Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede Pïérô » 14 Sep 2010, 13:10

Cela a fait hurler, du coup Hortefeux à fait enlever la spécification sur les Rroms...c'est une grande avancée. :roll:

et çà continue, http://www.millebabords.org/ :

Une centaine de Rroms seront expulsés par charter mardi après-midi depuis Marseille contre l’avis du Parlement européen !

Un Airbus spécialement affrété doit décoller mardi après-midi de l’aéroport de Marseille-Provence avec à bord une centaine de Roms, adultes et enfants.

Ils seraient rassemblées en fin de matinée à l’OFII (61 bd Rabatau 13008) pour être acheminées par bus à l’aéroport de Marignane. Ils devraient embarquer sur le vol commercial OB26 (Hall 1) de 14h sur la compagnie Blue Air pour Bucarest Baneasa.

Ce vol pour Bucarest, serait basé sur le volontariat avec une aide au retour !!! (On sait comment on les convainc : la carotte et beaucoup de bâton !)

Le Parlement européen soulignait il y a quelques jours que : " les expulsions collectives sont interdites par la Charte des droits fondamentaux et par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et que ces mesures sont contraires aux traités et au droit de l’Union européenne, car elles constituent une discrimination fondée sur la race et l’appartenance ethnique ainsi qu’une violation de la directive 2004/38/CE relative au droit des citoyens de l’Union et des membres de leurs familles de circuler librement dans l’Union européenne". [1]

Renate Weber, Eurodéputé roumaine, ALDE : « En 2010, la France, berceau des droits de l’homme, utilise une tricherie. Elle profite de l’ignorance de la plus vulnérable population de l’Europe, les Roms, et paie 300 euros pour un adulte et 100 euros pour un enfant, à condition qu’ils quittent le territoire français. Ainsi, le gouvernement français prétend qu’il s’agit de rapatriement volontaire, considérant avec cynisme que cet indigne achat de conscience des Roms est une aide humanitaire."

"Au delà de la gesticulation gouvernementale que représente cette nouvelle affaire, c’est avant tout un coup d’éclat pour flatter l’électorat de droite extrême et faire diversion quant à la réforme des retraites. C’est aussi une dilapidation de l’argent des contribuables, car à n’en pas douter, ces familles reviendront pour accéder en France à une vie meilleure.

Quant au "volontariat" du retour (ces familles comprennent-elles toutes ce qu’elles signent ?), il s’explique sûrement plus par le choix d’échapper momentanément au harcèlement quotidien que subit la population Rom depuis des semaine dans les Bouches du Rhône (destruction de squats...) que par une réelle volonté de retour en Roumanie."

S.

Notes
[1] Voir Résolution du Parlement européen du 9 septembre 2010 sur la situation des Roms et la libre circulation des personnes dans l’Union européenne : http://www.millebabords.org/spip.php?article15017



Réunion publique, film-débat mardi 21 septembre à 19h30 au CICP, Paris :

Soirée AEC, projection-débat

"Les Rroms, boucs émissaires."

Xénophobie, racisme, discrimination en France et en Europe

Reprenant les pratiques des périodes, les plus sombres de l'histoire française, Sarkozy et ses ministres, Hortefeux, Besson et consorts, s'attaquent à la communauté Rom, désignant cette communauté déjà précarisée, comme bouc émissaire de leurs propres échecs.

Opposons nous radicalement à ce discours xénophobe et aux mesures qui en découlent.

L'Assemblée Européenne des Citoyens (AEC) et le Courrier des Balkans vous invitent, en solidarité, à venir découvrir la réalité de la vie cette communauté et des difficultés qu'elle subit.

Projection du film Etrangers de l'intérieur, au cœur des Tsiganes de Bohême de Juliette , Jourdan, en présence de la réalisatrice.

Débat animé par Bernard Dreano (Assemblée Européenne des Citoyens et Cedetim)

avec :

• Jean Arnaud Derens fondateur et rédacteur en chef du Courrier des Balkans
• Saïmir Mile animateur de l'association la Voix des Rroms
• Tatiana Sirbu (Moldavie) doctorante à l'université libre de Bruxelles
• Juliette Jourdan, réalisatrice.

Mardi 21 septembre à 19h30 au CICP (21ter rue Voltaire 75011 Paris - métro Rue des boulets ligne 9)
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 22439
Enregistré le: 12 Juil 2008, 22:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede Pïérô » 05 Oct 2010, 00:55

sympa et percutant :



Extrait du nouvel opus de L'Air de Rien avec Alice, Mathilde et Fredo des Ogres de Barback. Une chanson tristement d'actualité... Un gros MERCI pour le Montage à Julien et aux studios du 122, à Damien Roudeau et Alain Boucheret pour les photos, et aux Ogres de Barback et à Laurent Ives, studio solstice, Toulouse
Avatar de l’utilisateur-trice
Pïérô
 
Messages: 22439
Enregistré le: 12 Juil 2008, 22:43
Localisation: 37, Saint-Pierre-des-Corps

Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede spleenlancien » 11 Oct 2011, 14:54

Version Gulasch du STO : LA HONGRIE MET EN PLACE DES CAMPS DE TRAVAIL OBLIGATOIRE
La Tribune de Genève a écrit:Depuis le 1er septembre, en Hongrie, le gouvernement nationaliste de Viktor Orbán oblige un millier de bénéficiaires d'allocations chômage, en majorité des Rroms, à travailler sur des chantiers publics. A terme, ce dispositif est censé toucher 300 000 personnes.

"Outils du XIXème siècle"

Sandor Szöke, à la tête du "Mouvement des droits civiques hongrois", s'est rendu sur le site de Gyönggyöspata: il décrit des conditions de travail indignes, l'absurdité de ces chantiers et l'absence de réaction de la population.

Il témoigne:

"Avant d'arriver sur le lieu de travail, les personnes doivent parcourir environ 7,5 km. Elles enchaînent dix heures de travail sur la journée. Elles nettoient un terrain boisé en vue de la construction de résidences pour la classe aisée. Les outils semblent tout droit sortis du XIXème siècle: on travaille à la faucille ! Il n'y a rien à disposition : pas d'eau, pas de toilettes, pas d'abri contre le soleil, pas de protection contre les guêpes... C'est humiliant. Le dirigeant du chantier, du parti d'extrême-droite Jobbik, n'a pas hésité à brusquer une dame de 58 ans à demi-paralysée pour qu'elle aille plus vite. La paye est de 180 euros bruts mensuels, pour un travail qui aurait pu être fini en une après-midi par des tracteurs."

Camps de travail pour Rroms?

Si le lieu de travail est à plus de 35 km, les travailleurs pourraient, alors, être obligés de dormir sur place dans des containers transformant alors, bel et bien, les chantiers en camps de travail.



Retour des grands travaux

Principale cible de ce programme : les Roms dont le taux de chômage avoisine les 50 % - faiblement qualifiés et victimes de discrimination à l'embauche, pousse de nombreuses de familles à vivre de l'aide sociale.

Mille chômeurs sont pour l'instant réquisitionnés pour participer à des travaux d'aménagement, sous peine d'être privés de leurs allocations. Ils sont répartis sur six lieux, de véritables "labos-test" avant l'extension du dispositif à des centaines de milliers de personnes dans les prochains mois. La Commission européenne a déclaré le 20 septembre ignorer l'existence de tels travaux.

Ce projet de travail obligatoire qui figurait dans le programme du parti Jobbik (extrème droite) a été repris par la droite nationaliste. Pire encore: le plan présenté par le gouvernement prévoit la construction de centres de logements collectifs, pouvant être dans certains cas des containers aménagés pour les personnes dont le lieu de résidence serait trop éloigné des chantiers.

Et pour surveiller ces camps, Viktor Orban, le premier ministre hongrois, a eu une très bonne idée : des policiers fraîchement partis à la retraite pourraient assurer la sécurité...",

Main-d'œuvre bon marché pour investisseurs chinois

Si certains sites d'extrême gauche ne se privent pas de comparer ce plan avec les méthodes fascistes - les camps de travail obligatoires gardés par des policiers ramènent aux pires heures de l'Histoire européenne - le Tageszeitung souligne, quant à lui, que "ce n'est pas un hasard si l'annonce de ces mesures intervient après la visite du Premier ministre chinois, Web Jiabao à Budapest. La grande puissance asiatique veut racheter la dette hongroise mais aussi investir dans l'industrie et les projets d'infrastructures du pays". Et la possibilité de bénéficier d'une main-d'œuvre bon marché ne serait pas pour lui déplaire.

Le spectre du "camp de travail obligatoire" justifie les propos lancés par Daniel Cohn-Bendit, qui début juillet, aux termes d'une présidence hongroise ponctuée de polémiques, s'en était pris directement à Viktor Orban l'accusant de "dégrader l'Europe".

Je défendrai toujours la Hongrie contre les remarques et critiques, de Bruxelles ou d'ailleurs. La Hongrie n'est pas subordonnée à Bruxelles, Bruxelles n'est pas le centre de commandement de la Hongrie",

avait alors répliqué le dirigeant hongrois. Sauf qu'il est parfois de sinistres références qui devraient, on l'espére, obliger Bruxelles à taper du poing sur la table...

A l'annonce du programme en juillet, le quotidien allemand Die Tageszeitung estimait :

Il ne faut pas beaucoup d'imagination pour comprendre que cette mesure vise principalement les Roms".

Szandor Szöke a pu le vérifier à Gyönggyöspata:

Sur les quarante travailleurs du chantier, 39 sont des Roms. En réalité, les Hongrois 'de souche' ont trouvé des justificatifs pour échapper à ce travail forcé. Ce que ne peuvent évidemment pas faire les Roms."

Ce n'est pas un hasard si le village de Gyönggyöspata est en pointe de la nouvelle politique. En avril dernier, une milice formée par le parti d'extrême-droite Jobbik avait défilé pour intimider les Roms et affirmer sa politique sécuritaire. Une démonstration de force qui a manifestement plu à la population puisque le Jobbik a gagné les élections municipales il y a un mois et demi.

Le peuple hongrois sans réaction

La dernière fois qu'un programme visait un groupe racial, c'était dans le début des années 1940 !",

s'insurge Sandor Szöke. Des propos qui peuvent sembler alarmistes, mais qui trouvent un écho dans certains détails du programme. En effet, le gouvernement projette à terme d'encadrer les travaux forcés par des anciens de la Police et de l'Armée. A Gyönggyöspata, le parti Jobbik met peu à peu en place une gendarmerie, un corps disparu en 1945 qui traîne une sinistre réputation... C'est cette gendarmerie qui mettait les juifs dans les wagons en partance pour les camps de concentration pendant la Seconde guerre mondiale ; elle encore qui sévissait lors de la dictature communiste. Mais le plus étonnant de l'affaire reste l'absence de réaction du peuple hongrois. Sandor Szöke explique:

Le populisme du gouvernement se nourrit de l'ignorance de la population, et inversement. La Hongrie n'a pas suffisamment travaillé sur son Histoire, donc celle-ci se répète. De 5 000 à 25 000 militants, tout au plus, s'affichent ouvertement contre ce programme. Le problème principal tient au fait qu'il n'y a pas d'opposition, pas d'alternative politique valable. Le Parti socialiste hongrois, le MSZDP, est vieillissant. Ses membres ne proposent plus rien, ils s'entredéchirent dans des luttes internes. De l'autre côté de l'échiquier, on trouve le Jobbik, crypto-fasciste et antiparlementaire... Enfin,la presse est muselé par les lois récentes instituant une pseudo-déontologie que doivent respecter les médias sous peine d'être sanctionnés financièrement."

Sources : http://fr.myeurop.info/2011/09/26/le-tr ... gatoire-...



Lundi 19 septembre, le dossier du 20h de France 2 était consacré aux travaux d'intérêt général des chômeurs -



Article original :
http://roms.blog.tdg.ch/archive/2011/10 ... avail.html
spleenlancien
 
Messages: 272
Enregistré le: 07 Oct 2011, 22:17

Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede Béatrice » 26 Oct 2011, 13:31

Expulsion ce matin de gens du voyage à Marseille , avec une brutalité policière particulièrement violente !

Communiqué de la LDH des Bouches-du-Rhône :


communiqué de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) et de Rencontres Tsiganes
Six cars de CRS, matraques et gaz lacrymogène pour l’expulsion ce matin d’une famille de la communauté des gens du voyage
La loi du plus fort !

Six cars de CRS, matraques et gaz lacrymogène pour l’expulsion ce matin d’une famille de la communauté des gens du voyage, 37 boulevard Hecker dans le XI° à Marseille.

Depuis plus d’1/4 de siècle, cette famille qui fait partie de la communauté des « gens du voyage » habitait sur un terrain des anciennes usines Titan Coder racheté par la ville de Marseille pour un franc symbolique.

Ce minuscule terrain enclavé entre une autoroute et un cours d’eau, ne représente aucun enjeu immobilier, alors pourquoi un tel acharnement ?
Pourquoi une exécution aussi rapide alors qu’un délai avait été demandé au Préfet à l’égalité des chances ? La famille ayant, par ses propres moyens, obtenu une promesse de logement pour le mois de janvier.

La ville de Marseille déjà condamnée pour ne pas respecter la loi sur les aires d’accueil des gens du voyage, montre aujourd’hui son incapacité et l’absence de toute volonté politique de penser et d’aménager des terrains familiaux plus adaptés à ces familles sédentarisées.

La Ligue des Droits de l’Homme et l’Association Rencontres Tsiganes dénoncent avec vigueur, le traitement indigne, inhumain et violent subi par cette famille et ne peuvent comprendre l’expulsion de ce matin que comme le prolongement d’une politique s’en prenant aux plus pauvres, d’une politique discriminante et d’acharnement contre les gens du voyage.

Marseille 26 octobre 2011
Rencontres Tsiganes – Ligue des droits de l’homme Fédération 13 34, cours Julien – 13006 Marseille
« Simple, forte, aimant l'art et l'idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée. »
Louise Michel
Béatrice
 
Messages: 2792
Enregistré le: 09 Juil 2011, 20:58

Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede Béatrice » 11 Nov 2011, 11:25

Expulsion des Roms : une mesure "discriminatoires"
La France a été condamnée aujourd'hui officiellement par le Conseil de l'Europe pour "discrimination ethnique" après les expulsions de Roms à l'été 2010.




"Discriminatoire", "contraire à la dignité humaine". C’est ainsi que le Conseil de l’Europe a jugé l'expulsion collective de Roms par la France, à l'été 2010. Arguant que cette expulsion étaient basée sur l'origine ethnique des personnes concernées, l’institution évoque une "violation aggravée des droits de l'homme".
Ces mesures ont constitué une violation du droit au logement et des garanties relatives à l'expulsion inscrites dans la Charte sociale européenne, a conclu l'organisme chargé de veiller au respect de cette charte, le Comité européen des droits sociaux (CEDS).

"Discrimination ethnique"
Le CEDS, qui avait été saisi par une ONG basée à Genève, le Centre sur les droits au logement et les expulsions (Cohre), relève que les évacuations controversées ont eu lieu "dans un climat de discrimination ethnique et de contrainte". Il fustige une "démarche sécuritaire discriminatoire", touchant "expressément des groupes vulnérables".

Evacuer "en priorité" les campements Roms
Le ministère français de l'Intérieur a abrogé la circulaire controversée d'août 2010 dans laquelle il demandait aux forces de l'ordre d'évacuer "en priorité" les campements de Roms. Il l'a remplacé en septembre 2010 par un nouveau texte qui ne mentionne pas l'ethnie des occupants à expulser. Mais ce changement n'a pas trouvé grâce aux yeux du Conseil de l'Europe.

Un accrochage entre Sarkozy et la Commission européenne
"Le Comité a considéré, au moment où il a pris sa décision en juin 2011, que la situation qui prévalait en France à ce moment-là était toujours en infraction avec la Charte", a précisé à l’AFP M. Brillat.
Les mesures sur l’expulsion des Roms avaient suscité une vive polémique en France et provoqué un accrochage entre le président Nicolas Sarkozy et la Commission européenne.


http://www.metrofrance.com/info/expulsi ... fhGlN1vGM/
« Simple, forte, aimant l'art et l'idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée. »
Louise Michel
Béatrice
 
Messages: 2792
Enregistré le: 09 Juil 2011, 20:58

Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede Béatrice » 19 Déc 2011, 18:22

La chasse aux Rroms est bel et bien assumée par l'équipe dirigeante de la mairie de Marseille : et levons un tabou ! Les procédés relèvent de la définition
même d'une épuration ethnique !

En 48h , la mairie de Marseille a fait évacuer le 17 décembre 2011 , 120 personnes originaires de Roumanie qui vivaient sur un trottoir .
Aujourd'hui ( le 19 décembre )a eu lieu une expulsion d'une quinzaine d'adultes et d'une dizaine d'enfants ainsi que d'une femme qui venait de subir une césarienne
et qui avaient trouvé refuge dans des anciens abattoirs désaffectés de la ville .


http://www.millebabords.org/spip.php?article19304

http://www.millebabords.org/spip.php?article19320
« Simple, forte, aimant l'art et l'idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée. »
Louise Michel
Béatrice
 
Messages: 2792
Enregistré le: 09 Juil 2011, 20:58

Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede hocus » 19 Déc 2011, 18:59

Attaques, expulsion et harcèlement de Roms à Grenoble

Des faits d’une exceptionnelle gravité se sont produits cette semaine à Grenoble, des faits dont la mesure semble n’avoir, pour l’heure, pas été prise par les pouvoirs publics et qui laissent présager le pire. A deux reprises, une maison désaffectée à Grenoble rue Germain habitée par une centaine de personnes d’origine rom a été violemment attaquée. Ces personnes originaires d’ex-Yougoslavie (Serbie, Macédoine, Kosovo) sont ou ont été demandeurs d’asile, car, appartenant à la minorité rom, elles étaient discriminées dans leur pays. Dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27, des hommes ont tiré des coups de feu sur cette maison en proférant des menaces, en intimant aux habitants de « dégager », et en promettant de revenir. Deux jours plus tard, dans la nuit de lundi à mardi, les mêmes hommes, cagoulés, ont pénétré par effraction dans la maison, brisant à coup de batte de base-ball portes et vitres et menaçant de « gazer » les habitants. Témoignant de la violence de l’attaque, un morceau de batte de base-ball brisée a même été laissé sur place par les agresseurs.
la suite : http://paris.indymedia.org/spip.php?article9527
hocus
 
Messages: 167
Enregistré le: 17 Fév 2010, 17:03

Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede Béatrice » 19 Déc 2011, 19:26

Et bien hocus , merci à toi de venir apporter d'autres sources d'informations allant dans le même sens !
Et il est vrai que les témoignages s'accumulent , malgré le silence "assourdissant" des médias et des pouvoirs politiques institutionnels .
A nous de dénoncer ceux-ci via Internet , car en l'état il s'amorce depuis quelques temps une "planification d'épuration ethnique"
à échelle européenne (n'ayons crainte de le définir ainsi puisque les faits avérés correspondent exactement à cette définition là ! )
« Simple, forte, aimant l'art et l'idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée. »
Louise Michel
Béatrice
 
Messages: 2792
Enregistré le: 09 Juil 2011, 20:58

Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede anouchka » 24 Déc 2011, 14:05

INCENDIE CAMP DE ROMS A IVRY
(le groupe d'Ivry est très impliqué avec les roms de ce camp, que nous avions aidés à emménager sur le terrain qu'ils occupent actuellement).
http://fa-ivry.forlogaj.tk/index.php?article101/ils-volent-des-baignoires

Je viens d'avoir au téléphone un copain qui se trouve sur place (je suis
moi même en vacances et ne rentrerai que demain). Le camp de roms d'Ivry a
brûlé la nuit dernière. Les roms s'apprêtaient à fêter noël et ont perdu
presque toute leur nourriture, le copain fait le tour des commerçants pour
en trouver au moins pour la fête de ce soir. Ils en auront encore besoin
les autres jours (de la viande principalement).
On peut la leur apporter sur place rue Truillot, à Ivry sur Seine (métro
mairie d'Ivry). On verra comment mieux s'organiser les jours suivants
(apporter la bouffe à Publico par exemple).

http://www.leparisien.fr/ivry-sur-seine ... 782704.php
Modifié en dernier par anouchka le 16 Aoû 2012, 18:23, modifié 1 fois.
Avatar de l’utilisateur-trice
anouchka
 
Messages: 397
Enregistré le: 10 Déc 2011, 09:34

Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede Béatrice » 03 Jan 2012, 20:05

Nouvelle expulsion de familles Rroms ce matin ( 3 janvier 2012 )à Marseille , sur la demande de la Communauté urbaine Marseille Provence Métropole :


http://www.millebabords.org/spip.php?article19406
« Simple, forte, aimant l'art et l'idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée. »
Louise Michel
Béatrice
 
Messages: 2792
Enregistré le: 09 Juil 2011, 20:58

Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede Béatrice » 30 Jan 2012, 14:52

Communiqué de Mille Bâbords qui fait part de la réception de multiples messages à caractère raciste et xénophobe à l'égard des Rroms :



Aux auteurs des forums et aux lecteurs du site après la réception de messages racistes, intolérants et xénophobes

Nous ne ferons pas le plaisir d’une réponse individuelle à chacune des personnes qui ont pu publier ce genre de message, en général d’ailleurs anonymes, cependant certains éléments nous ont fait prendre la décision de réaffirmer notre position sur la question de la place des Roms à Château-Gombert, à Marseille, en France et en Europe. Position qui dicte notre modération des commentaires et la publication de nos articles.

Mille Bâbords soutient l’ensemble des mouvements sociaux, des actions défendant le respect des droits et du respect humain, tous les mouvements d’émancipation de groupes opprimés.

Les familles Roms présentes, en situation de survie à Marseille et ailleurs, font partie de ces opprimés de nos sociétés, nous continuerons donc de lutter pour que soit garantie à tous, quelles que soient leurs origines, leurs nationalités, l’application des droits de tout être humain comprenant par exemple :

- le droit devant toute persécution de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays (article 14 Déclaration universelle des droit de l’Homme),
- la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité (article 22),
- un niveau vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires (article 25).

Nous continuerons donc de soutenir ces familles.

Mille bâbords entend, par ailleurs confronter dans un débat vivant les différentes volontés et initiatives de ceux qui aspirent à une nouvelle forme de vie sociale, politique et économique dans une optique progressiste et humaniste et une tolérance mutuelle.

Les messages postés, publiés ou modérés, ne s’inséraient pas dans une démarche qui de près ou de loin soit progressiste et humaniste et surtout excluant toute tolérance. Nous ne discuterons donc pas individuellement des messages car nous luttons justement contre la propagation de ces messages d’intolérance, de haine, de peur et de représentations racistes et xénophobes.

Ces messages propagent « Ce que l’on peut appeler la "Romaphobie" - c’est-à-dire la discrimination et l’hostilité à l’égard des Roms -, un phénomène courant et très répandu en Europe. Les Roms sont parmi les premières communautés touchées par les conflits armés (comme ce fut le cas en ex-Yougoslavie, où le sort des Roms, pris entre tous les feux, fut en grande partie ignoré). Parmi d’autres exemples récents de discrimination, on peut citer les familles roms du Portugal illégalement privées de tout droit de propriété sous prétexte de "lutte contre la criminalité" ; la discrimination à l’égard des enfants roms en ce qui concerne l’accès à l’éducation ou, plus généralement, pour l’ensemble de ces communautés itinérantes, le non-bénéfice des services sociaux de base (cas du Royaume-Uni et de la France) ; ou, tout simplement, le non-respect de leurs droits, pourtant reconnus. Dans de nombreux pays, les Roms ont été les victimes de groupes fascistes et racistes violents - agressions qui ont souvent abouti à de véritables assassinats ; quant aux enfants roms, ils sont parfois regroupés dans le même établissement scolaire que les enfants souffrant d’handicaps mentaux. Les villages roms font souvent l’objet d’une ségrégation et d’un isolement total. »

Nous continuerons donc de modérer les commentaires qui ne s’inscriraient pas dans cette conception.

Mille bâbords a pour objectif de lutter contre une pensée dominante qui tend à monopoliser les moyens d’information :

De toute part, les média locaux ou non, les décideurs et décideuses, les hommes et femmes de pouvoir, participent continuellement, par la diffusion de messages et d’idées, à la constitution d’un climat d’insécurité, de peur et d’apartheid social et culturel visant à opposer les personnes les unes contre les autres. Nous voulons proposer un espace où un autre message que celui de ceux et celles que l’on entend trop et qui inscrivent dans nos, vos inconscients individuels et collectifs ces peurs, ces angoisses qui se transforment en intolérance, en haine et en racisme. Les Roms, les sans-papiers, les précaires et tous ceux qui ne correspondent pas aux standards de l’imaginaire français, tous ceux là, sont les victimes de ce discours dominant, nous continuerons de le critiquer, de l’empêcher lorsque cela est possible pour que le discours des sans-voix soit autant que possible entendu.

Les membres de l’équipe de militants bénévoles de Mille Babôrds.

PS : Nous nous rassurons des quelques messages s’intégrant dans une conception humaniste, progressiste et qui vont à l’encontre du discours dominant.


http://www.millebabords.org/
« Simple, forte, aimant l'art et l'idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée. »
Louise Michel
Béatrice
 
Messages: 2792
Enregistré le: 09 Juil 2011, 20:58

Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede DjurDjura » 19 Fév 2012, 14:37

Par Anaëlle Verzauxmar, 14/02/2012 - 00:15

Hongrie: sur la route des Roms, milices et extrême droite

Dans le village de Gyöngyöspata, dirigé par un maire du parti d'extrême droite Jobbik, la minorité Rom vit dans la peur. Au printemps 2011, les milices d'extrême droite rôdaient dans le village. Elles apparaissent toujours, mais plus discrètement.Reportage.



« Tu peux me prendre en photo ? Tu me trouves assez belle ? »

Dans un long couloir sombre, Elvira se recoiffe devant un miroir à pied, puis prend la pose, en riant. Son père, un bon vivant d'une soixantaine d'années la regarde, en chantant Joe Dassin puis pérore sur Nicolas Sarkozy, dont le village familial est situé à 30 km de là. Sa façon d'accueillir ses visiteurs français. A côté, dans une cuisine enfumée, une dizaine de roms discutent sérieusement, tandis que des personnes viennent et partent par petits groupes, comme dans une maison d'associations. Nous sommes pourtant chez des particuliers, les Farkas, une famille qui représente la minorité rom de Gyöngyöspata, une bourgade de 2850 habitants (dont 450 roms), coupée en deux.





Avec les Hongrois non Rom sur les hauteurs, et les Roms dans un vallon, situé en zone inondable. Autant dire que la cohabitation est difficile.


Janos Farkas, trente ans, le vajda (chef) des Roms de Gyöngyöspata, nous invite à entrer dans sa chambre garnie d'animaux en peluche, le seul endroit au calme de la maison. Sa femme nous apporte tout ensemble vin, coca-cola et cafés.


Janos Farkas fait figure d'exception, le seul de sa communauté à avoir eu le baccalauréat. « J'aimerai être web designer et si possible, faire des études supérieures. Mais des gens m'ont élu représentant, ils m'ont fait confiance, je ne peux pas partir d'ici, je resterai jusqu'à la dernière « levée » ».


Descente de milices et maire d'extrême droite


Depuis mars 2011, le Jobbik et des milices d'extrême droite (dont Vedero, une milice proche du Jobbik, défilant en uniformes militaires), font pression sur la minorité Rom, « pour que les familles s'en aillent ». En avril 2011, 277 Roms, fuyant les milices, ont quitté le village. « Depuis, huit familles sont parties à Toronto », raconte Farkas. Après un arrêté gouvernemental interdisant les patrouilles de milices en Hongrie, elles ont fini par quitter le village. Enfin pas tout à fait, selon le vadja de Gyöngyöspata : « Des milices reviennent de temps en temps dans le quartier, mais plus discrètement, sans leurs uniformes militaires ».


Les Roms qui sont restés, faute de moyens, se défendent comme ils le peuvent. « Mon boulot, explique Farkas, consiste à régler les problèmes de la communauté, gratuitement, avec le soutien d'ONG. On fournit aussi aux citoyens les moyens de se défendre seuls, en leur donnant une éducation juridique élémentaire. Ils en ont besoin, les Roms sont sans cesse accusés pour rien. Ici, on a une version dure, mais c'est le même problème dans tout le pays. L'avenir ne sera pas meilleur, on en a peur ». Pas avec ce maire, élu en juillet 2011, issu des rangs du Jobbik, le parti d'extrême droite hongrois, qui a obtenu 16,6 % des suffrages, lors des élections législatives de 2010.


Jumelage irano-hongrois



Son visage de poupin joufflu tranche avec ses idées. Oszkar Juhasz, 36 ans, édile de Gyöngyöspata, nous reçoit dans sa petite mairie, un peu défraîchie, à l'image du village. Dans le hall, deux pages de la nouvelle Constitution hongroise ont été étalée sur une table basse, dont l'une inscrit le pays dans la religion catholique. Des portraits des anciens maires, entourés de leurs équipes encadrent les murs. Le bureau d'Oszkar Juhasz est décoré d'un drapeau iranien, nous dit-on. Il ne nous y invite pas, mais nous conduit dans la salle des mariages. Sur un badge accroché à sa veste, figurent en symétrie parfaite, les drapeaux iranien et hongrois.


« J'aime beaucoup l'Iran. Nous avons conclu des partenariats avec plusieurs villes iraniennes », raconte le maire. Pourquoi l'Iran ? Il réplique, habilement : « La politique menée par Israël vis-à-vis des Palestiniens est inadmissible ».

Au moins 450 000 juifs hongrois, 600 000, écrivent même certains historiens, ont été exterminés dans les camps nazis, pendant la Seconde Guerre Mondiale. Mais les Hongrois n'ont pas écrit cette histoire comme en France. Judit Morva, enseignante d'économie et responsable du Monde Diplomatique en hongrois explique : « Ici, le sujet est encore tabou. Les représentations de la Shoah sont absentes ou presque, du Musée de la Terreur, à Budapest, comme des livres scolaires ».

Le Jobbik s'affiche comme un parti antisémite. « Une série de caricatures anti-juives est consultable en vitrine de la permanence du parti nationaliste radical de Szentendre, à 50 mètres de chez le maire », écrit le site internet d'informations Hu-lala. Mais Juhasz le nie, il est visiblement plus à l'aise pour parler des tsiganes.


«La criminalité tsigane est une notion scientifique»


« Attention à ce que vous allez dire de moi. Je ne suis pas raciste. Mais il y a des faits. Ces vingt dernières années, les tsiganes ont montré qu'ils étaient criminels. La criminalité tsigane est une notion scientifique, qui a notamment été utilisée en 1996 à l'école supérieure, pour désigner les tsiganes. La criminalité tsigane, c'est l'utilisation de la violence sans raison. Par exemple, si les tsiganes élèvent des chevaux, ce n'est pas par amour des bêtes, mais pour dissoudre les corps des personnes qu'ils ont tuées. Le crottin dissout le calcium. Le pire, c'est que le plus souvent, ils se tuent entre eux. Voyez, je préfère m'en tenir à la définition », dit-il tranquillement.

Oszkar Juhasz poursuit : « Il y a des tsiganes qui ne rentrent pas dans cette catégorie là. Mais pour ceux qui ne respectent pas les lois, avec moi, c'est tolérance zéro, ils doivent retourner dans leur jungle ! »


« A Gyöngyöspata, que font-il comme actes criminels ? », interrogeons-nous. « Ici, ils pissent sur les murs de l'église ! ».

Il ajoute : « Mais ce n'est pas tout, il y a quelques mois, j'ai reçu une lettre de menaces de mort, j'ai reconnu à l'écriture, qu'elle venait d'un tsigane ».




«Les journalistes sont des gens qui se droguent»

« Il y a quelques mois », c'était l'été 2011, peu après le départ officiel des milices fascistes, qui avaient insulté et menacé les Roms du village. Des journalistes du monde entier étaient venus en témoigner.
Mais tout cela est faux, selon Oszkar Juhasz : « Il n'y a jamais eu de milices d'extrême droite ici ».
Et quand on lui tend les articles de presse français, il s'emporte : « La liberté de la presse est une grande chose, qui permet à n'importe qui de raconter n'importe quoi ! S'il y a eu quelques hommes pour surveiller les tsiganes, ils n'étaient pas liés au Jobbik et n'avaient pas d'équipements militaires, comme les journalistes menteurs l'ont raconté ».

Puis il mime le geste d'une piqure qu'on lui enfoncerait dans le bras, avant d'expliquer, le plus sérieusement du monde : « Les journalistes sont des gens qui se droguent ».



Sur l'actualité hongroise, ne pas hésiter à consulter le site http://www.hu-lala.org/


BAKCHICH INFO
"A mes frères ! à l'Algérie entière !
Des montagnes du DjurDjura jusqu'au fin fond du désert, montrons notre courroux..."
Avatar de l’utilisateur-trice
DjurDjura
 
Messages: 572
Enregistré le: 29 Oct 2011, 20:38

Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede Béatrice » 19 Fév 2012, 15:07

Comme le témoigne l'article de Anaëlle Verzauxmar ( et encore merci à DjurDjura pour s'en faire le relais sur ce forum ) , si ce que vivent les Rroms actuellement à travers
l'Europe ne relève pas de la définition d'une "épuration ethnique" en cours , que les détracteurs à cette accusation nous l'expriment à force d'arguments solides !
( Car là , présentement , les témoignages les plus affligeants les uns que les autres qui nous parviennent de toute l'Europe sont édifiants et le silence de Hollande sur la question
s'agissant du traitement que leur fait subir la municipalité de Marseille , avec le Gaudin qui en est à sa tête le démontrent bien ! )


communiqué du MRAP - Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples du 18 février 2012
Egalité des droits – Liberté de circulation pour les Roms

Les propos, tenus par François Hollande lors de son entretien sur la chaîne CANAL+ dimanche dernier, à propos des Roms migrants, suscitent une grande inquiétude chez tous les démocrates soucieux de la solidarité entre les peuples, et en particulier envers les plus démunis et les plus discriminés. Nous sommes surpris que dans cette intervention, qui venait après un reportage édifiant sur le harcèlement subi par les Roms de Marseille, le candidat socialiste à la Présidence de la République n’ait eu aucun mot pour condamner l’action et le discours mensonger de ces milices de quartier, aux relents douteux, ni pour démentir les propos scandaleux d’un préfet de la République assimilant les familles Roms à des organisations maffieuses.

Au-delà de la maladresse que constitue l’emploi du mot « camp » pour désigner des lieux d’habitation, c’est le principe même de la libre circulation des citoyens européens qui est mise en cause. Le MRAP ne peut qu’appuyer l’idée selon laquelle l’Europe doit se saisir de la dramatique question des Roms et du sort qui leur est réservé dans certains pays de l’Union Européenne, notamment en Roumanie. Le MRAP attend des candidats à la Présidence de la République qu’ils prennent des engagements à cet égard.

Mais les causes d’une migration souvent forcée, sous la pression du racisme et de la discrimination – qui les prive d’accès au travail en Roumanie - ne dispensent pas les candidats à la Présidence de réponses claires et précises concernant ce que doivent être leurs conditions d’accueil en France. François Hollande a malheureusement éludé ces réponses.

Plutôt que de parquer ces populations dans des lieux qui leur soient dédiés, nous préconisons leur insertion dans la société française par l’accession au droit commun, la première priorité étant de leur accorder l’accès au marché de l’emploi. Or le gouvernement vient de proroger de deux ans les mesures transitoires qui empêchent pratiquement les Roumains et les Bulgares de d’accéder au travail en France. Le MRAP, à plusieurs reprises et avec fermeté, a réclamé l’abrogation de ces mesures transitoires.
Nous regrettons que François Hollande soit également resté muet à ce sujet. Nous savons pourtant par expérience que les familles Roms qui, grâce à la solidarité de la population, des associations et de certains élus, ont la possibilité d’accéder en France à un logement décent, à un travail et à la scolarisation des enfants, sont maintenant parfaitement insérés dans la société française.

Une conférence de presse s’est tenue jeudi 16 février 2012 à la FNASAT (Fédération Nationale des Associations de Solidarité avec les Tsiganes et Gens du voyage) pour rendre public le « rapport politique » de ROMEUROPE, dont le MRAP fait partie intégrante. Dans ce rapport qui sera envoyé aux candidats aux élections présidentielles, nous demandons :

- La levée immédiate des mesures transitoires imposées par la France aux citoyens roumains et bulgares depuis le 1er janvier 2008 qui limite l’accès au travail et prorogées de deux ans depuis janvier 2012 ;

- La fin des « distributions » d’Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF) sur le fondement d’« abus de droit », notion récemment intégrée au CESEDA (Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers en France et du Droit d’Asile) qui porte atteinte à la liberté de circulation des citoyens européens o et sur la « charge pour le système social français », alors que les intéressés ne perçoivent aucune aide ;

- L’accès au droit commun ;

- L’arrêt immédiat des expulsions de terrains sans aucune proposition d’hébergement et la prise de mesures pour garantir un habitat digne ;

- L’accès plein et effectif à la scolarisation pour les enfants roms vivant en squat et en bidonville et leur protection ;

- La garantie d’accès aux soins et à la protection de la santé.

Ces revendications relèvent de la simple application de la Charte internationale des Droits de l’Homme (Nations-Unies) et de la Convention Internationale des droits de l’Enfant signées et ratifiées par la France.

Le MRAP sera vigilant et attend de François Hollande qu’il réponde aux attentes du MRAP relatives aux Roms migrants.

Paris, le 18 février 2012
« Simple, forte, aimant l'art et l'idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée. »
Louise Michel
Béatrice
 
Messages: 2792
Enregistré le: 09 Juil 2011, 20:58

Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede Béatrice » 23 Fév 2012, 21:31

Lorsque la résistance à la la politique municipale de Marseille , raciste et xénophobe dirigée par Gaudin paie :
Dix familles de Rroms ont désormais un toit !

Communiqué de la LDH des Bouches-du-Rhône :


http://www.millebabords.org/spip.php?article19887
« Simple, forte, aimant l'art et l'idéal, brave et libre aussi, la femme de demain ne voudra ni dominer, ni être dominée. »
Louise Michel
Béatrice
 
Messages: 2792
Enregistré le: 09 Juil 2011, 20:58

Re: Tsiganes, Rroms...entre exclusion et racisme.

Messagede anouchka » 17 Mar 2012, 23:36

http://paris.indymedia.org/spip.php?article10346

Un camp de Roms attaqué au cocktail Molotov
samedi 17 mars 2012
impression 0 réaction

Les familles Roms de Vaulx en Velin vivent depuis plusieurs jours un véritable enfer

Du squat parti en fumé au gymnase

Tout commence dans la nuit du 23 au 24 février 2012. Environ 140 roms qui occupent une usine abandonnée sont réveillés en pleine nuit par un incendie qui détruit leur squat. L’origine du sinistre est inconnu. Il n’y a pas de victime. Relogés en urgence dans un gymnase municipal par la mairie de Vaulx en Velin, les familles qui comptent de très nombreux enfants, pensent trouver là un répit pour quelques jours, le temps de se retourner. C’est mal connaître les élus de gauche et leur politique vis-à-vis des roms. A Vénissieux, déjà, en novembre 2011, madame Picard, maire communiste avait demandé au préfet d’expulser des familles qui occupaient son centre social pour réclamer… Des places d’hébergements d’urgence

Monsieur Génin, maire communiste de Vaulx en Velin accorde donc une nuit. Pas plus. Dès le lendemain, il affiche sur la porte de son gymnase un arrêté municipal de fin d’autorisation d’occupation des lieux. Dans le même temps, il engage une procédure en référé pour demander leur expulsion à un juge. Les familles doivent partir. Pour aller où ? « Ce n’est pas mon problème dit le maire. C’est le problème de l’Etat, de l’Europe… » C’est ce qui s’appelle se refiler la patate chaude.

Mais la mairie ne se contente pas de saisir la justice. Elle saisit aussi la préfecture. Pour sauver les apparences et expulser sans avoir l’air d’expulser, le maire de Vaulx en Velin et la préfecture inventent une méthode inédite : l’invitation à libérer les lieux. Avec le référé engagé, les familles ne peuvent plus être expulsées sans décision de justice. Mais si elles partent d’elles-mêmes… C’est gagné pour la mairie qui récupère son gymnase.

La mairie décide donc d’autoriser la police à rentrer dans le gymnase pour procéder à des contrôles d’identité. A la fin des contrôles, les policiers demandent fermement aux familles de sortir du gymnase. Et que croyez-vous qu’il arrive ? Oh surprise, les familles acceptent bien gentiment de quitter les lieux. La mairie s’empresse de nettoyer et de fermer le gymnase. Elle va aussi probablement brûler un cierge pour remercier la préfecture qui lui enlève une sacré épine du pied.

Quand il s’agit des roms, droite, gauche, centre, tout le monde apporte la même réponse : « dégage ! ».

Du gymnase au nouveau squat

Les familles se retrouvent donc sur un petit square où elles passent la journée avant de prendre la direction d’un terrain avec des hangars abandonnés et une maison attenante. Le terrain appartient à Grand Lyon Habitat. A l’entrée est affiché un permis de démolir… Pour y construire des logements sociaux. Très rapidement un attroupement se forme. Les roms prennent possession des lieux et la course aux 48 heures commence. Lorsqu’un squat est occupé, le propriétaire peut demander à la préfecture l’expulsion qui doit être réalisée dans les 48 heures. Au delà, le recours à un juge est obligatoire. La procédure peut prendre des mois. Les riverains sortent de chez eux et commencent à s’époumoner : « pas de ça chez nous… », « qu’ils rentrent dans leur pays », « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde », je vous passe la litanie, on la connaît tous. Des représentants de la mairie sont là ainsi que quelques militants associatifs. Après quelques minutes, la police elle aussi arrive. Un déploiement impressionnant de plusieurs dizaines de fonctionnaires qui commencent à se positionner devant le squat. Ils sont là pour expulser les familles. Bien que la loi exige une demande du propriétaire avant d’expulser des squatteurs d’un lieu, le préfet Carenco n’hésite pas appliquer sa propre loi. En l’occurrence une disposition de la loi Loppsi2 qui avait pourtant été censurée par le Conseil Constitutionnel et qui permettait au préfet d’expulser des gens de votre jardin, même si vous étiez d’accord pour les accueillir. (1) Face aux militants associatifs, aux riverains et à la présence de fonctionnaires municipaux, la police renonce finalement à expulser illégalement les familles et bat en retraite.

Comble de l’hypocrisie dans cette affaire, on apprendra plus tard par un représentant de Grand Lyon Habitat que la préfecture a bien été saisie d’une demande d’expulsion le lendemain de l’occupation mais que le préfet a choisi de l’ignorer. Ce faisant, il permet aux familles de s’installer sur les lieux pendant plusieurs mois, le temps qu’un juge décide de leur sort. Il ne faudrait pas croire que la préfecture permet aux roms d’occuper des terrains. Il s’agit tout simplement d’une stratégie qui lui permet de fixer les personnes sur un site pour ensuite leur délivrer des OQTF en masse et les expulser du territoire français. (2)

Jour après jour, le squat s’organise. Des palettes en bois sont récupérées pour construire des cabanes. Le terrain est nettoyé, de vieux pneus sur lesquels on installe des planches servent de sommier. Les enfants retrouvent le sourire. Un large mouvement de solidarité commence à s’installer. Les voisins qui le premier soir étaient très remontés reviennent discrètement pour apporter de la nourriture ou des vêtements. Ils se disent touchés par tous ces enfants. Des associations organisent des repas, des particuliers amènent des sacs de vêtements, des couches, des entreprises amènent du bois. Même la mairie participe à cet élan de solidarité en apportant une benne pour les détritus. La contribution municipale a tout de même des limites. Pas question d’apporter des toilettes ou de l’eau. « Ca coûte trop cher ».

Tout se passe à peu près bien jusqu’au 8 mars. Là, vers 7 heures du matin, une dizaine de véhicules de polices arrive et de nombreux policiers rentrent sur le terrain. « Des policiers ont sauté par dessus le grillage comme des terroristes » dira un habitant. Un véhicule se positionne à l’entrée du bâtiment et allume ses feux pour éclairer le hangar plongé dans l’obscurité. Les fonctionnaires tambourinent aux portes. Certaines sont fracturées à coups de pied. Les enfants sont tirés de leur sommeil, c’est la panique.

Tout le monde est regroupé dehors contre le mur et les contrôles commencent avec une interprète. Nom, prénom, date de naissance, depuis combien de temps êtes-vous en France ? L’interrogatoire dure quelques secondes et le fonctionnaire de police demande aux gens de signer leur déclaration qui servira de base pour rédiger l’OQTF. Certains refusent de signer. Les roms en sont pris en photo. Des policiers qui prennent leur beau métier particulièrement à cœur font des remarques : « Vous n’avez pas le droit d’être ici. De toutes façons, vous allez bientôt dégager ». Une heure après l’opération de police est terminée. La vie reprend.

Le lendemain, rebelotte. La police refait une descente. Mais cette fois, c’est pour délivrer des OQTF en s’appuyant sur l’opération de la veille. Les fonctionnaires de la préfecture ont du travailler sur le dossier toute la journée pour être prêts dès le lendemain. « Selon votre déclaration lors du procès-verbal du 8 mars 2012... ». La boucle est bouclée. On laisse les roms s’installer sur le terrain, on ne répond pas à la demande d’expulsion du propriétaire dans les 48 heures, on recense tout le monde, on leur fait signer un papier et le lendemain on distribue des OQTF. La méthode est bien rôdée. Le préfet applique à la lettre la circulaire illégale du 5 août 2010 demandant le démantelement des camps de roms.

Attaque à coups de pierres

Le 9 mars au soir, lors d’une distribution alimentaire organisée par une association, un riverain très excité rentre sur le terrain. Il explique qu’il vient de se faire cambrioler et qu’il est certain que les auteurs sont des roms. Le ton monte puis l’homme repart. Vers 23 heures 30, alors que tout le monde dort, plusieurs jeunes pénètrent dans le camp et commencent à jeter des pierres et des parpaings sur toutes les vitres. Dans la maison attenante au garage, les volets sont ouverts. Les pierres fusent et traversent les carreaux. Les vitres volent en éclat. Toutes les vitres de la maison sont détruites. Puis les agresseurs s’en prennent à une voiture qui est garée dans le squat. Quelques instants suffisent pour qu’elle se retrouve sans vitre. Un des habitants appelle la police. Quand celle-ci arrive sur place, les deux groupes se font face. D’un côté des jeunes très excités qui viennent de saccager le camp, de l’autre des femmes apeurées avec leurs enfants dans les bras. Selon plusieurs personnes présentes sur place, on assiste alors à des scènes pour le moins surprenantes. En arrivant, des policiers serrent la main de certains jeunes qui viennent de caillasser le camp. D’autres leur font signe de la main de partir discrètement. Un témoin choqué raconte : « Ils insultaient les roumains et les menaçaient, la police n’a même pas essayé de les calmer. »

Soudain, une menace effrayante est lancée : « Nous reviendrons demain tout brûler ». Les policiers présents font mine de ne rien entendre. Les jeunes décident finalement de repartir. La police n’a procédé à aucun contrôle d’identité ni aucune arrestation.

L’heure est au bilan : plusieurs personnes dont des enfants ont reçu des jets de pierre. En traversant une des vitres, un gros caillou est tombé sur la tête d’une enfant endormie. Elle présente une bosse de la taille d’un œuf. Elle aurait pu être blessée beaucoup plus gravement. Toutes les vitres de la maison sont cassées, même celles des étages. Une voiture a été saccagée. La police repartie, la menace des agresseurs empêche de dormir beaucoup de monde. « Nous reviendrons tout brûler… »

Attaque aux cocktails Molotov

Le lendemain, comme on pouvait s’y attendre, les jeunes sont revenus. Et ils ont tenu parole. Alors que les familles se trouvent réunies dans la cour autour d’un feu et que les hommes font des rondes pour protéger le squat, un premier cocktail Molotov tombe dans le jardin qui se trouve derrière le bâtiment. Un second cocktail Molotov tombe sur le toit d’un atelier voisin et déclenche un début d’incendie. Soudain, plusieurs explosions retentissent. Les agresseurs viennent de mettre le feu à un véhicule appartenant à l’un des occupants du squat. Les riverains sont réveillés en sursaut : « j’ai entendu plusieurs explosions. Je suis sorti de chez moi et j’ai vu le véhicule en flamme. » Quand la police et les pompiers arrivent, les agresseurs, eux, ont déjà disparu.

Le lendemain, c’est l’heure des comptes. Tout le monde se réveille comme s’il sortait d’un mauvais rêve. La carcasse calcinée de la voiture et les traces du cocktail Molotov rappellent que tout cela est bien réel. Chez les roms, une vive polémique éclate. Certains reprochant à d’autres de ne pas avoir dormi sur place afin de mettre à l’abri leur famille. « Pour se protéger, nous avons besoin d’hommes ». Chez les riverains, le traumatisme est aussi important. « Voilà 20 ans que j’habite le quartier. Je n’ai jamais vu une voiture brûlée avant leur arrivée. » Et oui, pour les riverains, les coupables ne sont pas ceux qui ont attaqué le camp. Les coupables, ce sont les roms. Du côté de la préfecture, on assure qu’une enquête est ouverte et que l’on recherche activement les responsables. Tiens, c’est bizarre. Deux jours avant la police avait tous les coupables sous la main, pas un n’a été arrêté. Aujourd’hui, ils les recherchent…

En attendant de retrouver les coupables, la réponse de la préfecture ne s’est pas faite attendre. Dès le lendemain matin, mardi 13 mars, une vingtaine de policiers se présente devant le squat. Des policiers cassent les cadenas qui protègent l’entrée et pénètrent sur le terrain. Comme l’autre matin, ils tambourinent aux portes réveillent tout le monde et procèdent à des contrôles d’identité. Recherchent-ils les agresseurs parmi les agressés ? Non, c’est juste une opération de police pour s’assurer qu’il n’y a pas de roumains en situation irrégulière…

Selon une association de défense des droits des roms, ces contrôles ne s’appuient sur aucune base juridique. Les policiers n’ont présenté aucune réquisition du procureur. Dans leur procès-verbal, on lira probablement qu’ils ont été invités à pénétrer sur le terrain par les occupants.

Et demain ?

La situation des roms de Vaulx en Velin est inquiétante à plus d’un titre. Tout à commencé par des menaces, puis des pierres et maintenant des cocktails Molotov. Où cela va-t-il s’arrêter ?

Aux menaces de mort et aux pressions des riverains s’ajoute maintenant le harcèlement policier. En pleine campagne électorale où un candidat président est prêt à tout pour récupérer les voix du Front National, on peut craindre le pire pour les familles roms. Sarkozy, dans son discours stigmatisant de Grenoble a clairement désigné les roms comme boucs émissaires à une population toute entière, mais également à ses forces de police. (3)

Les ravages de son discours et de sa politique se font très cruellement ressentir et les dérapages commencent à prendre des proportions incontrôlables. A force d’entendre que les roms ne sont que des voleurs de poules, des délinquants incapables de s’intégrer, certains décident maintenant de les brûler.

Cette fois-ci, les cocktails Molotov se sont arrêtés dans le jardin et sur les toits. Que se passera-t-il quand les prochains atterriront dans la maison ? Personne ne pourra dire qu’il n’a pas été prévenu.

A Vaulx en Velin, comme dans de nombreux squats occupés par des roms, la moitié des occupants sont des enfants. Le plus petit à 15 jours. Comment la France, « patrie des droits de l’homme », si prompte à donner des leçons de démocratie à la terre entière, peut-elle infliger de telle conditions de vie à des enfants ?

C’est une honte.

(1)

http://tempsreel.nouvelobs.com/politiqu ... suree.html

(2) Obligation de Quitter le Territoire Français

(3)

http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe ... deja-vichy
Pour ajouter des informations cliquez-ici
Avatar de l’utilisateur-trice
anouchka
 
Messages: 397
Enregistré le: 10 Déc 2011, 09:34

PrécédenteSuivante

Retourner vers France

Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun-e utilisateur-trice enregistré-e et 2 invités