ex-Yougoslavie

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Messagede Lila » 16 Mai 2015, 20:51

Le Tribunal des Femmes en ex-Yougoslavie
Le Tribunal des Femmes en ex-Yougoslavie – Crimes des années 1990

7 mai s’est officiellement ouvert le Tribunal des Femmes sur les crimes contre les femmes pendant les guerres de la décennie 90.

Des femmes venues de tous les coins d’ex-Yougoslavie participent au Tribunal des Femmes qui se tient à Sarajevo, pour demander justice des crimes commis contre elles au cour de ces guerres et des durables inégalités et souffrances qui en ont découlé.

L’impressionnante composition du comité d’organisation témoigne de l’unité et de la solidarité des femmes au delà des divisions nationales qui résultèrent de la partition de l’ex-Yougoslavie : de Bosnie & Herzegovine : Les Mères des Enclaves de Srebrenica et Zepa, le Forum des Femmes (http://www.forumzena.org), la Fondation CURE (http://www.fondacijacure.org) ; de Croatie : le Centre d’Etudes sur les Femmes (http://www.zenstud.hr), le Centre pour les Femmes Victimes de Guerre - ROSA (http://www.czzzr.hr) ; du Kosovo : le Réseau des Femmes du Kosovo (http://www.womensnetwork.org) ; de Macédoine : le Conseil National pour l’Egalité de Genre (http://www.sozm.org.mk) ; du Montenegro:Anima (http://www.animakotor.org) ; de Slovénie : le Lobby des Femmes - Slovénie (http://www.zls.si) ; de Serbie : Les Etudes sur les Femmes (http://www.zenskestudie.edu.rs), Femmes en Noir (http://www.zeneucrnom.org) .

Ce rassemblement est, en soi, un énorme accomplissement, à une époque où l’Europe est en butte à la montée des nationalismes, des forces d’extrême droite qui divisent les peuples selon les origines ethniques et religieuses ; à un moment où l’on cherche à homogénéiser les nations et à exclure les minorités et la diversité ; en un temps où on tente de séparer jusqu’aux citoyens d’un même pays en ‘communautés’ antagonistes.

Qui plus est, l’organisation de cet événement a été coordonnée au cours des cinq dernières années par les Femmes en Noir de Belgrade, en d’autres termes , par une organisation du pays ‘agresseur’. Le leadership des Femmes en Noir ainsi que ses membres sont accueillis comme étant de la famille et portés aux nues dans toute l’ex-Yougoslavie, pour le soutien constant qu’elles ont apporté, pendant et après la guerre et jusqu’à aujourd’hui, aux femmes d’autres identités nationales et ethniques, - et ce quels que soient les risques encourus : l’accueil vibrant qui fait à FEN-Belgrade à l’ouverture du Tribunal des Femmes est un vivant témoignage de ce solide lien de solidarité, et c’est aussi la reconnaissance du dévouement de cette organisation à la cause du Tribunal des Femmes.

Le fait que les femmes se rejoignent de toutes les nations issues de l’ex-Yougoslavie représente plus qu’une puissante démonstration de solidarité : c’est aussi une prise de position politique, en défi aux forces destructrices de l’extrême droite qui sont à l’œuvre dans la région et dans l’ensemble de l’Europe.

Le Tribunal des femmes de l’ex-Yougoslavie diffère profondément de tout autre Tribunal organisé jusqu’à ce jour : sa préparation a duré cinq ans, temps mis à profit pour effectuer un impressionnant travail à la base ; le but était de redonner pouvoir sur le processus aux victimes et survivantes ; rien n’a été épargné pour permettre aux femmes concernées de définir elles-mêmes le format de ce tribunal, et les buts poursuivis. Des centaines de réunions furent tenues dans les villes, grandes et petites, et dans les villages, avec les groupes de femmes victimes, pour qu’elles puissent modeler et s’approprier le processus. Les rapports d’activités mensuels de FEN-Belgrade, disponibles sur leur site web, montrent le rythme auquel ces rencontres se sont déroulées. A aucun moment ne fut plaqué – du haut vers le bas - un modèle importé d’ exemples antérieurs de tribunaux de femmes, sur la réalité des victimes et survivantes d’ex-Yougoslavie. Ceci constitue, pour les victimes et survivantes, un modèle particulièrement rare d’un processus extrêmement respectueux et profondément ‘empowering’ .

Au cours de ces seules deux dernières années, le comité organisateur a organisé et produit :11 séminaires régionaux, 10 formations pour les présentations en public, 102 présentations publiques dans 83 villes de la région, 25 documentaires sur le sujet, 5 réunions ( réunions consultatives de travail des membres du comité d’organisation, et réunion des membres du Bureau Consultatif International), 10 publications (brochures, readers, agendas pour la paix), et de nombreuses feuilles d’information dans toutes les langues de la région ( Albanais, BCMS, Macédonien et Slovène).

Le Tribunal des Femmes portera sur les violences commises durant les années 90, ainsi que sur les violences commises à la suite de ces guerres. En effet, le travail préparatoire a montré la continuité existante entre l’injustice et la violence qui connecte la période de guerre et celle postérieure à la guerre. Le Tribunal couvrira la violence basée sur l’appartenance ethnique – du fait de l’état et de celui de la société –, la violence militariste – dans la guerre contre les civils ( par contraste avec le concept classique de ‘guerre civile’ dans lequel les civils prennent parti, le concept de ‘guerre contre les civils’ a été créé par les citoyens algériens au cours du conflit armé des années 90, au cours duquel ils étaient pris entre la violence des groupes intégristes musulmans armés et la répression de l’état, et ciblés des deux côtés, de façon à faire régner la terreur ; ce concept est maintenant utilisé en ex-Yougoslavie). Le Tribunal des femmes examinera tout spécialement la violence basée sur le genre : viols comme crimes de guerre y compris dans des buts nationalistes, violence masculine contre les femmes, et répression politique contre les femmes défenseures des droits humains. Il fera également le lien avec la violence économique contre les femmes qui a suivi la guerre.

Des dilemmes et des défis ont émergé au cours de la préparation, principalement autour des questions de responsabilité et d’impunité : le nationalisme et le transfert de responsabilité subséquent sur ‘l’autre’, ainsi que la minimisation des crimes de guerre commis ‘en notre nom’, sont des obstacles à la paix juste pour laquelle se battent les femmes.

Le sous titre du Tribunal des Femmes : ‘ une approche féministe de la justice’ est la clé pour comprendre pourquoi ce Tribunal ne prononcera ni verdict ni sentences : il nommera les crimes et les responsables, il exposera les liens entre les différentes formes de violence infligées aux femmes, jusqu’à ce jour, en ex-Yougoslavie en conséquence des guerres , il demandera justice et, s’appuyant pour cela sur ‘le pouvoir de la solidarité internationaliste des femmes’, il s’engage à suivre et monitorer les réponses qu’apporteront à leurs demandes les autorités concernées.
Ce pour quoi des femmes ont été invitées de plusieurs pays où se produisirent des crimes semblables : on note la présence de femmes algériennes et argentines ( les fort connues Mères de la Place de Mai), et des femmes de l’Inde, de Palestine, du Congo sont annoncées.

Officiellement ouvert le 7 mai par une grande marche dans Sarajevo et des performances de rue, le Tribunal des Femmes entamera ses premières auditions le 8 mai. Ce sera certainement un événement très puissant. Le jugement et les conclusions sont attendus le 10 mai.

Ce Tribunal des Femmes est, à ma connaissance, le premier de son espèce. J’espère qu’il servira d’inspiration aux tribunaux de femmes à venir, dans d’autres parties du monde.

Marieme Helie Lucas, Sarajevo, 8 mai 2015


http://www.siawi.org/article9430.html
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Re: ex-Yougoslavie

Messagede bipbip » 13 Juil 2015, 02:09

Crise yougoslave. Srebrenica : 20 ans après – Des commémorations aux interprétations

Toutes les gesticulations diplomatiques entourant la commémoration du massacre de Srebrenica (qu’elles soient pour ou contre la résolution proposée par Londres qualifiant le massacre de génocide), omettent de questionner l’essentiel : quelles ont été les causes et responsables de ces crimes, dans l’espace et sur le terrain où les conflits se sont déroulés et sur le plan international où ils ont été « réglés » ? L’hommage aux victimes de Srebrenica, le plein respect de leur mémoire, impose non pas d’atténuer la condamnation de ce qui relève certainement des crimes de guerre et contre l’humanité, mais de lui donner aussi un sens politique.

... http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article35399
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Re: ex-Yougoslavie

Messagede Lila » 19 Juil 2015, 23:21

Kosovo : une monumentale installation pour se souvenir des victimes de viol

Une gigantesque installation au Kosovo pour ne pas oublier les victimes de violences sexuelles des conflits durant les années 90.


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Re: ex-Yougoslavie

Messagede Lila » 25 Juil 2015, 21:46

La Caravane Féministe, en solidarité avec les survivant-es du génocide de Srebrenica, condamne la montée du fascisme en Europe

Il y a 20 ans, le 11 juillet 1995, plus de 8000 hommes et garçons vivant dans la ville de Srebrenica et dans les villages alentours ont été massacré par les forces militaires serbes de Bosnie. Leurs restes ont été mis dans des fosses communes et certains corps disséminés et cachés pour ne jamais être retrouvés. Le même jour, les femmes ont été emmenées dans des camps de concentration et systématiquement violées par les soldats serbes.

Chaque année depuis 2004, une marche pour la paix est organisée en soutien aux victimes du génocide de Srebrenica et pour se souvenir collectivement des horribles crimes de haine commis en Europe il n’y a pas si longtemps. La Caravane Féministe était présente à la commémoration des 20 ans et a rejoint ce rassemblement international pour la paix. Ce qui s’est passé à Srebrenica est le résultat d’un profond échec des forces internationales de l’ONU pour la « paix », échec dans leur mission qui était, entre autres, de protéger la population de Srebrenica. Nos pays riches et puissants et leurs armées ont sacrifié la population de Srebrenica, en théorie pour permettre la paix avec la Serbie. Mais nous nous demandons quelle sorte de paix a été conclue quand un grand nombre de responsables de ce massacre, ainsi que d’autres massacres qui ont eu lieu pendant cette guerre, occupent encore des postes à responsabilité dans le gouvernement serbe. C’est le cas de l’actuel premier ministre, Aleksandar Vucic, qui est venu assister aux commémorations. Au moment où ces crimes contre les Musulmans de Bosnie étaient commis, cet homme faisait des déclarations les encourageant, comme par exemple « pour un serbe tué, nous massacrerons 100 Musulmans ».

Ce qui se passe autour de cette commémoration des 20 ans est effrayant. L’État Serbe a été soutenu par la Russie pour empêcher une résolution commémorant le génocide d’être adoptée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies. Toutes les manifestations de commémoration organisées à Belgrade ces derniers jours ont été interdites et des militant-es tenant des bougies ont été attaquées par des nationalistes. La venue de Vucic à cette commémoration était une évidente provocation. Nous nous sommes levées avec nos amies lors de son passage, avec des slogans comme « Responsabilité ! », « Reconnaissance du génocide ! ».

Nous ne savons pas qui a jeté ce projectile sur lui et nous le condamnons, mais nous savons que cet acte est venu troubler l’important message de paix que les participant-es souhaitaient envoyer. Nous pensons que toute cette agitation autour de la commémoration est le résultat d’une politique agressive contre les survivant-es du génocide et contre les Musulmans de la région.

Nous pensons que les responsables de ces crimes haineux ne sont pas seulement ceux qui ont attaqué physiquement les populations mais aussi tous les « intellectuels », humoristes ou responsables politiques qui appellent constamment à la haine. Nous sommes conscientes qu’en Europe, aujourd’hui, le racisme et l’antisémitisme augmentent, et que la responsabilité est partagée entre les groupes d’extrême droite et les discours de haine de personnalités médiatiques.

Nous avons visité Srebrenica. Nous avons parlé avec les femmes, nous avons vu dans quelles conditions vivent les gens, ici en Europe, 20 ans après le dernier génocide. Nous sommes choquées. Les routes principales qui relient Srebrenica au reste du pays sont à moitié détruites. Parce que toutes les villes autours appartiennent à la république serbe de Bosnie, il n’y a aucun panneau indiquant la route pour se rendre à Srebrenica. Le génocide a eut lieu il y a 20 ans seulement, et les vivants de Srebrenica semblent oubliés et isolés. Les appels à « pardonner » dans ce contexte résonnent comme un manque de respect de la dignité humaine.

Aujourd’hui, 20 ans après, nous sommes ici pour se souvenir et nous n’oublierons pas toutes les atrocités commises en Bosnie pendant la guerre de 1992-1995. Nous appelons à en finir avec les politiques nationalistes et racistes qui créent des guerres partout dans le monde. Nous porterons cette mémoire avec nous car nous croyons que c’est la seule façon de prévenir l’essor de nouvelles aspirations nationalistes dans chaque pays d’Europe.

La montée du fascisme dans les Balkans est profondément connectée avec la montée du fascisme qui, partout en Europe, prend différentes formes ; nous devons donc avoir conscience que la montée des gouvernements fascistes n’est pas éloigné des réalités de l’Europe de l’Ouest. Éviter les politiques fascistes et les guerres est un combat de tous les jours.
Souvenons nous du génocide de Srebrenica, pour ne pas laisser l’histoire se répéter !

Caravane Féministé – Sarajevo – 14 Juillet 2015
femvan@marchemondiale.org


http://collectif-libertaire-antisexiste.fr.nf/
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Re: ex-Yougoslavie

Messagede bipbip » 27 Mar 2016, 15:33

Génocide de Srebrenica: Karadzic enfin condamné.

Charnier à Srebenica
Il s’agit d’un événement historique dans la lutte contre les génocides et les crimes contre l’Humanité, qui survient trois jours après la condamnation par la Cour Pénale internationale d’un autre auteur de crimes contre l’humanité.
Plus de vingt ans après le massacre génocidaire de Srebrenica et le siège sanglant de Sarajevo, l’ancien chef politique des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, a été jugé, jeudi 24 mars, « pénalement responsable » du génocide à Srebrenica par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) de La Haye et condamné à quarante ans de prison.

... http://www.anti-k.org/2016/03/26/genoci ... -condamne/
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