Mouvement dans l'éducation, à suivre...

Re: Mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Pïérô » 02 Juin 2015, 00:14

Toulouse
Bellefontaine toujours en lutte

Contre la répression du droit de grève la solidarité est une arme

Nous étions 200 mercredi 27 mai devant le rectorat pour dénoncer les procédures administratives à l’encontre de 6 enseignants du Collège Bellefontaine engagées dans un mouvement de grève de 3 semaines l’hiver dernier et la violence de ces mesures répressives. Plus de 2000 citoyens ont, en quelques jours, signé la pétition de soutien lancée en ligne. La réponse n’est pourtant toujours pas à la hauteur de la gravité de ce qui constitue une atteinte à la liberté d’expression, à la liberté syndicale et au droit de grève.
Cet événement sans précédent dans l’Education Nationale vient couronner une série d’actions de rétorsion visant la plupart des personnels qui se sont impliqués dans ce mouvement social. Le but est clair : museler toute velléité de contestation. Pour que nos collègues ne deviennent pas des « punis pour l’exemple » de cette nouvelle offensive managériale brutale et anti-démocratique, nous devons tous nous sentir concernés et mobilisés.

Une attaque contre l’un d’entre nous est une attaque contre tous.
Notre arme ? La solidarité !


Aussi, nous, personnels en lutte à Bellefontaine ,

- exigeons l’arrêt des procédures à l’encontre de nos collègues
- appelons l’ensemble des citoyens à mettre en œuvre des actions de solidarité, notamment les personnels de l’Éducation Nationale
- appelons nos collègues à se mettre en grève le jeudi 4 juin

Ne baissons pas la tête face aux menaces et aux intimidations de notre hiérarchie.

Mardi 2 juin
Rassemblement silencieux à 18h devant le centre Alban Minville

Mercredi 3 juin
Rassemblement à 13h à la Bourse du travail
Rassemblement à 14h devant le rectorat, St Agne

Jeudi 4 juin : Grève !!!
Rassemblement à 8h devant le Collège Bellefontaine
AG à 14h à la Bourse du travail


Les personnels en lutte du collège Bellefontaine

https://iaata.info/Bellefontaine-toujou ... e-732.html
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Messagede bipbip » 04 Juin 2015, 00:08

Appel intersyndical à la grève le 11 juin

Les organisations syndicales SNES-FSU, SNEP-FSU, SNFOLC, SNETAA-FO, CGT Educ’action, SUD Éducation, SNCL-FAEN et SIES-FAEN constatent l’enfermement du ministère dans son maintien de la réforme du collège et son refus d’entendre les demandes des personnels d’enseignement, d’éducation et d’orientation du second degré.

Confirmant leur analyse commune de la réforme et des conditions de la publication des textes le 20 mai, elles appellent les personnels à amplifier l’action, en particulier le 4 juin, contre les textes publiés au lendemain d’une grève majoritaire dans les collèges, pour leur abrogation et la reprise immédiate des discussions sur l’avenir du collège.

Elles appellent à signer et faire signer massivement la pétition intersyndicale « Un autre collège 2016 ».

Elles appellent à une nouvelle journée nationale de grève et d’actions le jeudi 11 juin.

http://www.sudeducation.org/Pour-un-col ... greve.html
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Messagede bipbip » 08 Juin 2015, 12:53

Collège, grève le 11 juin

tract SUD Education

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Messagede Pïérô » 11 Juin 2015, 02:33

La lutte paie !

Menace de suppression de postes. Les Atsem obtiennent gain de cause

Devant la contestation et la grève, le maire d'Orvault, Joseph Parpaillon, a retiré son projet de réduction du nombre de postes d'agents spécialisés des écoles maternelles.

À la suite du mouvement de contestation mené depuis plusieurs semaines par des parents d'élèves d'Orvault contre le projet de réduction du nombre des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem), le maire Joseph Parpaillon a annoncé ce matin qu'il renonçait à sa réforme.

... http://www.ouest-france.fr/fin-de-greve ... em-3456133
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Messagede bipbip » 11 Juin 2015, 07:50

Tract d'Alternative Libertaire

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Messagede bipbip » 15 Juin 2015, 11:35

Mardi 16 juin, Bobigny

Rassemblement, apéro militant
pour la défense de l'école publique,

pour un plan d'urgence pour le 93
• pour la défense de l'école publique
• pour un plan d'urgence pour le 93

à 18h, devant la DSDEN 93, 3 rue claude bernard, bobigny

Apportez à boire et à manger, vos banderoles et vos slogans !

http://www.libertaires93.org/Apero-mili ... ur-le.html
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Messagede Pïérô » 19 Juin 2015, 06:46

SUD éduc 30. Appel à la grève les jours du brevet

CONSTRUISONS LA GRÈVE LA PLUS LARGE POUR LES 25, 26, 29 et 30 JUIN, JOURS DU DNB

La publication par le gouvernement du décret et de l’arrêté instaurant la réforme du collège le lendemain de la grève très suivie du 19 mai dernier a été une marque de mépris à l’encontre des personnels.
Le déroulement du groupe de travail du mercredi 10 juin lors duquel la ministre avait annoncé vouloir reprendre le dialogue est une nouvelle provocation puisque les propos tenus par son cabinet montrent que la ministre n’envisage pas de remettre en cause « les fondamentaux de la réforme », mais seulement de « préciser » et d’apporter « des recommandations de mise en œuvre ».
Cette réforme du "collège 2016" faite sans les personnels et contre les personnels va aggraver leurs conditions de travail et celles des usagers. Dans un contexte de souffrance accrue de la profession la désorganisation des services et la surcharge de travail qu’elle va engendrer risque d’être dramatique.
A l’opposé nous revendiquons des moyens à la hauteur des besoins et nous luttons pour un collège égalitaire avec un enseignement polytechnique qui garantisse à tou-te-s les élèves l’exploration de tous les types de savoirs, qu’ils soient manuels, techniques, artistiques ou théoriques, reposant sur des pratiques pédagogiques coopératives et émancipatrices.
Ce n’est pas la direction de la réforme ministérielle. Dans un contexte d’austérité, cette réforme ne prévoit aucune disposition pour améliorer les conditions de travail des personnels et les conditions d’apprentissage pour les élèves. Elle remettrait en cause le collège unique, accentuerait encore les inégalités, augmenterait l’autonomie des (chefs d’)établissements, induisant une concurrence toujours plus grande entre collègues, équipes, disciplines et établissements tout en multipliant des hiérarchies intermédiaires, dans la continuité des réformes statutaires sur les « missions et services ». Cette réforme modifierait l’organisation des enseignements et des disciplines, selon des modalités imposées qui ont été définies sans les personnels. Face au mépris du gouvernement et contre cette réforme injuste il faut construire le rapport de force. Nous entendons la colère de la profession et son opposition ferme à ce passage en force. Nous entendons aussi les interpellations de nos collègues qui demandent aux organisations syndicales de prendre leurs responsabilités.

C’est pourquoi Sud éducation Gard appelle les personnels à :
- Se réunir en Assemblées générales ou heures d’information syndicale afin de débattre des modalités de lutte contre cette réforme du collège,
- Construire la grève la plus massive dans les collèges les 25 et 26 juin, jours de surveillance des épreuves écrites du DNB et les 29 et 30 juin, jours de correction du brevet.

Sud éducation Gard exige l’abrogation du décret et de l’arrêté instaurant la réforme du collège et la réouverture de discussions.

Nimes, le 10 juin 2015
Sud éducation Gard

http://www.autrefutur.net/SUD-educ-30-A ... -greve-les
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Messagede bipbip » 21 Juin 2015, 01:53

Motion de solidarité avec les sanctionné-e-s du collège Bellefontaine
Motion du Conseil Fédéral de la Fédération des syndicats SUD éducation du 19 juin 2015

Ce 18 juin 2015, le rectorat de l’académie de Toulouse confirme la mutation dans l’intérêt du service de cinq collègues du collège Bellefontaine et la possible mutation sanction d’une sixième à l’issue d’une CAPA disciplinaire.

Ces six collègues engagé-e-s comme la grande majorité du personnel du collège dans un mouvement de grève reconductible de trois semaines en décembre dernier, demandaient que les moyens financiers et humains alloués aux établissements REP+ soient réellement atrribués.

Ces mutations apparaissent comme des sanctions déguisées. Nous condamnons ces mesures répressives qui vont à l’encontre du droit de grève et de l’action syndicale et s’inscrivent plus largement dans une logique de criminalisation et de judiciarisation des mouvements sociaux.

http://www.sudeducation.org/Motion-de-s ... c-les.html
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Messagede Pïérô » 23 Juin 2015, 01:18

Toulouse
Ecole ou caserne ? Le point sur la répression au collège Bellefontaine

Jeudi dernier, 18 juin, une journée de grève était appelée pour soutenir cinq collègues qui passaient en commission de mutation, et une collègue qui passait en commission disciplinaire. Les six collègues ont appris à l’issue de ces réunions paritaires qu’ils et elles seraient mutées. Les possibilités de recours leur permettant de rester au collège Bellefontaine s’épuisent à mesure que les jours passent... Malgré tout ça, les grévistes n’ont pas dit leur dernier mot.

Jeudi 18 juin, dès 9 heures devant le rectorat. [1]

La veille au soir, les premières toiles de tente sont plantées et une vingtaine de grévistes de l’éducation nationale ont déjà investi le parc de l’ex caserne Niel pour y camper et montrer leur entière détermination à soutenir leurs six collègues dont les cas vont être "étudiés" le lendemain.

Dès 9 heures une bonne centaine de personnes est déjà sur le qui-vive et entame un concert de casseroles. A ce moment personne ne se fait trop d’illusions, ces commissions paritaires [2], en plus d’être quasiment jouées d’avance, ne sont que consultatives. Dans l’esprit de beaucoup, si rien ne se passe d’autre qu’un rassemblement, il y a peu d’espoir d’influer sur la décision d’une rectrice qui s’est montrée depuis le début particulièrement insensible aux alertes des travailleurs et travailleuses de Bellefontaine ainsi qu’au sort des élèves qui sont scolarisés dans cet établissement.

Action au Conseil Général

Peu de temps après le début du concert de casseroles sous les fenêtres du rectorat, un groupe d’une trentaine de grévistes, portant symboliquement des masques signés des noms des six collègues, se sont rendus au Conseil Général où ils ont interrompu une réunion présidée par le premier secrétaire du PS 31, Sébastien Vincini [3]. Surprise !
Il s’agissait d’obtenir de lui un appel direct à la ministre Najat Vallaud-Belkacem. Un appel téléphonique en forme de dernier recours pour que la rectrice revienne sur sa volonté de sanctionner les collègues en question. Autour de la table plusieurs délégués syndicaux du CG, notamment de SUD et de la CGT, se sont montrés solidaires et nullement agressés par cet envahissement sympathique. Une discussion s’engage alors avec monsieur Vincini et après une bonne heure à essayer de faire jouer ses "contacts" pour entrer en communication avec le cabinet de la ministre, c’est tout juste s’il ne se fit pas raccrocher au nez.

Derrière les mutations se cache la répression...

Au sortir de la CAPA, les récits des élu.e.s sont sans surprise : la rectrice confirme les mutations des cinq collègues "dans l’intérêt du service", une manière de maquiller un peu ce qui n’est rien d’autre qu’une sanction. Aucun des cinq collègues n’exercera en REP (Réseau d’Education Prioritaire) à la rentrée prochaine [4], et le critère de mutation à distance égale de son domicile n’a pas non plus été réellement respecté. Peu importe, il s’agissait pour le rectorat d’affirmer son autorité, bien que la rectrice certifie à tue-tête qu’il ne s’agit en aucun cas de sanctions. Évidemment, plus personne ne la croit.
Les accusations fallacieuses contenues dans les dossiers suffisent pour démontrer qu’il ne s’agit nullement "d’intérêt du service" [5].
Cette décision sonne comme un nouveau coup de bambou derrière la nuque de toutes celles et ceux qui ont lutté cette année dans l’éducation nationale. Cela prouve encore une fois le projet réel du rectorat : derrière l’évidente petite vengeance mesquine et une sincère volonté de punir, c’est surtout l’occasion de séparer violemment un noyau de lutte soudé. D’autant que l’après-midi, la CAPD entérinera la mutation, disciplinaire cette fois, de la sixième collègue.
Ce qui c’est joué ce jour-là au rectorat n’est pas qu’un cas localisé. C’est un précédent en matière de répression d’une lutte. Il faut clairement y voir un message envoyé à toutes celles et ceux qui luttent dans les établissements scolaires. Le rectorat a agi selon la bonne vieille méthode de taper sur quelques-uns pour effrayer tous les autres.

Des questions et des certitudes.

Depuis le début de la lutte contre le manque de moyens dans le cadre de la mise en place du dispositif REP +, les collègues grévistes du collège Bellefontaine sont apparus relativement isolés. Très peu de bahuts, même parmi ceux concernés par le dispositif d’éducation prioritaire ont vraiment réussi à embrayer. Cette réalité a malheureusement confirmé l’actualité du rapport de force dans l’éducation nationale, où les conflits ont une fâcheuse tendance à se localiser établissement par établissement. Une sorte de chacun pour soi, inhérent à la volonté de mettre les établissements en concurrence, ce que la récente réforme du collège renforce clairement [6]. Sortir du mur du "cas par cas", dans lequel nous envoient ministère et rectorat, doit être un des objectifs des mouvements futurs.
Nul doute que la lutté exemplaire menée par les collègues de Bellefontaine est sanctionnée aujourd’hui par la hiérarchie académique avec d’autant plus d’aisance que la corporation enseignante ne s’est que très peu solidarisée de la lutte menée en décembre dernier. Si certains syndicats comme SUD éducation ont fait preuve du début à la fin d’un soutien indéfectible à la grève et à la stratégie offensive, d’autres ont semblé beaucoup plus ambigus, émettant parfois de grosses réserves sur les discours et fonctionnements de la lutte engagée à Bellefontaine [7].
Dans tous les cas, comme évoqué plus haut, la lutte n’est pas terminé. Dans certaines prises de parole du jeudi 18 juin devant le rectorat, des grévistes faisaient état, avec beaucoup de détermination, de leur volonté d’engager une grève de la faim jusqu’à l’obtention de leur maintien en poste au collège Bellefontaine.



Notes

[1] Cette journée fait suite à un appel officiel du syndicat de l’éducation de la CGT, de SUD éducation, syndicat le plus actif et solidaire de la lutte au collège Bellefontaine depuis le début, mais aussi d’une décision de l’AG des grévistes inter-établissement de jeudi dernier, 11 juin, journée nationale contre la dernière réforme du collège.

[2] C’est quoi ces commissions ? On parle ici des CAPA (Commission Administrative Paritaire et Académique) et CAPD (Commission Administrative Paritaire et Départementale) qui a siégé ce jeudi en mode conseil de discipline. On dit que ces commissions sont paritaires car il y siège un nombre équivalent de représentants des salariés (syndicats) et de représentants de l’administration, qui sont sans surprise tous du côté de la hiérarchie.

[3] Celui-ci avait déjà au mois de décembre dernier, alerté par courrier la ministre, après une occupation du siège de la fédération PS de Haute-Garonne (voir La Dépêche du 10/12/2014) et l’article 9 décembre : ça c’est de la grève !sur Iaata.info. Courrier resté à ce jour sans réponse.

[4] Ce qui signifie que ces collègues se verront supprimer la prime REP d’environ 200 euros mensuels à la rentrée prochaine. C’est ni plus ni moins qu’une perte de salaire qui les attend.

[5] Par exemple il est reproché à cinq de ces collègues de ne pas avoir respecter la minute de silence à Charlie Hebdo (ce qui peut déjà être contestable sur le fond). Problème, ils et elles étaient tous grévistes ce jour-là et donc absolument pas présents dans l’établissement. La liste des "charges" retenues contre les collègues est de cet acabit, ni plus ni moins qu’un tissu d’âneries à charge.

[6] Notamment en renforçant l’autonomie du chef d’établissement quant à la gestion d’une partie de la dotation globale horaire (DGH), en gros le stock d’heures pédagogiques (cours et autres) dont dispose l’établissement.

[7] La décision courageuse de partir en grève reconductible et la mise en place d’AG de grévistes inter-établissements ont semblé être des cailloux dans la godasse du SNES-FSU. Inévitablement, une organisation à la base se heurte tôt ou tard aux logiques d’appareils et aux tractations bureaucratiques. Gageons que ce qui a été mis en place lors des différentes journées de grève de cette année scolaire (et les liens qui y ont été tissés) représente du temps de gagner pour la suite.

http://iaata.info/Ecole-ou-caserne-Le-p ... e-759.html
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Re: Mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Pïérô » 25 Juin 2015, 18:41

Une enseignante du collège Bellefontaine entame une grève de la faim

Ce matin du lundi 22 juin, 8 heures, une enseignante a commencé une grève de la faim. Parmi les six enseignants touchés par les mutations, sanctions déguisées, entérinées le 18 juin dernier lors des CAPA et CAPD. Elle a installé son campement devant l’entrée du rectorat. Solidarité !

"J’arrêterai cette grève de la faim quand nos mutations seront annulées et les rapports contenus dans nos dossiers, supprimés." C’est ce qu’a déclaré Laure, enseignante au collège Bellefontaine à l’entame de son premier jour de grève de la faim.

La décision de la rectrice de muter six des enseignants de Bellefontaine, piochés parmi les grévistes du mois de décembre dernier, n’allait pas être classée sans suite par les premiers concernés et leurs soutiens. Maintenant, il s’agit d’être à ses côtés dans ce combat qui est un prolongement de la lutte qui a été menée en faveur de l’éducation prioritaire et que les autorités académiques leur font payer aujourd’hui.

Voici la vidéo dans laquelle elle annonce sa décision prise avec détermination :



http://iaata.info/Une-enseignante-du-co ... m-760.html


Vendredi 26 juin à 12h

CAPA contestation des notes de 11 enseignants du collège Bellefontaine

L'inter syndicale appelle à un concert "banderoles et casseroles" devant le rectorat en soutien des 11 collègues de Bellefontaine qui passent en commission d'appel de notes. Ils contestent le fait d'avoir été sanctionnés par le chef d'établissement qui a bloqué voire abaissé leurs notes en représaille aux mouvements de grève.

Une grève de la faim a débuté le 22 juin 2015. Venez soutenir Laure de quelques minutes à plusieurs heures. Elle est installée devant le rectorat (saint Agne)

Les professeurs ont été sanctionnés suite au mouvement de grève de l'hiver 2014. Face à l'intransigeance et au refus de dialoguer de la hiérarchie, Laure n'a pas eu d'autre solution pour dénoncer cette injustice.

Elle demande la réintégration des 6 collègues au collège Bellefontaine et la levée de toutes les sanctions.



Samedi 27 juin 2015 à 15h

Rassemblement de soutien Grève de la faim Laure - Bellfontaine -

Venez nombreux soutenir Laure qui demande la réintégartion des professeurs et l'annulation des sanctions à leur encontre.



Suivez et soutenez la lutte sur twitter: https://twitter.com/LaureBetbeder

sur facebook :www.facebook.com/Collectif22mai
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Messagede bipbip » 28 Juin 2015, 13:52

Lodève (34)

L 'école Prémerlet ne bénéficiera plus de l'accompagnement éducatif.

Depuis plusieurs jours, des banderoles fleurissent sur la façade l'école Prémerlet. On peut y lire "École de l'inégalité républicaine", "Touche pas à mes taux d'encadrement et mes aides aux devoirs" ou encore "L'État a le devoir de corriger les inégalités, pas de les créer". Le motif de ce mécontentement ? La sortie annoncée de l'école du dispositif "Accompagnement éducatif".

Lundi 22 juin, les listes indépendantes de parents d'élèves de l'établissement avaient convié les parents à une réunion pour décider des actions à mener. Et, depuis mardi matin, lesdits parents occupent l'établissement. "Il n'y a plus de direction, plus de secrétariat et, dans les classes, les enfants sont simplement "occupés" mais toutes les activités pédagogiques sont arrêtées", nous explique une maman, représentante des parents.

... http://www.midilibre.fr/2015/06/24/inqu ... 180340.php
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Re: Mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Pïérô » 29 Juin 2015, 11:13

Toulouse
6ème jour de grève de la faim pour Laure, enseignante au collège Bellefontaine.

Après un passage par l’hôpital hier en fin d’après-midi, Laure a décidé, contre l’avis médical, de poursuivre la grève de la faim qu’elle a entamé le 22 juin dernier et qu’elle compte poursuivre jusqu’au retrait des mutations entérinées par la rectrice Hélène Bernard. Celle-ci a néanmoins commencé un numéro de rétro-pédalage en annonçant qu’il n’y aurait finalement aucune sanction disciplinaire retenue contre les grévistes du collège Bellefontaine...

... http://iaata.info/6eme-jour-de-greve-de ... e-764.html
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Messagede bipbip » 01 Juil 2015, 00:37

Solidarité avec les 6 de Bellefontaine
L’intersyndicale nationale apporte sa solidarité aux six enseignant-e-s du collège Bellefontaine victimes de répression

Ces six enseignant-e-s font l’objet de mutations imposées pour avoir participé à la lutte de 22 jours engagée en décembre par une majorité des personnels du collège Bellefontaine de Toulouse, portant sur les modalités d’application de la réforme REP+ et la reconsidération des emplois précaires dans l’éducation nationale.

Les organisations syndicales SNES-FSU, SNEP-FSU, SNALC-FGAF, SNFOLC, SNETAA-FO, CGT Educ’action, SNEIP-CGT, SUD Éducation, SUNDEP-Solidaires, SNCL-FAEN et SIES-FAEN apportent leur soutien à ces enseignant-e-s et exigent leur maintien sur leur poste au collège Bellefontaine à la rentrée 2015.



1er juillet : rassemblement à 15 h devant l’Assemblée Nationale

Le 18 juin 2015, le rectorat de l’académie de Toulouse prononce la mutation « dans l’intérêt du service » de 5 collègues enseignant-e-s du collège Bellefontaine. Le même jour, une 6°enseignante était traduite devant le conseil de discipline. Malgré un dossier vide et après avoir dû retirer des griefs, la sanction proposée par le rectorat a été « déplacement d’office ».

Ces six collègues étaient engagé-e-s, comme la grande majorité du personnel du collège, dans un mouvement de grève reconductible de trois semaines en décembre dernier. Ils demandaient simplement l’application et les moyens réels alloués par les décrets de loi sur l’éducation prioritaire et de partager entre tous les personnels, titulaires et précaires, les primes allouées aux établissements REP+. Le collège Bellefontaine était en effet préfigurateur d’une réforme dont les moyens n’avaient pas été distribués.

Malgré les intimidations, les maltraitances et les mensonges de la part de leur chef d’établissement, malgré le silence et l’absence de dialogue des autorités académiques qui ont sciemment laissé pourrir la situation depuis le mois de janvier et ce, malgré les nombreuses interpellations des organisations syndicales, nos collègues continuent de se battre contre des sanctions déguisées et la répression à l’encontre de 6 professeurs.

Où est l’intérêt du service quand on s’en prend à des collègues, reconnu-e-s pour leur professionnalisme et complètement investi-e-s au service de l’éducation prioritaire et des élèves ? Où est l’intérêt du service quand on démantèle des équipes pédagogiques expérimentées et soudées ? Où sont nos droits quand la rectrice avoue, par voie de presse, vouloir écarter des "meneurs" dans un "intérêt du service" qu’elle est bien incapable de définir ?

Depuis lundi 22 juin, une collègue victime de cette procédure a entamé une grève de la faim pour dénoncer ces mesures répressives et demander l’annulation de ces mutations forcées.

La détermination des 6 sanctionné-e-s et de leurs collègues, l’ampleur de la solidarité autour de cette lutte, ont contraint le Rectorat à un premier recul en abandonnant les poursuites disciplinaires et en renouvelant tous les contrats précaires de l’établissement. Mais le Rectorat persiste dans la volonté des procéder aux mutations forcées. Ce qui est inacceptable.

Trois de ces collègues concerné-e-s par ces mutations, dont Laure en grève de la faim, et une délégation de 10 personnes du collège Bellefontaine se rendront mercredi 1er juillet devant l’Assemblée Nationale à Paris et seront reçu-e-s par un député sensibilisé à leur lutte, qui peut les appuyer dans leur demande d’audience à Mme la Ministre de l’Education Nationale.

Nous nous élevons contre une mesure arbitraire, contraire aux droits constitutionnels de nos collègues et qui crée un précédent gravissime dans l’éducation nationale. Leurs cas nous concerne toutes et tous.

Nous appelons à un rassemblement pour soutenir cette délégation et protester contre la répression du droit de grève et de l’action syndicale.

Rassemblement devant l’Assemblée Nationale mercredi 1er juillet à 15h

Pour plus d’informations :
http://www.sudeduc31.org/article-2014-2 ... -rectorat/
http://lacgteducation31.over-blog.fr/

Sud Education 31

http://www.sudeducation.org/Solidarite- ... -6-de.html
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Re: Mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Pïérô » 03 Juil 2015, 14:04

Une professeure de Bellefontaine en grève de la faim devant le rectorat de Toulouse
Une enseignante de Bellefontaine qui estime avoir été sanctionnée pour avoir fait grève, a débuté une grève de la faim devant le rectorat de Toulouse, lundi 22 juin.
La situation sociale du collège Bellefontaine à Toulouse continue d’être tendue au sujet du conflit qui oppose cinq enseignants au rectorat de Toulouse. Après une grève qui a agité cet établissement de Réseau d’Éducation Prioritaire l’hiver dernier, cinq professeurs ayant pris part au mouvement font l’objet de mesures de la part du rectorat d’académie.
... http://actu.cotetoulouse.fr/une-profess ... use_14688/


Vendredi 3 juillet 2015 à 18h30
SOUTIEN à LAURE-12eme jour de Grève de la faim : Yves Charnet Ecrivain
• Après Serge Pey​ lundi, Yves Charnet​ Ecrivain, viendra soutenir Laure pour son 12iem jour de grève de la faim.
Il nous lira des poèmes de Henri Michaux, poète du Grand Combat.
Venez nombreux le vendredi 4 juillet à 18h30 devant le rectorat saint Agne.
Après avoir fait grève durant l'hiver 2014, 6 enseignants sur les 35 grévistes ont été mutés et sanctionnés en représaille.
Face à cette injustice et l'implacable machine institutionnelle, Laure n'a eue d'autre choix que d'entamer une grève de la faim pour se faire entendre et faire annuler toutes les sanctions.
http://toulouse.demosphere.eu/rv/11099
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Re: Mouvement dans l'éducation, à suivre...

Messagede Pïérô » 06 Juil 2015, 11:36

Madame la Ministre, la réforme ne peut passer par le baillon.

Lettre ouverte à Madame Vallaud-Belkacem,

Ministre de l'Education nationale,

sur 6 mois de lutte au collège Bellefontaine

ou retour sur un mouvement social

face à la désinformation et à la déformation des faits.



Madame la Ministre,

Du 27 novembre au 16 décembre 2015, 35 enseignants sur 40 et la quasi- totalité de la vie scolaire du collège Bellefontaine de Toulouse entamaient une grève sur l’application de la réforme de l'éducation prioritaire, notamment dans les REP+. Dès le début du mouvement, le Principal a refusé le dialogue et est entré dans une logique d’affrontement et de dénigrement des collègues grévistes. Il a rompu le dialogue social avec le soutien du Rectorat de Toulouse

À la suite du mouvement de grève, les collègues ont subi toutes sortes de mesures de répression: de la baisse de notes administratives à l'empêchement la réalisation de projets prévus de longue date avec les élèves. Cela a été suivi d’une suspension à titre conservatoire d'une de nos collègues PE, au titre, fallacieux, d'un mail présenté par l'administration comme menaçant. La répression s'est poursuivie fin mai 2015 par la « mutation dans l'intérêt du service » de 5 autres collègues, considérés comme « meneurs » par le Principal et la Rectrice. Des procédures disciplinaires ont également été ouvertes à l'encontre de ces collègues. Enfin, notre collègue suspendue s'est vu convoquée devant une commission disciplinaire.

Depuis le lundi 22 juin, une enseignante du collège Bellefontaine de Toulouse a entamé une grève de la faim devant le Rectorat de Toulouse. En arriver là montre à quel point le dialogue social est en faillite dans l’académie de Toulouse.



Revenons au mouvement social de 3 semaines du mois de décembre 2014 qui visait la mise en œuvre de la réforme de l’éducation prioritaire, pendant lequel les enseignants et les personnels d’éducation du collège Bellefontaine n’ont jamais pu avoir la moindre écoute, à défaut de considération ni de respect. Ce qu’il faut d’abord dire, c’est que leur mouvement était légitime et leurs revendications justifiées. On n’a jamais voulu les écouter car l’administration est toujours restée sur des postures administratives, des logiques comptables, sans jamais prendre en compte la réalité du terrain, des élèves, de la pédagogie.

Car la première divergence est bien là : les équipes du collège avaient initié une innovation pédagogique en transformant les cours de 55 minutes en cours de 100 minutes. Tous les enseignants, surtout ceux de collège, savent que dans un début de cours, plusieurs minutes sont consacrées au retour au calme et à la mise au travail. En outre, les interclasses étaient souvent le lieu des incivilités, de la dispersion. Les séances de 100 minutes avaient contribué à un climat beaucoup plus serein (réduction des incivilités), et à d'excellents résultats (83% de réussite au brevet des collèges 2014) pour ce collège relevant de l’éducation prioritaire dans ce quartier délaissé du Mirail. En refusant de voir cette réalité de terrain et en opposant une comptabilisation étroite et bornée du temps, pour refuser la pondération prévue dans la réforme REP+, l’administration rectorale a montré combien elle était éloignée des élèves, de la pédagogie, de la réalité de l’acte d’enseigner.

Cette revendication, de même que la deuxième revendication: avoir les moyens nécessaires pour assurer l’accompagnement éducatif et la troisième revendication qui demandait que les AED touchent la prime REP, n’avaient rien de corporatistes. Ce mouvement social n’était pas minoritaire, ce n’était pas le fait d’une bande d’excités comme le Rectorat, des parents et certains médias ont pu le laisser entendre. Il s’agissait d’un mouvement légitime conduit par une très grande majorité de collègues, soudés par des années de pratique, de travail commun, d’expérimentation, d’investissement pédagogique dans le cadre de l’éducation prioritaire. Dans ce quartier du Mirail, en grande difficulté sociale, les personnels éducatifs assurent encore un peu de service public. Le mouvement social visait d'abord le sort des élèves, pour effectivement « donner plus à ceux qui ont le moins ». Au lieu de cela, le principal a répondu par l’insulte, l’institution par le dédain, de l'Inspecteur d'Académie adjoint à la Rectrice.

C’est dans ce contexte qu’il faut envisager le courriel pour lequel a été mise en cause une collègue de la SEGPA, courriel qui lui a valu d’être traduite devant le conseil de discipline. Le Rectorat a sciemment refusé d'en faire une lecture correcte et continue à feindre de ne pas en comprendre la véritable signification.

L’équipe enseignante et éducative était en grève depuis plus de 15 jours ; le dialogue était au point mort, la journée avait été très tendue avec une action de blocage de parents en soutien au mouvement – l’association de parents « L’école et nous », hostile au mouvement des enseignants, qui a été très médiatisée et dont le discours a même justifié les décisions du rectorat ne représente pas, loin s’en faut, tous les parents et un certain nombre d'entre eux ont soutenu la grève. Une nouvelle confrontation tendue a lieu dans la journée entre le principal et certains enseignants.

Le soir sur la liste de diffusion créée à l’occasion de la grève, les grévistes discutent de l’action à poursuivre, dans une discussion très sérieuse, où est évoquée l’éventualité de poursuites juridiques contre le principal ; l’une des enseignantes demande si quelqu’un connaît des avocats ou des personnes avec des compétences juridiques dans son entourage dans le but de porter plainte contre les outrages du Principal. Il est 23h45, c’est le vendredi 12 décembre au soir : notre collègue, qui défend l’idée que le mouvement social est avant tout sur la réforme et ne veut pas en faire un conflit avec le principal – cela revient dans de nombreux témoignages –, répond par une boutade.

Au lieu de prendre ce message dans son sens premier, comme s’est acharnée à le faire l’administration, ne pouvait-on en faire la seule lecture qui convienne : celle du second degré et de l’ironie ? Nous en avons de nombreux signes : ton du message en décalage avec le message précédent ; postulat que le principal soit incarcéré ; et ponctuation avec pléthore de points d’exclamation. La clef du message ne réside-t-elle pas dans la conclusion ?: « Restons raisonnables, mais pas trop ! ». Notre collègue signifie simplement par ce message en rupture avec le précédent que la tension doit retomber et que la voie de la judiciarisation n'est peut-être pas la meilleure.

Dans tous les cas, ce message ne peut être lu comme une menace. Termine-t-on une menace par « un bon week ! contente de ne pas avoir perdu le trompettiste ! » ? Il s’agit d’humour, rien de plus ! En outre, le message envoyé d'une boîte personnelle n'est pas adressé au Principal et notre collègue n'a jamais souhaité que le Principal en soit destinataire. Mais non, l’administration refuse d’envisager cette lecture.

Le plus ubuesque est à venir. Selon ce qu'il a notifié dans sa plainte, le principal a connaissance du mail par la transmission que lui en aurait fait un personnel dès le lundi 15 décembre. Et que se passe-t-il ? Rien. Toujours d’’après ses dires, il en aurait informé sa hiérarchie, mais, d'après l'Inspecteur d'Académie, sans fournir le mail en question, et il a continué, comme si de rien n’était, à croiser notre collègue et à la saluer. Notre collègue, quant à elle, a repris les cours avec ses collègues le 19 décembre, et a complètement oublié ce courriel.

Dès la reprise des cours après les vacances de Noël, la répression à l'égard des grévistes commence : baisse de notes administratives, annulation de projets, intimidations, humiliations. Les incidents se multiplient et sont notifiés dans le Registre Sécurité et Santé au Travail (plus d’une centaine au total).

Le 27 février, une intersyndicale est reçue par l’Inspecteur d’Académie : le but est de l’alerter sur le climat détestable et les pressions subies par les personnels. C’est lors de cette audience qu’est évoquée pour la première fois l’existence d’une présupposée menace de mort, ce qui stupéfie tout le monde. Et c’est le 4 mars que notre collègue, par un appel du commissariat, comprend que la plaisanterie qu’elle a faite plus de 2 mois plus tôt entre collègues grévistes serait à l’origine d’une plainte du principal le 16 février pour « menaces de mort ».

Commence alors un véritable cauchemar pour notre collègue. Le 2 avril elle est suspendue par mesure conservatoire. Rien d’objectif ne justifie une telle mesure (mesure d’urgence employée dans des cas extrêmes pour préserver l’intérêt du service). En l’occurrence, c’est plutôt en la suspendant que l’intérêt du service est perturbé ! Les collègues sont atterrés, les élèves dans l’incompréhension et la déstabilisation, les projets menacés, alors qu’il s’agit d’élèves de SEGPA qui ont encore plus besoin de cadre et de stabilité.

Notre collègue, quant à elle, est profondément atteinte. A-t-on mesuré les dégâts humains d’une telle mesure pour quelqu’un d’aussi engagé et investi professionnellement que notre collègue ? Nous avons recueilli des dizaines de témoignages sur son professionnalisme, son charisme, son investissement, et surtout son souci permanent de l’intérêt des élèves. Tous les rapports professionnels à son sujet l'indiquent : ils sont très élogieux. A-t-on mesuré l’opprobre subi par cette collègue, les rumeurs pouvant être colportées par la presse qui se délecte de ces soi-disant menaces, allant jusqu’à déformer les propos et en faire une « retranscription » mensongère comme a pu le faire Le Monde dans son article du 21 juin, allant jusqu’à indiquer comme La dépêche du 27 juin qu’elle « aurait échangé des mails avec son chef d’établissement » ?

Notre collègue a essayé la voie du dialogue, en demandant à rencontrer l’inspecteur d’académie et en envoyant une lettre d’excuses au principal. Notons qu’avant cette audience à sa demande le 7 mai, notre collègue n'a jamais été sollicitée, ni par le Principal, ni par le Rectorat pour s'expliquer. Dans l’audience du 7 mai, l’inspecteur d’académie, reconnaît son erreur et retire l'expression de « menace de mort » qu'il avait « trop rapidement employée ».

Le 27 mai, le classement sans suite de la plainte du principal vient confirmer l'abus de langage de l'administration. On espère enfin un peu d’apaisement et le retour à la raison…

Mais entre temps, le Rectorat a choisi la voie de la répression. Le principal est muté avant l’heure, ce qui montre bien sa responsabilité dans ce désastre et son incapacité à résoudre ce conflit. Mais suivant un curieux jugement de Salomon, il aurait été décidé de procéder à des mutations en échange de son départ : un principal contre 6 enseignants !

Le 22 mai, 5 enseignants apprennent qu’ils sont l’objet de procédures disciplinaires et de mutations dans l’intérêt du service.

Le 27 mai, c’est au tour de notre collègue d’être convoquée pour une commission disciplinaire le 18 juin 2015. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur cette commission et les pratiques de ces instances. Notons seulement que la référence à la « menace de mort » qui avait été abandonnée lors de l’audience avec l’inspecteur d’académie réapparaît. A cela s’ajoute un nouveau grief « mauvais positionnement institutionnel », grief qui s’appuie sur une prise de position prise par notre collègue en tant que représentante des personnels, grief que l’administration retire en commission disciplinaire, de même que la notion de « menace de mort », devant la réalité des faits et les contradictions mises en lumière par les débats.

Malgré la vacuité du dossier, malgré le fait que le Rectorat retire des griefs devant la démonstration des faits qui mettent en défaut les affirmations du principal sur lesquelles repose le dossier, malgré le parcours exemplaire de notre collègue, l’Inspecteur d'Académie persiste dans sa volonté de sanctionner. C’est la sanction « déplacement d’office » qui est proposée et recueille 10 voix pour et 10 voix contre. C’est donc à l’inspecteur d’académie de notifier sa décision. La CAPD est en cohérence avec les CAPA du matin qui sont arrivées à la même égalité de vote quant aux mutations dans l’intérêt du service des 5 collègues.

Madame la Ministre, arrêtons la spirale infernale ! Où est la faute professionnelle quand il s’agit d’un trait d’humour dans un cadre non professionnel, lors d’une conversation privée entre collègues ? Notre collègue suspendue n’a-t-elle pas été assez sanctionnée par sa suspension provisoire, par les rumeurs, l’opprobre, le fait d’être privée de son travail, d’être soustraite à ses élèves sans pouvoir leur fournir d’explications ? Où est l’intérêt du service quand on s’en prend à 6 piliers de l'établissement, souvent à l'initiative de projets pédagogiques solides, reconnus par leur professionnalisme et complètement investis au service de l’éducation prioritaire et des élèves ?

Si l’administration persistait dans sa volonté de sanctionner notre collègue de SEGPA et de procéder à des « mutations dans l’intérêt du service », l’Éducation Nationale donnerait le signal de l'arbitraire, de l’autoritarisme, et de la répression syndicale, certainement pas celui de la justice et de la raison, certainement pas celui de l’intérêt des élèves de l’éducation prioritaire.

Madame la Ministre, la Rectrice de Toulouse n’a jamais reçu les organisations syndicales sur cette question, elle .s’est refusée au moindre dialogue, elle semble vouloir rester sur ses certitudes et ses postulats, enfermée dans son positionnement et sa posture d’autoritarisme, comme en témoignent ses déclarations à « radiobleue Toulouse » évoquant encore des sanctions à venir, et balayant d’un revers de main tout le travail construit par les équipes enseignantes les années précédentes pour mener les élèves à la réussite

Madame la Ministre, il n’est pas possible que l’Éducation Nationale, qui se veut garante de valeurs universelles soit ainsi le théâtre d’une telle injustice et de telles décisions, il n’est pas possible que des enseignants s’exposent dans leur intégrité physique : non seulement une collègue en grève de la faim, mais aussi des collègues profondément atteints et traumatisés par l'abîme qui s'est ouvert sous leurs yeux, entre les valeurs démocratiques qu'ils défendent tous les jours devant les élèves et les pratiques autoritaires qu'ils sont en train de vivre et que leur fait subir un État censé les combattre.

Madame la Ministre, la détermination des 6 sanctionné-e-s et de leurs collègues, l’ampleur de la solidarité autour de cette lutte, ont contraint le Rectorat à un premier recul en abandonnant les poursuites disciplinaires et en renouvelant tous les contrats précaires de l'établissement. Mais le Rectorat persiste dans la volonté de procéder aux mutations forcées, qui s’apparentent dès lors à des sanctions déguisées. . Dans la dépêche du 27 juin la Rectrice déclare « Il est clair que nous ne voulons plus voir à la rentrée ceux qui ont pourri l’ambiance au collège », refusant de voir la responsabilité des autorités hiérarchiques dans le pourrissement du climat de l’établissement, et désignant les collègues en cause comme les meneurs qu’il suffirait d’écarter pour faire revenir le calme, occultant la dimension collective du mouvement social qui regroupe encore aujourd’hui 90% des personnels dans plusieurs journées de grève en juin en solidarité avec leurs collègues.

Nous vous demandons d’intervenir pour que revienne la raison, qu’on arrête ce gâchis et qu’on reprenne enfin la voie du dialogue, afin d’envisager la rentrée dans la sérénité. Cela passe par la levée des sanctions et le maintien des 6 collègues en poste au collège Bellefontaine.

Soyez assurée, Madame la Ministre, de mon attachement au service public d’éducation et aux droits des personnels.

Corinne Vaulot,
Secrétaire départementale de la CGT Educ’Action 31
Membre du bureau de l’UD CGT 31
Membre de la Commission Exécutive de l'UNSEN – CGT Educ’Action

http://lacgteducation31.over-blog.fr/20 ... illon.html



lundi 6 juillet 2015 à 18h30

SOUTIEN à LAURE-15eme jour de Grève de la faim mini Scène SLAM animée par ...

• Après Serge Pey​ lundi, Yves Charnet​ vendredi, Sebseb viendra soutenir Laure pour son 15iem jour de grève de la faim.
Il animera une scène slam où chacun pourra réciter, déclamer, hurler, murmurer et lutter de la poésie.
• Venez nombreux le lundi 6 juillet à 18h30 devant le rectorat saint Agne.

Après avoir fait grève durant l'hiver 2014, 6 enseignants sur les 35 grévistes ont été mutés et sanctionnés en représaille.

Face à cette injustice et l'implacable machine institutionnelle, Laure n'a eue d'autre choix que d'entamer une grève de la faim pour se faire entendre et faire annuler toutes les sanctions.

http://toulouse.demosphere.eu/rv/11103
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