, la brutalité du président de la République, l’incapacité de prendre en compte l’avis des premiers intéressés expliquent le durcissement du conflit.
Télécharger ce(s) document(s) :
Réforme des universités et de la recherche : un échec annoncé (PDF - 167 ko)
par Vincent Duclert

L’ampleur du mouvement de contestation, dans les universités et les établissements de recherche, contre les réformes engagées par le gouvernement impose d’ores et déjà de tirer les enseignements de ce qui apparaît comme un échec, tant les positions sont maintenant frontales et irréconciliables. Même si la réforme est finalement appliquée, elle aura perdu beaucoup de ce qui fait la valeur et la force du progrès en démocratie.

L’échec est d’abord celui du gouvernement, dont beaucoup s’accordaient pourtant à reconnaître la volonté d’assumer un certain nombre des difficultés qui affectent gravement l’université et la recherche, depuis le recul de la France dans la compétition internationale et l’état de faillite de certaines universités, jusqu’au déclassement des chercheurs et l’impasse des carrières scientifiques. L’implication de la ministre en charge du dossier, Valérie Pécresse, et son approche plus pragmatique qu’idéologique constituaient d’autres atouts. Mais la méthode choisie, autant que les réponses apportées, ont posé une série de problèmes qui sont allés croissant.
Une fédération des oppositions

Le premier point concerne le caractère d’urgence de la réforme du décret de 1984 sur le statut des enseignants-chercheurs. La loi du 10 août 2007 relative aux libertés et responsabilités des universités (dite loi LRU) avait déjà entraîné de graves contestations contre l’objet de la réforme, à savoir l’accès des établissements universitaires à l’autonomie budgétaire, y compris la masse salariale que les présidents d’université, dotés de prérogatives accrues, pouvaient gérer directement. Le pouvoir au sein de l’université se trouvait donc déplacé, depuis les enseignants (surtout des professeurs de rang A) vers les conseils d’administration et les présidents d’université dont ils émanaient par élection.

L’hostilité n’était pas générale cependant. Le mouvement d’opposition à la loi LRU s’est essoufflé et il a semblé que la réforme permettant l’autonomisation des universités était progressivement adoptée par les acteurs eux-mêmes, même si les tensions continuaient d’être fortes au sein des établissements. L’ouverture au pas de charge du chantier des services des enseignants-chercheurs, doublée de celle de la formation des professeurs du secondaire, est intervenue sur un terrain encore très fragile qu’elle a déstabilisé. Le combat contre la loi LRU a repris en même temps que démarrait la contestation contre le nouveau statut des enseignants-chercheurs, lequel introduisait une évaluation tous les quatre ans et une possible hausse du service d’enseignement en cas de mauvais résultats. Les garanties insuffisantes apportées à l’impartialité et au sérieux de l’évaluation, comme la dépréciation de la mission enseignante, et la fin d’une formation de recherche pour les futurs enseignants du secondaire ont fédéré les opposants à la réforme.

Ceux-ci se sont d’autant plus mobilisés que la conviction était grande, parmi eux, qu’il y avait un « agenda caché » dans ces réformes : renoncer au service public dans l’enseignement supérieur et la recherche, encadrer l’indépendance des chercheurs, démanteler le CNRS qui avait incarné dans le passé une ambitieuse politique de recherche, soumettre l’université à l’entreprise et à son financement, désengager l’État à n’importe quel prix, imposer au savoir le seul impératif de la rentabilité financière, réserver l’enseignement supérieur aux seuls étudiants favorisés, tandis que les autres seraient dirigés vers des filières exclusivement professionnelles ou versés directement dans la vie active. Ces présupposés n’étaient pas exactement ceux qui dominaient chez la ministre et son cabinet lorsque fut élaborée la loi LRU visant à donner des moyens nouveaux aux universités et à limiter les effets souvent pernicieux des recrutements dominés par le localisme [1]. Depuis, l’inflexion gouvernementale et présidentielle en matière de réduction des libertés s’est accrue et a fait peser mécaniquement sur les libertés universitaires de sérieuses menaces. C’est la raison pour laquelle la loi LRU, qui paraissait acquise, est à nouveau contestée – et dans une configuration cette fois plus globale où l’enseignement et la recherche publics apparaissent clairement menacés.
Le durcissement du conflit

Dans ce contexte nouveau, l’autonomie promise a rencontré de nouvelles difficultés puisque certaines décisions, notamment comptables, ont annulé la cohérence des projets (ainsi la suppression ou le gel de postes administratifs dans l’université alors que l’autonomie exige des moyens augmentés). De même, les projets visant à réformer le statut des enseignants-chercheurs ont été réorientés en fonction des déséquilibres criants, mais avec des solutions qui tenaient surtout du bricolage : c’est l’exemple ici de la « charte des bonnes pratiques », proposée dans l’urgence afin d’empêcher les présidents d’université d’exercer un pouvoir discrétionnaire sur les chercheurs ou sur les disciplines par application de la loi LRU.

Pour toutes ces raisons, il est apparu qu’une grande loi d’orientation sur la recherche et l’enseignement aurait été nécessaire, et non pas ces dispositifs relevant exclusivement de l’exécutif et complexifiant plus qu’organisant l’université de demain. Le problème est aussi que l’intervention de Nicolas Sarkozy, le 22 janvier dernier, a donné brutalement corps à toutes les craintes. L’échec gouvernemental est devenu celui du président de la République lui-même, à moins que Nicolas Sarkozy n’ait voulu prendre à témoin l’opinion que les enseignants-chercheurs étaient rétifs par principe à l’innovation et qu’il fallait agir sans eux, voire contre eux. D’après nos informations, la ministre n’avait pas été mise au courant à l’avance de la nature du discours. Elle n’a pu que constater les conséquences d’une telle charge sur sa réforme, puisque des soutiens jusque-là acquis se sont détournés du projet. La radicalisation provoquée par ce discours ne pouvait que laminer les partisans d’une réforme pragmatique visant à assurer la production libre des savoirs et leur mobilisation pour un enseignement démocratique de haut niveau. Après le 22 janvier, il est devenu difficile de plaider pour une approche non militante de la question.

Le discours présidentiel prononcé à l’occasion du lancement de la « réflexion pour une stratégie nationale de recherche et d’innovation » a renforcé en effet la détermination de nombreux chercheurs et universitaires, désireux maintenant de s’opposer frontalement aux réformes et de durcir le conflit. Le discours se présentait comme une charge contre les conservatismes de tous bords, accusés de refuser la modernité et son évidente nécessité. Le ton du discours comme ses attendus ont laissé percevoir que l’action de Nicolas Sarkozy, en ce domaine, rejoignait d’autres chantiers très idéologiques, comme la réforme de la justice ou la définition de la France par une hypothétique « identité nationale ». Le discours du 22 janvier reste doublement problématique, du point de vue de la méthode comme de celui des références historiques.

Le président de la République a expliqué que « l’organisation « à la française » [...] repose sur des bases définies au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, complétée à la fin des années 60, dont les archaïsmes et les rigidités ont été soigneusement figées au début des années 80 ». Il n’est pas possible, sur le plan de la vérité historique, de présenter la politique scientifique de la France dans le second XXe siècle de manière aussi caricaturale. Celle-ci fait passer à la trappe les innovations fondamentales introduites dans les années 1950 par Pierre Mendès France (à travers son action gouvernementale, entre juin 1954 et février 1955, et le colloque de Caen en novembre 1956), puis par le général de Gaulle à partir de 1958. L’une des réalisations les plus emblématiques de cette politique de la recherche a été la création de la Délégation générale à la recherche scientifique et technique (DGRST) affirmant à la fois une volonté nationale en faveur de la politique scientifique et la reconnaissance du pouvoir des chercheurs. Par ailleurs, et même si Nicolas Sarkozy avoue fréquemment son mépris pour les innovations socialistes, on ne peut balayer d’un revers de main le grand ministère de la Recherche créé en 1981 par Jean-Pierre Chevènement, ni le bilan des ministères Hubert Curien (1984-1986 et 1988-1993) qui placèrent la recherche scientifique au centre des préoccupations gouvernementales tout en procédant à de profondes mutations de structure. De multiples ouvrages de référence existent sur le sujet. À l’évidence, ils n’ont pas été consultés.
Le débat et la confiance

Le second problème posé par le discours du 22 janvier tient dans son présupposé même. Il appelle en effet, à travers la formation du comité de pilotage de l’élaboration de la stratégie nationale de recherche et d’innovation, à « un débat public [...] indispensable ». Or ce débat est condamné par avance tant le discours présidentiel affirme un point de vue définitif et tranché sur ces sujets. Ce n’est pas, de sa part, une réflexion ; c’est un réquisitoire. Comment dans ce contexte débattre et réfléchir ? Ceci explique le malaise et même l’opposition d’universitaires et de chercheurs dont certains ne sont guère habitués à se mobiliser et à protester. Pour moderniser la recherche et l’enseignement supérieur, il est indispensable de s’inscrire dans une démarche intellectuelle et une pensée historique. Ni l’une ni l’autre ne sont aujourd’hui réunies. Un grand débat dans l’université et la recherche, un grand débat au Parlement, un grand débat dans l’opinion n’auraient pas été vains.

Le dernier échec de la réforme est ainsi celui de l’idée de réforme elle-même. Il n’est en effet pas concevable de transformer profondément des institutions comme l’université et la recherche sans une réflexion collective préalable. Un tel engagement est souvent la garantie de la réussite, puisqu’il institue des « mondes de confiance [2] » et des logiques vertueuses amenant à l’adoption du changement. Ce fut le cas de la création du CNRS en 1938, permise par les multiples expériences institutionnelles et intellectuelles qui l’avaient précédé, et celle de la DGRST qui bénéficia pleinement des travaux et expérimentations du colloque de Caen et du Conseil supérieur de la recherche scientifique et du progrès technique institué par le gouvernement de Pierre Mendès France. L’ambition de la réforme présente et la « rupture » qu’elle implique avec l’état de la recherche et de l’université rendaient indispensables la rédaction, par exemple, d’un Livre blanc, la consultation de l’ensemble des acteurs concernés et évidemment la mobilisation des sciences sociales [3].

C’est dire qu’on ne peut réformer avec succès qu’à condition d’inscrire la réforme et son processus dans une démarche démocratique. Il ne s’agit pas seulement d’invoquer le mandat qu’une majorité de Français a donné en mai 2007 au président de la République élu, pour passer en force sur tous les sujets ou, pire, d’en appeler au débat alors que les décisions sont arrêtées, voire d’ores et déjà appliquées, comme ce fut le cas avec la réforme de la publicité sur les chaînes publiques de télévision. Il y a des principes constitutifs de l’espace démocratique qui font que celui-ci ne se réduit pas à la seule et unique pratique gouvernementale ou présidentielle issue du suffrage universel. Parmi ces principes, il y a la compétence, précisément détenue par les chercheurs et universitaires. L’ampleur du rejet découle de l’agression qu’ils ont ressentie.
Les lendemains de la réforme

Pour autant, les opposants à la réforme ne peuvent se contenter de leur opposition. Les États généraux de la recherche qui se sont tenus de mars à novembre 2004 avaient traduit la volonté des chercheurs de penser leur avenir sur la base d’une connaissance réflexive [4]. Devant la relative confusion qui structure actuellement les oppositions à la réforme, il importe pour commencer d’en distinguer la nature exacte. Opposition au contenu de la réforme, opposition aux diagnostics qui la soutiennent, opposition aux principes d’autonomie, d’évaluation, de compétition internationale, opposition à la personne ou au pouvoir de Nicolas Sarkozy ?

Le meilleur service que les chercheurs et enseignants-chercheurs pourraient rendre à leur pays serait aussi d’établir le bilan raisonné du demi-siècle pendant lequel le système universitaire et scientifique a fonctionné sur les bases que nous lui connaissons. Toute une série d’études et de contributions existent déjà. Mais l’enjeu consiste désormais à fixer un tel savoir et à mener l’analyse en relation avec l’impératif de démocratie qui est aujourd’hui le principal problème posé par l’action du président de la République et du gouvernement. Soit les enseignants-chercheurs démontrent leur capacité à défendre un espace démocratique élargi à toute la société (et alors leur action ne doit pas se limiter à leur seul cadre de travail : quid de la justice, de la prison, de la psychiatrie, du maintien de l’ordre, des droits de l’homme ?), soit ils s’enferment dans une opposition terme à terme qui leur enlèvera tout moyen d’action et permettra à Nicolas Sarkozy de passer en force, avec toutes les conséquences que cela impliquerait. Les défis dépassent largement la question de la réforme de l’université et de la recherche ; mais, parce que les chercheurs et universitaires sont armés pour les penser, ils ont le devoir de s’en saisir « comme savants ».

par Vincent Duclert [10-02-2009]
Notes

[1] Sur la question, voir le dossier de La Vie des Idées.

[2] Voir Vincent Mangematin et Christian Thuderoz, Des mondes de confiance. Un concept à l’épreuve de la réalité sociale, préface de Lucien Karpik, Paris, CNRS Editions, 2003.

[3] Voir Jean-Richard Cytermann (dir.), « Administration et politiques de la recherche », Revue française d’administration publique, n°112, p. 625-789 ; Philippe Bézès et al. (dir.), L’État à l’épreuve des sciences sociales. La fonction recherche dans les administrations sous la Ve République, Paris, La Découverte, coll. « Recherches », 2005.

[4] Denis Peschanski (dir.), Les Etats généraux de la recherche, 9 mars-9 novembre 2004, Paris, Tallandier, 2004.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 12 Fév 2009, 13:17

Universités: la CPU demande au gouvernement de rétablir les postes supprimés

La Conférence des présidents d'universités (CPU) a demandé jeudi "le rétablissement des postes supprimés" ou encore une "augmentation pluriannuelle du nombre des emplois", afin de permettre à la médiation sur le décret des enseignants-chercheurs de se tenir dans un "climat de confiance". Dans un communiqué, la CPU lance également un message à Nicolas Sarkozy pour lui demander une "meilleure prise en considération" des "résultats de la recherche", et de la "compétence de ceux qui la font".

Elle demande également au ministre de l'Education nationale Xavier Darcos le report de la réforme de la formation des maîtres.

Tout en estimant "indispensable" la réouverture des discussions sur le décret réformant le statut des enseignants-chercheurs, la CPU "exprime de fortes réserves sur la nature et la durée de la médiation proposée, qui ne répondent pas à l'urgence de la situation". Elle "souhaite que s'ouvrent rapidement des négociations et concertations dans lesquelles elle tiendra toute sa place".

Pour la CPU, "cette négociation et cette concertation ne peuvent être engagées que si un climat de confiance est restauré dans la communauté universitaire. Cela suppose le rétablissement des postes supprimés, une augmentation pluriannuelle du nombre des emplois et la refonte du modèle d'allocations des moyens".

"Cela suppose aussi", poursuit la Conférence, "une meilleure prise en considération des résultats de la recherche française et de la compétence de ceux qui la font, dans les prises de positions publiques des plus hautes autorités de la République".

Enfin, dans un souci de "gestion mieux maîtrisée du temps des réformes", la CPU demande "solennellement" à Xavier Darcos le report d'un an de la réforme de la formation des maîtres, et "de repousser à 2011 la mise en place des nouveaux concours de recrutement". AP


Universités: la CPU demande au gouvernement de rétablir les postes supprimés

La Conférence des présidents d'universités (CPU) a demandé jeudi "le rétablissement des postes supprimés" ou encore une "augmentation pluriannuelle du nombre des emplois", afin de permettre à la médiation sur le décret des enseignants-chercheurs de se tenir dans un "climat de confiance". Dans un communiqué, la CPU lance également un message à Nicolas Sarkozy pour lui demander une "meilleure prise en considération" des "résultats de la recherche", et de la "compétence de ceux qui la font".

"La confusion croissante engendrée par la précipitation dans laquelle la réforme de la formation des maîtres a été engagée, en compromet gravement la qualité", a estimé, dans un communiqué, le conseil d'administration de cette instance, qui s'est réunie mercredi soir.

La CPU demande "solennellement à Xavier Darcos, ministre de l'Education nationale, de repousser à 2011 la mise en place des nouveaux concours de recrutement". Cette réforme devait entrer en vigueur en 2010.

En outre, si la CPU estime que "remettre sur le chantier le projet de révision du décret de 1984 (sur le statut des enseignants-chercheurs) est aujourd?hui indispensable", elle "exprime de fortes réserves sur la nature et la durée de la médiation proposée, qui ne répondent pas à l'urgence de la situation".

La CPU réunit les présidents des 83 universités françaises et ainsi que des directeurs d'autres établissements (Ecoles normales supérieures, grands établissements, grandes écoles...).
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Olé » 12 Fév 2009, 23:19

Sur ma fac, les AG sont assez suivies, les amphi pleins, ou se succèdent souvent étudiants puis profs.
Pour l'instant volonté d'unité universitaire entre chercheur/enseignants-chercheurs/étudiants... pour être plus efficace. Néanmoins il ne faut pas que le mouvement étudiant se rende dépendant des profs, car outre le discours radical de ceux ci, on sait pertinemment que si la ministre lache du lest sur ce qui les intéresse directement ils lâcheront la lutte.
Au niveau de l'organisation étudiante l'unef est très présente, les gens de l'unef sur ma fac étant de vrais politiciens ( membres influents du PS ou du NPA au niveau local ) et ont l'habitude de savoir comment faire pour noyauter le mouvement. On a tenté à côté de faire quelques initiatives au niveau des libertaires ( comme un atelier antirep etc ...) mais par le grand hasard les AG tombent exactement à l'heure ou on a prévu ces activités...donc pour l'instant échec sur toute la ligne. Pas complètement de notre faute, mais on a aussi notre part la dedans qd même.
Néanmoins j'observe ( et je discute avec) pas mal d'étudiants "gauchistes" pas organisés ( oh les vilains inorgas :lol: ) mais assez critiques vis à vis de l'unef, constituant un potenciel. Je pense donc que malgré ce qui se passe depuis le début, rien n'est figé, et que ça peut évoluer en notre faveur. Voilà en gros.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 12 Fév 2009, 23:40

30 IATOSS et 70 profs à l'AG des personnels de l'Université de Tours, j'éditerais ce message pour y mettre le CR quand je l'aurais reçu...
Mais la situation est difficile...
L'IUFM de Fondettes fait une matinée d'info samedi à 10h...
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Roro » 13 Fév 2009, 01:17

Léo a écrit:Au niveau de l'organisation étudiante l'unef est très présente, les gens de l'unef sur ma fac étant de vrais politiciens ( membres influents du PS ou du NPA au niveau local ) et ont l'habitude de savoir comment faire pour noyauter le mouvement. On a tenté à côté de faire quelques initiatives au niveau des libertaires ( comme un atelier antirep etc ...) mais par le grand hasard les AG tombent exactement à l'heure ou on a prévu ces activités...donc pour l'instant échec sur toute la ligne. Pas complètement de notre faute, mais on a aussi notre part la dedans qd même.
Néanmoins j'observe ( et je discute avec) pas mal d'étudiants "gauchistes" pas organisés ( oh les vilains inorgas :lol: ) mais assez critiques vis à vis de l'unef, constituant un potenciel. Je pense donc que malgré ce qui se passe depuis le début, rien n'est figé, et que ça peut évoluer en notre faveur. Voilà en gros.


Ils sont juste au niveau local les gens du NPA ? Vous avez du bol, nous on en a 2 qui tiennent des responsabilités régionales et même un qui a un mandat national....

Sinon, sur Bordeaux, coté libertaire, on commence aussi à s'organiser, on fait des réus informelles autonomes/CNT/anars (organisés ou non). Mais le poids des réformistes se fait bien sentir, ça va être dur pour nous, et on sait pertinemment qu'il faudra bien doser ce qu'on décidera de faire, la plupart des personnes (profs comme étudiant.e.s) nous attendant au tournant...

Cependant, lors de l'AG d'aujourd'hui, les militant.e.s NPA ont commencé à causer de la grève générale dans les DOM-TOM. Et une partie du bâtiment A (le rez-de-chaussée) devrait être occupé bientôt (décision d'AG).

A suivre...
La Nature n'a fait ni serviteurs ni maitres, c'est pourquoi je ne veux ni commander ni recevoir d'ordres.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Vilaine bureaucrate » 13 Fév 2009, 06:38

Sur Tolbiac, AG étudiante, jeudi , de 600 ou 8OO personnes (je ne me rends pas bien compte), en comité de mobilisation, on était une petite centaine.
La semaine prochaine sera organisé tout une série de réu.. (=une date, une heure, une salle et vient qui veut) .. y'aura une réu, sur le fonctionnement de l'AG..
Concernant l'UNEF, ils ont proposé en AG, un comité de greve élu, :roll:. On en est resté au bon vieux comité de mob ouvert a tous tes.. Pour l'instant j'ai surtout l'impression que c'est un mouvement qui essait de se structurer au mieux, et par la base, et de s'ouvrir.. :arrow: pas seulement par des militants professionnels.

:arrow: coordination nationale a Rennes ce week end.
Modifié en dernier par Vilaine bureaucrate le 15 Fév 2009, 12:39, modifié 2 fois.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Olé » 13 Fév 2009, 11:32

Roro a écrit:Ils sont juste au niveau local les gens du NPA ? Vous avez du bol, nous on en a 2 qui tiennent des responsabilités régionales et même un qui a un mandat national....

.


Qd je dis local c'est pas vrt le cas. Je voulais surtout insister sur le fait qu'ils ont des responsabilités et que ce sont de vrais ptits politiciens. Voila.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede joe dalton » 13 Fév 2009, 15:34

je viens de tomber par hasard sur une non-remise de masters en haut de la rue mouffetard a paris ! petite manif planplan, avec des chant du genre "il était un petit ministre...", par contre très impressionnant dispositif policier, avec grille anti-émeute, alors que le manifestant doivent être une centaine, a tout casser !
il font vraiment dans leurs frocs !
joe dalton
 

Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 13 Fév 2009, 18:59

Victor Hugo commente le mouvement des enseignants-chercheurs !

Il pleuvait. On était vaincu par sa maquette.
Pour la deuxième fois Darcos baissait la tête.
Sombres jours ! Valérie reculait lentement,
Voyant à ses côtés bouillir Sarko fumant.
Il pleuvait. La Pécresse avait perdu sa chance.
Malgré sa LRU, on lui sciait la branche.
Ses amis les plus sûrs refusaient son drapeau.
Hier les facultés, maintenant les labos !
On ne distinguait plus la droite ni le centre :
Il pleuvait. Et les profs se dressaient dans le ventre
Des campus morts ; au seuil des amphis désolés
Ils demandaient justice, anxieux, inconsolés,
Restés debout, en chaire, et brandissant leurs livres
Glorieux de ce combat qu?il leur falllait bien vivre.
Mépris, mensonge, insulte, ondée de crachats blancs,
Pleuvaient sur eux. Surpris de se compter autant
Ils marchaient, fiers, la pluie à leur lunettes grises.
Il pleuvait, il pleuvait toujours ! la froide bise
Sifflait ; sur le pavé, connus ou inconnus,
Méprisés, sans un sou, ils s?en allaient pieds nus.
Ce n'étaient plus des profs, des universitaires;
C'était un rêve errant dans la brume, un mystère,
Une procession d'ombres sur le ciel noir.
La multitude, vaste, épouvantable à voir,
Partout apparaissait, muette vengeresse.
Et ils faisaient sans bruit pour Madame Pécresse
De leur immense armée un immense linceul ;
Car chacun se sentant soutenu n?est plus seul.
- Sortira-t-on jamais de ce funèbre empire ?
Deux ennemis !Décret, Master. Quel est le pire ?
On jetait des rumeurs pour mollir leur refus.
Qui se couchait ? Pas un. Groupe morne et confus,
Ils marchaient ; la fureur dévorait le cortège.
On voyait, lisant leurs banderoles de neige,
Qu'ils étaient décidés à n?en pas rester là.
Ô master de Xavier! Décret de Nicolas !
Vous voici donc blessés, mourants sur des civières,
Vous n'êtes que papier à jeter aux rivières.
Ils étaient bien cent mille, on les prétendait cent.
Valérie que suivaient de gentils Présidents
Etrangement bluffés par sa manoeuvre opaque
Déversait dans la presse alerte ! assauts ! attaques !
Mais, ratant l?omelette, elle cassait les oeufs
Et voyait se ruer, effrayants, ténébreux,
Sous les gouttes de pluie mouillant leurs crânes chauves,
D'horribles escadrons de chercheurs à l??il torve.
Toute une armée ainsi dans la rue avançait.
Sarkozy était là, debout, qui regardait.
Il était comme un arbre en proie à la cognée.
(La hauteur, on le sait, lui était épargnée),
Il regardait, hagard, la colère monter ;
Et, petit arbrisseau par la hache insulté,
Tressaillant sous le spectre aux lugubres revanches,
Il regardait tomber autour de lui ses branches.
Ministres, députés, le lâchaient tour à tour.
Seule espérait encore en clamant son amour
Aux enseignants-chercheurs, par courrier, sur la toile
A la télé, croyant toujours à son étoile,
La Princesse Pécresse en grande majesté.
Lui, Sarko, se sentait dans l'âme épouvanté.
Stupéfait du désastre et ne sachant que croire,
Il célébra Bigard, Johnny, hommes de gloire,
En vain. Le Président comprit qu'il expiait
Quelque chose peut-être, et, cria, inquiet,
Devant tous ces chercheurs las et couverts de craie :
- Acceptez mon master ! Approuvez mon décret !
Il s'entendit alors appeler par son nom,
Et des milliers de voix, libres, lui dirent : non !

Février 2009
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Vilaine bureaucrate » 14 Fév 2009, 00:59

joe dalton a écrit:je viens de tomber par hasard sur une non-remise de masters en haut de la rue mouffetard a paris ! petite manif planplan, avec des chant du genre "il était un petit ministre...", par contre très impressionnant dispositif policier, avec grille anti-émeute, alors que le manifestant doivent être une centaine, a tout casser !
il font vraiment dans leurs frocs !


100 personne a tout casser c'est deja bien.

Concernant les CR d'Ag a tolbiac, je ne les mets pas en ligne, on a eu la descente de 4 flics dans la fosse.. on nous observe!. :mrgreen: On peut en discuter par mp.
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Re: L'université de nouveau en lutte !

Messagede Nico37 » 15 Fév 2009, 15:38

APPEL DE LA COORDINATION NATIONALE ETUDIANTE REUNIE A RENNES II LES 14 ET 15 FEVRIER

NON A LA CASSE DE L'UNIVERSITE PUBLIQUE ET DE NOS DIPLOMES !


Nous, étudiants de 63 universités réunis en coordination nationale à Rennes les 14 et 15 février, appelons à amplifier la mobilisation sur les universités par la grève réelle et reconductible des étudiants.

Les enseignants chercheurs exigent le retrait du projet de décret qui vise à transformer profondément leur statut. Cette réforme fait de l'enseignement une
sanction. Cela va réduire considérablement la qualité des enseignements, donc celle de nos diplômes et donc celle de nos conditions de travail. L'enseignement supérieur est frappé par une série d'attaques majeures. Depuis plusieurs années et en particulier depuis l'adoption en catimini de la Loi LRU en 2007, contre laquelle s'était mis en place une forte mobilisation étudiante, une série de mesures visent à transformer profondément l'enseignement supérieur. Les objectifs de la classe dirigeante sont simples : soumettre les universités à des logiques de compétitivité, de rentabilité, les mettant en concurrence les unes avec les autres, les obligeant à recourir aux financements privés.

Nous, étudiants mobilisés, refusons la privatisation des universités et la soumission aux intérêts privés, nous refusons le développement d'un enseignement
supérieur à deux vitesses. Nous refusons de nous voir délivrer des diplômes qui ne protègent pas dans le monde du travail et qui conduisent à la précarité. Nous ne serons pas de la chair à patrons.

La LRU est le cheval de bataille commun aux étudiants enseignants et personnels. C'est derrière le mot d'ordre de l'abrogation de la LRU que le mouvement pourra s'unifier. Face aux attaques actuelles contre l'enseignement supérieur, nous devons bloquer les suppressions de postes et exiger le retrait des réformes suivantes :

la LRU
celle dite du recrutement et de la formation des enseignants
celle dite de l'allocation des moyens
celle du statut des enseignants chercheurs
celle du contrat doctoral unique


Le mouvement contre le CPE et la Loi sur l'égalité des Chances a démontré que seule la lutte paie. La mobilisation en cours démontre la volonté de ne pas laisser passer la casse du service public d'enseignement supérieur. Les étudiants doivent s'engager dans la lutte pour défendre les facs, les diplômes et les conditions d'études. Pour gagner sur l'ensemble des revendications, nous avons besoin de généraliser la mobilisation étudiante, de la doter de revendications propres sur lesquelles il est possible de gagner. La semaine qui vient doit permettre de faire passer la mobilisation étudiante d'une mobilisation de solidarité passive à une grève majoritaire, réelle et active des étudiants, seule à même de stopper la logique de libéralisation et de casse du service public d'enseignement supérieur. Aujourd'hui, nous devons amplifier la mobilisation étudiante par la grève, les manifestations, la convergence des luttes.

La mobilisation étudiante doit se poursuivre dans la perspective de généraliser la grève à d'autres secteurs. Après la réussite de la journée de grève et de manifestation du 29 janvier, nous appelons au soutien de toutes les luttes en cours. Nous appelons d'ors et déjà à la nouvelle journée de grève et de manifestation interprofessionnelle à l'appel des syndicats de salariés le 19 mars prochain.

Sans attendre, nous devons poursuivre la grève étudiante, c'est-à-dire la cessation totale et reconductible des cours. Nous appelons à une journée nationale d'action étudiante le Mardi 17 février, nous appelons à une journée nationale de grève et de manifestation étudiante le Jeudi 19 février.


Retrait de la réforme des concours d'enseignement dit de masterisation
Retrait du décret de l'allocation des moyens
Non aux suppressions de postes dans la fonction publique.
Recrutement massif dans l'éducation
Retour du cadrage national des diplômes et reconnaissance des diplômes nationaux dans les conventions collectives
Pour la mise en place d'un véritable système d'aide sociale étudiant basé sur des critères sociaux


Le 13 février en Italie : Grève générale travailleurs, étudiants et universitaires

Communiquée de presse conjoint Fp[1]-Cgil Nationale, Fiom-Cgil Nationale[2]

La mobilisation du 13 Février, convoquée pas nos syndicats catégoriels est la première manifestation après l'accord minoritaire avec le gouvernement. Accord qui prive le monde du travail de droits acquis durant de nombreuses années de lutte . C'est, en outre, un accord qui frappe les jeunes générations, leur avenir, leurs salaires, leurs familles. Cela dans un contexte où l'accès au savoir est fortement limité. Cela intervient alors que la perte du pouvoir d'achat des travailleurs devient un élément supplémentaire de renforcement des barrières sociales.

Notre grève est soutenue par une grande partie du monde universitaire et étudiant, qui depuis longtemps a entamé une profonde réflexion sur la nécessité de construire une alliance entre le monde du travail et celui de l'école et de l'Université.

Aujourd'hui les étudiants de l'Union des Universitaires et le syndicat étudiant ont lancé un appel qui constitue un signal important de soutien à notre mobilisation. La Rete degli Studenti Med[3]i (REDS) a adhéré à l'appel ainsi que le mouvement des collectifs universitaires en lutte. Celui-ci a adhère à notre grève et discute en ce moment, dans les assemblées, des formes et des modalités de participation à notre journée d'action, dans le respect des identité et des pratiques de chacun.

Il s'agit d'une grève d'unité entre le monde du travail public et privé. La présence des étudiants y a ajouté une valeur supplementaire, celle de l'unité entre les générations, entre le monde du travail et celui du savoir..

Cette unité est stratégique, précisément parce que les nouvelles générations sont soumises aujourd'hui à un processus de précarication des rhytmes de la vie, des études et du travail, qui en fait l'une des catégories les plus frappées par la crise et par le déclin de notre société. "Ce n'est pas nous qui payerons la crise" est un slogan qui nous unit car précisément ce qui nous réunit ce sont des valeurs, le premièr étant celui de la solidarité.

Le soutien est donc mutuel, car nous pensons qu'il n'y a pas de sociétés égalitaires qui ne garantissent et ne promeuvent le droit à l'éducation et au savoir, libre et ouvert pour tous


Nous invitons tous les étudiantes et les étudiants à s'unir à notre lutte.


Rome, le 5 Février 2009

--------------------------------------------------------------------------------

[1] La CGIL est le syndicat italien le plus important fort de 5 millions d'adherents.
[2] Le FP est le syndicat CGIL de la Fonction Publique, la FIOM celui de l'Industrie.
[3] Elèves des collèges et lycées.
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Université en lutte : Intervention policière

Messagede Vilaine bureaucrate » 15 Fév 2009, 16:22

Université en lutte : Intervention policière dans une épicerie d’art
Le mercredi 11 février 2009, plusieurs dizaines d’étudiants et de participants à l’actuel mouvement dans les universités se sont invités au centre d’art Bétonsalon qui se trouve en face des locaux de Paris VII, avec l’intention affichée de donner vie à cette vitrine de l’art contemporain.

Les refusés de Bétonsalon

Face à tant de spontanéité créatrice, les gestionnaires du centre d’art et leurs artistes invités n’ont pas trouvé de meilleure idée que de requérir l’intervention des forces de l’ordre pour faire évacuer les lieux.

Détail accablant, l’exposition actuellement en montage à Bétonsalon s’intitule « Farenheit 451 » et prétend traiter de "la confrontation entre censure et résistance, l’incarnation d’une esthétique visionnaire ou encore la langue comme force combative, (...) matérialisées au sein des oeuvres proposées dans l’exposition". Il fallait voir ce mercredi soir cette soi-disant "langue comme force combative" protégée par une trentaine de gardes mobiles casqués, harnachés, armés : "esthétique visionnaire" s’il en est.

Au lendemain de cette intervention, et sans en faire le moindre récit, Bétonsalon communique et prétend organiser ce vendredi 13 février à 17h - deux heures avant le vernissage de l’exposition Farenheit 451- une réunion publique de « solidarité avec le mouvement étudiant ». Que faut-il attendre d’une telle démagogie ?

Qui entendait le mot Bétonsalon comme un constat neutre de l’état du lieu saura y voir désormais un lieu de l’Etat.

Qui saisissait le mot salon comme une ironie légère sur les formes autrefois traditionnelles de monstration sait désormais que l’éclectisme post moderne peut assumer avec la simplicité décomplexée qui tient aujourd’hui lieu de liberté officielle un caractère ouvertement réactionnaire.

Aujourd’hui appeler les flics pour virer un sitting d’étudiants dans une expo appelée "Fahrenheit 451", c’est possible.

Aujourd’hui fabriquer "de l’art engagé" et omettre à quoi ça engage, c’est possible.

Aujourd’hui porter plainte contre les participants à un mouvement social pour conforter sa carrière, c’est possible.

Aujourd’hui diriger un lieu culturel public et être hostile à toute expression collective, c’est possible.

Ce que promettent nos maîtres, leurs valets le réalisent.

L’àquoibonnisme néolibéral sait vivre de nos appétits, et aussi les détruire.

Nous pouvons dormir tranquilles, tout est devenu possible.

On dit du béton qu’il peut vaincre parce qu’il est armé. Nous aussi nous le sommes : comme le dit une chanson du grand nombre "ce n’est pas dans les salons que nous obtiendront satisfaction".

Face au possible, étouffant et stérile, qui se manifeste partout avec la morgue tranquille des assis, nous sommes le nécessaire.

Et nous saurons lui faire droit.

Nous, usagers, concernés de l’art, de la contestation, de l’auto-organisation, appelons à l’ouverture sans conditions de Bétonsalon aux joies, recherches, incertitudes des mouvements sociaux auto-organisés.


--------------------------------------------------------------------------------

OPERATION BETON !

Depuis le déménagement de Paris VII dans un quartier nouvellement créé et réservé aux cadres dynamiques, notre fac n’est ni plus ni moins qu’un no man’s land. Les seuls espaces ayant pignon sur l’esplanade sont une cafèt’ minuscule et une vaste salle vide dédiée à l’art conceptuel appelée « Betonsalon ». Ce truc n’attire que sa clientèle habituelle et ne présente aucun intérêt pour ceux qui fréquentent quotidiennement la fac. Nous avons décidé de nous approprier « Betonsalon » afin qu’il trouve enfin une utilité. Cette occupation est l’occasion d’injecter un peu de vie dans ce large parking désert. Parce que des mouvements se développent aujourd’hui (luttes universitaires, lycéennes, de la fonction publique, du secteur privé), un tel lieu pourrait également servir d’espace de mise en commun d’idées et de modes d’actions. L’ex « Betonsalon » (qui ne saurait tarder à être rebaptisé) peut permettre de faire vivre nos luttes en dehors du seul cadre formel des AG. La rupture avec le train-train quotidien, l’élaboration de pratiques collectives autonomes font vivre les résistances. L’occupation de l’ex « Betonsalon » peut permettre à la fois l’organisation de bouffes, concerts, boums, concours de pétanque, Battle de hip hop ; mais aussi de projections de films, débats, entrainements au lancer d’œufs sur CRS, etc

Au programme aujourd’hui : 12h30 : festin gratuit Après-midi : discussions sur l’avenir de l’ex « Betonsalon » et des luttes en cours. Soirée : Grosse teuf

Université Paris VII, Grands Moulins, 16 rue Marguerite Duras, 75013 PARIS, M°14 François Mitterrand


--------------------------------------------------------------------------------

Bétonsalon ouvert

Vendredi 13 février, en fin d’après-midi, les équipes de bétonsalon et de l’exposition Fahrenheit 451 ont satisfait aux revendications des manifestants quant à l’occupation du lieu.

Après deux heures de discussion, et des excuses pour la réquisition des gardes mobiles, il a été décidé que les locaux du centre d’art seraient laissés ouverts et à disposition pour les besoins du mouvement pour l’abrogration de la LRU et des réformes des statuts universitaires : accueil des collectifs, réunions de travail, assemblées, rédaction de tracts, rencontres, convergences.

La place de l’exposition dans cette nouvelle configuration est en discussion. À suivre...

http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=4275
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