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Messagede Pïérô » 02 Mai 2015, 17:51

Contre l’Assistance sexuelle pour les personnes handicapées :
Nous ne sommes pas des « indésirables »


Récemment, à l’occasion de la mise en place de la première formation d’assistant sexuel en France par l’association l’APPAS et de la sortie du film « Indésirables », le débat sur l’Assistance Sexuelle a été relancé, suscitant l’intérêt des médias.

S’il ne fait aucun doute que la vie affective et sexuelle des personnes handicapées est un sujet important, toutes les personnes concernées par le handicap sont loin d’être convaincues que l’assistance sexuelle est la meilleure réponse à leurs difficultés.

Au contraire, certains, comme nous, sont fondamentalement opposés à la mise en place d’un tel système auquel semblent pourtant souscrire beaucoup d’associations de personnes handicapées


I – Vie affective et sexuelle des personnes handicapées : des difficultés réelles et multiples

Il est vrai que de nombreuses personnes handicapées rencontrent des difficultés pour accéder à une vie affective et sexuelle du fait de certaines limites physiques et/ou psychiques.

Toutefois, il serait réducteur de croire que ces limitations fonctionnelles suffisent à elles seules à expliquer les obstacles rencontrés. En effet, les multiples barrières sociales qui nous mettent à l’écart de la cité jouent un rôle majeur dans ces difficultés.

Ainsi, il faut rappeler, d’une part, que la plupart des lieux potentiels de rencontre classiques, (bars, universités, restaurants, les lieux de loisirs) sont trop souvent impossibles à fréquenter car inaccessibles et/ou inadaptés.

D’autre part, que de nombreuses personnes handicapées vivent encore dans un milieu institutionnel qui restreint leurs libertés et leurs possibilités de rencontres.

A cette exclusion spatiale et sociale s’ajoutent des représentations stigmatisantes, notamment s’agissant de notre vie affective et sexuelle.

D’une façon générale, les personnes handicapées sont associées à tout ce que notre société abhorre et attache au malheur : la laideur, la dépendance, la maladie (voire dans le pire des cas la contagion).

Sur le plan sexuel, elles sont souvent envisagées comme asexuées ou impuissantes et, en tout état de cause, incapables de donner du plaisir, de vivre ou de partager une sexualité réussie ou épanouissante.

Les personnes handicapées vivent donc dans une société qui leur renvoie une image profondément dégradée d’elles mêmes et qui refuse de les envisager comme des partenaires sexuels potentiels et banals, et ce, tout handicap confondu.

De plus, leur vie affective et sexuelle est peu ou mal représentée dans les médias. Les couples de personnes handicapées ou mixtes sont, par exemple, quasiment absents et quand ils sont visibles, c’est le plus souvent pour les présenter comme des phénomènes rares ou incompréhensibles.

En plus de ces préjugés propres au handicap, les personnes handicapées subissent les stéréotypes d’ordre général sur la sexualité et les clichés liés à la féminité et à la virilité.

De cette façon, il est communément admis que le sexe est essentiel à l’épanouissement et que l’épanouissement sexuel est lié au physique ou à la santé.

Il est également convenu que la « virginité » est honteuse, qu’une personne belle, selon les critères esthétiques dominants, est considérée comme forcément performante sexuellement, que pour être beau et désirable, il faut répondre aux critères de beauté édictés par les médias qui raisonnent en termes d’âge, poids, taille, proportions idéales, mais aussi que le sexe est une performance qui s’analyse en termes de durée, de fréquence, de nombre d’orgasmes, et qu’il signifie forcément pénétration.

Autant de présupposés normalisants systématiquement véhiculés par les médias, la publicité, la pornographie qui ont des répercussions directes sur les personnes handicapées dont la sexualité ne peut trouver de place dans un cadre aussi étriqué.

Considérés comme repoussants ou désagréables, la seule réponse possible à nos difficultés serait selon certains l’assistant sexuel…


II – L’assistance sexuelle : une mauvaise réponse fondée sur des idées erronées

1- A titre préalable, il est assez surprenant de relever qu’à ce jour, l’assistance sexuelle demeure une proposition assez floue de la part des défenseurs quant à ses modalités pratiques de mise en œuvre.

En effet, de nombreuses questions se posent sans vraiment trouver de réponse.

Tout d’abord, en admettant qu’un tel système voit légalement le jour, qui en seraient les bénéficiaires ? Uniquement les personnes ayant un handicap physique ? Seulement ceux qui ne peuvent pas accéder à leur corps ou d’autres ? Quels seraient les critères ?

Si l’assistance sexuelle est ouverte à toute personne handicapée qui en fait la demande, y compris celles qui peuvent accéder à leur corps et se masturber seules, qu’est-ce qui justifierait qu’elle ne soit pas ouverte à d’autres personnes en souffrance sur le plan sexuel pour d’autres raisons que le handicap ?

L’insatisfaction sexuelle n’est pas réservée aux personnes handicapées et beaucoup de personnes dites valides pourraient, pour des raisons diverses, revendiquer une telle assistance.

Ensuite, jusqu’où iraient les assistants sexuels ? Peau à peau, massages, caresses, stimulation manuelle, utilisation de sex-toys ou pénétration ? Serait-ce une prestation sexuelle ou juste une forme d’érotisme tarifé ?

Enfin, les assistants sexuels prendront-ils en compte toutes les orientations et pratiques sexuelles des personnes handicapées bénéficiaires ?

2- Tout aussi problématique, l’assistance sexuelle semble supposer que les personnes handicapées seraient un groupe homogène avec une sexualité spécifique auquel elle serait la plus apte à répondre.

Or, il est plutôt douteux de parler « d’une sexualité des personnes handicapées » puisque, à l’instar des personnes valides, nous sommes tous différents et nos attentes sexuelles sont aussi diverses que variées.

3- L’assistance sexuelle est de surcroît amplement associée aux soins dont elle serait une sorte de prolongement.

Cette présentation des plus contestable sous-entend que la relation sexuelle avec une personne handicapée serait presque aseptisée et clinique. Elle s’inscrit dans une approche médicale et passéiste de la personne handicapée, occultant la dimension sociale qui fait obstacle à l’accès des personnes handicapées à une vie sexuelle.

Elle prétend également que les personnes valides, candidates à l’assistance sexuelle, doivent être formées spécialement pour avoir des rapports sexuels avec une personne handicapée, ce qui n’a absolument aucun sens.

Les gestes nécessaires au positionnement ou au déshabillage pour avoir des relations sexuelles n’ont rien de spécifique et de différent de ceux pratiqués par la plupart des auxiliaires de vie de personnes handicapées. Ils pourraient donc parfaitement relever de l’aide humaine classique pour ceux qui en auraient besoin et non pas de l’assistance sexuelle.

Qui plus est, la plupart des personnes handicapées physiques peuvent expliquer ces gestes à leur partenaire.

4- Par ailleurs, les liens entre assistance et sexuelle et prostitution sont évidents et soulèvent aussi de nombreuses interrogations.

De deux choses l’une :

– Soit l’assistance sexuelle serait payante et dans ce cas, elle ne serait qu’une « spécialité » au sein d’une « activité » qui existe déjà : la prostitution.


Il s’agirait en fait d’une prostitution adaptée, et même valorisante, presque rédemptrice car s’adressant à un public considéré comme particulièrement « indésirable », « intouchable », totalement rejeté sans cette solution.

Tout comme la prostitution, le système s’adresserait d’abord et avant tout aux hommes. Si nous ne nions pas qu’une demande féminine existerait probablement, elle serait résiduelle, comme pour la prostitution.

Les hommes handicapés qui appellent à l’instauration de l’assistance sexuelle font d’ailleurs le même raisonnement que les clients de prostitués : leurs (supposés) besoins sont irrépressibles et vitaux. Il doit y avoir un système leur permettant d’utiliser des femmes ou des hommes pour satisfaire ce besoin.

La plupart des femmes ou des hommes qui seront amenés à pratiquer l’assistance sexuelle le feront aussi pour les mêmes raisons que dans la prostitution classique, à savoir la contrainte économique.

Les bénéficiaires, majoritairement des hommes handicapés, auront donc « accès » aux femmes et aux hommes les plus précaires.

L’assistance sexuelle serait dès lors un système misogyne et archaïque de marchandisation du corps supplémentaire, mais considéré comme acceptable, qui demanderait de surcroît à être reconnu légalement et à titre exceptionnel.

Sur ce point, il faut noter que les défenseurs de l’assistance sexuelle envisageraient de demander qu’elle soit financée au titre de la prestation destinée à compenser les difficultés liées au handicap (PCH).

Nous ne pouvons souscrire à une telle idée car si le sexe est un désir, une liberté, ce n’est pas un droit. S’il venait un jour à être reconnu, il vaudrait pour tout le monde et pas seulement pour les personnes handicapées.

– Soit l’assistance sexuelle serait gratuite, ou rémunérée à titre symbolique, ce qui équivaudrait à une quasi gratuité.

Dans ce cas, il s’agirait d’un acte de charité, de bienfaisance. Les volontaires seraient persuadés de faire une bonne action qui les grandirait. Ils seraient prêts au « sacrifice suprême ».

Se poserait alors la question de la sélection et de la motivation des volontaires : si ce n’est pas pour gagner de l’argent, comment éviter que des personnes qui s’engageraient dans une formation d’assistant sexuel ne le fassent dans le seul but d’utiliser des personnes handicapées comme objets de leurs fantasmes sexuels ?

Certaines personnes mal dans leur propre sexualité pourraient chercher à se rassurer à travers nous. Ce qui n’a rien de valorisant et pourrait s’avérer dangereux…

Compte-tenu de tous ces éléments, nous considérons que nous sommes légitimes à nous inquiéter de la mise en place d’un tel système. S’il venait à s’imposer, il aurait de toute évidence un impact qui irait bien au delà de ses « usagers » ou « clients ».

Il est, en effet, à craindre que toutes les personnes handicapées qui évoqueront le désir de trouver un partenaire soient renvoyées vers l’assistance sexuelle, devenue la voie d’accès « adaptée. »

L’assistance sexuelle confortera inévitablement l’idée qu’un rapport affectif ou sexuel entre valides et personnes handicapées n’est pas « normal ».

Une fois de plus, il s’agira donc d’une réponse stigmatisante aux difficultés des personnes handicapées, qui ne fera qu’aggraver leur exclusion.

Elle ne permettra pas aux personnes concernées de reprendre confiance en elles mais les enfermera dans une sexualité de seconde zone, les renverra encore à la marge et à l’étrangeté, comme le font déjà les sites spécialisés et les agences de rencontres existants, réservés aux personnes handicapées ou à ceux qui veulent rencontrer exclusivement des personnes handicapées.


Conclusion

L’assistance sexuelle ne constitue pas une véritable réponse aux problèmes posés. Elle ne propose qu’une solution simpliste et conformiste qui permet de ne pas remettre en question le système de valeurs et les représentations en vigueur au sein de notre société, qui limite les possibilités d’avoir accès à une véritable sexualité.

L’assistance sexuelle ne va ni dans le sens de l’émancipation et de l’autonomie des personnes handicapées ni de leur libération sur un plan sexuel.

Si elle prétend proposer une vision avant-gardiste de la personne handicapée, force est de constater qu’elle s’inscrit à la fois dans la logique économique libérale qui fait de la sexualité un service commercial, dont elle nous propose d’être consommateurs, et dans une vision judéo-chrétienne qui place encore une fois la personne handicapée en objet de charité.

Elle place aussi l’accompagnant dans une situation à mi-chemin entre le prostitué et le bienfaiteur.

La sexualité devrait pourtant être libre et non marchande, impliquer de la réciprocité dans le désir et un échange égalitaire. Une réciprocité qui ne peut exister ni dans le rapport marchand ni dans le rapport caritatif.

A ceux qui soutiendraient que, faute de mieux, l’assistance sexuelle pourrait être mise en place comme une solution provisoire, nous répondons que le risque est trop grand qu’elle ne devienne la seule et unique réponse aux éventuelles difficultés des personnes handicapées.

A notre sens, pour améliorer les choses efficacement et durablement, mieux vaudrait :

Abolir la ségrégation sociale et spatiale que subissent les personnes handicapées, en s’engageant notamment dans la désinstitutionnalisation.

Favoriser l’éducation sexuelle sans tabou dès le plus jeune âge, notamment pour les personnes handicapées elles-mêmes afin qu’elles puissent reprendre confiance en elles et se concevoir comme des partenaires à part entière.

Déconstruire et réinventer les représentations du sexe, du handicap, des femmes et des hommes.

Développer les solutions techniques existantes qui pourraient aider les personnes handicapées dans leur sexualité.

Pour finir, nous affirmons avec force qu’il n’y a rien d’humaniste à entretenir une relation affective ou sexuelle avec l’un d’entre nous. Nous sommes désirables, nous sommes des partenaires potentiels à part entière, au même titre que les autres.

Elena CHAMORRO, enseignante, Mathilde FUCHS, militante associative, Lény MARQUES, blogueur, Elisa ROJAS, avocate.

https://auxmarchesdupalais.wordpress.co ... esirables/
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Re: handicap

Messagede bipbip » 13 Aoû 2015, 13:41

HandicapéEs : sous-citoyenNEs ?

Votée en 2005, la loi pour l’accessibilité dans tous les lieux publics devait être appliquée en 2015. L’État avait accordé dix ans aux collectivités pour se mettre en conformité et permettre aux personnes handicapées d’accéder à une série d’établissements publics qui leur étaient jusque-là interdits de fait. Depuis des années, voyant approcher à grand pas l’échéance fixée au 1er janvier 2015, de nombreuses associations tirent la sonnette d’alarme, car de nombreuses mairies, écoles et transports ne sont toujours pas en mesure d’accueillir des personnes à mobilité réduite. Ainsi, seulement 40 % des établissements publics serait aujourd’hui en règle.

Et ce qui n’aurait pas dû arriver... est finalement arrivé : sénateurs et députés viennent d’adopter il y a quelques jours le report de la mise en accessibilité des lieux publics à trois, voire six ou neuf ans (!), selon les cas. Pas question de sanctionner, de faire payer voire de fermer, les récalcitrants et les retardataires...

Pour de nombreuses associations, cette mesure n’est qu’une manière de reculer pour mieux repousser le problème, des associations non entendues qui avaient pourtant appelé les parlementaires à ne pas ratifier cette « ordonnance de la honte » qui va « maintenir notre pays en queue de peloton des nations ayant ratifié la Convention internationale sur les droits des personnes handicapées ».

Les 12 millions de personnes concernées devront donc prendre leur mal en patience pour réaliser des déplacements simples du quotidien, se rendre dans un commerce ou dans un service public. Les politiques, qui ont de la « citoyenneté » plein la bouche, ont aussi la mémoire bien courte...

http://www.npa2009.org/actualite/handic ... citoyennes
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Re: handicap

Messagede bipbip » 12 Oct 2015, 01:26

Mercredi 14 octobre 2015

Les MDPH en danger ? Mobilisation le 14 octobre

Rassemblement pour la défense des MDPH

Maisons Départementales des Personnes Handicapées

Le mercredi 14 octobre, l'Association des Paralysés de France organise un rassemblement devant le Ministère des Affaires Sanitaires et Sociales pour défendre les MDPH, et concrètement, pour remettre sa pétiion à la ministre.

N'hésitez pas à signer la pétition, et à FAIRE TOURNER la pétition et le rassemblement a vos proches. Je sais bien que un mercredi à 14h c'est pas possible pour plein d'entre vous et qu'une partie n'est pas parisienne non plus, mais s'il vous plaît faites tourner.

Un guichet unique et de proximité pour accéder à TOUS ses droits ? Cela existe en France dans chaque département et c'est en passe d'être supprimé !

Il y a quelques années, une personne en situation de handicap était confrontée à des démarches multiples et complexes pour accéder à ses droits et demander les accompagnements spécifiques nécessaires à sa vie quotidienne.

Pour simplifier ce parcours du combattant, le législateur a créé en 2005 un dispositif de guichet unique et de proximité : les Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH).

Les MDPH sont indispensables pour demander l'accès à des droits et des accompagnements concernant :
• l'école ou encore la formation, à l'emploi… ;
• un service d'aide à domicile ou un accueil dans une structure d'hébergement spécifique ;
• des aides techniques (fauteuil roulant, adaptation du logement ou du véhicule) ou humaines (auxiliaires de vie) ;
• une l'allocation minimale permettant de vivre ;
• l'étude de la situation de l'aidant de la personne en situation de handicap ;
• Etc.

Autre force de ce dispositif : son autonomie et son efficience d'action, garanties par l'implication de TOUS les acteurs et décideurs qui participent à l'accompagnement des personnes (l'Etat, le Conseil départemental -ex Conseil général-, les associations, l'Agence régionale de santé, la CAF et encore d'autres organismes).

Pour faire face à une augmentation très forte des demandes, l'urgence est aujourd'hui de donner aux MDPH les moyens nécessaires pour fonctionner afin de réduire les délais de traitement très longs des demandes, d'évaluer avec la personne ses besoins, de lui offrir un panel de réponses correspondant à ses besoins, etc.

Or, la réponse à cette urgence proposée par les pouvoirs publics est au contraire de remettre en cause ce dispositif par le biais de politiques locales -celles des conseils départementaux- et nationales - notamment dans le projet de loi d'adaptation de la société au vieillissement actuellement en discussion au Parlement.

Ces politiques tendent à revenir sur les principes mêmes des MDPH en laissant les seuls Conseils départementaux avoir la mainmise sur ces dispositifs et devenir à terme les « décideurs-payeurs » sur certaines prestations.

Les risques ? Plus aucune autonomie pour les MDPH ; des partenaires (services de l'Etat, associations) réduits à des « potiches» ; des moyens de fonctionnement en baisse (au regard des difficultés budgétaires des conseils départementaux) ; des décisions conduisant à une évaluation a minima et à l'attribution de prestations plus faibles aux personnes en situation de handicap ; une efficacité des droits et accompagnements réduite (école, emploi, ressources, etc.) et de fortes disparités de traitement sur le territoire !

Aujourd'hui, la priorité est donc d'améliorer le fonctionnement des MDPH plutôt que d'inventer une nouvelle formule synonyme de recul pour les droits des personnes en situation de handicap et de leur famille !

Pour nous aider à sauver les Maisons départementales des personnes handicapées et ainsi les droits des personnes en situation de handicap et de leur famille, demandez au gouvernement et au président de la République de garantir leur autonomie et de leur attribuer les moyens nécessaires à leur bon fonctionnement en signant cette pétition !

http://informations.handicap.fr/art-mdp ... 1-8301.php
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Re: handicap

Messagede Pïérô » 15 Nov 2015, 14:13

Lundi 16 novembre 2015

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Handicap : touche pas à mes droits, touche pas à ma loi

Mobilisons nous ... avant qu'il ne soit trop tard !
Non à la légalisation des dysfonctionnements dans l'accompagnement et la prise en charge du handicap en France !


Si la loi du 11 février 2005 devait être une grande avancée pour nous, force est de constater que la réalité du terrain est toute autre.
Scolarisation des enfants en situation de handicap :
• Orientations "plus que préconisées" pour ne pas dire imposées, faute d'accorder les compensations nécessaires pour rendre la scolarité effective.
= des enfants orientés dans des établissements qui ne répondent pas à leurs besoins de rééducation ou d'accompagnement, sans scolarisation.....
• Difficultés à obtenir une AVSi avec un nombre d'heures spécifiées (donc accompagnement que l'on peut plus exiger). Personnel non formé, précaire... délai de traitement des dossiers trop long avec des rentrées retardées faute d'AVS.
• Des orientations vers des Sessad ou Ulis où il n'y a pas de place.
• des AEEH qui ne financent pas les soins et les rééducations à hauteur des frais engagés.
• toujours pas de PPS pour les enfants, l'évaluation du handicap conduite par l'école depuis la mise en place du Geva-sco
• des informations préoccupantes faites en cas de désaccords avec l'orientation souhaitée

Bref, notre parole et notre place de parents, nos souhaits pour nos enfants ne sont guère respectés !
Orientation en établissements :
• des personnes qui pourraient prétendre à une vie sociale dans la cité sont orientées de force en établissement plutôt que d'obtenir un accompagnement personnalisé à la hauteur des besoins.
• des orientations notifiées par les MDPH qui ne s'imposent pas aux établissements
• des périodes d'essais en institution avant d'être admis, des personnes refusées en raison "de la lourdeur" de la prise en charge du handicap donc pas assez "rentables". On laisse donc les établissements, financés par de l'argent public faire "leur marché" parmi les personnes en attente de solution.

= seules alternatives : exil à l'autre bout de la France, voir en Belgique ou, pour ceux qui ont le plus de besoins, sans solutions, laissés à la charge des leurs parents ou familles.
• si on a la chance d'avoir une place, ne pas être "trop regardant" à la qualité de la prise en charge.
•aucune évaluation des besoins des personnes et aucun contrôle de la qualité de la prise en charge et de l'utilisation des fonds publics

Le gouvernement propose aujourd'hui de légaliser tous ces dysfonctionnements en donnant pouvoir au MDPH d'orienter non plus par rapport aux besoins mais par rapport aux ressources que chacun voudrait bien mobiliser, faisant fi du libre choix de la personne concernée.

Disons STOP pour rester "les parents" de nos enfants, en capacité de faire valoir leurs droits !

Disons STOP pour rester en capacité d'exercer notre pleine citoyenneté et de rester libre de nos choix de vies !

https://www.facebook.com/events/980474718684174/
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Re: handicap

Messagede Pïérô » 30 Nov 2015, 02:02

La gestion du handicap à l’école

La politique menée en faveur des personnes handicapées s’inscrit dans un contexte historique particulier dans lequel le handicap s’est construit comme un problème social, exigeant un régime spécial et un traitement adapté.

D’abord conçu comme catégorie de discrimination des individus, puis comme catégorie sociale, juridique et médicale de l’action publique, le handicap est devenu un phénomène repérable institutionnellement. Il est identifié par des dispositifs de prévention, de dépistage, par des diagnostics et des traitements médico-sociaux de l’inadaptation, s’appuyant à l’époque en France sur la logique de production d’un système éducatif et de soin et axé sur la rééducation institutionnelle, sur des techniques individuelles appropriées aux diverses pathologies, organisé par l’appareil institutionnel de la pédopsychiatrie et de l’enfance inadaptée.

La population concernée, devenue clairement identifiable pour des besoins de gestion s’est constituée de fait comme une réalité incontestable, celle d’une catégorie de population regroupée autour d’un trait distinctif et très général, celui d’être considéré comme inadapté ou incapable dans telle ou telle situation sociale où est attendue ou exigée de l’individu une performance sociale.

Depuis une décennie, cette catégorie est devenue l’un des enjeux dans le cadre de la nouvelle stratégie de gestion de la politique publique, dispositifs d’application de la réforme managériale de l’état dans les champs éducatifs et dans le secteur sanitaire et médico-social depuis 2000.

Le sens général de cette politique consiste dans une formule d’individualisation et de personnalisation des offres de prestations sociales et éducatives. A partir de l’expertise de l’individu et du calcul de ses besoins spécifiques s’organise une série d’interventions adaptées à des profils préalablement définis en vue d’assurer la plus grande flexibilité de la prise en charge.

La loi de 2005 en est l’application. Elle se traduit par une formule flexible de prise en charge ouverte sur un large panel de traitements médico-psycho-pédagogiques offert aux élèves à partir du moment où sont repérés des troubles spécifiques.

Dans ces conditions les élèves en difficultés peuvent être maintenus dans les classes ordinaires. L’idée étant de promouvoir une offre scolaire adaptée à la diversité des potentiels des élèves qui cherche à satisfaire les aspirations individuelles. Cette philosophie à l’intérieur du système scolaire est inspirée de la logique économique et libérale du marché et s’étaye sur un certain usage de la science et de la psychologie dite scientifique (dépistage par des tests d’intelligence et évaluations diagnostiques et statistiques des troubles mentaux). Le discours managérial de l’efficacité vient à l’appui en reformulant la finalité de l’éducation publique qui est considérée comme un bien au même titre que n’importe quel bien économique. Dans ce ce contexte surdéterminé la responsabilisation des familles afin de soutenir l’investissement éducatif en faveur des enfants ne peut que s’accroître. Les parents sont devenus des acteurs stratégiques au service de la réussite de leurs enfants et investi dans la cause scolaire.

C’est dans ce contexte que l’on peu comprendre la solidarité et l’encouragement des pouvoir publiques dans la reconnaissance donnée au développement des initiatives privées, des association de parents d’élèves mobilisées pour faire reconnaître à l’école les besoins relatifs à leur enfants handicapés ( dys, surdoués, autistes, hyper-actifs …).

Le sociologue Robert Castel qui interrogeait l’ancêtre de la loi de 2005, celle de 75, « loi d’orientation en faveur des personnes handicapée » écrivait ceci en 1981 dans La gestion des risques : « La notion de handicap met au premier plan les performances sociales. Elle relève d’une mesure de l’efficience du comportement à prétention objectiviste, laquelle s’oppose à la perception du trouble psychique qui a prévalu en médecine mentale. Le fou, peut, à l’extrême être génial ; le handicap représente toujours un déficit. Il renvoie à un autre régime de pensée et à une autre tradition que celles qui ont constitué la psychiatrie. » (…) « Par rapport à la maladie mentale, qui est un évènement même prolongé, et à la limite seulement chronique, le handicap se situe ainsi du coté du figé, de l’état permanent, du statut définitif, même si on y ajoute toujours comme il se doit, « qu’il faut laisser une place aux possibilités évolutives ».

Celles ci peuvent au mieux signifier réparation, dans l’acceptation la plus orthopédique du mot. En ce sens, le discours du handicap promeut une véritable dépsychiatrisation, car même si l’action sur le déficit est entreprise, elle se pense en termes d’exercices de développement, d’amélioration de performances, plus qu’en terme de traitement, et encore moins d’écoute, de réponse à une demande de soin, d’attention à la souffrance psychique, de prise en compte de la problématique du sujet, etc. Travail pour les adultes, résultats scolaires pour les enfants, constituent le double horizon de valeurs d’efficiences à partir desquelles le handicap s’inscrit comme manque. Ce qui se cache derrière le handicap, ce n’est pas l’irruption du pathologique, mais le règne de l’inégalité. Inégalité qui renvoie à la déficience d’une constitution, ou inégalité acquise dans la lutte pour la vie conçue comme un parcours d’obstacle, il mesure toujours une infériorité.
Le handicap naturalise à la fois l’histoire du sujet en faisant du manque un déficit, et l’histoire sociale, en assimilant les performances requises à un moment historique donné à une normalité « naturelle ».

Robert Castel resituait la loi d’orientation dans le contexte plus général d’une transformation de la politique administrative et de sa stratégie de gestion et de prévention. Il constatait une mutation des technologies préventives qui subordonnait l’activité soignante à une gestion des populations à risques. Cette loi, axée dorénavant sur la prévention médico-sociale, imposait dans le cadre scolaire un dépistage précoce des « anomaliques » par l’expertise médico-psychologique.

Ainsi pour Castel, elle inaugurait de nouvelles stratégies de contrôle, caractérisées non plus par des formes répressives ou interventionnistes mais par l’assignation de destins sociaux différents en fonction des capacités des individus à assumer les exigences de la compétition et de la rentabilité.

Dans ce contexte, le savoir psychiatrique et psychologique servira de fondement et de légitimité « scientifique ». La médecine mentale dans sa fonction d’expertise a une fonction de contrôle social, dans la mesure où elle est un instrument de gestion des populations, sans prétention à modifier les sujets concernés.

La notion de handicap, elle, renvoie à une vision instrumentale de l’humain réduit à l’effectivité de ses compétences dans un monde où la lutte des places et la compétition érigée en dogme sont devenues la règle, sous couvert d’égalité des chances. Elle est un moyen efficace pour calibrer différentiellement des catégories d’individus et leur assigner des places précises. L’expertise médico-psychologique est ainsi élevée dit Robert Castel à la hauteur d’une « nouvelle magistrature des temps modernes ».

L’école est le lieu principal où se dessine la filière du handicap, la Loi d’orientation faisant obligation au chef d’établissement de dresser une liste des enfants présentant des difficultés de comportement ou de retard scolaire dans l’objectif de constituer un dossier d’orientation. Les normes scolaires fonctionnent alors comme des repères du développement normal des élèves et des outils de dépistage des inadaptations, sans que leur fonctionnement comme fabrique de l’inadaptation soit remis en question. L’expertise neuro-psychiatrique, à l’école participe ainsi au processus de médicalisation de la société.

Robert Castel rappelle le risque que cette collaboration des professionnels aux nouvelles politiques de gestion n’en passe par la destruction de l’objet de leur pratique car le modèle du jugement de l’expertise s’applique au système scolaire dans un cadre normatif et selon des évaluations « qui mesurent simplement un rapport à des modèles sociaux dominants et de surcroit changeants. On peut imaginer par exemple qu’un accroissement des exigences du système scolaire augmente encore le nombre de ses inadaptés, et par là, des enfants pour qui se posera le question du handicap ».

La prédiction hypothétique s’est donc avérée exacte et dépasse même ce que Robert Castel pouvait anticiper à l’époque. Cette stratégie de gestion dissociant l’expertise du soin, transforme les dispositifs de prévention en dispositifs de gouverne-ment des conduites afin d’assurer et d’organiser des formes de contrôle social inédit des populations.

C’est bien cette logique que ne cesse à l’heure actuelle de dénoncer certains professionnels en psychiatrie comme les 39 (contre la nuit sécuritaire) et le mouvement Pas de zéro de conduite. Renouant avec la logique de 75, la loi de 2005 réintroduit le discours de l’inadaptation. Mais toute l’ambigüité se révèle au travers du discours qui accompagne les nouveaux dispositifs. Ce discours s’inscrit en effet dans un contexte biologisant et essentiellement déterministe. Il semble renouer dans sa logique de médicalisation avec cette politique des années 60/70 de « l’enfance inadaptée » dont les pratiques faisaient apparaître l’implication générale des professionnels du soin dans le cadre d’une gestion administrative de l’inadaptation et de la folie, fortement critiquée pour la violence de son caractère ségrégatif, stigmatisant et de « contrôle normalisateur » (Maud Mannoni entre autres).

Aujourd’hui, la critique de certains de ces professionnels est claire : « Les agités, les redoublants, les insoumis, les peu concernés par l’apprentissage, le plus souvent issus des populations les plus précaires, se voient ainsi psychiatrisés par la voie du handicap ». Comme le rappelle Roland Gori, ces nouvelles pratiques sociales participent au gouvernement des conduites et au contrôle des populations.

« Aujourd’hui, l’exclu, on le met à l’intérieur pour mieux le surveiller et mieux le corriger si nécessaire. Pour cela il suffit de détourner les institutions du soin, d’éducation, ou du travail, des finalités qui les avaient fondées en leur confiant un pouvoir sécuritaire pour le bien être des individus et des populations ».

Que devient en effet l’approche thérapeutique dans ce contexte, si au lieu d’avoir affaire à une personne singulière, elle fait face à une cible abstraite : une population à risque ?

Robert Castel à raison de constater que la collaboration des professionnels médico-psychologiques aux nouvelles politiques préventives et sécuritaires passe par la destruction de leur objet soit de leur pratique et de leur éthique.

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Re: handicap

Messagede Lila » 12 Mar 2017, 19:06

Eclairage

«Les femmes handicapées subissent beaucoup plus de violences que les femmes valides»

A l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, focus sur un numéro d'écoute dédié aux femmes handicapées. Une ligne spécifique pour des violences spécifiques.

à lire : http://www.liberation.fr/france/2016/11 ... es_1529911
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Re: handicap

Messagede bipbip » 12 Mai 2017, 20:38

Une personne handicapée a trois fois moins de chances d’avoir un emploi

Moins de chances de trouver emploi, plus de temps partiel, plus de probabilité d'être au chômage et plus longtemps: les travailleurs handicapés ont un accès plus difficile à l'emploi que le reste de la population, indique mercredi une enquête du ministère du Travail.

... http://www.leparisien.fr/flash-actualit ... 936708.php
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Re: handicap

Messagede Pïérô » 17 Sep 2017, 03:35

L'AAH INVESTIGATION – Le prix de l'amour #1

La vie en couple reste encore inaccessible pour un grand nombre de personnes handicapées, et pour cause, le mode de calcul de l'AAH (l'allocation aux adultes handicapés) induit une situation de dépendance vis-à-vis de leur partenaire, les dissuadant de vivre sous le même toit, de se pacser ou a fortiori de se marier.

En effet, les revenus du conjoint, du concubin ou du pacsé sont pris en compte pour déterminer le droit à percevoir l'AAH. Si ces derniers sont supérieurs à 1112€ par mois, l'AAH du bénéficiaire diminue, et dès lors qu'ils dépassent 2246€, il ne perçoit plus aucun centime d'AAH. Cette situation fait porter toute la responsabilité financière sur le seul partenaire en mesure de travailler, condamnant son conjoint handicapé à une totale dépendance à son égard et le couple à une grande précarité.

Cette animation fait le récit d'une telle situation à travers le personnage d'Andy, tâchant de synthétiser en 5 minutes le fonctionnement de l'AAH en couple et les effets qu'il est susceptible de produire sur celui-ci.

En espérant que ce support pédagogique puisse participer à relancer le débat sur cette question, et contribuer à le porter sur le devant de la scène politique.

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Messagede Pïérô » 26 Sep 2017, 01:04

S'en prendre au plus pauvres, c'est le crédo, et il y en aura pour tout le monde !


AAH en couple : combien allez-vous perdre ?

Les règles de calcul pour les allocataires handicapés en couple vont être revues à la baisse. Dans l’hypothèse la plus défavorable, ils pourraient perdre jusqu’à 271 €/mois. Le gouvernement assure, lui, que la hausse de l’AAH compensera le changement du mode de calcul.

C’est la surprise du chef. Les règles de calcul de l’allocation adulte handicapé (AAH) pour les personnes en couple vont être « rapprochées de celles des autres minima sociaux ». C’est ce qu’a fait savoir le gouvernement à l’issue du comité interministériel du handicap (CIH), mercredi 19 septembre. Dit comme ça, c’est flou. En plus concret, cela donne : ces règles de calcul vont devenir moins favorables pour les allocataires de l’AAH mariés, concubins ou pacsés.

... http://www.faire-face.fr/2017/09/21/aah-couple-perdre/
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Re: handicap

Messagede bipbip » 04 Oct 2017, 19:13

Genève vendredi 6 octobre 2017

Handicap et société, la réhabilitation basée sur la communauté


Vendredi 6 octobre, 18h30, l’équipe des rencontres du Lissignol 8 invite la Centrale Sanitaire Suisse Romande (CSSR), sur le thème des droits et de la défense des personnes handicapées. Un documentaire sera projeté sur un projet au Salvador, misant sur la "réhabilitation par la communauté".

Entrée libre, repas sur place, bienvenue à toutes et à tous.

En 1937, alors que la République espagnole est en proie aux attaques des troupes fascistes du Général Franco, la CSS est créée pour soutenir les populations civiles et les combattants républicains.

Après un long silence, la CSS renaît à Lausanne le 9 janvier 1966 sous la forme d’un Comité national d’aide au Vietnam. Le premier bulletin de la CSS sort en mars 1966 : il dénonce les crimes de guerre des troupes d’intervention et lance une campagne pour réunir des fonds qui permettront d’apporter une aide médico-sanitaire aux populations du Sud-Vietnam. En 1967, la CSS publie un document majeur, qui sera traduit en plusieurs langues et repris par le Tribunal Bertrand Russel sur les crimes de guerre au Vietnam : Vietnam : Documents sur la guerre chimique et bactériologique.

La Centrale Sanitaire Suisse Romande (CSSR) fonde son action sur les deux valeurs fondatrices que sont la solidarité et l’équité en matière de santé. De là découle son engagement en faveur de groupes de population défavorisés et opprimés dans les pays du Sud, afin de leur permettre d’accéder aux soins nécessaires.

Vendredi 06 octobre, à l’aune de l’expérience de la CSS nous parlerons "Handicap et société, la réhabilitation basée sur la communauté".

8, r. Lissignol, Entrée libre et ouverte à toutes et à tous.
18h30-Soupe aux légumes
19h00-Projection de "Ma différence", documentaire sur le handicap au Salvador
19h30-Présentation et discussion

P.-S.
Site de la CSS_ http://css-romande.ch
Les rencontres sont relayées par LibrAdio et écoutables en podcast : http://libradio.org/?page_id=3162

https://renverse.co/Rencontres-du-Lisignol-8-1233
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Re: handicap

Messagede bipbip » 11 Oct 2017, 16:20

Jusqu’à 150€ de moins de revenus par mois

Prime d’activité : Après les retraités, le gouvernement s’attaque aux handicapés

Après les retraités, Macron s’attaque aux handicapés en supprimant la prime d’activité des pensionnés d’invalidité en emploi. 230 000 personnes sont concernées par cette mesure, passée inaperçue, du projet de loi de finance pour 2018.

Augmentation de la CSG sans compensation pour les retraités , baisse des APL, diminution de l’ISF… le projet de budget présenté la semaine dernière par Bruno Le Maire est décidément conçu pour les riches et uniquement pour les riches. Les classes populaires, au contraire, vont elles prendre de plein fouet les coupes budgétaires et mesures austéritaires annoncées par le gouvernement. Après les étudiants, les retraités, ce sont les bénéficiaires de pensions d’invalidité qui y passent.

Depuis Octobre 2016 les pensionnés d’invalidité en emploi aux faibles revenus bénéficiaient d’une prime d’activité, comme le reste des travailleurs. Cette prime d’activité a été créé en janvier 2016 pour tous les travailleurs indépendants ou salariés, offrant un complément de revenu aux personnes touchant moins de 1500 euros par mois (pour une personne célibataire et sans enfant). Il avait été obtenu à cette époque que l’allocation adulte handicapé (AAH) et la pension d’invalidité soient considérées comme des revenus d’activité et non comme des prestations sociales. Cela permettait par exemple à une personne célibataire touchant 717€ de salaire et 280€ de pension, de bénéficier de 149,17€ de prime par mois.

Aujourd’hui le gouvernement argue que « cette prise en compte dérogatoire de revenus (…) n’a pas été utilisée par un grand nombre de bénéficiaires » pour justifier la suppression de ce dispositif. Ce qui conduira les 230 000 pensionnés d’invalidité en emploi à ne plus toucher aucune prime ! Ce pour des personnes qui vivent déjà pour beaucoup en dessous du seuil de pauvreté et pour qui trouver un emploi se complique encore du fait de leur handicap. Cet argument avancé par le ministère des finances est d’autant plus sournois que lors de la création de la prime d’activité en janvier 2016, les allocataires AAH et les pensionnés d’invalidité avaient été « oubliés ». Grace à la mobilisation des associations pour les titulaires d’invalidité le dispositif avait fini par être opérationnel en Octobre 2016, mais sans effet rétroactif. De surcroît, ce fut réalisé sans communication particulière, ce qui fait que beaucoup de personnes n’ont certainement pas su qu’elles pouvaient en bénéficier. C’est de cela aujourd’hui dont se sert Bercy pour justifier la suppression de la prime.

Dans le même temps, le gouvernement mène une opération de communication habile en faisant mine de vouloir faciliter l’accès aux droits – « Nous simplifierons les procédures pour les titulaires de droits sociaux » a assuré Édouard Philippe – et d’augmenter l’AAH, il a déjà annoncé que n’en bénéficieraient pas les 250 000 allocataires en couple ! Un coup de com qui ne trompe en rien sur la politique de classe à peine masquée que mène le gouvernement de Macron.


http://www.revolutionpermanente.fr/Prim ... handicapes
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Re: handicap

Messagede Pïérô » 25 Oct 2017, 22:41

Le handicap expose à la pauvreté et aux bas niveaux de vie

La moitié des personnes handicapées ont un niveau de vie inférieur à 1 540 euros par mois, soit près de 200 euros de moins qu’une personne valide. Plus le handicap est sévère, plus le revenu est faible et le niveau de pauvreté élevé

... https://www.inegalites.fr/Le-handicap-e ... aux-de-vie
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Re: handicap

Messagede bipbip » 01 Nov 2017, 20:38

Qu’entend-on par « validisme » ?

La culture du valide

Voici un terme très souvent utilisé dans les milieux militants mais dont la signification reste floue pour beaucoup de personnes, valides ou non. Qu’entend-on par « validisme » ? Que veut-on dire par « la société est validiste » ou « attention à ne pas utiliser d’insultes validistes » ?

Une société validiste est une société faite par et pour les personnes valides, où les maladies et handicaps sont considérés comme des anomalies, des exceptions gênantes et rarement des particularités (certes souvent difficiles à vivre, mais ce n’est pas le sujet) concernant une part non négligeable de sa population et auxquelles elle doit s’adapter. Même sous une mince couche de vernis à base « d’accessibilité » et de « tolérance » à tout ce qui est différent (merci infiniment de nous « tolérer », c’est très noble de votre part), il n’en demeure pas moins que les handicaps sont considérés comme étant l’affaire de la personne handicapée avant tout et que c’est à elle de s’adapter à un monde qui pourrait pourtant dans beaucoup de cas être très facilement rendu accessible, pour peu que l’on se donne la peine de lui demander quels sont ses besoins.

Les trois singes de la sagesseSi vous avez l’impression que la société fait son possible pour rendre la vie des personnes handicapées plus facile, sachez qu’il s’agit surtout de brasser de l’air parce qu’en pratique, ce n’est pas le cas du tout. En pratique, on parle de « coût » de l’accessibilité, comme si le simple fait de permettre à des personnes de pouvoir se déplacer à leur guise ou d’utiliser un service, par ailleurs accessible à tou-tes les gent-es valides, était un luxe que l’on ne pouvait se permettre. Ne loue-t-on pas le « courage » des personnes handicapées ou malades lorsqu’elles réussissent à se faire leur place au soleil ? Pourquoi devrait-on être spécialement courageux-ses afin de bénéficier des mêmes chances et opportunités que les valides ?

L’accessibilité, sans cesse reportée à la Saint Glinglin dans notre beau pays des droits de l’homme riche blanc cis hétéro valide, est donc traitée comme une préoccupation mineure, une faveur que notre société si « avancée » et « civilisée » ferait aux personnes concerné-es et non comme un minimum vital qu’il faut urgemment mettre en place afin de leur permettre de vivre. Les personnes malades et/ou handicapées seraient si peu nombreuses que l’on pourrait écarter ce problème d’un revers de main afin de s’occuper de choses plus intéressantes comme, par exemple, l’organisation du prochain festival du vin et du saucifflard.

Les difficultés quotidiennes auxquelles font face les personnes en situation de handicap ne sont ni plus ni moins qu’une occupation de jours de pluie pour le politicard moyen. Le nombre prétendument « limité » de ces personnes concernées est d’ailleurs très souvent avancé pour justifier que l’on rechigne face au simple fait de mettre des rampes d’accès pour les personnes à mobilité réduite. Certaines personnes valides argueront qu’elles voient rarement des personnes à mobilité réduite dans l’espace public. On se demande bien pourquoi…

Le validisme, c’est aussi le fait de se gargariser de l’augmentation du taux de scolarisation des élèves en milieu « ordinaire » en parlant « d’intégration » des élèves handicapé-es et non d’adaptation du milieu scolaire aux handicaps… Le tout sans se demander une seule seconde si l’accompagnement fourni à ces élèves est suffisant.
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Comment s’en foutre ET se moquer en même temps. Très fort.

Le validisme, c’est préférer mettre l’accent sur la recherche scientifique, censée permettre à l’humain d’éradiquer toutes les maladies et de « guérir » tous les handicaps dans le futur, plutôt que de se tourner un minimum vers les personnes malades ou handicapées qui foulent déjà le sol de notre planète. C’est de faire croire que la seule vraie solution aux préjugés et aux discriminations est le progrès scientifique, comme si être discriminé-e et moqué-e, avoir des difficultés à évoluer dans un monde de valides étaient des composantes inhérentes au fait d’être une personne handicapée. La maladie et le handicap sont des choses difficiles à vivre en soi, mais ce n’est pas une raison pour estimer que tout effort pour améliorer la situation est inutile ou une « faveur » que l’on nous fait.

Le validisme, c’est le fait d’utiliser des noms de maladies ou de handicaps en guise d’insultes, comme s’il était dégradant d’être malade ou handicapé-e. « Débile », « trisomique », « retardé-e », etc… Sans parler de toutes les allusions au cerveau qu’il faudrait forcément avoir parfaitement sain pour raisonner convenablement. C’est aussi le fait d’utiliser ces mêmes mots comme autant de qualificatifs rigolos pour se décrire soi-même alors que l’on est pas concerné-e (par exemple « j’ai inversé deux lettres, je suis trop dyslexique hahaha »). De telles pratiques contribuent à donner à la société une vision simpliste de ce que sont les maladies et les handicaps. Les personnes réellement concerné-es se voient ensuite souvent répondre que leur maladie ou leur handicap n’est pas réellement grave et qu’elles n’ont qu’à « faire plus d’efforts ». Non, être bipolaire ne signifie pas être de bonne humeur le matin et de mauvais poil le soir.

Le validisme, c’est le fait d’utiliser des photos de personnes malades ou handicapées pour plaisanter ou dénigrer quelqu’un, comme si le fait d’avoir un corps différent était une honte dont les personnes valides seraient en droit de se moquer. Comme s’il était dégradant pour un-e valide d’être assimilé-e à une personne malade ou handie.

Le validisme, c’est de réduire la personne à sa maladie ou son handicap en utilisant des qualificatifs tels que « la petite autiste » ou « le petit hyperactif ». C’est une pratique particulièrement utilisée pour désigner des enfants. Imaginez ce que c’est que de grandir en étant uniquement désigné-e par les adultes comme « la trisomique » ou « l’handicapée ». La maladie, la différence, font partie de nous mais nous sommes avant tout des personnes. Nous avons un prénom. Utilisez-le.
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Voici un.e enfant. Un être humain. Pas « une trisomique ».

Le validisme, c’est le fait d’avoir une certaine vision des personnes handicapées, comme si elles constituaient un groupe homogène, sans pour autant en connaître une seule intimement. C’est de voir ces personnes comme nécessairement malheureuses et regrettant bien fort de ne pas être valides, comme si le handicap était en soi la seule chose qui nous empêchait de vivre nos vies comme on l’ent
end… Paradoxalement, c’est aussi louer le « courage » dont font preuve les personnes handicapées, c’est partager des articles sur les réseaux sociaux à propos des rares personnes handies célèbres afin de mieux se rassurer et fermer les yeux sur la réalité vécue par toutes les autres. C’est estimer, inconsciemment, que les personnes handicapées ne méritent de l’attention que lorsqu’elles accomplissent quelque chose de remarquable.

Le validisme, c’est utiliser les réalisations de personnes handies afin de se motiver (« si un-e handi-e le fait, je peux le faire ») ou se dénigrer (« je n’arrive pas à faire ce qu’un-e handi-e fait, je ne vaux rien ») en partant du principe que les capacités d’un-e personne handi-e sont forcément moindres que celles de quelqu’un de valide. Comme si ille ne pouvait pas avoir travaillé plus dur, s’être entraîné-e plus longtemps ou tout simplement être plus doué-e qu’un-e personne valide.

Le validisme, c’est le fait de n’appréhender la sexualité des personnes handicapées que sous l’angle de « l’assistance sexuelle », comme si personne ne pouvait avoir envie de pratiquer le sexe avec nous, comme si nos corps étaient si rebutants qu’il faudrait nécessairement payer quelqu’un-e pour qu’ille le touche. Il y a du sexisme mais aussi du validisme dans les canons de beauté. Parfois, elle est également dépeinte comme un fantasme étrange, une expérience à vivre pour l’homme cis hétéro, mais juste pour essayer parce qu’il ne faut pas déconner…

En résumé, le validisme est le fait de considérer, consciemment ou non, les personnes handicapées comme des anomalies, des sous-humain-es sans personnalité ni capacités propres, dont la seule caractéristique est d’être handicapé-es. Il se manifeste de diverses manières, de la plus explicite à la plus subtile mais tout aussi insultante et rabaissante. Un autre aspect du validisme, compréhensible mais assez révélateur, est de supposer que la personne à qui l’on s’adresse est forcément valide et qu’elle peut faire tout ce qu’une personne valide fait : visionner une vidéo sans sous-titre, se rendre facilement d’un point A à un point B, dormir ailleurs que chez elle, rester longtemps debout ou au soleil, s’amuser à une soirée où il y a du monde, etc. Il est urgent d’inclure les maladies et handicaps, graves et moins graves, dans la vision du monde de chacun-e et pas seulement une fois par an en regardant le Téléthon. Nous existons. Nous sommes des personnes et nous ne sommes pas aussi peu nombreux-ses que les gent-es valides se l’imaginent. D’un point de vue plus général, être valide et en parfaite santé relève de l’exception et non de la norme car selon une étude récente, seulement 4,3% de l’espèce humaine est dans ce cas. Bon courage aux scientifiques…
Tags
accessibilité, discrimination, handicap, validisme

Tu es une personne valide et tu n’y as jamais tant réfléchi jusqu’à cette phrase ?

Tu te dis que ça doit être (trop) dur de vivre en tant qu’handicapé-e, genre tu pries pour ne (surtout) jamais l’être ?
Tu admires le courage quasi héroique des handicapé-e-s ? (mais Batman reste ton super héros)
Tu te rassures avec le Téléthon et ce que te racontent les médias quant aux avancées en matière de handicaps ?

Tu hésites à savoir si un-e handicapé-e est ultra débile ou hypra intelligent-e ? (cherche encore...)
Tu a s un-e pote handicapé-e et c’est trop cool pour toi de le dire ?

Tu es une personne handicapé-e et tu te sens dans une société faite pour et par les valides ? tu te demandes si le bug c’est toi ou cette société ?

Tu vois des marches partout ? (ne te sens pas parano !)
Satan est en toi ? (ouais ouais !)
T’es terriblement sexy et les valides ne le voient pas ?
Ton héros c’est le Dr Charles Xavier ?

... le validisme ça te concerne !

LA CULTURE DU VALIDE (OCCIDENTAL)

ou comment le validisme
ça te concerne sûrement.

transfluid at yahoo.fr

merci à Beatriz pour m’avoir appris à désillusionner

et à Colin K. Donovan, quelque part sur un réseau,
pour son Attitude

puis au Dr Charles Xavier, quand même à Batman, mais
surtout à Daredevil, à Karate Kid (le 1, pas le 2).

La culture du/de la valide est partout, mais ne se dit pas.

Le validisme, la norme du/de la valide,
régit le fonctionnement de tout le monde.

Tout le monde sauf (!) les autres,
c’est-à-dire les anormaux-ales, les résidus défectueux
de la société validiste : les handi(capé-e)s.

<1>
L’identité invalide du valide.

Le/la valide n’a pas conscience qu’il-e est valide. Il-e dit qu’il-e est normal-e, tout autant que ceux-lles qui lui ressemblent-s’assemblent. Le/la valide ne dit jamais qu’il-e est valide, il-e dit “je ne suis pas handicapé-e”. Il-e a besoin de négation pour se considérer un minimum existant, apte.

<2>
Une déclinaison de
la dictature de la majorité.

Le/la valide est un corps fonctionnel clôné, un mécanisme identique, alors que l’handi est à structure polymorphe : tétraplégique, aveugle, IMC (Infirme Moteur Cérébral), sourd-e/muet-te, paraplégique, trisomique, myopathe, amputé-e, nain-e, LIS (Locked-In Syndrom), autiste... Le/la valide conçoit peu les variations humaines, les diversités corporelles en dehors de sa conformité technique et, à force, informe.
S’il-e lui est demandé de définir un-e handi, il-e stéréotype à l’image du “fauteuil roulant” (voire il-e dit “chaise roulante”) et n’est pas en mesure de plus amplement décrire. Le/la valide ne veut pas plus connaître l’handi car l’idée de l’handi en sursis que el-lui-même est le/la fait flipper [héhé].

<3>
Plan A : conformer (validiser).
Plan B : enterrer vivant-e.

Il-e conçoit l’handi comme un bug dans le programme unitaire PCP, Product ion-Consommation-Procréation. Le/la valide est à la fois le/la programmateur-trice et le programme du PCP, sa régulation est autarcique. Tout corps ne pouvant pas performer le PCP sera détecté comme virus : à soigner, à ré-éduquer, à sectoriser/spécialiser, à insérer, à (hétéro)normaliser, à regénérer... à exclure, à annuler, à cachetonner, à ignorer, à isoler, à cacher, à déresponsabiliser, à taire.

<4>
La conscience validiste.

Le/la valide a besoin d’avoir bonne conscience (quelques fois dans l’année). Il-e développe le Téléthon pour des promesses cathodiques de guérisons à haute teneur en divertissement. Il-e organise des séjours dits de vacances pour les handis enfermé-e-s 90% de l’année dans des taules... officiellement désignées comme des “institutions”. Il-e annonce “l’année (2003) européenne du handicap” qui lance la grande mode du politikblabla sur le handicap, les parlementaires valides brandissant de grands concepts citoyennistes.
Le discours du/de la valide expose toujours de glorifiantes perspectives d’évolutions, érigées dans une “bonne conscience politique” du handicap. Le tout formaté pour une opinion publique (valide) qui se laisse volontiers ignorer la réalité : les handis restent des cobayes médicaux et institutionnels.

<5>
Tou-te-s intégré-e-s à la beaufitude !

Un grand/gros mot du politikblabla du valide envers-les-handis-mais-par-les-valides est “intégration”. C’est le formidable projet d’amélioration de vie des personnes subissant « une perte ou une restriction des possibilités de participer à la vie de la collectivité à égalité avec les autres », dixit l’article 18 des Règles (valides) des Nations Unies (valides) pour l’Egalisation (validiste) des Chances pour les personnes handicapées de 1993. Ici, les “autres” = les valides, “égalisation” = validisation. But du jeu : fondre les handis dans la culture valide, désintégrer l’identité handi pour une totale intégration-dissolution au modèle valide. De l’exclusion à l’inclusion...
Le/la valide n’intégrera jamais un mode de vie handi-alternatif (au-delà du PCP), mais il-e imposera toujours sa culture normalisante, son validisme aux handis. Sans conscience d’autodétermination, l’handi ne rêve que d’accéder au valide way of life.

<6>
“La société valide se réserve le
droit d’entrée aux handis.”

Dans le grand projet d’une meilleure citoyenneté pour les handis (mais-par-les-valides), l’architecture et l’urbanisme posent depuis une éternité un problème délicat : le/la valide vénère les marches et escaliers, il-e en met partout, c’est plus fort que el-lui. Il-e en est tellement accro qu’il est possible de trouver des marches devant des ascenseurs, ou des chiottes indiqués handis dans un sous-sol uniquement accessibles par escalier. La complexité de cette fascination des marches réside dans le fait que le/la valide ne parvient pas à concevoir l’accessibilité aux handis, il-e bloque psychologiquement sur ce principe d’autonomie. Il-e sait construire des rampes, des plans inclinés, des ascenseurs, même qu’il-e a établi des textes de lois à ce sujet... il reste néanmoins inconcevable pour el-lui de rendre accessible les moyens de transports, l’habitat, les espaces publics (cinés, salles de concerts, galeries, lieux de cultes, administrations, écoles, bibliothèques, bar-tabacs, épiceries, boulangeries, pharmacies, bars, restos, clubs, backrooms, piscines, hôtels... j’arrête là, mais bon). Même des lieux autogérés comme des squats sont majoritairement inaccessibles/excluants pour un-e handi. Les deux seuls royaumes d’accessibilité sont les centres commerciaux et les hostos... ouais, génial. Le/la valide dit souvent qu’il-e voit très peu d’handis dans son quotidien, bah tiens...
Devant l’éternel obstacle des marches, le/la valide dégaine son leitmotiv « pas de problème, on va porter ! » [voir chapitre suivant]. Game over :
1) si, il y a un problème, reconnais le
2) ‘ce’ que tu veux porter ne veut peut-être pas l’être.
Le/la valide a cette étrange façon de jouer les super-wo-mans dans des situations qu’il-e maintient supernazes. Le comble est le/la valide momentanément en béquilles-pied-plâtré qui va crier soudainement son indignation de l’urbanisme et qui va la jouer solidarité avec les handis...

[faites des chiottes publiques accessibles si vous ne voulez pas que les handis activistes se mettent réellement à pisser devant les restos, les cinés, les administrations, etc !!!!]

<7>
Ca te fait du bien la charité ?

Ah, la charité...
S’il y a bien quelque chose que le/la valide ne veut pas assimiler, c’est que la liberté passe par l’autonomie et non par ce vieux relent d’assistanat charitable. Il-e est gentil-le, il-e veut toujours aider, dépanner (enfin, de façon très ponctuelle, et surtout quand d’autres valides le/la regardent)... le problème est qu’il-e ne se questionne jamais tant sur l’envie - ou non, justement - de l’handi d’être aidé-e. Ce qui est cool pour el-lui ne l’est pas forcément pour l’autre [définition contemporaine zigzaguienne de la charité]. Mettez un-e valide au moins trois jours dans une situation d’assistanat permanent : où chaque valide lui signifiera plus ou moins lourdement que, là, le/la gentil-le valide est en train de l’aider, gracieusement, bénévolement, de bonne foi, “avec plaisir”, “pas de problème”... rapidement il-e suppliera d’accéder au maximum d’autonomie possible, de façon à se sentir libre d’agir et surtout ne plus être à se retrouver redevable d’une charité imposée. A travers cette charité, le/la valide se regarde el-lui, se contemple dans un handicap qu’il-e utilise.

<8>
Ouais je connais.

Le/la valide aime dire qu’il-e sait ce qu’est être handi. Son cousin a été six mois en fauteuil roulant suite à une chute de ski, sa grand-mère boîte légèrement de la hanche, ou bien el-lui-même est amputé de l’oriculaire de la main gauche. Il-e con-prend, il-e con-patit. Il-e dit qu’il-e “imagine” que “ça doit être dur” de vivre “comme ça”... ‘ça’ alors... que el-lui d’ailleurs il-e ne pourrait pas, il-e ne supporterait pas. Il-e évangélise alors sur le courage surhumain (survalide) de l’handi. [j’y reviens]
Le/la valide-fashion aime dire que de toute façon el-lui non plus n’est pas normal-e. « Je suis handicapé-e aussi quelque part », il-e con-prend et con-patit, patati patata (le valide est vite redondant).

<9>
L’handi comme confessionnal ambulant.

Il faut généralement que l’handi comprenne le/la valide, qu’il-e l’écoute, le/la conseille. Le/la valide se confie sans retenue auprès de l’handi, il-e se sent libre de débrider son intimité dans ce confessionnal plein de bonté, ce déversoir informe que semble l’handi, perçu-e malgré el-lui d’emblée comme “différent-e” donc sans limite/s.

<10>
L’handi : l’exotisme près de chez vous.

Oui, l’handi, cet être étrange : parfois extralucide, d’autres fois invisible, parfois démentiellement intelligent-e, d’autres fois profondément débile, parfois asexuel-e, d’autres fois maniaco-sexuel-le (version pervers-e à stériliser dare-dare), parfois d’une beauté transcendante, d’autres fois monstrueux-se... Nous ne le dirons jamais assez : l’handi est exotique !
Le/la valide se sent cool quand il-e a un-e pote handi à présenter à son public de potes valides. Le/la valide se sent alors l’âme humanitaire, il-e dit qu’il-e réalise concrètement à quel(S) point(S) la société est sélective et excluante, ça le/la révolte (il-e tient à ce que l’handi soit témoin de son écoeurement)... le problème est qu’il-e vient soudainement d’accuser une société dont il-e se déresponsabilise.

<11>
Quand le validisme débande.

Sexuellement, le/la valide divise frénétiquement l’handi. [à paraître un jour une contre-étude de Zig_ze_Lonesome_Tranny-crip-girlboy sur le thème “corpo-sexualités & handicaps”, parce que y’en a marre de lire des conneries institutionnelles névrotiques et hétéronormalisées.]
Communément, il-e l’asexualise, voire l’infantilise farouchement (sic !). “Farouchement” car le/la valide a pleinement conscience que la libido n’épargne aucun corps, même le plus immobile et/ou le moins évidemment communicatif, mais il-e a déjà tellement de mal à gérer sa sexualité avec des corporalités identiques qu’il-e panique graaaaaave à l’idée de n’avoir plus aucune maîtrise avec des corporalités inconnues auxquelles il-e ne peut pas se reconnaître-référer. L’handi est alors perturbateur de ses codes de comportements sexuels, le comble de la validirilité...

<12>
L’handi comme sextoy.

Et parallèlement, le/la valide fétichise et catégorise particulièrement l’handi . Un-e aveugle ça touche mieux que quiconque, un-e paraplégique ça suce de façon démente, un-e nain-e ou un-e amputé-e c’est trop délire, un-e tétraplégique [immobilité généralisée du corps] c’est la possibilité rêvée d’un gros déblocage d’inhibitions... Les mêmes rôles sont toujours d’avance attribués à l’handi : voyeur-se et passif-ve. On ne lui demande pas tant d’être soumis-e car on ne le/la considère pas conscient-e des jeux de rôles érotiques (et puis pour plein de valides, passivité = soumission). De toute façon, on n’attend surtout pas de l’handi qu’il-e soit érotique puisque son handicap l’est déjà pour lui.
L’handi c’est sympa à essayer (et c’est forcément toujours le/la valide qui “essaie” l’handi, l’inverse ne lui est pas concevable...). D’ailleurs, le/la valide qui n’est pas parvenu-e à jouir de ce corps non conforme au sien, a tendance à s’enfuir en disant mollement au partenaire handi « excuse-moi, j’ai essayé tu sais ». Quelle audace. Parfois il-e ne veut absolument pas assumer sa fuite et propulse la faute à l’handi, lui expliquant qu’il-e est décidemment trop handi pour le grand standing de la sexualité valide...

<13>
Plus chou que Pikachu...

Le/la valide adulte prend souvent un-e handi pour un pokemon. Il-e lui est parfois irrésistible dans la rue de venir le toucher, au choix le serrer-comprimer dans ses mains, ses bras, le carresser-papouiller, l’embrasser-skotcher, le prendre en photo [sisi]... voire tout d’un seul coup (la spécialité des ménagères de plus de quarante ans). Sans oublier d’afficher un sourire béat, des yeux larmoyants d’émotions préfabriquées, d’aligner les propos usuels sur le courage & l’espoir. Le/la valide a besoin que l’handi porte sa croix (...mais la croix de qui au juste ?).

<14>
“Lève toi et marche (satan ?)”...
mais oui bien sûr...

[la tartine du champ lexical de la charité chrétienne dans
ce texte est révélatrice du fait que la culture catholique
est omniprésente dans les rapports handis/valides]

Il-e arrive aussi au valide, en croisant un-e handi totalement inconnu-e, de lui donner — imposer — une bible, une croix, un grigri, ou autres gadgets religieux (l’handi doit se préparer à une collection à vie). Il-e explique alors à l’handi comment il-e doit recevoir dieu dans son coeur afin de guérir, genre le miracle bientôt chez toi si tu fais un effort...
Il y a aussi la version délirante du valide fanatique qui apprend à l’handi, le regard exorbité et en le pointant fièvreusement du doigt, que Satan est en el-lui (c’est donc lui le chromosome n°5 ?!), ou bien le fabuleux principe bouddhiste par lequel l’handi a dû être un-e méchant-e valide dans sa vie antérieure pour se réincarner “comme ça”, « c’est bieeeen faaaaiiiit ! », etc.

<15>
Accident fatal
ou fatalité accidentelle ?!

En rencontrant un-e handi, le/la valide a irrésistiblement besoin de demander si “c’est un accident ?”. Il-e est franchement rassuré-e s’il-e s’entend dire que, non, c’est de naissance ; ainsi il-e peut se conforter dans une optique de ‘la fatalité’ qui ne lui est pas tombée dessus, qu’il-e est sécurisé-e de son joli corps performant.
Si on lui répond qu’il s’agit en effet d’un accident, le/la valide va très probablement s’exclamer devant l’handi, dans une panique mal dissimulée, qu’il-e espère - ah l’espoir du valide ! - que jamais ça ne lui arrivera, que ce serait trop pénible, voire horrible... ce à quoi l’handi acquièsce, prenant conscience qu’il-e vient de s’incarner en peur géante.

<16>
Un corps pré-établi.

On n’évoque jamais au/à la valide des alternatives de vie en dehors de la sienne régie par la fonctionnalité-utilité du corps. Une vie sans la vue ou sans la fonction motrice des jambes s’apparente pour el-lui à un cauchemar, un calvaire, un enfer, “mon dieu quelle horreur”, etc (il-e trouve toujours plein de qualificatifs pathétiques).
Il se trouve que le/la valide n’apprend jamais vraiment son corps, il-e l’utilise plus qu’il-e ne le vit. Il-e observe beaucoup ses performances physiques mais ne déploit guère ses alternatives (de sensitivités, de mouvements, de forces, d’appréhensions de l’espace). On ne lui a pas appris à réécrire le mode-d’emploi de son corps. Ce mode-d’emploi socio-corporel (formaté Production-Consommation-Procréation) lui enseigne comment marcher dans la rue, comment se tenir (debout) à un guichet, comment et avec qui faire l’amour, comment écrire et dessiner, comment danser, comment fumer, etc. Il est important que tous les valides aient le même mode d’emploi, ça évite l’anarchie.

<17>
Le miroir existentiel.

En présence d’un-e handi, le/la valide lui demande parfois frénétiquement « tu me demandes quand tu as besoin de quelque chose, hun ?! », « tu n’as besoin de rien, t’es sûr-e ? ». Le/la valide semble dans ces situations pris-e d’une terrifiante angoisse d’absence d’utilité qui déstabiliserait toute son interaction avec un-e handi. La présence d’un-e handi place le/la valide dans un tel désarroi qu’il-e ressent le besoin de se rassurer sur sa fonctionnalité (qu’il-e ne peut que concevoir comme physique). Il-e doit pour cela placer d’office l’handi dans un rapport de dépendance/soumission non-interchangeable.

<18>
Bon courage à vous, les valides.

Si l’handi explique au/à la valide qu’il-e aime sa vie telle qu’elle est, ce-tte dernier-e apparaît plus que dubitatif-ve. Aux yeux du valide, l’handi se doit de “souffrir de son handicap”, le/la valide veut se figurer la vie de l’handi comme une longue pénitence.
Ainsi le/la valide a besoin de considérer l’handi comme quelqu’un d’exceptionnellement courageux, un battant. Pour deux raisons. La première concerne son fort désir de rassurance : si l’handi survit à ses déficiences de vie, le/la valide se dit que tout lui est alors possible, que tout lui réussira dans ce monde fait pour lui. La deuxième raison consiste pour le/la valide à se déculpabiliser de ce que le validisme fait endurer à l’handi. Plus on acclame l’handi comme courageux, plus le/la valide se dit implicitement que l’handi peut continuer à morfler.

*

VOILA.

Ainsi est le/la valide.
Amen (comme il-e dirait).

Notons toutefois que l’handi institutionnalisé est el-lui aussi sacrément pathétique... y’a de quoi écrire un deuxième volet, « l’handi pathétique », si jamais ça vous intéresse que je me lâche...

Je tiens à préciser que je ne souhaite pas que ce texte soit un outil de plus à la bonne conscience du/de la valide occidental-e, qui aime répertorier les écrits relatifs aux oppressions qu’il-e engendre afin de pouvoir - parfois - dire « j’ai lu, je connais maintenant ».
Si toutefois “il-e a lu” et qu’il-e dit “réaliser”, alors qu’il-e agisse.

Puis ce que je dénonce me concerne aussi : ce texte ne me déresponsabilise pas, j’ai conscience d’avoir moi-même agi parfois de façon validiste (mais bon pas beaucoup quand même, faut pas exagérer...).

Le “je” c’est :

Zig

ici & ailleurs
à Validland, en France
un été 2004

Zig


http://bxl.indymedia.org/spip.php?article15882
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Re: handicap

Messagede bipbip » 10 Nov 2017, 21:30

Validisme et psychophobie :
réunion à Montpellier,au Dôme le 13 novembre à 19h pour libérer la parole

Le capacitisme ou validisme, c’est « une forme de discrimination, de préjugé ou de traitement défavorable contre les personnes vivant un handicap (paraplégie, tétraplégie, amputation mais aussi dyspraxie, schizophrénie, autisme, etc). Le système de valeurs capacitiste, fortement influencé par le domaine de la médecine, place la personne capable, sans handicap, comme la norme sociale. Les personnes non conformes à cette norme doivent, ou tenter de s’y conformer, ou se trouver en une situation inférieure, moralement et matériellement, aux personnes valides. »(1) C’est pour lutter contre cet état de fait qu’un groupes de personnes a décidé d’organiser une réunion publique sur le handicap et le validisme le lundi 13 novembre à 19h, au café Le Dôme, 2 Avenue Georges Clemenceau, arrêt de tram Saint-Denis (lignes 3). Sur le même thème, le ciné-club du Barricade (14 rue Aristide Olliver) projettera le 22 novembre prochain à 19h30 le film « Vol au-dessus d’un nid de coucou », et un débat s’en suivra. Toutes les personne souhaitant témoigner, ou rejoindre ce collectif anti-validiste peuvent le contacter en envoyant un mail à antivalidisme.mtp@protonmail.com

Ce collectif a envoyé au Poing deux témoignages d’anciens patients de l’hôpital psychiatrique (HP), suivis d’une analyse sur les structures psychiatriques et la nécessité de développer des espaces de libération de la parole. Nous les reproduisons ci-dessous.

... http://www.lepoing.net/validisme-et-psy ... -parole-2/
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Re: handicap

Messagede bipbip » 02 Juin 2018, 14:55

Logement : les handicapés, ou les grands perdants de la loi Elan

La loi Elan est en discussion à l'Assemblée ce mercredi 30 mai : le texte doit permettre "de construire plus, mieux et moins cher". Mais sur la question du handicap, il fait polémique : seuls 10% des logements neufs devront être accessibles aux personnes handicapées, contre 100% actuellement.

"Construire plus, mieux et moins cher", c'est l'ambition de la loi Elan, discutée ce mercredi 30 mai à l'Assemblée. Seul bémol : 10% des logements neufs devront être accessibles aux personnes handicapées, contre 100% actuellement. Quelles seront les conséquences pour les personnes handicapées ? Les journalistes de France 2 ont rencontré Martine Laumonier. Il y a trois mois, celle-ci a emménagé dans un cocon douillet à Strasbourg (Bas-Rhin). Atteinte d'une sclérose en plaques, elle ne peut se déplacer sans son déambulateur. Pendant des années, celle qui est aussi membre de l'association des paralysés de France (APF) a vécu dans un logement inadapté, avec une salle de bain standard. Ici, tout est pensé pour qu'elle vive en toute sécurité : "le lavabo est adapté, il est construit très bas", lui permettant de se laver au lavabo en utilisant son déambulateur. Si "un coup de vertige" la prend, Martine est "en toute sécurité". De même, la douche accessible lui a changé la vie, elle qui a dû se laver pendant des années malgré sa paralysie dans une baignoire.

... https://www.francetvinfo.fr/economie/im ... 77605.html
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