The Koala Avenger a écrit:Oui il y a une sorte d'indifférence mêlée de mépris de la part des militants trotskystes vis à vis des militants libertaires, mais pas d'hostilité franche. Ils nous considèrent souvent comme des petits bourgeois, qui vont retourner leur veste quand leur crise de révolte sera passée.
Je serais plus nuancé quant à la caractérisation des trotskistes et des membres de la future ex-LCR que l’on ne peut plus forcément qualifier de trotskiste vu une dilution de cette l’orthodoxie marxiste dans ce mouvement.
Mais il y a chez les trotskistes orthodoxes qui subsistent encore, les lambertistes qui contrôlent le POÏ , les militants de Lutte Ouvrière et les groupuscules qui en sont issus comme les différents Justiens, une réelle animosité envers les libertaires et encore plus ceux qui se présentent comme anarchistes, sans doute perçu-e-s comme plus radicaux-les dans les principes.
Les attaques sont soit directes et agressives , sinon les anarchistes sont caractérisé-e-s comme étant utopistes, voire puérils. C’est assez classique.
Certains marxistes révolutionnaires bien que restant attachés à leurs principes de centralisme , de planification économique et d’état « ouvrier » semblent cependant plus ouvert envers le mouvement libertaire .
Je citerais par exemple le groupe CRI, qui a entretenu des relations fraternelles avec le camarade Karim Landais
Le groupe CRI, quelques dizaines de personnes aujourd’hui, n’a pas hésité non plus à prendre une position claire et sans équivoque pour la libération des inculpés de Tarnac, ce qui n’a pas été le cas de Besancenot , de Laguiller et encore moins de Gluckstein.
Vient enfin la « mouvance LCR / NPA»où les rapports avec les anarchistes et les libertaires sont plus ambigus.
Il y a chez eux une contradiction entre cette tradition centraliste et étatiste issue du trotskisme et une volonté de se rapprocher de structures plus décentralisées, moins autoritaires que celles proposées par le léninisme traditionnel.
Il y a aussi ce passif flou du stalinisme qui reste imprécis quant à son origine : est-ce une erreur de parcours du marxisme livresque ou la suite logique du léninisme ? On sens une grande hésitation au NPA sur cette question nous laissant une place pour argumenter voire convaincre.
En ce sens les membres du futur NPA sont beaucoup moins armé-e-s que nous pourrions le croire envers la théorie anarchiste de l’autogestion généralisée à la base et de la destruction immédiate de l’état.
Il y a même une attente des réponses de la part des anarchistes qui si elles sont bien menées, pourront contribuer à ce que nombre de personnes n’iront pas au NPA par défaut mais choisiront l’anarchisme.
Il ne faut donc pas, je crois, négliger la discussion avec eux en prenant bien soin de marquer le clivage net que nous avons sur la question de la centralisation politique et notre combat contre toutes les sortes d’états.
Parce que de là dépendra la réussite ou non en cas de déferlement révolutionnaire.